אבות דרבי נתן.
registro Historia · depositario, no propietario
Publicado el 19 de junio de 2026
L'œuvre désignée por el título hebreo אבות דרבי נתן — transliterado Avot de-Rabbi Natan y traducido al español como «Los Padres según Rabbi Nathan» — ocupa una posición singular en el corpus de la literatura rabínica. Avot de-Rabbi Natan, habitualmente impreso junto a los tratados menores del Talmud, es una obra agádica judía compilada probablemente en la época gaónica (hacia 700-900 de nuestra era). Aunque se sitúa al frente de los «tratados menores» (massekhtot ketanot) del Talmud de Babilonia, aunque Avot de-Rabbi Natan sea el primero y el más extenso de esos «tratados menores», probablemente no pertenece cronológicamente a dicha colección, teniendo más bien el carácter de un midrash tardío.
El texto se presenta como una amplificación y un comentario de otro tratado fundamental, el Pirqé Avot («Capítulos de los Padres»), colección de sentencias éticas transmitidas por los sabios de la época tannaítica. «Los Padres según Rabbi Nathan» es una elaboración y un comentario post-talmúdico de Pirqé Avot; su sustancia es variada e incluye folclore, tradiciones históricas y enseñanzas éticas. Esta naturaleza compuesta — en la encrucijada de la Mishna y el Midrash — explica por qué el texto ha resistido durante tanto tiempo los intentos de datación y clasificación, y por qué continúa siendo un objeto de estudio privilegiado para los historiadores de la transmisión rabínica.
El presente libro se propone trazar la historia de este texto: su relación con Pirqé Avot, la doble tradición manuscrita que lo constituye, su enigmática atribución a un sabio llamado Nathan, y el acontecimiento decisivo de su edición crítica moderna a cargo de Solomon Schechter. Cada afirmación se remite a sus fuentes, distinguiendo lo que el archivo y la investigación establecen de lo que la tradición transmite.
Le titre même de l'ouvrage soulève la question de son rapport à Pirqé Avot, dont il constitue un développement. Sous la forme aujourd'hui existante, il contient un mélange de Mishna et de Midrash, et peut être techniquement désigné comme une exposition homilétique du traité mishnaïque Pirqé Avot, ayant pour fondement une recension plus ancienne de ce traité. Cette précision est capitale : Avot de-Rabbi Nathan ne commente pas le texte de Pirqé Avot tel que nous le connaissons, mais s'appuierait sur une version antérieure, ce qui en fait un témoin précieux de l'état primitif des « Chapitres des Pères ».
La désignation savante du genre auquel appartient l'œuvre reflète sa double identité. « Les Pères selon Rabbi Nathan » est une élaboration et un commentaire post-talmudique de Pirqé Avot ; sa substance est variée et comprend du folklore, des traditions historiques et des enseignements éthiques. La date de sa composition et sa relation à Pirqé Avot sont des sujets de débat. Le contenu, loin de se limiter aux maximes morales, intègre des récits narratifs, des anecdotes biographiques sur les sages, et des éléments de tradition populaire. L'œuvre contient de nombreuses sentences éthiques, mais aussi des traditions historiques, des récits et des fragments de folklore.
C'est à raison de cette richesse aggadique que le traité est apprécié dans la tradition d'étude. La maison d'édition ArtScroll le présente comme l'ancienne baraïta qui figure parmi les Massekhtot Ketanot, les Traités mineurs, dans le Shas de Vilna classique, ajoutant davantage de profondeur, de couleur, d'histoires et de paraboles à Avot, telles qu'enseignées par les Tannaïm eux-mêmes. Le terme de baraïta — enseignement tannaïtique « externe » à la Mishna — souligne l'ancienneté revendiquée d'une part de son matériau, tout en laissant ouverte la question de la date de sa compilation finale.
La atribución de la obra a un sabio llamado Nathan constituye una de sus zonas de sombra más discutidas. La tradición identifica a este personaje con Nathan el Babilonio, autoridad tannaítica del siglo II. Nathan el Babilonio, cuyo nombre aparece en el título, era un Tanna del siglo II. Ahora bien, esta atribución choca con una dificultad cronológica mayor: un texto compilado en la época gaónica no podría haber sido redactado por un sabio activo varios siglos antes.
