- Hebrew name
- תְּהִלִּים
- Transliteration
- Tehilim
- Chapters
- 150
Cent cinquante prières, et la langue dans laquelle la liturgie juive parle encore. Aucun autre livre du corpus n'a une présence quotidienne comparable : on récite des psaumes le matin, au deuil, à la maladie, à la fête, aux enterrements et aux naissances.
Ce qui frappe à les compter, c'est que la plainte y domine. Les psaumes de supplication et de lamentation sont plus nombreux que ceux de louange, et ils ne se censurent pas : jusqu'à quand ? pourquoi te caches-tu ? mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? Le corpus liturgique d'un peuple a fait place, à titre principal, à la protestation adressée à Dieu. C'est un choix rare, et il a donné à des générations persécutées des mots déjà prêts.
Le recueil rassemble des matériaux d'époques très diverses, attribués pour beaucoup à David, mais aussi aux fils de Coré, à Assaf, à Moïse. Le psaume 137 — « au bord des fleuves de Babylone, là nous étions assis et nous pleurions » — est daté par son objet même, et il a fixé pour toujours la posture du souvenir en exil : se souvenir de Jérusalem ou que la main se dessèche.
Le psaume 119, le plus long, est un acrostiche alphabétique en vingt-deux strophes à la louange de la Loi. Le 145 est dit trois fois par jour. Les psaumes 113 à 118 forment le Hallel des fêtes.
C'est le livre qui a le plus circulé sous forme de manuscrits privés, de recueils de poche et d'amulettes.