BOAZ
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—Donnees Bibliques :
L'un des parents d'Élimélech, mari de Noémi ; un homme riche de Juda, vivant à Bethléem en Juda (Ruth ii. 1). Il était l'un des parents de Ruth ; à ce titre, il avait le privilège de racheter le domaine familial vendu par Noémi après la mort d'Élimélech. C'est pourquoi, quand Ruth fit appel à sa parenté, il racheta la propriété (Ruth iii. 9, iv. 3). En conséquence de quoi il dut épouser Ruth, afin de « relever le nom du mort » (Ruth iv. 5, 10). Leur fils Obed était, selon la tradition, le grand-père de David (Ruth iv. 22).
Sa conduite approuvée. —Dans la Littérature Rabbinique :
Boaz est identifié par certains rabbins au juge Ibzan de Bethléem (Juges xii. 8). On rapporte en outre qu'il perdit tous ses soixante enfants durant sa vie parce qu'il n'avait invité Manoah, père de Samson, à aucune des festivités de mariage dans sa maison. Car, puisque Manoah était à cette époque sans enfants, Boaz pensa qu'il n'avait pas besoin de considérer en de telles occasions un homme sans enfants qui ne pourrait pas lui rendre la pareille (B. B. 91a). Selon Flavius Josèphe, « Ant. » v. 9, § 1, Boaz vivait au temps d'Éli. Boaz était un juge juste, pieux et savant, et la coutume d'user du Nom divin en saluant son prochain (Ruth ii. 4) formulée par lui et son beth din reçut l'approbation même du beth din céleste (Mak. 23b ; Yer. Ber. ix. 14c ; Ruth R. to ii. 4).
Étant un homme pieux, Boaz, à sa première rencontre avec Ruth, perçut sa conscienciosité en ramassant le grain, car elle observait strictement les règles prescrites par la Loi ([compare Gleaning of the Fields](/articles/6704-gleaning-of-the-fields)). Cela, ainsi que sa grâce et sa conduite chaste durant le travail, incita Boaz à s'informer de l'étrangère, bien qu'il n'eût pas l'habitude de s'enquérir après les femmes (Ruth R. to ii. 5 ; Shab. 113b). Dans la conversation qui suivit entre Boaz et Ruth, la pieuse prosélyte dit que, étant moabite, elle était exclue de l'association avec la communauté de Dieu (Deut. xxiii. 4). Boaz, cependant, répondit que l'interdiction de l'Écriture s'appliquait seulement aux hommes de Moab, et non aux femmes. Il lui dit en outre qu'il avait entendu dire par les Prophètes qu'elle était destinée à devenir l'ancêtre de rois et de prophètes ; et il la bénit par ces paroles : « Que Dieu, qui récompense les pieux, te récompense aussi » (Targ. Ruth ii. 10, 11 ; Pesiḳ, ed. Buber, xvi. 124a). Boaz fut spécialement bienveillant envers l'étrangère pauvre pendant le repas, quand il lui indiqua par diverses courtoisies symboliques qu'elle deviendrait l'ancêtre de la maison royale davidique, y compris le Messie (Ruth R. to ii. 14 ; Shab. 113b). Comme envers Ruth, Boaz avait aussi été bienveillant envers ses parents, les fils de Noémi, apprenant leur mort, et veillant à ce qu'ils eussent une sépulture honorable (Ruth R. to ii. 20).
Boaz et Ruth.
Bien que Boaz fût le prince du peuple, il supervisa lui-même le battage du grain dans sa grange, afin d'écarter toute immoralité ou vol, lesquels étaient très répandus en ses jours (Tan., Behar, ed. Buber, viii. ; Ruth R. to iii. 7). Joyeux en son cœur que la famine fut terminée en Israël, il chercha le repos après avoir remercié Dieu et étudié pour un temps la Torah (Tan., _l.c._ ; Targ. Ruth iii. 7 ; et Ruth R. _ib._). Réveillé de son premier sommeil par Ruth, il fut fort effrayé, car il pensa que c'était un démon ; et il ne fut convaincu du contraire qu'après avoir touché les cheveux de sa tête, puisque les démons sont chauves (Tan., _l.c._). Quand il perçut les intentions pures et saintes de Ruth, non seulement il ne la réprimanda pas pour son comportement inhabituel, mais il la bénit et lui donna six mesures d'orge, indiquant par là que six hommes pieux devraient naître d'elle, doués par Dieu de six excellences (compare Isa. xi. 2 ; Sanh. 93b ; Num. R. xiii. 11 ; Ruth R. et Targ. to Ruth iii. 15 ; les noms des six hommes diffèrent dans ces passages, mais David et le Messie sont toujours parmi eux). Boaz remplit les promesses qu'il avait faites à Ruth, et quand son parent (les sources diffèrent quant à la relation précise existant entre eux) refusa de l'épouser parce qu'il ne connaissait pas la Halakah qui décréta que les femmes moabites n'étaient pas exclues de la communauté israélite, Boaz lui-même l'épousa (Ruth R. to iv. 1). Boaz avait quatre-vingts ans et Ruth quarante ans (_idem_ to iii. 10), mais leur mariage ne resta pas sans enfants, bien que Boaz mourût le jour après ses noces (Midrash Zuṭṭa, ed. Buber, 55, below).
—Vue Critique :
La valeur historique de la généalogie (Ruth iv. 18-22) est niée par Wellhausen, Cornill et les critiques modernes en général. Ils la supposent être le produit d'une tendance qui existait à une certaine époque en temps post-exilique, de trouver une origine étrangère pour les plus renommées familles. Mais d'autres sont d'avis que la fuite de David en Moab (I Sam. xxii. 3) est une circonstance qui donne une plausibilité historique à l'origine moabite de [Ruth](/articles/12947-ruth-book-of) (ainsi Kuenen, « Historisch-Critisch Onderzoek, » etc., i., § 36. _g._ ; Nowack, « Ruth, » p. 184.