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Zakhor
Memoria e Historia · Ketuvim — escritos

Daniel

Resistir al imperio y ver la historia desde su fin: el nacimiento de lo apocalíptico.

Nombre hebreo
דָּנִיֵּאל
Transliteración
Daniel
Capítulos
12

Un livre en deux moitiés et en deux langues — hébreu et araméen —, dont la seconde invente une forme qui aura une immense postérité.

La première partie raconte des jeunes déportés à la cour de Babylone qui refusent la nourriture du roi, interprètent des songes, et survivent à la fournaise et à la fosse aux lions. Ce sont des récits de résistance dans un empire : comment servir un pouvoir étranger sans lui céder l'essentiel. La main qui écrit sur le mur du festin de Balthazar, pendant qu'on boit dans les vases du Temple, a laissé une expression à toutes les langues d'Europe.

La seconde partie est visionnaire : des bêtes montent de la mer, des royaumes se succèdent, des durées chiffrées annoncent une fin. C'est le premier grand texte apocalyptique juif, et il regarde l'histoire depuis son terme. Il porte aussi l'une des rares affirmations explicites d'une résurrection dans le corpus hébreu : beaucoup de ceux qui dorment dans la poussière se réveilleront.

La critique situe la composition finale au IIᵉ siècle avant notre ère, sous la persécution d'Antiochos IV, dont les chapitres visionnaires décriraient les mesures de manière transposée. Le canon hébreu ne le range pas parmi les prophètes mais parmi les écrits — trace, peut-être, de cette datation tardive.

Le livre a nourri sans interruption les espérances de délivrance des communautés opprimées, et son vocabulaire — les empires qui passent, la fin comptée — a servi à lire toutes les dominations successives.