Le patronyme Tammuz présente une singularité qui, d'emblée, situe cette lignée à la charnière de deux mémoires : celle de l'exil oriental et russe, et celle de la renaissance nationale en terre d'Israël. Le nom lui-même ne relève pas d'un fonds patronymique séfarade ou ashkénaze traditionnel : Tammuz est le quatrième mois du calendrier hébraïque, hérité du calendrier babylonien, où il désignait une divinité de la végétation et du renouveau saisonnier. Ce choix, ou cette adoption, dit déjà quelque chose de la trajectoire d'une famille dont la figure la mieux documentée — l'écrivain, sculpteur et journaliste Benjamin Tammuz (1919-1989) — appartient à la génération qui voulut refonder l'identité juive sur la matrice du Proche-Orient ancien plutôt que sur la seule continuité rabbinique.
Il convient, dès l'ouverture, d'être honnête sur les limites de l'archive. La lignée Tammuz n'a pas laissé de chaîne généalogique médiévale attestée, ni de registre communautaire remontant aux aljamas d'Espagne étudiées par Yom Tov Assis [Assis, 1997]. Ce que nous pouvons établir avec certitude tient d'abord à une biographie individuelle, celle de Benjamin Tammuz, et au milieu culturel qui l'a porté. Le reste — l'origine du nom, sa portée symbolique, son inscription dans la longue mémoire d'Israël — relève de la reconstitution prudente. C'est pourquoi le présent ouvrage distingue scrupuleusement, chapitre par chapitre, ce qui est établi par le document de ce qui est transmis par la tradition ou conjecturé par l'éditeur.
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