NAQUET, ALFRED JOSEPH
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Chimiste et homme politique français ; né à Carpentras, Vaucluse, le 6 octobre 1834. Après ses études à Paris, il obtint son diplôme de docteur en médecine en 1859 et devint en 1862 professeur adjoint à l'Université de Paris. En 1863, il fut appelé à Palerme comme professeur adjoint à l'institut polytechnique, poste qu'il abandonna en 1865. Cette année-là, il retourna à Paris et prit une part active à la politique française. En 1867, il assista à la Conférence de la Paix à Genève, et, se montrant en opposition à l'empire français, il fut emprisonné pendant quinze mois et perdit ses droits civiques pendant cinq ans.
En 1869 parut son ouvrage « Religion, Propriété, Famille », dont la publication lui valut d'être de nouveau condamné à l'emprisonnement (quatre mois) avec la perte complète de ses droits civiques. S'échappant en Espagne, il devint correspondant pour la « Réveil » et la « Rappel ». En Espagne, il se trouva impliqué dans l'insurrection andalouse.
Revenant en France après la proclamation de l'amnistie du 4 septembre 1870, il fut employé par le gouvernement républicain à Tours, plus tard à Bordeaux. En 1871, il fut élu à l'Assemblée, où il rejoignit l'Extrême Gauche. Il fut réélu en 1873, 1876, 1877 et 1881. En 1882, il fut élu au Sénat et réélu en 1893. Il devint un partisan de Boulanger, et même lorsque ce dernier fut écrasé aux élections en 1888, il demeura l'un des adhérents du général.
Naquet prit une part active aux délibérations de l'Assemblée et du Sénat, et combattit à partir de 1876 pour une législation sur le divorce. Son projet de loi, après avoir été à plusieurs reprises rejeté, fut adopté en 1884 et devint connu sous le nom de « Loi Naquet ». Au cours des deux années suivantes, il proposa plusieurs amendements à cette loi, qui furent acceptés.
Ayant été dénoncé comme participant au scandale de Panama, il s'échappa en 1889 en Angleterre. À son retour en France en 1893, il fut acquitté. Il ne se porta pas candidat à la réélection au Sénat en 1898.
Naquet est un collaborateur de plusieurs revues de chimie, de la « Grande Encyclopédie », du « Dictionnaire de Chimie », etc. Il fonda deux journaux politiques, qui cependant n'existèrent pas même pendant un an, « La Révolution » (1876) et « L'Indépendant » (1880).
Parmi ses nombreux ouvrages, on peut citer : « De l'Allotropie et l'Isométrie », 1860 ; « Des Sucres », 1863 ; « Principes de Chimie Fondés sur les Théories Modernes », 1863 ; « De l'Atomicité », 1868 ; « La République Radicale », 1873 ; « Le Divorce », 1877 ; « Questions Constitutionnelles », 1883 ; « Socialisme Collectioniste et Socialisme Libéral », 1890 ; et « L'Humanité et la Patrie », 1901.