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Il était Tune fois - livre par Tania Bellity

Szerző: Tania Bellity
Dátum: Souvenirs de Tunisie, années 1960-1990 — Vérone éditions, 2022

Rábízta: Gad Bellity · letétbe helyezve: 2026. augusztus 22. · Metszéspont regiszter · letéteményes, nem tulajdonos

Leírás

Il était Tune fois est un témoignage familial et culturel rédigé par Tania Bellity. L’ouvrage documente le langage judéo-tunisien, les traditions, la cuisine, les lieux de vie et les souvenirs de familles juives tunisiennes au XXe siècle. Il comprend également des éléments généalogiques sur les familles Bellity et Sitbon, ainsi que des récits personnels liés à Tunis, Béja, Kheireddine, La Goulette et La Marsa.

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IL ÉTAIT TUNE FOIS Il était Tune fois Tania Bellity Vérone éditions 5 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 PRÉFACE Le livre, si attachant et évocateur de Tania Bellity, éveille en moi d’anciens et heureux souvenirs. Une partie de mon cœur est en Tunisie. J’aime profondément ce pays, sa culture à la fois si vivante, si tolérante et ouverte, la beauté de ses paysages et de ses villes, et surtout les hommes et les femmes qui y habitent. Mes premiers souvenirs datent des années soixante quand je m’occupais, pour le Ministère français des Finances, des relations entre nos deux pays. La grande personnalité financière de la Tunisie à l’époque, Hedi Nouira, a marqué l’économie de son pays d’une empreinte qui demeure toujours présente. Il est resté douze ans gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie. Homme à l’autorité respectée de tous, d’une puissante intelligence et d’une grande sagesse, il a su créer à la Banque Centrale une tradition d’excellence et d’indépendance. Il a doté la politique monétaire de son pays des deux qualités essentielles que sont la confiance et la stabilité. Il avait aussi formé une remarquable élite de hauts fonctionnaires que j’eus la chance de fréquenter. C’est ainsi qu’à l’Ena, j’eus comme condisciples Mansour Moalla (qui devint plus tard ministre des Finances), Baccar Touzani et Azouz Lasram avec lequel m’unissent des liens fraternels inaltérables. Je connus aussi de nombreux Gouverneurs de la B.C.T., comme Ali Zouaoui, disparu trop tôt, et Mohammed Beji dont je n’oublierai jamais la chaleureuse hospitalité. © Vérone éditions, 2022 Envois de manuscrits : Vérone éditions – 75 boulevard Haussmann – 75008 Paris Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. 6 7 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 À mes neveux, David, Benjamin, Tony et Adam, À mes nièces, Odélia et Elsa J’eus également le bonheur, comme Directeur Général du Fonds Monétaire International, de rencontrer le Président Bourguiba, qui fut le héros de l’indépendance de la Tunisie et l’artisan de son essor comme État moderne. C’était à Washington en 1986 à l’ambassade de Tunisie. Le Président avait plus de 80 ans, mais il avait gardé son autorité et toute sa lucidité. Je revois encore son beau et noble visage ainsi que ses yeux bleus extraordinaires dont le regard vous transperçait. Notre conversation – tenue en présence de ses principaux ministres – fut intense, car les difficultés financières s’étaient accumulées et menaçaient l’économie tunisienne. Le Président, qui comprit la gravité de l’enjeu, décida de régler le problème budgétaire et de mettre en œuvre d’importantes mesures structurelles de libéralisation de l’économie. Cette rencontre fut décisive en ce sens qu’elle fut suivie de l’accord sur le Plan d’Ajustement Structurel et, en 1988, de l’accord de prêt élargi du F.M.I. qui joua un rôle important dans le redressement de la Tunisie. Le Président Bourguiba montra encore à cette occasion, sa capacité à redresser la barre d’une main sûre et vigoureuse. Le livre de Tania Bellity me rappelle aussi les nombreuses occasions qui me furent données, au fil des ans, de partager avec mes amis les joies de la gastronomie tunisienne. Les couscous, les briks, les tajines, les pâtisseries admirables… resteront pour moi des souvenirs merveilleux, associés à ceux de mes visites à Tunis, à Carthage, à la Baie des Singes, à Sidi Bou Saïd…, dont je revois encore les sites enchanteurs. Jacques de Larosière Ex-Directeur du Trésor, Directeur général du Fonds Monétaire International, Gouverneur de la Banque de France et Président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement. 9 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 AVANT-PROPOS Il était Tune fois est un projet très personnel que je voulais, à l’origine, dédier à mes neveux (David, Benjamin, Tony et Adam) et nièces (Odélia et Elsa) et les généralités que j’évoque dans les lignes que je vous propose de partager aujourd’hui, ne sont que « mon histoire » à Tunis et sa banlieue. J’ai vécu jusqu’à l’âge de 18 ans en Tunisie, avant de venir en France en 1982 pour continuer mes études. Après deux années difficiles d’adaptation (dues à la mentalité diff érente et à l’éloignement de ma famille et de mes amis), j’ai commencé à exercer mon métier et j’ai graduellement occulté mon passé jusqu’à en faire un souvenir vague et lointain. Depuis, j’ai retrouvé des amis de ce passé tunisien et j’ai été toujours surprise de constater qu’eux, se souvenaient d’anecdotes et de moments de vie que de mon côté, j’avais oublié. Bien que je sois retournée à plusieurs reprises en Tunisie – pays, peuple et paysages que je retrouvais à chaque fois avec plaisir –, je croyais vraiment n’en avoir gardé aucune nostalgie et je l’affirmais à qui voulait m’entendre. En 2008, j’ai appris que j’étais atteinte d’une maladie chronique qui nécessitait un nombre inconnu d’années de soins… Après une période d’eff ondrement, puis une autre d’introspection, j’ai regardé la vie autrement et je me suis centrée sur ce qui me paraît essentiel : 10 11 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 SOMMAIRE PRÉFACE ....................................................................................... 5 AVANT-PROPOS ........................................................................... 9 INTRODUCTION........................................................................ 17 RAPPEL PHONÉTIQUE............................................................ 21 CHAPITRE I –PATRIMOINE ET TRADITIONS .................. 23 ARTISANAT ET SOUKS 25 TRADITIONS VESTIMENTAIRES 28 • Tenues féminines ....................................................................28 • Accessoires..............................................................................30 • Tenues masculines ..................................................................31 • Chaussures unisexes ...............................................................33 MUSIQUE ET FOLKLORE TRADITIONNELS 31 • Instruments..............................................................................34 • Folklore ...................................................................................35 l’existence, ma famille et mes amis… Et les souvenirs du passé ont afflué, comme des vagues régulières… C’est ainsi qu’en 2011 est née en moi l’idée de transmettre quelques rudiments de l’histoire et du langage juifs tunisiens à mes proches, mais au fil des souvenirs et des réminiscences, cette idée a pris une ampleur totalement inattendue. Les encouragements, les suggestions, les corrections et le support de mes proches (famille, amis, collègues, voisins) m’ont poussée à étoff er et à compléter mes recherches. J’adresse un grand merci à toutes et tous, en particulier à : • Mes parents et frères : Sylvette, Fradji, Dov, Gad et Gabriel Bellity, • Mes oncles et tante, ma cousine : Lucien Sitbon, Sara, Gilbert et Estelle Meïmoun, • Mes collègues et amis : Faïza Abdul Wahab, Albert Alezra, Fanny Bailly, Nadine Bai, Sarah Barde, Sami Ben Mrad, Sylvie Béranger, Marie-Claire Boccara, Claude Chicly, Audrey Cohen, Jacqueline D’Arcq, Sophie Hassid, Rose-Ellen Laffitte, Jacques de Larosière, Tarak Moussa, Karine Petroff , Liliane Salmon, Lydie Smadja, Carlo Uzan et Suzy Zerbib. 12 13 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 LOISIRS 144 • Sports ....................................................................................146 • Danse ....................................................................................147 • Lectures enfantines et BD pour jeunes .................................147 • Jeux et autres activités récréatives ........................................148 • Sorties et lieux ......................................................................150 • Média ....................................................................................172 • Les inoubliables ......................................................................80 CHAPITRE III. ENVIRONNEMENT .................................... 215 CLIMAT 215 FAUNE 216 FLORE 220 CHAPITRE IV. PRODUITS NATURELS .............................. 224 ENTRETIEN ET HYGIÈNE DE LA MAISON 224 HYGIÈNE ET SOINS CORPORELS 226 • Santé......................................................................................226 • Beauté ...................................................................................229 • Soins du corps .......................................................................229 • Soins de la chevelure ............................................................230 • Soins de la peau ....................................................................231 INTERPRÈTES ET CHANSONS 36 RELIGIONS ET FÊTES MARQUANTES 38 • Les fêtes musulmanes .............................................................47 • Judaïsme, fêtes juives et coutumes culinaires.........................48 • Les principaux lieux de cultes ................................................49 CROYANCES ET SUPERSTITIONS 67 CHAPITRE II. CULTURE ET SOCIÉTÉ ................................ 76 ATMOSPHÈRE POLITIQUE 76 • Protectorat Français ................................................................77 • La deuxième guerre mondiale.................................................78 • Présidence de la République ...................................................81 MODE DE VIE 83 • Ménage Tunisien .....................................................................83 • Valeurs ....................................................................................84 • Habitat.....................................................................................85 • Quartier et Voisinage...............................................................90 • Vie en communauté.................................................................96 • Éducation – École ...................................................................98 • Commerces et Métiers .......................................................... 116 • Transports..............................................................................139 14 15 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 • Boissons ................................................................................444 PLATS COURANTS ET SPÉCIALITÉS 447 AUTRES ALIMENTS ET GOURMANDISES 469 LEXIQUE CULINAIRE 476 RECETTES 479 CONCLUSION .......................................................................... 539 SI VOUS EN VOULEZ PLUS… .............................................. 541 LEXIQUE ................................................................................... 543 CHAPITRE V. PERSONNAGES ............................................. 240 PERSONNALITÉS NÉES EN TUNISIE 240 NOMS DE FAMILLE JUIFS TUNISIENS 253 MA FAMILLE 256 HISTOIRES ET ANECDOTES 269 CHAPITRE VI. LANGUE ........................................................ 281 MIMIQUES ET LANGAGE GESTUEL 282 PRONONCIATION 284 MOTS D’ORIGINE LATINE ARABISÉS OU PAS 285 LEXIQUE TUNISIEN DIALECTAL ET JUDÉO-ARABE 306 ONOMATOPÉES ET INTERJECTIONS TUNES 355 EXPRESSIONS ET PROVERBES 361 CONVERSATIONS 414 CHAPITRE VIII. CUISINE ..................................................... 424 APPAREILS MÉNAGERS ET USTENSILES 424 ALIMENTS USUELS 428 • Épices, herbes et condiments ................................................428 • Légumes ................................................................................437 • Fruits .....................................................................................439 17 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 INTRODUCTION Avant d’entamer la lecture de cet ouvrage dédié à mes souvenirs de vie en Tunisie (Tunis et sa banlieue), je vous propose une définition personnelle et non exhaustive de ce qu’est le « Juif Tune » ou le « JT ». Le juif tunisien a vécu en harmonie avec les diff érentes communautés ethniques ou religieuses du pays depuis des millénaires. Wikipédia précise d’ailleurs que : « Comme nombre de populations juives, de Tripolitaine ou d’Espagne, les Juifs tunisiens revendiquent une implantation très ancienne sur leur territoire. Aucun document ne permet cependant d’attester formellement leur présence avant le iie siècle. » Ce qui n’est déjà pas si mal… Mais je ne reviendrai pas sur cette époque, trop lointaine et me bornerai à donner quelques détails en prenant comme point de départ la fin des années 1800. Le JT a connu le protectorat français de 1881 à 1956, l’arrivée de Maltais dès le début du xixe, puis celle d’Italiens (juifs et non juifs) au cours des xixe et xxe siècles, l’indépendance de la Tunisie le 20 mars 1956 et, plus près de nous, la révolution du Jasmin en janvier 2011. Avec tout ce qu’il a pu connaître, le JT a des sentiments exacerbés et de ce fait, même s’il a vécu dans la modestie et la simplicité, il est souvent excessif, tant dans sa façon de parler que dans ses sentiments… 18 19 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Notre univers était tout petit et pourtant si grand ! Grand de relations humaines, grand de chaleur mais aussi de pudeur, de simplicité et d’humilité ! En tant que juive tunisienne d’origine, il m’a semblé utile de transmettre quelques informations aux nouvelles générations et en particulier à mes neveux et nièces sur la jeunesse de leurs parents et la façon dont ils vivaient en pays arabe. J’espère aussi que les anciens, nés en Tunisie – et plus particulièrement à Tunis et sa banlieue – plongeront dans ce bain de jouvence et se remémoreront leur jeunesse, probablement semblable… En préambule, il est nécessaire de savoir qu’avant l’indépendance de la Tunisie, les JT qui étaient, pour la grande majorité francophone (y compris les Italiens), avaient la possibilité de continuer leurs études dans des universités françaises (médecine, lettres, sciences…), mais à partir du début des années soixante (après l’indépendance en 1956), ces universités ont peu à peu laissé place à des institutions dont la majorité des cours étaient donnés en arabe. De plus, bien que la Tunisie fût un pays « en voie de développement » et que les JT étaient encore accueillis par le gouvernement de l’époque et en particulier par son leader, Habib Bourguiba, ils se sont progressivement sentis brimés dans leur évolution. C’est ainsi que le besoin de découvrir l’Europe ou les États-Unis, d’étudier et de construire leurs familles dans des pays moins « arabisés » et plus avancés économiquement, socialement et intellectuellement, a germé en eux. Et c’est à partir de cette période qu’ils ont commencé à émigrer vers la France, Israël ou l’Amérique (États-Unis et Canada). Ainsi, après avoir atteint près de 150 000 personnes avant l’indépendance, ils ne sont plus aujourd’hui qu’environ 1 500… • Le JT a adoré sa Tunisie natale où il faisait bon vivre au sein d’une communauté multiculturelle et où l’accueil, la proximité et l’entraide étaient de mise. Il n’était pas nécessaire de se téléphoner pour se voir ; les distances étant assez courtes, il suffisait de passer directement chez quelqu’un pour quelques minutes ou quelques heures et, sauf absence, la porte était toujours grande ouverte… • Il a vécu tant bien que mal au sein de sa famille juive (parents, frères, sœurs, grands-pères, grands-mères, oncles, tantes, cousins, cousines, neveux, nièces, pièces rapportées…), aimante et exclusive en respectant ses rites et ses coutumes en « presque » toute liberté… • Il a côtoyé tous les jours des israélites, des musulmans et des chrétiens (catholiques et protestants) … • Il a participé à la préparation des fêtes avec des mets délicieux concoctés par les mères, les tantes, les grands-mères, les filles… pendant des jours, dans la joie et la bonne humeur… Du fait qu’il était plus traditionaliste et superstitieux que religieux, les plats préparés à l’occasion de ces diverses festivités avaient souvent davantage d’importance que les prières, elles-mêmes. • Il a aimé lézarder au soleil, en famille et/ou entre amis, en parlant très fort, en grignotant et en riant dans la lenteur et la joie de vivre méditerranéennes… Voilà pourquoi, il a toujours considéré qu’il était dans SON pays et il l’a été longtemps, car ses ascendants y avaient jeté l’ancre depuis des siècles… Sous la pression de diff érents événements et évolutions politiques, il a préféré quitter sa Tunisie natale, ce pays arabe qu’il chérissait et qu’il n’oubliera jamais. 20 21 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 RAPPEL PHONÉTIQUE En arabe, comme en hébreu, toutes les lettres se prononcent. Le « A » se prononce « aè », entre le « a » et le « è », Le « âa », impossible à transcrire en lettre latine, est un « a » guttural, Le « DH » se prononce comme le « th » anglais dans « the », Le « E » se prononce « è », Le « GH » se prononce comme un « r » français, Le « H » se prononce comme le « h » anglais, Le « KH » se prononce comme le « ch » allemand ou la « jota » espagnole ou encore le « het » hébreu, Le « P » qui n’existe pas en arabe, est remplacé par un « B » lorsque l’on utilise un mot d’origine latine, Le « Q » se prononce comme un « k » guttural ou « kâ », Le « R » est roulé, comme en italien, Le « S » se prononce « CH » et inversement (eh oui !), Le « Tâ » se prononce comme un « T » guttural, Le « TH » se prononce comme le « th » anglais dans « thanks », Le « V » n’existe pas en arabe ; il est remplacé par « F » ou « B », Le « Z » se prononce « J ». Voici quelques éléments de cet univers que nous avons connu, puis oublié, puis reconnu… mais où, comme partout, le temps qui passe ne revient pas. Je vous invite à vous laisser aller au souvenir ou à l’imagination et à prendre autant de plaisir à la lecture que j’en ai pris à l’écriture. Kiff ez ! Prenez du plaisir ! 23 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 CHAPITRE I PATRIMOINE ET TRADITIONS La Tunisie est marquée par un passé riche en cultures et civilisations. Cependant, n’étant pas une spécialiste de l’histoire, je me limiterai à partager brièvement avec vous le nom des peuples qui en firent le pays qu’il est : berbères, phéniciens, carthaginois, romains, vandales, byzantins, arabes, mauresques musulmans et juifs (espagnols), ottomans, maltais, italiens, puis français qui instaurèrent un Protectorat (lire la partie « Atmosphère politique ») On peut ainsi aujourd’hui retrouver divers vestiges laissés par ces époques lointaines : des villages en montagne avec des maisons troglodytes (creusées dans la roche), mais aussi des « Ksour » (où l’on stockait des aliments), qui restent visibles à Tataouine ; des nécropoles, tombes puniques (civilisation carthaginoise), vases, urnes funéraires, bijoux massifs, des amphithéâtres, ports puniques, vestiges de la citadelle de Carthage (érigée pour la reine Didon – appelée aussi Elyssa –) ; des sites romains tels que les thermes d’Antonin à Carthage, les temples romains de Dougga et Sbeitla, la nécropole punique d’Utique, les villas romaines de Bulla Regia, le Colisée de El Djem. De ce mélange de cultures, mentalités et coutumes de différentes origines, est née une communauté de citadins sédentaires, aussi bien de confession musulmane que juive et chrétienne appelés 24 25 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 ARTISANAT ET SOUKS L’artisanat tunisien remonte au xiiie siècle avec l’arrivée des Hafsides (une dynastie d’origine berbère) au pouvoir. C’est à l’initiative de leurs dirigeants que les souks de Tunis ont été fondés en plein cœur de la Medina, autour de la Mosquée Ez-Zitouna (elle- même construite au viie siècle, détruite au viiie, puis reconstruite au xie siècle) constituant ainsi le noyau initial de l’économie tunisienne. Selon la vision que j’en ai, les souks pourraient être assimilés à un grand centre commercial en plein air, occupant diverses rues et ruelles d’un quartier. Dans ce dédale où le marchandage est de mise, sont établies diverses boutiques regroupées par métier, dont les vendeurs vantent les mérites de leurs diverses productions artisanales. On a toujours une bonne raison de se rendre dans ce lieu où les cinq sens sont mis à contribution, que l’on soit touriste ou autochtone : la promenade dans ces rues étroites plus ou moins éclairées avec la découverte de la riche architecture orientale (voûtes, arcades, colonnes, portes d’entrées) et celle d’objets et produits artisanaux typiquement tunisiens ou d’origine ottomane, l’ambiance bruyante et chaleureuse créée par les marchands et les acheteurs, les étals aux couleurs vives de vêtements, bijoux ou objets traditionnels pour divers événements religieux et/ou festifs, le bruissement des tissus, tapis, soieries, broderies et dentelles, le chant des verres et cristaux et le cliquetis des cuivres, les senteurs des parfums et eaux de toilette, de l’encens, le goût des épices, herbes, fruits et légumes… Mais je m’égare… Revenons aux souks et à ses artisans… Chaque « section » des souks a un nom, selon ce que l’on y fabrique et/ou ce que l’on y vend, mais je ne les connais pas tous. Ainsi, au gré des ruelles, on peut trouver des artisans qui travaillent diverses matières, et en voici certaines : Beldi (ce mot tient son origine de « Bled » ou pays) ou tunisiens de souche. Ces derniers ont élu domicile à Tunis, en s’installant d’abord dans la Médina, en y créant les souks pour y échanger et vendre leurs produits. En ce qui concerne les juifs, ils étaient eux-mêmes, divisés en deux communautés qui se mêlaient rarement : il y avait les « Touensa » que l’on considérait comme des « Beldi » et les « Grana ». Grana (pluriel) / Gorni (singulier) De l’hébreu, ce mot signifie « de Legorn », c’est-à-dire « de Livourne ». À l’origine, on appelait ainsi les juifs portugais établis dans la ville toscane de Livourne (ainsi que leurs descendants), suite à leur expulsion de la péninsule ibérique. Une première communauté de « grana » est venue s’installer à Tunis en 1685. Il existe une autre définition selon laquelle le mot « gorni » (pluriel de « grana ») viendrait de l’arabe « haar gorni » ou « piment piquant », assimilant ainsi ces Italiens et ibériques à des personnes acerbes, avides de réussite et hautaines. Touensa (pluriel) / Tounsi (ya) (singulier) Contrairement aux « grana », les « touensa » sont considérés comme les enfants du pays depuis toujours, des « locaux ». Les juifs « touensa » parlent aisément l’arabe tunisien et ont intégré à travers les siècles les mêmes traditions culinaires, vestimentaires, communautaires, mais aussi les mêmes superstitions (Voir Chapitre II « Croyances et Superstitions »). 26 27 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 • Les métaux (fers forgés, portes cloutées, plats, cendriers et bibelots en cuivre lisse ou martelé – plats et plateaux en argent – bijoux en or et en argent). Entre autres, on appelle : o Souk El Birqa, le souk des bijoux o Souk En’Nhas ou en ’Nhessiyia, la section des souks où l’on fabrique des ustensiles et objets divers (plateaux, cendriers…) en cuivre martelé, très prisés par les Tunisiens, mais aussi et surtout par les touristes qui les rapportent chez eux pour en faire de jolis cadeaux typiques. • L’osier (tapis, éventails ou « mrouhas », couffins, cabas) • Les parfums : o « Souk El Attarine » : littéralement, cela signifie « souk des épiciers » (ou, au singulier Âattar : voir définition ci-après) mais en fait, il s’agit du plus ancien des souks, celui des « parfumeurs » qui date de 1240 et qui se trouve à proximité immédiate de la mosquée Ez-Zitouna. Dans cette partie des souks, siège aussi la « Bibliothèque Nationale de Tunisie » depuis 1965 (fondée en 1885, sous le nom de « Bibliothèque Française » puis renommée en « Bibliothèque Publique de Tunis » au début du xxe siècle). El Âattar Le (ou plutôt « el ») « âattar » ; c’était l’épicier, le commerçant que nous allions voir quasi quotidiennement pour se procurer des denrées alimentaires, certes, mais aussi des produits d’hygiène ou d’entretien. À Tunis et sa banlieue, la majorité des épiciers venaient, pour la plupart, de l’île de Djerba, si bien que lorsqu’on disait qu’on allait chez le djerbien, il était évident pour tous qu’on allait faire nos courses ménagères chez l’épicier du coin. Je profite de cette définition pour ajouter que les bouteilles en verre étant consignées à l’époque, • L’argile et la terre, pour en faire des pots, jarres, vases et autre vaisselle classique, mais aussi : Gargoulette – ce mot vient probablement du provençal « garguleto » qui signifie « cruchon ». Il s’agit en effet d’une cruche en terre cuite poreuse qui permet, par évaporation, de rafraîchir l’eau qu’elle contient. Cette eau est souvent servie dans un Halleb – Tasse à anses en terre cuite, afin de garder l’eau fraîche. • Les broderies (fils de couleur, d’or ou d’argent, perles et pierres) • La céramique (vaisselle, vases, mosaïques) • Le cuir (babouches, porte-monnaie, sacs à main, portefeuilles), dans les : o Souk El Belghagiya : chausseurs. Ce mot vient de « belgha » o Souk Es’Sakkajine : brodeurs sur cuir o Souk Es’Sarrajine : selliers • La laine, le coton et la soie (tissus, tapis, vêtements traditionnels) dans les : o Souk El Bransyia : ces artisans taillent et cousent les burnous, jebbas et foutas o Souk ech’Chaouachine : ces derniers fabriquent les chéchias o Souk El Foutajyia : confection des tissus de Foutas o Souk El Houkajyia : tisserands o Souk El Qmach : tissus, en particulier la soie ou le lin o Souk Es’Sabbaghine : teinturiers o Souk Et’Trouq ou souk turc, dans lequel œuvraient des tailleurs brodeurs, spécialisés dans la confection des éléments d’habits turcs (caftans et broderies, gilets, chemises, burnous et pantalons bouff ants). 28 29 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 • Le Caftan ou Qoftane Le caftan est un vêtement long, large et droit avec un col rond ou une capuche et des manches longues ou trois quarts. Sa particularité, c’est qu’il est ouvert en son milieu, de haut en bas avec boutonnières ou pas. On pouvait le porter tous les jours ou pour diverses cérémonies ou mêmes pour des mariages lorsque l’on choisissait de belles matières, tant pour les tissus que pour les boutonnières et boutons et qu’on les agrémentait d’ornements riches et fastueux. • La Fouta est une sorte de « paréo » en coton ou en soie à rayures verticales aux couleurs gaies. À l’origine, cette pièce de tissu était nouée autour de la taille par les Berbères, telle une jupe longue (allant jusqu’aux chevilles) au-dessus d’un autre vêtement qu’elle recouvrait. On la portait dans les champs, pour la cueillette des fruits ou pour aller chercher de l’eau à la fontaine. Au fil du temps, elle est devenue un produit « à la mode » et son utilisation s’est diversifiée : drap de hammam, foulard, châle, plaid, nappe, tapis de plage, rideau, … Aujourd’hui, les tissus et les couleurs des foutas sont de plus en plus variés et on peut les acheter par le biais de sites internet. • La Kesswa traditionnelle féminine ou Fouta-Blousa C’est la tenue traditionnelle typiquement tunisienne encore portée dans certaines campagnes de façon quotidienne, avec un haut (la Blousa) et un bas (la Fouta). Selon les occasions, cette tenue peut être plus ou moins riche, allant du tissu à carreaux ou à rayures, jusqu’à la soie brodée et/ou perlée ou avec des strass pour les mariages. • La Mèlia ou Melehfa Le vêtement traditionnel quotidien des Bédouines tunisiennes était la « mèlia ». Il se composait de trois pièces de tissus rectangulaires – une devant, une derrière et l’autre, plus petite, sur les épaules. Cette dernière maintenait avec de grosses broches en métal (ou fibules d’origine berbères) plus ou moins précieux les deux pans principaux nous (les enfants) nous chargions de les rapporter chez l’épicier pour récupérer de la menue monnaie qui nous permettait de nous acheter quelques friandises. • Les gourmandises o Souk El Fekka : on y trouve toutes sortes de fruits secs pour préparer les gâteaux à l’occasion d’événements religieux ou festifs. • Et puis, il y a aussi le Souk El Kébabgia, celui des boulangers, ou encore le Souk El Blat où sont regroupés les herboristes, etc. TRADITIONS VESTIMENTAIRES Chaque région tunisienne a ses spécificités quant à la coupe, aux couleurs et aux broderies de ses vêtements traditionnels. Et, comme dans la plupart des pays, ces derniers ne sont aujourd’hui portés que de façon occasionnelle, en particulier pour les fêtes religieuses et les événements importants, tels que les circoncisions (T’hour), les mariages (Âars), les défilés et danses folkloriques à l’attention des touristes. Voici quelques éléments de ces habits traditionnels féminins (et leurs accessoires) puis masculins que l’on peut encore trouver dans les souks tunisiens. Je terminerai avec deux types de chaussures unisexes. • Tenues féminines • La Blousa Oui, il s’agit bien d’un corsage similaire à la « blouse » européenne, mais qui se ferme, dans la majorité des cas, par des agrafes au dos. (Voir aussi « Fouta-Blousa »). 30 31 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 • La Rihana Attention il ne s’agit pas de la chanteuse mais d’un bijou typiquement tunisien. C’est une chaîne en argent assez longue (au moins jusqu’à la poitrine) constituée d’anneaux (de 1 à 2 cm de diamètre) aplatis portant des traces de martelage. On y ajoutait souvent un pendentif avec une main de Fatma en filigrane. • Tenues masculines La tenue traditionnelle masculine comporte une « chèchiya », une « farmla » ou « bèdiya » ou « sèdriya » (gilet nommé diff éremment selon les régions), un pantalon court ou « sèrouèl » et une « jebba » qui recouvre le tout. Lorsqu’il fait chaud, cette dernière peut être portée seule, sur des sous-vêtements et en hiver, on peut rajouter dessus un « barnousse » ou une « qachabiya » pour lutter contre le froid. Voici les définitions de ces éléments vestimentaires : • La Kesswa traditionnelle masculine À l’origine, il s’agit du costume traditionnel qui comporte trois pièces : la « farmla », la « sadriya » et la « badia » (Voir définitions). Puis, on a assimilé la « kesswa » à l’habit, le costume, l’ensemble ; et ce mot peut tout aussi bien être utilisé pour les femmes que pour les hommes. • La Chèchiya Il s’agit d’une calotte en feutre rouge (quelquefois avec un petit cordon noir qui pendait au dos) que portaient les hommes tunisiens (mais aussi certains JT de Djerba qui s’habillaient comme eux) jusqu’au début du xxe siècle. l’un devant au-dessus de chaque sein et l’autre derrière au niveau de chaque omoplate. Puis, il suffisait de croiser ces deux pans sur les côtés et les maintenir par une large ceinture. Sous cette « robe en kit », généralement à carreaux ou à rayures, les femmes portaient un corsage ou un sous-pull uni. Dans les années soixante-dix, on pouvait trouver des mélias plus modernes aux couleurs moirées et chatoyantes dans les souks. Ces dernières ressemblaient à des robes d’hôtesses avec un col « V », elles étaient longues et droites, fendues sur les côtés et on les portait souvent pour aller à la plage, au-dessus des maillots. À noter que « Melehfa » signifie aussi « drap ». • Le Chefchèri (prononciation correcte : Sefseri) Il s’agit d’un drap fin et blanc en soie ou en fine laine, dont certaines femmes citadines ou rurales s’enroulaient de sorte que l’on ne voyait plus que leurs yeux. Il n’est quasi plus utilisé aujourd’hui. (Je viens de me rendre compte que « Chefchèri », ça fait « chef chéri », je ne l’avais jamais remarqué avant…, c’est rigolo…, enfin, ça me fait rire !). • Les Qâbqâb Ce sont des « sabots de bois » que l’on peut utiliser, soit pour sortir lorsqu’ils sont élégants, soit pour aller au « hammèm » lorsqu’ils sont plus rudimentaires et servent à éviter de glisser sur les sols mouillés. Ils sont d’ailleurs souvent prêtés par l’établissement. Dans le rituel du temple le jour de Kippour, les « qâbqâb » sont en argent. • Accessoires • Les Kholkhèl Les « Kholkhèl » sont des bracelets de cheville en métal décoré et/ou ajouré que portaient les danseuses orientales. Mais leur origine est beaucoup moins glamour, puisqu’ils servaient à accrocher les chaînes des esclaves berbères. 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 diverses couleurs, ainsi que des broderies plus ou moins recherchées et/ou de valeur. • Le Barnousse ou Burnous À l’origine, le « barnousse », qui nous vient des Berbères, est une sorte de cape en laine de couleur brute et unie (beige clair ou foncé, marron), longue et ample, avec une capuche pointue. Comme ce vêtement n’avait pas de boutonnières, il suffisait de balancer le pan droit sur l’épaule gauche (ou vice-versa) pour être bien au chaud. Au fil du temps, on lui a rajouté des manches puis d’autres couleurs (blanc, bleu marine, noir) et quelquefois des rayures. Dans les années soixante-dix, des « barnousses » féminins ont été créés. Je me souviens que ma mère en avait acheté un. Il était magnifique et elle ne le portait qu’en soirée, en guise de manteau. Il était noir, avec des broderies dorées sur les ouvertures devant et autour de la capuche… • La Qachèbya Comme le « barnousse », la « qachèbya » est un vêtement d’hiver en laine brute mais il ressemble plus à un grand manteau avec des manches, une capuche et des boutonnières ordinaires en tissu. • Chaussures unisexes • Les Babouches sont des « chaussons » plats tout en cuir, dont l’arrière est replié sur le talon, afin qu’elles soient ouvertes et confortables. Pour les hommes, elles sont lisses et ont la couleur du cuir naturel : noir, beige, blanc et marron. Pour les femmes, elles peuvent être de diverses couleurs chatoyantes, la plupart d’entre elles sont brodées de divers motifs (fleurs, arabesques…) à l’aide de fils d’or, d’argent, de coton ou de soie. • La Farmla ou « Bèdiya » ou « Sèdriya » C’est un gilet court et sans manches. Il est généralement uni derrière et présente de chaque côté à l’avant, des broderies qui font un peu penser à de la passementerie, ainsi que de petits boutons sphériques dorés. On peut fermer ces derniers en emboîtant ceux de droite à ceux de gauche car il n’y a aucune boutonnière. • Le Sèrouel Avec l’accent français, ça nous donne un vêtement qui a été récemment intégré à la mode européenne, le « saroual ». En Tunisie, le « sèrouel » courant était un pantalon court et bouffant, blanc (aujourd’hui, on peut trouver d’autres couleurs), resserré au niveau des mollets par des élastiques ou des boutonnières ; pour les occasions, ces dernières étaient ornées, tout comme les poches, de jolies passementeries. Il est à noter qu’en tunisien, « sèrouel » veut aussi dire « culotte » ou « slip », tant pour les hommes que pour les femmes. Je me souviens qu’un jour, en me promenant dans les souks de Tunis, alors que j’observais le « serouel », le vendeur m’a alpaguée avec un grand sourire pour préciser : Mazmazelle, c’est le « pantalan beau temps ». J’ai répondu : c’est parce qu’il est court ? Et je n’oublierai jamais sa réponse : Non, ma gazelle, c’est parce qu’il y a les « boutans » ici… • La Jebba En français, on l’a appelée « Djellaba ». C’est une tenue d’intérieur pour les hommes, ressemblant à une large robe, souvent blanche ou beige clair. La « jebba » est très appréciée en été, car grâce à ses caractéristiques – tissu très léger en coton fin ou en soie ou encore en lin, ampleur du vêtement, manches ¾, col en « V » et longueur jusqu’aux mollets –, elle permet le passage de l’air et tient beaucoup moins chaud qu’une chemise et un pantalon… La « jebba » peut aussi être portée comme vêtement de cérémonie et dans ce cas, elle revêt 34 35 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 • Tabal ou zokra Duo musical traditionnel, composé d’un Tabal (nom du tambour et de son batteur) et d’un Zakkar qui joue de la Zokra (ou cornemuse tunisienne) : Alors finalement, ils ont choisi un orchestre ou un « tabal ou zokra » pour la « cérémonie du bain » (ou « Tbila » en hébreu) de Josy ? • Folklore • Boussâadiya Le « boussâadiya » était un homme de spectacle de rue. Il était de couleur noire, portait un chapeau, un masque, des vêtements déchirés de toutes les couleurs, ainsi qu’une peau d’animal sur le dos. Il parcourait les rues en dansant de façon bizarre et en jouant des castagnettes ou du tambourin. Les enfants l’escortaient, partagés entre la peur et l’amusement. • Malouf D’origine arabo-andalouse puis enrichi de notes turques et persanes, le « malouf » est devenu, au fil du temps, « LA » musique classique traditionnelle tunisienne. • Stambali C’est un rite censé éloigner le mauvais œil, mêlant musique, danse et chant. Certaines personnes qui s’y adonnaient, souvent lors de « rbaïbiyas », finissaient par se sentir possédées et par entrer en transes. • Tâalil ou Tâalila Le « tâalil » est un chant de louange à Dieu et à la famille qui fête un événement heureux tels que la circoncision, la Bar mitzvah ou le mariage. • Les Belgha / Chlèka / Chlèkète / Terbaqa Il s’agit de chaussures plates avec semelles en cuir, fermées et pointues à l’avant, ouverte à l’arrière, donc très confortables et relaxantes. Elles sont portées autant par les hommes que par les femmes, autant par les citadins que par les ruraux : « Aïch » Breitou (surnom pour Albert), donne-moi mes « belgha », j’ai les pieds explosés avec tout ce que j’ai piétiné dans les souks ! MUSIQUE ET FOLKLORE TRADITIONNELS • Instruments • Darbouka Instrument à percussion fait d’une sorte de vase en terre cuite ou en métal sur lequel est tendue une peau de chèvre. Pour que cette peau résonne bien et fort, les joueurs de cet instrument la faisaient « chauffer » en introduisant dans le « vase » une lampe allumée et en l’y laissant un petit moment. Il existait des « darbouka » de toutes les tailles et les enfants adoraient « faire de la musique » ou « casser les oreilles » de leur entourage avec des miniatures de cet instrument qu’ils se faisaient souvent off rir. • Mezoued C’est un instrument à vent traditionnel en peau de chèvre – qui fait penser à une cornemuse –, mais c’est aussi le nom de la mélodie qui s’en dégage. • Âaoud / Oud Il s’agit du luth, instrument incontournable dans la plupart des formations tunisiennes traditionnelles. 36 37 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 • Hédi Jouini Nés en 1909 et décédé en 1990, les Tunisiens, dont les JT bien sûr, n’oublieront jamais sa chanson mélancolique et mythique « Tah’t el yesmina fel’lil » : « sous le jasmin dans la nuit ». • Nâama Né en 1936, c’est une chanteuse populaire très jolie. Je me souviens d’une de ses chansons que je fredonne encore parfois : « Lilliri ya menna ». Malheureusement, je l’ai toujours chantée sans en comprendre le sens… • Raoul Journo Raoul Journo était chanteur juif tunisien, compositeur de musique arabo-andalouse, apprécié de tous. Né en 1911 et décédé en 2001, il s’est surtout fait connaître pour ses textes – entre autres « Tâalilet el’âaroussa » ou « louanges à la mariée » – qui consistent à complimenter et remercier l’assistance (les « Tâalil », voir définition) lors des événements heureux de la vie… Nous écoutions aussi, avec beaucoup de plaisir d’autres chanteurs : • Tunisiens dont Safia Chamiya (1932-2004), Mohammed Jammoussi (1910-1982), H’biba Msika (1903-1930), Oulaya (1936- 1990), Ali Riahi (1912-1970), Saliha (1914-1958), Soulef (1943), • Algériens dont Warda (1939-1912) et Enrico Macias (1938), • Égyptiens dont Mohammed Abdel Wahab (1901-1991), Chadia (1931), Farid el Atrach (1910-1974) et sa sœur à la voix sublime que j’ai découvert récemment : Ismahan (1912-1944), Abdel Halim Hafedh (1929-1977), • Libanais dont l’inimitable Fairouz (1934) qui a chanté, entre autres, « Habaytek » ou « je t’ai aimé » (et dont le titre en français est « coupable » interprété par Hervé Villar), • Tabal ou zokra (voir définition paragraphe « Instruments ») • Zar’rita (au pluriel : Zrirate) Il s’agit du « youyou » tunisien, qui n’est pas vraiment un « youyou », mais plutôt un « ririri » : allez mesdames (les hommes ne savent pas le faire !), une « zagh’rita » (« gh » se prononce comme le « r » en français et le « r » est « roulé », pas facile à prononcer !…) pour les mariés ! INTERPRÈTES ET CHANSONS Étant juive, même si je me souviens du rythme, des danses (en particulier du duo de danseuses « Zina et Aziza ») et que je reconnais aisément les sons et les chansons (entre autres Sidi Mansour, Ya zitouna…) entendus dans mon enfance, je me rappelle peu du nom des interprètes des chansons traditionnelles mais en voici certains : • Doukha Il s’appelait peut-être Mardochée Haddad, mais cela reste à vérifier. C’était un chanteur judéo-tunisien, mais aussi musicien (il jouait de la darbouka et du luth) très apprécié. Il était la vedette que l’on avait plaisir à engager pour mettre une belle ambiance durant les mariages, bar mitzvah et circoncisions. • Ahmed Hamza Né en 1930 et décédé en 2011, c’était un chanteur tunisien très populaire. Je me souviens d’une de ses chansons « Jari ya Hammouda » ou « mon voisin Hammouda » et je suis sûre de ne pas être la seule. 