La investigación concluye generalmente que el nombre de Nathan designa menos a un autor que a un patrocinio: el sabio cuyas enseñanzas o cuya figura habrían inspirado o abierto la colección, más que su redactor histórico. Las incertidumbres relativas a la identidad del compilador se inscriben en un debate más amplio. En cuanto a su forma original, a su antigüedad y a su dependencia respecto a recensiones anteriores o posteriores de la Mishna, existen numerosas opiniones, todas hábilmente discutidas en la introducción de S. Schechter.
Esta parte de indeterminación pertenece a la memoria transmitida más que al archivo establecido: el nombre de «Rabbi Nathan» es recibido por la tradición manuscrita e impresa, sin que ningún documento garantice su valor de atribución autorial en el sentido moderno. El historiador debe, pues, tratar este título como un marcador de filiación tradicional, que da testimonio del prestigio de una figura tannaítica movilizada para autentificar un corpus cuya redacción efectiva es sensiblemente posterior.
El rasgo más característico de la historia textual de Avot de-Rabbi Nathan es su existencia en dos formas profundamente divergentes. La obra nos ha llegado en dos versiones muy diferentes, habitualmente denominadas Versión A (40 capítulos) y Versión B (49 capítulos). Otros recuentos, basados en divisiones de capítulos ligeramente distintas, están igualmente atestiguados en la literatura académica. La primera está dividida en cuarenta y un capítulos, y la segunda en cuarenta y ocho.
Estas dos recensiones no difieren únicamente por su extensión, sino por su contenido y su difusión. Schechter demostró que la recensión B solo es citada por los autores españoles. Rashi solo conoce la recensión A. El contenido de ambas recensiones difiere considerablemente entre sí, aunque el método es el mismo en las dos. Esta distribución geográfica de los testimonios —la versión A conocida por un comentarista renano como Rashi, la versión B citada por los sabios sefaradíes— revela dos canales de transmisión distintos a través de la Europa medieval.
La estructura de ambas versiones sigue siendo no obstante paralela en su relación con Pirqé Avot. Los capítulos 20-30 de A y los capítulos 30-35 de B corresponden a los capítulos 3-4 de Pirqé Avot, una colección mishnaica independiente; los capítulos 31-41 de A y los capítulos 36-48 de B corresponden al capítulo 5 de Pirqé Avot, una colección de sentencias anónimas vinculadas por la forma. Este paralelismo estructural confirma que ambas recensiones proceden de un núcleo común, desarrollado ulteriormente según dos trayectorias editoriales independientes.
L'œuvre n'a pas seulement survécu : elle a été activement reçue, citée et copiée par les autorités rabbiniques du Moyen Âge. Les autorités rabbiniques médiévales connaissaient et se référaient à l'œuvre, et les imprimeurs publièrent le texte avec les traités mineurs du Talmud. Le témoignage de Rashi pour la version A et celui des auteurs espagnols pour la version B constituent, à cet égard, les jalons d'une réception double et complémentaire.
La place de l'ouvrage dans les éditions imprimées du Talmud illustre la rencontre entre tradition et transmission matérielle. Il existe deux recensions de cette œuvre, dont l'une est habituellement imprimée avec le Talmud de Babylone en appendice au Seder Nezikin, précédant les traités dits mineurs ; l'autre, jusqu'à la fin des années 1800, n'existait qu'à l'état de manuscrit. Ainsi, pendant des siècles, seule une moitié de la double tradition fut accessible au public lecteur sous forme imprimée, l'autre demeurant confinée aux bibliothèques de manuscrits.
Cette asymétrie entre une version largement diffusée et une version restée manuscrite illustre la manière dont la tradition reçue et l'archive matérielle se répondent et se nuancent. Le lecteur du Talmud de Vilna côtoyait une recension sans soupçonner l'existence d'une sœur jumelle dont le contenu différait notablement — situation qui ne fut véritablement résolue qu'à l'orée de l'ère critique moderne.
L'année 1887 marque un tournant à la fois pour Avot de-Rabbi Nathan et pour l'ensemble des études rabbiniques. Une édition de 1887 publiée par Solomon Schechter fut la toute première édition critique/académique d'une œuvre rabbinique. Fondé sur l'étude de tous les manuscrits dont il disposait, Schechter proposa l'existence de deux versions similaires bien que distinctes de ce texte, qu'il désigna « Version A » et « Version B ». C'est à cette occasion que le savant rendit publiquement accessible la recension demeurée manuscrite. L'autre, jusqu'à la fin des années 1800, n'existait qu'à l'état de manuscrit. En 1887, Solomon Schechter publia les deux recensions en colonnes parallèles.
