❧ באַשרײַבונג
La Lamentation sur la destruction d'Ur est un poème sumérien de 436 lignes qui pleure la chute de la cité d'Ur et de la Troisième Dynastie d'Ur, détruite par les Élamites et les Amorrites vers 2004 av. J.-C. Ce texte est le plus ancien ancêtre connu du genre littéraire des lamentations sur les villes détruites — genre qui culminera, un millénaire et demi plus tard, dans les Lamentations de Jérémie (Eikha) sur la destruction de Jérusalem en 586 av. J.-C. Les parallèles structurels sont remarquables : la déesse Ningal pleurant la destruction de son temple comme Jérusalem personnifiée pleure le sien, la description de la famine et du massacre, l'appel aux dieux indifférents. La tradition littéraire mésopotamienne des lamentations urbaines — Ur, Nippur, Sumer et Akkad — constitue le modèle formel dont le prophète Jérémie (ou son école) héritera pour écrire Eikha.