SCHULMAN, KALMAN
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Auteur, historien et poète russe ; né à Bykhov, gouvernement de Moghilev (Mohilev), Russie, en 1819 ; mort à Wilna le 2 janvier 1899. Il étudia l'hébreu et le Talmud au ḥeder, et deux ans après son mariage il se rendit à la yeshibah de Volozhin (1835). Les six années qu'il y passa dans l'étude lui causèrent une affection des yeux, pour guérir laquelle il émigra à Wilna. Là il entra à la « Klaus » d'Élie Gaon pour l'étude du Talmud. Son extrême pauvreté le força à divorcer. Peu après il quitta Wilna et se rendit à Kalvariya, où il devint instructeur en hébreu et commença l'étude grammaticale des langues hébraïque et allemande. En 1843 il retourna à Wilna, où il entra à la yeshibah du Rabbi Israel Ginsberg (Zaryechev), de qui il reçut le diplôme rabbinique.
Kalman Schulman.
L'objectif de Schulman était de provoquer une renaissance juive en Russie. Il savait que la seule langue par laquelle ce but pouvait être atteint était l'hébreu, et que celle-ci avait été négligée depuis des siècles. Il se mit en œuvre pour la ressusciter. Schulman, dans ses écrits, se limita à l'emploi de termes strictement bibliques, mais il était tellement expert dans l'usage de l'hébreu qu'il n'y avait guère de nuance de pensée ou d'idée moderne qu'il ne puisse aisément exprimer dans cette langue. Il en résulta qu'il devint l'auteur juif le plus largement lu. Il réussit à créer une nouvelle époque en implantan dans les cœurs de ses frères un nouvel amour pour la littérature et la science, et en leur montrant qu'ils avaient une histoire glorieuse et resplendissante, et qu'en dehors de leurs sombres et étroits quartiers en Russie existait un beau monde.
Schulman devint d'abord connu comme écrivain par une pétition qu'il adressa à Sir Moses Montefiore en 1846 en faveur de ces Juifs qui avaient résidé dans les limites de cinquante verstes des frontières allemande et autrichienne, et qui par une loi spéciale du gouvernement russe avaient été chassés de leurs demeures. La beauté et la clarté de sa diction firent une telle impression sur Loewe, l'ami et secrétaire de Sir Moses, que celui-ci exprima un grand désir de faire la connaissance de l'auteur. Par son entremise Schulman fut présenté au poète Isaac Baer Levinsohn et aux autres Progressistes de Wilna. Dès lors son activité littéraire redoubla. Sa première publication fut une oraison funèbre prononcée à l'occasion de la mort du Rabbi Ginsberg, et imprimée sous le titre « Ḳol Bokim ». Celle-ci fut suivie en 1848 par « Safah Berurah », un recueil de proverbes et d'épigrammes.
En 1849 Schulman fut nommé instructeur en langue et littérature hébraïque au lycée de Wilna. En 1858 « Harisut Beter », une description des hauts faits héroïques de Bar Kokba, fut publiée ; et celle-ci fut suivie en 1859 par « Toledot Yosef », une biographie du grand prêtre Joseph b. Mattathias. À cette classe de travaux sur l'histoire juive appartiennent aussi « Milḥamot ha-Yehudim », sur les guerres juives, et « Dibre Yeme ha-Yehudim » (Vienne, 1876), une traduction de la première partie de la « Geschichte der Juden » de Grätz. Sur l'histoire des antiquités il écrivit les travaux suivants : « Halikot Ḳedem » (1854), une description ethnographique de la Palestine et d'autres pays asiatiques ; « Shulammit », une continuation de « Halikot Ḳedem » ; « Ariel » (1856), sur les antiquités de Babylonie, Assyrie, Ninive, etc. ; et « Ḳadmoniyyot ha-Yehudim ». Afin d'en appeler à l'imagination et d'illustrer les émotions plus élevées du cœur humain, Schulman écrivit une belle traduction du roman d'Eugène Sue « Les Mystères de Paris », et la publia sous le titre « Mistere Paris » (1854). Son œuvre la plus importante, cependant, fut une histoire universelle en neuf parties, basée sur les œuvres bien connues de Weber et Becker ; elle parut sous le titre « Dibre Yeme 'Olam » en 1867. D'autres travaux de lui furent : « Ḳiryot Melek Rab », une description historique de Saint-Pétersbourg, Russie ; « Mosede Ereẓ », une géographie générale ; « Toledot Ḥakme Yisrael », des esquisses biographiques ; et « 'Osher u-Ẓedaḳah », une biographie du fondateur de la maison de Rothschild.
Schulman fut aussi actif comme journaliste, contribuant à « Ha-Maggid », « Ha-Lebanon », « Ha-Karmel », et « Ha-Meliẓ ». En 1895, à la célébration du jubilé de son activité littéraire, il y eut un grand rassemblement de savants juifs à Wilna.