- Hebräischer Name
- אֶסְתֵּר
- Transliteration
- Esther
- Kapitel
- 10
Le seul livre du canon hébreu où Dieu n'est pas nommé une seule fois, et le premier grand récit de diaspora.
Tout se passe à Suse, capitale perse. Une jeune femme juive devient reine sans dire son origine ; son cousin Mordekhaï refuse de s'incliner devant le vizir Haman ; celui-ci obtient un décret d'extermination contre tous les Juifs de l'empire, daté et diffusé par courriers dans toutes les provinces. Le danger n'est pas une bataille mais un texte administratif — et le salut viendra d'un autre texte, arraché par une intervention à la cour.
Esther risque sa vie en se présentant devant le roi sans être appelée, après avoir demandé un jeûne de trois jours. Mordekhaï lui adresse la phrase qui a porté le livre : si tu te tais, le secours viendra d'ailleurs, mais qui sait si ce n'est pas pour un temps comme celui-ci que tu es parvenue à la royauté.
L'absence de Dieu dans le récit n'est probablement pas un oubli. Le livre décrit un monde où l'on ne peut compter que sur le courage, le calcul politique, la solidarité et une part de renversement inexplicable. C'est exactement la condition des communautés minoritaires, et c'est pourquoi ce texte est devenu leur miroir : quinze siècles de communautés menacées y ont reconnu leur situation, avec leurs cours, leurs intercesseurs et leurs décrets.
On le lit à Pourim, en couvrant le nom de Haman de bruit. Le rouleau d'Esther est l'objet manuscrit juif le plus richement décoré, parce qu'il est le seul dont l'ornementation figurée soit permise.