38 39 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 2e commandement de la Torah dit : « tu ne prononceras pas le nom de Dieu (Jéhovah) en vain » ; il a donc été remplacé par « Adonaï » (de « Adonis » ou « seigneur ») mais par la suite, pour éviter toute erreur, on l’a prononcé « Adoubaye ». Pour le JT, ce mot exprime soit la peur, soit l’admiration : Marco et Dadou (surnom pour David et/ou Gérald) se promènent. Au moment de traverser, Marco trébuche et tombe sur la chaussée. Dadou crie « Adoubaye » ! Et l’aide promptement à se relever. À la grâce de Dieu Prière ou supplication du JT : il est parti faire 200 km en pleine nuit, sans même savoir où il va dormir… En plus, il a le rhume, le pauvre chéri…, « A la grâce de Dieu » ! Allah Allah ya baba, sidi Mansour ya baba Titre d’une vieille chanson tunisienne d’origine sfaxienne qui signifie… « Oh mon Dieu, Oh mon Dieu, mon père, Sidi Mansour, mon père » ( ?) Cette chanson, au rythme entêtant, fait partie du patrimoine. Allah ghaleb Littéralement, « Dieu a gagné » et signifie plutôt « c’est ainsi, on n’y peut rien » ou encore « on ne peut pas aller à l’encontre de sa destinée » ou tout simplement « tant pis » : Ce n’est pas grave mon chéri, « Allah ghaleb », tu as raté cette fois… Mais tu réussiras la prochaine, j’te fais confiance ! Allah yarahmou Se dit lorsque l’on parle d’une personne décédée et signifie : « Que Dieu lui fasse miséricorde » ou « paix à son âme ». Tu te souviens de Papi, c’était quelqu’un de bien, « Allah yarahmou ». • Turc : Dario Moreno (1921-1968) avec ses célèbres interprétations de « Brigitte Bardot », « C’est magnifique », « Coucouroucoucou Paloma », « Tabaja la mouquère », « Ya Moustapha ». Ces interprètes et bien d’autres, figurent aussi dans le Chapitre II, partie « Loisirs », « Les Inoubliables ». N’hésitez pas à vous y reporter. Les mélodies, voire les paroles, vous reviendront en tête, avec beaucoup de bonheur, j’en suis sûre ! RELIGIONS ET FÊTES MARQUANTES Même si de nos jours cela semble difficile à croire, le droit à la pratique des différents cultes monothéistes fait partie de la constitution tunisienne. Avant la montée de l’islamisme dans le monde et surtout dans les pays « dits » arabes, la Tunisie était un pays musulman « à part » qui, grâce aux diverses cultures qui ont forgé son identité, était, à mon humble avis, le plus tolérant quant à son ouverture au monde occidental. Ainsi, comme je l’ai dit plus haut, musulmans, juifs, catholiques et protestants peuvent pratiquer avec peu de risques – en espérant que cela perdure, je veux rester optimiste –, leurs religions et leurs coutumes, à commencer par le respect de Dieu. Dieu a en eff et sa place dans de nombreuses conversations tunisiennes ou judéo-tunisiennes et je vous propose de commencer par quelques définitions de mots et expressions qui évoquent le nom du Tout-Puissant. Adoubaye Nom de Dieu en hébreu, modifié car il est interdit de le prononcer, quand ce n’est pas à l’occasion d’une prière. En effet, le 40 41 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Brabbi Signifie « avec Dieu », « par Dieu », mais signifie simplement « je t’en prie » : « Brabbi », fais-moi plaisir, dis-lui que ma porte lui est ouverte, que je ne suis pas fâché et qu’elle peut revenir quand elle veut. Brakha’t’Allah De l’hébreu « brakha » (en arabe : « baraket ») ou « bénédiction » et de l’arabe « Allah » ou « Dieu », soit « bénédiction de Dieu ». En fait, cette expression signifie « merci mon Dieu de m’avoir rassasié(e) » et bizarrement, elle est utilisée uniquement après que quelqu’un ait fait un rot… Oui, oui, vous avez bien lu, un rot (du verbe roter) !… N’y a-t-il que chez nous qu’on s’octroie la bénédiction de Dieu suite à un rot ? Peut-être est-ce parce que nous prenons tant de plaisir à manger ? Et peut-être est-ce ce plaisir même que nous bénissons ? À méditer avec l’aide d’un sage… Voir aussi « Bark’Allah ». Dieu merci / Dieu bénisse Ces deux expressions font partie du langage courant du JT et « Dieu » est remercié régulièrement aussi bien pour des choses de grande importance que pour des futilités : « Dieu bénisse », il est sorti indemne de l’accident grâce à ses réflexes ! Autre exemple : je lui avais préparé une « mloukhiya » et cette fois-ci il a aimé, « Dieu merci » ! Chiba hleïl En hébreu, signifie « que Dieu nous en préserve », mais utilisé par le JT pour dire simplement « heureusement », « tant mieux » : « Chiba hleïl » tu es rentré, je commençais à m’inquiéter… Hatati Mot judéo-arabe qui signifie « que Dieu m’en préserve » ou « je m’en remets à la volonté de Dieu » et se dis à la suite d’une insulte blasphématoire. Allah y noub / Rabbi y noub Signifie : « Dieu y pourvoira ». Ainsi, lorsque l’on croise un mendiant, on peut, soit lui donner l’aumône, soit lui dire « Allah y noub » et, miraculeusement, il n’insistera pas… Bark’Allah (ou Tbark’Allah) / Barkallâalina Contraction de « Barak Allah », c’est-à-dire « à la bénédiction de Dieu » / « à la bénédiction de Dieu sur nous » : Tout ça Suzy, « Barkallah », tu en as fait pour un régiment ! Et je ne résiste pas à vous donner un autre exemple emprunté à un sketch d’Elie Kakou : « Douze enfants, oui douze ! et je les ai tous élevés et je les ai tous mariés « Barkallah » » ! (Voir aussi « Brakh’t’Allah »). Barkallâalik (ou Tbarkallâalik) Contraction de « Barak Allah Âalik », soit « bénédiction de Dieu sur toi », autrement dit « que Dieu te bénisse ». Se dit à quelqu’un qui a réussi un exploit ou un simple examen ou encore qui a bon appétit… : Quoi, tu as mangé tous les gâteaux de mémé et tu as encore faim ? « Barkallâalik » ! Barkallah oufik (ou Tbarkallah oufik) Littéralement « que la bénédiction de Dieu soit sur toi ». Cette expression, très utilisée, signifie tout simplement « merci » ! Baroukh achem En hébreu, synonyme de « Béni soit Dieu » ou « grâce à Dieu » : Bonjour, tu vas bien ? « Baroukh achem » ! Et les enfants ? « Baroukh achem » et toi ? « Baroukh achem », tout le monde va bien. Bellèhi Ce mot veut dire « s’il te plaît », mais étymologiquement, le divin est mêlé à cette supplique car il vient de « bi Allah » qui signifie « avec Dieu ». 42 43 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 l’Indien, de l’espagnol… franchement « kheirète rabbi », il ne manquait rien ! Lè y ouarina / Lè y ostor ou Rabbi y ostor / (autre prononciation fantaisiste : Laouarina / Layostor / Layester) Littéralement « qu’on ne nous le montre pas » (sous-entendu « que Dieu ne nous le fasse pas voir ») ou « que l’on soit épargné » (que Dieu nous en préserve) ou encore « comme c’est moche » : elle a épousé un type un peu simple d’esprit, petit, trapu et chauve… « Laouarina » ! Et en plus il bégaye… « Layostor » ! Ouallah On aurait pu définir ce mot par « et Dieu » (ou « Allah ») qui est sa traduction littérale, mais en réalité, il signifie « je te jure » : arrête un peu de mentir !… « Ouallah », c’est la vérité, crois-moi pour une fois. Qâouèt Rabbi Expression qui signifie littéralement « la force de Dieu » qui est parfois utilisée à bon escient, mais souvent à tort et à travers : « Qâouèt Rabbi », tu as de la chance que la voiture n’ait pas pris feu… Il n’y avait plus une seule goutte de liquide de refroidissement ! Rabbi / Allah Ces mots en hébreu et en arabe ont la même signification : « Dieu ». Il faut cependant noter que « rabbi » veut aussi dire rabbin. Rabbi Meïer âaynini « Rabbin Meïer, aide-moi » est un vœu que le JT (qu’il soit croyant ou pas) peut faire lorsqu’il est dans une situation difficile. Rabbi y âaynek « Que Dieu t’aide » : Ne t’en fait pas pour l’examen ma fille, aie confiance, « Rabbi y âaynek ». Inchallah Nombreux sont ceux qui connaissent et utilisent ce mot. En réalité, il en comprend trois « In » « Cha » « Allah » qui signifient « selon la volonté de Dieu » ou encore « si Dieu le veut ». Les Tunisiens, croyants ou non, les prononcent très fréquemment en arabe ou en français. Je me dois de rajouter ici que sur les vols des compagnies tunisiennes, les hôtesses (ou stewards) formulent ce vœu à deux reprises : l’une pour nous souhaiter un bon vol « inchallah » et l’autre pour nous donner l’heure d’arrivée « inchallah », de quoi être bien détendus… Voici un autre exemple : « Si Dieu veut » dans deux mois la Goulette, le soleil, la plage, les glibettes, la détente… « Tcha raisan, inchallah » !… De toutes « façans », c’est sûr, ça va marcher puisqu’on sera en été… Inch’Allah bel frej / Bel frej âalik C’est encore une bénédiction qui signifie littéralement : « avec la santé, si Dieu le veut » / « que la santé soit sur toi ». Ken âaïchnè / Si Dieu nous prête vie Lorsque le JT planifie quelque chose à plus ou moins long terme, il tient compte, la plupart du temps, du fait qu’il n’est pas éternel et qu’il ne pourra accomplir ses projets qu’avec l’aide de Dieu. Ken hab Rabbi / Si Dieu veut Cette expression, en arabe ou en français commence ou termine souvent les phrases du JT : « Ken hab Rabbi », on se retrouve tous en mai (5e mois de l’année) prochain devant le Mur (des Lamentations) pour la bar mitzvah de David ! C’est super, ça va être une très belle fête, « si Dieu veut » Kheirète Rabbi Littéralement « les bienfaits de Dieu » ou les « bonnes choses créées par Dieu » : il y avait de tout au buffet, du chinois, de 44 45 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Rabbi y jiib Littéralement, « que Dieu apporte » sous-entendu « ce qui te manque » et se dit à quelqu’un qui a besoin de quelque chose : de l’argent, un enfant, une maison, un mari ou une femme : tu sais, j’aimerais tellement me marier, avoir des enfants et enfin construire ma vie… Ne t’inquiète pas, patiente, « Rabbi y jiib » ! Rabbi y kabbar méjèlek (ou mezèlek) Cette expression signifie « que Dieu agrandisse ton destin » et elle est souvent utilisée à l’attention d’une jeune fille pour souhaiter que Dieu l’aide à « trouver chaussure à son pied » (ou « couvercle à sa marmite », dirait ma grand-mère Émilie) et ainsi avoir un beau futur… Rabbi y kemmel âalik Littéralement « que Dieu termine sur toi » mais signifie plutôt : « que Dieu continue sa grâce sur toi » : maman, maman, j’ai eu mon doctorat avec mention… Bravo mon chéri, « Rabbi y kemmel âalik » ! Rabbi y tawel ôomrok Belle expression qui veut dire « que Dieu rallonge ta vie ». Sattar / Sattarf’Allah Ces mots invoquent, la protection de Dieu et on utilise l’un ou l’autre lorsque quelqu’un trébuche ou qu’il tombe. Smalla / Smallâalik À l’origine « Esmâa Allah » qui signifie « Écoute Dieu » et par conséquent « si tu écoutes Dieu, il te protégera ». Expression très utilisée lorsque quelqu’un tousse, ou lorsqu’il tombe, ou lorsqu’il avale de travers, ou lorsqu’il expérimente quelque chose de difficile… en bref, lorsque quelque chose a du mal à passer… : Gagou a avalé de travers et tousse à n’en plus finir… Sa mère lui tape dans le dos en Rabbi y dhaoui âalik Magnifique expression qui signifie « que Dieu illumine ta vie » et se dit à quelqu’un lorsqu’il allume la lumière alors que l’on ne s’était pas rendu compte de la pénombre ambiante : Vers 18 heures, alors que Mamie est seule dans une pièce en train de coudre l’ourlet d’un pantalon, sa fille Josiane entre et allume la lumière… Mamie se rend alors tout de suite compte qu’elle peut beaucoup mieux voir ce qu’elle est en train de faire et, reconnaissante, dit à sa fille : « Rabbi y dhaoui âalik » ma chérie ! Rabbi y farrej âalik « Frej » signifie « santé » et « farrej » : « donner la santé ». Ainsi « Rabbi y farrej âalik » veut dire « que Dieu te donne la santé » et bien entendu, on formule cette expression à quelqu’un qui est malade ou qui doit accomplir quelque chose d’éprouvant ou de nouveau. Rabbi mâaia / Rabbi mâak / Rabbi mâanè / Rabbi mâakom Signifie « Que Dieu soit avec moi, avec toi, avec nous, avec vous » et se dit lorsque l’on doit aff ronter une situation difficile ou lorsque l’on va voyager : Je vais passer mes examens demain et j’ai l’impression de ne plus rien savoir… je ne me souviens plus de ce que j’ai appris… je vais tout rater ! T’inquiètes pas man fils, tu vas réussir, « Rabbi mâak » ! Rabbi y jibek el kheir Littéralement, « que Dieu t’apporte le meilleur » : Mamie, tu m’écoutes, alors maintenant que j’ai réussi mon bac, je vais m’inscrire dans les grandes écoles ; après quand j’aurai choisi l’école, je vais faire des études d’ingénieur et après on verra… « Rabbi y jibek el kehir », « Omri », je te fais confiance… 46 47 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 • Les fêtes musulmanes Le Ramadan (ou « Romdhane » en arabe qui signifie « grande chaleur ») est le nom du neuvième mois du calendrier hégirien (ou calendrier lunaire, le même que celui utilisé pour fixer les fêtes juives) qui est considéré comme « Saint ». C’est aussi une période d’environ cinq semaines pendant laquelle il faut jeûner (manger, boire, fumer) du lever au coucher de soleil, mais aussi faire preuve de charité, car elle commémore les dates de naissance ou de décès de personnes importantes dans l’histoire de l’Islam. Tout comme le « Yom Kippour » pour les juifs, le Ramadan est très respecté par la presque totalité des musulmans, qu’ils soient croyants ou non. L’Aïd El Fitr ou Aïd es seghir (la « petite » fête, contrairement à l’Aïd El Kebir qui signifie la « grande » fête) célèbre la rupture du jeûne, à la fin des cinq semaines du Ramadan. La veille (donc le dernier soir du Ramadan) une ambiance festive règne déjà dans les demeures : les femmes de la famille s’affairent pour préparer de délicieux gâteaux aux amandes et fruits secs comme les baqlèwa, les kâak, les kâak el warqa, les maqroudhs ou encore les yoyos (vous trouverez la composition de ces délices dans les pages « Plats courants et spécialités » du chapitre VIII dédié à la Cuisine). Jusque dans les années soixante-dix, comme les fours étaient rares chez les particuliers et souvent pas assez grands, les enfants et/ou les pères ou les femmes de ménage étaient chargés d’emmener les grands plateaux remplis de pâtisserie à cuire, à la « Koucha » (autrement dit au four, chez le boulanger). Cette fête est l’occasion de se rendre visite en réunissant les familles et d’échanger aussi bien les gâteaux que les bons vœux. L’Aïd el Kébir ou tout simplement « L’Aïd » / Aïd el Idh’ha Là, il s’agit littéralement de la « Grande fête » que l’on appelle aussi « l’Aïd El Idh’ha » qui signifie « fête de l’égorgement » disant, « smalla, smalla, smallâalik » (il y a aussi une chanson avec ce titre) « man » fils ! Yaqouè âalik Rabbi (ou Maqouè âalik Rabbi) Littéralement, « il n’y a que Dieu qui soit plus fort que toi » et comme « qâouè fik » exprime l’admiration : j’te jure tu m’as épatée en m’expliquant comment tu as réparé la roue ! Moi qui pensais que tu n’étais pas du tout manuelle… « Yaqouè âalik Rabbi » ! Yer’ham oueldiik Cette expression qui, littéralement, veut dire « que Dieu protège l’âme de tes ancêtres » est, la plupart du temps, utilisée à tort et à travers par les Tunisiens et donc par les JT, tout simplement pour dire « s’il te plaît » ou « je t’en prie » ou encore « merci » : « Yer’ham oueldiik » (s’il te plaît), va me chercher mes savates, je suis exténué… Aaaah ! C’est gentil… « Yer’ham oueldiik » (merci). Maintenant, avant de passer aux événements célébrés par les trois religions, voici la définition de deux mots utilisés tant par les musulmans que par les juifs ou les chrétiens en Tunisie : Haj (masculin) / Hajja (féminin) Se dit de quelqu’un qui a été en pèlerinage à La Mecque et qui est donc considéré un peu comme un sage. Hram Signifie « péché » ou « à l’encontre des règles divines » et peut- être utilisé dans ce sens ou dans le sens de « dommage » : Jacquot, j’t’en prie, si tu ne finis pas la « bkeïla », Jojo et moi, on va pas la manger, je vais être obligée de la jeter… C’est « hram » ! Tu ne veux pas me faire plaisir ? 48 49 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Pour exemple, Marie-Claire, une amie de la famille, se souvient avec nostalgie que « tous les samedis après midi au lieu de respecter comme il se doit le Shabbath, nous nous rendions à l’ancien port de la Goulette pour y attendre les chalutiers qui ramenaient les poissons vivants pour les vendre à la criée. Une fois nos courses achevées, nous allions au café du coin pour les faire nettoyer, griller et nous les dégustions sur place. C’était un délice ! » La synagogue buissonnière, en somme ! Pour ceux qui ne sont pas familiers avec les règles élémentaires du Shabbath, je rappelle qu’il a lieu chaque semaine du coucher du soleil le vendredi au coucher du soleil le samedi et que cette période doit être celle du recueillement et de la prière. Les interdits sont donc nombreux et les plus importants sont qu’on ne doit ni travailler, ni acheter, ni allumer le feu. Avant de donner quelques définitions de mots courants, fêtes et mets relatifs à la religion juive d’une manière générale et en particulier en Tunisie, je vais d’abord parler des deux lieux de cultes les plus connus dans ce pays du Maghreb. Les principaux lieux de cultes La synagogue de La Ghribah C’est probablement la synagogue la plus ancienne d’Afrique du Nord. Son nom, « El Ghriba », signifie « L’Étrangère » (mais ne me demandez pas pourquoi, je ne le sais malheureusement pas). À l’entrée de ce lieu saint, se trouve un panneau qui mentionne : « Ce lieu saint antique « El Ghriba » (l’étrangère) date de l’an 586 avant l’ère vulgaire, soit depuis la destruction du premier temple construit par Salomon sous la domination du roi babylonien Nabuchodonosor. Il a été restauré à travers les siècles et constitue de nos jours, un centre spirituel pour l’étude de la Thora et l’adoration divine, animé puisqu’on y sacrifie un mouton, en commémoration du sacrifice d’Ibrahim (Abraham pour l’ancien et le nouveau Testament). Cette fête est très respectée par la plupart des musulmans et lorsqu’ils n’ont pas les moyens de se procurer un mouton entier, plusieurs familles se partagent le prix ou, dans les cas de grande pauvreté, ils en achètent seulement quelques morceaux. Le Mouled Il s’agit de la fête d’anniversaire du prophète Mohamed, très importante en Tunisie mais peu ou pas commémorée dans les autres pays musulmans. C’est à cette occasion que les femmes tunisiennes préparent un entremets que je trouve, pour ma part, délicieux. Il s’agit de l’Âassida zgougou (voir définition dans les pages « Plats courants et spécialités » du chapitre VIII dédié à la Cuisine). Salha qui fut la nourrice de mon frère Dov et la mienne, est revenue chaque année passer quelques heures avec nous, à l’occasion de cette fête traditionnelle tunisienne du Mouled, pour nous voir grandir et évoluer, mais aussi pour nous apporter son excellente « âassida zgougou » que nous aimions beaucoup. • Judaïsme, fêtes juives et coutumes culinaires Pour commencer, il faut savoir que la majorité des familles juives de Tunis et sa banlieue, étaient plus traditionalistes que religieuses. Ainsi, nous n’allions à la synagogue que pour les grandes fêtes – Roch Hachana, Kippour, Pâque (ou Pessah) – ou pour assister à des Bar Mitzvah ou des mariages. – Nos parents y allaient aussi lors de prières suite à des décès, mais ils nous évitaient de vivre cette tristesse avec eux et pour la même raison, nous n’allions pas non plus dans les cimetières. 50 51 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 « Aeguine », il est de coutume de ne pas se faire couper les cheveux, laver ses vêtements, se faire la barbe, repasser, se marier, se baigner en mer (crainte de noyade…) et l’on constate en général que durant cette période, la mer est agitée… La tradition JT veut qu’après le jeûne du dernier soir, on mange des « hlèlem », petites pâtes ovales confectionnées à la main et séchées sur des tamis au soleil. Bichah (prononciation correcte en hébreu : Pessah ) En hébreu, Pessah signifie « passer par-dessus » (en anglais « Passover » est, selon moi, beaucoup plus explicite). Il s’agit de la « Pâque juive » (sans « S », contrairement aux Pâques chrétiennes) qui se déroule sur huit jours. C’est l’une des fêtes les plus importantes du judaïsme car elle commémore l’histoire des Hébreux alors qu’ils étaient esclaves des Égyptiens, dont les dix plaies infligées par Dieu à ces derniers. Est évoquée ensuite la libération des Hébreux, la traversée de la Mer Rouge « à pied sec » – comme il est écrit – (le passage1) puis diff érents épisodes, dont l’adoration du veau d’or et le don des dix commandements (les tables de la loi) par Dieu à Moïse sur le Mont Sinaï, pour aboutir à la naissance du peuple d’Israël. Avant cette fête, toutes les familles juives s’aff airent au « ménage de Pâque ». Il s’agit surtout de rechercher et détruire toute nourriture contenant les céréales suivantes : le blé, l’orge, le seigle, l’avoine et l’épeautre. La veille de cette fête, on fait une vérification qu’on appelle « la recherche du Hametz » que je traduis par « aliment interdit à Pessah » afin que ne demeure plus aucune trace des céréales mentionnées ci-dessus. Il vous sera aisé d’en comprendre la raison en vous reportant à la définition de « Galette » ou « Matsot » ci-après. Le premier soir de Pessah, nous faisons le « Seder » qui consiste principalement à lire la « Hagada » qui retrace cette histoire et lors 1 En réalité le nom de pâque fait référence au passage de dieu sur les maisons juives qui les épargna lors de la 10e plaie, celle des premiers nés. par de vénérés Rabbins qui y consacrent leur temps à la lecture des ouvrages sacrés journellement… ». Sa renommée est basée sur les nombreuses traditions et croyances qui attestent de son ancienneté et du fait qu’elle contiendrait des restes du temple de Jérusalem. Elle fait l’objet d’un pèlerinage annuel, à l’occasion de la fête de « Lag Baomer », rassemblant plusieurs milliers de pèlerins. Aujourd’hui encore, de nombreux juifs de France continuent à faire ce pèlerinage. L’édifice actuel, aux murs blanchis à la chaux, toujours bien entretenu et scrupuleusement surveillé, remonte aux années 1920. La Grande Synagogue de Tunis C’est à proximité immédiate du quartier Lafayette, soit à quelque 700 mètres de chez nous sur l’avenue de la Liberté que trône la Grande Synagogue de Tunis. Je me souviens que lorsqu’enfants, nous y allions, c’était surtout pour nous amuser ; en eff et, avec des copains et copines, nous ne restions pas assis à l’intérieur mais nous nous retirions discrètement et escaladions l’échelle qui nous menait à la terrasse pour y jouer « au-dessus » de la tête de nos parents, qui n’étaient certainement pas dupes. Les principales fêtes juives et les aliments s’y rapportant Aeguine En hébreu, il s’agit de « Ticha Beav », semaine maigre, de deuil intense. Impossible de dire pourquoi le JT a changé ce nom en « Aeguine ». Cette semaine de deuil qui se termine par une journée de jeûne, commémore la destruction du premier (par les Babyloniens) et du deuxième (par les romains) temples de Jérusalem. Pendant 52 53 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 – Karpass : Un légume pour le premier trempage, en général du céleri ou du persil. – Hrouchoute / Ahrouchoute C’est la façon JT de prononcer « Harosset », mot hébreu qui a pour racine « heress » ou « argile », qui symbolise le « mortier ». Il s’agit en fait d’un mélange de fruits (dattes, noix, raisins secs, pomme râpée) ainsi que de feuilles de roses, d’un peu de cannelle et de noix de muscade, le tout finement haché et arrosé de vin rouge. Cette mixture est utilisée pour tremper le « maror » lors des séders de la fête de Pâque. ‘Hazéret : Il s’agit d’une salade comme le maror ; seule la ‘hazéret sert au korekh (sandwich de matsa et d’herbes amères). L’eau salée : Citronnée ou vinaigrée ne se trouve pas dans le plateau et rappelle les larmes des opprimés. Coupes de vin ou jus de raisin : Rappellent la libération par Dieu. de laquelle certains épisodes sont commémorés par des aliments (souvent amers, comme les difficultés vécues lors de l’exode) que nous devons manger, après les avoir bénis par une prière. Parmi ces aliments, se trouvent : – La Galette de Pâque / Matsa (Matsot au pluriel) Il s’agit de ce que l’on appelle en français le « pain azyme » que l’on mange en lieu et place du pain traditionnel (pas uniquement pendant le Seder, mais pendant les huit jours de Pâque). C’est un pain dont la pâte n’a pas levé. Il est en eff et écrit que lors de leur sortie d’Égypte, les Hébreux étaient poursuivis par les Égyptiens et n’eurent donc pas le temps de faire lever leur pain. Le JT n’utilisait pas ou peu leur nom en hébreu « matsa » ou « matsot » (hormis pendant les prières) : « Euf » j’en ai marre de ces « galettes » qui m’ont détruit les intestins, vivement un ban sandvichotan ! – Un Zeroa En hébreu, ce mot signifie « bras ». C’est un jarret d’agneau qui évoque le sacrifice de cet animal en lieu et place d’Isaac, fils d’Abraham2. L’exception est le zeroa, qui signifie littéralement « bras », et fait référence au morceau de viande (traditionnellement un jarret d’agneau, une cuisse de poulet ou un cou de poulet) qui s’y trouve toute la nuit. – Un Betsa Ou œuf qui symbolise la destruction du premier Temple et le deuil qui en suivit (l’œuf étant un des aliments traditionnels lorsqu’on est en deuil). – Le « maror » ou herbe amère (représenté par de la salade romaine entière et non assaisonnée en Tunisie), amère comme la vie d’esclavage vécue par les Hébreux sous le joug des Égyptiens. 2 En réalité cela fait référence au sacrifice de l’agneau et à l’utilisation du membre pour signaler sur les portes d’épargner les maisons des hébreux lors de la 10e plaie. 54 55 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Sistou C’est ainsi que l’on appelle la corbeille en osier où l’on met les différents aliments sur lesquels on fait une prière, pendant les « séder de Pessah ». À noter que « cesto » en Italien signifie « panier » Compte tenu de la prononciation tunisienne et sachant que les paniers sont souvent en osier, c’est assez proche non ? Les enfants et les parents clôturaient la fête en chantant la « Had Gadiya » en arabe : comptine du genre « trois ptits chats, trois petits chats, trois petits chats, chats chats, chapeau de paille… etc. », mais c’est avec un chevreau, un chat, un chien, un bâton… etc. Personnellement, je n’ai pas connu cette époque, mais ce sont les copines de ma tante Sara, Liliane et Sylvie, qui ont pris un grand plaisir à me la chanter en replongeant gaiement dans leur enfance… Shabbath Pour ceux qui souhaiteraient plus d’informations sur ce qu’est ce devoir hebdomadaire du judaïsme, Shabbath va rentrer Ainsi, dans les familles juives, : Va vite à la boulangerie chercher le pain, c’est bientôt l’heure, « Shabbath va rentrer » ! Shabbath est sorti De la même façon que Shabbath « rentre », il « sort » le samedi au coucher du soleil et nous avons le « droit » de reprendre toutes nos activités, soit à l’heure dite dans le calendrier, soit en vérifiant qu’il y a au moins 3 étoiles dans le ciel, ce qui n’est pas évident lorsqu’il y a des nuages : Et si on allait se fumer une cigarette ? « Shabbath est sorti » ou pas ? Dayenou De l’hébreu, d’une prière dite à Pâque, signifie « cela nous aurait suffi ». En guise d’exemple, voici la traduction du début de cette prière : « De combien de bienfaits sommes-nous redevables à Dieu ? Il nous a sortis d’Égypte, dayenou ! Il amena les Égyptiens en jugement, dayenou ! » Fade (recette dans la section suivante) Ragoût à base de foie très loin d’être fade ! Par tradition, ce plat est surtout préparé pendant la fête de Pâque. Ménage de Pessah C’est un peu le « ménage de Printemps » des israélites, la fête de Pâque (voir « Bichah ») ayant lieu à cette période. Cependant, en plus d’un ménage soigneux partout dans le logement (en vidant les placards et les armoires), il faut aussi vérifier que ne subsiste aucune nourriture à base de farine. Msoki (recette dans la section suivante) Repas des deux premiers soirs de Pessah, à base de nombreux légumes et herbes amères, pour se souvenir des quatre cents années d’esclavage (donc amères) passées en Égypte. Simissilinou D’une prière dite à Pâque, ce mot signifie « Que cela ne nous arrive pas, que l’on soit épargné » et il est répété au moment de la lecture de chacune des dix plaies d’Égypte. Le JT en a fait une utilisation beaucoup plus commune : La maison des Sarfati est inondée et Fortunée éponge déjà depuis trois heures ; son frère arrive en courant, son pantalon s’imbibe vite jusqu’aux mollets : « Simissilinou », Fortunée, qu’est-ce que tu nous as faits ? 56 57 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Bon alors sur la table : il y aura : Des raviers de toutes nos crudités (fenouils, radis, artichauts, pommes de terre etc.) en plus c’est nouveau il aime ça (des bislis et bambas) Des petites assiettes de slata méchouia, de l’adam hout, amandes pistaches. Des petits pains à l’initial de chaque enfant (même les filles) Des mini pitots Des mini vol-au-vent Des mini canapé Des mini saucisses enroulées de pâte feuilletée (achetée chez Naouri ou autres cachers) De petites assiettes de falafels (eh oui) les salades qui vont avec, du houmous. Des mini bricks (pliées à la marocaine) seule concession… Des petits makouds De la charcuterie variées Des coquelets rôtis qui finissent en général en sandwichs mayo pour le lendemain pour les fruits : les mini bananes qumkats etc. Bien sûr garnissez vos tables de mini-bouteilles de Boukha et de vin Les douceurs : à mettre sur une autre petite table… c’est mieux Je vais faire des mini boules au miel. Ce n’est pas un garçon qui me les demande mais mon amour de Sarah (qui ne bouff e rien) et des yoyos pour les gendres marocains Le rôle de Papili, il ajoute « âouddaaa » – c’est-à-dire « rajoutes en encore » (en gros « tu radotes ») La pièce montée avec les prénoms sur la nougatine. Pas grave, c’est son kiff ! Elle va trôner shabbat entier et après en verra bien. Bilada Il s’agit de la veille de la cérémonie de circoncision ou nomination, dérivé de « velada » qui signifie « veillée » ou « soirée » en espagnol. Cette cérémonie a été instituée au xviie siècle, par un rabbin marocain de Fez, Rabbi Semah Sarfati. Chez les JT, c’est encore une occasion d’orga- niser une fête (après la cérémonie et les prières, bien sûr) avec de nom- breux invités, des mets délicieux, de la musique et des chants à gogo. Châoudat Ytrou (prononciation correcte : Seouda’t Ytro) Les anciens racontent qu’au début du xxe siècle en Tunisie, une épidémie de choléra a entraîné la mort de nombreux enfants, en particulier des garçons et que cette plaie s’est arrêtée brusquement le jeudi de la paracha de Ytro. C’est ainsi que ce jour de fête (juive tunisienne uniquement) a été institué le jeudi qui précède le shabbath de la Paracha (partie du texte de la Torah) de Ytro. On l’appelle plus communément la « fête des garçons ». « Seouda » signifiant « repas » en hébreu, il s’agit surtout d’off rir une table garnie de mets (de petite taille, comme si l’on jouait à la dînette) à ses proches. Le village de Beausite est situé à 5 km du centre de Tunis. Dans les années 1960, il était composé d’une centaine de villas habitées principalement par des familles juives. La semaine de la paracha de YTRO le jeudi, nous faisions une seouda que l’on appelait aussi la fête des garçons (La fête de filles est à la fin d’Hanoukka). Nous étions une bonne quinzaine d’adolescents, et allions de maison en maison pour honorer les dîners. Les mères avaient rivalisé pour la préparation de la table sur laquelle étaient posées toutes sortes de salades (kemia), un pigeon farci, et des gâteaux traditionnels miniatures. De plus, la table était décorée de fleurs et de bougies allumées. Après avoir chanté quelques chansons en hébreux ou en judéo-arabe et notamment la chanson de Bar-Yohai, nous profitions du repas. Le parcours était toujours très festif et se terminait à la synagogue pour la prière du soir. 58 59 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Pourim en hébreu / Bourim en judéo-tunisien Tous les enfants recevaient beaucoup d’argent et allaient gaspiller à acheter des pétards de toutes sortes et un tas de friandises et s’amusaient dans les rues jusqu’à la tombée de la nuit. Il fallait faire attention car quelquefois les pétards explosaient dans la main (ça m’est arrivé). C’était la grande fête pour les enfants dans toutes les rues. Les gâteaux de Pourim, hum, j’ai oublié mais ils étaient faits maison bien sûr. Les parents aimaient voir leurs enfants heureux. La raison pour laquelle c’était génial, c’est parce qu’en général les enfants ne recevaient d’habitude pas d’argent du tout pendant l’année. C’était le seul jour de l’année ou on leur donnait ce privilège de dépenser comme ils voulaient et bien sûr ils gaspillaient tout. Les garçons recevaient plus d’argent que les filles, bien sûr. Et les filles empruntaient des garçons. C’était très marrant comme fête. Quand ils avaient tout dépensé, ils essayaient d’obtenir un peu plus. C’était le jour de la générosité des parents. En Tunisie, la veille de Pourim, les enfants se déguisaient, mais restaient à la maison ; les filles aimaient être la reine Esther. Le lendemain, ma mère préparait des assiettes avec un échantillon de gâteaux, debla bel achel, yoyo, maqroud ; délicatement, elle mettait l’assiette sur une serviette étalée, elle attachait en un nœud les quatre coins de la serviette au-dessus des gâteaux, en faisant attention que le miel des gâteaux qu’elle a elle-même préparé, ne touche pas la serviette. Puis, chacun des enfants amenait un plat aux voisines Musulmanes, Juives et Catholiques, qui habitaient dans notre rue. On faisait ça, chaque année. Poule farcie (djeja mohchia) à Pourim, Roch Hachana et après le jeune de kippour : Pour comprendre l’institution de la poule farcie à Pourim, nous devons chercher à quelle autre fête nous avons la poule farcie, oui vous avez raison c’est à la sortie de Kippour et pourquoi ? nos sages ont dit que Kippour est comme Pourim « yom akipourim » donc même repas, mais était-ce suffisant ? sûrement non ! Alors, la solution nous sera donnée par la présence de la poule farcie à une Si j’ai oublié quelque chose je reviens… bons préparatifs et bonne fête les garçons. Chebâa De l’hébreu « chéva » ou de l’arabe « sebâa » qui signifie « sept ». C’est aussi par ce chiff re que l’on appelle la cérémonie de la nomination de la fille au septième jour de sa naissance. Communion En Tunisie, le JT utilise le mot « Communion » – comme les chrétiens – pour évoquer la « Bar Mitzvah » ou majorité religieuse (à l’âge de 13 ans). Drache Si pour les Français, cela signifie « pluie battante », le « drache » est une cérémonie durant laquelle on commémore et on fait l’éloge d’une personne disparue. Cette réunion de recueillement et de prières a généralement lieu à la synagogue le premier mois après le décès, puis annuellement : Impossible de me promener avec toi dimanche, je vais au « drache » de la tata Reine. Ebil En hébreu, la prononciation est « avel » et cela signifie « endeuillé » et « sept sept premiers jours de deuil ». Pendant cette période, les proches du défunt que sont ses parents, enfants, frères et sœurs et conjoints doivent éviter d’assister à toutes fêtes. Kippour Kobbour / Nar Kobbour Prononciation de « Kippour / Jour de Kippour » en juif tunisien : jour du « Grand Pardon » qui est dédié à la prière, au recueillement et au jeûne. 60 61 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 hébreu, on dit « tête de l’année » ; c’est qui qui a copié l’autre ?… Mon chéri, c’est évident, réfléchis… : Quel est le peuple qui est arrivé sur terre le premier ? Ceux-là, doivent pour le premier jour de l’année, préparer un plat VERT, c’est-à-dire un plat qui généralement ressemble à de l’huile de vidange (Mloukhia). Emballer, c’est pesé pour les musulmans. Les juifs quant à eux, vont se partager autour d’une table, des beignets de courges des beignets d’épinards et mon Dieu ! Des beignets d’ail ! Ainsi qu’une tête de poisson, des figues sèches, des grenades, des pommes, des fèves, des jujubes et des pommes d’api le tout trempé dans le miel et le sucre, et tout ceci avant de servir le repas ! Et comme si ça n’était pas suffisant, on remet ça le lendemain car les festivités se déroulent sur deux jours. Roch Hodèche la banote (ou : Roch Hodèche el bnat) Ce jour de fête (juive tunisienne uniquement) a lieu le 1er du mois de Tévéte, pendant la fête de Hanouka ; Il est consacré aux jeunes filles célibataires pour leur souhaiter le mariage. Thèlète lila De l’arabe « thlèta » qui signifie « trois » et « lila » ou « nuit », il s’agit du troisième dîner après la circoncision. La coutume veut que trois musiciens arrivent sans être invités (bizarrement par le « bouche-à-oreille » alors qu’il s’agit d’un sourd, un muet et un aveugle) en file indienne en se tenant par l’épaule… Ils s’installent et jouent quelques airs – souvent au violon –, en profitant du repas et d’une petite somme d’argent, estimée par leurs « hôtes ». Birkat cohanim Littéralement « Bénédiction des Cohen » en hébreu. C’est en fait la bénédiction que les hommes du nom de « Cohen » adressent à l’assistance lors de certaines prières. Il faut savoir qu’à l’origine, les « Cohen » avaient été choisis pour être les prêtres du temple de autre cérémonie, c’est bien sûr au mariage, la fameuse poule farcie de la mariée. Rappelons en deux lignes la cérémonie de la scène de la poule farcie. La famille de la mariée prépare une poule qui sera farcie et grossie avec des œufs puis décorée, la moitié de la poule est envoyée au futur mari. Nous comprenons assez bien la signification, c’est le symbole de la fécondité du couple. C’est bien le symbole de la fécondité par le fait que c’est une poule et non un coq qui est farci. À présent nous pouvons comprendre la signification et le rapport entre ces trois fêtes. À Pourim c’était l’extermination physique du peuple juif et la poule vient nous dire c’est la continuité « Am Israël ´Haï ». À Kippour c’est la mort spirituelle, même avec nos fautes nous reprenons le dessus et comme nous nous le souhaitons ce soir la « Kmara am akhor » : « fécondité physique et spirituelle ». Rbaïbiya Fête à but humanitaire, souvent organisée par une ou des femmes qui invitaient de nombreuses personnes dans une salle. On pouvait y boire, manger et danser (quelquefois entrer en transes) sur la musique d’un orchestre (dont le joueur d’« Erbab » : petit instrument à une corde, d’où le nom de la fête) qui avait été engagé pour l’occasion. Tout était payant dans ces soirées mais c’était un moyen gai et sympathique d’utiliser les bénéfices pour aider les communautés juives et pauvres de Tunisie. J’ai assisté à plusieurs de ces fêtes organisées par une femme au grand cœur qui s’appelait Marcella et je me souviens qu’elle invitait toujours un certain « Marc-Antoine » qui adorait danser et qui entraînait les autres en véritable boute-en-train. Roch Hachana « Roch Hachana » dans l’Ancien Testament, comme « Rass el sana » dans le Coran, ont la même signification : « tête de l’année », autrement dit « nouvel an » : Mamie, c’est bizarre, en arabe et en 62 63 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 (La) Ketouba En hébreu, il s’agit du « contrat de mariage religieux ». Kotteb Il s’agit de cours collectifs d’hébreu ou de Talmud Thora qui avaient lieu le soir ou pendant les vacances scolaires pour une initiation ou pour apprendre les prières que l’on doit réciter lors de la bar mitzvah. Ce mot est aussi utilisé pour les cours de religion musulmane. Il tient son origine de la racine arabe K-T-B (« écrire »). Mzouza (prononciation correcte en hébreu : Mézouza) / Mzouzote (ou Mézouzote au pluriel) La « mzouza » est un parchemin calligraphié sur lequel figure un passage important de la Torah, comme un symbole de la protection de Dieu sur la maison et ses habitants. Le parchemin est enroulé, puis placé dans un étui. Dans les maisons juives religieuses, des étuis contenant les « mzouzote » sont fixés sur toutes les portes et ils doivent être revus et remis à jour régulièrement. Dans le cas de familles traditionalistes ou peu ou même pas croyantes, on trouve au moins une « mézouza » sur la porte d’entrée. Nechama Signifie « l’âme » en hébreu : rien n’est éternel, seule la « nechama » reste ! Paracha En hébreu, la « paracha » de la semaine est une partie de la Torah que les croyants du monde entier lisent rituellement, à l’occasion de Shabbath. Qandil De l’espagnol « candela » qui signifie « bougie », il s’agit pour le JT de la veilleuse qu’on allume avant l’entrée de shabbath, en souvenir des personnes disparues de la famille. Jérusalem dont le devoir était d’assurer les sacrifices et certains services tels que la sortie des tables de la loi (la Torah), sous l’autorité du « Cohen Gadol » (Grand Prêtre). Depuis, ce nom et ce statut particulier dans les lieux de culte juifs, perdure. Et, dans le cas d’absence de personnes du nom de Cohen, on demandait des « Lévy ». Birkat ha mazone Sans entrer dans des détails que je ne connais pas, je sais que le « Birkat ha mazone » est la bénédiction du pain, que l’on fait après avoir consommé un repas contenant cet aliment. Calotte / Calot C’est ainsi que le JT nomme la « Kipa » : Lave-toi les mains et va mettre ton « calot » avant de faire la prière ! On appelle « Calottim » des amis qui portent la « calotte ». Chadaï Voir Shaddaï. Coumita Du français « Comité », les JT appelaient « Coumita » le comité de gestion de la communauté israélite. Hachem Littéralement, ce mot signifie « le nom » en hébreu, mais comme « Adoubaye », c’est un autre nom pour Dieu. Et de la même façon, il est utilisé lorsqu’un réel appel à la divinité (comme on le fait dans les prières, par exemple) n’est pas nécessaire. Kaboud De l’hébreu « kavod », il s’agit du « respect » : allez, allez Gagou, prépare-toi et va à la « shoul », « kaboud shabbath » (c’est le respect du shabbath). 