BRANDES, CARL EDUARD COHEN (généralement connu sous le nom d'EDUARD BRANDES)
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Auteur et homme politique danois ; né à Copenhague, le 21 octobre 1847 ; frère de George Brandes. À l'âge de dix-huit ans, il entra à l'université de sa ville natale et suivit d'abord avec diligence des cours de philologie orientale et comparée, se consacrant particulièrement à l'étude du persan et du sanskrit. Son goût pour l'art dramatique eut cependant bientôt raison de ses poursuites philologiques, et après avoir obtenu son diplôme de l'université, il se livra entièrement à l'écriture, commençant sa nouvelle carrière par la traduction de deux drames du sanskrit. Graduellement, il développa un intérêt intense pour la politique, et tandis qu'il continua à se consacrer avec un enthousiasme sans diminution à l'art dramatique et à la critique, il se plongea dans une vie politique active, laquelle aboutit à son élection en 1880 au Folkething par les Démocrates de Rudkjöbing. À peu près à cette époque parut son recueil d'études de caractères et d'études sur l'art dramatique danois, « Dansk Skuespilkünst », Copenhague, 1880, suivi d'une série sur l'art dramatique étranger, « Fremmed Skuespilkünst », _ib._ 1881.
Brandes a écrit un nombre d'excellentes pièces, dont le principal mérite réside dans l'analyse psychologique et la délineation ingénieuse des caractères en jeu. Les suivantes furent les plus réussies de ses productions jouées sur la scène danoise : « Lægemidler », 1880 ; « Gnygende Grund », 1882 ; « Et Besög », 1882 (une deuxième édition de cette pièce fut publiée en 1884, et fut plus tard traduite en allemand par Hoffory, Berlin, 1889) ; « En Forlovelse », 1884 ; « Et Brud », 1885 ; « Kjærlighed », 1887 ; « Overmagt », 1888 ; « Under Loven », 1891 ; « Asgerd » et « Mohammed », 1895 ; « Primadonna », 1901 ; outre sa dramatisation, en 1883, du roman norvégien « Garman and Worse » par A. L. Kjelland.
Brandes est aussi l'auteur d'un roman, « En Politiker », 1889, et d'une revue politique, « Fra '85 til '91 », 1891, tous deux reflétant les mêmes opinions ultraradicales qu'il avait l'habitude d'exprimer en tant que membre de l'extrême gauche (opposition) à la Chambre des Députés. Son athéisme ouvertement professé suscita un incident beaucoup discuté. À l'occasion de l'élection de Brandes au Folkething, le président de la Chambre jugea convenable d'adresser au nouveau membre par le canal d'un journal la question de savoir si ses convictions religieuses s'opposaient à ce qu'il prît le serment habituel. Brandes, tout en protestant avec indignation contre cette intrusion dans l'intimité de ses convictions personnelles, exprima sa volonté de se conformer à la coutume. Jusqu'en décembre 1883, il publia, en collaboration avec Hörup et Berg, le « Morgenbladet », l'organe du parti démocratique. Il fut aussi associé à la publication du « Nineteenth Century », une revue dont son frère Georg avait été l'éditeur en chef de 1874 à 1875. Depuis février 1902, il est l'unique éditeur du quotidien « Politiken ».