Confiado por Bernard Bensaid · depositado em 4 de julho de 2026 · registo História · depositário, não proprietário
Pesquisa crítica
A mon très cher Jacques Isaac Dahan, et à vous tous qui faites partie de sa famille ET donc de ma famille Aujourd'hui nous célébrons ton anniversaire. Tes parents ont eu l'excellente initiative de te mettre au monde un 31 décembre, ce qui dénote déjà le message d'espoir dont ils te rendaient porteur. Mais, comme cela ne leur a pas paru suffisant, ils t'ont affublé du même prénom que celui de notre patriarche Isaac, fils d'Abraham et Sarah. Dois-je rappeler la signification hébraïque d'Isaac, liée au rire de Sarah lorsque l'annonce d'une naissance proche lui a été faite, alors qu'elle était déjà d'un âge avancé. Ce rire, ou plutôt ce sourire, ne t'a jamais quitté, aussi loin que mes souvenirs me portent. Tu es celui dont le sourire témoigne d'une sagesse réconfortante et bienveillante. Je voudrais commencer par évoquer quelques souvenirs de toi durant ma propre enfance. Tu es mon ainé de 16 ans. Durant les années 50, mon père et moi avions l'habitude de nous retrouver tous les shabbat après-midis chez ton père Elie et son épouse Fréha, ma tante adorée. C'était dans l'appartement de la place de Verdun. J'avais à peu près une dizaine d'années tandis que tu étais déjà un bel homme de 25 ans. L'objet de ces réunions était d'étudier un Midrach lié à la Sidra de la semaine ou un passage du Talmud. Ces séances étaient ardues pour l'enfant que j'étais mais elles étaient passionnantes et m'ont laissé un souvenir indélébile. Elles réunissaient diverses personnes, dont nos deux pères Elie et Jacob, ton oncle Issachar, des amis communs dont Mrs Pinto et Assedo, et d'autres dont je ne me souviens plus du nom. Tu n'en faisais pas partie car tu restais dans ta chambre pour des raisons qui m'étaient inconnues. Il nous était interdit d'y pénétrer et malgré nos séances de jeux endiablés avec Raphael dans tout le reste de l'appartement, nous respections cet engagement. Sauf une fois, où je me souviens n'avoir pu résister à la curiosité de voir ce qui se passait dans ce lieu interdit. Ouvrant la porte, je découvris un homme concentré sur son violon, dans un espace meublé de livres, et cette vue m'a beaucoup impressionné sur l'instant. Un violon vaut bien un Talmud, me suis-je dit alors et je m'en souviens fort bien. Ces souvenirs, marqués par une extrême discrétion, pour ne pas dire une certaine distance entre l'homme que tu étais et l'enfant que j'étais, contrastaient avec les liens beaucoup plus directs et quasi fusionnels avec tes frères et sœurs. Avec Raphael d'abord, compagnon de jeux dans l'appartement de la place de Verdun. Avec Yolande, mon à peine ainée, que je tentais de protéger des jurons des voyous de Mer-Sultan lors des visites à ma mère dans un hôpital de ce quartier de Casablanca. Avec mon regretté Messod qui m'a grandement aidé dans mon apprentissage en Mathématique, alors que je venais de quitter Meknès, ville où ma mère et moi avions séjourné pour enrayer mes crises d'asthme. Avec Olga qui m'impressionnait beaucoup, notamment après sa rencontre avec un bel américain, Joe King, dans la base de Nouasseur. Avec Meyer dont les talents photographiques et la joie exubérante alimentaient déjà la vie de toute la troupe. Avec Renée, très proche de mes sœurs Michèle et Jeannette. Enfin avec Raphael, mon cadet et compagnon de jeux. Isaac restait celui auquel j'avais le moins accès. J'ai pu découvrir un lien nouveau avec Isaac Jacques lors de mes différents passages à Montréal. D'abord lors du décès de Messod auquel j'avais tenu d'assister. Ensuite lors de mes séjours de professeur invité à l'UQAM et à l'Université de Montréal, durant lesquels Sylvia et Jacques m'ont reçu avec une chaleur inoubliable. Je me souviens encore d'une discussion passionnante avec Jacques