Перейти к содержанию
Zakhor
seconde moitié du IVᵉ siècle · Hammat Tibériade, Galilée

Le soleil au milieu

Sur le sol d'une synagogue de Tibériade, le dieu Hélios conduit son char au centre d'un zodiaque. Le donateur principal se dit élève des patriarches.

УстановленоMosaïqueZodiaqueGaliléePatriarcat

Hammat, au sud de Tibériade, est un lieu de sources chaudes. Moshe Dothan y fouille dans les années 1960 une synagogue dont le pavement, remarquablement conservé, date de la seconde moitié du IVᵉ siècle.

On l'appelle la synagogue de Severus, du nom du principal donateur inscrit dans son sol. Ce sol se lit en trois panneaux, et c'est celui du milieu qui a fait couler de l'encre.

Trois panneaux, trois registres

Le panneau le plus proche de Jérusalem porte une arche de Torah encadrée de deux ménorahs à sept branches — le vocabulaire attendu.

Le panneau le plus éloigné porte des inscriptions grecques encadrées de deux lions : ce sont les donateurs, rangés en cases.

Entre les deux, une roue du zodiaque. Les douze signes tournent, les quatre saisons occupent les angles sous la figure de quatre femmes — et au centre, un homme jeune conduit un quadrige, la tête ceinte de rayons. C'est Hélios.

Le dieu solaire dans une synagogue

Le fait est établi, et il n'est pas isolé : on retrouve le même dispositif à Beit Alfa, à Naaran, à Sepphoris. Une part des synagogues de Galilée a pavé son sol d'un zodiaque à Hélios.

Sur ce que cela signifiait, les hypothèses s'opposent depuis un siècle et aucune ne s'impose. Motif décoratif vidé de son sens, comme nos jours de la semaine qui portent des noms de dieux ? Calendrier liturgique, figurant le cycle de l'année et les tours de service sacerdotaux ? Trace d'un judaïsme mystique où le soleil sert d'image à une puissance céleste ?

La rubrique ne tranche pas, parce que la discipline ne tranche pas. Ce qui est certain est déjà considérable : on a marché là-dessus en priant, pendant des générations, sans que cela fasse scandale.

« Severus, élève des très illustres patriarches »

L'inscription grecque qui nomme le donateur principal le désigne comme « élève des très illustres patriarches ». Le mot vise les chefs de la communauté juive de Palestine, la maison du Nassi, dont Tibériade était le siège.

Cela situe précisément la synagogue : ce n'est pas un sanctuaire de village isolé, c'est un édifice lié à l'entourage du patriarcat. Le zodiaque n'est donc pas une bizarrerie de province.

Les donateurs sont nommés en grec, dans une ville qui est alors l'un des foyers de l'étude rabbinique. Les deux mondes cohabitaient dans le même bâtiment, et le sol le dit.

Ce qu'un pavement enregistre malgré lui

Comme la stèle d'Aphrodisias, ce sol a été payé par souscription, et il conserve la liste. Personne n'y défendait une thèse : on gravait les noms de ceux qui avaient donné.

C'est pourquoi ces documents pèsent plus lourd que les textes polémiques de la même époque. Ceux-ci tracent des frontières nettes ; les sols disent ce qu'on faisait réellement dans les bâtiments.

En l'occurrence : on lisait la Torah devant une arche encadrée de ménorahs, et on avait sous les pieds le char du soleil.