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Zakhor
Egypt & Conquest1400-1301 av. J.-C.

XIVth century BCE

Le Pharaon Akhenaton et le monothéisme solaire

Summary

Akhenaton (Aménophis IV) tente d'imposer le culte exclusif d'Aton — expérience monothéiste unique en Égypte. Certaines thèses (Freud, Assmann) y voient une influence croisée avec l'émergence du monothéisme hébreu.

Notable events

  • c. 1353 av.Aménophis IV accède au trône ; se renomme Akhenaton, « utile à Aton ».
  • c. 1345 av.Transfert de la capitale à Akhetaton (Tell el-Amarna) ; fermeture des temples d'Amon.
  • c. 1340 av.Composition du Grand Hymne à Aton, parallèle frappant au Psaume 104.
  • c. 1350-1330 av.Correspondance diplomatique d'Amarna ; mentions des Habiru en Canaan.
  • c. 1336 av.Mort d'Akhenaton ; le culte d'Amon est rétabli sous Toutânkhamon.

The century in narrative

Le XIVᵉ siècle avant notre ère est traversé par une expérience religieuse unique dans l'Antiquité : celle d'Akhenaton. Aucun autre pharaon n'aura osé rompre avec le panthéon polythéiste millénaire pour imposer le culte exclusif d'un seul dieu. Et aucune période de l'histoire égyptienne n'aura fasciné autant les penseurs juifs et chrétiens modernes, en quête des racines du monothéisme.

Aménophis IV monte sur le trône vers 1353 av. J.-C. Après quelques années de règne, il change de nom : désormais, il s'appellera *Akh-en-Aton*, « celui qui est utile à Aton ». Aton, c'est le disque solaire — non plus Rê, le dieu-soleil anthropomorphe du panthéon thébain, mais la lumière du soleil elle-même, impersonnelle, universelle, représentée par un disque dont les rayons se terminent par des mains tendues. Akhenaton ferme les temples des autres dieux. Il fait marteler les noms des divinités concurrentes — y compris celui d'Amon, qui avait fait la grandeur de Thèbes. Il transporte la capitale de Thèbes vers un site vierge qu'il nomme Akhetaton (« l'horizon d'Aton ») — l'actuelle Tell el-Amarna.

Il compose des hymnes à Aton dont la beauté poétique est immense. Le grand *Hymne à Aton* (c. 1340), retrouvé dans la tombe du noble Aÿ, présente des parallèles frappants avec le Psaume 104 : « Combien tes œuvres sont nombreuses, Seigneur... », « Tu ouvres ta main, ils sont rassasiés de biens ». Sigmund Freud, dans *Moïse et le monothéisme* (1939), affirmera que Moïse aurait été un prêtre égyptien disciple d'Akhenaton, transmettant à son peuple la religion monothéiste enseignée à Akhetaton. Jan Assmann, égyptologue contemporain, parlera plutôt d'une « mémoire mosaïque » qui aurait retenu quelque chose de la révolution amarnienne.

L'épouse d'Akhenaton, Néfertiti, dont le buste célèbre est aujourd'hui à Berlin, participe activement au culte. Le couple royal, représenté de façon radicalement nouvelle — corps allongés, visages anguleux, scènes intimes avec leurs filles — rompt avec les canons classiques de l'art égyptien. Les lettres d'Amarna, retrouvées dans les archives administratives de la cité, révèlent un royaume en difficulté : les vassaux cananéens appellent au secours contre les *habiru* (bandits ou Hébreux ?), contre les Hittites, contre leurs voisins ; mais Akhenaton, tout à sa religion, néglige la politique extérieure. L'Empire égyptien s'effrite.

À la mort d'Akhenaton (c. 1336), la réaction est brutale. Sous son successeur Smenkharé, puis surtout sous Toutânkhamon (son fils ou gendre, encore enfant lorsqu'il monte sur le trône), le culte d'Amon est rétabli, Akhetaton est abandonnée, les inscriptions d'Akhenaton sont martelées, sa mémoire maudite. Ce sera comme si Akhenaton n'avait jamais régné.

Pendant ce temps, loin de ces drames théologiques, les Hébreux construisent toujours en Gochen. La tradition place leurs souffrances à cette période. Les liens directs entre la révolution amarnienne et la naissance du monothéisme israélite sont débattus, mais une chose est sûre : lorsqu'au siècle suivant Moïse proclamera « Écoute, Israël : l'Éternel est notre Dieu, l'Éternel est un », cette idée n'est pas née dans le vide. Elle affleure dans l'histoire longue du Proche-Orient. Akhenaton l'avait entrevue — sous la forme du soleil. Les Hébreux la recevront — sous la forme d'une parole. Le XIVᵉ siècle est le témoin de la première de ces intuitions.

Figures of the century (7)

Abdi Heba

Siècle corrigé à la relecture : 14e siècle av. J.-C. — Roi Jérusalem, tablettes El-Amarna, datation débattue

King of Jerusalem around 1400 BC, known through letters he sent to the Pharaoh of Egypt, preserved in the El-Amarna tablets. In them he explains that he holds his kingship solely from Pharaoh's…

Bela

Datation incertaine : entre le XVe siècle av. J.-C. et le XIIe siècle av. J.-C. (hypothèse) — d'après Roi edomite proto-biblique, antérieur à l'époque monarchique

Josué (Yehoshoua)

c. 1350-1250 av. J.-C. (tradition)

Successor of Moses, he led the conquest of the Promised Land (Book of Joshua). Military and spiritual leader, he renewed the Covenant at Shechem and divided the territory among the twelve tribes of…

Miriam

XIIIe s. av. J.-C. (tradition)

Prophetess, elder sister of Moses and Aaron. Guardian of the newborn on the Nile; leads the song of the women at the sea. The « well of Miriam » accompanies Israel in the desert.

Pinhas (Phinéas)

c. 1350 av. J.-C. (tradition)

Grandson of Aaron, he received the Covenant of perpetual peace (Numbers 25:12-13) for his zeal in the service of God. Tradition places him at the origin of the lineage of High Priests who officiated…

Ramsès III

c. 1186-1155 av. J.-C.

Last great pharaoh of the New Kingdom, he repelled the invasion of the Sea Peoples (including the Philistines) who then settled on the coast of Canaan. His reign marks the geopolitical context of the…

Toutankhamon

c. 1341-1323 av. J.-C.

Pharaoh of the 18th dynasty whose intact tomb, discovered in 1922, revealed the splendors of ancient Egypt. His reign marked the return to polytheism after the monotheistic parenthesis of Akhenaten.