אזור: Berlin · Pologne · France · Israël
רישום היסטוריה · נאמן, לא בעלים
פורסם ב־25 ביולי 2026
Rescapé de la Shoah né à Berlin le 20 décembre 1928 (mort le 1er avril 2021). Enfant de Juifs polonais — père de Łódź, mère de Przemyśl —, déporté à Auschwitz-Birkenau le 6 novembre 1943 (matricule 161397), rescapé des marches de la mort, de Buchenwald et de Spaichingen, rapatrié à Nice le 14 juillet 1945. Auteur du témoignage « Descelle mes lèvres : Zakhor (souviens-toi) » (2006).
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Hanoch Henri Gourarier naît à Berlin le 20 décembre 1928 et meurt en France le 1er avril 2021. Entre ces deux dates s'inscrit l'une des trajectoires que le XXᵉ siècle a brisées puis, contre toute attente, laissées se reconstruire : celle d'un enfant juif de Berlin déporté à quatorze ans à Auschwitz-Birkenau, rescapé des marches de la mort, revenu seul, et devenu, un demi-siècle plus tard, un témoin.
Ce Grand Livre suit le fil de sa propre parole — celle qu'il a confiée à l'entretien filmé des « Mémoires de la Shoah » de l'INA [INA, Mémoires de la Shoah], et celle qu'il a couchée dans son livre au titre à la fois pudique et impérieux, Descelle mes lèvres : Zakhor (souviens-toi) [Descelle mes lèvres, 2006]. Le sous-titre de ce livre — Zakhor, « souviens-toi » — est le commandement même qui donne son nom à cette plateforme [zakhor.ai] : il dit l'effort qu'il aura fallu à un rescapé pour desceller ses lèvres, et le devoir qui l'y a conduit.
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Hanoch Henri Gourarier — Zakhor, https://zakhor.ai/he/grands-livres/figures/hanoch-henri-gourarierEn novembre 1943, Hanoch et les siens sont déportés vers Auschwitz-Birkenau. Le convoi atteint le camp le 6 novembre 1943. Sur la rampe, la sélection sépare en quelques minutes ceux qui vivront quelque temps encore de ceux que l'on envoie aussitôt à la mort : la mère de Hanoch et son oncle Oscar sont gazés dès l'arrivée, ce même 6 novembre 1943 [Mémoires des déportations] [Descelle mes lèvres, 2006].
Lui et son père sont enregistrés et tatoués : le numéro 161397 s'inscrit sur son bras, le 161396 sur celui de son père [Wikidata, Q20961846]. En un instant, une famille est amputée ; il a quatorze ans.
Affecté au Kommando dit « Kanada » — celui qui trie les effets des déportés, montagnes de valises, de vêtements et d'objets arrachés à des êtres déjà assassinés —, Hanoch se trouve dans l'un des rares postes qui, tout en le plaçant au cœur du pillage, lui épargne provisoirement les sélections [INA, Mémoires de la Shoah]. Son père, en raison du savoir-faire acquis chez Siemens, est de nouveau employé par la firme à l'intérieur du camp.
Puis vient l'épisode que le rescapé n'oubliera jamais : surpris à avoir dérobé deux oignons aux cuisines, son père est roué de coups, presque à mort ; il meurt en février 1944 [Descelle mes lèvres, 2006]. Deux oignons : dans l'univers concentrationnaire, la faim d'un homme et le prix d'une vie se mesuraient à cela.
En janvier 1945, devant l'avance de l'Armée rouge, les nazis évacuent Auschwitz : c'est l'une des « marches de la mort », par le froid et la neige, qui achèvent tant de déportés déjà épuisés. Hanoch est conduit à Buchenwald, puis transféré au Kommando de Spaichingen, dans le Wurtemberg, où il est astreint au travail forcé en usine [Wikipédia, « Henri Gourarier »] [Mémoires des déportations].
Au printemps 1945, au cours d'une ultime marche, il parvient à s'échapper. Le 14 juillet 1945, il est rapatrié à Nice, où des cousins le recueillent [INA, Mémoires de la Shoah]. Il a seize ans et il est seul.
Orphelin, rescapé, adolescent : tout est à recommencer. En 1947, Hanoch gagne la Terre d'Israël par la mer, sur une petite embarcation, en compagnie de celle qui deviendra sa femme, Michelle — l'un de ces départs clandestins qui, dans les années de l'après-guerre, portèrent vers la Palestine mandataire les survivants de l'Europe détruite [Wikipédia, « Henri Gourarier »]. Une vie se rebâtit. Son fils, Zeev Gourarier, deviendra un conservateur reconnu, jusqu'à diriger le Musée de l'Homme [Wikipédia, « Henri Gourarier »].
Pendant des décennies, comme tant de rescapés, Hanoch se tait. Puis il choisit de desceller ses lèvres : il confie son témoignage filmé aux « Mémoires de la Shoah » de l'INA et publie, en 2006, le récit de sa jeunesse sous le nazisme, Descelle mes lèvres : Zakhor (souviens-toi) [Descelle mes lèvres, 2006] [INA, Mémoires de la Shoah]. Il s'éteint le 1er avril 2021.
De Berlin à Birkenau, de Spaichingen à Nice puis à Israël, la vie de Hanoch Henri Gourarier tient tout entière dans un mot — celui-là même qu'il a placé en sous-titre de son livre : Zakhor, souviens-toi. Ce qu'il aura le mieux transmis n'est pas seulement le récit d'une survie improbable — l'enfant du « Kanada » qui échappe aux sélections, aux marches et à la mort —, mais l'acte de parler quand se taire eût été plus simple.
En descellant ses lèvres, il a fait de sa mémoire singulière une part de la mémoire collective d'Israël et de l'humanité : celle des victimes sans sépulture, de sa mère et de son oncle gazés un matin de novembre, de son père tué pour deux oignons. Le garder en mémoire, c'est accomplir le commandement qu'il nous laisse [zakhor.ai].
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