JOSEPH BEN ISAAC BEKOR SHOR D'ORLÉANS
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Tosafiste français, exégète et poète ; florissait dans la seconde moitié du douzième siècle ; élève de Jacob Tam, Joseph Caro et Samuel ben Meïr (Rashbam). L'identité de Joseph Bekor Shor et du tosafiste Joseph ben Isaac d'Orléans a été suffisamment démontrée par Gross, qui a montré que les mêmes explications données dans les Tosafot (Ḥul. 112b ; Yeb. 25b, 36b) au nom de Joseph ben Isaac sont citées dans le « Semaḳ » (No. 205) et dans les Responsa de Meïr de Rothenburg (éd. Prague, No. 863) comme celles de Joseph Bekor Shor. Joseph entrenait des relations très amicales avec son maître Jacob Tam, avec qui il menait une correspondance savante (« Sefer ha-Yashar, » p. 71a). Outre des tosafot sur la plus grande partie du Talmud, il écrivit un commentaire biblique marqué par un considérable acumen. Plus encore que Rashi, à dont l'école exégétique il appartenait, il se limita aux interprétations littérales (« peshaṭ »). Anticipant la critique biblique ultérieure, il supposait la présence de récits en double dans la Bible ; et il s'efforçait de donner des explications rationnelles aux histoires miraculeuses. Ainsi il interprète « l'arbre de vie » (Gen. ii. 9) comme « l'arbre de guérison, » expliquant que le fruit de l'arbre possédait la vertu de guérir les malades, sans toutefois conférer la vie éternelle. Concernant la transformation de la femme de Lot en pilier de sel (Gen. xix. 26), il explique que, ne croyant pas à la destruction de Sodome et de Gomorrhe, elle s'attarda sur la route et fut rattrapée par la pluie de soufre et de feu, qui sont ordinairement mélangés avec du sel.
Bien versé dans la Vulgate et l'exégèse biblique chrétienne, Joseph, commentant le Psaume ii., cite Jérôme, dont il critique l'explication du mot . Son commentaire sur le Pentateuque subsiste encore en manuscrit dans les bibliothèques de Leyde et de Munich. Une partie en fut publiée par Jellinek (Leipzig, 1855) sur la Genèse et l'Exode. Des extraits des livres restants ont été publiés par Berliner dans « Peleṭat Soferim » (1872).
Joseph était aussi l'auteur d'un certain nombre de poèmes liturgiques. Outre les courts hymnes dans le style d'Ibn Ezra avec lesquels il conclut chaque section du commentaire, il écrivit les seliḥot suivants : , dont Zunz croit qu'ils ont été écrits sur les martyrs de Blois et de Bray ;   (quatorze strophes) ;  (avec deux refrains—  et ) ;  (quinze strophes, se terminant par ) ;  (quatorze strophes) ;   (vingt-six strophes).