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Veröffentlicht am 19. Juni 2026

Жеті ғасыр жырлайды (қазақ поэзиясының 7 ғасырлық (XIII–XX) антологиясы) екі томнан құралған кітаптар
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Anthology of Sultan Iskandar title QS:P1476,en:"Anthology of Sultan Iskandar "label QS:Len,"Anthology of Sultan Iskandar "label QS:Lar,"مقتطفة للسلطان إسكندر"
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Anthologie
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Bonne d'Artois (Recueil d'Arras, fol 062)
Jacques Le Boucq and others · Public domain · Wikimedia Commons
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<a href="https://zakhor.ai/de/grands-livres/textes/recueil-4b1faf">Recueil — Zakhor</a>Citation
Recueil — Zakhor, https://zakhor.ai/de/grands-livres/textes/recueil-4b1fafLe mot « Recueil » — du latin recolligere, « rassembler de nouveau » — désigne en langue française une compilation de textes réunis selon un principe ordonnateur : thématique, liturgique, juridique, poétique ou mémoriel. Appliqué au monde juif et à ses diasporas, ce terme générique recouvre une réalité culturelle profonde et ancienne, car la civilisation juive est, par excellence, une civilisation de la collecte et de la transmission. Faute de notice préexistante attachée à un ouvrage singulier nommé « Recueil », ce Grand Livre prend pour objet la catégorie même du recueil dans la tradition juive : la forme par laquelle Israël a, au fil des siècles, fixé, agrégé et fait circuler ses paroles. Le geste de recueillir — liqqout en hébreu, dont dérive le Yalqout, « la besace » du compilateur — est ici considéré comme une matrice culturelle.
L'hypothèse directrice de cet ouvrage est que le recueil constitue, dans le judaïsme, bien plus qu'un contenant éditorial : il est un mode de pensée. Là où d'autres cultures privilégient le traité unitaire d'un auteur unique, la tradition juive a souvent préféré l'agrégation des voix, la juxtaposition des autorités, la mise en regard des opinions divergentes. Le statut « Probable » assigné à cette introduction reconnaît que la synthèse proposée relève d'une lecture interprétative d'un vaste corpus, et non de l'examen d'une pièce d'archive unique. Les chapitres qui suivent en éprouveront chacun la solidité, depuis les compilations rabbiniques de l'Antiquité tardive jusqu'aux anthologies savantes et mémorielles de l'époque contemporaine.
La première grande forme du recueil juif est la Mishna, compilation de la Loi orale réunie et ordonnée vers la fin du IIe et le début du IIIe siècle de notre ère sous l'autorité de Rabbi Juda ha-Nassi en Galilée. Cette œuvre n'est pas le traité d'un penseur isolé mais l'agrégation organisée des enseignements de générations de Sages, classés en six ordres (sedarim) et soixante-trois traités. Son principe est déjà celui du recueil : rassembler des opinions, y compris minoritaires et rejetées, afin que rien de la tradition ne se perde [Encyclopaedia Judaica, art. « Mishnah »].
Sur ce socle se sont édifiés les deux Talmuds — le Talmud de Jérusalem, achevé vers le Ve siècle, et le Talmud de Babylone, compilé jusque vers les VIe-VIIe siècles. Le Talmud babylonien, en particulier, est l'archétype du recueil polyphonique : il entrelace la Mishna, les discussions des amoraïm, les traditions juridiques (halakha) et narratives (aggada), au point que la page elle-même devient un dispositif de mise en présence des voix. Cette structure dialogique, où la controverse est conservée plutôt qu'effacée, fonde une herméneutique du désaccord fécond [Encyclopaedia Judaica, art. « Talmud »].
Parallèlement aux grands corpus se développe une littérature de collectes plus tardives : les Yalqoutim, recueils midrashiques compilant des commentaires dispersés sur l'Écriture. Le Yalqout Shimoni, vraisemblablement composé en Allemagne au XIIIe siècle, en est le représentant le plus célèbre : il rassemble, verset par verset, des fragments puisés dans des dizaines de sources rabbiniques antérieures, dont certaines aujourd'hui perdues, ce qui lui confère une valeur documentaire considérable [Encyclopaedia Judaica, art. « Yalkut Shimoni »]. Le statut « Établi » de ce chapitre se justifie par l'existence de ces œuvres dans les catalogues et les éditions critiques de référence.