64 65 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Tbila Équivalent du « Mikvé » : Il s’agit du bain rituel (au hammèm ou dans des lieux prévus uniquement à cet eff et), eff ectué par la future épouse avant son mariage. À cette occasion, outre ses proches femmes, elle est accompagnée par les filles célibataires de son entourage car on dit que le fait même d’y assister peut accélérer la rencontre de leur « mektoub ». Zdaka Prononciation JT pour le mot hébreu « tsédaka » qui signifie « aumône », mais aussi « justice ». La « tsédaka » est très importante dans le judaïsme. En eff et, il est écrit qu’il faut aider son prochain dans toutes les situations et en particulier, lors des festivités : comme Dieu qui est juste et généreux, nous nous devons de l’être envers nos semblables. • Christianisme Babass Le JT a toujours utilisé ce terme de l’ancien français pour parler des catholiques pratiquants. Le noël orthodoxe : je me souviens seulement des bonbons russes faits à cette occasion. (Une sorte de nougat avec des noix). La sortie de la madone le 15 août : Quel que soit le témoignage, si infime que l’on puisse apporter au sujet de la manifestation religieuse chrétienne qui se déroulait, tous les 15 août, jour de l’Assomption à la Goulette, cette dernière reste gravée dans les mémoires de tous les goulettois et autres survivants de cette époque toutes confessions confondues. J’apporte ici ma modeste contribution dans ce récit à la fois réel saupoudré d’un Shaddaï ou Sheddeï En hébreu, « El Shaddaï » signifie « Dieu tout-puissant ». Cependant, le JT a utilisé ce mot pour parler de tout pendentif à caractère religieux. J’ai été surprise de découvrir que l’on appelle aussi « chadaï » les amulettes du Dieu protecteur en Mauritanie… Étoile de David Elle peut symboliser ce qui est immortel ou les portes du ciel. Selon la tradition juive, le roi David avait une étoile à six branches sur son bouclier. Les traités sacrés soutiennent que l’étoile de David représente la création. Shéma En hébreu, signifie « écoute », mais comme il s’agit aussi du premier mot d’une prière « shéma Israël… » : il faut que tu dises ton « shéma », si tu veux que ça t’arrive ! Shemech C’est « l’homme à tout faire » dans les synagogues tunisiennes. Shoul ou Choul C’est l’un des rares mots yiddish que le JT utilise. Il signifie « école » mais est utilisé pour dire « synagogue ». Sla En Tunisien, c’est ainsi que l’on appelle la synagogue. Taghèf (masculin) / Trifa (féminin) En hébreu, cela signifie « déchiré(e) » et ce mot est synonyme de « non kasher », donc impropre à la consommation, dans la religion juive. 66 67 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 pour elle… Elle qui semble les regarder un par un. On veut la toucher. Les porteurs se disputent leur tour de rôle. Les hurlements redoublent d’intensité. La statue s’empare de la place, entourée par milles bras qui s’élèvent vers elle. Bousculades et empoignades, enfants qui pleurent, spectacle saisissant d’une indescriptible beauté dans lequel le cérémonial sacré marie la Sainte Mère. Elle avance la Vierge, imperturbable et fière, couverte de bijoux. Elle semble glisser sur cette marée humaine en délire. Elle avance la Vierge bravant les cris et les suppliques comme un paquebot bravant la tempête au milieu des flots déchaînés. Cette dernière quittera la place de l’église, accompagnée par ses ‘afficianandos’ (fans) toujours portée sur les épaules pour se rendre à la mer. On la fera rentrer dans l’eau salée afin qu’elle bénisse l’âme des marins pêcheurs disparus pour qu’elle protège les vivants. Juifs, arabes et curieux mêlés à la foule suivront avec émotion la procession de la Madone de Trapani. CROYANCES ET SUPERSTITIONS (L’)Aile de poulet Dans la majorité des familles JT, l’aile de poulet est, par superstition, la partie que l’on réserve aux jeunes filles. La raison est simple et imagée : compte tenu du fait que, pour la plupart des mères, l’un de leurs devoirs consiste à bien marier leurs filles, elles préféreront leur attribuer les « ailes de poulet » afin de leur permettre de prendre rapidement leur envol, autrement dit, de quitter la maison pour un beau mariage. Baâd âalinè el blè et/ou Lotf Littéralement, « Éloigne de nous les ennuis » et signifie donc « que Dieu nous en préserve » : tu te rends compte, il est parti du jour au soupçon de ‘ merveilleux ‘ qui donnait à cette solennité religieuse une grandeur telle que l’on la retrouve aujourd’hui dans les petites villes et villages d’ailleurs où la foi prend des proportions souvent proches du délire et de l’hystérie. La Goulette d’hier se souvient encore de… Maria, Andréa, Sergio, Mikaélè et les autres venaient souvent de très loin. Les uns esseulés, les autres en couple ou en groupe marchaient pieds nus – pénitence oblige – sur les gravats, sous le soleil brûlant du 15 août, tout le long de la route Tunis-Goulette pour assister et suivre la procession de ce jour de l’Assomption. D’Hammam-Lif, de Grombalia parfois venus d’Italie, nos amis italiens, siciliens et maltais remplis de ferveur se rassemblaient tôt le matin sur la place de l’église. Gestes et paroles pas toujours saintes caractérisaient cette foule bigarrée de pèlerins. Avec ce dialecte mi-sicilien mi-maltais, ils s’interpellaient, assis sur les pavés ou sur des marches d’escaliers usés aux nez ébréchés. Depuis la veille, quelques familles bivouaquaient sur la plage profitant des belles soirées chaudes de l’été. Spaghettis réchauffés, casse-croûte, bières et vins accompagnés de jambon ou de fromage de campagne constituaient leur collation d’un après-midi d’attente et d’un soir sacré. Les restaurants affichaient complets. La nuit venue, la place de l’église, tout illuminée et noire de monde, était envahie de fidèles. Les yeux rivés sur le grand portail et les cous tendus à l’extrême, unis dans un même élan, mariant leurs sueurs et haleines, souvent piétinés, tous guettaient l’apparition de leur patronne. La Sainte Madone de Trapani. La foule hurle. La passion s’est déchaînée, les clameurs déchirent le voile noir et serein de la nuit à présent tout inondée de feux d’artifice… La Madone majestueuse, La Sainte Vierge, les yeux fixés sur l’enfant Jésus, drapée dans son apparat couleur azur, apparaît et semble marcher sur les têtes des fervents. Éblouissante, placée sur un brancard, recouverte de tissu et voilage noble, portée sur des épaules connues, elle se meut lentement. La foule en délire n’a d‘yeux que 68 69 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 porte-monnaie ou un portefeuille ou encore cousu à un vêtement, un petit sac de tissu renfermant une petite poignée de graines de seinouj. Mon père m’a toujours dit que cela était très bon pour la protection… Mais la protection de quoi ? J’ai donc fait quelques recherches afin de comprendre la raison de cet engouement pour ces graines et voici ce que j’ai trouvé : utilisées sous forme différente (graines crues ou grillées ou bouillies, en huile, en poudre, mélangées ou non à d’autres ingrédients), les graines de nigelle permettraient de protéger contre les migraines, le rhume, les maux de dents, gencives et gorge, les vertiges, les otites, les troubles de l’audition, les maux oculaires, l’insomnie, l’essoufflement, l’insuffisance respiratoire, l’asthme, les problèmes cardiaques, l’hypertension, les aigreurs, les ulcères, les crises intestinales, les ballonnements, les diarrhées, les entorses, la chute de cheveux, l’herpès, les verrues, l’acné, l’eczéma, le diabète, certains cancers localisés, la fatigue générale, la mauvaise mine, les problèmes gynécologiques… Sur Wikipédia, il est indiqué : Selon un hadith [communication transmise oralement par le prophète ou ses compagnons, puis répertoriée dans un recueil], le prophète de l’Islam Mohamed a dit : « Soignez-vous en utilisant la graine de nigelle, c’est un remède contre tous les maux à l’exception de la mort. » Étonnant non ? Cinq – ou « khamsa » en arabe / (prononciation JT : Khamcha) Traditionnellement, le chiff re cinq est censé protéger contre le mauvais œil. Peut-être l’origine vient-elle du fait qu’il y a cinq livres de la Torah et donc que ces derniers sont censés assurer la protection divine ? D’autre part, la main de fatma ouverte que les juifs et les musulmans utilisent généralement sous forme d’amulette (pendentif, broche) ou par un geste représente aussi un cinq. Elle symboliserait la protection contre le mauvais œil, la chance, la fortune, la santé, le bonheur… Tout un programme ! lendemain, avec une rupture d’anévrisme… « Baâd âalinè el blè » ! Cette expression, accompagnée de trois petits coups de la main sur la cuisse, se dit aussi lorsque l’on voit quelqu’un qui a un défaut physique ou mental, comme si cela éloignait encore mieux les ennuis ! Balai à l’envers Lorsqu’on souhaite qu’un invité ou qu’une connaissance qui s’installe trop longtemps parte de chez soi, il faut retourner le balai, de façon que la brosse soit vers le haut : J’en peux plus, j’ai sommeil, il est trois heures du matin et ils sont là depuis 8 heures du soir… Mets, mets, mets le « balai à l’envers », ils vont partir ! Bkhour / Pkhour Il s’agit d’un encens (en morceaux) fabriqué majoritairement à base de bois de santal et d’huiles essentielles. En Tunisie, Il est souvent utilisé pour des rituels de protection (éloignement du mauvais œil) ou de purification (assainissement de l’atmosphère, éloignement de la maladie mais aussi des mauvaises odeurs pour les remplacer par des senteurs bienfaisantes) et on le fait brûler sur le « kanoun ». Cheymoute C’est un petit coussinet « porte-bonheur » rempli de graines de nigelle, cousu ou épinglé sur l’envers des vêtements, afin d’être protégé du mauvais œil et du mauvais sort. Il est fabriqué maison par les mères et les grands-mères qui tiennent à ce que leur progéniture le porte. Certaines d’entre elles en dissimulent aussi dans leurs sacs à main. On n’est jamais trop protégé ! Seinouj : Il s’agit de graines de nigelle que l’on appelle aussi cumin noir et son goût est légèrement anisé. On peut en garnir des pains. Mais le tunisien l’utilise surtout en tant que « protection ». En effet, il n’était pas rare de voir des Tunisiens (juifs et non juifs) porter en pendentif sur un collier, au fond d’un sac à main, dans un 70 71 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Cependant, on donne à cette poudre diverses autres vertus et surtout celle de protéger (du mauvais œil, des mauvaises langues, des disputes…). Ainsi, chez les Tunisiens et en particulier les JT, lorsque l’on déménage dans un nouveau foyer, on pose dans divers coins des petits sachets contenant du henné (bonheur), quelques fèves sèches (je ne sais pas pourquoi) des carreaux de sucre (vie douce) et des pièces de monnaie (prospérité). Le « henné » est aussi le nom d’une fête (d’origine païenne) des communautés orientales et nord africaines. C’est ainsi que les Séfarades l’ont naturellement adoptée pour rajouter une « fête de protection contre le mauvais œil » avant les mariages ou les « bar mitzvah ». Au cours de ces événements, on teint au henné les mains, les pieds et les cheveux des principaux intéressés et de leurs familles. Cette coutume est censée protéger l’événement et ce qui s’ensuit, du mauvais œil. La femme qui applique le henné est la « Hennana ». Hout / Houta Il s’agit du poisson mais je ne me suis pas trompée de chapitre car le mot « Houta » peut aussi être une interjection censée protéger du mauvais œil. Si vous vous demandez pourquoi, comme je l’ai fait aussi, je peux seulement vous dire que l’on m’a expliqué que le poisson étant très fertile, il est un symbole de fécondité, donc de bénédiction ; en gros, « qui est béni, est fécond » et vice-versa : Super ta maison, tu as tout changé, c’est magnifique… Merci, merci, « houta » ! Voici maintenant deux expressions connues des JT, où le poisson tient bien sa place. Bel hout âalik Littéralement « avec du poisson sur toi », mais signifie en fait « tu es fort mais je souhaite que tu sois protégé(e) du mauvais œil ». Expression que l’on dit à quelqu’un qui vient de réaliser Cinq sur toi ou Cinq pour toi – ou « Khamsa âalik » en arabe Cette expression est un vœu de protection : Bravo pour cette médaille, tu l’as bien méritée… « khamsa âalik » (ou « Cinq sur toi ») ! Khamsa ou khmis âalik Littéralement « Cinq et cinquième sur toi » qui signifie « forte protection contre le mauvais œil » ou plutôt « que D. te félicite et te protège » Degueza (prononciation JT : Degueja ) Il s’agit d’une « diseuse de bonne aventure » qui lit l’avenir dans les lignes de la main et plus rarement dans le « marc » de café. En Tunisie, il était fréquent de voir des femmes crier dans les rues « Degueza » ! Si l’on en croisait une, on pouvait la héler et elle nous disait l’avenir en quelques minutes, en échange de quelques pièces… Cependant, la plupart du temps, les « bonnes » devaient nous traduire leur jargon, car ces femmes venaient de la campagne et il était difficile de les comprendre. Fil rouge au poignet Il ne s’agit pas de n’importe quel fil rouge, mais d’un morceau de laine de cette couleur, ayant reçu la bénédiction d’un rabbin devant le mur des lamentations à Jérusalem. Ainsi, on dit que ce fil noué au poignet continuerait à nous bénir et à nous protéger des maladies, des malfaisants et des mauvaises langues, jusqu’à ce qu’il rompe. Ceux qui y croient s’empressent alors de s’en procurer un nouveau, souvent en le demandant à quelqu’un qui voyage à Jérusalem. Hanna / Henna La « hanna » (en arabe) ou « henné » est un arbuste à petites fleurs blanches très odorantes. C’est en séchant et en écrasant ses feuilles que l’on obtient une poudre brun orangé qui, mélangée à de l’eau, donne une pâte qui sert à colorer les cheveux ou la peau. 72 73 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Majnoun (a) Issu du mot précédent, « Majnoun/a » signifie « fou/folle » et je suppose qu’il veut aussi dire « possédé(e) » par les esprits malins. Kobbara De l’hébreu « Kappara », qui signifie « sacrifice ». Les mères juivent utilisent souvent l’expression « Nemchi kobbara âalik » (que je parte en sacrifice pour toi) à l’attention de leurs enfants : « Man chéri, tu manges au moins ? Tu dors bien ? Tu ne te sens pas trop seul sans nous ? » « Nemchi kobbara âalik » ! Marquage du mur avec l’index Ma grand-mère paternelle le faisait souvent. Lorsqu’elle affirmait quelque chose et que l’on avait l’air sceptique en l’écoutant, elle humectait son index de salive et faisait une sorte de marquage sur le mur en disant « hein ». J’avais traduit cela par : « voilà, je te l’ai dit ou je t’ai prévenu(e), c’est noté et gravé ici, tu t’en souviendras et tu verras que ce que j’ai dit s’avérera ». Mauvais œil Le « mauvais œil » symbolise le regard envieux ou jaloux des autres. Ainsi, toute personne envieuse peut jeter le « mauvais œil ». La croyance populaire, présente dans toutes les cultures, mais surtout développée dans les pays méditerranéens, veut que ce regard provoque divers malheurs. Petit rappel sur les principales protections contre le mauvais œil : le chiffre « 5 » ou « khamsa », le jeudi ou « yom khamichi », « l’œil » ou « el âayn », le « poisson » ou « hout », le « piment rouge », « la main de Fatma », « le fil de laine rouge » ou le « ruban rouge », « le hénné » ou « hanna », « l’ouchaq ou dad », le petit sachet en tissu contenant du « seinouj » et que l’on porte sur soi. quelque chose de diff érent, rare ou exceptionnel : Franchement, je t’admire, tu arrives à concilier ta vie professionnelle avec toutes tes responsabilités et ta vie personnelle avec ton mari, tes quatre enfants, tes beaux-parents et tes parents…, franchement « bel hout âalik », on devrait te décerner une médaille ! Qossane el houta Pour le JT, il s’agit d’une cérémonie de découpe du poisson (qui, rappelons-le est censé éloigner le « mauvais œil ») lors du Shabbath qui clôture la semaine du mariage. La mariée devait revêtir sa robe et couper un poisson dans lequel elle trouvait un cadeau, la plupart du temps un bijou, off ert par son époux. Je ne sais pas si cela se fait encore de nos jours, je ne le pense pas. Jeudi En hébreu (comme en arabe d’ailleurs), les jours de la semaine ne portent pas de noms, mais des numéros. Ainsi, « dimanche » est le « premier jour » ou « yom rishon » et samedi est le « septième jour » ou « yom shabbath ». Quant au jeudi, c’est « yom khamichi » ou « cinquième jour ». Vous connaissez maintenant les croyances ou superstitions du JT pour le chiff re cinq et tout ce qui s’y rapporte. J’ajoute donc le « jeudi » aux superstitions car le juif tunisien essaye toujours, dans la mesure de possible, d’organiser ses événements familiaux (mariages, bar mitzvah…) ce jour-là toujours pour la même raison, « éloigner le mauvais œil », l’idéal étant de « faire la fête » un « jeudi cinq mai » (le 5 du 5e jour du 5e mois). Jnoun Pluriel de « djinn » (mais le Tunisien ne le dit jamais au singulier). Il s’agit de fantômes ou d’esprits malicieux : Maman, je ne veux pas dormir tout seul dans la chambre de Mémé Hayya, il y a des « jnoun ». 74 75 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 occupations. Quelque temps plus tard (allant de quelques minutes à quelques jours), l’idée de rechercher l’objet à un endroit précis nous effleure et généralement, l’objet y est bien. On estime que l’idée a germé en nous grâce à Myriam. Personnellement, lorsqu’il m’est arrivé de faire appel à Myriam, je l’ai toujours fait en français (et elle a toujours bien compris, je pense qu’elle est polyglotte). Mais je sais que la plupart des tunisiens (juifs et non juifs) utilisent une phrase en arabe qui dit : « Myriam, Myriam, rajlek marbout, elqâli el haja, ouèllè rajlek y mout », ce qui signifie : « Myriam, Myriam, ton mari est attaché, trouve-moi l’objet ou ton mari meurt ». (À la place de « el haja » qui signifie « l’objet », on dit vraiment de quoi il s’agit lorsqu’on énonce la phrase magique…). Lorsque l’on retrouve l’objet, il faut vite redéfaire le nœud. Pourquoi ? Mais pour libérer le mari de Myriam, le pauvre ! Risque de noyade le 15 août Je me dois ici d’évoquer un étrange phénomène que l’on observe pratiquement tous les 15 août, jour de l’Assomption : la mer est démontée et les Tunisiens déconseillent catégoriquement la baignade, car, selon les dires, il y a un grand risque de noyade. Verser de l’eau derrière la personne qui part en voyage Pour les Tunisiens et donc les JT, il est tout à fait fréquent de verser de l’eau (un verre ou un petit seau) derrière la personne (ou la voiture, ou le train qui la transporte) qui part de la maison plus d’une nuit, loin ou pas, pour une courte ou une longue durée. Cela augure un voyage agréable et sans encombre ainsi qu’un retour prochain auprès de ceux que l’on vient de quitter. Âaynek / Ton œil Lorsque quelqu’un tente de faire quelque chose et qu’il n’y arrive pas, tandis que l’un de ses proches exprime un doute, il peut alors lui dire : « Âaynek » qui signifie « c’est à cause de ton regard ou plutôt ton mauvais regard sur moi que je ne suis pas arrivé à le faire correctement » : Maxo essaye de planter un clou dans du béton, tandis que son frère lui dit : tu n’y arriveras jamais ! Maxo donne des coups de marteau mais à aucun moment sur le clou. Finalement, il se donne un coup violent sur l’index et crie « Âaynek » à son frère. Mektoub / Mouch mektoub Signifie « c’est écrit / ce n’est pas écrit » mais s’utilise aussi pour dire « destin » et « destinée » ou encore « homme (ou femme) de sa vie ». Ainsi, on peut dire : Alors Fortunée elle a rencontré son « mektoub » (donc l’homme de sa vie) ?… Non, la pauvre, elle espère toujours ; en tout cas, pour l’instant, « mouch mektoub » (ce n’est pas écrit). Myriam (en arabe : « Meriem », en français : « Marie ») Ce prénom hébreu figure dans l’ancien Testament (Myriam, sœur de Moïse), dans le nouveau Testament (Marie, mère de Jésus de Nazareth) et dans le Coran (Myriam, traduit de Marie, toujours mère de Jésus). Il s’agit donc d’une personne importante pour les trois religions. Mais je ne sais pas si c’est pour cette raison que les Tunisiens utilisent son nom pour retrouver un objet égaré. Je m’explique : en Tunisie, lorsque l’on perd quelque chose et que l’on n’arrive pas à le retrouver malgré diverses recherches, il faut faire appel à Myriam. Pour cela, on fait un nœud dans un chiffon ou un mouchoir, on se promène sur le lieu présumé de la perte en tenant et en agitant ce chiff on noué, tout en disant : « Myriam, Myriam, je t’en prie, aide-moi à retrouver tel objet ». Puis on dépose ce chiffon toujours noué sur un meuble ou une table et on vaque à ses 76 77 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 cette information, puis dans le reste du pays et en particulier dans la capitale et ses banlieues. Ils ont eu l’autorisation de créer leurs lieux de culte – en l’occurrence les synagogues, leurs écoles religieuses privées – entre autres, celle de la rue Malta Sghira (qui signifie « Petite Malte »), celle de la rue Glatigny ou l’école « Pinson » (du nom du rabbin russe qui l’a créée). Ils ont aussi pu organiser un pèlerinage annuel à la synagogue de la Ghriba qui se trouve à Djerba (cf. Religions). • Protectorat Français L’histoire des Juifs de Tunisie sous le protectorat français s’étend de l’instauration de ce dernier en mai 1881 à la proclamation de l’indépendance du pays qui a eu lieu le 20 mars 1956. Ainsi entre les années 1881 et 1942, la situation économique, sociale et culturelle de la population juive s’améliore fortement ; Le judaïsme connaît un essor remarquable et le sionisme se développe sans crainte. En 1921, la communauté crée un conseil qui décide la construction d’une synagogue monumentale à Tunis (mise en travaux en juin 1933 sous la conduite de l’architecte Victor Valensi, elle est ouverte en décembre 1938). Cette période d’ascension se voit compromise durant la seconde guerre mondiale. De novembre 1942 à avril 1943, la Tunisie est occupée par l’Allemagne nazie. Pendant cette période, les Juifs tunisiens sont persécutés par l’envahisseur, avec la complicité des autorités françaises du régime de Vichy (le « SOL » ou « Service d’Ordre Légion » et le « PPF » ou « Parti Populaire Français »). Les membres de la communauté juive de Tunisie, déjà assez discriminés et humiliés par les lois antisémites du gouvernement Pétain depuis 1940, sont alors raflés puis forcés au travail dans des camps de concentration notamment au Kef, à Sfax, Kasserine… CHAPITRE II CULTURE ET SOCIÉTÉ La culture de la Tunisie forme une synthèse des différentes cultures amazighe, punique, romaine, juive, chrétienne, arabe, musulmane, turque et française, qu’elle a intégrées à des degrés divers, ainsi que l’influence des dynasties successives qui ont régné sur le pays. La Tunisie a en effet été un carrefour de civilisations et sa culture, héritage de quelque 3 000 ans d’histoire, témoigne d’un pays qui, par sa position géographique en plein bassin méditerranéen, a été au cœur du mouvement d’expansion des grandes civilisations du Mare Nostrum et des principales religions monothéistes. ATMOSPHÈRE POLITIQUE Quitte à choquer certaines personnes, je voudrais dire que pour moi, contrairement aux autres ressortissants de pays musulmans, le tunisien est un « Européen oriental » car il tient ses origines de différentes cultures tant européennes, qu’orientales – punique, romaine, turque, arabe et française – et des trois religions monothéistes – judaïsme, christianisme et islam. Ainsi, la Tunisie a été jusqu’à un passé récent, le pays arabe le plus tolérant et le plus ouvert à d’autres modes de vie, coutumes et croyances. C’est ainsi que les juifs tunisiens s’y sont installés, d’abord à Djerba – depuis, dit-on, plus de 2 500 ans mais je n’ai pas pu vérifier 78 79 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 La France les avait abandonnés aux mains des Nazis, alors qu’elle continuait à se soucier, attentionnée, du sort des Français non juifs. Durant ces terribles six mois d’occupation, des jeunes hommes de la communauté étaient conduits vers l’un des plus grands Camps de Travail forcé du côté de Bizerte. Les familles des travailleurs forcés, quant à elles, subissaient l’humiliation et toute l’injustice de l’occupant nazie. Chaque famille juive commença alors à coudre sur les vêtements « l’étoile jaune » et les travailleurs juifs forcés, eux, l’ont portée. Défilant sur l’Avenue de Londres, marqués de l’étoile jaune, la pioche ou la pelle sur l’épaule, se rendent tous les matins à leur travail sous les insultes et les huées des Arabes tunisiens, et protégés par des soldats allemands. Durant la Rafle des Juifs de Tunis, un jour du 10 décembre 1942 (le 2 Tevet 5 703) quelque 2 000 juifs furent arrêtés, et les Allemands iront même les ramasser jusque dans les synagogues. Des centaines d’entre eux avaient trouvé la mort et plusieurs d’entre eux ont trouvé la route de la déportation. Les juifs qui ont vécu sous « la botte nazie » en Tunisie ont supporté les sévices, les souff rances, les humiliations, le travail obligatoire, l’étoile jaune, les privations, les assassinats. Bref ; un enfer comparable à celui des Juifs d’Europe. Qu’elles se soient déroulées en Pologne ou en Tunisie, les souffrances qui ont duré, leurs eff ets et les blessures qu’elles ont laissés dans les âmes étaient les mêmes pour toutes les communautés juives. Aff amés, dépouillés, privés de leurs biens, de leurs droits, de leur dignité humaine, les nazis avaient tout prévu pour que les juifs tunisiens se soumettent plus facilement. À Tunis, les nazis avaient mis en marche ces diff érentes étapes et avaient commencé à mettre en œuvre les moyens qu’ils avaient rodés en Europe pour atteindre leur but. Ils avaient même commencé à construire, à Djebel Djelloud et à Bou Kornine, non loin de Tunis, des crématoires, qu’ils n’ont pas eu le temps d’utiliser. aux conditions de vie similaires à celles des camps d’Europe de l’Est. Dans les années qui suivent la fin du conflit mondial, les Juifs tunisiens commencent à émigrer massivement, vers la France ou Israël. Ce mouvement migratoire, accentué à partir de 1956 avec la décolonisation, suivie de l’indépendance de la Tunisie, a contribué à la dispersion de la communauté juive tunisienne, ce qui rend difficile la récolte d’informations. • La deuxième guerre mondiale Beaucoup omettent le fait que les Juifs tunisiens étaient bien des victimes des persécutions allemandes pendant l’occupation Nazie, de novembre 1942 à mai 1943, alors même que le pays était sous protectorat français. En six mois d’occupation, de novembre 1942 à mai 1943, sur une population de 75 000 Juifs, 4 000 âmes seront envoyées aux travaux forcés dans des camps – sans compter les « Tunisiens de France » qui seront déportés à Auschwitz. Les Allemands qui étaient refoulés d’Égypte après El Alamein et Tobrouk sont arrivés à la capitale Tunis le 8 novembre 1942. Les Alliés ont alors bombardé lourdement la ville à cause de son port stratégique. Mi-novembre le quartier des rues du Caire et Sadi Carnot a été le théâtre de nombreux massacres. Tous les hommes juifs de plus de 16 ans ont été pris au travail obligatoire sur le port de Tunis et il y a eu encore des morts, car les Allemands leur interdisaient de se protéger pendant les bombardements. À Tunis les conditions des Juifs étaient bien pires qu’à Sfax ou Sousse. Alors que les Allemands s’installaient dans le pays, les six mois de tous les dangers commencent et les juifs de Tunisie se sont trouvés seuls à la merci de l’armée allemande. 80 81 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Cette première reconnaissance, par un tribunal israélien, du statut de « victimes des persécutions nazies » pour les juifs de Tunisie devrait nous rappeler que la pérennité du peuple Juif et d’Israël, découle de l’expérience de la souff rance de chaque juif. On demeure néanmoins attristé, en apprenant surtout, que les Allemands n’étaient pas les seuls à se réjouir de la situation des juifs de Tunisiens : Français, Arabes, Maltais… tous manifestaient leur joie de voir nos frères juifs martyrisés ! Comme en Europe, devant cette terrible période de l’Histoire, on attend qu’un jour des Tunisiens courageux se lèvent aussi, pour lever le flambeau de la mémoire et tentent d’instaurer ce devoir de mémoire envers leurs compatriotes juifs. Lors du protectorat français (de 1881 à 1956, soit quelque soixante-quinze années !), la culture et la langue françaises ont rapidement envahi les grandes villes et en particulier la capitale et ses environs. Des sociétés, des bâtiments d’habitation ou de bureaux et des écoles françaises ont été créés. De nombreux noms de rues, lieux et bâtiments ont été traduits ou même changés par des noms français (tels qu’« avenue de la liberté », « avenue de Paris », « rue Jules Ferry », « rue de Rome », « rue Cyrus le Grand » où j’ai habité avec ma famille, « rue de Marseille » où habitait ma grand-mère maternelle, « rue Lafayette » etc.). Peu à peu, les habitants sont devenus bilingues et le pays s’est modernisé et libéralisé. • Présidence de la République Le 20 mars 1956 a été la date de l’indépendance de la Tunisie. Peu après, Habib Bourguiba, avocat formé en France dans les années vingt, a été nommé Premier Ministre de la République Tunisienne. En juillet 1957, il a été élu Président « à vie » mais il a été destitué par son premier ministre, Zinedine Ben Ali en novembre 1987. Depuis sa Dans ce pays, ils ont connu toutes les séquences, toute la suite ordonnée des éléments qui composaient la chaîne de la démarche qu’empruntait la haine nazie dans son application. Sauf la dernière séquence. Ils n’en ont pas eu le temps de la mettre en application. Les alliés sont arrivés et les ont délogés de Tunisie. Le 12 avril 1943, c’était le jour de la Libération de Tunis, la huitième armée de Montgomery et la deuxième Division blindée de Leclerc sont arrivés plus vite que prévu. Les Allemands se sont alors repliés sur Tunis et les prisonniers juifs furent libérés. Il est vrai que malgré leurs succès militaires, les Allemands se faisaient très peu d’illusions sur leurs chances de la vaincre les Alliés qui étaient à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Tunis au niveau de Medjez el-Bèb, disposaient d’un armement considérable et qui étaient maîtres de la mer et du ciel. L’occupation nazie, qui dura six mois, prit fin le 7 mai 1943 avec l’arrivée à Tunis des premiers éléments de la huitième armée britannique suivis le lendemain par les Américains. Même si le bourreau nazi, n’a pas réussi à mettre en exécution l’ensemble de son plan d’extermination à l’encontre de nos compatriotes juifs ; il y eut pourtant des morts, des déportés, des viols des vols, des dommages physiques et psychologiques irréparables. Mais, si nous ne perdons pas de vue le fait que les Allemands n’ont gouverné la Tunisie que pendant six mois, qu’ils étaient sans cesse harcelés par les alliés, qu’ils étaient incapables sans la collaboration des indigènes, de mener à bien leurs sévices contre les Juifs, il nous est permis de dire que dans cette période malheureuse de l’histoire des Juifs de Tunisie il y eut des réquisitions, des spoliations, des numerus clausus, des amendes infligées aux communautés, le tout sous les bombardements intensifs des forces alliées. Comme disait Claude Sitbon, les Juifs de Tunisie faisaient bien partie de la Solution finale, et c’est pour cela que la mémoire des Juifs de Tunisie est une responsabilité collective. 82 83 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Mon sang bouillant et tout ce que je possède de plus cher, Je suis prêt à en faire sacrifice pour mon pays et pour mon peuple. Gloire à toi, Tunisie ! De la grandeur de ton peuple, demeure à jamais fière ! Regarde tes enfants se jeter tels des lions A l’assaut de l’ennemi, le jour du combat Notre héritage parmi les nations réside dans la force de nos bras, Des bras aussi durs que le roc de ses imposants édifices Et qui portent haut l’étendard du pays. Cet étendard qui fait notre fierté et qui est lui-même fier d’être porté par nous. Des bras qui nous propulsent vers les hauts sommets De la gloire et de la grandeur Qui nous garantissent la réalisation de nos vœux Qui font abattre des malheurs sur les ennemis de notre patrie Mais qui sont pacifiques à l’égard de ceux qui nous veulent la paix. Lorsqu’un peuple veut la vie, force est au destin de répondre, Aux ténèbres de se dissiper et aux chaînes de se rompre. MODE DE VIE • Ménage Tunisien Le ménage tunisien est fondé sur le modèle patriarcal et les pratiques plaçant l’homme dans un rôle dominant demeurent. Cependant, la Tunisie est souvent considérée comme un État ouvert aux modifications du monde moderne dans le domaine matrimonial. En 1957, entre en vigueur le Code du Statut Personnel (CSP) qui mort en avril 2000 et avec les difficultés vécues par le peuple tunisien depuis l’arrivée de Ben Ali et jusqu’à aujourd’hui, nombreux sont ceux qui le regrettent, en particulier les JT, qu’il s’était acharné à protéger en leur donnant les « quasi » mêmes droits que les Tunisiens musulmans. Je me souviens qu’on le voyait à chaque journal télévisé (lors desquels on nous racontait ses activités, tant politiques que personnelles), sur des portraits accrochés aux murs des commerçants, mais aussi dans la rue. Lorsqu’il se déplaçait « officiellement », il apparaissait debout dans sa Mercedes au toit ouvrant en saluant la foule qui scandait : « Yahya Bourguiba » (« Vive Bourguiba ») ou encore « Bi rouh ou el dem, liik ya Bourguiba » (ce qui signifie : « Avec l’âme et le sang, pour toi, Bourguiba »). Ce qui me rappelle aussi l’une des premières phrases de l’hymne tunisien, dont voici une traduction approximative : « Le sang qui coule dans nos veines n’a fait qu’un tour ; mourrons, pour que vive la patrie ! » Traduction approximative de l’hymne tunisien : OH défenseurs de la Nation, allons à la rencontre de la gloire ! le sang qui coule dans nos veines n’a fait qu’un tour : Mourons ! Mourons pour que vive la patrie ! Que n’y vive point quiconque refuse d’y être au nombre de ses soldats Tenus par notre serment de fidélité à son égard. Nous vivons sur son sol dans la dignité où nous mourrons pour elle dans la grandeur. Sois maître de tes destinées, Oh mon pays, et sois heureux ! Car il n’est point de vie pour celui qui est privé de sa souveraineté. 84 85 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 • Mauvaise foi / manque de sincérité : manque de confiance en soi et en les autres • Peu audacieux / paresse / Pas toujours le sens de l’eff ort • Assez timide • Mauvaise langue Pudeur : Lorsque Titine est décédée, je revois encore mon père téléphoner à son frère Popaul (qui habitait en France) pour l’en informer… Il pleurait à chaudes larmes et sanglotait en parlant. Je crois que c’est la première et la dernière fois que je l’ai vu exprimer ainsi ses sentiments… • Habitat Nos maisons et appartements étaient simples et fonctionnels. Ils ne comprenaient que le nécessaire et rarement des décorations ou des fioritures. Certains faisaient la collection de bibelots mais ils en prenaient rarement soin et ils étaient souvent couverts de poussière. Les meubles étaient achetés au moment du mariage « une fois pour toutes » et il était très rare de les remplacer avant qu’ils n’aient vraiment rendu l’âme. On préférait les réparer, les coller… Nous vivions ainsi, l’hiver à Tunis dans des appartements, l’été à la Goulette, Kheireddine, le Kram ou Carthage, ces villes se trouvant à la suite l’une de l’autre et le tout ne s’étendant que sur dix à douze kilomètres. L’été à Kherrédine et à la Goulette dans des maisons louées (de mi-juin à mi-septembre) ou pas. Compte tenu de la proximité de la mer, il fallait les repeindre chaque année à la chaux, en blanc : / Le quartier : le TGM à 200 m, la plage (l’oiseau bleu ou la buvette) donne aux femmes un nouveau statut inouï dans le monde musulman. Ce code institue notamment le principe de l’égalité entre l’homme et la femme sur le plan de la citoyenneté, interdit la polygamie, autorise à la femme le droit de divorce, établit l’âge minimum au mariage à 15 ans pour la femme et à 18 ans pour l’homme et oblige le consentement des deux époux comme règle de validité de tout mariage. Plus tard, en 1964, l’âge minimum au mariage est encore avancé à 17 ans pour la femme et à vingt ans pour l’homme. Toujours plus tard, à l’occasion du 50e anniversaire de la promulgation du CSP, le président Zine el-Abidine Be Ali décide d’unifier cet âge pour les jeunes des deux sexes. Toutefois, le CSP est confronté aux idéologies radicales des chefs religieux. Ainsi, la dot existe toujours, l’homme est encore considéré comme le chef de famille et l’héritage est complètement inégalitaire : la charia accorde aux hommes une part double par rapport à celle des femmes (l’un des rares cas où le droit islamique est appliqué en Tunisie). • Valeurs et caractéristiques • Partage / Entraide • Respect / Pudeur / Politesse • Goût du travail • Écoute • Pardon • Plaisir • Humour / Enthousiasme • Patience • Curiosité • Débrouillardise • Gentil • Critique 86 87 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Beït el qâad : « qâad » voulant dire « assise », cette expression veut dire « salle de l’assise », plus communément appelée « salon ». Beït ennoum : « Noum », c’est le sommeil ; la « beït ennoum » est donc la « chambre à coucher ». Beït erraha : « Raha » veut dire « repos » ou « récréation », mais la « Beït erraha » veut dire « toilettes, w.-c. ». Beït saboun : « Saboun » est une déformation du mot « savon » (cf. définition) ; « beït saboun » veut donc dire « salle du savon », plus communément appelée « lingerie » ou « buanderie » en français. Bortmène C’est la manière « tunisifiée » et donc déformée de nommer « l’appartement », mais le mot tunisien « Dar » ci-après est plus fréquemment utilisé. Cabinets Alors qu’en France, il peut s’agir du Cabinet du Premier Ministre… en Tunisie, il s’agit tout simplement « des toilettes ». Voir aussi « Knif » et « Mihadh ». Chebbek Ce mot veut dire « fenêtre » et je l’ai mentionné uniquement parce que son pluriel pourrait faire penser à une insulte pour un non-initié : « Chbèbek » Rien à voir avec « Nâan din Bebek » (qui est – me semble-t-il une expression inventée par les Français) ! Coumoudinou / Coumidinou De l’italien « commodino », il s’agit d’une « commode ». à 500 m, la goulette (la plage, le café vert, l’Ose, le marché aux poissons, une synagogue) à moins d’un km, le travail en séance unique (de 8 heures à 15 heures). Amboula / Ambouba C’est le mot tunisien, emprunté au français, pour évoquer l’ampoule : Fatma, c’est qui ce Monsieur ? Si ton papa l’a dit : li veni li réparé « l’amboula ». Balcoune / Barcoune À la lecture des mots précédents, je suis sûre que vous avez deviné qu’il s’agit du « balcon » dit « à la tunisienne ». Bravo à vous ! Baniou / Banou De l’italien « bagno » qui signifie « bain » et « salle de bains », le Tune a emprunté ce mot pour dire « baignoire » : Tu as mis à couler l’eau du « baniou » ? (Cf. Beït el Baniou) Barwita C’est la façon arabisée de prononcer le mot « brouette ». Cependant, les Tunisiens utilisent ce même vocable pour évoquer la « cabane » : le pauvre, il habite avec sa femme et ses trois enfants dans une « barwita » derrière la gare du « TGM » ! Beït De l’hébreu et de l’arabe « beït » qui signifie maison, ce mot est utilisé pour évoquer la « chambre » ou la « salle » ou encore la « pièce ». Beït el baniou : salle de bains. Beït el mouna : cette pièce existe peut-être encore dans les très anciennes maisons car il s’agit d’un lieu où l’on stockait les provisions et qui, la plupart du temps, se trouvait à proximité de la cuisine. 88 89 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Kougina Provenant du mot italien « cucina » qui signifie « cuisine », dont la prononciation a été quelque peu arabisée. Loukkèla / Oukkèla Du mot français « local », signifie « petit local » ou « remise » ou encore « grange » : je n’arrive pas à remettre la main sur ma caisse à outils. Pascale, tu sais où elle est ? Va voir dans la « loukkèla », je crois que je l’ai vue là-bas hier. On appelle aussi « Loukkèla » un ensemble d’habitations modestes réunies autour d’une cour commune (voir « Sqifa ») ou plusieurs chambres disposées autour d’une cour centrale avec cuisine et toilettes communes. Mariou De l’italien « armadio » qui signifie « armoire », le JT en a changé la prononciation : j’t’en prie, va me chercher le foulard rouge qui est dans le « mariou » ! Moubilya Encore un mot français arabisé, car il s’agit du mobilier. Qâsriya Signifie « pot de chambre » : tu te rends campte, Audrey, elle a épousé un homme de vingt ans de plus qu’elle ! Quoi, la pauvre, elle a bien réfléchi ? Maintenant, ça va encore… Mais dans quelques années, c’est « qâsriya et trongiya » ! (ou « pot de chambre » et « tisane » Réaliste, non ? ). Sebbèla Signifie fontaine ou robinet. (Note du frère de l’autrice : Notre père racontait que Tania adorait, étant petite mettre sa tête sous l’eau du robinet du jardin, même en plein hiver.) Coussin Quelle que soit sa taille et/ou sa forme, le JT ne parle jamais d’oreiller, mais toujours de coussin. Dar Il s’agit simplement du lieu d’habitation (appartement ou maison) et comme nombre d’autres, ce mot change selon son appartenance : Dari (ma maison), Darek (ta…), Darou/Dar’hè (sa…), Darnè (notre…), Darkom (votre…), Dar’hem (leur…). Voir aussi « Bortmène » ci-dessus. Dokkènè Il s’agit d’un « banc de pierre, d’une banquette maçonnée ». L’assise est dure, certes, mais elle reste assez fraîche pendant les journées chaudes d’été. Au « café des délices », la plupart des sièges sont des « dokkènès », recouvertes de nattes. On appelle aussi « dokkènè » le plan de travail dans les cuisines. Fondouk Le « fondouk » est un lieu où l’on entrepose les marchandises. Cependant, le JT utilise ce mot pour parler d’un endroit où règne une grande pagaille : Lalou, c’est quoi cette chambre, une poule n’y retrouverait pas ses œufs ! Quel « fondouk » ! Tu attends quoi pour ranger ? Knif Je n’ai pas pu m’empêcher de mentionner ce mot qui ne ressemble pas du tout à un mot arabe et je crois d’ailleurs qu’il n’est que tunisien. Il signifie « W.