- Hebrew name
- קֹהֶלֶת
- Transliteration
- Kohelet
- Chapters
- 12
« Vanité des vanités » — la traduction usuelle affaiblit un mot hébreu, hevel, qui désigne un souffle, une buée, ce qui se dissipe. Un homme qui se présente comme roi à Jérusalem examine tout ce qui est censé donner sens à une vie : le savoir, le plaisir, la richesse, les grands travaux, la justice. Rien ne tient. Le sage et le sot meurent pareillement, et personne ne se souviendra ni de l'un ni de l'autre.
Le livre est le plus déconcertant du canon, et son admission a été discutée. Il contredit ouvertement la sagesse rassurante des Proverbes, constate que le juste souffre et que le méchant prospère, et refuse les consolations qu'on lui tend.
Sa conclusion pratique n'est pourtant pas le désespoir mais une sobriété : mange ton pain, bois ton vin, fais ton travail, vis avec qui tu aimes, car c'est la part qui t'est donnée sous le soleil. Il y a un temps pour tout, dit le poème du chapitre trois — et cette liste est devenue l'un des passages bibliques les plus cités hors de tout contexte religieux.
On le lit à Souccot, la fête où l'on habite huit jours une cabane au toit ajouré : le calendrier fait coïncider le livre de la précarité avec le rite de la précarité.
Pour la mémoire, il pose une objection utile à tout projet d'archive — tout s'oublie — et la seule réponse possible n'est pas de la réfuter, mais de tenir le registre quand même.