WEILL, ALEXANDRE (ABRAHAM)
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Écrivain français ; né à Schirhoffen, Alsace, le 10 mai 1811 ; mort à Paris le 18 octobre 1898 ; petit-fils du R. Abraham Kellermeister. Il fut destiné par ses parents à une carrière rabbinique, et fut envoyé à Francfort pour poursuivre ses études talmudiques préparatoires. En même temps il étudia la littérature allemande, française, anglaise, italienne, latine et grecque. En 1837 il abandonna ses études rabbiniques, et quitta Francfort pour Paris muni d'une lettre d'introduction de Heinrich Heine qui lui procura une admission rapide dans les salons et les cercles journalistiques de la capitale française. Il devint contributeur à la « Revue du Progrès » (dirigée par Louis Blanc), à la « Démocratie Pacifique », à la « Presse », à la « Gazette de France », à « L'Opinion Nationale », au « Figaro », et au « Temps », à différents journaux de Francfort, Stuttgart et Hambourg, et aux « Archives Israélites », à l'« Univers Israélite », etc. La publication de ses « Histoires de Village » (1847), auxquelles Heine écrivit une préface, et de son « L'Ami Fritz » et « La Petite Fadette » marquèrent son entrée dans le domaine du roman. Il fut peut-être le premier écrivain français à concevoir l'idée de dépeindre des scènes de village et d'écrire des idylles rustiques. Parmi ses nombreux admirateurs on peut citer Giacomo Meyerbeer et Victor Hugo.
Weill était un polémiste né, et il écrivit un nombre de brochures sur quelques-unes des grandes questions du jour ; parmi celles-ci on peut citer : « République et Monarchie », 1848 ; « Le Génie de la Monarchie », 1849 ; « Que Deviendront Nos Filles ? », 1863 ; « Mes Batailles », 1867 ; et « Lettre de Vengeance d'un Alsacien », 1871. Dans le « Corsaire » du 2 mars 1848, il adressa une remarquable lettre à Hippolyte Carnot, le ministre de l'instruction publique et père du défunt président de la République française, Sadi Carnot. Dans cette lettre, qui portait le titre « Une Révolution à Faire », il pressa fortement un enseignement plus général des langues étrangères dans les écoles publiques.
Weill fut aussi l'auteur des ouvrages suivants : « Mes Contemporains » (1864 ; 2e éd., avec appendice, 1890) ; « Dix Mois de Révolution », 1868 ; « La Guerre des Paysans et des Anabaptistes », 1874 ; « Ludovic Boerne », 1878 ; « Souvenirs Intimes de Henri Heine », 1883 ; « Histoire Véridique et Vécue de la Révolution de 1848 », 1887 ; « Le Centenaire de l'Emancipation des Juifs », 1888 ; « Mes Romans » ; « Mon Théâtre » ; « Fables et Légendes d'Or » ; « Lamartine et Victor Hugo » ; « La France Catholique » (en réponse à La France Juive de Drumont) ; « Les Cinq Livres de Moïse » (traduit de l'hébreu, et fourni de notes étymologiques) ; « Moïse, le Talmud et l'Evangile » ; « La Parole Nouvelle » ; « Hommes Noirs, Qui Etes Vous ? » ; « L'Art Est une Religion » ; « Lois et Mystères de la Création » ; « Etude Comparative de la Langue Française avec l'Hébreu, le Grec, le Latin, l'Allemand, et l'Anglais » ; « Rabbin et Nonne, Poésie et Realité » ; « Le Nouvel Isaïe » ; et un recueil de poésies intitulé « Les Grandes Juives » (1882).