BRIELI JUDAH LEON BEN ELIEZER ou BRIEL ()(également connu dans la littérature rabbinique sous la contraction MaHaRIL)
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Rabbin à Mantoue ; né vers 1643 ; mort en 1722.
Brieli, outre qu'il était une haute autorité talmudique, comme le montrent les responsa de ses contemporains Ismaël Coen, Morpurgo et autres qui sollicitaient son avis sur des questions halakiques, possédait une vaste connaissance des sciences profanes, qu'il cultiva avec zèle. Très estimé par la communauté séfarade d'Amsterdam en raison de son érudition, de son caractère et de son grand âge, il fut demandé par Ẓebi Ashkenazi (Ḥakam Ẓebi) et ses partisans de soutenir leur campagne contre [Ḥayyun](/articles/7405-hayyun-aaron-ben-david) et ses extravagances cabalistiques. Brieli, qui s'opposait à la Cabale en général, ne pouvait avoir que peu de sympathie pour Ḥayyun. Il adressa en conséquence deux lettres à Ḥakam Ẓebi (la première fut publiée dans « Milḥamot Adonai »), trois à Ayllon, deux au conseil de la communauté d'Amsterdam, et une à Benjamin Finzi, par lesquelles il condamna Ḥayyun et approuva la suppression de son livre. Ḥayyun dans son pamphlet contre Ḥakam Ẓebi, intitulé « Ha-Ẓad Ẓebi », dit que Brieli est un latiniste et philosophe, mais ne sait rien de la Cabale ; que lui (Brieli) conteste à Siméon ben Yoḥai l'autorship du Zohar ; que lui (Brieli), contrairement à la loi juive, ne s'est jamais marié et ne porte point de barbe.
Brieli fut l'auteur des ouvrages suivants : (1) « Shefer Kelale ha-Diḳduḳ » (La Beauté des Règles Grammaticales), une grammaire hébraïque ; (2) « Hassagot 'al Sifre ha-Sheluḥim » (Critiques sur les Livres des Apôtres) ; (3) « La Sinagoga Disingannata dagli Inganni del Padre Pinamonti » ; (4) « Esame delle Riflessioni Teologiche », sur les miracles. De ceux-ci seul le premier nommé fut publié (Mantoue, 1724) ; les autres subsistent encore en manuscrit (Dei Rossi, nos 22, 23 ; Neubauer, « Cat. Bodl. Hebr. MSS. » _s.v._). Brieli traduisit aussi en hébreu les lettres de Sénèque (« Kerem Ḥemed », ii. 119).
Une élégie sur Brieli fut publiée par son élève Cohen Modon, sous le titre « Ẓir ha-Ẓirim », dans laquelle les connaissances de Brieli en mathématiques, logique et histoire naturelle sont hautement louées.