TRENTE (allemand, Trient)
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La plus ancienne ville du Tyrol ; siège d'un évêché souverain de 1027 à 1803. Durant la première moitié du quatorzième siècle, un petit nombre de Juifs, probablement venus d'Italie, s'établirent dans la ville épiscopale. Au cours des premières décennies, leur histoire ne diffère en rien de celle des Juifs vivant dans le reste du [Tyrol](/articles/14557-tyrol) ; mais au début du quinzième siècle il existait pour les Juifs de Trente des ordonnances spéciales semblables à celles en vigueur à Bozen, comme l'établit un décret promulgué par l'évêque Ulrich III. de Brixen en 1403. Les Juifs, en tant que négociants éminents, se montraient utiles aux évêques, et jouissaient en conséquence d'une grande faveur auprès d'eux. Ainsi l'évêque Alexander de Masovia (1423-44) décida une fois en faveur du Juif Isaac contre Peter von Rido (3 sept. 1440). Le médecin juif Tobias, qui devait mourir plus tard (1475) en martyr de sa foi, jouissait également d'une grande popularité parmi les Chrétiens.
Les Juifs possédaient des maisons, des domaines, et une école juive distincte, et vivaient en général dans les meilleurs termes avec leurs concitoyens chrétiens, jusqu'à ce que le fanatisme d'un prêtre apportât un désastre incalculable à la petite mais prospère communauté. Bernardinus de Feltre, instigateur indirect et probablement direct du meurtre de Simon de Trente, provoqua le procès infâme pour crime rituel de 1475 ([voir Simon of Trent](/articles/13752-simon-simedl-simoncino-of-trent)). La communauté fut dissoute ; ses membres riches furent mis à mort après la confiscation de leurs biens par ordre de l'évêque Hinderbach ; et les membres survivants furent expulsés. Sixte IV., gravement malade à cette époque, par la bulle « Facit nos pietas », datée du 20 juin 1478, sanctionna ces procédures malgré les efforts faits par l'évêque de Vintimille, qui démontra que les accusations qui avaient été portées n'étaient qu'un tissu de mensonges. Durant les siècles qui suivirent, aucun Juif ne demeura à Trente ; et encore le 20 oct. 1638, les procédures de 1475 furent citées par le prince-évêque Karl Emanuel de Madruzzo comme motif pour interdire l'établissement de Juifs dans la ville. À cette même occasion, une loi fut promulguée portant que les Juifs en voyage ne pouvaient pas passer par les limites de Trente dans des voitures fermées ou des chaises à porteurs, et qu'ils devaient porter sur la poitrine un badge de la taille d'un thaler. La peine pour violation de cette loi devait être un emprisonnement prolongé ou une amende considérable. En 1725 et de nouveau en 1731, il fut ordonné que les Juifs portent des chapeaux couverts d'étoffe rouge ou jaune. Quelques Juifs furent autorisés à rester à Trente s'ils étaient munis de lettres spéciales de protection de l'empereur, mais seulement pour quelques jours. Un tel sauf-conduit fut accordé, par exemple, par l'Empereur Maximilien au Juif Emanuel, fils de Samson, le 1er mars 1516.
En temps récent, plusieurs marchands juifs se sont établis à Trente ; mais ils n'ont pas la possibilité de tenir des offices religieux, et, comme tous les Juifs du Tyrol, ils appartiennent à la communauté de [Hohenems](/articles/7810-hohenems).