Le besoin de fixer la prière a engendré la forme la plus diffusée du recueil juif : le livre de prières. Avant qu'un ordre écrit ne s'impose, la liturgie demeurait largement orale et variable. Le premier recueil liturgique systématique connu est le Seder Rav Amram Gaon, élaboré au IXe siècle par Amram bar Sheshna, gaon de l'académie de Soura en Babylonie, en réponse à une demande venue d'une communauté espagnole désireuse de connaître l'ordre exact des prières et des bénédictions [Encyclopaedia Judaica, art. « Siddur »].
Au fil du Moyen Âge, le recueil de prières se ramifia selon les rites locaux — le rite ashkénaze, le rite séfarade, le rite italien, le rite yéménite, le rite provençal — chaque diaspora forgeant son minhag, sa coutume propre. On distingua bientôt le siddur, recueil des prières quotidiennes et sabbatiques, du mahzor, recueil destiné au cycle des fêtes solennelles, souvent enrichi de piyyoutim, ces poèmes liturgiques composés par des paytanim comme Eléazar Kallir. Les grands mahzorim enluminés d'Allemagne médiévale, tels le Mahzor de Worms ou le Mahzor Leipzig, témoignent de l'investissement artistique dont ces recueils furent l'objet [Encyclopaedia Judaica, art. « Mahzor »].
L'invention de l'imprimerie hébraïque, dès la fin du XVe siècle, démultiplia la diffusion de ces recueils et tendit à uniformiser des textes auparavant fluctuants. Le livre de prières devint l'objet le plus présent dans les foyers juifs, le compagnon de l'individu de la naissance à la mort. En cela, le recueil liturgique fut sans doute le vecteur le plus puissant de continuité culturelle à travers la dispersion : un même ordre de paroles unissait, par-delà les langues et les frontières, des communautés que tout séparait par ailleurs.
La pensée juridique juive a elle aussi pris la forme du recueil. Devant la masse proliférante des discussions talmudiques, des maîtres entreprirent d'en extraire et d'ordonner les conclusions pratiques. Maïmonide, au XIIe siècle, composa le Mishné Torah, vaste recueil codificateur embrassant l'ensemble de la halakha en quatorze livres, dans une langue hébraïque limpide et sans l'appareil des controverses [Encyclopaedia Judaica, art. « Maimonides »].
Au XVIe siècle, Joseph Caro, à Safed, rédigea le Choulhan Aroukh, « la Table dressée », qui devint le code de référence du monde séfarade ; les gloses de Moïse Isserlès de Cracovie, dites la Mappa (« la Nappe »), y adjoignirent les coutumes ashkénazes, faisant de l'ensemble un recueil véritablement pan-diasporique [Encyclopaedia Judaica, art. « Shulhan Arukh »]. La forme du recueil permettait ici de réconcilier l'unité de la Loi et la diversité des pratiques régionales.
À côté des codes se développa l'immense littérature des responsa (sheelot u-teshuvot, « questions et réponses »), où les décisionnaires répondaient par écrit aux interrogations qui leur étaient adressées de toute la diaspora. Réunies en recueils, ces réponses constituent une source historique de premier ordre : elles éclairent la vie économique, familiale et sociale des communautés autant que le droit lui-même. Des dizaines de milliers de responsa, depuis l'époque des gaonim jusqu'à nos jours, forment un archipel documentaire que les historiens exploitent comme un miroir du quotidien juif [Encyclopaedia Judaica, art. « Responsa »].
Les diasporas juives ont produit des recueils où la beauté de la langue le disputait à la profondeur spirituelle. L'âge d'or séfarade, en al-Andalus du Xe au XIIe siècle, vit fleurir les diwans, recueils de poèmes hébraïques profanes et sacrés rassemblant l'œuvre de maîtres comme Samuel ha-Nagid, Salomon ibn Gabirol, Moïse ibn Ezra et Juda ha-Lévi. Le diwan de ce dernier, qui réunit notamment ses Sionides, élégies du désir de Jérusalem, illustre comment le recueil poétique cristallisa une mémoire collective de l'exil [Encyclopaedia Judaica, art. « Hebrew Literature, Medieval »].
Dans le champ mystique, la collecte prit une dimension ésotérique. Le Zohar, « le Livre de la Splendeur », apparu en Castille à la fin du XIIIe siècle et associé à Moïse de León, se présente lui-même comme un recueil composite : commentaires, récits, dialogues attribués à Rabbi Siméon bar Yohaï s'y entrelacent. Sa nature anthologique, faite de strates et de fragments, alimenta de longue date le débat sur sa composition [Encyclopaedia Judaica, art. « Zohar »]. Le statut « Probable » de ce chapitre reflète précisément que la datation et l'unité de telles œuvres demeurent objets de discussion savante.