-C ». En tunisien, on utilise aussi les mots « Mihadh », ou « Beït erraha » (voir « Beït ») qui font plus penser à de l’arabe, n’est-ce pas ? 90 91 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 de déniaiser les jeunes garçons). Je me souviens très bien de quatre d’entre elles : – Salha a été la première puisqu’elle a été notre « nourrice » à Dov et moi. Elle était très maternelle et s’occupait de nous de manière exemplaire. Bien sûr, il lui arrivait de proférer des menaces du type « Tacio tifèz » (comprenez « attention à tes fesses »), mais elle ne les mettait jamais à exécution. Lorsque nous avons déménagé de Tunis au début des années 1970 pour habiter à Kheireddine, ville balnéaire située à une quinzaine de kilomètres de la capitale, donc moins polluée, elle n’a pas pu nous suivre car les trajets étaient trop longs pour elle. Nous avons connu ensuite Mabrouka et ses sœurs : – Mabrouka est celle qui est restée le plus longtemps (environ une dizaine d’années) et, venant de Béja, donc connue et appréciée par mes grands-parents paternels, elle a vécu avec nous jusqu’à son mariage en 1977, c’est-à-dire jusqu’à mes quinze ans, environ. En 1974, lors d’une visite chez les siens à Béja, elle avait rencontré celui qui allait être son mari, Mokhtar, qui était professeur et qui faisait alors son service militaire. Comme il lisait parfaitement le français et qu’elle ne savait pas l’écrire et que, bien entendu, les deux tourtereaux voulaient communiquer, je me souviens avoir écrit pour elle plusieurs lettres d’amour (dont elle me disait les mots en arabe afin que je les traduise et les écrive en français) et lui avoir lu et traduit, celles de son futur époux… J’étais bien jeune pour une telle prose ! – la première sœur Dhehbiya est venue prendre le relais mais elle avait promis à un cousin de mon père d’aller travailler chez lui ; elle est donc restée chez nous une petite année. – Puis est venu le tour de la troisième sœur, Rebbeh qui a vécu chez nous jusqu’à ce que mon plus jeune frère Gabriel quitte la Tunisie pour faire ses études en France. Sougamanou De l’italien « asciuga mano » qui signifie littéralement « sèche main », il s’agit de la serviette de toilette. Sqifa C’est le vestibule ou le patio central des anciennes maisons tuni- siennes, par lequel on devait passer pour accéder aux différentes pièces. Tawla Contraction du mot italien « tavola » ou « table » : « Âaïch » Broria, mets, mets le tapis vert sur la « tawla », on va se faire un ramy avec Marcella, je lui dois une revanche ! « Tcha » les pois chiches grillés pour compter les points ?… et un peu pour grignoter, bien sûr… Tilifoune C’est la façon tunisienne de prononcer le mot français « téléphone ». Nous l’utilisions peu car d’une part, nous préférions de loin nous voir pour discuter de visu, avoir les mimiques et les gestes de nos interlocuteurs et d’autre part, cela revenait un peu cher. Zebla Signifie « poubelle » ou « détritus ». • Quartier et Voisinage La Houma C’est le « quartier » ses rues, ses commerçants et ses voisins. Les bonnes Tour à tour nourrices, cuisinières, femmes de ménages, dames de compagnies, clowns, confidentes, sœurs, mères (il leur arrivait aussi 92 93 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 à tour : Carlo, Tarak, Parasite (Dominique), Dzédzé (Serge), Lella (Leyla), Arielle, Petit Boc, Grand Boc et Bocquette (deux frères et une sœur Boccara), À Kheireddine, où nous avons déménagé en 1977, nous avons habité dans une villa de 4 pièces achetée par « Kiki » (le grand- père paternel), et où, auparavant, nous allions seulement passer nos vacances d’été. Les Merlette (hippies) – Les Samama (Mère Michelle – Enfants) : Paquita ma copine et ses deux frères Philippe (l’aîné) et Eric (le Benjamin) les Zarka Nos voisins les plus proches étaient un couple mixte avec trois enfants. La mère était belge et se prénommait Herviane (je crois que c’est la seule personne que je connaisse avec ce prénom, mais bon, elle était belge…), le père s’appelait Taïeb (c’était bien son prénom alors que c’est plutôt un nom de famille) et leurs enfants, – tous blonds lorsqu’ils étaient jeunes mais qui sont devenu châtains en grandissant –, se nomment Sami, Alia et Amel. Je suis toujours en contact avec eux aujourd’hui. Les deux sœurs vivent en Tunisie avec leurs familles respectives et le frère vit à Dublin avec son épouse d’origine turque et leurs deux enfants. Je me souviens bien d’Herviane qui parlait le français certes, mais avec de nombreux mots et expressions wallons qui me faisaient beaucoup rire et dont voici certains : – « Avoir mal la tête » Non, non, il ne manque aucun mot. Pourquoi ? – « Avoir de l’eau dans les caves » = Avoir un pantalon trop court (comme si on l’avait relevé pour ne pas qu’il soit mouillé) – « Boute-te du cul de la lune » = Écarte-toi du chemin ou du milieu Les voisins À Tunis, je me souviens vaguement de deux appartements où nous avons habité, l’un à la rue de Corinthe, l’autre sur l’avenue de la liberté. En revanche, je me rappelle lorsque nous avons déménagé pour loger dans un trois-pièces au deuxième étage d’un immeuble rue de la Marne, (devenue plus tard rue Cyrus le Grand) qui faisait un angle avec l’avenue de la Liberté qu’arpentaient de nombreux élèves du Lycée Carnot pour rentrer chez eux dans le quartier Lafayette, pour la plupart. En bas, se trouvait le cinéma « le Marivaux » – dont on voyait la terrasse de la fenêtre de notre cuisine – et à moins de 200 mètres, se trouvait la caserne des pompiers. Sur le trottoir d’en face – il y avait un square et de l’autre côté de ce dernier – habitaient mes copines arabes : Fatma, Samira et trois ou quatre autres dont j’ai oublié les prénoms. Nous nous retrouvions au square et nous jouions à la corde, à l’élastique, à la marelle ou à faire la ronde en chantant. Je me souviens avoir répété comme elles, sans comprendre, les paroles suivantes : « Debout maté, j’ai entré la figure de paille paille… ». Beaucoup plus tard, j’ai appris ce que cette chanson disait réellement : « De bon matin, j’ai rencontré, la fille du coupeur de paille » et j’en ai beaucoup ri. De temps en temps, il m’arrivait d’aller chez mon oncle Gino et ma tante Jacqueline pour passer un après-midi avec mes cousines Yaël et Nathalie, dans le quartier de Lafayette. Adolescente, mes parents m’accompagnaient chez Tam (surnom pour Tamara) qui était la mère de Karine (autrement appelée « Po » ou « Kaki » puis « Djo ») et de Stéphane (« Teffy »). Tam était toujours prête à accueillir les amis de ses enfants et c’est ainsi que j’y retrouvais Faïza (« Faï », qui, comme moi, était une habituée) et, tour 94 95 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 fils ne me laissait pas indiff érente), Adda, Brami, Cohen, le rabbin Pinson et son épouse, etc. Et sans se consulter, ni s’appeler, tout ce petit monde, (sauf le rabbin et sa femme), avait une sorte de rendez- vous, tous les jours sans aucune lassitude, sur la minuscule plage de la Buvette. À moins d’un kilomètre plus loin, à la Goulette, je retrouvais les Hagège, Dana (dont Taïta, la copine de ma grand-mère, avec laquelle elles passaient des heures au café vert), Guedj, Boccara (d’autres), Sitbon (d’autres cousins et notre grand-mère commune), Sebag, Samama, Berrebi, Simeoni, Petroff , Bismuth, Fitoussi, ainsi que Chouchane qui était noir et ami de tous les JT, etc. Et il m’arrivait d’aller avec mes cousins sur « leur » plage. Lorsque nous étions lassés des sables de la Buvette ou de la Goulette, l’un d’entre nous qui conduisait, proposer d’aller « beaucoup » plus loin à une quinzaine de kilomètres sur les plages de Gammarth ou de Raouad et, étonnamment, nous retrouvions les mêmes personnes ! Ceux que tout le monde connaissait : Le patron de la baraka : Saad Le joueur et danseur : Boulin joueur aux courses, amuseurs, danseur Le rabbin Pinson et son épouse Le docteur Khalfon Le docteur Bédoucha, pédiatre Les pleureuses au cimetière du borgel, son état vétuste mais tout de même mieux tenu que ceux de province Le bedeau de la Goulette : Julot Le noir de la Goulette copain de tous les feuj : Chouchane – « Être crollé(e) » = Avoir les cheveux bouclés – « Donner une baise » = Faire une bise ou un bisou – « Un essuie » = Une serviette de toilette ou de table, ou encore un torchon de cuisine – « Quelle chaleur de rat d’égout » = No comment – « Qu’est-ce que j’en peux, moi ? » – « Qu’il (elle) est “mamé(e)” » = Comme il (elle) est mignon(ne) – « S’il vous plaît » = merci, mais aussi selon l’intonation : pardon, pouvez-vous répéter ? – « Testo po, va » = Arrête de dire des bêtises – « Ti ayya, viens, hein » = Mélange d’arabe (cf. la définition des deux premiers mots), de français et de wallon (le mot « hein » dont on entend bien le « H » et dont la fin un peu traînante donne à peu près ceci : « Hhein-ii ») – « Tire ton plan » = Débrouille-toi ou encore, selon le contexte : va-t’en. Je trouve cependant bien dommage de ne pas pouvoir vous faire entendre ces mots avec l’accent d’Herviane. Par ailleurs, Herviane m’a appris à jouer au scrabble et avec mes progrès, nos parties duraient de plus en plus longtemps. Peu nous importait qui gagnait, nous avions tout simplement plaisir à nous retrouver et à nous creuser les méninges. Je me rappelle aussi d’Amel, qui est née alors que j’avais 15 ans : c’était ma poupée avec laquelle j’ai apparemment bien su jouer le rôle de mère… puisqu’elle dit aujourd’hui que je suis « sa deuxième maman ». Pendant l’été, les JT ou autres Tunisois venaient en nombre habiter les villas environnantes et je retrouvais ainsi les Samama, Khayat, Martinez, Chiche, Saal, Lumbroso (les grands-parents de Daniela), Taïeb, Namer, Sitbon (mes cousins), Memmi, Castro, Raccah, Fellous, Boccara, Sarfati, Berrebi, Passalacqua, Hassid, Diamant, Vassalo, Smadja, Hozé, Melloul, Uzan (dont l’un des deux 96 97 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Zourouni / Zourounè Signifie « venez me voir / venez nous voir ». Le JT aime recevoir les amis ou la famille et il propose toujours de revenir le voir. Les Tunisiens ont le goût de la vie en communauté, dans le respect de chacun. Deux lieux sont à cet égard symboliques : le hammam et le café. Ainsi, il existait auparavant peu de salles de bains dans les maisons, le hammam tenant alors une place très importante. Ce fut aussi pendant longtemps la seule sortie autorisée aux femmes qui s’y retrouvaient entre elles durant l’après-midi. Les hommes quant à eux s’y rendaient le matin ou le soir pour bavarder entre amis. Aujourd’hui, la dimension hygiénique a laissé la place à la dimension de détente. Par ailleurs, les hommes ont l’habitude de se rendre au café. Là, ils boivent du café ou du thé à la menthe (rarement de l’alcool), discutent, fument des cigarettes ou jouent aux dominos. Ils peuvent également fumer la chicha, c’est-à-dire fumer du « tombac » – plante très proche du tabac que l’on fait bouillir – dans une pipe à eau (narguilé). Écologie – Les bouteilles en verre étaient retournées au magasin (elles étaient ensuite retournées à l’usine pour être lavées, stérilisées et réutilisées). – On n’avait pas d’escaliers roulants, on les montait à pied – On se déplaçait à pied quand cela était possible – On n’avait pas besoin de coach sportif. – On ne connaissait pas les protections hygiéniques pour femmes et pour bébé : on utilisait du coton ou des tissus que l’on lavait – On n’avait pas de lingettes pour l’hygiène du corps et de la maison : on utilisait le savon et la « halfa » ou le gant de crin – On n’avait pas de sèche-linge : le linge séchait donc à l’extérieur – Après le bain de mer, on se rinçait avec de l’eau que l’on avait préalablement fait chauff er par le soleil. • Vie en communauté Fréquentations Les parents JT sont très « à cheval » sur les fréquentations de leur progéniture : Tu sais Taïta, j’ai un peu peur pour ton petit-fils et ses « fréquentations » du Lycée de La Marsa… Essaye de lui parler… sans dire que c’est moi qui t’ai dit, hein… Fréquenter En Tunisie, lorsqu’un garçon courtise une fille et qu’il le fait ouvertement, on dit qu’il la « fréquente », autrement dit qu’il « sort avec elle » : Alors, c’est pour quand le mariage de Martine ? Attends ! Elle vient à peine de commencer à le « fréquenter » ! Laisse-lui le temps… Koum Koupinach Bizarre comme expression, me direz-vous… de plus, elle est dans la liste des mots latins arabisés… Vous ne voyez pas ? Je vous explique : et si je vous disais « comme copinage », c’est déjà plus compréhensible, n’est-ce pas ?… Mais nous n’y sommes pas encore… À quoi cela vous fait-il penser ?… Bravo à ceux qui ont trouvé ! c’est bien ainsi que certains Tunisiens de langue arabe ont renommé le « concubinage » : Et Saloua, elle est mariée ? Lè, koum sa sœur Samira, « koum koupinach » ! Nous ne sommes donc pas vraiment loin d’une relation proche du « copinage », pas vrai ? Régal / Régalez-vous Le JT ne se régale pas seulement par la nourriture. Il peut aussi se régaler d’une situation ou d’un lieu : alors au programme ce soir « tabal ou zokra », danseuses orientales, DJ Tménikologue et gâteaux au miel… « Régalez-vous » ! 98 99 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Chtrater Origine inconnue mais cela signifie « sécher les cours » ou « ne pas aller au travail » : Et si on « chtratait » pour aller au « Mégara » (hôtel à Gammarth, avec piscine) réviser le bac ? Visite médicale annuelle obligatoire à l’infirmerie de l’école : On mettait l’accent sur le contrôle et le respect de l’hygiène corporel. Je me souviens qu’on vérifiait régulièrement la propreté des élèves (les ongles et les oreilles en particulier et parfois les cheveux), surtout dans les classes primaires. À titre de prévention, des contrôles de santé assez réguliers étaient eff ectués par un médecin et une infirmière en plus des vaccinations obligatoires pour tous les élèves. Respect des professeurs : À l’époque, on respectait beaucoup les instituteurs qui, dans leur majorité, savaient imposer une certaine discipline tout en gardant une ambiance « bon enfant ». Dès qu’un enseignant ou un adulte rentrait en classe, par respect, les élèves se levaient aussitôt et restaient debout jusqu’à ce que leur instituteur les autorise à s’asseoir. Les punitions utilisées parfois par certains instituteurs (je ne sais pas pourquoi, particulièrement par ceux qui enseignaient l’hébreu) étaient « les coups, avec une règle carrée, sur les bouts des cinq doigts rassemblés, ou bien les coups de règle plate sur la paume de la main » ! Avant les stylos : On écrivait avec des porte-plume qu’on trempait dans un encrier qui était incrusté, dans un trou percé de la table, entre les deux élèves. On employait les buvards pour sécher les lignes humides d’encre. Les plus chanceux utilisaient des stylos à encre et des bouteilles d’encre Waterman. Les stylos à bille, qui étaient une nouveauté, donc très chers, n’étaient pas admis en classe, parce qu’ils ne donnaient pas les pleins et les déliés exigés et parce qu’ils déformaient la page du cahier. – Les vêtements des enfants passaient de l’un à l’autre ; ils étaient lavés à la main, puis séchés au vent et/ou au soleil – Dans les maisons, on n’avait qu’une radio et quelquefois une télévision – En cuisine, on n’avait pas de batteur électrique. On utilisait le fouet ou la fourchette pour les préparations culinaire, battre des œufs, etc. – Pour stocker des éléments cassables ou pour envoyer des colis, on utilisait de la ouate ou du papier journal pour les empaqueter. – On buvait de l’eau à la fontaine – On achetait des bouteilles d’encre et des cartouches pour remplir nos stylos-plumes – On achetait les livres d’école d’occasion et on gardait les cartables et le matériel scolaire jusqu’à usure complète. – On avait une prise de courant par pièce et encore – Nous n’avions pas de four alors nous amenions nos préparations chez le boulanger (el Koucha) pour qu’il les fasse cuire au feu de bois. – Nos jeux d’enfants : élastique, corde à sauter, marelle, billes, noyaux d’abricots, osselets qui étaient des petits cailloux, balançoire, cache-cache, cabanes dans les arbres, cow-boy et indiens, châteaux de sable, on s’aspergeait d’eau, on allait les uns chez les autres (pas d’ordi, ni téléphones portables, ni playstation…), on regardait des dessins animés à la télé, on organisait des kermesses, on jouait aux cartes. Quand les parents avaient un peu d’argent, on avait des vélos et on s’en servait. • Éducation – École Schkola / Skola De l’italien « scuola », signifie « école ». Ce mot « schkola » était surtout dit par les anciens… 100 101 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Par la barbichette Le premier De nous deux Qui rira Aura une tapette ! » « Un, deux, trois, Allons dans les bois ! Quatr’, cinq, six Cueillir des cerises ! Sept, huit, neuf Dans mon panier neuf ! Dix, onze, douze Elles seront toutes rouges ! Une poule sur un mur Qui picore du pain dur Picoti, picota Lève la patte et puis s’en va. » « On l’appelait nez rouge, Ah comme il était mignon, Le petit renne au nez rouge, Rouge comme un lumignon… » « Une souris verte, Qui courait dans l’herbe Je l’attrape par la queue, Je la montre à ces messieurs Ces messieurs me disent : Trempez-la dans l’huile Trempez-la dans l’eau, Ça fera un escargot Tout chaud ! Je la mets dans un tiroir, Elle me dit qu’il fait trop froid ! Je la mets dans mon chapeau, Mon père avait une très belle écriture et a longtemps utilisé les porte-plume (Je me souviens de la série de plumes « sergent-major » posées sur son bureau !) qui permettaient d’écrire avec des « pleins et delies ». De même, au tableau noir, avec des morceaux de craie de différentes couleurs, il s’appliquait à mettre en relief cette technique des « pleins et delies ». J’avoue que c’était du plus bel effet. Ce n’est que bien plus tard qu’il adopta la « pointe Bic » Nos Comptines en cours de musique, pendant la récréation ou à la maison : « Pomme de reinette et pomme d’api Tapis tapis rouge Pomme de reinette et pomme d’api Tapis tapis gris » « Au feu les Pompiers, la maison qui brûle, Au feu les Pompiers, la maison brûlée C’est pas moi qui l’ai brûlée, C’est la cantinière, C’est pas moi qui l’ai brûlée, C’est le cantinier ! » « Bonjour Guillaume As-tu bien déjeuné Oh oui mesdames J’ai mangé du pâté pâté d’alouette Guillaume Guillaumette Chacun s’embrassera Et Guillaume restera » « Je te tiens Tu me tiens 102 103 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Et la tête (bis) Et les yeux (bis) Et le bec (bis) Alouette (bis) ah Je te plumerai les ailes, (bis) Et le cou (bis) Et la tête (bis) Et les yeux (bis) Et le bec (bis) Alouette (bis) ah Je te plumerai le dos (bis) Et les ailes (bis) Et le cou (bis) Et la tête (bis) Et les yeux (bis) Et le bec (bis) Alouette (bis) ah ! Je te plumerai les pattes (bis) Et le dos (bis) Et les ailes (bis) Et le cou (bis) Et la tête (bis) Et les yeux (bis) Et le bec (bis) Alouette (bis) ah » « Au clair de la lune, Mon ami Pierrot, Prête-moi ta plume Pour écrire un mot. Ma chandelle est morte, Je n’ai plus de feu. Ouvre-moi ta porte, Pour l’amour de Dieu. Au clair de la lune, Pierrot répondit : Je n’ai plus de plume, Elle me dit qu’il fait trop chaud ! Je la mets dans ma culotte Elle me fait trois petites crottes. » « Ainsi font, font, font, Les petites marionnettes, Ainsi font, font, font Trois p’tits tours et puis s’en vont. Les poings au côté, Marionnettes, marionnettes, Les poings au côté, Marionnettes sautez, sautez. » « À la claire fontaine, M’en allant promener, J’ai trouvé l’eau si belle Que je m’y suis baignée. Il y a longtemps que je t’aime, Jamais je ne t’oublierai. Sous les feuilles d’un chêne Je me suis fait sécher ; Sur la plus haute branche Le rossignol chantait. Il y a longtemps que je t’aime, Jamais je ne t’oublierai. Chante, rossignol, chante, Toi qui as le cœur gai, Tu as le cœur à rire Moi je l’ai à pleurer ! Il y a longtemps que je t’aime, Jamais je ne t’oublierai. » « Alouette, gentille alouette, Alouette, je te plumerai. Je te plumerai les yeux, (bis) Et le bec (bis), Alouette (bis) Ah ! Alouette, gentille alouette, Alouette, je te plumerai. Je te plumerai la tête, (bis) Et les yeux (bis) Et le bec (bis) Alouette (bis) ah Je te plumerai le cou, (bis) 104 105 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 « En passant par la Lorraine, Avec mes sabots Rencontrai trois capitaines, Avec mes sabots dondai-ne Ho ! Ho ! Ho ! Avec mes sabots. » « J’ai descendu dans mon jardin (bis) Pour y cueillir du romarin. Gentil coq’licot, Mesdames, Gentil coq’licot nouveau. » « Il était une bergè-re, Et ron, et ron, petit patapon, Il était une bergè-re, Qui gardait ses moutons, Ron, ron Il pleut, il pleut, bergère, Presse tes blancs moutons, » « J’ai du bon tabac, Dans ma tabatière, J’ai du bon tabac, Tu n’en auras pas ! J’en ai du fin et du râpé, Mais ce n’est pas pour ton vilain nez, J’ai du bon tabac, Dans ma tabatière, J’ai du bon tabac, Tu n’en auras pas ! Je suis dans mon lit. Va chez la voisine, Je crois qu’elle y est. Car dans sa cuisine On bat le briquet. » « Aux marches du palais, Aux marches du palais Y’a une tant belle fille lon-la, Y’a lune tant belle fille. Elle a tant d’amoureux Qu’elle ne sait lequel prendre. C’est un p’tit cordonnier Qui eut sa préférence C’est en l’a l’y chaussant Qu’il lui fit sa demande La bell’, si tu voulais, Nous dormirions ensemble, Dans un grand lit carré, Couvert de toiles blanches ; Aux quatre coins du lit, Un bouquet de pervenches. Dans le mitan du lit, La rivière est profonde Tous les chevaux du roi Y viennent boire ensemble Et là, nous dormirions Jusqu’à la fin du monde » « Cadet Rousselle a trois maisons, Qui n’ont ni poutres ni chevrons. C’est pour loger les hirondelles, Que direz-vous d’cadet Rousselle ? Ah ! Ah ! Ah ! mais vraiment, Cadet Rousselle est bon enfant. » 106 107 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 « Prom’nons nous dans les bois Pendant que le loup n’y est pas ! Si le loup y’était, il nous mangerait Comme il n’y est pas, il nous mang’ra pas ! Parlé : – Loup y’es tu ? – Non ! – Que fais-tu ? – Je mets mes chaussures. au refrain La chanson continue pendant que le loup s’habille : – Je mets ma culotte – Je mets ma chemise – Je mets mon chapeau – Je mets mon manteau etc. Parlé : – Loup y’es tu ? – Oui, je prends mon fusil ! – Au secours ! Les enfants se sauvent et le loup essaye d’en attraper un : – Je suis loup qui te mangeras – Je suis biche, je suis biche qui me défendra » « Le bon roi Dagobert, Avait sa culotte à l’envers. Le grand Saint Loi Lui dit : “ô mon roi Votre majesté Est mal culottée”. “C’est vrai lui dit le roi, Je vais la remettre à l’endroit”. » Trois jeunes tambours, s’en revenaient de guerre et ri et ran, ran pan tan plan » « Malbrough s’en va t’en guerre, Mironton, mironton, mirontaine, Malbrough s’en va t’en guerre, Ne sait qu’en reviendra. Il reviendra z’à Pâques, Ou à La Trinité (Ter) La Trinité se passe, Malbrough ne revient pas. (Ter) » « C’est la mère Michèl qui a perdu son chat, Qui cri’ par la fenêtre qui est-c’ qui lui rendra. Et l’compèr’ Lustrucru qui lui a répondu : Allez la mèr’ Michel, vot’chat n’est pas perdu Sur l’air du tra léri léra, Sur l’air du tra léri léra Sur l’air du tra léri léra, Et tra la la ! » « Meunier, tu dors, ton moulin, ton moulin va trop vite, Meunier, tu dors, ton moulin, ton moulin va trop fort ! Ton moulin, ton moulin va trop vite, ton moulin, ton moulin va trop fort ! » « Mon père m’a donné un mari, Mon Dieu, quel homme, quel petit homme ! Mon père m’a donné un mari, Mon Dieu, quel homme, qu’il est petit ! » 108 109 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Lycée Armand Fallières : 48 Lycée Carnot Lycée Jules Ferry : 55/56 Lycée de la Marsa Lycée de Mutuelleville École de garçons Rue de colmar 58 à 62 Jardin d’enfants chez les sœurs rue de hollande « Notre dame de Sion », cp rue glatigny, 10e à terminale à carnot. Il existait d’autres écoles primaires dont les principales que certains JT ont connues : Scipion l’Africain, Khaznadar, École Malta Sghira : une école primaire pour garçons, qui préparait au CEP et aux examens d’entrée en sixième, et une école secondaire qui préparait au BEPC et a l’entrée en seconde dans d’autres lycées (principalement Le Lycée Carnot) ou collèges. Madame de Dieu : 1re institutrice Mme Ardouin : prof de français, m’a fait aimer et joué au théâtre : toinette = succès M. Malice : prof d’histoire géographie Monsieur Morvan, Monsieur Paollilo, M. Le Chalupet, M. et Mme Castel, Mme Ricignolo, M. Ferrand, M. Meunier, M. Deléage, Mme Collod, prof de français Programmes Le programme des études était fixe selon celui pratique dans les écoles françaises. On utilisait les mêmes livres : Par exemple, les livres de lectures Souchet ou on étudiait des extraits des classiques de la littérature française, comme Cosette et le seau d’eau extrait des Misérables de Victor Hugo, Les moutons de Panurge, Le grand Maulne, l’histoire bouleversante de Remy et Vitalis extrait de Sans Famille, Tartarin de Tarascon, les fables de La Fontaine (Le Laboureur « Savez-vous planter les choux ? À la mode, à la mode ! Savez-vous planter les choux ? À la mode de chez nous ! On les plante avec les pieds À la mode, à la mode On les plante avec les pieds À la mode de chez nous. On les plante avec les mains À la mode, à la mode On les plante avec les mains À la mode de chez nous. On les plante avec le nez À la mode, à la mode On les plante avec le nez À la mode de chez nous. » ÉCOLES ET LYCÉES À TUNIS Maternelle de la rue Arago Maternelle de la rue Glatigny École Émilie de Viallars École de l’Alliance : 41/42/ École de l’Ariana École de la Goulette École de la rue d’Angleterre École de la rue Bèb el Khadhra École de la rue de Marseille École de la rue Mechnaka École de la rue des Protestants Collège Paul cambon 51/59/60… 64 110 111 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 et enfin de la sixième à la terminale, à l’entrée bordée de bougainvilliers violets qui donnait sur la rue Guynemer. Ah, cette rue Guynemer, qui a vu passer tant d’élèves… Je me rappelle d’un cours sur les couleurs en 11e. J’avais alors appris ma première poésie : « Une pomme rouge, couleur de ta bouche, un feuillage vert ». Il ne s’agissait que de trois lignes, mais ma foi, très efficaces, puisque je m’en souviens encore ! À partir de la 10e, les juifs, de nationalité tunisienne de langue maternelle française, ont dû suivre obligatoirement des cours d’arabe, ce qui n’était pas évident car l’arabe littéraire ou classique est beaucoup plus difficile de l’arabe parlé tunisien où l’on utilise beaucoup de français. Je me souviens de mon premier cours qui consistait à comprendre la différence entre les syllabes longues et les syllabes courtes : « Bèqaron » (qui signigie « vache » et dont la première syllabe est courte) – « Bèèbonn » (qui veut dire « porte », dont la première syllabe est longue) – « Bè – Bèè » et là, c’est un troupeau de chèvres – en l’occurrence les élèves – qui répète des syllabes courtes et longues pour bien retenir la leçon. La première chanson que j’ai apprise commençait ainsi : « Diki diki, intè sadiqi » (je ne sais plus si j’en avais saisi le sens à l’époque, mais aujourd’hui, je peux et je suis fière de vous donner la traduction : « mon coq, mon coq, tu es mon ami » Recherché, n’est-il pas ?) En sixième, j’ai beaucoup apprécié mes premiers cours de théâtre avec notre professeur de français, Madame Hardouin : j’ai joué, devant un public de parents, d’élèves et de professeurs, le rôle de « Toinette » dans Le malade imaginaire de Molière : « Diantre soit fait de votre impatience, vous pressez si fort les personnes que je me suis donné un grand coup de la tête contre la carne d’un volet ». et des enfants, Le lièvre et la tortue, Le corbeau et le renard…) etc. D’autre part, on avait la possibilité d’emprunter chaque semaine un livre de lecture à la petite bibliothèque de l’école ou parfois de la classe. Le Lycée Carnot C’est dans cet établissement qui occupait tout un « pâté » de maison (soit près de 4 000 m2) que deux de mes frères (Dov et Gad) et moi avons suivi toutes nos classes de la maternelle (qu’on appelait 12e à l’époque) jusqu’à la terminale. C’est là que j’ai rencontré des personnes qui sont devenues des amis et que je vois encore aujourd’hui pour le plaisir d’évoquer de bons souvenirs et d’en créer de nouveaux… C’est aussi dans ce lycée que sont passées, pour une période plus ou moins longue, certaines personnalités dont, par exemple : Habib Bourguiba (Président de la République tunisienne), Joseph Sitruk (grand rabbin de France), Albert Bessis (politicien), Férid Boughédir et Serge Moati (réalisateurs), Gisèle Halimi (avocate et féministe), Azzedine Alaïa et Loris Azzaro (grands couturiers), Philippe Seguin (Homme politique), Albert Memmi et Colette Fellous (Ecrivains), Michel Boujenah (comédien), George Wolinski (dessinateur), pour ne citer qu’eux… (Pour plus de détails, cf. la partie « Personnalités »). Je me rappelle du proviseur, très impressionnant qu’était Monsieur Keller…, les professeurs Je me souviens des quatre cours de récréation pour les classes : De 12e et 11e (Maternelle et CP aujourd’hui) De 10e et 9e (CE1 & CE2) Dont les deux entrées donnaient sur l’avenue de Paris, De 8e et 7e (CM1 & CM2) dont l’entrée se trouvait sur une petite rue (dont j’ai oublié le nom) mais perpendiculaire à l’avenue Habib Thameur ; 112 113 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 lycée français de Tunis, situé dans la banlieue nord, à Marsa Plage et accueillant des élèves de la sixième à la terminale. Il bénéficie d’un cadre agréable avec des espaces boisés et fleuris. C’est le seul lycée français de Tunis qui possède un internat mixte. Il compte quatre bâtiments et dispose aussi d’une cafétéria. Ce lycée français est toujours en activité aujourd’hui. École de l’Alliance Israélite Universelle Avec une trentaine de classes de la 11e (CP) à la 3e (BEPC), afin de répondre aux attentes des familles israelites qui souhaitaient conserver leur identité, cette école a été ouverte dans la rue Malta Sghrira (ou « Petite Malte ») vers la fin des années 1870 pour fermer ses portes un siècle plus tard. Elle avait pour mission de dispenser d’une part, les programmes de l’enseignement public français et d’autre part l’hébreu ainsi que l’histoire et la religion juives. Nombreux sont les JT qui en ont gardé un souvenir inoubliable. École des sœurs Émilie de Vialar J’en ai un souvenir vague mais je sais qu’elle se trouvait non loin du théâtre Municipal et que j’y ai passé une année scolaire. Je pense que ce devait être la 12e, juste après l’école maternelle de la rue Glatigny et avant le Lycée Carnot. Je me souviens y avoir appris la politesse, le respect des autres et le silence. Comme j’étais très bavarde, les sœurs me collaient un morceau de toile adhésif sur les lèvres mais cela ne m’arrêtait pas : en mouillant l’adhésif avec ma langue, j’arrivais à le décoller et à continuer à parler doucement… École Glatigny Construite à l’aube de l’indépendance tunisienne en 1956 par Charles Haddad, cette école juive maternelle qui existe toujours, se situe dans la rue Glatigny, juste derrière la Grande Synagogue de Tunis, dont elle est l’annexe. Nombreux sont les JT à l’avoir fréquentée. J’y suis moi-même allée et mes parents m’ont raconté En 4e, après l’arabe obligatoire, j’ai eu enfin la possibilité d’apprendre une seconde langue vivante et bien sûr, j’ai choisi l’anglais. Je me rappelle bien de « My Bonnie lies over the ocean… » qui fut la première des chansons que nous avons dû apprendre. J’ai su plus tard que les « Beatles » l’avaient interprétée. Je me souviens que, de la sixième à la terminale, toutes les tables étaient remplies de petits messages d’insultes, d’amour ou autre, écrits de toutes les couleurs et lorsqu’on s’ennuyait, on pouvait soit lire, soit poursuivre des conversations… Je me rappelle aussi que de nombreux chewing-gums étaient collés sous toutes les tables. Cette éducation, au sein d’un monde multiculturel et multiracial, nous a appris le respect, l’altruisme et l’acceptation des différences. Lycée de Mutuelleville À l’origine, ce terrain de 4, 5 hectares est occupé par des bâtiments d’habitation pour le personnel de la gendarmerie française. Le 1er octobre 1956, la France rachète cet espace afin d’en faire une annexe du Lycée situé au centre de Tunis. La disposition des lieux permet l’aménagement de terrains de sport en terrasses. De son vrai nom « Lycée Pierre-Mendès-France », il s’agit du second lycée français de Tunis accueillant des élèves de la sixième à la terminale, situé dans la banlieue nord-est, sur une colline arborée. Il est surnommé affectueusement « PMF » ou « Mutu » par ses élèves. Ce lycée français est toujours en activité aujourd’hui. Lycée Cailloux Le lycée de La Marsa, de son nom initial « Lycée Maurice Cailloux » a été créé en 1960 et a gardé officiellement ce nom jusqu’à 1998, date à laquelle il a été rebaptisé « Lycée Gustave Flaubert ». Mais on l’appelle toujours « Lycée Cailloux ». Il s’agit du troisième 114 115 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 ORT À la fin du xixe siècle, des industriels russes juifs avaient créé une société pour récolter des fonds afin d’ouvrir des écoles de formation aux métiers d’artisanat et d’agriculture pour leurs congénères nécessiteux ; le but était d’élargir le champ des métiers qu’ils pouvaient exercer. Petit à petit, cette organisation a pris de l’ampleur jusqu’à en devenir internationale après la première guerre mondiale. En Tunisie, des écoles de formations aux d’électricité et de menuiserie pour les garçons et de couture pour les filles, ont vu le jour au début des années 1950. Avec le temps, les formations ont été diversifiées, permettant ainsi à des milliers d’enfants d’obtenir des diplômes et donc des métiers. Mon frère Gabriel qui avait des difficultés à suivre le cursus « normal » en école traditionnelle a pu obtenir un bac et un BTS qui lui ont permis d’avoir un métier, grâce à l’ORT… et bien sûr, il n’est pas le seul ! Dans les provinces aussi, il y avait des écoles françaises. Mon père se souvient encore d’une chanson, apprise en primaire, dans une école de Béjà : Nous sommes les enfants de Béja humble cité de la plus grande France et nous avons bien compris que déjà de nous dépend sa joie ou sa souff rance Dans le travail, dans la foi, dans l’air pur, nous tremperons notre corps et notre âme de couleur sang, d’espérance et d’azur notre ardeur est une vivante flamme Allons, fiers et joyeux marchons, tous radieux vivons pour notre France pour son immortalité ! que je vomissais tous les matins. Plus tard, ils se sont rendu compte que j’étais allergique au lait de vache et non pas à l’école. École Khaznadar Au début des années 1930, à Khaznadar (qui se trouve entre les quartiers du Bardo et de la Manouba), Sœur Marie-Joanna (de la Congrégation de Notre Dame de Sion) a fondé une école primaire ouverte à tous (musulmans, chrétiens et juifs) et qui dispensait les programmes de l’enseignement français. Mon frère Gad y a d’ailleurs effectué son année de CP, avant d’entrer au Lycée Carnot. Cette école est toujours ouverte aujourd’hui, mais elle est devenue un lycée privé, dirigé par des Tunisiens depuis la fin des années quatre-vingt. École Pinson Cette école a été fondée dans les années 1960 par le Rav Pinson, rue Durand-Claye à Tunis. Grâce à elle, les religieux ont pu suivre tous les cours, y compris ceux d’hébreu et de Torah. D’autre part, certains JT laïcs, n’ayant pas un niveau suffisant pour poursuivre leurs cours dans les écoles françaises, ont pu, grâce à l’école Pinson, obtenir un baccalauréat qui leur a permis d’accéder aux écoles supérieures. Mon frère Gabriel a été l’un d’entre eux car après suivi les cours de l’École Pinson à Tunis, il a pu obtenir un bac et un BTS en France. École Sitbon Cette école de grande renommée a été créée dans les années cinquante à la rue de la Kasbah (par les Sitbon : Émilie [ma grand- mère] et ses frères, Auguste, Maurice et Édouard) pour s’installer ensuite à la rue de Rome. Elle a formé de nombreuses générations de jeunes à la sténodactylo et à la comptabilité, leur permettant ainsi de commencer leur vie professionnelle. 116 117 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 alors qu’on roulait dans sa « batata » (surnom de sa R5 jaune, mais lire aussi la vraie définition), on a été arrêtées par un « boulice » en moto ?