qui m'expliquait le sens profond que revêt l'indépendance retrouvée de l'Etat d'Israël dans l'histoire du judaïsme. Il anticipait presque l'antisémitisme qui allait retrouver sa virulence dans le monde occidental et la nécessité de disposer d'un Etat protecteur pour ne plus subir de nouvelles violences. Nous nous sommes ensuite retrouvés à Paris lors de ton séjour avec Sylvia. Toutes les discussions que j'ai pu avoir avec toi, pas seulement en face à face, mais également celles par échanges épistolaires, par téléphone ou par mail, ont été des plus instructives pour moi. Notamment lors de mes recherches généalogiques sur notre famille, avant la publication dans la revue Généalo-J de l'article : "Des passeurs de pensée juive d'origine hispano-maghrébine : la lignée Encaoua". J'en profite ici pour rappeler quelques-uns de nos liens familiaux, aux jeunes générations nées dans le nouveau monde, afin qu'elles se souviennent de leurs origines. Rassurez-vous ce ne sera pas exhaustif, d'autant plus que je n'ai pas pu tout reconstituer. Isaac Jacques Dahan, né en 1925, époux de Sylvia Ohayon, est père de deux enfants Serge et Katia qui sont présents parmi nous et que je salue chaleureusement, ainsi que Sylvia. Isaac est lui-même le fils d'**Elie Dahan** (né à Casablanca en 1892 et mort à Montréal en 1976) et de sa première épouse **Esther Cohen** (née à Salé en 1907 et morte à Casablanca en 1928). Isaac avait donc 3 ans à la mort de sa mère. Après le décès de celle-ci, **Elie Dahan** a épousé **Fréha Sabbah**, qui n'est autre que ma tante, c'est-à-dire la sœur de ma mère **Messody Sabbah**, épouse Encaoua. Fréha et Messody sont en effet les filles d'**Abraham Sabbah** (mon grand-père maternel donc) et de sa première épouse **Rachel Dahan**. Avec sa seconde épouse **Fréha Sabbah** dont je salue ici la mémoire bénie (née en 1910 à Rabat et morte à Casablanca en 1958), **Elie Dahan** a eu six enfants : Renée, Olga, Messod, Yolande, Meyer et Raphael. Je salue chaleureusement mes cousins survivants, leurs épouses et leurs enfants. Aussitôt après la mort de Fréha, la famille Dahan a émigré, au Canada pour certains, et aux Etats-Unis pour d'autres. Vous devez en savoir davantage que moi sur les générations (toledot en hébreu) qui ont suivi, mais peut-être moins que moi sur les générations qui ont précédé. Permettez-moi simplement de vous rappeler, avant cette remontée généalogique, combien vous devez tous à cette ingénieuse décision d'Elie Dahan et de ses enfants d'émigrer vers le nouveau monde. Le grand-père paternel d'Isaac est **Mimon Dahan** qui a épousé **Myriam Encaoua**, elle-même la fille de **Messod Encaoua**, qu'on appelait au Maroc familièrement Baba Messod et plus respectueusement l'ange de Dieu, et qui fut dayan à Salé. Deux informations supplémentaires peuvent être ajoutées. D'une part, **Mimon Dahan** a émigré aux Etats-Unis en 1882 et a obtenu la nationalité américaine, comme en témoigne l'acte de naturalisation que nous a envoyé Meyer. D'autre part, **Messod Encaoua**, le beau-père donc de Mimon Dahan, grand-père paternel d'Isaac, est lui-même mon arrière-grand-père paternel, père de mon grand-père paternel **Amram Encaoua**, et oncle du Rab **Raphael Encaoua**. Ce dernier fut le premier président du haut tribunal rabbinique du Maroc, nommé sur recommandation du maréchal Lyautey et titulaire de la légion d'honneur. Les arrière-grands-parents paternels d'Isaac sont **Joseph Dahan** et **Fréha Cohen**, dont je n'ai pu reconstituer l'itinéraire. Mais vous voyez déjà de quels grand hommes et femmes est constituée la généalogie d'Isaac Jacques Dahan, dont je m'enorgueillis de faire partie. Je ne doute pas que les descendants sauront poursuivre ses traces. A Jacques Isaac, j'adresse un vœu des plus chers : עד מאה ועשרם David Encaoua
La lettre félicite Jacques Dahan pour son anniversaire