LAZARUS, MORITZ
هذه المادة غير مترجمة بعد: تُعرض بـالفرنسية.
Philosophe allemand ; né à Filehne, dans la province prussienne de Posnanie, le 15 septembre 1824 ; mort à Meran, Tyrol, le 13 avril 1903 ; fils d'Aaron Levin Lazarus, élève d'Akiba Eger et lui-même président du bet din et de la yeshibah de Filehne (mort là le 26 février 1874). Avec son frère Leyser, qui devint plus tard président du Séminaire théologique juif de Breslau, Lazarus reçut sa première instruction à l'école de la communauté juive de Filehne. Il étudia en outre avec A. Waldenburg, père du professeur berlinois Ludwig Waldenburg. La première école publique allemande de Filehne (fondée en 1834) était inaccessible au jeune Lazarus en raison de son caractère confessionnel. Ainsi son éducation précoce fut limitée aux différentes branches de la science juive. Ses parents le destinaient à une carrière commerciale, et à l'âge de seize ans il fut apprenti chez un négociant de Posnanie. Dès le début, cependant, cette carrière ne plut point à Lazarus. En 1844 il entra au gymnase allemand de Brunswick, et le quitta deux ans plus tard avec le « testimonium maturitatis ». De 1846 à 1849 il étudia l'histoire, la philologie, et notamment la philosophie à l'Université de Berlin. Admirateur fervent de son maître Herbart, Lazarus devint en temps voulu un exégète éminent de sa philosophie, à laquelle il donna une empreinte plus idéaliste. En 1850 il obtint son diplôme de Ph.D. ; la même année il épousait Sarah Lebenheim.
Moritz Lazarus. Fonde la « Völkerpsychologie ».
La première publication de Lazarus, « Die Sittliche Berechtigung Preussens in Deutschland » (Berlin, 1850), s'adressa au grand public. Dans cet ouvrage il revendiquait pour la Prusse la direction des autres États allemands en vertu de sa supériorité politique, philosophique et religieuse. À partir de 1850 Lazarus se consacra spécialement à la psychologie. Appliquant les lois de la psychologie de l'individu à la nation et au genre humain (qu'il considérait comme des êtres sociaux), Lazarus établit une nouvelle branche de recherche qu'il nomma « Völkerpsychologie » (psychologie nationale). Dans un article intitulé « Ueber den Begriff und die Möglichkeit einer Völkerpsychologie als Wissenschaft » (dans le « Deutsches Museum » de Prutz, 1851) il posa les fondations de l'étude de cette science. Neuf ans plus tard, en collaboration avec H. Steinthal, son ami et beau-frère, Lazarus établit la « Zeitschrift für Völkerpsychologie und Sprachwissenschaft » (vol. i.-xx., Berlin, 1860-90 ; continuée sous le titre « Zeitschrift des Vereins für Volkskunde »). De 1856 à 1858 il publia son ouvrage principal, « Das Leben der Seele in Monographien » (3 vol. ; 3e éd., 1883-97). Il traite des principaux problèmes de la psychologie du point de vue de la philosophie de Herbart. Écrit dans un style populaire et facile, il trouva bientôt un large cercle de lecteurs.
En 1860 Lazarus fut appelé à l'Université de Berne comme professeur de psychologie ; six ans plus tard il retourna à Berlin et fut nommé professeur de philosophie à l'Académie royale militaire (1867) ; et en 1874 il devint professeur de philosophie à l'université de cette ville. Il fut l'un des fondateurs de la Schillerstiftung et en fut longtemps le président ; il fut aussi curateur du Victoria Lyceum. À l'occasion de son soixante-dixième anniversaire Lazarus fut honoré par l'empereur allemand, l'Université de Berne et le Hebrew Union College de Cincinnati. Le premier lui conféra le titre de « Königlicher Geheimer Regierungsrath » ; le second, le diplôme de docteur en droit ; et le troisième, celui de docteur en théologie. En 1895 Lazarus, après la mort de sa première femme, épousait la veuve Nahida Ruth Remy, qui sous son influence avait embrassé le judaïsme. Pendant ses dernières années Lazarus mena une vie retirée à Meran.