… Plus de peur que de mal, il s’ennuyait alors il voulait juste discuter ; j’crois que le jaune l’a attiré, comme les moustiques ! Bousta De l’italien « posta », c’est la poste où l’on passait autant de temps qu’en France à faire la queue, mais c’est aussi le courrier… À noter que « Busta », prononcé « bousta » en italien signifie « enveloppe ». Je profite de cette définition pour vous livrer un souvenir que m’a raconté Marie-Claire (une amie de la famille) : « Dans les vieux quartiers, les boîtes aux lettres n’existaient pas. Pour distribuer les lettres ou les colis, le facteur qui arrivait toujours à pied, se servait d’un sifflet pour prévenir l’immeuble qu’il était là. Tout le monde se retrouvait à sa fenêtre et en profitait pour prendre des nouvelles des voisins ! Le facteur criait le nom de chaque destinataire afin qu’il descende chercher son courrier. » Le « Breikeji » Il était assis derrière sa table (parfois recouverte d’un marbre), avec a cote de lui un grand récipient rempli d’huile bien chauffée. Après avoir huilé sa table, il prenait une petite boule de la pâte, qu’il avait préparée préalablement, et l’étalait avec un rouleau à pâtisserie ; puis après avoir ouvert un œuf cru sur la pâte, il ajoutait du persil et de l’oignon (haches finement et « revenus » sur le feu) ; parfois, à la demande, il ajoutait un peu de thon (et de la purée de pomme de terre), et finalement une pincée de sel et de poivre. D’un tour de main, il refermait la pâte par-dessus et envoyait la brick « faite a la main » dans le récipient bien chauffe et il en ressortait une brick dorée et craquante. Chengail Je n’ai pas réussi à trouver l’origine de ce mot mais il s’agit de « la personne qui conduit le camion de la fourrière » : Vite, vite, • Commerces et Métiers Âassess Ce mot tunisien vient probablement du français « assesseur » mais il a une autre définition. Si en français, il évoque une personne qui en assiste une autre dans ses fonctions, il veut dire « gardien, surveillant » en tunisien. Souvent, alors que personne ne les avait engagés, des hommes pauvres s’improvisaient « âassess » des terrains vagues où l’on se garait. ; ainsi, dès que quelqu’un reprenait sa voiture pour partir, il courait derrière pour recevoir une petite pièce : « tu as de la monnaie, y’a le « âassess » qui arrive ! » Avoucatou C’est la façon tunisienne d’appeler cet homme de loi (et non pas le fruit), entre l’italien (avvocato) et le français. Badroune (a) Banca Comme en italien, il s’agit bien de la banque. Barbou Il ne s’agit pas du barbu mais du « barbeau » Oui, oui, c’est ainsi qu’on appelle le proxénète en tunisien. Et bien sûr, ce mot est aussi une insulte. Batwar Malgré ce que l’on peut imaginer, ce mot vient bien de la langue française ; il s’agit de l’« abattoir » (et non pas du battoir). Boulice Voici encore un mot français, « tunisifié » ; c’est – et vous l’aurez probablement deviné – la « police » : Tu vois pas qu’avec Karine, 118 119 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Ce qui m’impressionnait le plus… « Le beignet prenait forme, la croûte occupait le centre, les contours se boursouflaient. L’aide, quant à lui, enfilait les beignets « à emporter » dans quelques brins d’alfa afin de nous faciliter le transport jusqu’à la maison. Tout était minuté. » Les marchands de beignets viennent traditionnellement de l’extrême-sud, des oasis lointaines. Leur boutique est aussi logis : le « ftairi » et ses aides dorment dans la soupente attenante à l’échoppe. Un gros réveil trône derrière le ftairi : car il se lève avant le jour pour allumer son feu et mettre en train sa poêle. Assis en tailleur, le maître trône derrière ses instruments. Debout, respectueusement, de l’autre côté de la poêle, le premier assistant rêve du jour lointain où, devenu patron, il aide à la friture, encaisse l’argent, rend la monnaie, arbitre le conflit entre deux gamins qui, chacun, prétendent être le premier. Le second assistant est plus eff acé. Il se dissimule au fond de la déplace la voiture, j’ai vu le « chengail » dans la rue d’à côté et il va certainement passer par ici ! Chaouch Aujourd’hui encore, dans certaines entreprises tunisiennes, c’est le « chaouch » qui trie le courrier et le distribue… Il peut aussi faire les courses, porter les bagages ou de gros dossiers, faire des photocopies, aller à la poste, servir à boire. En France, il fut un temps, il existait des « huissiers » qui exécutaient les mêmes tâches. Djerbiens / Djerbi en arabe Ce sont, bien entendu, les habitants de l’île de Djerba. Mais, ces derniers étant réputés pour leur sens des aff aires, on appelait souvent « djerbiens » les épiciers de quartier dans toute la Tunisie, qu’ils soient originaires de cette île ou pas. Ftairi Le matin, beignets à l’huile ou au miel, l’après-midi, frites et beignets au sucre ou bombolonis. Au Kram, se trouvait le marchand de beignets. Juché à un mètre de hauteur sur un bati carrelé, assis en tailleur devant sa bassine d’huile bouillante, il confectionnait des beignets chauds Il était habillé d’un large saroual noir et d’une chemise claire. Il était coiffe de la chechia rouge traditionnelle, il portait une moustache à la fois abondante et bien taillée. Le ftairi trônait au-dessus d’un immense bac à huile circulaire encastre dans ce bati. « Des clients mangeaient debout leur beignet à l’huile, tout chaud, dans des assiettes de fer-blanc. À l’extérieur, d’autres clients attendaient d’être servis. Ils devaient ramener des beignets pour toute la famille. » 120 121 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Le vendeur de cigarettes à l’unité. Presque tous les Tunisiens fument. En revanche, peu de Tunisiennes fument, en public, du moins. Je ne sais pas si c’est encore comme ça mais il y a vingt ans, c’était le cas. Que ce soit en train de conduire un camion ou maniant un marteau-piqueur, le Tunisien a souvent une cigarette à la bouche. Dans la rue les cigarettes se vendent à l’unité. Le vendeur est assis sur le bord du trottoir ou sur une petite chaise. Les paquets de cigarettes sont posés sur une boîte de carton retournée. Dokhane : cendres, mais aussi cigarettes ! Nafa, tabac à priser que l’on se passe a la synagogue pour éveiller la prière. Neffa Il s’agit d’un « tabac à priser » que certains anciens JT (y compris des femmes) inhalaient régulièrement dans la journée et en particulier durant le Shabbath car si la cigarette était interdite, on avait le droit de priser. Mon arrière-grand-mère (citée plus haut) appelait ce tabac « broutoutou », mais je n’ai pas trouvé l’origine de ce mot… En cuisine « Neff a » veut aussi dire « pincée » ; ainsi, on utilisera « Neffa mel’h » pour dire « pincée de sel ». Le vendeur de jasmin (Voir la partie « Flore ») Il tient dans sa main son fonds de commerce, son revenu, son capital et notre plaisir. Il vend des fleurs pour s’acheter du pain. Il off re des parfums pour permettre de survivre. C’est le marchand de poésie qui passe « yesmine, yesminnne ! ». Qui refuserait d’embaumer celle qu’il aime, ou de se donner un instant le plaisir d’humeur le petit bouquet rond qui exhale une odeur de Paradis ? Qui voudrait rabrouer le pauvre marchand vagabond, le jasmin à la main ? Il est pauvre et modeste. Mais c’est pourtant un buisson embaumé qui se promène et nous tente. « Jasmin, le beau jasmin ! ». Il va des terrasses de café aux plages de l’été, de l’ombre des ficus de L’avenue Habib Bourguiba aux ruelles de la Médina. Il est le printemps en balade et l’été en boutique. Son rôle consiste à jeter une poignée de copeaux dans le feu chaque fois que le maître lui fait signe. C’est le vestale des beignets. Le ftairi en est le maître, et le premier assistant le « chargé des relations publiques ». Qâhba Prostituée, mais aussi salope : Franchement, c’est une vraie « qahba ». Tcha vu comme elle est pimpante maintenant qu’elle l’a bien pompé ? Le pauvre ! Samsara C’est le métier de « marieuse » ou « courtière en mariage » comme on disait en Tunisie. Il n’était pas rare de faire appel à une « samsara » qui monnayait le fait de présenter des jeunes filles aux jeunes gens. S.T.E.G Nous recevions leurs factures tous les mois car c’était (et ç’est toujours) notre EDF-GDF à nous, puisque ces initiales que l’on prononce comme un mot du langage courant (Steg) signifient : « Société Tunisienne d’Électricité et de Gaz ». MARCHANDS AMBULANTS Il y a quarante ans en France, il y avait encore beaucoup de métiers de rue. Je ne sais pas s’il en reste encore beaucoup en Tunisie, mais dans les années soixante-dix, il y en avait énormément. Des vendeurs ambulants surtout : le vendeur de bonbons, qui proposait aux enfants également des billes ou des petits jouets. Le vendeur de journaux. Le cireur de chaussures. Le fripier, l’aiguiseur de couteaux ambulant. Le vendeur de légumes avec sa charrette à bras. 122 123 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 canif bien aiguise : « Il coupait légèrement l’écorce épaisse une première fois en son milieu, en prenant soin de ne pas égratigner la pulpe puis, tranchait les deux extrémités pour laisser apparaître la pulpe de couleur jaune (ou rouge/violet), avec les « pépins » » . Il nous les présentait « comme dans un écrin ». Il n’y avait plus qu’à les « cueillir » et les déguster. Mais il fallait modérer la consommation afin d’éviter la constipation ! Le vendeur de rihane : Goliath (DCD à l’OSE de la Goulette début 2008 Je n’ai jamais connu son vrai prénom et je crois que son nom de famille était Pérez). Rihane « Riha » signifiant « odeur », le « rihane » est un bouquet de feuilles de myrte (très parfumées) que des vendeurs ambulants juifs, souvent dans le besoin, composaient à l’attention des familles pour le shabbath. Ils arrivaient devant les habitations juives le vendredi après-midi en criant « rihane » et il y avait toujours quelqu’un pour leur ouvrir, leur donner une pièce et/ou de la nourriture et/ou des vêtements. La première « mitzvah » (bonne action) du shabbath des JT était donc celle-ci. LES MARCHANDS DE KAKI Kaki Pour les Tunisiens, outre la couleur, le « kaki » est aussi une sorte de « gressin » qui était vendu par des marchands ambulants. Le « kaki » existe aussi sous forme de petite couronne ou de petite boule. C’est une sorte de biscotte mais en beaucoup plus solide, avec du gros sel collé dessus. Au Belvédère, le grand parc de Tunis qui abrite le zoo, on peut acheter des kakis aux vendeurs ambulants. Leurs kakis école buissonnière, il est l’ambassadeur des jardins en fleurs, il est la fraîcheur qui passe. « jasmin, joli Jasmin ! ». Il sait élire la table où règne la bonne humeur et où on lui fera fête. Il tient entre cinq doigts son petit commerce. Mais, ne vous y trompez pas : c’est aussi pour l’amour de l’art et le plaisir des fleurs qu’il court les rues en répétant : « yasmine, yasminne » Le vendeur d’œufs de sable ou de guergueb de la Buvette : Fantomas Œufs de sable Œufs que l’on met dans le sable le matin afin qu’ils soient cuits (vraiment cuits et durs) vers midi. Le jaune se couvre alors d’une fine pellicule verdâtre et le blanc prend une belle couleur beige. Le goût est un peu différent de celui de l’œuf dur classique mais l’œuf de sable rassasie beaucoup plus. On peut obtenir un résultat semblable si l’on met l’œuf à cuire dans un ragoût qui mijote longtemps, la « Bqaïla » par exemple… Aujourd’hui, il est possible de faire des « œufs de sable » à la maison, en les « enterrant » dans du sable, dans un récipient allant au four. Guergueb Je me souviens du marchand de « indi » ou « Guerguèb » – figues de barbarie – qui souvent, à l’approche de l’été, s’installait en face de chez nous, au Passage ou ailleurs. « Guergueb – Guergueb – Hara b’dourou – Hara b’dourou – (Figues de barbarie… ! Les 4 pour 5 sous) » Le marchand avait une simple brouette ou s’amoncelait une pyramide de ces fruits (mis au frais) de tailles différentes dont « les teintes pouvaient avoir des nuances allant du rouge vermillon au vert le plus éclatant en passant par celles du jaune ». D’un goût succulent, leur seul défaut était qu’ils étaient recouverts de piquants a peine visibles. Aussi le marchand, avec dextérité, les coupait a l’aide d’un 124 125 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 convenable. Une fois, le marchandage termine, il prenait la mesure du foss (carreau de vitre) et allait l’acheter chez le droguiste. Les marchands de bonbons, louben… : Sur les plages, devant les cafés, devant les écoles notamment il y avait (et il y a encore certainement) des vendeurs ambulants de sucreries, glibettes, cacahuètes. Les bonbons étaient vendus à l’unité pour un douro, c’est-à-dire 5 « millimes » (moins de 1 centime d’euro), les glibettes (graines de tournesol salées grillées) dans un cornet en papier journal, et les cacahouètes également. Le tout était exposé sur une sorte de chariot en bois, une sorte de caisse avec des roues et une planche par-dessus. Les vendeurs de bonbons devant les écoles, les cinémas et ailleurs dans la rue. Ils vendaient aussi souvent une sorte de nougat de couleur rose ou verte et du louben de Libye. Louben On peut assimiler le « louben » à de la gomme arabique, qui est la base naturelle de tout chewing-gum. Il s’agit de sève d’arbre (qui peut avoir divers goûts selon l’arbre dont elle émane) bonne à mâcher et que les Tunes consomment souvent. En Tunisie, on en trouvait trois sortes : – le « louben arbi » (ou arabe, que l’on appelle aussi « encens ») qui est amer et qui se présente sous forme de petites pierres dures, de couleur ocre, grise et translucide. – le « louben Lybia » (ou « de Libye ») qui est doux et que l’on appelle aussi « louben mâajoun » (qui signifie « confiture »), car il se présente sous forme de pâte blanche. – le « louben el Mekka » (ou « de La Mecque ») qui est doux aussi et qui a un léger goût de vernis. Il se présente sous forme de pierres de taille moyenne et il est de couleur translucide, légèrement ocré. ont la forme de bâtonnets ou de chameau, de mouton, etc. ça plaît aux enfants. Pour moi le grignotage des kakis était indissociable de la visite au zoo. À l’été 2003, quand j’ai amené mes deux garçons au zoo de Tunis ils ont adoré les kakis. Le marchand de kakis (une sorte de gressin salé, nature ou au sésame), avec son panier d’osier, qui était toujours là en cas de petite faim après une partie de volley, de raquettes de plages… on le servait aussi pour l’apéritif. Le Charbonnier Sa marchandise noire était contenue derrière une charrette tirée par un âne ou une mule. Une bascule à main qu’il tenait en équilibre par son milieu, reposait sur son tas de noirceur. Un plateau pour les poids et un autre plus large et plus grand pour peser son charbon souvent mouillé, une astuce malhonnête qui lui faisait gagner du poids et de l’argent. Il commençait à poser de gros petits blocs puis à mesure qu’il avançait dans sa pesée les morceaux devenaient de moindres importances pour finir par quelques pognées de shak, poussière. Tout était question de choix dans la marchandise ; pour un kilo la cliente ne récoltait que des menus morceaux d’importance, des brindilles calcinées, pour plus volumineux elle avait droit à de bons morceaux qui se consumaient moins vite dans le canoun. Mais même dans ce cas-là, le « shak » était obligatoire… — Melle éhdèkè lézèm, yè léllè… ! (Il en faut madame… !) Le vitrier Une spécialité plutôt tenue par des Italiens ou des Maltais, rares étaient les juifs qui colportaient derrière eux une sorte d’échelle, sans échelon, adossé à sa voûte lombaire. Il criait souvent son métier comme tous les vendeurs ambulants… Une fois invité à réparer, il « pesait youzen » d’un simple coup d’œil le travail puis annonçait son prix souvent amplifié pour arriver à un compromis assez 126 127 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 les mangues ou les ananas, c’était des fruits exotiques. Mais peut-on se passer de bananes ? De temps en temps, il y avait donc un arrivage. Le bruit circulait. « un arrivage au marché untel ». Le jour de la livraison, c’était la cohue, tout le monde voulait sa dizaine de bananes. C’est quand j’étais petit. En 1982, c’était fini tout ça, on trouvait les bananes au supermarché. Le laitier : Le paysan passait avec sa citerne posée sur une charrette tirée par une mule. On remplissait alors le pot en fer-blanc de 5 l. Fallait ensuite le bouillir. Ce petit métier de rue a vite disparu avec l’apparition du lait longue conservation vendue en brick chez l’épicier. Le vendeur de frigolo Souvent dans les après-midi, en fin de sieste, dans les rues ou sur la plage, on entendait le marchabd de Frigolos s’annoncer par son cri « Frigolos ! Frigolos bien glacés » parfois accompagnés par « Frigolos, d’chez Bébart ! Le vent en l’air ! » ou « Frigolooo bien glacé ! chez Bébeert bien frappé ! » « Li Frrrigoulous bien glaci Frrrigoulouoooo chi Bibert le roi di glaces. » En pleine canicule, il était difficile de ne pas céder à la tentation de savourer ces petits rectangles de glace enrobes de chocolat et recouverts d’un papier argente. Le marchand de frigolo ouvrait sa boîte isotherme et nous off rait un choix de parfums : pistache, vanille, noisette, chocolat. On les savourait avec bonheur en les suçant jusqu’au bâtonnet servant de support à la glace. Frigolo Il s’agit probablement d’une marque de crèmes glacées… Mais pour le JT, c’était « l’esquimau » rafraîchissant vendu par des marchands ambulants qui criaient dans les rues « Frigolooo » pendant les beaux jours… Roubafekia De l’italien « roba vecchia » qui signifie « vieilles choses » ou « brocante ». En Tunisie, il était fréquent de voir des personnes crier dans les rues « roubafekia » pour vendre ou au contraire, récupérer des objets ou des vêtements. Dans les rues du Kram, retentissait assez souvent le cri du robavecchia (brocanteur) : « roobavecchia ! roobavecchia ! Marchand des habits » ou « EÏ ! EÏ ! EÏROBAVEKIA ! EÏ RRRBAVEC RRRBAVEC RRRBAVEKIAAAA ! ». ou « ROBA VIECHA MARCHAND DE BOUTEILLES. » En fait, le « robavec », comme certains l’appelaient, achetaient les vieux habits, les bouteilles de verre et tous les objets dont on voulait se débarrasser. De l’italien « vieilles choses, vieilleries, vieux vêtements » (en fait le dialecte populaire était un mélange d’arabe, de français, d’italien et de judéo-arabe). Le « robavec » faisait des affaires surtout durant la période précédant le « grand ménage » ou on essayait de se débarrasser de vieux habits et autres objets inutiles. Ses affaires ont prospéré lors du départ définitif des nombreuses familles qui ont dû céder à des prix dérisoires (parfois pour une « bouchée de pain » ) des objets qu’ils ne pouvaient pas transporter (meubles, cristallerie, les objets fragiles intransportables…). On l’appelait par la fenêtre : « ROUBAVEKIA ! ETLA, IJAI CHOUF » Les marchands de fruits et légumes : passait également avec ses tomates, concombres, etc., posées sur la charrette sans bords tirée par un bourricot. Les quartiers aisés étaient des aubaines pour ces vendeurs ambulants. La Tunisie importait très peu de fruits. La production du pays suffisait : melons, pastèques, oranges, mandarines, citrons, pamplemousse, pomelos, nèfles, abricots, pêches, pommes, grenades, figues, figues de Barbarie, dattes, coings. Pour moi, les framboises, 128 129 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 En Tunisie, ce sont grillées et salées que les graines de lin sont consommées, habituellement après la sieste. Le sel aide le corps à garder son eau sous les températures très élevées. Les kramistes nomment cette collation « melhaoubnina » qui veut dire « salées et bonnes ». Ces graines dont nous étions si friands ont la propriété de régulariser le transit intestinal et avaient ete utilisées aussi pour la préparation d’un emplâtre qui servait à soigner certaines affections pulmonaires saisonnières. Grâce à son taux élevé d’oméga-3, elles réduisent les risques de souffrir d’athérosclérose. Elles régulent les rythmes cardiaques ce qui diminue directement les risques d’arythmie ; Semées, ces graines donnent de belles fleurs bleues. Le vendeur de viennoiseries et chaussons au thon : Memmi Les cireurs de chaussures sur l’avenue de Paris Les aiguiseurs de couteaux (rémouleurs) : Lui aussi il passait en poussant sa carriole avec la roue en pierre qui sert à affûter les couteaux de cuisine. Mais je me souviens plus de ce qu’il criait. Exerçant généralement son activité dans les rues des villes et villages, le rémouleur proposait ses services pour aiguiser couteaux, ciseaux et autres rasoirs. On pouvait entendre dans les rues du Kram la « mélodie » caractéristique du rémouleur : « À liguiser les couteaux A liguiser li ciseaux, Vlà le rémouleur ! » ou « A-la-guise-les couteaux, A-la-guise – les ciseaux… Remouleeeur » ou « Riiimouleurrrr !!! Aiguisez les couteaux, aiguisez les ciseaux !!! » (à dire en chantant) Les vendeurs de cacahuètes, amandes et autres graines sur les plages de kherredine et de la Goulette : Oui oui (Hey, vala vala vala, ha ! oui oui… cacaouia, gloub, li zamande) et La Perche ou encore Ravaillac… ils ciblaient de jeunes enfants en train de jouer MAIS nous étions complices car nous connaissions leurs manèges : ils se mettaient à leur hauteur en leur « offrant » leurs plateaux et les enfants choisissaient les graines dont ils avaient envie. Puis ils leur demandaient où étaient leurs parents et ils allaient tranquillement se faire payer. Votre enfant a pris ceci ou cela : les parents ne pouvaient plus refuser de régler la marchandise consommée par leurs rejetons ! Distribuait ses cacahuètes et avec une mémoire phénoménale, récupérait ses millièmes le soir dans les différents cafés de la Goulette : café amor, café vert, café Miled ou café Jilani. Glibette, glibète (de l’arabe galbe « cœur », « pépin », « noyau »). Grain de tournesol et parfois de courge grillé et salé, passe au four, qui se consomme à tout moment de la journée. Dans les salles de cinéma, par rangées entières, les mangeurs impénitents de « glibettes » ne respectent personne : dans le noir de la salle, non contents de jouer leur aff reux concert, ils ne cessent « innocemment » de cracher leurs épluchures sur leurs voisins de devant, lesquels font la même chose encore devant, etc. Dans les principales artères de la ville, des vendeurs de « glibettes » s’installent parfois avec leur plateau en osier devant les salles de cinéma. Ce qui a fini par exaspérer certains directeurs de salle de cinéma qui ont décidé d’afficher à l’entrée de leur salle : « Interdit chewing-gum et glibettes ». Marchand de Melha ou Bnina Le marchand de melha ou bnina portait un plateau d’osier sur la tête et vantait sa marchandise : Melha bnina ! Melha bnina ! En fait ces graines de lin salées et grillées étaient vendues dans de petits cornets en papier. 130 131 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 o MARCHÉS À Tunis le bahri, à la goulette : le marché aux poissons POISSONS EN ITALIEN EN ARABE Anchois acciuga Nchouba (féminin) Bar ou Loup de mer Spigola / Branzino Qarouss Bonite Ghzèl (qui veut aussi dire gazelle) Clovisse / Palourde Vongola Crabe Faqroune Crevette Gamberetto (Homard : gambero – Écrevisse : gambero d’acqua dolce) Gambari Daurade Orata Ourata Hareng Aringa Huître Ostrica Maquereau Bouga Merlan Nasello Nazalli Mérou Cernia Mannani Moule Cozza Mulet (famille des mugilladés d’où 1 de ses noms tunisiens) Mijil ou Bouri Oursin Ritsi Pageot Pagello Morgène Poulpe Qarnit Requin Kelb el bhar (chien de mer) Rouget Triglia Trilia Sar Sergui Sardine Sardina Sole Sogliola Mèdess Telline Tellina Thon Tonno Tonn Le blambier ou plombier : Un autre métier de rue. Le plombier passait avec sa petite carriole avec ses outils et proposait ses services en annonçant sa venue : blaaaammbiiiyéé (même voix nasillarde et traînante). Le Plombier ou « lahem » (soudeur) Il accumulait parfois les deux fonctions ; une grosse boîte à outils derrière son dos ou en bandoulière, il arpentait les rues au son de sa voix « Plombierrrr » « Hlakmi’ ‘Lahèm ». Dans sa boîte, toute sorte d’outils pour ce faire. Il réparait indépendamment les fuites et les robinets, les cuvettes en zinc trouées et usées avec de la brasure en baguette spécialement faite à cet usage. Il frottait d’abord les abords du trou avec une sorte de graisse blanche ensuite il posait un peu de « tungsten » en baguette qu’il chauffait avec un outil à bec. Une fois la pointe de son instrument rougie sur un primus, il apposait sur la matière à souder, autant de fois qu’il le fallait, le bec chauffé, pour étaler sa mixture toujours en y ajoutant un peu de cette graisse dont je ne me rappelle plus le nom. Bref, sa soudure finie, il versait de l’eau pour bien se rendre compte de sa bonne finition. Ou alors, si le récipient était trop étroit, il soufflait dedans pour sentir si son souffle s’échappait ou était resté emprisonné dans la fiole. Son prix était assez variable, bref il y avait toujours palabre à la fin des travaux. Il en manque quelques-uns, le marchand de poissons, toujours matinal… « li pouasson fraye… » ; le marchand d’œufs. « l’adam, l’adam fraye l’adam… ». Et le « hlaibi… » Il y avait aussi, a la plage, le marchand de pains blancs et boutargue, de beignets au miel et des épis de maïs grillé et dans les rues le marchand de pétrole avec sa trombete et son gros bidon sur la charrette. Souvenirs ! Souvenirs ! Je rajoute le marchant de petits fruits sauvages : « ZARROUR » et « BIC ET BAC » ainsi que le marchant de « CALDI-CALDI » un friand à pâte feuilleté. 132 133 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 – Ce que l’on mangeait à la maison nous paraissait meilleur, car aucun mets ne semblait pouvoir égaler ceux de notre mère ou de notre grand-mère. – Nous préférions fréquenter les pâtissiers et glaciers de la capitale et sa banlieue ! En voici quelques-uns Chez Alfred Il s’agit d’un glacier à l’origine italien, qui avait une boutique dans le petit quartier appelé « Aéroport », entre Kheireddine et le Kram (aujourd’hui, il existe toujours à Kheireddine). Ses glaces étaient excellentes et il avait deux spécialités, particulièrement appréciées par les JT : – Les « Semi-froids » ou « Demi-froids » qui sont des crèmes glacées aux parfums particuliers (frimousse à la fraise, ganduja, soupe anglaise, etc.) qui expriment le meilleur de leur parfum et de leur texture lorsqu’elles sont servies légèrement fondues. – Les « délicieuses » (voir définition « Chez Salem »). Le summum du plaisir était de commander une « délicieuse » avec des parfums « semi-froids ». Chez Cacciola Il s’agit d’un excellent pâtissier glacier italien qui était situé au Kram (banlieue de Tunis) et qui n’existe malheureusement plus aujourd’hui. Chez Bichi Il s’agit d’un restaurant (ou plutôt une gargote) qui se trouvait à La Goulette. Il avait des tables à l’extérieur (sur le trottoir) et ne payait pas de mine. Cependant, nombreux étaient les JT qui allaient y manger ses spécialités : diverses fritures : viandes, bricks et complets o ÉPICERIES DE QUARTIER Voir définition du âattar dans la partie « Artisanat et Souk » – Souk el Attarine o MARCHANDS DE TABAC Crystal 20 mars : À l’âge de 17 ans je me suis mis à fumer comme un con d’adolescent, pour faire comme les grands. Seulement les Marlboro coûtaient 1 dinar, c’est-à-dire 0,70 euro. Pour l’époque c’était une fortune. Donc je me rabattais sur la marque « 20 mars », à 200 millimes le paquet. Le 20 mars 1956, c’est la date de la proclamation de la Tunisie indépendante. Mentha RNTA = Régie Nationale des Tabacs et des Allumettes (prononcé ERTI) : la première cigarette nationale. o MARCHANDS DE JOURNAUX o SOUKS (Voir Chapitre I – Patrimoine et Traditions culturels) o BOUCHERIES (kasher, bien sûr) o RESTAURANTS Nous allions peu au restaurant pour plusieurs raisons : – Même si nous n’étions pas particulièrement religieux, nous avions l’habitude de manger cacher. – Ils étaient assez rares, donc chers et la plupart d’entre nous vivaient modestement 134 135 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Chez De Carlo (prononcé Di Carlo) Véritable institution à Tunis, qui a bercé l’enfance de nombreux Tunes, il s’agit d’un excellent pâtissier dont les produits sucrés et salés (surtout les petits fours…) ont toujours eu un goût délicat et raffiné. Ce pâtissier avait l’habitude d’ouvrir côté four à partir de 4 h 30 le dimanche matin pour recevoir les jeunes JT qui revenaient de leur soirée à la « Baraka » ou au « Sancho » et qui voulaient déguster d’excellents petits pains au chocolat (on disait « brioches – ou feuilletés – au chocolat ») et croissants tous chauds, dès leur sortie du four. Chez Garza La pâtisserie Garza, qui existe toujours, est l’un des plus vieux temples de la gourmandise à Tunis. Beaucoup de JT s’en souviennent comme d’un lieu de pèlerinage. On s’y rendait le dimanche matin en allant au marché central. Sur les étagères de cette boutique couleur crème, des bocaux en verre à l’ancienne sont alignés. Autrefois, on y proposait des dragées et autres confiseries. L’espace est étroit et les JT s’y bousculaient pour avoir les meilleurs gâteaux de la capitale… Chez Nathan Il s’agit d’un pâtissier juif tunisien qui proposait toutes sortes de gâteaux tunisiens (maqrouds, yoyos, cigares, manicottis, ghreibas…), mais aussi européens, ainsi que des boissons telles que le sirop d’orgeat et la citronnade. Après de nombreuses années en Tunisie, une boulangerie-pâtisserie kasher « Chez Nathan » a vu le jour vers la fin des années soixante-dix dans le quartier de Belleville, à Paris. Cette pâtisserie n’existe plus aujourd’hui. J’ouvre ici une petite parenthèse pour vous raconter une anecdote que j’ai vécue : je rappelle que toutes les fêtes juives commencent à la tombée de la nuit et, pour la plupart d’entre elles, les israélites arrêtent de travailler quelques heures avant afin d’avoir le temps de poissons. Après son départ de Tunisie, un restaurant « Chez Bichi de la Goulette » a ouvert à Paris, dans le quartier de Belleville, assurant ainsi une descendance à son ancêtre… Chez Fanfan C’était une sorte de fast-food tunisien situé à La Goulette, qui proposait surtout des casse-croûte et des bricks dont on se régalait, à n’importe quelle heure de la journée. Chez Madame Zarrouk Madame Zarrouk est le nom d’une pâtisserie tunisienne, située à Marsa Plage et renommée pour la fraîcheur et le bon goût de ses gâteaux, que les JT appréciaient aussi car ils ne contiennent pas de « smen ». Chez Salem Il s’agit d’un excellent glacier à l’origine qui est aussi devenu pâtissier plus tard. Salem a choisi ce métier au début des années vingt et l’a appris avec Bébert, lui-même pâtissier glacier JT, qui a importé la recette du Sabayon d’Italie pour en faire une spécialité. Son autre spécialité est la « Délicieuse ». Tous les habitants de Tunis et ses banlieues jusqu’à Raouad connaissent particulièrement bien ce pâtissier glacier situé en face de la gare TGM de La Marsa. Pendant des décennies, les JT y sont passés régulièrement, à toute heure de la journée pour se rafraîchir d’une glace ou d’une « granite » fabriqué traditionnellement avec des produits naturels et de grande qualité. Aujourd’hui, ce glacier, qui a conservé les secrets de fabrication d’origine, existe toujours sous le nom de « Le petit Salem ». 136 137 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Le vendeur de granites artisanales (granite ou granita, prononcé de ces deux façons, c’est-à-dire non accentué est un terme féminin, pour le tunisien). Granite En France, on les appelle « granités » (masculin) et ils existent dans divers parfums, chimiques la plupart du temps. En Tunisie, on les appelle « granites » (féminin) et jusque dans les années quatre- vingt, elles n’avaient que deux parfums naturels : citron (de couleur blanche) et fraise (de couleur rose). Au Kram, le marchand de granite avait devant lui un baquet de bois à l’intérieur duquel se trouvait un cylindre en laiton. Entre les deux, il mettait de la glace en morceaux qu’il salait de temps en temps avec du gros sel afin de la conserver aussi longtemps que pos- sible. Il versait dans le récipient une sorte de citronnade légèrement blanc-verdatre pour la granite au citron ou rouge pour celle à la fraise naturelle. Il faisait tourner le cylindre toujours dans le même sens, celui des aiguilles d’une montre. Après un certain temps, le liquide projette sur les parois du cylindre de laiton, déposait une pellicule glacée et une légère buée se formait. Ensuite avec sa palette, le ven- deur remplissait, au choix du client, soient des verres soient des cor- nets de tailles diff érentes. Souvent, avant de retourner l’après-midi à l’école ou au Lycée, je me payais, pour 5 ou 10 centimes, le kif de savourer une granite. Mais ce qui diff érenciait ces marchands de granites, c’était leurs eff orts pour attirer les clients. Tous les moyens étaient bons : pitreries ou parfois tenue vestimentaire extravagante. Je me souviens particulièrement de l’un d’entre eux qui portait un nœud papillon avec une petite lampe qu’il arrivait à allumer en faisant des contorsions des plus comiques avec sa tête et tout cela accompagne de : « Sers pour Monsieur, Sers ! Sers pour Madame, Sers ! » Un autre marchand qui se trouvait avenue de Paris, face au square de Verdun, se distinguait aussi par ses pitreries, ses contorsions, ses gestes et ses cris. rentrer chez eux tranquillement. Ceci étant dit, voici l’histoire : un soir de fête, alors qu’il y avait encore beaucoup de monde « chez Nathan », j’ai entendu une femme demander à un vendeur : mais vous ne fermez pas encore, il est tard ! Et il lui a répondu : « On ne va pas fermer quand il y a de l’argent quand même ? T’inquiète pas, Dieu comprend tout ! » J’en étais restée totalement abasourdie, mais cela m’a bien fait rire. Chez Paparonne C’était un pâtissier glacier italien qui était très fréquenté par les JT car la qualité de ses produits était irréprochable. Le fonds de commerce a été repris par la société Ben Yedder qui en a gardé le nom. La Parisienne C’était une excellente pâtisserie située à proximité du Lycée Carnot et où, hormis les gâteaux et le pain, nous régalait de ses viennoiseries et de ses madeleines (de Proust ?). Les propriétaires étaient les « Gervais », je m’en souviens bien car leur fille, qui prenait des cours de danse classique chez « Tramoni-Caparros » en même temps que moi, était quelqu’un que j’appréciais beaucoup. o SUPERMARCHÉS En 1982, on allait désormais au supermarché pour y trouver beaucoup de choses, des yaourts aux fruits par exemple, et du lait UHT. o AUTRES PETITS COMMERCES Le vendeur de sandwiches de la Goulette (les juifs tunisiens disent « sandviche ») Manino 138 139 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 D’autres fois, des personnes de la famille ou des amis nous rapportaient des T-shirts, chemises, petites robes et jeans (qu’on appelait encore « blue-jeans » d’ailleurs) de France. Lorsqu’il s’agissait de vêtements de sortie ou de cérémonies, elles faisaient souvent appel à des couturières qui répondaient au mieux à leurs besoins, tout en proposant des prix attractifs. Melassine Il s’agit d’un quartier de Tunis, à proximité de la banlieue Nord Ouest, ou habitaient de nombreux juifs avant que Sidi Mahrez les autorise à s’installer à la « Hara ». Il était connu pour son marché aux puces que l’on appelait soit « Melassine », soit « Belle Bassine », où l’on vendait beaucoup de vêtements en provenance des États-Unis. Nombreux étaient les JT qui y allaient pour trouver des vêtements un peu originaux, comparés au peu de choix que l’on avait dans les magasins de la capitale. • Transports Angar Bien sûr, vous connaissez ce mot puisqu’il est en français. Mais en tunisien, on l’utilise aussi bien pour parler du « hangar », que de « la gare ». Axidan La prononciation tunisienne de ce mot ne l’empêche pas d’avoir le même sens qu’en français… Babour Reconnaissez-vous ce mot ?… Et pourtant, il s’agit bien du mot « vapeur », qui a été arabisé. À l’origine, il évoquait la plupart des Le nom « la granite » est certainement d’origine sicilienne (de l’italien granita) . Cependant « la granite » est légèrement différente de la granita, aussi appelée granita siciliana en italien, qui est un mets rafraîchissant typique de la Sicile. Elle se présente sous une consistance d’un sorbet à base de glace pilée Le vendeur de beignets et chips de Kherredine, proche de la plage : Aam Ali • VÊTEMENTS Jusqu’à la fin des années 1980, il était très difficile de s’habiller correctement en Tunisie car les vêtements fabriqués pour le commerce local n’étaient ni de bon goût, ni de bonne qualité et ceux importés étaient proposés à des prix inabordables par rapport aux salaires pratiqués… Les beaux atours manufacturés en Tunisie – car il y en avait – n’étaient malheureusement destinés qu’à l’exportation. Comme c’était encore l’époque où les filles prenaient des cours de couture et de tricot (mais aussi de cuisine), la plupart de nos mères et de nos grands-mères avaient pris l’habitude de confectionner de leur mieux nos vêtements de tous les jours, en s’aidant parfois de patrons trouvés dans les magazines allemands « Burda » qu’elles s’échangeaient. Je me souviens encore d’une cape vert foncé que ma mère m’avait cousue et que j’avais longtemps portée. Personne n’en avait de semblable dans tous Tunis ! On pouvait aussi trouver quelques jolies pièces peu abîmées, de bonne qualité et originales, sur le grand marché aux puces de Melassine ou les vendeurs proposaient des lots venus des États-Unis. Nous y allions régulièrement en famille ou entre amis pour y acheter des pièces rares et jolies. En ce qui me concerne, j’y trouvais souvent de jolies chemises en soie unies ou bariolées ainsi que des jeans à bas prix. 140 141 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 donc avoir l’air décontracté et regarder le receveur dans les yeux et surtout ne pas donner l’impression d’être gêné en regardant par la fenêtre. On entendait alors des discussions du genre « toi là-bas je t’ai repéré, viens payer ». « Moi ? Mais Monsieur je vous ai déjà payé ». « eh oh on ne me la fait pas je vous ai à l’œil ». « Non vous devez confondre », etc. Les bus étaient toujours bondés, il y avait surtout des mecs. Si bien que les quelques Tunisiennes qui s’y aventuraient n’y allaient pas avec le dos de la cuillère pour se prémunir des tripotages : elles donnaient des coups de coude d’emblée sans même donner une chance aux gars de se montrer sages. Bus zina et aziza (appellation provenant du célèbre duo de danseuses Zina et Aziza, cf. Faïza, 38, 12/63). n. m. Assez fréq. Long autobus composé de deux voitures reliées en accordéon. LOUAGE (TAXIS COLLECTIFS) (prononciation tunisienne : « Lawèj ») MOBYLETTE : Mobylette Ce moyen de locomotion, prononcé de même en tunisien, était très utilisé et je crois qu’il l’est toujours. La marque préférée était la « Pigeot ». Souvent à deux et sans casques, les jeunes zigzaguaient entre les voitures et les accidents étaient nombreux (de ce fait, il faut savoir que la greffe d’organes ne demande pas beaucoup d’attente en Tunisie). Mais la mobylette était aussi utilisée par les jeunes filles de bonnes familles pour faire leurs courses ou se rendre à l’université, les messieurs d’un certain âge, les facteurs, les policiers (quand ils ne chevauchaient pas de grosses cylindrées). machines qui s’actionnaient par le biais de la vapeur, mais aujourd’hui, il désigne exclusivement le bateau. Bielè Comme le précédent, il s’agit encore d’un mot tunisien emprunté à l’italien (biella) ou au français : « bielle ». Carrita / Carratoun De l’italien « carretta », c’est la charrette. Chmindfir Je suis sûre que vous avez deviné la signification de ce mot bizarre… Il s’agit bien de la contraction de trois mots français : « chemin de fer ». Eh oui, le tunisien a le don de simplifier et de s’approprier les mots ! Malle Il s’agit du « coff re de la voiture » pour le JT : tu as empaqueté toute la maison ou quoi ? La « malle » n’est pas extensible ! Comment je fais, moi, pour tout mettre ? Trinou De l’italien « treno », c’est ainsi que les Tunisiens désignent le « train ». Bous Les bus : On montait à l’arrière pour descendre ensuite au milieu ou à l’avant. Exactement le contraire des bus à Paris. À l’arrière se tenait sur son siège spécial le receveur qui encaissait l’argent (il n’y avait de tickets à l’époque). Normalement on devait passer devant lui pour se diriger vers l’avant du bus. Mais les jeunes hommes le plus souvent aimaient rester au fond du bus. Si bien que le receveur devait inviter les voyageurs à venir payer. Pour ne pas payer il fallait 142 143 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 « Laissez-le passer devant avec son casque, il y a la police un peu plus loin ». Comme prévu le gars au casque passe devant et nous juste derrière. Les fl ics n’ont rien dit. Voilà comment ça se passait à l’époque. Ça rigole moins maintenant. TRAIN TGM Il s’agit du train de banlieue Tunis-Goulette-Marsa reliant Tunis à ses côtes de banlieue nord longeant la Méditerranée, sa Riviera, pourrait-on dire. Une compagnie anglaise dirigée par M. Pickering a initié la ligne Tunis-La Goulette (10 km) en 1871, puis l’a prolongée jusqu’à La Marsa (+ 5 km) en 1872. Cependant, le rendement étant insuffisant, la compagnie anglaise la revendit à Florin Rubattino, dirigeant de la Société de Navigation Générale Italienne qui l’acquit en 1880 en donnant son nom, « Rubattino », à la ligne. En 1898, le réseau a été racheté par la Compagnie Bône-Guelma (société française), mais la recette annuelle accusait un gros déficit. La direction générale des travaux publics fut donc amenée à substituer la traction à vapeur par la traction électrique. En 1905, la Compagnie des Tramways de Tunis reprend ce réseau en supportant les frais de l’installation électrique. Les Tunisiens ont donc pris le « Tromvaï », comme ils l’appelaient, jusqu’en 1958, puis, ils ont eff ectué leurs trajets dans un vieux train blanc en bois qui avait beaucoup de charme (en été, durant les grosses chaleurs, les jeunes ouvraient les portes du train en marche pour aérer) et depuis les années soixante-dix par le train actuel de fabrication allemande, certes plus moderne, mais moins beau. Nous prenions rarement le TGM, mais il nous arrivait de le faire… De nos jours, voici le trajet qu’emprunte le TGM : Tunis Marine, Le Bac, Goulette Vieille ou Goulette Port, Goulette Neuve, Goulette Casino, Kheireddine, Aéroport, le Kram, Carthage Salammbo, CHEZ NOUS : La réparation des vélos et de la moto par mes frères, Réparateurs de vélo et mobylettes : Beaucoup de garages des maisons en Tunisie étaient transformés en atelier de réparation de vélo et de mob. J’ai l’impression que tous les gars qui étaient un minimum bricoleur se lançaient leur atelier de réparation à défaut de trouver un autre boulot. Pour faire réparer un pneu crevé, ça allait encore mais une fois j’avais carrément tordu la fourche de mon vélo (après une acrobatie à la « Jackass »). Moi et un pote on était descendu à 50 km/h l’avenue du docteur Calmette (vous savez ? La rue qui descend du Lycée vers l’avenue Charles Nicole) moi assis sur le guidon et lui sur la selle, et comme un con j’ai actionné le frein avant. Comme j’ai eu honte de mon accident stupide j’ai laissé mon vélo chez un de ces réparateurs improvisés sans en piper mot à mes parents. Le gars m’a salopé le travail comme vous ne pouvez pas imaginer. Le vélo était inutilisable. Après m’avoir passé un savon mon père a fi nalement fait réparer le vélo chez un vrai réparateur. Mob sans casque : En Tunisie on est moins à cheval avec la sécurité. C’est une très mauvaise chose, les statistiques d’accidents de la route mortels sont catastrophiques. Mais qu’est-ce que vous voulez, c’est l’insouciance des pays du sud, le fatalisme, c’est Dieu qui décide. Toujours est-il que la fois où on s’est barré à la Marsa au lieu d’aller voir la pièce de théâtre, je conduisais la mob de mon pote Hamadi Lassoued, avec lui à l’arrière, et nous n’avions pas de casque. Sur le trajet deux autres mobs se joignent à nous, sur l’une d’entre elles deux gars comme nous sans casque, et sur la troisième, le mec a son casque. Mais à la bifurcation de la nationale 20 (tout droit la Marsa et à droite Carthage), il y avait toujours les fl ics. Et donc juste avant d’y arriver, le gars sans casque de l’autre mob nous lance en français (j’avais les cheveux lisses et longs, ce n’est pas un look tunisien) : 144 145 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 maintenant que c’est fait, j’suis contente, ce soir je vais « djandjer » avec « ma bande » (Voir définition) ! Dovdagadovdaga Répétez ce mot à plusieurs reprises, en mettant l’accent sur les « V » Alors, vous avez deviné ?… Eh, oui, c’est bien la « boîte à rythmes » Tune, pour faire danser, sans musique ! Flouka De l’arabe « falouka » qui a donné « felouque » en français, il s’agit d’une « barque » ou d’une « petite embarcation » : il est parti pêcher avec sa « flouka » ce matin tôt et je ne pense pas qu’il rentrera avant ce soir ! Jaw Ce petit mot signifie : bonne musique, ambiance, gaîté, amusement, entrain, festivités… On peut aussi parler de quelqu’un qui est très « jaw », ce qui signifie qu’on ne s’ennuie pas et qu’on s’amuse bien avec cette personne : Tu sais, l’amie dont je t’ai parlé, on l’avait surnommée « Jaw » et ça lui allait très bien car c’était une vraie meneuse, dynamique et téméraire, toujours gaie et heureuse de vivre. Kif (grave) (verbe francisé : Kiffer) Le kif est un mélange de tabac et de haschisch mais pour le JT, il ne s’agit que du « plaisir » : le JT est facile à satisfaire, il « kiff e » tous les jours, souvent : il « kiff e » un thé à la menthe, il « kiff e » une « bkeïla », il « kiff e » une « chkobba », il « kiff e » un(e) ami(e), il « kiffe » cet ouvrage… et quelquefois même, il « kiff e grave » ses petits-enfants ou un film d’action. Il est aussi à noter que le verbe « fumer » en arabe se dit « Keyef » Carthage Byrsa, Carthage Dermech, Carthage Hannibal, Carthage Présidence, Carthage Amilcar, Sidi Bou Saïd, Sidi Dhrif, la Corniche et enfin La Marsa. VOITURES La conduite en Tunisie : pas de priorités, le tunisien fait beaucoup « parler » ou « crier » son klaxon pour s’exprimer, quasi impossible de traverser même sur les passages cloutés. Les noms de voiture : Aronde, Coccinelle, Dauphine, DS, Traction et il y avait la 203, 403 (celle de Columbo), 404 bâchée et/ou familiale. Ma mère allait travailler avec sa 404 familiale blanche de fonction et nous allions parfois le dimanche à Hammamet avec la 404 familiale vert foncé de mon père. LOISIRS Ambiance Le JT aime la bonne ambiance et il fait tout pour la créer et pour la garder. Il parle fort, il rit, il s’exclame, il apprécie… : tu aurais dû venir à la fête des Berrebi, c’était très bien organisé et il y avait une « ambiance de folie » autour de la piscine, jamais tcha vu ça… (Ma/La) Bande Pour parler de leur cercle d’amis, les JT évoquent leur « bande », expression qu’ils ont probablement empruntée aux Italiens : « la (mia) banda ». Djandjer J’ai eu quelques difficultés à traduire ce mot mais je peux vous dire qu’il s’apparente au verbe anglais « to enjoy », ou « kiffer la life » (en français d’aujourd’hui), danser, s’amuser, faire le kakou… : J’ai fait le ménage toute la journée et je n’ai pas mis un pied dehors… Mais 146 147 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 • Danse École Debolska et Foutline Il s’agit d’une école de danse classique à Tunis, dont les professeurs, Madame Debolska et Monsieur Foutline, étaient très professionnels dans leur enseignement et très exigeants avec leurs élèves qu’ils sélectionnaient avec soin. Chaque année, ces derniers donnaient un spectacle quasi parfait dans le prestigieux « Théâtre Municipal de Tunis ». École Tramoni-Caparros Il s’agit d’une école de danse classique créée en 1956 à Tunis, à l’initiative de Madame Tramoni et de Monsieur Caparros, qui proposaient, chaque année, le spectacle de leurs divers groupes d’élèves au théâtre municipal de Tunis. Après avoir fêté le cinquantenaire de leur école dans ce même théâtre en 2006, Madame Tramoni et Monsieur Caparros se sont retirés pour rejoindre leurs fils en France. • Lectures enfantines et BD pour jeunes Akim Blek le Rock Buck John Captain Swing Kit Carson Kiwi Nevada Ombrax Rahan Rodeo Yuma Zagor • Sports Besklète Encore un mot français arabisé : la bicyclette. FOOTBALL Les matches de foot : au début de la télé, lorsqu’il y en avait une chez un voisin ou dans un café, tout le quartier y était ! Sinon, il y avait des terrains où des matches « amicaux » Kherrédine contre la goulette avaient lieu. Les garçons jouaient et paradaient, les filles regardaient et… paradaient ! Je ne peux rien vous dire de plus car je ne connais rien à ce sport et mes frères n’y jouaient pas. Je sais seulement que les joueurs favoris du public de l’époque étaient : Sergio Battista, Just Fontaine, Michel Hidalgo, Diego Maradona, Jean-Pierre Papin, Pelé, Michel Platini, Jean Tigana. Il y est ! Tennis Nombreux étaient les JT qui s’adonnaient à ce sport, avec l’exemple des joueurs plein de charisme de l’époque que l’on pouvait voir à la télévision : André Agassi, Boris Becker, Bjorn Borg, Michael Chang, Stefan Edberg, John Mc Enroe, Henri Leconte, Ivan Lendl, Ilie Nastase, Yannick Noah, Adriano Panatta, Guillermo Vilas… Boxe Marcel Cerdan, Cassius Clay (devenu Mohammed Ali), George Foreman, Joe Frazier, Rocky Marciano, Carlos Monzon et bien sûr le tunisien Young Perez ! 