TRÉVOUX (Hébreu, )
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Principale ville de l'arrondissement du même nom dans le département de l'Ain, France. Henri de Villars, archevêque de Lyon et seigneur de Trévoux, stipula dans la charte qu'il concéda à cette ville en 1300 qu'aucun Juif ne serait autorisé à s'y établir. Un certain nombre de Juifs n'en obtinrent pas moins la permission de s'y installer moyennant le paiement d'une taxe annuelle de 15 livres. Les Juifs qui avaient été expulsés de Lyon en 1420 cherchèrent refuge à Trévoux, où ils se livraient à la fabrication de fils d'or et d'argent. En 1425, ils furent obligés de contribuer largement au prêt forcé que la ville dut consentir à la Duchesse de Bourbon, qui avait succédé à la seigneurerie de Trévoux.
Les autres habitants de la ville, qui jalousaient les Juifs, particulièrement de leur prospérité commerciale, les accusèrent en 1429 d'avoir en leur possession des livres hébreux contenant des blasphèmes contre la religion chrétienne. À l'instance de l'archevêque, la Duchesse de Bourbon ordonna une enquête, qu'elle confia à Jean Namy, juge d'appel du Beaujolais ; Jean Châlon, licencié en droit ; et Ayme, un Juif converti au baptême de Chambéry, qui fut chargé d'inspecter les livres hébreux et de traduire les passages répréhensibles. Les livres furent alors saisis et brûlés, et les Juifs, après avoir été condamnés à payer diverses amendes, furent expulsés de la ville ([voir Chambéry](/articles/4225-chambery)). Trois ans plus tard, quelques-uns d'entre eux revinrent ; mais ils furent à nouveau chassés en 1467 ; et il y eut une autre expulsion en 1488. Un certain nombre de ces Juifs prirent ultérieurement le nom de « Trabot » ou « Traboto », indiquant leur lieu d'origine. Steinschneider (« Cat. Bodl. » col. 2052) a donné une liste, qui a été complétée par Berliner (voir son « Magazin, » ii. 16, 96).