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Zakhor
Iᵉʳ siècle av. n. è. – 70 · Jérusalem

La barrière et l’avertissement

Une plaque grecque prévenait qu’au-delà de cette ligne, un non-Juif serait mis à mort. On en a retrouvé deux, et l’une a disparu avant de réapparaître à Istanbul.

स्थापितTempleInscriptionFrontièreArchéologie

Le Temple d’Hérode était entouré d’esplanades emboîtées. La plus extérieure, la cour des nations, était ouverte à tous.

Une balustrade de pierre, le soreg, en marquait la limite. Au-delà, seuls les Juifs pouvaient entrer.

Des plaques y étaient scellées, en grec et en latin, pour que nul ne puisse dire qu’il ne savait pas.

Ce qu’elles disent

Qu’aucun étranger ne franchisse la balustrade et l’enceinte autour du sanctuaire ; celui qui sera pris n’aura à s’en prendre qu’à lui-même de la mort qui s’ensuivra.

La formule est administrative, presque douce, et la peine est capitale.

Elle vaut aussi contre les Romains : Flavius Josèphe rapporte que Titus reprocha aux Juifs révoltés d’avoir tué des Romains pour ce motif, tout en reconnaissant que Rome l’avait autorisé.

Les deux exemplaires

Une plaque complète est trouvée en 1871 par Charles Clermont-Ganneau, près de l’une des portes de l’esplanade, remployée dans une école. Elle disparaît peu après, puis réapparaît treize ans plus tard à Istanbul — mystérieusement, écrit Clermont-Ganneau. Elle y est toujours, aux Musées archéologiques.

Un fragment est mis au jour en 1935 lors de fouilles, employé comme pierre de remploi dans une tombe hors de la porte des Lions. Il est au musée d’Israël.

Clermont-Ganneau s’était vu proposer un troisième exemplaire dans un monastère : un faux, fabriqué par un artisan de Jérusalem.

Ce que la pierre prouve

Il ne reste presque rien du Temple lui-même. Ces plaques comptent, avec quelques pierres de l’esplanade, parmi les rares objets qui en proviennent directement.

Elles confirment un détail que seuls des textes rapportaient — la barrière, la peine, les langues employées.

Et elles disent en une phrase ce qu’était ce lieu : un sanctuaire ouvert au monde jusqu’à une ligne exactement tracée, et fermé au-delà sous peine de mort.

Ce que la ligne est devenue

Le christianisme naissant a fait de cette barrière une image : l’épître aux Éphésiens parle du mur de séparation abattu.

L’image a servi, pendant des siècles, à opposer une religion de la clôture à une religion de l’ouverture — lecture qui oublie que la cour des nations, elle, était pleine d’étrangers.

Une plaque de pierre garde ainsi deux vies : ce qu’elle interdisait, et ce qu’on lui a fait signifier.