VESOUL (Héb. )
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Capitale du département de la Haute-Saône, en France. Les Juifs s'y établirent pour la première fois dans la seconde moitié du treizième siècle, sous la direction de Ḥayyim b. Jacob, qui était en correspondance avec Ḥayyim b. Isaac Or Zarua', l'un des premiers disciples de Meïr de Rothenburg. La synagogue était située à l'intérieur des murs de la ville, sur un emplacement occupé maintenant par la Chapelle de la Charité, sur la Place du Palais-de-Justice ; après l'expulsion des Juifs en 1321, elle fut vendue au profit du trésor public.
En 1315, Héliot, un banquier de Vesoul, était l'un des syndics juifs de la Langue d'Oïl qui, conjointement avec Poncin de Bar, Joce de Pontoise, Cressent de Corbeil et Morel d'Amboise, négocia le retour des Juifs expulsés de France par Philippe le Bel. Trois ans plus tard, la Comtesse Jeanne de Bourgogne confisqua une maison appartenant à un Juif nommé Helget, et la présenta au prieur et au curé de Vesoul. En 1321, Philippe V., le Long, donna à sa femme, la Reine Jeanne, les biens d'Héliot et de son fils Vivant, ainsi que la propriété d'autres Juifs du comté de Bourgogne ; et trois ans après, Marguerite de Lambrez, l'une des dames de chambre de la reine, reçut la maison d'Héliot. En 1342, Michelet, un Juif de Vesoul, fournit au Roi de France une subvention de 187 livres.
En 1348, quatre-vingts Juifs de Vesoul furent arrêtés par ordre d'Eudes IV., Duc de Bourgogne, accusés d'empoisonnement des puits. Renaud Joume de Chariez, prévôt de Vesoul, superintendit la confiscation de leurs biens, ces saisies enrichissant le trésor d'environ 294 livres. Six des prisonniers furent secrètement mis à la torture, et les douze nobles nommés pour prononcer le jugement sur eux, afin de les sauver de la fureur de la foule, les condamnèrent à l'exil en vertu de confessions arrachées d'eux de cette manière. En 1360, cependant, Manecier ou Menessier, un Juif de Vesoul, jouissait de la faveur spéciale de Charles V., qu'il induisit à permettre aux Juifs de retourner en France. Vingt-quatre ans plus tard, Philippe le Hardi autorisa cinquante-deux familles juives à s'établir en Bourgogne, moyennant le paiement d'un droit d'entrée et d'un impôt annuel au trésor. Il leur fut cependant interdit de prêter l'argent à un taux d'intérêt supérieur à 4 deniers par livre, mais leur témoignage fut reconnu en matière juridique, même contre les Chrétiens. Gui de la Trémouille, Sire de Joinville, un courtisan, fut nommé gardien de leurs droits et intérêts. De 1410 à 1419, Hacquin, un Juif de Vesoul, fut médecin du Duc Jean sans Peur.
Actuellement (1905), il y a vingt-cinq ou trente familles juives dans la ville.