CULI, JACOB
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Talmudiste et commentateur biblique des dix-septième et dix-huitième siècles ; mort à Constantinople le 9 août 1732. Il appartenait à une famille espagnole exilée, et était le petit-fils et l'élève de Moses ibn Ḥabib. Il édita diverses œuvres importantes. Le premier fruit de son activité littéraire fut la publication des écrits de son grand-père. À cette fin, il quitta Safed, où il semblait s'être établi, et se transporta à Constantinople. Comme il l'indique dans divers passages de ses écrits, il trouva en Ḥayyim Alfandari le Jeune un chaud partisan. Tandis qu'il était occupé aux œuvres de son grand-père, il entra (1714) en relations étroites avec le grand-rabbin de Constantinople, Judah Rosanes, alors généralement considéré comme la plus haute autorité de l'Orient. Rosanes nomma Culi dayyan, ce qui, joint à sa position de maître, lui assurait un gagne-pain suffisant. En 1727, Culi publia l'œuvre de son grand-père « Shammot ba-Areẓ » (notes sur diverses portions du Talmud), avec un index.
Cette année-là, Rosanes mourut. Il laissa des restes littéraires volumineux dans un état très chaotique. Pour introduire de l'ordre dans ce chaos, il fallait un savant de premier rang. À cette tâche, Culi fut chargé. Mais même pour lui, cela signifiait un labeur de plusieurs années. D'abord, en 1728, il édita la « Parashat Derakim », une œuvre à la fois aggadique et halakique. Trois ans plus tard, il publia le volumineux « Mishneh la-Melek », enrichi de nombreuses notes importantes. À ces deux œuvres, Culi écrivit une préface. La même année, il édita aussi l'« 'Ezrat Nashim » de son grand-père, au début duquel se trouvent deux responsa de sa propre main. Son œuvre la plus importante est son commentaire du Pentateuque, intitulé « Me'Am Lo'ez ». Cette œuvre, qui est tenue en haute estime par les Juifs de l'Orient, est un commentaire encyclopédique très élaboré en judéo-espagnol, traitant de la vie juive dans toutes ses relations. Sa matière était tirée du Talmud, du Midrash, et des principales œuvres de la littérature talmudique et rabbinique. Culi poursuivit son commentaire du Pentateuque jusqu'à la Genèse et aussi loin que ch. xxiv de l'Exode. Après sa mort, l'œuvre fut continuée par Isaac Magreso et Isaac Behor Arguiti. Les cinq parties furent publiées à Constantinople (1733), en partie aux frais de Judah Mizraḥi. La première partie parut en une deuxième édition (Salonique, 1798) et une troisième édition (Smyrne, 1870) ; et les autres parties furent réimprimées à Smyrne (1871-73). Une portion de la première fut émise sous le titre « 'Aḳedat Yiẓḥaḳ » (Le Sacrifice d'Isaac), Smyrne, 1864.
Culi écrivit aussi une œuvre halakique sous le titre « Simanim le-Oraita », qui cependant demeura en manuscrit. Il semble avoir habité pendant quelque temps à Hébron (voir son responsum n° 2).