GRENOBLE
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GRENOBLE
Capitale du département de l'Isère, France. Elle posséda une communauté juive à partir de la fin du treizième siècle. Jacob ben Solomon, un Juif de Grenoble (Zunz, "Z. G." p. 208, l'appelle à tort "Isaac"), mourut martyr de sa foi en 1296.
Lorsque les Juifs furent chassés de France (1306) par Philippe le Bel, un certain nombre d'entre eux s'enfuirent à Grenoble, où ils furent reçus hospitalièrement par le dauphin Humbert I., qui leur permit d'établir des maisons de banque. Deux d'entre eux notamment, Amyal de Tours et Morel d'Amboise, obtinrent d'importants privilèges en payant une taxe annuelle de 10 livres. En 1388, en conséquence de nombreuses accusations contre les banquiers juifs de la région adressées au gouverneur du Dauphiné, tous les Juifs de la province furent convoqués à Grenoble, et sur leur refus de se conformer à cette convocation le dauphin les condamna à chacun à payer une marque d'argent annuellement. De plus, il imposa une amende de 10 000 francs à tous les Juifs, pour le paiement de laquelle le "maistre de la loy," Rabbi Samuel, adressa un appel urgent à tous les banquiers juifs du Dauphiné. Parmi les plus importants d'entre eux étaient Moïse Aaron et Samson de Yenne, résidents de Grenoble. En 1396, au cours du conseil dauphinal à Grenoble, un procès criminel fut intenté contre trois jeunes gens, Samson de Jérusalem, Crescent de Voiron, et Perret Levi, qui furent accusés d'avoir commis un crime contre un Chrétien et d'avoir blasphémé Jésus. Ils furent condamnés à payer une amende de 200 francs en or.
Le 4 mars 1413, à la demande des états généraux de la province, le conseil décida que les Juifs seraient obligés de tenir leurs lieux de culte, leurs fours, leurs puits et leurs marchés séparés de ceux des Chrétiens. De plus, les hommes devaient porter comme insigne un morceau rond de drap de couleur variée, placé sur le vêtement extérieur à la poitrine, et les femmes devaient mettre un signe distinctif dans leur coiffure. Il était défendu à l'un ou l'autre sexe d'apparaître en public ou de garder leurs portes et fenêtres ouvertes le dimanche de la Passion ou pendant la Semaine Sainte; et il ne leur était pas permis d'employer des serviteurs chrétiens.
Pendant le règne de Charles VII., les Juifs de Grenoble et de ses environs furent accusés d'avoir fait cause commune avec les ennemis du dauphin pendant son exil et d'avoir tenu des propos irrespectueux à son égard. Ils furent donc condamnés par lui à payer une amende de 1 500 couronnes en or. C'est à cette époque que les Juifs quittèrent définitivement Grenoble. Seulement quelques familles israélites y résident maintenant (1903).