L'apport de Schechter ne se limita pas à l'établissement du texte : il permit, pour la première fois, une comparaison systématique des deux traditions. Les deux versions offrent des perspectives différentes sur certains récits et sentences, et chacune comprend des matériaux absents de l'autre. La mise en regard des colonnes faisait apparaître d'un coup d'œil les convergences et les divergences entre les recensions, fondant une méthode appelée à un grand avenir dans la philologie hébraïque.
L'édition de Schechter, longtemps indépassée, a fini par appeler une révision à la lumière de témoins manuscrits plus nombreux. Une édition synoptique moderne a ainsi vu le jour. Cette édition complète des deux versions d'Avot de-Rabbi Nathan est l'héritière de l'édition de Salomon Schechter, publiée en 1887 et dépassée depuis quelque temps. Elle s'appuie sur des témoignages textuels considérablement élargis et place les témoins du texte les uns à côté des autres sans modifier leurs versions ni les juger. Avot de-Rabbi Nathan A y est présenté dans une grande synopse à double page assortie de deux appendices, tandis que la synopse d'Avot de-Rabbi Nathan B est plus courte du fait qu'il existe moins de manuscrits.
La valeur durable d'Avot de-Rabbi Nathan tient à la diversité de ses matériaux, qui en font une source de premier ordre pour l'histoire des idées et des mœurs du judaïsme rabbinique. L'œuvre contient de nombreuses sentences éthiques, mais aussi des traditions historiques, des récits et des fragments de folklore. Cette pluralité de registres — sentence morale, narration biographique, exposition homilétique — explique l'intérêt soutenu qu'elle suscite chez les chercheurs.
Sa nature de baraïta tannaïtique lui confère une autorité particulière dans la tradition d'étude : elle prétend transmettre des enseignements émanant directement des Tannaïm, ces maîtres dont les paroles fondent la Mishna. Présentée comme le complément narratif et explicatif de Pirqé Avot, l'œuvre déploie autour des maximes éthiques un tissu d'histoires et de paraboles destinées à en éclairer le sens et à en illustrer la portée pratique.
Le débat scientifique demeure néanmoins ouvert sur les questions essentielles. La date de sa composition et sa relation à Pirqé Avot sont des sujets de débat. Loin de constituer une faiblesse, cette indétermination témoigne de la richesse d'un texte stratifié, où des couches anciennes — possiblement tannaïtiques — coexistent avec des élaborations gaoniques. La recherche tend aujourd'hui à considérer Avot de-Rabbi Nathan moins comme une œuvre à auteur unique que comme un dépôt de traditions accumulées, fixé par étapes successives. Son histoire éditoriale, de l'appendice du Talmud de Vilna aux synopses critiques contemporaines, retrace en miniature l'évolution même de la science du judaïsme.
Avot de-Rabbi Nathan se révèle, au terme de ce parcours, comme un texte-carrefour : carrefour entre la Mishna et le Midrash, entre la sentence et le récit, entre la tradition tannaïtique revendiquée et la compilation gaonique probable. Œuvre aggadique probablement compilée à l'époque gaonique, premier et plus long des traités mineurs sans y appartenir vraiment, elle a davantage le caractère d'un midrash tardif. Son attribution à Rabbi Nathan relève de la mémoire transmise plus que de l'archive démontrée, tandis que sa double recension et son édition critique relèvent, eux, du fait historique pleinement établi.
L'histoire de ce texte est aussi celle d'une émancipation philologique. L'édition de 1887 publiée par Solomon Schechter fut la toute première édition critique d'une œuvre rabbinique, fondée sur l'étude de tous les manuscrits disponibles et proposant deux versions distinctes désignées « Version A » et « Version B ». En cela, Avot de-Rabbi Nathan ne fut pas seulement l'objet d'une science, mais l'occasion de sa naissance. Du Shas de Vilna aux synopses du XXIᵉ siècle, le « livre des Pères selon Rabbi Nathan » continue de transmettre, autant qu'un contenu, une méthode : celle de l'écoute patiente des traditions plurielles.
Copia cualquiera de estos formatos para citar esta página o enlazarla.
Enlace
https://zakhor.ai/es/grands-livres/textes/manuscrit-dd5ca1HTML
<a href="https://zakhor.ai/es/grands-livres/textes/manuscrit-dd5ca1">אבות דרבי נתן. — Zakhor</a>Cita
אבות דרבי נתן. — Zakhor, https://zakhor.ai/es/grands-livres/textes/manuscrit-dd5ca1