COHN, TOBIAS
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Médecin polonais ; né à Metz, Allemagne, 1652 ; mort à Jérusalem 1729. Son grand-père était le médecin Eleazar Kohn, qui émigra de Palestine en Pologne et s'établit à Kamenetz-Podolsk, où il exerça la médecine jusqu'à sa mort. Son père était le médecin polonais Moses Kohn de Narol, dans le district de Bielsk, qui s'était déplacé à Metz en 1648 pour échapper aux persécutions pendant la révolution cosaque. Tobias et son frère aîné retournèrent en Pologne après la mort de leur père en 1673. Il reçut son éducation à Cracovie et aux universités de Francfort-sur-l'Oder (aux frais du grand électeur de Brandebourg) et de Padoue, d'où il sortit diplômé en médecine. Il exerça pendant quelque temps en Pologne, et se déplaça ensuite à Andrinople, où il devint médecin de cinq sultans successifs—Mohammed IV., Suleiman II., Aḥmad II., Mustapha II., et Aḥmad III., se déplaçant avec la cour à Constantinople. En 1724 il se rendit à Jérusalem, où il vécut jusqu'à sa mort.
Tobias Cohn. (D'après la page de titre de son "Ma'aseh Tobiyyah," 1707.)
Cohn connaissait neuf langues—l'hébreu, l'allemand, l'italien, le français, l'espagnol, le turc, le latin, le grec et l'arabe. Cette grande connaissance linguistique lui permit d'écrire son "Ma'aseh Tobiyyah" (Œuvre de Tobias), publié à Venise en 1707, et réimprimé là en 1715, 1728, 1769, et 1850. L'ouvrage est encyclopédique, et divisé en huit parties : (1) théologie ; (2) astronomie ; (3) médecine ; (4) hygiène ; (5) maladies syphilitiques ; (6) botanique ; (7) cosmographie ; et (8) un essai sur les quatre éléments.
La plus importante est la troisième partie, qui contient une illustration montrant un corps humain et une maison côte à côte et comparant les membres du premier aux parties de la seconde (voir illustration).
Dans la partie 2 se trouvent un astrolabe (voir Jew. Encyc. ii. 244) et des illustrations d'instruments astronomiques et mathématiques. Inséré entre les parties 6 et 7 est un dictionnaire turco-latino-espagnol ; et préfacé à l'ouvrage est un poème de Solomon Conegliano.
Les connaissances médicales et les expériences de Cohn semblent avoir été d'une importance considérable. Il donna, d'après ses propres observations, la première description de la "plica polonica," ainsi que de nombreux symptômes locaux et des herbes médicinales nouvellement découvertes. Il publia également dans trois langues une liste de remèdes.
Il critica les professeurs anti-juifs de Francfort-sur-l'Oder ainsi que ses coreligionnaires qui se dévouaient à la Cabale et s'en tenaient à une croyance aveugle aux miracles.