148 149 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Fricher En français, une friche est une zone ou un terrain ni cultivé, ni entretenu mais le verbe « fricher » n’existe pas. Pour le joueur de cartes qu’est le JT, il l’a fait exister car, tenez-vous bien, il l’utilise pour résumer ceci : « effacer la partie pour en refaire une autre » : Paquita, Tania, Serge et David font une partie de rami. Serge distribue les cartes. Paquita n’est pas contente, son jeu est très mauvais… Tania fait une tête dubitative… Serge tente de son mieux et David finit par dire : « on friche » ? et les autres crient « oui », en chœur ! Nouvi De l’italien « nove » qui signifie « 9 », c’est un jeu de cartes, très prisé par les anciens JT. Vers à soie Nombreux étaient les enfants et adolescents JT qui s’étaient pris de passion pour l’élevage des vers à soie (qui étaient soit blancs, soit zébrés noir et blanc). Ils multipliaient la collection de boîte à chaussures en carton dont ils perçaient le couvercle (pour que les vers à soie puissent respirer et voir la lumière du jour !). Et puis, pour nourrir ces charmantes bêtes afin qu’elles grandissent, qu’elles forment leurs cocons et que les chrysalides se transforment en papillon (bombyx) qui pondra à nouveau…, ils grimpaient sur les mûriers blancs, pour y cueillir les feuilles nécessaires à la vie et à la (re)production de leurs protégés ! Malheureusement, ils jetaient négligemment les cocons qui, dans d’autres lieux, étaient transformés en soie. Ce paragraphe me donne envie de vous citer un proverbe chinois : « avec le temps et la patience, la feuille de mûrier devient de la soie ». Joli, non ? Zembla C’était le héros d’une bande dessinée qui ressemblait à la fois à Tarzan et à Rahan et dont les garçons suivaient les aventures avec assiduité. • Jeux et autres activités récréatives Pas de blackberry, ni wii, ni playstation, ni xbox, ni mp3, ni PC portable. Je jouais à cache-cache, aux billes, aux cabanes dans les arbres, au ballon, à l’avion. L’heure de rentrer, c’était quand mère criait : rentre maintenant. Quand je me comportais mal, on ne m’envoyait pas chez le psy, on me bottait le cul. On faisait du patin à roulettes ou du vélo au lieu de chatter sur internet et quand on voulait se voir, on allait les uns chez les autres. On se téléphonait rarement (Tél. fi xe) et on n’avait pas de SMS. Les gels anti bactériens n’existaient pas et on jouait avec la terre. On buvait l’eau à partir du tuyau d’arrosage Promenade en âne : il s’appelait « Saint-Martin » Agribabass Les enfants adoraient qu’on leur fasse « agribabass », car cela signifiait qu’on les portait à califourchon sur les épaules. J’imagine que « agri » vient d’« agripper » et « babass », du nom que l’on donnait aux religieux catholiques…, mais cette interprétation est tout à fait personnelle. Qu’en pensez-vous ? Chkob (autres appellations : Chkobba, Chkoubba) De l’italien, « scopa », il s’agit d’un jeu de cartes très prisé par le JT : viens au « Café Vert » demain, on va faire une « chkobba » avec les amis ! 150 151 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 L’avenue de Paris, La place du Passage (ou le Passage) La rue guynemer qui était l’endroit des retrouvailles des élèves du lycée Carnot. HÔTELS DE TUNIS Je me souviens principalement de l’hôtel « l’Africa » (il m’est arrivé d’y aller au réveillon de fin d’année) et du Majestic devant lequel nous passions en rentrant du lycée Carnot. Balass Voici encore un mot arabisé, facile à comprendre par les francophones puisqu’il s’agit du « palace » et le tunisien l’utilise aussi pour parler d’un « immeuble » ; ainsi, « balass el bousta », signifie « l’immeuble de la poste », facile non ? Blassa Ce mot, typiquement tunisien, vient du français « place » et ce que je trouve sympathique, c’est lorsqu’on y rajoute les pronoms possessifs : « blasti, blastek, blastou (ou blassou), blast’hè (ou blass’hè), blastnè, blastkom, blast’hem ». o Visites et voyages Les sorties avec parents : Barouk, Bijaoui, Karila, Borgel, Boccara, Cassemajor – Martinez – le Café de Paris, le Belvédère avec son zoo et sa piscine municipale, les cours de cheval à Kassar Saïd, le Hafsi, Béjà – Les courses de chevaux à Kassar Saïd L’agence de voyages de la plupart des JT : Hérodote Aréoport Chez les JT, on ne dit pas aéroport, mais « aréoport » ; cependant, la signification est la même, heureusement ! Chifourmi / Chilafourmi Il s’agit en fait du jeu « ChiFouMi » (pierre, feuille, ciseaux), du japonais « hifoumi » (qui signifie un, deux, trois), le Tune a très vite fait de baptiser ce jeu « chifourmi » ou « chilafourmi », c’est plus rigolo, non ? Kixe / Kixe américain Les enfants JT jouaient souvent aux billes. Le « kixe » ou le « kixe américain » consistait à faire un V avec les pieds et de lancer la bille, en visant la pointe de ce V. • Sorties et lieux o Promenades en centre-ville L’Avenue Habib Bourguiba, ce sont les Champs-Élysées de Tunis. Au coucher du soleil, il y avait un énorme bruit étrange, persistant et continu. Comme le son d’une énorme machine, un peu aigu quand même, très déconcertant. La première fois que j’ai entendu ça, vers l’âge de huit ans, j’ai demandé à mon père d’où venait cette rumeur. Il m’a montré du doigt les bandes très nombreuses d’étourneaux qui venaient chercher leur « lit » pour la nuit dans les arbres qui longent toute l’avenue. Ils étaient si nombreux que la somme de chacun de leurs cris formait ce bruit uniforme et homogène, qu’on n’imagine pas produit par des oiseaux. Ça m’avait impressionné. À l’été 2003 je n’ai pas retrouvé les étourneaux sur l’avenue Bourguiba. Peut- être n’était-ce pas la saison ou alors comme il n’y a plus les deux doubles rangées d’arbres comme avant, ils ne viennent peut-être plus. À ce sujet, voir cet article : http://harissa.com/D_Communautes/ Tunisie/lavenuedefrance.htm (rechercher dans cette page le mot « étourneau »). Je me souviens de quelques lieux de Tunis : L’avenue de la liberté, 152 153 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 enfoncées dans le sable à une profondeur d’une phalange de doigt. Il suffit de gratter du bout des doigts, on les sent plus distinctement que d’autres coquilles vides que l’on a toujours appelés à tort « les amandes de mer » et les moules. Sinon, il y avait aussi sur les plages des patelles, coques, amandes de mer, bulots, bigorneaux, palourdes, crabes que l’on ne mangeait jamais. o Musiques et Discothèques Nous avions beaucoup de retard sur l’actualité musicale… En discothèque : Élection des miss discothèques, du meilleur couple de danseurs, des plus beaux yeux, des plus belles jambes… Baraka : Saad Boum / Surprise-partie / Surboum Pendant les étés à la Goulette ou à Kheireddine, les jeunes JT organisaient souvent des « boums » dans une chambre ou dans un jardin. C’était encore une occasion de se retrouver, de parler et bien sûr, de danser collé serré (les slows étaient presque aussi nombreux que les jerks ou les tangos argentins et ouvraient la porte aux premiers émois et à l’éveil sexuel). o Cinémas Nous avions beaucoup de retard sur l’actualité cinématogra- phique, car, comme la musique, les chansons…, nous atten- dions quelques mois, voire un an avant qu’un film soit diff usé à Tunis… et je ne parle pas des provinciaux qui devaient attendre encore plus de temps. Les cinémas de Tunis : l’ABC, L’Africa, l’Apollo, le Capitole, le Carthage, le Colisée, le Globe, le Marivaux, le Mondial, l’Em- pire, le Palmarium, le Parnasse, le 7e art, le studio 38 : quand on allait au cinéma pour voir un film tranquille, genre comédie pour enfants ou dessin animé, rien à signaler de particulier. En o COURSES DE CHEVAUX ET COURS D’ÉQUITATION Kassar Saïd o Cafés À Tunis, nous allions au « Café de Paris » ou à celui du « Belvédère », à la Goulette à celui du « Casino » ou au « Café Vert », à la Marsa au « Hafsi » ou au « Saf Saf », à Sidi Bou, à ceux d’en bas (Le café de la place du Village), du milieu (Le café des Nattes) ou d’en haut (Sidi Chebâane, surnommé « Café des Délices » depuis la chanson de Bruel). On y passait une grande partie de l’après-midi et l’on y prenait une gazouza ou un café européen (souvent du robusta car c’est celui qui était proposé à l’époque ; il était assez fort et était souvent commandé « allongé » d’eau) ou un café turc (qui contenait du marc), avec l’inévitable verre d’eau… ou encore un thé vert, souvent agrémenté de pignons de pins ou d’amandes grillées… À proximité immédiate de tous ces cafés, on pouvait acheter des graines grillées et salées de courge, de tournesol ou de lin. Les adultes jouaient aux dominos, aux cartes (rami ou chkobba) tout en parlant de leur vie quotidienne, alors que les enfants couraient partout en criant et en riant. Je me souviens d’une journée assez particulière, unique. Un matin, alors que nous étions dans la rue Guynemer en attendant l’ouverture des portes du Lycée Carnot, mon amie Karine a émis l’idée de faire l’école buissonnière… Ni elle, ni moi, ne l’avions jamais tentée… o Plages Nos bouées : des chambres à air de camion. On ramassait les coquillages que l’on mangeait sur place : les sébettes ou donax Sur les plages de sable fin, elles sont 154 155 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Théâtre romain de Carthage Construit au milieu du second siècle, c’est un édifice aux dimensions imposantes dont la capacité d’accueil est supérieure à 8 000 spectateurs. Ses gradins reposent sur un système complexe de voûtes qui le mettent à l’abri des mouvements de terrain. Depuis 1964, et après diverses restaurations, ce théâtre organise tous les étés le Festival International de Carthage où se produisent de grandes vedettes de la chanson, ainsi que des troupes folkloriques nationales et internationales. Les flirts : impossibles car défendus dans les rues, donc les rapprochements se faisaient dans les boums organisées ou les discothèques LIEUX Asilo notturno Comme son nom italien l’indique, il s’agit d’un « asile nocturne », fondé par le médecin généraliste Enrico Calo (né à Tunis en 1878) et ouvert vers 1910 dans le Palais Mestiri, au sein de la Médina de Tunis. Ce lieu avait été créé pour héberger les émigrés italiens qui fuyaient la pauvreté de la Sicile en barque à voile, afin de chercher du travail en Tunisie. Carthage Cette ville a été fondée par des colons Phéniciens de Tyr en 814 avant Jésus-Christ. Son nom provient d’ailleurs du Phénicien Kart- Hadasht qui signifie « Nouvelle Ville ». Ce qui est étonnant, c’est qu’en hébreu, « Karta Hadacha » signifie aussi « Ville Nouvelle ». Première question : Kart-Hadasht était-il juif ? Deuxième question : Sachant que les juifs espagnols (sépharades) sont originaires des colons Phéniciens de l’Afrique et d’Espagne, n’y aurait-il qu’un revanche, quand il s’agissait d’un film d’action (karaté et wes- tern), ouh là là, il y avait de l’ambiance. Chaque action suscitait les réactions du public : cris d’encouragement, applaudissement, huées, sifflements, comme à un match de foot. Il y avait un sur- veillant de salle. Quand certains en faisaient trop, ou se compor- taient comme devant un film d’action alors qu’il s’agissait d’une comédie sentimentale, le surveillant les expulsait manu militari. À la sortie du cinéma, on voyait plein de karatéka en herbes, commentant et mimant les actions de « Brrousse » Lee. J’avais du mal à réaliser que Travolta (en roulant bien le r), il était américain. Je le voyais plutôt comme un Sicilien de La Goulette, comme Claudia Cardinale. C’était une grande star en Tunisie, grâce à Saturday Night Fever et Grease. Ces deux films ont fait un tabac en Tunisie. Pendant trois ans la plupart des jeunes hommes avaient les cheveux un peu long et coiffés en arrière, et la chemise à large col ouverte sur une chaîne en or (ou plaqué, ou argent, ou toc). o Théâtres Théâtre Municipal de Tunis Principal et plus célèbre théâtre de la Tunisie moderne qui a été inauguré en novembre 1902, il a été construit dans le style « art nouveau » par l’architecte français Resplendy sur l’avenue Jules- Ferry (qui a été plus tard l’avenue Habib Bourguiba). Sur la scène de ce théâtre, multiples pièces et spectacles ont été majestueusement représentés par de grands comédiens tunisiens, français et internationaux. C’est là aussi que les élèves des écoles de danse « Debolska et Foutline » et « Tramoni-Caparros » donnaient leurs représentations de fin d’année. 156 157 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 El Haouaria (ةيراوهلا) est une ville tunisienne située à l’extrémité nord-est du cap Bon, à l’entrée du golfe de Tunis. Rattachée administrativement au gouvernorat de Nabeul, elle est le centre d’une délégation et constitue une municipalité comptant 9 273 habitants en 20 042. La municipalité est créée par le décret du 2 avril 19663. Elle se situe à 120 kilomètres de Tunis et à 80 kilo- mètres de la Sicile. Son emplacement géographique, son relief contrasté et son climat doux et tempéré en font un refuge de prédilection pour une multitude d’oiseaux migrateurs. Les Romains surnommeront d’ailleurs l’endroit Aquilaria ou « pays de l’aigle » 4. Chaque printemps, 40 000 rapaces de 24 espèces différentes, mais aussi des milliers de cigognes et d’autres oiseaux plus petits, font halte à la pointe du cap avant leur traversée de la mer Méditerranée. C’est tout naturellement que les familles d’El Haouaria développent un art de la fauconnerie remontant à l’époque antique comme en témoignent certaines mosaïques exposées au musée national du Bardo. Le savoir-faire en matière de dressage des rapaces, capturés au mois de mars, est transmis de génération en génération. L’Association des amis des animaux, créée en 1975, mène un efficace travail de sensibilisation de la population à la protection des oiseaux et plus spécialement des rapaces. Gabès Ce nom de ville tunisienne vient de « Qabis » en araméen. Une communauté assez importante de JT y était fermiers, propriétaires terriens, entrepreneurs, tisserands, menuisiers, bijoutiers… Les juifs gabésiens, comme les djerbiens sont réputés pour être de grands travailleurs. Gammarth Station balnéaire à une vingtaine de kilomètres de la capitale dans laquelle il fut trouvé une nécropole juive datant du iie siècle de l’ère pas pour dire que la ville de Carthage a été fondée par les juifs ? À méditer… Aujourd’hui, Carthage, en plus de posséder de nombreux et magnifiques sites archéologiques de l’époque romaine, est avant tout une commune moderne de plusieurs milliers d’habitants. C’est une ville chic et très agréable en bordure de mer, qui comprend de beaux quartiers d’ambassades, ainsi que le palais présidentiel. Salammbo Selon certains, les juifs, lassés de la vie dissolue et des sacrifices humains des Phéniciens à Carthage, se déplacèrent pour s’installer un plus loin, dans un lieu qu’ils appelèrent « Chalom Po » qui signifie en hébreu : « Ici, règne la paix » Vrai ou faux ? Malheureusement, personne ne peut le confirmer… Djerba L’histoire des Juifs à Djerba remonterait au temps du roi Salomon. Il s’agit aussi de l’une des dernières communautés juives à subsister dans le monde arabe et il est difficile de la distinguer de la communauté musulmane. Les JT de Djerba sont reconnus comme grands travailleurs ; ils sont bijoutiers, artisans, commerçants… Ils s’habillent à l’ancienne et parlent l’arabe avec un léger accent. Cette communauté est ancrée, là, depuis des temps ancestraux. Elle ne compte plus aujourd’hui que 1 500 âmes (joailliers pour la plupart) parmi les 120 000 habitants de l’île. La Ghribah Voir Chapitre II, partie « Religions et Fêtes marquantes », « Judaïsme ». Hara Kbira (grand quartier), Hara Srira (petit quartier) et Homt Souk (centre commercial) sont les trois quartiers juifs de Djerba. 158 159 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 de Numidie, territoire qui fait aujourd’hui partie de la Libye) à Kairouan commence avec la fondation de la ville en 670. Ils sont bientôt rejoints, à la fin du viie siècle, par une seconde vague d’immigrants. En 1270, ils sont expulsés par les Almohades (dynastie musulmane berbère qui fut fondée au début du xiie siècle à Tinmel, dans l’anti-Atlas marocain). Kheireddine Aujourd’hui, c’est une petite ville résidentielle de la banlieue nord (à environ 12 kilomètres de Tunis) qui se situe entre La Goulette et le Kram, à proximité immédiate de la Méditerranée. Mais pendant quelques siècles, Kheireddine a été un lieu de villégiature très prisé par les JT. La Buvette Il s’agit du nom d’une plage située à « Kheireddine », qui a été très fréquentée par des générations et des générations de JT qui s’y retrouvaient tous les jours d’été pendant quelques heures. D’année en année, la mer a avancé et la plage est devenue de plus en plus étroite mais, au lieu de changer de lieu, les JT s’y sont serrés pour toujours avoir le plaisir de s’y retrouver, discuter, cancaner, boire, manger et bien sûr, s’y baigner… Je ne connais pas de JT qui ne sache pas ce qu’était « La Buvette » et même si la Goulette était très proche, il était très rare que les JT goulettois y aillent et vice versa. La Goulette Le nom francophone de La Goulette est une traduction de l’Italien « gola » (gorge) ou « goleta » (petite gorge), langue alors très usitée dans la région en raison du nombre important d’Italiens qui y avaient élu domicile aux xixe et xxe siècles. Ce terme est lui-même une traduction du nom arabe du lieu, « Halk el Oued », signifiant littéralement « gosier de la rivière ». Ce lieu en bordure de mer avec « la Goulette Vieille, la Goulette Neuve chrétienne. Cette ville est prisée pour ses hôtels, ses plages dont celle de « La Vague » (du nom de son restaurant) très fréquentée par les JT. Non loin, il y avait une plage désertique, du nom de « Raouad », à laquelle on accédait par des pistes et où les dunes s’étendaient à perte de vue. C’était absolument magnifique et presque irréel. Aujourd’hui, les hôtels de luxe ont pris la place de cette superbe surface… Hammamet Cette ville est une station balnéaire très prisée car elle dispose de belles plages entretenues pour les touristes par de grands hôtels. Situés à une soixantaine de kilomètres seulement de la capitale, de nombreux JT y allaient passer une journée ou un week-end dans l’un de ses magnifiques hôtels, en particulier « les Orangers » (qui possédait un superbe jardin avec des arbres croulant d’agrumes en saison, en particulier « les oranges ») ou « le Phénicia » Aujourd’hui, de nouveaux hôtels, plus immenses les uns que les autres, ainsi que le parc d’attractions « Carthageland », ont été érigés dans une nouvelle zone appelée « Yasmine Hammamet » à 11 kilomètres du centre-ville et toujours, à proximité immédiate de la mer. Hammam Lif Station balnéaire à une dizaine de kilomètres de la capitale. Connue dans l’Antiquité sous le nom de « Naro » (d’origine punique), la ville tient son nom actuel de « Hammèm » (bain) et « anf » (nez) car elle bénéficie de deux sources thermales au pied du Bou Kornine (sommet de 576 m qui domine le golfe de Tunis et surplombe la ville de Hammam Lif) et qui ont pour but principal de guérir les infections liées aux problèmes respiratoires. On y découvrit la synagogue « Naro » qui date du ve siècle de l’ère chrétienne. Kairouan L’histoire des Juifs venant d’Arabie, d’Égypte et de Cyrénaïque (pro- vince romaine d’Afrique du Nord, située entre les provinces d’Égypte et 160 161 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 d’une aussi belle fraternité. Nos fêtes étaient animées par les mêmes musiques et les mêmes taalilats. Nous avions les mêmes danses, mijotions les mêmes plats et portions la même joie de vivre. De toute évidence, les juifs les plus extraordinaires sont nés à La Goulette. Imbibés de Boukha, nourris de poisson et de harissa de Nabeul, les juifs tunisiens ont une saveur à nulle autre pareille. Et que dire de la beauté juive tunisienne ! Les juifs de Tunis sont tellement beaux qu’on surnommait telle jeune fi lle Claudia Cardinal et tel autre garçon Johny. La kémia est née à La Goulette. C’est aussi à La Goulette qu’on trouve les meilleurs couscous, briks, casse-croûte, nikitouche, bsal loubbia, osbanes et pâtisseries de toutes sortes. Depuis ma plus tendre enfance, j’ai aimé les juifs de tout mon cœur car ils m’ont offert une Tunisie qui a échappé à la connaissance de beaucoup de gens. Le patrimoine juif de Tunisie, qu’il soit culinaire, musical ou vestimentaire, est un bien national qu’il faut protéger et sauvegarder. La mémoire culturelle tunisienne est l’addition de la mémoire musulmane à la mémoire juive. À La Goulette, personne ne cherchait à abolir la différence de l’autre ; bien au contraire, le juif allait vers l’arabe et l’arabe allait vers le juif pour s’enrichir mutuellement. De cette confrontation jaillissait un plaisir qui illuminait la terre entière. Le génie d’un peuple ne se réveille vraiment que lorsqu’il se frotte à un autre peuple. Nous avons fait de La Goulette une Andalousie (pour le cosmopolitisme) et aussi une Californie (pour la liberté). Je pense que c’est le mélange réussi des cultures qui a favorisé l’émergence de ce climat de liberté que l’on ne trouvait pas ailleurs. À Tunis, on était prisonnier des conventions ; à La Goulette, on avait enfi n le droit de revendiquer la joie de vivre sans craindre la foudre de la Tradition. Les juifs de Tunisie ont un charme unique, à nul autre pareil, sans doute parce qu’il y a en eux un mélange délicieux de juifs berbères (autochtones) de très vieille souche, de juifs espagnols (fuyant l’Inquisition), de juifs italiens (Livournais) et de juifs français. Au et la Goulette Casino », a attiré de nombreux JT qui y passaient leur été à « se la couler douce », à seulement une douzaine de kilomètres de la grouillante capitale. La Goulette. Petit village jusqu’en 1920 quand les habitants de Tunis commencèrent à quitter la grande ville pour les villages avoisinants. Nostalgies entendues : la promenade du shabbat a la Goulette : il n’y a qu’un seul boulevard qui longe la mer, la rue derrière abritait toutes les gargotes (méchoui, briks, fricasses), la plupart d’entre elles étaient tenues par des Juifs et la plus célèbre était « chez Bichi ». Tout le monde rencontrait tout le monde, certains allaient au cinéma en matinée et payaient soit avant soit après shabbat, même chose pour les petits cafés tenus par des Italiens, Maltais ou Musulmans, les filles étaient bien habillées. En déambulant indéfiniment sur le boulevard, les jeunes gens et les jeunes filles en groupes s’observaient et commentaient. À la Goulette Casino, ou les gens louaient une chambre à l’ancien casino, (voir oukala) les hommes juifs se tenaient sur le pas de la porte en pyjama et tricot sans manches. (n). À la différence des demeures de la médina qui étaient jalouses de leur intimité, les maisons de La Goulette étaient complètement ouvertes à la rue. La rue était le prolongement de la maison. Pour les beldis que nous étions, nous avons découvert la liberté à La Goulette. Mes parents ont fait sauter les cloisons pour ouvrir notre maison à l’autre. Point de porte fermée ni de fenêtre close. Tout doit être ouvert pour marquer notre adhérence totale à la rue. Après avoir lavé à grande eau le trottoir, on y installait table, chaises et matelas et nos voisins faisaient de même. Nous formions une seule famille avec nos délicieux voisins : les Cattan, les Yaïche, les Bessis, les Sitbon, les Nataf, les Zibi, les Zagdoun, les Hayoun, les Ben Soussan, les Hadria, les Bellaïche… Nos voisins sont devenus nos parents. Le soir, nous dormions à la belle étoile tant il faisait chaud, en écoutant Farid Latrache, Ali Riahi et Raoul Journo. Les étoiles scintillaient de bonheur de voir juifs et arabes rassemblés autour 162 163 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 L’OSE OSE signifie « Œuvre de Secours aux Enfants ». À la Goulette, le bâtiment appelé « L’OSE », qui se trouve sur l’une des deux principales artères de la ville, était à l’origine une école juive. Cependant, le nombre d’élèves ayant diminué d’année en année, le lieu a été reconverti, tout en gardant son nom, en une maison de retraite propre et paisible où d’anciens JT vivent tranquillement leurs vieux jours en communauté. La Manouba Il s’agit d’une ville située dans le nord du pays et qui abrite le plus grand centre de déficients mentaux. Ainsi, lorsque quelqu’un déraille, on lui dit d’aller à la « Manouba » se faire interner… La Marsa C’est une banlieue et station balnéaire assez riche, située à une vingtaine de kilomètres de Tunis et où se trouve le terminus du « TGM » (voir définition). On y trouve aussi d’autres lieux d’agréments, lisez plutôt ce qui suit : Le Hafsi C’était un beau café-restaurant, très aéré et lumineux, juste en face de la gare de la Marsa et de « chez Salem ». On y passait des après- midi à parler et à bronzer… Le Saf Saf C’est le nom « du » café gargotte très populaire à « La Marsa », où l’on pouvait manger des bricks ou des fricassés. Au centre, il y avait un puits et un dromadaire (que l’on appelait à tort « chameau » car il n’y a qu’un mot pour les deux races en arabe : « jmel ») tournait autour, inlassablement, afin de faire remonter l’eau fraîche dans des « gargoulettes ». On pouvait d’ailleurs boire cette eau de source dans des « sahleb », qui lui donnait un goût particulier, un peu salé. Le fur et à mesure que remontent les souvenirs, je me sens fi er d’être goulettois, de La Goulette de l’âge d’or. On buvait au lait maternel de La Goulette toute la sagesse du monde. Dieu a vraiment créé La Goulette à un moment de grâce que nous avons ressenti comme un privilège. À La Goulette j’ai découvert ma dimension d’homme au milieu des juifs, des chrétiens et des musulmans. Aux côtés de mes très chers amis Richard et Rudy Bessis, David et Claude Cardozo, Gérard Calvo, Marcel Gallardo, Samy Taïeb, Jules Tartour, Alain Bellaïche, Raphaël Cohen, René et Gilbert Marzouk, Max et Hubert Journo, Sylvain Saal, Henry Tibi, Sidney Lelou ! che et beaucoup d’autres amis, j’ai reçu avec sérénité la mémoire juive de Tunisie. La Goulette m’a communiqué le sentiment d’appartenir à un souffl e universel. C’est ce souffl e tendre et puissant qui m’accompagne toute ma vie. Extrait du livre Ya Hasra, La Goulette de Mustapha Chelbi Le Café vert Situé à la « Goulette Neuve », ce café était très fréquenté tous les étés par la communauté JT. Ils y venaient en famille ou entre amis pour s’y retrouver, boire un verre, discuter, manger des « glibettes » Toutes les tables étaient prises par des JT et ils y passaient des heures à rire et à refaire le monde. Je me souviens qu’il y avait certains « piliers » comme Taïta (de son vrai prénom je crois), l’amie de Milie (Émilie, ma grand-mère maternelle) Guigui (Guy), Icha (Richard qui ne prononçait pas les « R »), Zouzou (Isabelle qui est aujourd’hui la femme d’un de mes cousins), mes cousins Coco Nono (Alain), Nanoucha (Lydia), Baby (Marc) et Mamina (Mylène), Petit Paul, Maxo, Gini (Eugénie) Aujourd’hui, le « Café Vert » a gardé son nom mais il s’agit d’un restaurant spécialisé dans les « complets poissons ». 164 165 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 climatiques favorables. Elles y avaient des activités commerciales, agricoles et industrielles. Orfanotrofio Principe di Piemonte Cette fondation privée du nom d’« Orphelinat Prince de Piémont », a été créée au début des années 1900, à l’initiative du médecin généraliste Enrico Calo, de Giuseppe Messana et d’Ernesto Calo, pour héberger des orphelins de guerre de la colonie italienne. Elle se trouve (ou se trouvait ?) à l’entrée de l’Ariana, à quelques kilomètres de la capitale. Sfax Sfax, qui est la deuxième plus grande ville industrielle de Tunisie, est aussi un port. À l’origine, Sfax, considérée comme une ville sainte par les musulmans, était interdite aux juifs et aux Européens. Cependant, quelques artisans juifs djerbiens (surtout tailleurs, orfèvres et bijoutiers), réputés par la qualité de leur travail, et leurs familles (fort nombreuses) furent les premiers non musulmans autorisés à s’y installer et à y bâtir un lieu de culte au début du xie siècle. Sidi Bou Saïd « Sidi Bou Saïd », que l’on appelait « Sidi Bou », est un village situé à une vingtaine de kilomètres au nord-est de Tunis. Dès le xviie siècle, le charme de ce lieu séduit la bourgeoisie tunisoise qui y fait construire des demeures luxueuses. Il s’agit d’une adorable petite commune de la banlieue de Tunis, perchée en haut d’une colline qui surplombe la mer. C’est la ville de Tunisie qui est à la fois la plus pittoresque et la mieux entretenue. Le JT a aimé arpenter les ruelles pavées de ce village afin d’y découvrir ces maisons, revêtues de chaux blanche et de volets bleus, qui combinent les architectures arabe et andalouse, et admirer les lourdes portes cloutées qui s’ouvrent sur des jardins secrets tapissés de céramique et ornés de bougainvillées. « Saf Saf » existe toujours et le chameau aussi, mais apparemment, il a pris une retraite bien méritée car il est souvent assis et ne tourne plus qu’une heure par jour. Safsaf, le café très populaire et celui des Juifs a La Marsa, station balnéaire, ancienne résidence des Beys de Tunisie, La particularité de ce café était le puits au centre et le chameau aux œillères qui tourne la poulie du puits sans arrêt pour faire remonter les gargoulettes d’eau délicieusement rafraîchissante, servie dans des haleb. Le sol était fait de sable marin et on sentait l’odeur des chameaux. La Soukra « La Soukra » est une ville de la banlieue nord de Tunis qui est située à six kilomètres du centre-ville, entre les villes de « l’Ariana » et de « La Marsa ». Elle se trouve à proximité immédiate de l’aéroport international de Tunis-Carthage. « La Soukra » est connue pour sa « Grande distillerie » où est fabriquée la « Boukha Bokobsa » et pour abriter le plus ancien terrain de golf de Tunisie fondé en 1927. En 2001, le premier hypermarché du pays, « Carrefour », ouvre près de « La Soukra » avec une surface de vente de 9 000 m². L’Hacienda Nom d’une discothèque située à Carthage Salammbo qui a connu ses heures de gloire dans les années soixante… Cependant, avec l’ouverture de « La Baraka » (une autre discothèque à proximité de Sidi Bou Saïd, donc à moins d’une dizaine de kilomètres de Salammbo), dans les années soixante-dix, l’« Hacienda », a perdu sa clientèle et a fini par fermer ses portes. Nabeul Les plus vieilles pierres tombales du cimetière israélite de Nabeul confirment la présence locale d’une communauté israélite qui s’est constituée dans la deuxième moitié du xviiie siècle. Les premières familles juives s’y sont principalement installées pour des raisons 166 167 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Le Café Âalia, beaucoup plus connu sous le nom de « Le Café des Nattes » « Âalia » signifie « haut » et pour les JT, contrairement au « café d’en bas », c’était notre « café d’en haut ». À mi-chemin de la colline, avant d’arriver à la falaise, se trouvait ce très bel endroit accueillant qui recelait une ambiance calme et feutrée avec des « dokkènès » (cf. définition) recouvertes de nattes. Le Café Sidi Chebâane, rebaptisé « Le Café des Délices » par Félix Gray Enfin, tout au bout de la colline, à flanc de falaise surplombant le port de Sidi Bou Saïd, Carthage et le Golfe de Tunis, on découvre ce café magnifique, avec ses terrasses en étages et ses parasols bleus, comme une récompense… Sousse Les premières familles juives tunisiennes (les « touensa ») s’y sont probablement installées au viie siècle et la plupart d’entre elles ont travaillé dans le commerce (surtout les tissus et vêtements, ainsi que dans l’agriculture). Au xviie siècle, ils ont été rejoints par des juifs livournais (les « grana »). Tataouine La ville de « Foum Tataouine », devenue « Tataouine » tout court, se situe dans les terres à environ 500 km de la capitale, non loin de l’île de Djerba. Son souk, construit par des Français, a vu le jour à la fin des années 1800 et de nombreuses boutiques sont tenues par des commerçants juifs, originaires de Djerba en majorité, mais aussi de Gabès. Comme il s’agit d’une petite province loin de Tunis où se trouvait un bagne jusqu’en 1936/38, il n’est pas rare d’entendre des expressions avec ce nom de ville, pour parler d’un lieu lointain et peu moderne : Où tché allé chercher ce pantalon ? À « foum Tataouine » ? Cependant, ce sont les trois cafés du village que les JT ont le plus fréquenté pendant les soirées d’été. La Baraka De l’hébreu « brakha », ce mot signifie « prière » et par extension, la protection de Dieu et l’on dit aussi que quelqu’un qui a la « baraka » a de la chance. Pour nous, il s’agissait d’une discothèque très réputée dans les années soixante-dix. Elle se trouvait à mi-chemin entre « La Marsa » et « Sidi Bou Saïd ». Jeunes et moins jeunes, habitués et public de passage, tout le monde se retrouvait à « la Baraka ». Il y avait la partie couverte aux lumières tamisées et aux boules à facettes avec une piste de danse et un bar, mais aussi la partie en plein air avec une autre piste qui était très agréable durant les chaudes soirées d’été et un restaurant où les convives appréciaient de manger dans une ambiance musicale et festive. La Baraka a malheureusement été démolie au début des années 2000. Le Café de la place du village, surnommé « Le Café d’en bas » Il était en effet situé en bas de la colline qui mène au village. Alors que durant la journée, ce café était réservé aux anciens musulmans qui fumaient la « chicha », ces derniers cédaient la place aux JT qui s’y donnaient rendez-vous tous les soirs car, après avoir passé leur matinée sur une des plages de Khéreddine, la Goulette ou Gammarth, leur après-midi au Café Vert de la Goulette, ils étaient pressés de s’y retrouver. Quelquefois, en attendant que des chaises se libèrent, ils s’installaient sur des marches en face du café, afin de profiter quand même de l’ambiance qu’il y régnait et pour voir et parfois critiquer les personnes qui étaient déjà assises. Souvent, la soirée se prolongeait à « La Baraka » (voir ci-dessus). 168 169 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Guyse Dans la galerie du cinéma « Le Colisée », en plein centre de Tunis, se trouvaient quelques commerçants, parmi lesquels « Guyse ». C’était le meilleur photographe de Tunis, d’origine gréco-italienne paraît-il, qui faisait d’excellents portraits en noir et blanc, n’ayant rien à envier à ceux de Harcourt à Paris. Il savait si bien sublimer les visages que nous nous sentions un peu « stars » au moment de récupérer nos photos. Certes, la pause était longue et les files d’attente aussi, mais le résultat nous les faisait oublier. Nous étions toujours plus beaux qu’au naturel et notre grain de peau était toujours parfait, comme si nous avions utilisé le meilleur fond de teint qui soit. Jbel Ahmar Littéralement « Mont Rouge » (ça ne vous rappelle rien ?) C’était un quartier pauvre de Tunis, très mal famé où il ne valait mieux pas s’aventurer. On donnait d’ailleurs le nom de ce lieu à tout endroit lointain et mal fréquenté. J’ai appris qu’aujourd’hui, il a complètement été réhabilité et que plus personne n’a peur d’y aller. La Hara Quartier juif, ghetto à Tunis. Une légende raconte qu’au xe siècle, les Juifs, astreints à demeurer en dehors des murs de Tunis, sollicitèrent le juriste tunisien très influent, Sidi Mehrez, pour qu’il intercède auprès du souverain. « Combien êtes-vous ? » demanda l’homme de loi. Pour ne pas eff rayer Sidi Mehrez, les demandeurs affirmèrent : « Hara » qui signifie en judéo-arabe, un quarteron (soit ¼ de 100, soit 25). Sidi Mehrez lança alors un bâton au loin en déclarant : « Où mon bâton tombera, votre « Hara » s’installera ». Ainsi, dit la légende, naquit le quartier juif de Tunis, la « Hara ». Fondée en 698 autour du noyau initial de La mosquée « Zitouna », la « Médina » de Tunis se développe tout au long du Moyen-Âge, vers Tunis Asilo Infantile Giuseppe Garibaldi Il s’agit d’une maternelle italienne, construite par l’architecte Achille Franco. Elle se trouve (ou se trouvait ?) dans la rue de Rome à Tunis, donc très centrale. Beït Ha’hayim Borgel / Borgel C’est le nom du cimetière juif de Tunis qui est divisé en deux, avec d’une part, les tombes « touensa » ou JT de souche et d’autre part, les tombes « gorni » ou JT d’origine livournaise. Il faut savoir que « beït ha’hayim » signifie en hébreu « chambre ou maison des vivants », ce qui est assez étonnant pour un cimetière, mais dans la religion juive, on considère que même si le corps est mort, l’âme reste vivante. Cathédrale de Tunis Ce magnifique monument édifié dans les années 1890, trône sur l’Avenue principale de Tunis. On l’a toujours nommé « la Grande Cathédrale de Tunis » mais sa véritable appellation est « Cathédrale Saint-Vincent de Paul ». Selon la loi juive, nous ne pouvons pas visiter les lieux de cultes chrétiens parce qu’il y a des représentations (statues de Jésus, Marie et autres saints, tableaux, croix…) et que nous ne pouvons pas avoir d’idoles… Cependant, ma curiosité étant plus forte devant cette entrée majestueuse, je n’ai pu m’empêcher d’aller visiter cette belle cathédrale de Tunis, et je ne le regrette pas. Grande Synagogue Érigée entre 1933 et 1938 à l’initiative du Baron Giacomo di Castelnuovo (de la communauté des Grana) et de l’architecte Victor Valensi (d’origine juive portugaise) sur l’avenue de la Liberté (quartier Lafayette), elle est la seule synagogue monumentale de Tunisie. 170 171 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Le Belvédère Le parc du Belvédère est le plus grand lieu de verdure de la ville de Tunis. Aménagé à la fin du xixe siècle, il se situe au nord de la capitale et comporte un étang, des aires de jeux et un grand café en plein air, qui ont été très prisés par les JT. Dans les années soixante, des paysagistes allemands ont été choisis pour y créer un parc zoologique qui a toujours été très bien entretenu et qui attire tant les enfants que leurs parents. Dans le quartier du Belvédère, il y a aussi une piscine municipale que je n’ai jamais fréquentée, mais je sais que de nombreux JT y allaient. Lycée Carnot C’était une école primaire et secondaire, un collège et un lycée français réunis dans un même lieu au centre de Tunis. De nombreuses générations de juifs tunisiens y ont pu suivre leur scolarité entre 1893 et 1982, soit près d’un siècle. En raison d’eff ectifs de plus en plus nombreux, les bâtiments ont été agrandis entre la fin du XIXe et le début du xxe siècles. Pendant la seconde guerre mondiale, le lycée a été réquisitionné par les Allemands, puis par les forces alliées et durant cette période, les élèves ont été partagés dans les autres établissements de Tunis. Après la guerre, compte tenu de l’augmentation des eff ectifs, différentes annexes ont été créées dans la banlieue nord de Tunis (Carthage, Salambô et la Marsa – Voir Lycée Cailloux), ainsi qu’à Mutuelleville (voir Lycée de Mutuelleville) dans le quartier nord de la capitale ; En 1983, le Lycée Carnot a cédé la place au Lycée pilote Bourguiba (établissement du système éducatif tunisien). Mosquée Zitouna La mosquée « Zitouna » (ou, en français, « de l’olivier »), est la principale mosquée de la « médina » de Tunis. Érigée sur une superficie de près de 5 000 m2, elle possède neuf entrées et de très nombreuses colonnes (près de 200) en provenance du site antique de Carthage. le nord et vers le sud, se divisant ainsi en une « médina » principale et en deux faubourgs avec au nord « Bèb Swiqa » et au sud « Bèb el Jazira ». La médina de Tunis, est inscrite depuis 1979 au patrimoine mondial de l’Unesco. La médina de Tunis est fondée aux alentours du cœur initial de « la mosquée Zitouna ». Elle est subdivisée en deux quartiers principaux « Bèb Swiqa » au nord et « Bèb El Jazira » au sud. « Bèb Swiqa » est principalement une porte de la médina de Tunis qui a donné son nom au quartier. Bèb swiqa est l’abri de plusieurs artisans ferblantiers et maréchaux-ferrants. Ces derniers avec leurs bruits de marteaux animent la région. « Bèb El Jazira » est aussi le nom d’une porte. Cette appellation vient de l’île « Djerba » car ce quartier n’était habité que par les artisans et les commerçants venant de cette île. La médina de Tunis englobe plusieurs autres portes aussi. On peut citer : « Bèb El Khadra » est fondée en 1320 et reconstruite en 1881 dans le but de faciliter les ventes et les achats. « Bèb Saadoun » est une porte qui doit son nom à un saint « Sidi Bou Saadoun ». Cette porte connecte Béja Bizerte et le Kef. Le gouvernorat de Tunis contient dix-sept portes : Bèb El’Assel, Bèb El Khadra, Bèb Sidi Abdallah Cherif, Bèb Sidi Kacem El Jalizzi, Bèb Gorjéni, Bèb Sidi Abdesselem, Bèb Alléoua, Bèb Carthagina, Bèb Bhar, Bèb Saâdoun, Bèb Souika, Bèb El Bnèt, Bèb El Menara, Bèb El Jedid, Bèb Al Djazira, Bèb El Alouj, Bèb El Fella… Tunis n’est pas le seul gouvernorat de Tunisie qui possède des « bèb ». La seule chose en commun entre toutes les portes de la Tunisie est le fait qu’ils étaient un grand marché pour les commerçants de l’artisanat tunisien. 