HERZL, THEODOR
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HERZL, THEODOR
Chef du sionisme politique ; né à Budapest le 2 mai 1860. Herzl s'établit à Vienne dans son enfance et y fit ses études de droit, obtenant les diplômes juridiques autrichiens requis ; mais il se consacra presque exclusivement au journalisme et à la littérature. Ses premiers travaux n'avaient aucun rapport avec la vie juive. Il servit comme correspondant de la « Neue Freie Presse » à Paris, effectuant occasionnellement des voyages spéciaux à Londres et Constantinople. Son travail était du genre feuilleton, plutôt descriptif que politique. Par la suite, il devint rédacteur littéraire de la « Neue Freie Presse » (fonction qu'il occupe toujours). Herzl devint en même temps un auteur pour la scène viennoise, fournissant des comédies et des drames.
Devient le Chef des Sionistes.
À partir d'avril 1896, quand la traduction anglaise de son « Judenstaat » parut, sa carrière et sa réputation changèrent. Herzl n'a pas avoué à quel incident particulier la publication de son « État juif » ([voir Sionisme](/articles/15268-zionism)) à l'hiver de 1895 était due. Il était à Paris à cette époque, et fut sans doute ému par l'affaire Dreyfus. Ses prédécesseurs dans le domaine du sionisme remontent au dix-neuvième siècle, mais de cela peut-être était-il peu conscient. Herzl suivit son effort littéraire de travail sérieux. Il se trouvait à Constantinople en avril 1896, et à son retour fut reçu à Sofia, Bulgarie, par une délégation juive. Il alla à Londres, où les Maccabéens le reçurent froidement. Cinq jours plus tard, il reçut le mandat de direction des sionistes de l'East End de Londres, et en l'espace de six mois ce mandat fut approuvé dans toute la Juiverie sioniste. Sa vie devint alors un effort incessant et sans fin. Ses partisans, d'abord qu'un petit groupe, travaillèrent littéralement nuit et jour. La vie juive avait été jusqu'alors contemplative et menée selon la routine. Herzl inspira à ses amis l'idée que les hommes dont le but est de rétablir une nation doivent rejeter toute convention et travailler à toutes les heures et à toute tâche.
Theodor Herzl.
En 1897, à grands frais personnels, il fonda « Die Welt » de Vienne. Puis il projeta le premier Congrès sioniste ([voir Congrès de Bâle](/articles/2610-basel-congress)). Il fut élu président et retint comme par un aimant les délégués pendant toutes les séances. Il a été réélu à l'unanimité à chaque congrès. En 1898, il commença une série d'entretiens diplomatiques. Il fut reçu par l'empereur d'Allemagne en plusieurs occasions. À la tête d'une délégation, il fut de nouveau accordé une audience par l'empereur à Jérusalem. Il assista à la Conférence de la Paix de La Haye, et fut reçu par beaucoup d'hommes d'État présents. En mai 1901, il fut pour la première fois ouvertement reçu par le Sultan de Turquie, et depuis a été appelé plusieurs fois au Kiosque de Yildiz pour les affaires du mouvement sioniste. Il a gagné l'estime personnelle du kaiser et du sultan, et a été à plusieurs reprises décoré par ce dernier.
En 1902-03, Herzl fut invité à témoigner devant la Commission royale britannique sur l'Immigration étrangère. En conséquence, il entra en contact étroit avec des membres du gouvernement britannique, particulièrement avec Joseph Chamberlain, alors secrétaire d'État aux Colonies, par l'intermédiaire de qui il négocia avec le gouvernement égyptien une charte pour l'établissement des Juifs à Al 'Arish, dans la péninsule sinaïtique, adjacente à la Palestine méridionale. Sur l'échec de ce projet, qui le conduisit au Caire, il reçut, par l'intermédiaire de L. J. Greenberg, une offre (août 1903) de la part du gouvernement britannique de faciliter un large établissement juif, avec un gouvernement autonome et sous la suzeraineté britannique, en Afrique Orientale britannique. Dans le même temps, le mouvement sioniste étant menacé par le gouvernement russe, il visita Saint-Pétersbourg et fut reçu par De Witte, alors ministre des Finances, et Von Plehve, ministre de l'Intérieur, ce dernier ayant mis sur le registre l'attitude de son gouvernement envers le mouvement sioniste. À cette occasion, Herzl soumit des propositions pour l'amélioration de la position des Juifs en Russie. Il publia la déclaration russe, et porta l'offre britannique devant le sixième Congrès sioniste (août 1903), emportant la majorité avec lui sur la question d'examiner cette offre.
Dans le mouvement sioniste, il est officiellement président du « Grosses Actions-Comité », et du comité exécutif de Vienne ; membre du Conseil d'Administration et signataire de l'acte de confiance de la Jewish Colonial Trust. Theodor Herzl tient sa position de direction non seulement en vertu de l'idée qu'il représente, qui a toujours ému la conscience intime du peuple juif, mais aussi grâce à ses qualités personnelles.
Son « Judenstaat » et son « Altneuland ».
Son « Judenstaat », admirable par sa pensée centrale, l'unité du peuple juif, est vague et faible dans son manque de compréhension historique. Quand cet élément eut été fourni, Herzl se trouva combattu par un large élément juif, qu'il dépeignit dans sa pièce « Das Neue Ghetto ». Tandis que sa première brochure et son premier discours au congrès manquaient entièrement de pensée religieuse, et que sa remarque célèbre selon laquelle le retour à Sion serait précédé d'un retour au judaïsme semblait au moment de sa prononciation due plutôt à une soudaine inspiration qu'à une pensée profonde, les événements ultérieurs ont prouvé que c'était une véritable prophétie. Son dernier ouvrage littéraire, « Altneuland », est consacré au sionisme. L'auteur employa les loisirs de trois années à écrire ce qu'il croyait pouvoir être accompli d'ici 1923. C'est moins un roman, bien que la forme en soit celle d'une romance, qu'une sérieuse prospection de ce qui peut être réalisé quand une génération aura disparu. Les notes dominantes du récit sont l'amour pour Sion, l'insistance sur le fait que les changements dans la vie suggérés ne sont pas utopiques, mais doivent être amenés simplement par le groupement de tous les meilleurs efforts et idéaux de chaque race et nation ; et chacun de ces efforts est cité et référencé de telle manière qu'on voie que « l'Ancienne-Nouvelle Terre », bien qu'épanouie par le talent du Juif, sera en réalité le produit des efforts bienveillants de tous les membres de la famille humaine.