יהודי תאפילאלת
المنطقة: Afrique du Nord
السجل الذاكرة · وديع، وليس مالكًا
Le Tafilalet, oasis du sud-est marocain arrosée par la vallée du Ziz (Rissani, Erfoud), est l'héritier de Sijilmassa, métropole caravanière fondée en 757 par les Berbères Meknasa. Dès le IXe siècle s'y développe une communauté juive florissante, attirée par le rôle de la ville comme carrefour du commerce transsaharien de l'or. Sijilmassa devint un grand centre d'étude de la Torah, doté d'une yeshiva et d'un tribunal rabbinique dirigés jusqu'au milieu du XIIe siècle par Rav Yosef bar Amram ; ses sages entretenaient des liens avec Fustat, Kairouan, l'Espagne et la Babylonie, adressant leurs questions halakhiques aux Gaonim (ainsi une réponse de Rav Haï Gaon). Sous le calife omeyyade al-Mansour, le marchand de soie Yaakov ben Ju fut même intronisé nagid de la ville et des communautés voisines. Les conquêtes successives brisèrent cet âge d'or : passée aux Fatimides puis aux Almoravides (1055/56), la ville déclina, ses étudiants gagnant les yeshivot d'Espagne, notamment celle de R. Yosef ibn Migash. La prise almohade de 1147 fut tragique : la tradition rapporte que 150 Juifs y moururent en martyrs (al kiddouch hachem), d'autres se convertissant en apparence ou fuyant vers le Draa ; R. Abraham ibn Ezra composa une élégie décrivant Sijilmassa comme « ville de génies et de sages, ville de la Michna et du Talmud ». Un reste subsista jusqu'au XIIIe siècle avant que la ville ne s'efface de la conscience historique et ne soit rasée en 1818 par les Aït Atta. La région, désormais nommée Tafilalet, réapparaît dans les sources au XVIIe siècle. Une élégie décrit l'épidémie de 1679 qui, en trois mois, emporta 4600 des quelque 5000 âmes de la communauté, dont trois dayanim en chef. Se constituent alors, selon l'historien Shalom Bar-Asher, plusieurs communautés : Gris (Goulmima), dirigée par la famille Dahan — R. Shlomo Dahan, auteur de « Naot Deshe » (1735) — puis les Ben Simhon et Abikzer ; Ksar es-Souk, aux mains des Le'asri ; Boudnib (Yelloz, puis Shneior) ; et le Tafilalet proprement dit, dominé par la dynastie Abihatsira, issue de R. Yaakov (Abir Yaakov), né en 1808 au village de Tabou'atsemt, dayan et kabbaliste, auteur de « Pituhei Hotam » et du recueil de piyyoutim « Yagel Yaakov ». Au XXe siècle, Tafilalet-sud (Rissani, dite Lamlah) demeure le cœur spirituel de la région, tandis que naissent les villes neuves d'Erfoud (1915) et de Béchar (1903, en Algérie), regroupant ensemble jusqu'à environ 8000 Juifs. À partir des années 1930, toutes les communautés relèvent de l'hégémonie des sages Abihatsira : le tribunal rabbinique d'Erfoud, sous R. Israel (Baba Sali) puis son fils R. Meir Abihatsira, fut reconnu par l'administration française puis par le pouvoir arabe comme l'autorité centrale du Tafilalet ; la yeshiva de formation des officiants du culte passa de Tafilalet à Boudnib (1920) puis à Erfoud. L'économie, majoritairement juive, reposait sur le commerce (tissus, thé, sucre), l'artisanat (menuisiers, cordonniers, tailleurs, orfèvres), la possession de palmeraies et de champs cultivés par des Arabes, et les services du culte ; les relations judéo-arabes étaient bonnes, Juifs et musulmans habitant parfois mêlés (Erfoud, Béchar), parfois séparés dans le mellah. Chaque ville était administrée par un comité (vaad) de sept notables et un nagid, les villages ruraux par un « cheikh ». Aux synagogues, bains, mikvaot et cimetières s'ajoutaient sept confréries à Erfoud et un Talmud Torah ; l'Alliance israélite universelle ouvrit des écoles à Rissani, Ksar es-Souk, Rich et Talsint. Parmi les coutumes propres figurent la ketubah « filalienne » de type Sijilmassa, extrêmement courte et sobre, qui perpétua jusque vers 1950 la formule « ici, au lieu de Sijilmassa, sise sur le fleuve Ziz » — signe d'une continuité territoriale du Xe au XXe siècle ; les rites nuptiaux étalés sur un mois (houppa en forme de soukka de branches de dattier) ; la « lilt lehedka » précédant la circoncision ; et le rare jeûne hebdomadaire de six jours et six nuits (« sti'ya »), que R. Yaakov Abihatsira fut le premier à observer. Toutes les communautés se vidèrent par l'aliyah : Béchar en 1962, Erfoud vers 1975, l'ensemble monté en Israël au plus tard vers 1980.
هذا الكتاب الأكبر لم تُنشر فيه فصول بعد. ستُضاف الفصول — لكل منها سجله ووضعه الإبستيمي ومصادره — مع إثراء النشر التحريري وتوليد النصوص المساعد.
انسخ أحد هذه الصيغ للاستشهاد بهذه البطاقة أو لإنشاء رابط إليها.
رابط
https://zakhor.ai/ar/grands-livres/communautes/les-juifs-du-tafilaletHTML
<a href="https://zakhor.ai/ar/grands-livres/communautes/les-juifs-du-tafilalet">Les Juifs du Tafilalet (Rissani-Erfoud) — Zakhor</a>اقتباس
Les Juifs du Tafilalet (Rissani-Erfoud) — Zakhor, https://zakhor.ai/ar/grands-livres/communautes/les-juifs-du-tafilalet