Les diasporas orientales et nord-africaines ont de même conservé des recueils de piyyoutim, de baqqashot (chants de supplication entonnés avant l'aube) et de poèmes para-liturgiques, transmis souvent autant par la mémoire chantée que par l'écrit. Ces recueils, dont beaucoup ne furent imprimés que tardivement, témoignent d'une oralité vivante qui ne se laisse pas entièrement réduire à l'archive.
Le XIXe siècle inaugura une métamorphose du recueil : de support de transmission, il devint instrument de science. Le mouvement de la Wissenschaft des Judentums, la « science du judaïsme », né en Allemagne autour de Leopold Zunz, Abraham Geiger et Moritz Steinschneider, entreprit d'étudier la littérature juive avec les méthodes critiques de la philologie et de l'histoire [Encyclopaedia Judaica, art. « Wissenschaft des Judentums »].
Cette entreprise donna naissance à des recueils d'un genre nouveau : catalogues de manuscrits, éditions critiques de textes médiévaux, anthologies commentées. Moritz Steinschneider, par son catalogage monumental des livres hébreux de la Bibliothèque Bodléienne d'Oxford, fonda la bibliographie hébraïque moderne et transforma la collecte des titres en discipline rigoureuse [Encyclopaedia Judaica, art. « Steinschneider, Moritz »]. Le recueil cessait d'être un acte de piété pour devenir un acte de connaissance.
Cette tradition savante culmina au XXe siècle dans de grandes entreprises encyclopédiques et anthologiques : la Jewish Encyclopedia publiée à New York au tournant du siècle, puis l'Encyclopaedia Judaica, qui demeurent les recueils de référence du savoir juif. Hayim Nahman Bialik et Yehoshua Hana Ravnitzky, en compilant le Sefer ha-Aggada, « le Livre de la légende », réunirent et réorganisèrent quant à eux le trésor narratif du Talmud et du Midrash pour le rendre accessible au lecteur moderne, prolongeant ainsi, sous une forme renouvelée, le geste antique du Yalqout [Encyclopaedia Judaica, art. « Bialik, Hayyim Nahman »].
La forme la plus poignante du recueil juif contemporain est née de la destruction. Après la Shoah, les survivants des communautés anéanties d'Europe orientale entreprirent de composer des Yizkor-bikher, « livres du souvenir », recueils consacrés à la mémoire d'un shtetl ou d'une ville disparus. Plusieurs centaines de ces volumes furent produits, principalement en yiddish et en hébreu, rassemblant récits, listes de noms, photographies, cartes et témoignages [Yad Vashem ; Yizkor Book collections, YIVO Institute for Jewish Research].
Ces recueils relèvent à la fois de l'archive et de la mémoire, ce qui justifie le registre « Intersection » : ils consignent des données vérifiables — patronymes, métiers, institutions — tout en transmettant des récits subjectifs, des légendes familiales et une affectivité du deuil. L'historien les aborde avec la double prudence du critique des sources et du gardien d'un témoignage. Leur statut « Transmis » dit que leur valeur première tient à la parole reçue de ceux qui ont survécu pour raconter.
Par cette forme ultime, le recueil renoue avec sa fonction originelle. De même que la Mishna fut compilée pour qu'aucune parole de la Loi ne se perde, le livre du souvenir est dressé pour qu'aucun nom d'une communauté assassinée ne sombre dans l'oubli. La numérisation contemporaine de ces volumes, par des institutions comme le YIVO et la Bibliothèque nationale d'Israël, perpétue à l'âge numérique cette vocation immémoriale de la collecte juive [National Library of Israel ; YIVO Institute for Jewish Research].
Au terme de ce parcours, le « Recueil » apparaît non comme un livre, mais comme une forme structurante de la culture juive et de ses diasporas. De la Mishna aux livres du souvenir, en passant par le siddur, le code juridique, le diwan poétique et l'anthologie savante, un même geste se répète et se transforme : rassembler pour transmettre, juxtaposer les voix plutôt que les réduire à une seule, faire de la collecte un acte de fidélité. Cette continuité formelle, par-delà les ruptures géographiques et linguistiques, constitue l'un des fils les plus solides reliant les fragments de la dispersion.
Le statut « Probable » de cette conclusion reconnaît qu'une telle synthèse interprète un corpus immense plutôt qu'elle ne décrit une pièce unique. Mais l'hypothèse directrice paraît confirmée par la convergence des exemples : dans le judaïsme, recueillir n'est jamais seulement classer, c'est résister à l'effacement. Le recueil est la forme que prend une mémoire qui refuse de mourir, et c'est pourquoi il traverse, identique dans son intention et infiniment varié dans ses formes, toute l'histoire d'Israël et de ses diasporas.