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Zakhor
Iᵉʳ siècle, retrouvé en 1952 · Qumrân, grotte 3

Le rouleau de cuivre

Soixante-quatre cachettes, vingt-six tonnes d’or et soixante-cinq tonnes d’argent, gravés sur du métal. On n’a jamais retrouvé une seule once.

محتملQumrânCuivreTrésorÉnigme

En 1952, dans une grotte à deux kilomètres au nord de Qumrân, on met au jour un objet qui ne ressemble à aucun autre manuscrit de la mer Morte.

Ce n’est ni du parchemin ni du papyrus : c’est du cuivre presque pur, deux rouleaux formant à l’origine une bande unique de deux mètres trente, faite de trois plaques rivetées.

Il porte la cote 3Q15. On l’appelle le rouleau de cuivre.

Ce qu’il dit

Soixante-quatre entrées. Chacune décrit un lieu et un dépôt de valeurs.

La première, dans la traduction de Józef Milik : « À Khorrébeh, dans la vallée d’Akor, sous les degrés qui montent vers l’est, [creuser] quarante coudées : un coffre [plein] d’argent, dont le poids est de dix-sept talents. »

Le total, additionné, donne selon certains calculs vingt-six tonnes d’or et soixante-cinq tonnes d’argent.

Pourquoi le cuivre

Graver soixante-quatre entrées sur du métal est long, coûteux et difficile. On ne le fait pas pour un exercice littéraire.

On le fait pour que le document dure plus longtemps que celui qui l’écrit, et plus longtemps que ce qui menace.

C’est le seul argument sérieux en faveur de la réalité du trésor, et il n’est pas une preuve.

Ce qu’on ne sait pas

De qui vient ce trésor : le Temple avant 70 ? La communauté de Qumrân ? Le trésor de guerre de Bar Kokhba, une génération plus tard ?

S’il a existé : les quantités sont considérables au point que plusieurs chercheurs y voient une composition symbolique ou légendaire.

S’il a été retrouvé : par les Romains, par des pillards, par ceux-là mêmes qui l’avaient caché. Le registre du probable couvre ici toutes les questions à la fois.

Ceux qui ont cherché

Les toponymes sont donnés comme si tout le monde les connaissait — et personne aujourd’hui ne les identifie avec certitude. C’est le propre d’une liste écrite pour soi.

John Allegro, de l’université de Manchester, a monté une expédition dans les années 1960. Il est rentré les mains vides. D’autres ont suivi.

Autant qu’on sache, pas une once de ce que le rouleau décrit n’a jamais été retrouvée. Le document le plus durable de tout le corpus est celui dont on ne sait pas s’il dit vrai.