Narcisse Léven (1833–1915) — né le 15 octobre 1833 à Uerdingen, sur le Rhin ; mort le 6 janvier 1915 à Paris. Avocat au barreau de Paris, formé au Lycée Henri IV et licencié en droit de la Faculté de Paris en 1855, il fut l'un des cofondateurs de l'Alliance israélite universelle en 1860, puis son secrétaire général (1863–1883), vice-président (1883–1898) et président (1898–1915). Secrétaire particulier d'Adolphe Crémieux pendant cinq ans, secrétaire général du ministère de la Justice en 1870–1871, membre du conseil municipal de Paris (1880–1887) et vice-président de ce conseil (1882), il présida également le conseil de la Jewish Colonization Association et siégea pendant trente-six ans au Consistoire israélite de Paris, dont il devint vice-président. Il rédigea Cinquante ans d'histoire : l'Alliance israélite universelle (1860–1910) (F. Alcan, 1911–1920), œuvre mémorielle de référence.
Adolphe Crémieux (1796–1880) — né Isaac Moïse Crémieux à Nîmes ; mort à Paris. Avocat, homme d'État, président du Consistoire central des Israélites de France, deux fois ministre de la Justice (1848 et 1870–1871), et auteur du décret du 24 octobre 1870 accordant la nationalité française aux Juifs d'Algérie. Président de l'Alliance israélite universelle de 1864 à sa mort, il fut le mentor politique et moral de Narcisse Léven, dont il fit son secrétaire pendant cinq ans avant de l'associer à ses responsabilités ministérielles durant la guerre franco-prussienne.
Charles Netter (1826–1882) — né à Strasbourg. Négociant et philanthrope, cofondateur de l'Alliance israélite universelle en 1860, il fut l'initiateur de l'école agricole de Mikvé Israël, qu'il fonda en 1870 près de Jaffa avec le soutien de l'Alliance — première institution agricole juive moderne en Palestine. Figure de l'action directe et du retour à la terre, il incarna une sensibilité différente de celle de Léven tout en partageant la même conviction : que l'émancipation passait par le travail et l'autonomie économique.
Isidore Cahen (1826–1902) — publiciste et homme de lettres, cofondateur de l'Alliance israélite universelle en 1860, directeur des Archives israélites de France pendant plusieurs décennies. Il contribua à forger la doctrine de l'Alliance au croisement de la tradition juive et de l'idéal républicain, et fut l'un des proches collaborateurs de Léven dans les premières années de l'institution.
Eugène Manuel (1823–1901) — poète et pédagogue, cofondateur de l'Alliance israélite universelle en 1860, secrétaire général du ministère de l'Instruction publique sous Jules Simon en 1870–1871. Compagnon de Léven dans l'aventure républicaine autant que dans l'entreprise de l'Alliance, il fut également l'un des fondateurs de l'École du Travail en 1852, aux côtés de Narcisse Léven et du docteur Manuel Leven, pour transformer les enfants israélites de familles défavorisées en ouvriers qualifiés. Il incarna la synthèse entre engagement pour la culture française et fidélité à l'identité juive qui caractérisait toute sa génération.
Theodor Herzl (1860–1904) — né à Pest, mort à Edlach, Autriche. Journaliste, dramaturge et fondateur du sionisme politique, auteur de Der Judenstaat (1896) et organisateur du premier congrès sioniste mondial à Bâle en 1897. Sa rencontre avec Léven à Salzbourg en septembre 1895 — lors de laquelle Léven lui communiqua les idées de Léon Pinsker — est un moment documenté de l'histoire intellectuelle du sionisme. Leurs trajectoires symbolisent les deux grandes réponses que le XIXe siècle juif formula à la persécution : l'émancipation dans la diaspora et la renaissance nationale.
Maurice de Hirsch (1831–1896) — baron, banquier et philanthrope juif austro-hongrois. Fondateur en 1891 de la Jewish Colonization Association (JCA), il consacra une fortune considérable à organiser l'émigration et l'installation agricole de Juifs d'Europe orientale, principalement vers l'Argentine. Léven, aux côtés de Zadoc Kahn, l'avait assisté dans la formulation de ses plans de colonisation avant de présider le conseil de la JCA après la disparition du baron. Après la mort de Hirsch, la JCA continua son œuvre sous la présidence effective de Léven.
Zadoc Kahn (1839–1905) — grand rabbin de France de 1889 à sa mort, né à Mommenheim (Bas-Rhin). Figure majeure du judaïsme français de la Troisième République, il collabora étroitement avec Narcisse Léven, notamment dans l'élaboration des plans de colonisation agricole du baron de Hirsch qui donnèrent naissance à la JCA. Défenseur infatigable des Juifs persécutés d'Europe orientale, il incarnait, comme Léven, la conviction que la dignité juive passait à la fois par la solidarité organisée et par l'enracinement républicain.
Gustave Leven (dates non établies par les sources consultées) — industriel et philanthrope français, fondateur de la Fondation Rachi, qui soutient l'enseignement juif en France. Sa parenté avec Narcisse Léven n'est pas documentée dans les sources disponibles pour ce livre ; son rattachement à cette lignée reste à confirmer. Par son engagement en faveur de l'éducation juive, il prolonge une tradition que l'œuvre de Narcisse Léven avait contribué à forger, fondée sur la conviction que la transmission du savoir est la condition première de la continuité du peuple juif.
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