ESTHER RABBAH
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Midrash sur le Livre d'Esther dans les éditions courantes du Midrash. Par son plan et son étendue, c'est apparemment une collection incomplète du riche matériel haggadique fourni par les commentaires du rouleau d'Esther, que l'on lit depuis les temps anciens au service public de Pourim. À l'exception des éditions de Wilna et de Varsovie avec leurs divisions modernes et arbitraires, ce Midrash se compose de six « parashlyyot » (chapitres, sections) introduites par un ou plusieurs prolégomènes ; ces chapitres commencent respectivement à Esth. i. 1, i. 4, i. 9, i. 13, ii. 1, ii. 5 ; et dans l'édition de Venise de 1545, chacun porte à la fin les mots « seliḳa parashata... ». Cette division reposait probablement sur les sections du rouleau d'Esther, comme l'indiquent les paragraphes fermés () ; de tels paragraphes existant dans le texte présent jusqu'à i. 9, i. 13, i. 16, ii. 1, ii. 5, etc. Le début de i. 4, ainsi que l'absence de début à i. 16, peuvent être dus à des différences dans la division du texte. On peut en outre supposer qu'une nouvelle parashah commençait à la section Esth. iii. 1, où plusieurs prolégomènes précèdent le commentaire du Midrash. À partir de ce point, on ne trouve guère de trace d'une division ultérieure en chapitres. Il n'existe même pas de nouvelle parashah à Esth. vi. 1, le point culminant du drame biblique. Comme la division en parashiyyot n'a pas été menée à bien dans tout l'ouvrage, de même le commentaire qui accompagne le texte biblique, verset par verset, est beaucoup réduit au ch. vii. et viii., et cesse entièrement à la fin du ch. viii. Les différents paragraphes qui suivent le chapitre viii. semblent avoir été simplement ajoutés.
Le Livre d'Esther devint de bonne heure l'objet de commentaires dans les écoles, comme on peut le voir dans Meg. 10b _et seq._, où de longs passages haggadiques sont joints à des versets isolés. Le Midrash ici considéré se rattache de diverses manières à ces passages. L'auteur d'Esther Rabbah puise souvent directement dans Yerushalmi, Bereshit Rabbah, Wayiḳra Rabbah, Pirḳe R. El., Targumim et d'autres sources anciennes. Bereshit Rabbah ou Wayiḳra Rabbah a peut-être aussi fourni le long passage de la parashah i., en rapport avec l'explication du premier mot (). La parashah vi. montre plusieurs traces d'une période plus tardive : remarquable surtout ici (éd. Venise, 45c, d ; éd. Wilna, 14a, b) est l'emprunt littéral à Yosippon, où sont racontés le rêve de Mordécai, les prières de Mordécai et d'Esther, et l'apparition de Mordécai et d'Esther devant le roi (comparer aussi les additions dans LXX. à Esth. i. 1 et iv. 17). Ces emprunts, que déjà Azariah dei Rossi dans son « Me'or 'Enayim » (éd. Wilna, p. 231) a désignés comme des interpolations tardives, ne justifient pas d'assigner au Midrash, comme le fait Buber, une date postérieure à Yosippon — c'est-à-dire le milieu du dixième siècle.
Ce Midrash peut être considéré comme plus ancien et plus original que le Midr. Abba Gorion sur le Livre d'Esther. Yalḳuṭ cite de nombreux passages du dernier Midrash, ainsi que d'un autre commentaire haggadique (édité par Buber dans la collection « Sammlung Agadischer Commentare zum Buche Esther », Wilna, 1886). Le Midrash ici considéré porte le titre « Midrash Megillat Esther » dans l'édition de Venise. Naḥmanides le cite comme la Haggadah du rouleau d'Esther. On peut supposer avec certitude qu'il est d'origine palestinienne.