सामग्री पर जाएँ
Zakhor
fin du XIXᵉ siècle – années 1920 · Salonique

Salonique, le port qui s'arrêtait le samedi

Un des grands ports de la Méditerranée fermait du vendredi soir au dimanche, parce que ses dockers étaient juifs.

स्थापितSaloniquePortChabbatMonde ouvrier

Salonique, ottomane jusqu'en 1912 puis grecque, fut longtemps la seule grande ville d'Europe à majorité juive. On en retient volontiers les rabbins et les familles de négoce ; on oublie que la population juive y était d'abord un peuple de travail — pêcheurs, ouvrières du tabac, porteurs, et surtout les dockers du port.

De cette composition découlait une chose que les voyageurs notaient avec étonnement : le port fermait le vendredi après-midi et ne rouvrait que le dimanche. Ce n'était pas une décision rabbinique ni un règlement municipal. La main-d'œuvre ne travaillait pas le chabbat, et un port de première importance s'arrêtait donc un jour par semaine, ce dont chacun s'accommodait.

L'usage survécut au rattachement à la Grèce et tint jusque dans les années 1920. Le grand incendie de 1917, l'arrivée massive des réfugiés d'Asie Mineure après 1923 et l'hellénisation de la ville changèrent les proportions ; la déportation de 1943 mit fin à la communauté.

Ben Gourion, qui y séjourna en 1911, y voyait « la seule ville ouvrière juive au monde ». Le port arrêté est la trace la plus nette de ce qu'il désignait : non pas une élite marchande, mais une société entière — assez nombreuse pour que son calendrier devienne celui de tout le monde.