ABRAHAM SABA
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(Redirigé de SABA, ABRAHAM.)
Un prédicateur en Castille, où il naquit au milieu du quinzième siècle. Il devint disciple d'Isaac de Leon. Au moment de l'expulsion des Juifs d'Espagne, il se réfugia au Portugal, où il rencontra de nouvelles infortunes ; car à peine s'était-il établi à Oporto que le roi Emanuel ordonna l'expulsion de tous les Juifs du Portugal, la conversion de tous les enfants juifs au christianisme, et l'incinération de tous les livres hébreux (24 décembre 1496). Les deux fils de Saba lui furent enlevés de force, et il s'enfuit d'Oporto, abandonnant toute sa bibliothèque et ne réussissant qu'au péril de sa vie à sauver ses propres ouvrages en manuscrit. Il s'enfuit à Lisbonne, mais avant d'y arriver on lui fit connaître un nouvel ordre du roi décrétant la mort de tout Juif chez qui seraient trouvés un livre hébreu ou des _tefillin_ (phylactères). Il cacha ses manuscrits et ses tefillin sous un olivier et entra dans la ville. En quittant Lisbonne, il essaya de récupérer son trésor caché, mais ayant été découvert par les gardes du roi, il fut jeté en prison, et après six mois de captivité fut envoyé au-delà de la frontière. Il se rendit à Fez, Maroc, où il résida dix ans. Peu de temps après son arrivée, il tomba malade ; ses grandes privations et ses terribles souffrances ayant miné sa santé. À son rétablissement, il recopia de mémoire sur le papier les ouvrages suivants, dont les manuscrits originaux avaient été perdus au Portugal : (1) « Eshkol ha-Kofer » (Grappe de Camphre), un commentaire sur Ruth et Esther ; (2) « Ẓeror ha-Ḥayyim » (Paquet de Vie), commentaires sur le Cantique des Cantiques et sur le traité Berakot ; (3) « Ẓeror ha-Mor » (Paquet de Myrrhe), un commentaire sur le Pentateuque, contenant des interprétations selon à la fois le sens ordinaire et la méthode mystique du Ẓohar ; (4) « Ẓeror ha-Kesef » (Paquet d'Argent), des décisions légales (comparer « Monatsschrift, » 1853, pp. 246, 247, et le Catalogue de Leyde, pp. 94, 96). Un manuscrit de son commentaire sur le Livre de Job se trouvait dans la bibliothèque de Jellinek. Saba écrivit aussi un commentaire sur Pirḳe Abot, mentionné dans son commentaire sur la Genèse, pp. 3 et 5.
Selon Azulai (« Shem ha-Gedolim »), qui lut l'anecdote dans un ouvrage intitulé « Dibre Yosef », Abraham, en voyageant de Fez à Vérone, tomba malade sur le navire au milieu de l'océan pendant une grande tempête. Le capitaine, incapable de contrôler le navire, avait renoncé à tout espoir, et supplia le Rabbi Abraham de prier pour l'assistance divine. Abraham stipula qu'en cas de sa mort son corps devrait être remis à la communauté juive de Vérone, et puis pria pour la sécurité du navire. Sa prière fut exaucée, la tempête s'apaisa, et le navire poursuivit sa route en sécurité. Deux jours plus tard Abraham mourut, et le capitaine, tenant sa promesse, apporta le corps à Vérone, où il fut enterré avec de grands honneurs. Abraham ne doit pas être confondu avec R. Abraham Saba d'Andrinople, qui est mentionné dans les responsa de R. Elijah Mizraḥi, No. 52.