Parmi ses écrits philosophiques et historiques plus courts peuvent être mentionnés : « Ueber den Ursprung der Sitten », 1860 ; « Ueber die Ideen in der Geschichte », 1861 ; « Zur Lehre von den Sinneserscheinungen », 1867 ; « Ein Psychologischer Blick in Unsere Zeit », 1872 ; « Ideale Fragen », 1878 ; « Erziehung und Geschichte », 1881 ; « Ueber die Reize des Spiels », 1883.
Activité communautaire.
Lazarus prit une part très active à la vie publique et spirituelle des Juifs prussiens. De 1867 à 1892 il fut membre de la Repräsentanten-Versammlung de la communauté juive de Berlin ; de 1882 à 1894, vice-président du Deutsch-Israelitischer Gemeindebund ; de 1867 à 1874, président de la branche berlinoise de l'Alliance Israélite Universelle ; en 1869, président du Synode juif de Leipzig, et en 1871 de celui d'Augsbourg. Il fut aussi vice-président du Comité d'assistance russe et du Comité roumain (1869-94). Lazarus fut en outre l'un des fondateurs de la [Lehranstalt für die Wissenschaft des Judenthums](/articles/9722-lehranstalt-fur-die-wissenschaft-des-judenthums) de Berlin, et pendant longtemps président de sa commission de curateurs. Il fut un orateur public très efficace et populaire. Ses lectures les plus importantes sur les Juifs et le judaïsme furent rassemblées et publiées dans son « Treu und Frei », Leipzig, 1887 (contient ses discours aux réunions des deux synodes ; « Was Heiss National ? » ; « Unser Standpunkt » ; « An die Deutschen Juden » ; « Auf Moses Mendelssohn » ; « Auf Michael Sachs » ; « Aus einer Jüdischen Gemeinde vor Fünfzig Jahren »).
Lazarus consacra beaucoup de temps et d'énergie à combattre l'antisémitisme qui prit naissance en Allemagne vers 1878. Il fut l'un des plus éminents apologistes juifs de son époque. Comme beaucoup de ses contemporains, il croyait (mais à tort) que l'antisémitisme n'était qu'une fantaisie passagère, un phénomène engendré par des temps réactionnaires, qui pouvait être réfuté dans des écrits ou des discours. Il soutenait que les Juifs n'étaient unis que par le moyen de leur histoire religieuse ("Treu und Frei," p. 77). En cette matière comme en beaucoup d'autres, quand il s'agissait de questions juives, Lazarus suit les dictats de ses désirs plutôt que les intérêts du bien commun ("Gemeingeist"). Souvent cité à des fins apologétiques est sa définition du concept de « nation », dont il prend comme caractéristique essentielle et unique objective non pas la similarité des coutumes et des mœurs, du territoire, de la religion et de la race, mais le lien de la langue.
"Die Ethik des Judenthums."
Parmi ses contributions les plus importantes à la littérature juive, on peut citer : "Der Prophet Jeremias (1894), une conférence, et "Die Ethik des Judenthums" (1re partie, 1898 ; 2e éd., 1899 ; traduit en anglais par Henrietta Szold et publié par la Jewish Publication Society of America, 1900). Dans cette dernière œuvre, Lazarus considère l'éthique comme la résultante plutôt que comme le principe fondamental de la religion, et, suivant Kant, établit comme principe de l'éthique juive en particulier l'égalité réciproque de Dieu et la loi d'autonomie, par laquelle la conception juive de Dieu a, bien entendu, été abandonnée. Lazarus ne montre pas le développement historique de la morale du judaïsme selon les diverses sources, comme l'a fait remarquer Herman Cohen ("Das Problem der Jüdischen Sittenlehre, eine Kritik von Lazarus, 'Ethik des Judenthums,'" in "Monatsschrift," xliii. 385 _et seq._).