- हिब्रू नाम
- אִיּוֹב
- लिप्यंतरण
- Iyov
- अध्याय
- 42
Un homme juste perd ses biens, ses enfants et sa santé sans avoir rien fait, et le livre refuse pendant quarante-deux chapitres de le consoler à bon compte.
Trois amis viennent le visiter, s'assoient sept jours en silence — la tradition en tirera la conduite de la visite de deuil —, puis parlent. Et c'est ici que le livre fait son geste le plus radical : leurs discours sont impeccablement pieux, ils défendent la thèse que le malheur sanctionne une faute, et le texte leur donne tort. La théologie rassurante est mise dans la bouche de ceux que Dieu réprouvera. Job, lui, refuse d'avouer une faute qu'il n'a pas commise et exige un procès.
La réponse, quand elle vient, ne répond pas. Dieu parle du fond d'une tempête et emmène Job voir l'onagre, l'autruche, le cheval qui rit du javelot, les constellations, la pluie sur le désert où nul homme n'habite. La question du juste souffrant n'est pas résolue ; elle est déplacée dans un monde plus vaste que la comptabilité des mérites.
Le livre est écrit dans un hébreu difficile, riche en mots rares, et son personnage n'est pas israélite. Il ne mentionne ni alliance, ni Temple, ni Loi. Le corpus a donc fait place à une contestation qui ne s'appuie sur aucun de ses propres piliers.
Après la Shoah, il a été relu plus que jamais, et pour la même raison : il est le seul texte du corpus qui interdit de faire du malheur une preuve de culpabilité.