- Hebreeuwse naam
- שְׁמוּאֵל
- Transliteratie
- Shmouel
- Hoofdstukken
- 55
Un seul livre dans le canon hébreu, coupé en deux par les éditions ultérieures, et le récit politique le plus dense du corpus.
Le peuple réclame un roi « comme toutes les nations ». Samuel le lui reproche longuement — un roi prendra vos fils, vos filles, vos champs — puis cède. La royauté entre donc dans la Bible comme une concession arrachée, jamais comme un idéal, et cette réticence initiale pèsera sur toute la pensée politique juive ultérieure.
Saül est oint, puis rejeté ; sa fin, consultant une nécromancienne à la veille de sa dernière bataille, est l'une des pages les plus sombres du livre. David lui succède : berger, musicien, chef de bande, puis souverain qui prend Jérusalem, y fait monter l'Arche et danse devant elle.
C'est le portrait le plus complet du corpus, et il est accablant autant qu'admiratif. David convoite la femme d'un de ses officiers, le fait tuer, et le prophète Nathan vient le lui dire en face avec une parabole : « cet homme, c'est toi. » Le roi est repris publiquement par une voix sans charge ni armée, et le texte conserve la scène. Ses fils se révoltent, son préféré meurt, et il pleure Absalon avec une phrase que le deuil n'a pas cessé de citer.
Que ce peuple ait archivé les fautes de son plus grand roi plutôt que de les effacer dit quelque chose de son rapport à la mémoire : on ne garde pas seulement ce qui flatte.