- שם עברי
- שִׁיר הַשִּׁירִים
- תעתיק
- Shir ha-Shirim
- פרקים
- 8
Huit chapitres de poèmes d'amour, sensuels et sans détour, où deux voix se cherchent dans les vergers et les rues de la ville. Dieu n'y est pas nommé. La Loi n'y est pas mentionnée. Aucun événement historique n'y figure.
Que ce livre soit dans le canon a fait débat, et la Mishna en garde la trace : c'est Rabbi Aqiba qui aurait tranché, en le déclarant le plus saint de tous les écrits. La lecture qui a prévalu y voit le dialogue de Dieu et d'Israël, et la sortie d'Égypte dans ses images de fuite et de désert — d'où sa lecture à Pessah, à la fête même de la libération.
Mais le texte n'a jamais cessé d'être aussi ce qu'il dit être. La voix féminine y domine, prend l'initiative, cherche l'aimé la nuit, se heurte aux gardes de la ville ; c'est la parole de femme la plus étendue du corpus. Le vers que la tradition a le plus cité affirme que l'amour est fort comme la mort, et que les grandes eaux ne pourraient l'éteindre.
Le livre a irrigué la poésie liturgique juive bien au-delà de sa taille : les piyyoutim d'Espagne et du Maghreb, les chants du vendredi soir, la mystique de Safed lui ont emprunté leurs images. Beaucoup de communautés en récitent le texte avant le shabbat.
C'est aussi, pour l'histoire du livre, l'un des textes bibliques les plus copiés dans des manuscrits enluminés destinés à l'usage domestique.