172 173 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Mazinga Z C’était notre « Goldorak », le héros d’un dessin animé japonais et le premier manga que les jeunes tunisiens ont pu voir à la télévision italienne (prononciation correcte « Mazinga zeta »). J’ai honte, mais je dois vous l’avouer, je me souviens encore de la chanson du générique : « quando udrai un fragor a mille decibel, su dal cielo piombera Mazinger ! Veloce e distruttore come un lampo… » OK, ok, j’arrête… Désolée ! o Radio Tunisienne dans la journée : Faika – Heikel – Houria (disques à la demande dédicacés) Vers 1974, les jeunes gens n’avaient pas assez d’argent pour s’acheter les disques de musique pop importés en petites quantités d’Europe. Alors ils écoutaient la radio. Mais à la radio il y avait surtout de la musique arabe et française. En effet, Radio Tunis « International » (avec Faika ou encore Haikel… « cool, les amis cools, avec Haikel ») s’il vous plaît, diffusait Claude François, Serge Lama, Dutronc, Souchon, Brel (Bghel ça veut dire âne en tunisien, ha ha ha). Alors les jeunes Tunisiens à cette époque ne connaissaient pas grand-chose de la musique pop anglophone, peut- être Elvis Presley et un peu les Beatles, mais Les Rolling Stones ou les Who ? Je ne pense pas. MAIS, MAIS, il y avait une exception : BOB MARLEY. C’était de loin, mais alors de loin, le chanteur de pop anglophone le plus apprécié en Tunisie. Pourquoi ? Peut-être parce qu’il venait du Tiers-Monde ? Certainement. Ensuite les Bee Gees sont arrivés avec « Saturday Night Fever » et en quelques années, ça a bien changé, la radio s’est mise à diffuser de la musique anglaise et américaine. Ce qui marchait bien c’est le disco et le funk, avec Earth Wind and Fire, Kool and the Gang, Donna Summer, etc. Pink Floyd était également apprécié et curieusement aussi, la chanson « Epitaph », enregistrée en 1969 par le groupe King Crimson. C’est un groupe anglais de Rock Progressif pas Rue Abdallah Guech (nom exact : Impasse Sidi Abdallah Guech) Cette impasse qu’on appelait « rue », cachée dans la médina de Tunis, abrite un lieu de prostitution officiel, ce qui est assez surprenant dans une capitale arabe. Dans les années cinquante à soixante-dix, lorsque la sexualité était moins libre, de nombreux jeunes, y compris des JT, y allaient s’initier et se faire « déniaiser ». Souks Les souks de Tunis sont un ensemble de magasins, boutiques et ateliers situés dans la médina et édifiés à partir du xiiie siècle. Les boutiques s’égrènent dans un ensemble de rues et ruelles piétonnes et sont regroupées par corps de métier. En voici quelques exemples : « Souk El Trouk » : construit en 1920 pour les tailleurs et brodeurs, c’est aujourd’hui le souk qui propose des articles de brocante et d’antiquité. « Souk El Birka » : depuis 1946 « souk des bijoutiers » (et précédemment depuis le xviie siècle : « souk aux esclaves noirs » qui se vendaient à la criée). • Média Broubaganda Sachant qu’en arabe, il n’y a pas de « p » et que cette lettre est toujours remplacée par un « b » Facile, non ?… Bravo, il s’agit de la « propagande » et c’est ainsi que l’on appelait la publicité jusque dans les années soixante-dix. Bien sûr, on utilisait aussi le mot « réclame ». Poste Outre les définitions courantes que l’on connaît, le JT utilise encore ce mot comme jadis, pour parler de la télévision ou de la radio. 174 175 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Et bien entendu, grâce à cette télévision, la plupart des Tunisiens sont devenus plus ou moins bilingues italien. • Télévision tunisienne : Depuis sa création sous le nom de RTT en 1966 et jusqu’à 1976, il y a environ trois heures de diff usion par jour dont deux en arabe (journaux télévisés et dessins animés la plupart du temps, ainsi qu’une série humoristique, Ommi Traki ness mleh qui apparaît en 1971, durant le mois de Ramadan). À partir de 1977, la chaîne diff use certains matches de football et propose des films Égyptiens en soirée. En 1983, la RTT est rebaptisée RTT 1 suite à la création de la RTT2. Avec le changement intervenu à la présidence de la République le 7 novembre 1987, la chaîne devient TV7 en 1992, puis Tunis 7 en 1997. Le 23 mai 2008, Tunis 7 prend le nom francophone de Tunisie 7 jusqu’à la chute du président Zine el-Abidine Ben Ali. En janvier 2011, la chaîne change à nouveau de nom pour devenir Télévision Tunisienne Nationale. • Télévision française : Antenne 2 (aujourd’hui France 2) commence à diff user certaines de ses émissions en Tunisie à partir de 1989. Il s’agit surtout de jeux, du journal télévisé et du film ou de la série du soir. Aujourd’hui, outre ces trois chaînes, la plupart des Tunisiens possèdent le satellite avec de nombreuses chaînes internationales. Diffusion d’Antenne 2 en 1989 : censure de la nudité, la sexualité, la religion, coupure ou suppression de certaines informations. Dès le mois de septembre 1990, Antenne 2, comme toutes les autres chaînes de télévision françaises, a consacré l’essentiel de l’information télévisée à l’invasion du Koweït par l’Irak. Beaucoup plus que les journaux télévisés, ce sont surtout les magazines d’information très connu en Europe. Mais à Tunis, tout le monde connaissait « Epitaph ». Bizarre. Française, tard le soir ou très tôt le matin : Jose Arthur, Macha Béranger, Philippe Bouvard, Jacques Chancel, Ménie Grégoire, Eve Ruggieri Pour plus de détails sur les chansons/chanteurs et musiques que l’on écoutait, se référer aux tableaux des inoubliables. Télévision (en arabe : Telvzè) En Tunisie, la première chaîne de la télévision italienne a commencé à émettre en 1960, soit avant la télévision tunisienne qui n’a vu le jour qu’en 1966. Cependant, ce n’est que vers la fin des années soixante- dix que les Tunisiens ont commencé à équiper leurs foyers d’un poste de télévision. Marie-Claire m’a raconté : « Vers 1960, alors que nous n’avions encore que la radio tunisienne qui donnait très peu d’informations locales, les bruits de couloir et les qu’en-dira- t-on, la télévision italienne en noir et blanc fit son apparition à Tunis. Cependant, rares étaient les personnes qui pouvaient se la procurer. Lorsqu’une famille en achetait une, tous les voisins venaient voir un match ou écouter les informations concernant l’Europe. Certains soirs de la semaine, il y avait des animations, chants et danses dont les Tunisiens étaient friands. L’appartement était alors envahi par presque toute la rue ! » • Télévision italienne (baptisée Rete 1 en 1966, elle est renommée Rai 1 en 1982 lors de la création de Rai 2). Les JT ont eu ainsi le plaisir de découvrir les films européens et américains très bien doublés, ainsi que des acteurs mythiques, des émissions de variétés de plus en plus fournies et récréatives avec des humoristes et des danseurs d’excellent niveau, des présentateurs sympathiques et des nouvelles du monde entier. 176 177 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 pas de saluer le public en fin de représentation, les retransmissions s’achèvent par la présentation de la troupe et par le célèbre : « les décors sont de Roger Harth et les costumes de Donald Cardwell »), « l’Académie des neuf » (L’Académie des neuf était un jeu télévisé diffusé à partir du 13 septembre 1982 sur Antenne 2, entre 12 h 08 et 12 h 38, et présenté par Jean-Pierre Foucault jusqu’en juin 1987), « Champs-Élysées » (une émission de variétés de la télévision française présentée par Michel Drucker et diffusée en direct à partir du 16 janvier 19821 et jusqu’au 29 juin 1990 tous les samedis soir sur Antenne 2.), « Dimanche Martin » (« Dimanche Martin » était le nom d’une série d’émissions de télévision françaises conçues, produites et présentées par Jacques Martin chaque dimanche après- midi de décembre 1980 à juin 1998 sur Antenne 2.), « Intervilles » est une émission de télévision française créée en 1962 et inspirée de l’émission italienne Campanile sera, « Jeux sans frontières » (JSF) est un jeu de la télévision française créé par Guy Lux, Pierre Brive, Claude Savarit et Jean-Louis Marest sur une idée originale du général de Gaulle1 et diffusé sur la première chaîne de l’ORTF puis sur la deuxième chaîne à partir du 26 mai 1965, « l’École des fans » (L’École des fans est une émission de télévision musicale française créée sur Antenne 2 le 30 janvier 19771 à l’initiative de l’animateur Jacques Martin pour faire se rencontrer les interprètes du répertoire de la chanson de variétés et la jeune génération.), « La caméra invisible » (La caméra invisible est une émission de télévision française créée par Jacques Rouland et Pierre Bellemare, réalisée par Igor Barrère et diffusée sur la deuxième chaîne de la RTF puis de l’ORTF à partir du 30 avril 1964. Jacques Legras en était un des acteurs principaux. Chaque semaine, il réussissait à piéger des anonymes dans des canulars en sachant que malgré sa moustache identifiable personne ne le reconnaissait. Elle est remplacée au début des années 1970 par La Caméra cachée), « ring parade » (En 1976, Jean-Pierre Foucault anime ses premières émissions de télévision Ring Parade sur Antenne 2 grâce à Guy Lux). « Envoyé Spécial » et « Carnet de Route » qui ont retenu l’attention des censeurs en Tunisie. La censure de ces deux magazines s’est intensifiée entre janvier et février 1991, lorsque la mobilisation des médias de part et d’autre de la Méditerranée a atteint son paroxysme. Elle s’est poursuivie dans les mois qui ont suivi la guerre pour toucher les émissions de variétés. En eff et, le 8 mars 1991, Antenne 2 retransmettait un spectacle sur la guerre du Golfe, donné quelques jours plus tôt à l’Olympia par les humoristes Guy Bedos, Smaïn et Michel Boujenah. En Tunisie, la diff usion a été interrompue en milieu de programme. Le 4 mai 1991, la retransmission en direct du concours de la chanson de l’« Eurovision » était perturbée par plusieurs interruptions intervenues au moment du passage des participants israéliens. En raison du remplacement de l’édition de 20 heures par un journal de la RTT, ce sont les journaux de 13 heures et de la nuit qui retiennent aussi bien l’attention du public que des censeurs. Entre le 3 juin 1989 et 1er juillet 1993, la diff usion de ces journaux a été supprimée à deux reprises pendant vingt-quatre mois au total. Diffusion d’émissions de divertissements : « Bonne nuit les petits avec Pimprenelle, Nicolas et Nounours » est une série télévisée française en noir et blanc, créée par Claude Laydu et diffusée à partir du 10 décembre 1962 sur RTF Télévision puis sur la première chaîne de l’ORTF. 568 épisodes de cinq minutes et cinq émissions spéciales ont été réalisés entre 1962 et 19731. Une troisième série, intitulée Nounours, de 78 épisodes de cinq minutes en couleur est diffusée à partir du 23 février 1976 sur Antenne 2 – « Récré A2 » (émission de télévision française pour la jeunesse diffusée sur Antenne 2 du 3 juillet 1978 au 29 juin 1988) : de jeux, de dessins animés, de publicité, de certains débats, de variétés et divertissements, de certains films et de théâtre (« Au théâtre ce soir »), shows (« Collaro show » sauf playmate censurée) : « Au théâtre ce soir » (proposé par Pierre Sabbagh – Ne se contentant 178 179 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Pubs : lavazza par Nino manfredi : Il caff è è un piaccere, se non è buono chè piaccere è… Hum, buono, buono… Caff è lavazza, piu lo mandi giu e piu ti tira su Chiamami peroni, saro la tua birra (dit par une très jolie jeune femme blonde) Le stelle sono tante milioni di milioni, la stella di Negroni… Negroni ! per piu di qualità ! La la la Lagostina ! Con super colgate tu sei sicura, porta in bocca quella freschezza, per chi sta vicino a te… Perchè ?… Ti spunta un fiore in bocca con super colgate lo sai ! Dopo mangiato… Petrus… l’amarissimo chè fa benissimo. • Les sorties avec les amis : d’une maison à l’autre, d’un café à l’autre pour retrouver les amis. • Promenades, cafés et discothèques : Concours de danse, du meilleur couple de danseurs, des miss discothèques, des plus beaux yeux… • Hammamet, avec le camping, le Phénicia, les Orangers, le ranch (crazy love) le camping, le réveillon, • Djerba • Pèlerinage • Théâtre • Théâtre des festivals • Théâtre municipal (Les Galas Karsenty-Herbert1 ou Tournées Herbert-Karsenty étaient une entreprise parisienne de tournées théâtrales, en province et à l’étranger, issue de la fusion en 1965 des Galas Karsenty et des Productions théâtrales Georges Herbert. La dernière saison des Galas Herbert-Karsenty s’est close en 1995, après leur rachat par la société Spectacles 2 000.) • Pièces vues : Monsieur Klebs et Rozalie de René de Obaldia, m.e.s. Jacques Rosny avec Michel Bouquet, Annie Sinigalia et Juliette Carré / Apprends-moi Céline de Maria Pacôme, m.e.s. Gérard Vergez Émissions Les émissions : « Domenica In », « Il festival di San Remo », « canzonissima », « luna park », « rischiatutto » (version italienne du jeu jeopardy), « milleluci », « fantastico », « carramba chè sorpresa », « pronto Raff aella », « quark », Présentateurs : Pippo Baudo, Pierre Bellemare, Mike Bongiorno, Philippe Bouvard, Raff aella Carrà, Henry Chapier, Corrado, Dorothée, Michel Drucker, Jacky, Patrice Laffont, Amanda Lear, Guy Lux, Jacques Martin, Roger Pierre et Jean-Marc Thibault, Bernard Pivot, Michel Polac, Jacques Rouland, Patrick Sabatier, Pierre Tchernia, Léon Zitrone… La radio française : Jose Arthur, Macha Béranger, Philippe Bouvard, Jacques Chancel, Menie Grégoire, Eve Ruggieri… Intervallo / La Linea est une série télévisée d’animation italienne créée par le dessinateur Osvaldo Cavandoli et diffusée à partir de 1971 sur Rai. Arcobaleno Carosello : Nel 1957 si ha una prima svolta : viene introdotta la pubblicità con « Carosello »3, con questa caratteristica : lo spettacolo prevale sullo spot. In un anno vengono trasmessi 1312 spot (circa 4 al giorno), per una durata di 49 ore (in media 9 minuti al giorno). Dopo « Carosello » bambini e ragazzi vanno a letto. 3 En 1957 on introduit la publicité avec le « Carrousel », avec cette caractéristique : le spectacle l’emporte sur la pub. En un an 1 312 spots sont émis (environ 4 par jour et pour une durée de 9 minutes par jour). Après le « Carousel » enfants et ados vont au lit. 180 181 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 MERCI AUX INOUBLIABLES avec un A GRAND ÉCRAN Films Affreux sales et méchants – A l’est d’Éden – Alexandre le bienheureux – Amarcord – Angélique, marquise des anges – Apocalypse nown – Autant en emporte le vent Cinéastes Marc Allegret, Yves Allegret, Jean-Jacques Annaud, Michelangelo Antonioni, Alexandre Arcady, Jacques Audiard, Michel Audiard, Claude Autant-Lara PETIT ÉCRAN Émissions « Alain Decaux raconte », « Apostrophe », « Aujourd’hui Madame », « Au théâtre ce soir » Animateurs Jean Amadou, Renzo Arbore, Marie-Laure Augry Téléfilms & Dessins Animés Angélique marquise des Anges – A Team (ou « L’équipe A » = L’agence tous risques), Ai confi ni della realtà (ou « Aux confins de la réalité » = La quatrième dimension), Asterix (A l’époque romaine, les monuments et enseignes romains portaient l’inscription « SPQR », ce qui signifie en latin : « le sénat et le peuple romain » ; les Italiens l’ont traduit par : » Sembrano Proprio Quasi Romani = ils semblent vraiment presque romains ou encore : « Sono Pazzi Questi Romani » = ils sont fous ces romains), Attenti à quei due (ou « Attention à ces deux-là » = Amicalement vôtre), Arsenio Lupin, Agente speciale (ou « Agent spécial » = Chapeau melon et bottes de cuir) COMÉDIENS & HUMORISTES Bud Abbott & Lou Costello, Isabelle Adjani, Richard Anconina, Ursula Andress, Anémone, Mireille d’Arc, Fanny Ardant, Pierre Arditi, Arletty ; Michel Auclair, Stéphane Audran, Claudine Auger, Jean-Pierre Aumont, Daniel Auteuil, Richard Dean Anderson, Ursula Andress, Fred Astaire avec Maria Pacôme, Gérard Lartigau et Maurice Vaudaux ou Michel Robbe / Une folie de Sacha Guitry, m.e.s. Jean Piat avec Raymond Pellegrin, Florence Blot et Annie Sinigalia • La troupe « théâtrale de l’essor » avec des JT animée par Gilbert chikly • Les inoubliables Certes, nous avons aujourd’hui de bons acteurs et de bons chanteurs, mais je crois que nous avons connu une grande période de création de musiques avec des interprètes qui sont devenus de vraies légendes et c’est la raison pour laquelle je tiens à en citer quelques-uns. Je suis persuadée que cela remémorera beaucoup de belles choses à mes coreligionnaires tunisiens et en fera découvrir aux jeunes générations curieuses de leur histoire et qui souhaitent donc savoir d’où ils viennent. Pour l’avoir expérimenté, je peux affirmer aux personnes qui ont vécu les années quarante à quatre-vingt, qu’en lisant simplement les parties « Jukebox » des tableaux des inoubliables, les chansons vous reviendront automatiquement en tête et avec elles, le plaisir de les fredonner à nouveau. Mais sont-ce les chansons que l’on aime ou les aime-t-on parce qu’elles nous rappellent une période heureuse et chaleureuse ? 182 183 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 MERCI AUX INOUBLIABLES avec un B GRAND ÉCRAN Films Ben Hur – Borsalino – Boudu, sauvé des eaux – Brubaker – Bullitt – Butch Cassidy et le kid Cinéastes Jacques Becker, Jean Becker, Jean-Jacques Beineix, Tarak Ben Ammar, Claude Berri, Bernardo Bertolucci, André Bessis, Luc Besson, Bertrand Blier, John Boorman, Férid Boughedir, Robert Bresson Compositeurs de musiques de films John Barry (James Bond), Leonard Bernstein (West side story), Claude Bolling (Au bon beurre – Borsalino – Le magnifique – Le mur de l’Atlantique – Les brigades du tigre) PETIT ÉCRAN Émissions « Bonne nuit les petits » Animateurs Sammy Barbot, Pippo Baudo, Pierre Bellemare, Jean-Pierre Bénichou, Mike Bongiorno, Philippe Bouvard, Gino Bramieri, Laurent Broomhead Téléfilms & Dessins Animés Babar, Bayside school (ou « École de Bayside » = Sauvé par le gong), Belle et Sébastien, Betty Boop, Bonanza, Braccio di ferro (ou « Bras de fer » = Popeye) COMÉDIENS & HUMORISTES Lauren Bacall, Barbara Bach, Jean-Pierre Bacri, Laurence Badie, Barbara Bain, Josiane Balasko, Jacques Balutin, Anne Bancroft ; Brigitte Bardot, Jean-Louis Barrault, Marie-Christine Barrault, Kim Basinger, Warren Beatty, Guy Bedos, Agostina Belli, Jean-Paul Belmondo, Roberto Benigni, Helmut Berger, Ingrid Bergman, Richard Berry, Maurice Biraud, Catherine Bisset, Michel Blanc, Francis Blanche, Bernard Blier, Dirk Bogarde, Humpfrey Bogart, Richard Bohringer, Sandrine Bonnaire, Jean Bouise Evelyne Bouix, Michel Boujenah, Michel Bouquet, Bourvil, Myriam Boyer (mère de Clovis Cornillac), Marcel Bozzuffi, Gino Bramieri, Marlon Brando, Pierre Brasseur, Jean-Claude Brialy, Charles Bronson, Yul Brynner, Geneviève Bujold, Richard Burton JUKEBOX ABBA (Chiquitita – Dancing Queen – Mamma mia – Money money money), Mohamed Abdel Wahab (chanteur égyptien), Adamo (C’est ma vie – La nuit – Marie la mer – Mes mains sur tes hanches – Tombe la neige – Vous permettez, Monsieur), Andrews Sisters (Boogie woogie – In the mood – Rum and Coca-Cola – Sing sing – Tico tico), Pino d’Angio (Ma quale idea), Paul Anka (Diana – You are my destiny), Antoine (Les élucubrations), Au bonheur des dames (Oh les fi lles), Louis Armstrong (Hello Dolly – What a wonderful world), Fred Astaire (Cheek to cheek – Night and day – Top hat), Hugues Aufray (Adieu Monsieur le Professeur – Céline – Hasta luego – Santiano), Charles Aznavour (Désormais – Emmenez-moi – For me formidable – Hier encore – Je m’voyais déjà – La Baraka – La bohème – La mamma – Les comédiens) 184 185 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 MERCI AUX INOUBLIABLES avec un C GRAND ÉCRAN Films Cabaret – Casablanca – Casque d’or – Certains l’aiment chaud – César et Rosalie – Charade – Chinatown – Chitty Chitty bang bang – Cinema paradiso – Cléopâtre Cinéastes Marcel Camus, Frank Capra, Marcel Carné, John Carpenter, Claude Chabrol, Charlie Chaplin, Philippe Clair, René Clair, René Clément, Henri-Georges Clouzot, Jean Cocteau, Luigi Comencini, Francis Ford Coppola, Alain Corneau, Jacques-Yves Cousteau, George Cukor Compositeurs de musiques de films Vladimir Cosma (Alexandre le bienheureux – La boum – La gloire de mon père – L’as des as – Le château de ma mère – Le grand blond avec une chaussure noire – Les aventures de Rabbi Jacob) PETIT ÉCRAN Émissions « Cadence 3 », « Canzonissima », « Carramba che sorpresa », « Certains Leeb show », « Champs Elysées », « Ciné-club », « Collaro show » (playmate censurée) Animateurs Jacques Capelovici (appelé aussi Maître Capelo), Michel Cardoze, Raff aella Carrà, Jean-Marie Cavada, Henry Chapier, Michel Chevalet, Corrado – Maurizio Costanzo Téléfilms & Dessins Animés Calimero, Cannon, Casalingo Superpiù (ou « Plus que superhomme de maison » = Madame est servie), Cavaria City, Chapi Chapo, Charlie’s angels (ou « les anges de Charlie » = Drôles de dames), CHIPS, Columbo, Cuore e Batticuore (ou « Cœur et battements de cœur » = Pour l’amour du risque) COMÉDIENS & HUMORISTES James Caan, James Cagney, Capucine, Claudia Cardinale, Roger Carel, Jean Carmet, Leslie Caron, David Carradine, Daniel Ceccaldi, Clémentine Célarié, Caroline Cellier, Gino Cervi, Richard Chamberlain, George Chakiris, Charlie Chaplin, Géraldine Chaplin, Cyd Charisse, Jacques Chazot, Maurice Chevalier, Maurice Chevit, Walter Chiari, John Cleese, Montgomery Clift, James Coburn, Coluche, Sean Connery, Eddy Constantine, Gary Cooper, Joseph Cotten, Nicole Courcel, Darry Cowl, Paul Crauchet, Joan Crawford, Bruno Crémer, Bing Crosby, Tom Cruise, Robert Culp, Tony Curtis JUKEBOX Pierre Bachelet (Elle est d’ailleurs – Emmanuelle – Marionnettiste), Joan Baez (Donna donna donna – Don’t cry for me Argentina – Guantanamera – Hasta siempre commandante Che Guevara – Here’s to you – House of the rising sun – No woman no cry), Claudio Baglioni (E tu come stai), Daniel Balavoine (Le chanteur – Quand on arrive en ville – SOS d’un terrien en détresse – Je ne suis pas un héros – Le chanteur – Mon fi ls, ma bataille), Bananarama (Cruel summer – Help – Venus), Barbara (Dis, quand reviendras-tu – Göttingen – La dame brune – L’aigle noir – Ma plus belle histoire d’amour, c’est vous), Nicola di Bari (Mi sono innamorato di te), Alain Barrière (Elle était si jolie – Ma vie – Tu t’en vas), Alain Bashung (C’est comment qu’on freine – Gaby oh Gaby – Osez Joséphine – Vertige de l’amour), Lucio Battisti (Con il nastro rosa – Il mio canto libero – Un’avventura), Axel Bauer (Cargo de Nuit – Eteins la lumière), Gilbert Bécaud (Désirée – Et maintenant – Je reviens te chercher – L’important, c’est la rose – Nathalie), Marie-Paule Belle (La Parisienne), Edoardo Bennato (Sono solo canzonette), Tony Bennett (Fly me to the moon), George Benson (Give me the night – Nothing’s gonna change my love for you – On Broadway), Michel Berger (Celui qui chante – Chanter pour ceux qui sont loin de chez eux – Quelques mots d’amour – La groupie du pianiste – Le paradis blanc – Mon piano danse), Chuck Berry (No particular place to go – Johnny B. Goode), Orietta Berti (Dominique – Fin chè la barca va – L’Amore è blu), Plastic Bertrand (Bambino – Ca plane pour moi – Sentimentale-moi), Blondie (Call me – Heart of glass), Boney M. (Ma Baker – Daddy cool – Rasputin – Rivers of Babylon), Bourvil (A dada – Clair de lune à Maubeuge – La tactique du gendarme – Le petit bal perdu – Ma tonkinoise – Salade de fruits), David Bowie (China girl – Let’s dance), Angelo Branduardi (Alla fiera de l’Est – Cogli la prima mela [qui a été traduite en français : Va où le vent te mène] – La demoiselle), Mike Brant (C’est comme ça que je t’aime – Laisse moi t’aimer – Qui saura – Rien qu’une larme dans tes yeux – Tout donné, tout repris), Georges Brassens (Chanson pour l’auvergnat – Gare au gorille – Fernande – Les amoureux sur les bancs publics – Les copains d’abord), Jacques Brel (Ces gens-là – La valse à mille temps – Le port d’Amsterdam – Les bourgeois – Ne me quitte pas – Quand on n’a que l’amour), Rémy Bricka (La vie en couleurs), James Brown (I feel good – Living in America – Sex machine), Patrick Bruel (Alors regarde – Casser la voix – Marre de cette nana-là – Place des grands hommes), Fred Buscaglione (Che bambola – Che notte – Eri piccola cosi – Il dritto di Chigago – Nel blu dipinto di blu), Kate Bush (Babooshka) 186 187 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 MERCI AUX INOUBLIABLES avec un D GRAND ÉCRAN Films Deux heures moins le quart avant Jésus Christ – Devine qui vient dîner – Divorce à l’italienne – Docteur Jivago – Dr Jekill & M. Hyde – Drôle de frimousse Cinéastes Jules Dassin, Philippe de Broca, Henri Decoin, Jacques Deray, Robert Dhéry, Jean Delannoy, Cecil B. de Mille, Jacques Demy, Brian de Palma, Raymond Depardon, Vittorio de Sica, Michel Deville, Walt Disney, Stanley Donen, Julien Duvivier Compositeurs de musiques de films Georges Delerue (Hiroshima mon amour – Jules et Jim – Le cerveau – Le corniaud – Le dernier métro – L’homme de Rio – L’important c’est d’aimer), François de Roubaix (Chapi chapo – La scoumoune – Le samouraï – Le vieux fusil), Patrick Doyle (Le roi Lear – Songe d’une nuit d’été) PETIT ÉCRAN Émissions « Des chiff res et des lettres », « Dessinez, c’est gagné » – « Dimanche Martin », « Domenica In » Animateurs Alain Decaux, François de Closet, Michel Denisot, Johnny Dorelli, Dorothée, Michel Drucker Téléfilms & Dessins Animés Daktari, Dallas, Dynasty COMÉDIENS & HUMORISTES Pierre Dac, Eva Darlan, Gérard Darmon, Jean-Pierre Darras, Danielle Darrieux, Sophie Daumier, Bette Davies, Geena Davis, Doris Day, James Dean, Suzy Delair, Alain Delon, Danièle Delorme, Eduardo de Filippo, Peppino de Filippo, Louis de Funès (l’huile de punaise, comme l’appelle ma cousine Nathalie), Mylène Demongeot, Catherine Deneuve, Charles Denner, Robert de Niro, Gérard Depardieu, Bo Derek, Georges Descrières, Pierre Desproges, Christian de Sica, Sophie Desmarets, Raymond Devos, Patrick Dewaere, Marlene Dietrich, Dalila di Lazzarro, Kirk Douglas, Marie Dubois, Paulette Dubost, Hélène Duc, Michel Duchaussoy, Patrick Duff y, Jacques Dufilho, Faye Dunaway, Anny Duperey, André Dussolier JUKEBOX Francis Cabrel (C’est écrit – Encore et encore – Je l’aime à mourir – L’encre de tes yeux – La dame de Haute Savoie – La fi lle qui m’accompagne – Les chemins de traverse – Petite Marie – Sarbacane), Maria Callas (Ave Maria – Carmen – La traviata – Norma), Carlos (Big bisous – Le bougalou du loup- garou – Papayou – Rosalie – T’as l’bonjour d’Albert), Renato Carosone (Tu vuo fa’l’americano), Raffaella Carrà (A far l’amore comincia tu – Ma chè musica maestro – Rumore – tanti auguri), Adriano Celentano (24 000 baci – Azzurro – Il ragazzo della via Gluck – Il tempo se ne va – I want to know – Preghero – Prisencolinensinainciusol – Soli – Svalutation – Yuppi du), Marc Cerrone (Give me love – Supernature), Chagrin d’amour (Chacun fait ce qui lui plaît), Alain Chamfort (Bambou – Géant – La fi èvre dans le sang – Manureva), Ray Charles (Georgia on my mind – Hit the road Jack – It’s all right – Unchain my heart – What’d I say), Chicago (If you leave me now), Chubby Checker (Jingle bell rock – Let’s twist again – Limbo Rock), Maurice Chevalier (Ma pomme – Valentine – Y’a d’la joie), Chic (Good times – I want your love – Le freak), Christophe (Aline – Les mots bleus – Petite fi lle du soleil), Cigliola Cinquetti (La primavera – Non ho l’età), Johnny Clegg (Asimbonanga – Scatterlings of Africa), Julien Clerc (Fais-moi une place – Femmes, je vous aime – La Californie – Ma préférence – Partir – This melody), Richard ou Riccardo Cocciante (Cervo a primavera – Il mio rifugio – Le coup de soleil – Margherita – Per lei), Eddie Cochran (Summertime blues – Come on everybody), Joe Cocker (You are so beautiful – You can leave your hat on – Unchain my heart), Nat King Cole (Fascination – L.O.V.E. – Unforgettable), Phil Collins (Another day in paradise – Easy Lover – In the air tonight), Paolo Conte (Azzurro – Vieni via con me), Anny Cordy (Cho Kakao – Frida Oum Papa – La bonne du Curé – Tata Yoyo), Eddy Constantine (Cigarettes, whisky et p’tites pépées), Culture Club (Do you really want to hurt me – Karma chameleon), Christopher Cross (She’s like the wind – Sailing), Toto Cutugno (Donna donna mia – L’italiano – Solo noi) 188 189 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 MERCI AUX INOUBLIABLES avec un E GRAND ÉCRAN Films Édith et Marcel – E.T. – Et Dieu créa la femme Cinéastes Blake Edwards, Robert Enrico PETIT ÉCRAN Émissions Etoiles et toiles, Eurovision de la chanson Animateurs Fabienne Egal, Jean-Pierre Elkabbach COMÉDIENS & HUMORISTES Danièle Evenou JUKEBOX Eagles (Hotel California), Earth wind and fire (Boogie wonderland – Fantasy – Let’s groove – September), Farid El Attrach (chanteur égyptien), Elsa (Quelque chose dans mon Cœur – T’en vas pas), Eurythmics (Here comes the rain again – Miracle of love – Sex crime – Sweet dreams – There must be an angel – Would I lie to you) JUKEBOX Dalida (Bambino – Gigi l’amoroso – Gondolier – Itsi Bitsi – Il venait d’avoir 18 ans – Ils ont changé ma chanson – J’attendrai – Mourir sur scène – Paroles Paroles – Pour ne pas vivre seul – T’aimer follement), Lucio Dalla (Caro amico ti scrivo – Caruso), Pino Daniele (Je so’pazzo), Pascal Danel (Laissons la plage aux romantiques – Les neiges du Kilimandjaro), Joe Dassin (A toi – Aux Champs-Elysées – Bip bip – Et si tu n’existais pas – Fais-moi de l’électricité – Guantanamera – L’Amérique – L’Eté indien – Le moustique – Le petit pain au chocolat – Les Dalton – Siffl er sur la colline), Dave (Dansez maintenant – Du côté de chez Swann – Vanina), Deep purple (Smoke on the water), Michel Delpech (Chez Laurette – Dans le Loir et Cher – Les divorcés – Pour un fl irt avec toi – Quand j’étais chanteur – Que Marianne était jolie – Tu me fais planer – Wight is wight) , Depeche mode (Just can’t get enough), Neil Diamond (Amazed and confused – Girl you’ll be a woman soon – Love on the rocks), Cookie Dingler (Femme libérée), Céline Dion (Ne partez pas sans moi), Dire Straits (Money for nothing – Sultans of swing), Sacha Distel (La belle vie – Le soleil de ma vie – Scoubidou – Toute la pluie tombe sur moi), Witch doctor (Ooh Ih ooh ah ah), Carl Douglas (King fu fi ghting), Doukha, Drupi (Sereno è – Vado via), Yves Duteil (J’ai la guitare qui me démange – La langue de chez nous – Prendre un enfant par la main), Jacques Dutronc (Et moi, et moi, et moi – Fais pas ci, fais pas ça – Gentleman cambrioleur – Il est cinq heures, Paris s’éveille – J’aime les fi lles – L’Arsène – Le petit jardin – Les cactus – On nous cache tout, on nous dit rien), Bob Dylan (Forever young – Knockin’on Heaven’s Door – Like a rolling stone) 190 191 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 JUKEBOX Fairouz (Chanteuse libanaise : Habaytek = « Je t’ai aimé » mais le titre en français est Coupable interprété par Hervé Vilar – Zourouni), Falco (Der Komissar), Fernandel (Barnabé – Félicie – Ignace – La caissière du grand café – On m’appelle Simplet), Jean Ferrat (Aimer à perdre la raison – La femme est l’avenir de l’homme – La montagne – Que serais-je sans toi), Léo Ferré (Avec le temps – C’est extra), Nino Ferrer (La maison près de la fontaine – Oh, eh, hein, . – Les cornichons – Le sud – Le téléphon – Mirza), Ella Fitzgerald (Cry me a river – Stormy weather – Summertime), Roberta Flack (Killing me softly), Jimmy Fontana (Il mondo), Pippo Franco (Mi scappa la pipi, papa – Scacco matto), Claude François (Alexandrie, Alexandra – Belles, belles, belles – Cette année-là – Comme d’habitude – Le chanteur malheureux – Le jouet extraordinaire – Le lundi au soleil – Le mal aimé – Le téléphone pleure), Frédéric François (Chicago – De Venise à Capri – Je t’aime à l’italienne – Laisse-moi vivre ma vie – Mon cœur te dit je t’aime – Quand vient le soir, on se retrouve), Aretha Franklin (Jay Jay Jay – I say a little prayer – Respect – Think), Michel Fugain (avec le Big Bazar : Attention Mesdames et Messieurs – Bravo Monsieur le monde – C’est la fête – Fais comme l’oiseau – La belle histoire – Le printemps – les acadiens ; En solo : Chaque jour de plus – Les Sud-Américaines – Viva la vida) MERCI AUX INOUBLIABLES avec un F GRAND ÉCRAN Films Fantômas – Fenêtre sur cour – Flashdance – Flic ou voyou – Funny girl Cinéastes Werner Fassbinder, Federico Fellini, Abel Ferrara, Marco Ferreri, Victor Flemming, John Ford PETIT ÉCRAN Émissions « Fantastico » Animateurs Denise Fabre Téléfilms & Dessins Animés Fantasilandia (Fantasy Island), Furia cavallo del West (titre original : Fury) COMÉDIENS & HUMORISTES Françoise Fabian, Fabrice, Aldo Fabrizi, Franco Fabrizi, Farah Fawcett, Fernandel, Andrea Ferreol, Edwige Feuillère, Sally Field, Errol Flynn, Arnoldo Foa, Henry Fonda, Jane Fonda, Glen Ford, Harrison Ford, Brigitte Fossey, Jody Foster, Pippo Franco, Franco Franchi & Ciccio (Giampiero) Ingrassia, Bernard Fresson, Samy Frey 192 193 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 JUKEBOX Peter Gabriel (Don’t give up – Sledgehammer), Rino Gaetano (Aida – Gianna), Serge Gainsbourg (Elisa – Initials BB – Le poinçonneur des Lilas – Je suis venu te dire que je m’en vais – La javanaise – Censure de : Je t’aime, moi non plus – Lemon Incest – Sea, sex and sun), France Gall (Comment lui dire – Il jouait du piano debout – Laisse tomber les fi lles – Les sucettes – Poupée de cire, poupée de son – Résiste – Si maman, si – Viens, je t’emmène), Marvin Gaye (I heard it through the grapevine, Mercy mercy me – Sexual healing – What’s going on), Gipsy Kings (Bamboleo – Djobi djoba), Gloria Gaynor (Can’t take my eyes off of you – I will survive), Genesis (Mama – That’s all), Loretta Goggi (Maledetta primavera), Gold (Capitaine abandonné – Laissez-nous chanter – Plus près des étoiles – Ville de lumière), Jean-Jacques Goldman (Comme toi – Elle a fait un bébé toute seule – Envole-moi – Je marche seul – Je te donne – Là-bas – Quand la musique est bonne), Chantal Goya (Bécassine – C’est guignol – Voulez-vous danser grand-mère), Georges Guetary, Daniel Guichard (Je t’aime, tu vois – La tendresse – Le gitan – Mon vieux), Juliette Greco (Déshabillez-moi – Jolie môme – Le temps des cerises), Pierre Groscolas (Fille du vent et du soleil) MERCI AUX INOUBLIABLES avec un G GRAND ÉCRAN Films Gatsby le Magnifi que – Get-apens – Gigi – Gilda – Grease – Greystoke Cinéastes Abel Gance, Constantin (Costa) Gavras, José Giovanni, Francis Girod, Jean- Luc Godard, Pierre Granier-Deferre, Gilles Grangier, Sacha Guitry Compositeurs de musiques de films Serge Gainsbourg (Le pacha – Les bronzés – Tenue de soirée) PETIT ÉCRAN Animateurs Danièle Gilbert, Philippe Gildas, Alain Gillot-Pétré, Daniela Goggi, Loretta Goggi Téléfilms & Dessins Animés Gli antenati (ou « Les ancêtres » = Les Pierrafeu), Gli intoccabili (ou « les intouchables » = Les incorruptibles – Titre original : The intouchables) COMÉDIENS & HUMORISTES Jean Gabin, Clark Gable, Michel Galabru, Greta Garbo, Ginette Garcin, Ava Gardner, Judy Garland, Vittorio Gassman, Ben Gazzara, Daniel Gelin, Giuliano Gemma, Claude Gensac, Giancarlo Giannini, Annie Girardot, Roland Giraud, Bernard Giraudeau, Paul Michael Glaser, Woopie Goldberg, Valeria Golino, Carla Gravina, Stewart Granger, Cary Grant, Denise Grey, Beppe Grillo, Alec Guiness, Sacha Guitry 194 195 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 MERCI AUX INOUBLIABLES avec un I GRAND ÉCRAN Films Il était une fois dans l’Ouest – Itinéraire d’un enfant gâté PETIT ÉCRAN Émissions « Il festival di San Remo », « Intervilles » Téléfilms & Dessins Animés Il mio amico Arnold (ou « Mon ami Arnold » = Arnold et Willy), Il santo (Le saint), Il prigioniero (Le prisonnier), Il ricco e il povero (Le riche et le pauvre), In viaggio nel tempo (ou « En voyage dans le temps » = Code quantum), I Robinson (the Cosby show), I sopravissuti (ou « Les survivants » = The avengers = Chapeau melon et bottes de cuir) JUKEBOX Julio Iglesias (Je n’ai pas changé – Le monde est fou, le monde est beau – Manuela – Se mi lasci non vale – Une nuit de carnaval – Vous les femmes), Il était une fois (J’ai encore rêvé d’elle – Pomme – Que fais-tu ce soir après dîner – Viens faire un tour sous la pluie), Images (Les démons de minuit), Imagination (Flashback – Just an illusion – Music and lights – So good so right), I Ricchi e poveri (Che sarà – Come vorrei – Oh cherie cherie – Sarà perché ti amo), I Santo California (Tornero) MERCI AUX INOUBLIABLES avec un H GRAND ÉCRAN Films Halfaouine, âasfour stah – Hiroshima mon amour Cinéastes Henry Hathaway, Howard Hawks, Alfred Hitchcock, John Huston Compositeurs de musiques de films Bernard Hermann : La mort aux trousses – Psychose – Sueurs froides – Taxi driver PETIT ÉCRAN Animateurs Gérard Holtz Téléfilms & Dessins Animés Happy days COMÉDIENS & HUMORISTES Gene Hackman, George Hamilton, Roger Hanin, Rita Hayworth, Tippi Hedren, Audrey Hepburn, Katherine Hepburn, Charlton Heston, Terence Hill (de son vrai nom Mario Girotti), Robert Hirsch, Dustin Hoffman, William Holden, Robert Hossein, Rock Hudson, Isabelle Huppert, Francis Huster JUKEBOX Abdel Halim Hafedh (Chanteur égyptien : Qariet el fi ngen = « Lecture de la tasse » ou plutôt dans le marc de café – Zay el Hawa = » Comme l’air »), Nina Hagen (African queen), Bill Haley (Limbo rock – Rock around the clock), Johnny Hallyday (Gabrielle – Le pénitencier – L’idole des jeunes – Ma gueule – Noir, c’est noir – Pour moi la vie va commencer – Que je t’aime – Retiens la nuit – Souvenirs, souvenirs), Ahmed Hamza (Chanteur tunisien : Jari ya Hammouda), Françoise Hardy (Comment te dire adieu – Message personnel – Mon amie la rose – Tous les garçons et les fi lles), Jimi Hendrix (Hey Joe), Patrick Hernandez (Born to be alive), Jacques Higelin (Tombé du ciel), Buddy Holly (That will be the day – It’s so easy) 196 197 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 MERCI AUX INOUBLIABLES avec un K GRAND ÉCRAN Films Kramer contre Kramer Cinéastes Elia Kazan, Abdellatif Kéchiche, Henry King, Kevin Kline, Mohammed Kouidi, Stanley Kubrick PETIT ÉCRAN Téléfilms & Dessins Animés Kojak COMÉDIENS & HUMORISTES Danny Kaye, Buster Keaton, Gene Kelly, Grace Kelly, Deborah Kerr, Gérard Klein JUKEBOX Kassav (SYE BWA – ZOUK LA CE SEL MEDICAMENOU NI), KC and the Sunshine band (I’m your boogie man – Get down tonight – Please don’t go – Shake your booty – That’s the way I like it), Rina Ketty (J’attendrai – Sombreros et mantilles), Ben E. King (Stand by me), Eartha Kitt (This is my life – Where is my man), Kiss (I was made for loving you), Kool and the Gang (Celebration – Fresh – Get down on it – Lady’s night – Let’s go dancing), Kraftwerk (We are the robots) MERCI AUX INOUBLIABLES avec un J GRAND ÉCRAN Films J’ai épousé une ombre – James Bond – Jésus de Nazareth – Jo – Jules et Jim, Jumping Jack Flash Cinéastes Christian Jacque Compositeurs de musiques de films Maurice Jarre (Docteur Jivago – Lawrence d’Arabie) PETIT ÉCRAN Émissions « Jeux sans frontières » Animateurs Jacky, Alain Jérôme COMÉDIENS & HUMORISTES Claude Jade, Véronique Jeannot, Marlène Jobert, Marc Jolivet, Sylvie Joly, Jacques Jouanneau, Louis Jourdan, Louis Jouvet, Odette Joyeux, Gérard Jugnot, Charlotte Julian, Curd Jurgens JUKEBOX Michael Jackson (Billie Jean – Beat it – Human Nature – Thriller), Enzo Jannacci (Vengo anch’io, no tu no), Al Jarreau (Ain’t no sunshine – Moonlighting), C. Jérôme (Et tu danses avec lui – Kiss me – Quand vient la fi n de l’été), Mungo Jerry (In the summertime), Billy Joel (Honesty – In the middle of the night – Just the way you are – Uptown girl), Elton John (Candle in the wind – I’m still standing – Sacrifi ce – Your song), Michel Jonasz (Dites-moi – La boîte de jazz – Lucille – Supernana), Grace Jones (La vie en rose – Slave to the rhythm), Tom Jones (It’s not unusual – Delilah – She’s a lady – What’s new Pussycat), Janis Joplin (Summertime), Hédi Jouini (Chanteur tunisien : Lamouni elli gharou menni – Tah’t el yasmina fel’lil), Raoul Journo (Tâalilet el’âaroussa) , Patrick Juvet (I love America – La musica – Où sont les femmes – Rappelle-toi minette) 198 199 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 PETIT ÉCRAN Émissions « L’académie des neuf », « La caméra cachée », « La caméra invisible », « La chance aux chansons », « La chasse au trésor », « La tête et les jambes », « Le bébête show », « L’école des fans », « Le grand échiquier », « Le juste prix », « Les mariés de l’A2 », « Luna park » Animateurs Philippe Labro, Patrice Laff ont, Catherine Langeais, Amanda Lear, Evelyne Leclercq, Michel Leeb, William Leymergie, Guy Lux Téléfilms & Dessins Animés La banda dei cinque (Le club des cinq), La pantera rosa (La panthère rose), L’isola del tesoro (L’île au trésor), L’uomo da sei milioni di dollari (ou « l’homme de 6 millions de dollars » = L’homme qui valait 3 milliards), L’uomo di Atlantide (L’homme de l’Atlantide), L’uomo invisibile (L’homme invisible), La casa nella prateria (La petite maison dans la prairie), La donna bionica (ou « La femme bionique » = Super Jaimie), La signora in giallo (ou « La dame en jaune » = Arabesques), Lassie, Le isole perdute (ou « les iles perdues » – titre original : the lost islands), Le jeune Fabre, Les Shadoks, Lou Grant, Love Boat (La croisière s’amuse), Love Story COMÉDIENS & HUMORISTES Bernadette Laff ont, Pauline Laff ont, Hedy Lamarr, Robert Lamoureux, Burt Lancaster, Martin Landau, Victor Lanoux, Gérard Lanvin, Carole Laure, Odette Laure, Stan Laurel & Oliver Hardy, Dominique Lavanant, Jean Lefèbvre, Janet Leigh, Jack Lemmon, Janet Leigh, Claude Lelouch, Carole Lombard, Thierry le Luron, Philippe Léotard, Jerry Lewis, Thierry Lhermitte, Virna Lisi, Gina Lollobrigida, Michael Lonsdale, Sofia Loren. MERCI AUX INOUBLIABLES avec un L GRAND ÉCRAN Films La beauté du diable (Faust) – La belle au bois dormant – La boum – La carrière d’une femme de chambre – La chair de l’orchidée – La couleur de l’argent – La dolce vita – L’affaire Thomas Crown – La folie des grandeurs – La gloire de mon père – La grande bouffe – La grande vadrouille – La mort aux trousses – La piscine – La planète des singes – L’arbre aux sabots – L’argent de la vieille – L’arnaque – La scoumoune – L’as des as – La soupe aux choux – La strada – L’aventure, cest l’aventure – La veuve Couderc – Lawrence d’Arabie – Le bon la brute et le truand – Le cerveau – Le château de ma mère – Le corniaud – Le dernier métro – Le gendarme de Saint-Tropez – Le gendarme et les extraterrestres – Le grand bleu – Le grand blond avec une chaussure noire – Le guépard – Le guignolo – Le livre de la jungle – Le locataire – Le magicien d’Oz – Le magnifique – Le mur de l’Atlantique – L’enfant sauvage – Le nombril du monde – Le nom de la rose – Le pacha – Le parrain – Le pont de la rivière Kwai – Le professionnel – Le roi Lear – Le samouraï – Les aventures de Rabbi Jacob – Les brigades du tigre – Les bronzés – Les choses de la vie – Les demoiselles de Rochefort – Le Schpountz – Les dents de la mer – Les dix commandements – Les enfants du paradis – Les hommes du Président – Les Incorruptibles – Les misérables – Les oiseaux – Les parapluies de Cherbourg – Les quatre filles du Docteur March – Les tontons flingueurs – Les trois jours du Condor – Les uns et les autres – Les visiteurs du soir – Le tambour – L’étoile du Nord – Le train sifflera trois fois – L’évadé d’Alcatraz – Le vieux fusil – L’homme de Rio – Lili Marleen – L’important c’est d’aimer Cinéastes Fritz Lang, Claude Lanzmann, Alberto Lattuada, Georges Lautner, Patrice Leconte, Sergio Leone, Joseph Losey, Nanny Loy, Ernst Lubitsch, George Lucas, Sidney Lumet Compositeurs de musiques de films Raymond Lefèvre (Jo – La soupe aux choux – Le gendarme de Saint-Tropez – Le gendarme et les extraterrestres), Michel Legrand (L’affaire Thomas Crown – Les demoiselles de Rochefort – Les parapluies de Cherbourg – Peau d’âne – Yentl) 200 201 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 MERCI AUX INOUBLIABLES avec un M GRAND ÉCRAN Films Madame porte la culotte – Mademoiselle gagne tout – Mariage à l’italienne – Max et les ferrailleurs – Midnight express, Monty Python sacré Graal – Mort d’un commis voyageur Cinéastes Louis Malle, Joseph Mankiewicz, Jean-Pierre Melville, Vincente Minelli, Jean- Pierre Mocky, Édouard Molinaro, Mario Monicelli Compositeurs de musiques de films Michel Magne (Angélique marquise des Anges – Fantômas – Les misérables – Les tontons flingueurs – Un singe en hiver), Giorgio Moroder (American gigolo – Flashdance – Midnight express – Scarface – Top gun), Ennio Morricone (Il était une fois dans l’Ouest – Le bon, la brute et le truand – Le professionnel – Les Incorruptibles) PETIT ÉCRAN Émissions « Mardi cinéma », « Milleluci », « Monsieur Cinéma » Animateurs Jacques Martin, Sandra Mondaini, Christian Morin, Yves Mourousi Téléfilms & Dessins Animés Mafalda, Magnum P.I., M.A.S.H., MacGyver, Mai dire si (ou « Ne jamais dire oui » = Remington Steele), Manimal, Mazinga Z (manga semblable à Goldorak), Miami Vice (Deux flics à Miami), Mike Hammer, Mio e Mao, Missione impossibile, Moonlighting (Clair de lune), Mister Magoo COMÉDIENS & HUMORISTES Aldo Maccione, Anna Magnani, Judith Magre, Jacqueline Maillan, Valérie Mairesse, Nino Manfredi, Silvana Mangano, Jean Marais, Jean-Pierre Marielle, Dean Martin, Giulietta Masina, James Mason, Lea Massari, Marcello Mastroianni, Walter Matthau, Victor Mature, Andy McDowell, Patrick McGoohan, Ali McGraw, Shirley McLaine, Fred McMurray, Patrick McNee, Steve McQueen, Mariangela Melato, Bernard Menez, Michèle Mercier, Macha Méril, Alex Métayer, Paul Meurisse, Vittorio Mezziogiorno, Liza Minelli, Miou Miou, Robert Mitchum, Michel Modo, Pierre Mondy, Marilyn Monroe, Jeanne Moreau, Enrico Montesano, Elizabeth Montgomery, Silvia Monti, Roger Moore, Nanni Moretti, Michele Morgan, Ornella Muti JUKEBOX La compagnie créole (Au bal masqué – Ba moi un ti bo – C’est bon pour le moral Le douanier Rousseau), Jean-Jacques Lafon (Le géant de papier), Marie Laforêt (Cadeau – Il a neigé sur yesterday – Les vendanges de l’amour – Yvan, Boris et moi), Jean-Luc Lahaye (Femme que j’aime – Papa chanteur), Serge Lama (Chez moi – D’aventure en aventure – Femmes, femmes, femmes – Je suis malade – Les ballons rouges – Une île), Catherine Lara (La rockeuse de diamants – Nuits magiques), Gloria Lasso (L’histoire d’un amour), Philippe Lavil (Avec les filles je ne sais pas – Il tape sur des bambous – Kolé serré), Marc Lavoine (Le parking des anges – Les yeux revolver – Pour une biguine avec toi), Maxime Le Forestier (La maison bleue – La petite fugue – L’éducation sentimentale – Mon frère – San Francisco), Le grand orchestre du Splendid (Macao – Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux – Salsa du démon – Tiens tiens tiens), Francis Lemarque (A Paris – Le petit cordonnier – Le temps du muguet – Marjolaine – Un gamin de Paris), John Lennon (Imagine – Jealous guy – Stand by me – Woman), Gérard Lenorman (La ballade des gens heureux – La fille de paille – L’enfant des cathédrales – Les jours heureux – Michelle – Quelque chose et moi – Si tu ne me laisses pas tomber), Herbert Léonard (Pour le plaisir – Puissance et gloire), Les Forbans (Chante – Flip flap), Les Rita Mitsouko (Andy – C’est comme ça – Marcia Baila), Jerry Lee Lewis (Great balls of fire – Johnny B. Goode), Lio (Banana split – Je casse tout tout tout – Les brunes comptent pas pour des prunes), Little Richard (Lucille – Tutti frutti) 202 203 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 MERCI AUX INOUBLIABLES avec un N GRAND ÉCRAN Films Nos plus belles années – Nous ne vieillirons pas ensemble – Nous nous sommes tant aimés Compositeurs de musiques de films Alfred Newman (Le ciel peut attendre – Le journal d’Anne Frank – Sept ans de réflexion) PETIT ÉCRAN Émissions « Numéro 1 » Téléfilms & Dessins Animés Nounours COMÉDIENS & HUMORISTES Marie-Josée Nat, Franco Nero, Paul Newman, Jack Nicholson, David Niven, Magali Noël, Philippe Noiret, Kim Novak JUKEBOX Nâama, Gianna Nannini (i maschi), Francesco Napoli (Balla), Gianni Nazzaro, Nena (Luftballons), Nicoletta (Fio Maravilla – Il est mort le soleil – Mamy blue), Noam (Dessine-moi le bonheur – Une maman – Viens maman, on va danser), Claude Nougaro (Armstrong – Bidonville – Cécile – Dansez sur moi – Le jazz et la java – Nougayork – Quatre boules de cuir – Toulouse), Noura (Ya rabbi sidi, ouech âamelt anè woulidi) JUKEBOX M. (Pop Muzik), Enrico Macias (El porompompero – Les millionnaires du dimanche – L’Oriental – Oumparere), Paul McCartney (Ebony and Ivory [avec Steevie Wonder] – Goodnight, tonight – Say say say et The girl is mine [avec Michael Jackson]) , Bobby McFerrin (Don’t worry, be happy), Jean-Pierre Mader (Macumba), Jeane Manson (Avant de nous dire adieu – La chapelle de Harlem), Luis Mariano (La belle de Cadix – L’amour est un bouquet de violettes – Mexico), Marie-Josée (Besame mucho – Esperanza), Marino Marini (Come prima – La piu bella del mondo), Bob Marley (Buffalo soldier – Could you be loved – Get up, stand up – Is this love – No woman no cry – One love), David Martial (Célimène), Dean Martin (Everybody loves somebody – King of the road – Raindrops keep falling on my head – Sway – That’s amore), Martin Circus (Marylène), M.A.R.S. (Pump up the volume), Jeanne Mas (En rouge et noir – Johnny Johnny – Toute première fois), Mireille Mathieu (Après toi – J’ai gardé l’accent – La paloma, adieu – Mille colombes – Tous les enfants chantent avec moi), Matia bazar (Solo tu), Milva (Alexander Platz – Bella ciao – D’amore si muore), George McCrae (Rock your baby), Mina (Ancora – Grande grande grande – La banda – Non gioco piu – Zum zum zum), Mireille (Le petit chemin), Eddy Mitchell (La dernière séance – Le cimetière des éléphants – Sur la route de Memphis), Modern talking (Brother Louis, You’re my heart, you’re my soul), Domenico Modugno (Ciao, ciao, bambina – Volare), Marylin Monroe (Diamonds are a girl’s best friend – I wanna be loved by you – My heart belongs to daddy), Yves Montand (A bicyclette – A Paris – Les feuilles mortes – Sous le ciel de Paris – Trois petites notes de musique – Un gamin d’Paris), Sarah Montiel (La Violetera – Quizas, quizas, quizas), Gianni Morandi (In ginocchio da te – Fatti mandare dalla mamma), Dario Moreno (Chanteur et acteur turc) Brigitte Bardot (C’est magnifi que – Coucouroucoucou Paloma – Trabaja la mouquère – Ya Mustapha, ya Mustapha), Marcel Mouloudji (La complainte de la butte – Le déserteur – Un jour, tu verras) – Nana Mouskouri (Amazing grace – Ave Maria – Guantanamera – Je chante avec toi liberté – Plaisir d’amour), Georges Moustaki (Il est trop tard – Le métèque – Ma solitude), Habiba Msika (Chanteuse, comédienne et danseuse tunisienne dans les années 1920), Murray Head (One night in Bangkok – Say it ain’t so, Joe), Marie Myriam (L’oiseau et l’enfant – Los olvidados) 204 205 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 COMÉDIENS & HUMORISTES Al Pacino, Maria Pacôme, Geneviève Page, Jack Palance, Jean-Claude Pascal, Gregory Peck, Raymond Pellegrin, François Périer, Francis Perrin, Jacques Perrin, Gérard Philipe, Jean Piat, Michel Piccoli, Claude Piéplu (voix des Shadocks), Marie-France Pisier, Jean Poiret, Sidney Poitier, Tyrone Power, Renato Pozzetto, Paul Préboist, Micheline Presle, Daniel Prévost, Gigi Proietti, Jean-Marie Proslier JUKEBOX Robert Palmer (Every kind of people – John and Mary), Gino Paoli (La gatta – Sapore di sale – Senza fi ne), Vanessa Paradis (Joe le taxi – Manolo, Manolete – Marylin et John – Maxou), Billy Paul (Me and Mrs Jones – Your song), Luciano Pavarotti (Ave Maria – Caruso – La donna è mobile), Rita Pavone (La partita di pallone – Viva la pappa col pomodoro), Pierre Perret (Au tord-boyaux – La cage aux oiseaux – Le zizi – Lily – Vaisselle cassée), Peter & Sloane (Besoin de rien, envie de toi), Nicolas Peyrac (Et mon père – Je pars – So far away from L.A.), Edith Piaf (Hymne à l’amour – L’accordéoniste – La foule – La vie en rose – L’homme à la moto – Mon dieu – Mon légionnaire – Mon manège à moi – Mylord – Non, je ne regrette rien – Padam, padam, padam), Pink Floyd (another brick in the wall), Georgette Plana (Riquita), Police (Can’t stand losing you – De do do do de da da da – Don’t stand so close to me – Every little thing she does is magic – Message in a bottle – Roxanne – Walking on the moon), Michel Polnareff (Âme câline – La poupée qui fait non – Le château de Laz – Love me, please love me – On ira tous au paradis – Tous les bateaux tous les oiseaux), Patty Pravo (Pensiero stupendo), Elvis Presley (Blue suede shoes – Don’t be cruel – In the ghetto – Jailhouse Rock – Love me tender), Billy Preston (Nothing from nothing), Prince (Purple Rain), Pupo (Su di noi) MERCI AUX INOUBLIABLES avec un O GRAND ÉCRAN Films On achève bien les chevaux – Orphée – Oscar – Out of Africa Cinéastes Ermano Olmi, Gérard Oury PETIT ÉCRAN Téléfilms & Dessins Animés Ommi Traki, Orzowei (semblable à Tarzan) COMÉDIENS & HUMORISTES Laurence Olivier, Ryan O’Neal, Peter O’Toole JUKEBOX Orchestral Manoeuvres in the dark (Enola gay), Gilbert O’Sullivan (Alone again – Claire – Get down), Oulaya, Oum Kalthoum, Ottawan (D.I.S.C.O. – Haut les mains – T’es OK) MERCI AUX INOUBLIABLES avec un P GRAND ÉCRAN Films Pain, amour et fantaisie – Papillon – Parfum de femme – Partir, revenir – Pearl Harbour – Peau d’âne – Pinocchio – Platoon – Psychose Cinéastes Marcel Pagnol, Pierpaolo Pasolini ; Sam Pekinpah, Maurice Pialat, Jean-Marie Poiré, Sydney Pollack, Roman Polanski, Otto Preminger PETIT ÉCRAN Émissions « Piccolo slam » – « Pronto Raffaella » Animateurs Joseph Pasteur, Jean-Pierre Pernault, Anne-Marie Peysson, Roger Pierre et Jean Marc Thibault, Claude-Jean Philippe, Bernard Pivot, Michel Polac Téléfilms & Dessins Animés Paperon de Paperoni (Oncle Picsou), Pippi Calzelunghe (ou « Pippi aux bas longs » = Fifi Brindacier – Titre original : Pippi Långstrump en suédois, soit Pippi longues chaussettes), Pinocchio 206 207 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 COMÉDIENS & HUMORISTES Raimu, Charlotte Rampling, Fernand Raynaud, Robert Redford, Vanessa Redgrave, Serge Reggiani, Madeleine Renaud, Burt Reynolds, Claude Rich, Ric & Gian, Jean Richard, Yves Robert, Pascale Roberts, Madeleine Robinson, Jean Rochefort, Ginger Rogers, Maurice Ronet, Noël Roquevert, Catherine Rouvel, Jane Russel, JUKEBOX Ruggero Raimondi – Eros Ramazzotti (Una storia importante), Massimo Ranieri (Io che non vivo piu di un ora senza te – Luna rossa – Vivro), Otis Redding (I’ve been loving you – Sitting on the dock of the bay – Try a little tenderness – When a man loves a woman), Régine (Je survivrai – J’irai pleurer à Bilbao – La grande Zoa – Les petits papiers – Tu m’oublieras), Serge Reggiani (Il suffi rait de presque rien – La femme qui est dans mon lit – Le déserteur – L’italien – Ma liberté), Mino Reitano, Renaud (Laisse béton – Marche à l’ombre – Mistral gagnant – Morgane de toi), Tony Renis (Quando quando quando), Lionel Richie (All night long – Hello – Say you say me), Dick Rivers (Twist à Saint-Tropez), Santino Rocchetti (Armonia e poesia), Romina Power & Albano (Felicità), Diana Ross (Chain reaction, Endless love, I’am coming out – Upside down), Tino Rossi (Marinella – Oh Catarinetta bella), Demis Roussos (Goodbye my love, goodbye – It’s fi ve o’clock – My only fascination – Rain and tears – Someday, somewhere – We shall dance), Stefania Rotolo (Cocktail d’amore) MERCI AUX INOUBLIABLES avec un Q GRAND ÉCRAN Films Quai des brumes – Qu’est-il arrivé à baby Jane PETIT ÉCRAN Émissions « Quark » (émission scientifique) COMÉDIENS & HUMORISTES Anthony Quinn JUKEBOX Jakie Quartz (Juste une mise au point), Queen (Another one bites the dust – Bohemian rhapsody – We are the champions – We will rock you) MERCI AUX INOUBLIABLES avec un R GRAND ÉCRAN Films Rain man – Rambo – Retour vers le futur – Rio Bravo, Rocco et ses frères – Rocky – Rosemary’s baby Cinéastes Jean-Paul Rappeneau, Jean Renoir, Alain Resnais, Dino Risi, Jacques Rivette, Yves Robert, Eric Rohmer, Roberto Rossellini Compositeurs de musiques de films Nino Rota (Amarcord – Il padrino [Le parrain] – La dolce vita PETIT ÉCRAN Émissions « Récré A2 », « Rischiatutto » (version italienne du jeu jeopardy), « Ring Parade » Animateurs Stefania Rotolo, Jean Roucas, Jacques Rouland, Patrick Roy Téléfilms & Dessins Animés Radici (ou « Racines » – Titre original : Roots), Rick Hunter, Rin Tin Tin, Riptide, Robin Hood (Robin des Bois) 208 209 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 JUKEBOX Sabrina (Boys boys boys), Saliha (Lilliliri ya mennè), Henri Salvador (Clopin, clopant – J’aime tes genoux – Juanita Banana – Le lion est mort ce soir – Le travail, c’est la santé – Mais non mais non – Maladie d’amour – Minnie petite souris – Une chanson douce – Zorro est arrivé), Santa Esmeralda (Don’t let me be misunderstood), Fernand Sardou (Aujourd’hui peut-être), Michel Sardou (Chanteur de jazz, Dix ans plus tôt – En chantant – Être une femme – La fi lle aux yeux clairs – La maladie d’amour – Le France – Le lac du Connemara – Le rire du sergent – Les ricains – Les vieux mariés – Musulmanes), Claude- Michel Schönberg (Le premier pas), Séverine (Un banc, un arbre, une rue), Sex Pistols (God save the queen), Shadia (Irma la douce), Sheila (C’est ma première surprise partie – L’école est fi nie – Les rois mages – Love me baby – Singing in the rain – Spacer – Vous les copains), William Sheller (Dans un vieux rock and roll – Le carnet à spirale), Shirley & Company (Shame shame shame), Mort Shuman (Le lac Majeur – Sorrow), Simon & Garfunkel (Mrs Robinson – The sound of silence), Nina Simone (I put a spell on you – My baby just cares for me), Simple mind (Alive and kicking – Don’t you), Simply red (If you don’t know me by now – Money is too tight to mention), Frank Sinatra (My way – New York, New York – Fly me to the moon – I’ve got you under my skin – Strangers in the night), Nancy Sinatra (Bang bang – These boots are made for walking), Bobby Solo (Gelosia – Una lacrima sul viso), Patty Smith (Because the night), Sonny & Cher (Bang bang – I got you babe – The beat goes on), Dusty Springfield (Son of a preacher man), Alan Sorrenti (Figli delle stelle – Non so che darei – Tu sei l’unica donna per me), Alain Souchon (Allo maman bobo – Banale song – Bidon – C’est comme vous voulez – J’ai 10 ans – La ballade de Jim – On avance – Rame – Tu vois pas qu’on s’aime pas – Y’a d’la rumba dans l’air…), Alberto Sordi (E va, e va [va a quel paese] – La penichella), Imed Sraoui (Âaouicha), Stan Gets (The girl from Ipanema), Rod Stewart (Baby Jane – Da ya think I’m sexy – Forever young – Sailing), Cat Stevens (Morning has broken – My lady d’Arbanville – Wild world), Amii Stewart (Knock on wood), Stone et Charden (Il y a du soleil sur la France – L’aventura – Le monde est gris, le monde est bleu – Made in Normandie), Barbra Streisand (Memory – The way we were – Woman in love), Donna Summer (I feel love – Love to love you baby – On the radio – She works hard for the money), Supertramp (Dreamer – Give a little bit – Good bye stranger – It’s raining again – The logical song) MERCI AUX INOUBLIABLES avec un S GRAND ÉCRAN Films Saturday night fever – Scarface – Sept ans de réfl exion – Singing in the rain – Soleil vert – Spartacus – Subway – Sueurs froides – Superman Cinéastes Albert Samama-Chicli, Alain Sarde, Claude Sautet, Volker Schlöndorff, Ettore Scola, Martin Scorsese, Coline Serrault, Don Siegel, Steven Spielberg, Oliver Stone, John Sturges Compositeurs de musiques de films Philippe Sarde (César et Rosalie – Flic ou voyou – J’ai épousé une ombre – La grande bouffe – La maison assassinée – Le guignolo – Le locataire – Les choses de la vie – L’étoile du Nord – L’ours – Max et les ferrailleurs – Vincent, François, Paul et les autres), Eric Serra (Le dernier combat – Le grand bleu – Nikita – Subway), Lalo Schifrin (Bullit – Brubaker – L’inspecteur Harry), Alan Silvestri (Retour vers le futur) PETIT ÉCRAN Émissions « Stade 2 » Animateurs Patrick Sabatier, Pascal Sevran Téléfilms & Dessins Animés Sandokan, Selvaggio west (ou « Ouest sauvage » = Les mystères de l’ouest), Spazio 1999 (ou « Espace 1999 » = Cosmos 1999), Stanlio ed Olio (Laurel et Hardy), Starsky & Hutch, Star Trek, Subway, Sù e giu per le scale (Upstairs, downstairs), Supercopter COMÉDIENS & HUMORISTES Renato Salvatori, George Sanders, Stefania Sandrelli, Alice Sapritch, Susan Sarandon, Jackie Sardou, Romy Schneider, Jean Seberg, Peter Sellers, Michel Serrault, Omar Sharif, Cybill Shepherd, Simone Signoret, Sim, Joan Simmons, Michel Simon, Frank Sinatra, Alberto Sordi, David Soul, Raymond Souplex, Catherine Spaak, Bud Spencer (Carlo Pedersoli), Sylvester Stallone, Barbara Stanwick, Jean-François Stévenin – James Stewart, Paolo Stoppa, Meryl Streep, Barbra Streisand 210 211 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 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Diamonds (Little darlin’), The Doors (Light my fi re), The Chocolats (Toucher la chatte à la voisine), The Jackson Five (ABC – Blame it on the boogie – Can you feel it – I’ll be there – I want you back – Oh baby give me one more chance), The Korgis (Everybody got to learn sometime), The Knack (My Sharona), The Mamas and the Papas (California dreamin’ – Dancing in the streets – Dream a little dream of me), The Manhattan Transfer (Chanson d’amour) – The Platters (Only you – The great pretender), The Rolling Stones (Angie – Miss you – Satisfaction – Start me up), The Rubettes (Sugar baby love), The Scorpions (Still loving you), The supremes (Baby love – Stop in the name of love – You can’t hurry love), The temptations (Get ready – My girl – Papa was a Rolling-Stone – The way you do, the things you do), The weather girls (It’s raining men), Umberto Tozzi (Gloria – Ti amo – Tu), Charles Trenet (La mer – Que reste-t-il de nos amours), Trio (Da da da), Tina Turner (I can’t stand the rain – Rolling on the river – We don’t need another hero – What’s love got to do with it) MERCI AUX INOUBLIABLES avec un T GRAND ÉCRAN Films Taxi driver – The blues brothers – Tootsie – Top gun – Top hat Cinéastes Jacques Tati, Bertrand Tavernier, André Téchiné, Giuseppe Tornatore, Maurice Tourneur, François Truffaut PETIT ÉCRAN Émissions « Tournez manège » Animateurs Pierre Tchernia, Enzo Tortora Téléfilms & Dessins Animés Tarzan, Tom Sawyer, The invaders (Les envahisseurs), The Marx Brothers, Thierry la Fronde, Tom & Jerry, Topo Giggio, Topolino (ou « Petite souris » = Mickey), Tre nipoti e un magiordomo (ou « Trois neveux et un majordome » = Cher oncle Bill) COMÉDIENS & HUMORISTES Elisabeth Taylor, Robert Taylor, Rod Taylor, Shirley Temple, Laurent Terzieff, Fabio Testi, Henri Tisot, Ugo Tognazzi, Pierre Tornade, Toto, Spencer Tracy, John Travolta, Jean-Louis Trintignant, Massimo Troisi, Lana Turner 212 213 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 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Billy Wilder William Wyler Compositeurs de musiques de films John Williams (Les dents de la Mer, E.T.) PETIT ÉCRAN Téléfilms & Dessins Animés Wonder Woman COMÉDIENS & HUMORISTES Rachel Ward, John Wayne, Jacques Weber, Johnny Weissmuller, Orson Wells, Raquel Welsh, Richard Widmark, Bruce Willis, Georges Wilson, Nathalie Wood JUKEBOX Abdel Wahab, Anita Ward (Ring my bell), Dionne Warwick (I say a little prayer for you – Walk on by), Wham (Careless whisper – Wake me up before you go), Barry White (Just the way you are – Never gonna give you up – You are my fi rst, my last, my everything), David-Alexandre Winter (Oh Lady Mary), Bill Withers (Just the two of us), Stevie Wonder (Happy Birthday – I just called to say I love you – Isn’t she lovely – Master blaster – Superstition – You are the sunshine of my life) MERCI AUX INOUBLIABLES avec un U GRAND ÉCRAN Films Un Américain à Paris – Un amour de coccinelle – Une étoile est née – Un homme et une femme – Un poisson nommé Wanda, Un singe en hiver – Un tramway nommé désir COMÉDIENS & HUMORISTES Peter Ustinov JUKEBOX UB40 (Baby come back – Kingston town – Light my fi re – Red red wine) MERCI AUX INOUBLIABLES avec un V GRAND ÉCRAN Films V – Vacances romaines – Vincent, François, Paul et les autres – Vivre pour vivre Cinéastes Roger Vadim, Agnès Varda, Henri Verneuil, King Vidor, Jean Vigo, Luchino Visconti PETIT ÉCRAN Animateurs Denis Vincenti Téléfilms & Dessins Animés Vacanze all’isola dei gabbiani (Vacances à l’île des mouettes), Vita di strega (ou « Vie de sorcière » = Ma sorcière bien aimée) COMÉDIENS & HUMORISTES Franca Valeri, Alida Valli, Charles Vanel, Pierre Vaneck, Lee Van Cleef, Robert Vaughn, Rosy Varte, Claude Vega, Lino Ventura, Carlo Verdone, Raimondo Vianello, Paolo Villagio, Marthe Villalonga, Jacques Villeret, Henri Virlojeux, Monica Vitti, Marina Vlady, Jon Voight (père d’Angelina Jolie et acteur inoubliable dans Macadam Cowboy), Gian Maria Volonte 214 215 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 CHAPITRE III ENVIRONNEMENT CLIMAT Comme on peut s’y attendre, c’est le climat méditerranéen qui règne en Tunisie et en particulier sur la moitié nord et les côtes. À mon opinion – qui n’est peut-être pas celle de tous les Tunisiens –, les saisons s’articulent de la façon suivante : • L’hiver tunisien s’étend de début novembre à mi-mars. Bien que les températures soient assez clémentes (rarement en dessous de 10°), le froid est difficile à supporter car très humide avec de fortes et nombreuses précipitations souvent sous forme d’averses et parfois de grêle, ainsi que beaucoup de vent. Pendant cette période, il est fréquent de devoir circuler (à pied ou en voiture) « dans l’eau » ou dans la boue en raison des multiples chantiers entamés et pas terminés, des infrastructures vétustes et bien sûr des oueds dont les lits, souvent petits, débordent rapidement. Les tunisiens ont rarement eu l’occasion de voir la neige « en vrai », mais à chaque fois (selon les récits de mon entourage et mes souvenirs : en 1956, en 1981 et entre 85 et 87), c’était la fête. Les gens se retrouvaient dans les rues et s’amusaient à se lancer des boules ou à essayer de façonner un « bonhomme », en criant et en riant… • À mon goût, le printemps – généralement entre mi-mars et fin mai – est la meilleure saison en Tunisie. Il y fait beau, pas trop chaud, le ciel est clair et lumineux, la flore se développe et les paysages sont MERCI AUX INOUBLIABLES avec un Y GRAND ÉCRAN Films Y a-t-il un pilote dans l’avion Cinéastes Jean Yanne COMÉDIENS & HUMORISTES Jean Yanne LES INOUBLIABLES avec un Z GRAND ÉCRAN Films Zorba le grec Cinéastes Franco Zeffirelli – Ariel Zeïtoun Compositeurs de musiques de films Hans Zimmer (Pearl Harbor, Rain Man) PETIT ÉCRAN Animateurs Léon Zitrone Téléfilms & Dessins Animés Ziou ziou, Zorro JUKEBOX Rika Zaraï, Led Zeppelin (Since I’ve been loving you – Stairway to heaven – Whole lotta love), Renato Zero (Triangolo – Mi vendo), Zucchero (Senza una donna) 216 217 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Âattouka Littéralement, ce mot signifie « petite poulette » et il est aussi utilisé pour parler d’une fille ou d’une femme très mince, voire maigre. Babaghayou De l’espagnol « papagayo » et/ou de l’Italien « papagallo », il s’agit du perroquet, mais on appelle aussi de ce nom quelqu’un de très bavard. Bagra Signifie « vache » (en arabe littéraire, on dit « Bèqaron »), mais comme en français, peut aussi qualifier une personne bien en chair : Gigi n’arrête pas de grossir, elle est bouffie, on dirait une « bagra » Bghel (masculin) / Beghla (féminin) Littéralement « mulet » (l’équidé, pas le poisson). Ce mot est aussi utilisé pour dire « imbécile » ou « idiot » : « Ya bghel », tu vas abîmer ton « parterre » en traînant comme ça les chaises ! Dans les campagnes aujourd’hui et même dans la capitale jusque dans les années soixante-dix, il arrivait que l’on croise des « bghel », avançant avec difficulté, sous le poids de lourdes et imposantes charges. Bhim Signifie « âne » en arabe tunisien (en arabe littéraire, on dit « himar ») et, comme en français, on utilise aussi ce mot à la place d’« idiot » : arrête de faire le « bhim » devant ton petit frère et va aider ta mère à porter les couffins ! Bou âariène Littéralement, ce mot signifie « le père du nu » et c’est ainsi que certains Tunisiens appellent (entre autres mots moins rigolos) la « limace » C’est vrai qu’elle paraît bien nue ! de plus en plus verts… On commence à ressentir l’appel de la plage ou des terrasses de cafés et l’on s’y installe volontiers… • En général, l’été pointe son nez dès le début du mois de juin pour repartir doucement vers mi, voire fin octobre selon les années. C’est une période de grande sécheresse en Tunisie et surtout dans le sud. Cette période est si chaude que les fonctionnaires doivent travailler uniquement le matin, une aubaine ! Alors que les mois de juin et septembre sont très agréables par leur chaleur douce, les non-résidents peuvent craindre la canicule qui peut régner en juillet et août car la température peut facilement atteindre entre 30 et 40 degrés de jour et entre 20 et 30 degrés la nuit. Les Tunisiens, quant à eux, sont habitués à cette grande chaleur et en profitent pour passer du temps à la plage (baignades, pique-niques, conversations, siestes à l’ombre) ou à la maison, volets fermés et douches fraîches régulières… À certains moments, voire durant des journées entières, le sirocco – ce vent sec et chaud insupportable – s’abat sur tout ou partie du pays et là, tout le monde aux abris ! • Quant à l’automne, il m’a souvent semblé qu’il se confondait un peu à l’été et à l’hiver et je n’ai jamais eu l’impression qu’il durait trois mois mais un seul, celui d’octobre… FAUNE Âasfour Signifie « oiseau » mais s’utilise aussi pour quelqu’un de distrait, qui plane… : Gad va et vient depuis quelques minutes dans la cuisine mais il a oublié ce qu’il venait chercher… Quel « âasfour » celui-là ! 218 219 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Zanzana En Italien, « zanzara » signifie « moustique » mais pour le JT qui a changé une petite lettre dans ce mot, c’est un bruit incessant, une rengaine : depuis que le petit Sarfati s’est mis au violon, je n’en peux plus, c’est la « zanzana » toute la journée. Cafard (en arabe : Knifsha) Le JT utilise aussi ce mot pour parler d’une personne disgracieuse ou laide : la pauvre, elle est moche, mais moche… on dirait un « cafard » ! • Chats de gouttière Je me souviens de l’omniprésence des chats errants, fouillant les poubelles. Ils renversent les poubelles, se battent… Les mâles étaient souvent mutilés (suite aux bagarres entre eux), un œil en moins ou les oreilles déchirées. Les chiens errants étaient beaucoup plus rares. La fourrière les ramassait. À Sfax, ils mangent les chats paraît-il, ça ressemble à du lapin. Les Sfaxiens montaient à Tunis pour attraper des chats. C’est ce qu’on disait du moins. À propos de Sfax, savez-vous pourquoi les gens de cette région ne s’envoient pas de lettres ? Parce qu’ils sfax. • Nuages de sauterelles • Le serpent Pendant quelques heures, nous avons aussi eu un serpent que Jacky (cf. mon frère « Dov ») avait capturé et enfermé dans un bocal… Il n’a pas fait long feu car la nuit même, il s’est tellement agité dans son bocal en essayant de sortir que Jacky et la bonne ont été réveillés par le bruit qu’il faisait. Comme ils ne savaient comment agir pour le calmer, ils ont pensé à le soûler au whisky, en vidant une demi- bouteille dans le bocal… Le serpent a alors redoublé de force pour soulever le couvercle – probablement par instinct de survie –, puis Dab Ce mot est issu de l’hébreu « Dov » qui signifie « ours » (Dov ou Dove est aussi un prénom israélite masculin). Cependant, le JT a changé sa prononciation en « dab » pour parler de quelqu’un de « lourd » ou « taciturne » : je lui ai parlé pendant une heure et il n’a pas réagi… À la fin, j’ai réalisé qu’il n’avait rien compris. Je crois que c’est un « dab ». Farzit Ce mot arabe veut dire « cigale » mais les Tunisiens l’utilisent souvent à l’attention des enfants et dans ce cas, la traduction devient « petit malin » : Il passe sa journée à se cacher et moi à le chercher… Il est où encore ce « farzit » ? Hmar De « himar » en arabe littéraire, c’est « l’âne » (et en hébreu, c’est « khamor ») : il n’a même pas su planter un clou, quel « hmar » celui-là ! Hnèch Signifie « serpent » mais s’utilise aussi pour parler de quelqu’un qui manque de franchise ou qui est insidieux : j’te jure, il était en face de moi à me poser toutes sortes de questions, j’ai eu l’impression d’avoir un « hnèch » autour de ma gorge… j’étais très mal à l’aise et je ne savais plus quoi lui répondre ! Jahch Il s’agit du « mulet ». Mais ce mot est aussi utilisé pour dire « idiot », tout comme « bhim » (voir aussi « Intellijahch »). Jmel Littéralement « chameau » en arabe (en hébreu « gmal ») et se dit à la place « d’idiot », mais il y a aussi une notion de lourdeur : eh, doucement, « ya jmel », tu as failli m’écraser le pied ! 220 221 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 pas, il ne s’agit pas du parti politique à vocation écologique créé en 2004…). En eff et, depuis toujours, la Tunisie est un pays à la végétation luxuriante, surtout dans sa partie nord, compte tenu du climat décrit précédemment. On y trouve ainsi de nombreuses variétés d’arbres, de plantes, de fleurs et de fruits… et donc divers parfums parfois entêtants, parfois subtils. Comment ne pas voir la beauté des eucalyptus qui longent diverses artères, les plantations d’oliviers, orangers, palmiers, amandiers, grenadiers, pommiers… ? Comment ne pas se délecter des fruits mûris au soleil, gorgés de sucre et de vie tels que : les agrumes (oranges douces Meski, amères (pour l’assaisonnement de certaines salades), Maltaises, Navels, Thomson, Valencia, sanguines – citrons doux en dessert, acides pour l’assaisonnement – les clémentines et les mandarines – pamplemousses jaunes et roses), les dattes (Deglet Nour, Allig, Kenta, Khuwat), le raisin, le melon, les pêches rondes ou plates, la pastèque, les abricots, les grenades, les amandes, les figues de barbarie… et bien d’autres, plus « classiques » tels que toutes variétés de pommes ou de poires… Cependant, nous ne connaissions pas les fruits exotiques tels que les kiwis, les mangues, les litchis et nous ne trouvions pas toujours des bananes ! Enfin comment ne pas sentir le jasmin, le géranium – en particulier celui qu’on appelle scientifiquement le « pelargonium rosat », qui est particulièrement odorant –, le chèvrefeuille, la rose, les œillets, les glaïeuls, la fleur d’oranger… ? Comment ne pas admirer les bougainvilliers, les belles-de-nuit, les cyclamens, les hibiscus, les champs de fragiles coquelicots… ? D’ailleurs, hormis le jasmin et la fleur d’oranger ou « fell » qui étaient vendus en petits bouquets par des marchands ambulants, il après un moment, il a fini par succomber, certainement à cause des vapeurs d’alcool ! • Grillons Je me rappelle aussi de la chasse aux grillons (que nous appelions cri-cri) avec lui : il fallait sortir de la maison avant 7 heures du matin et aller sur un terrain vague où une multitude de cri-cri chantaient. Mes frères, mon père et moi les attrapions à main nue et les mettions dans des bouteilles. Puis, nous allions dans le jardin et les donnions à manger aux poules pour le plaisir de les voir s’en régaler… Je ne sais comment j’ai pu faire cela, car aujourd’hui, il m’est impossible d’attraper quelque insecte que ce soit avec la main. • Autres animaux familiers Des poules ? Oui, il est vrai que je n’ai pas encore mentionné que, grâce à mon père et à son intérêt pour les animaux et la nature, nous en avons élevé un certain nombre dans le jardin de Kheireddine, au grand dam de ma mère : chiens, poules, coqs, tortues, bouc, mouton, âne… et dans la maison : une chatte « Mounette » (ou minette), des vers à soie – que nous, enfants, élevions et nourrissions (voir « mûrier blanc »), avec le plus grand soin en suivant bien leur évolution : vers, cocons, chrysalides, papillons, accouplements, œufs, vers… et ainsi de suite –, mais aussi un caméléon, dont nous surveillions avec patience et admiration les changements de couleurs – qui ne sont pas du tout immédiats comme nous le pensions – sur la branche qu’on lui avait installée, avant qu’il ne se perde quelque part dans le jardin. FLORE Sachez qu’en arabe, on évoque souvent le pays en le nommant « Tounès el Khadhra » ou « Tunisie, la verte ». (Ne vous méprenez 222 223 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 de la famille des jasmins) ou d’oranger ou bien sûr de jasmin, piquées sur de fines tiges de palmier ficelées, pour former un bouquet. Le JT appréciait de le renifler pendant des heures, de l’off rir aux filles et aux femmes et aussi d’en mettre un brin sur l’oreille. Jasmin (en arabe : Yesmine ou Yesmina) Fleur ou bouquet de fleurs de jasmin que le JT achète en été presque tous les jours et qu’il hume sans arrêt où qu’il met derrière l’oreille. La plupart du temps d’ailleurs, il ne s’agit pas vraiment de jasmin, mais plutôt de « fell » (petites fleurs blanches) ou de « fleurs d’oranger » qui sont aussi très parfumées. Souvenez-vous des chansons « Taht el yesmina Fel lil » (« sous le jasmin dans la nuit ») ou « Yesmine ou fell, Selma » (« jasmin et fell, Selma »), Selma étant le nom d’une fille, il faut croire qu’elle sentait ces parfums… était assez rare que l’on achète un bouquet de fleurs puisqu’on les voyait partout et qu’elles étaient si belles dans leur milieu naturel… Certains diront peut-être que ce paragraphe est inutile mais il m’a semblé indispensable de le mentionner car pour moi, la Tunisie recèle une végétation luxuriante qui a fait nos petits bonheurs pendant de nombreux siècles. Belles de nuit : Mirabilis jalapa, ou belle de nuit, est une plante herbacée vivace, tubéreuse, qui fait partie de la famille des Nyctaginacées. Elle est originaire d’Amérique du Sud (Pérou). Elle atteint 1 mètre de hauteur (largement moins si vous la cultivez en pot) et forme rapidement un petit buisson grâce à son port très ramifié. Peu rustique, elle peut cependant devenir envahissante (voire carrément invasive sous certains climats, comme par exemple en Afrique du Sud). Sur le littoral atlantique, on la rencontre fréquemment dans les jardins et le long des murs : avec la rose trémière, elle est une fleur quasi emblématique de l’île de Ré (lire aussi : Jardiner en bord de mer) ! Cette vigoureuse exotique produit des fleurs à profusion tout au long de l’été : du blanc au rouge, en passant par le jaune, le rose et les coloris panachés (avec parfois des couleurs différentes sur un même pied), ses fleurs en trompette, délicieusement parfumées et aux nuances lumineuses, s’épanouissent en fin de journée, entre 16 et 18 heures, et se fanent au matin. Installez-la donc près de la maison, ou encore sur un balcon ou une terrasse ensoleillée, pour profiter de sa floraison les soirs d’été… Mechmoum On pourrait traduire ce mot – qui trouve son origine dans le verbe « chem » qui signifie « sentir » par « bouquet odorant » : il s’agit, la plupart du temps de fleurs de fell (petites fleurs blanches d’une plante 224 225 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 La Halfa (en français, c’est l’alfa) est une plante des pays méditerranéens qui, séchée et tissée donne une sorte de corde qui sert à fabriquer des objets en osier. Cependant, en déliant et en froissant cette corde, le tunisien s’en sert aussi pour laver la vaisselle, en y ajoutant un peu de savon vert. Jèfèl C’est la prononciation arabisée du mot « javel ». En Tunisien, ce produit d’hygiène est très utilisé pour les sanitaires bien sûr, mais aussi pour laver le linge, les éléments et les ustensiles de cuisine, ainsi que les sols de la maison, très souvent à grande eau d’ailleurs… J’ai toujours aimé cette odeur de propre ! Naphtaline C’était l’antimite favori des Tunisiens (je ne sais pas si ça l’est toujours, compte tenu des diff érents produits qui existent à l’heure actuelle). Il est fabriqué à base de goudron de houille et a une odeur particulière reconnaissable et très persistante. Il est souvent présenté sous forme de petites boules blanches, solides que l’on dépose dans les armoires et les placards, mais toujours loin des produits alimentaires. Omo Après le « savon vert », la première lessive vendue en Tunisie fut l’Omo. Elle fut si utilisée par les femmes (mères et « bonnes ») qu’on n’utilisait pas le mot « lessive » mais toujours la marque « Omo » ! Le Savon Vert, fabriqué à base d’huile et de soude ou de potasse, était – ou est encore peut-être – utilisé pour la vaisselle et le linge (pas pour le corps, contrairement à aujourd’hui où ce savon, qui est appelé « savon noir », est considéré comme un must !). Je me souviens qu’un jour, alors que Mabrouka, frottait le linge avec ses mains, elle m’avait dit qu’on pouvait aussi le faire autrement et m’avait demandé de me déchausser et de me laver les pieds. Elle en CHAPITRE IV PRODUITS NATURELS ENTRETIEN DE LA MAISON Chiffon de parterre / Tarf souf Le JT utilise beaucoup de chiff ons : chiff on de cuisine, chiffon de vaisselle… Et le « chiff on de parterre » ou en arabe « tarf souf » qui signifie « morceau de laine », vous l’avez deviné, c’est sa serpillière ! Cristou Nettoyant anti-tartre et anti-calcaire pour la cuisine et la salle de bains. Il s’agit en fait de cristaux de soude, d’où ce surnom dimi- nutif. D’autre part – et je ne veux en aucun cas blasphémer –, je me dois de vous dire que c’est ainsi que les Tunisiens appellent « Jésus Christ » ; « Christ » en français, « Cristo » en Italien… et donc « Cristou » en tunisien ! Flitox À l’origine « Fly Tox » était la marque d’un produit utilisé pour la destruction des insectes. Le JT en avait bien besoin avec tous les insectes volants (mouches, moustiques, moucherons et autres éphémères…) qui envahissaient son espace, surtout lorsqu’il faisait chaud. Avant les bombes insecticides qui existent aujourd’hui, il utilisait un petit bidon rempli de « Flitox » et surmonté d’une pompe pour le vaporiser. 226 227 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 mielleuse, collante et insistante : Il ne m’a pas lâchée de la soirée et j’ai dû danser tous les slows avec lui. Quelle « boumada » ! La fièvre de Malte de Gad Mon père m’a souvent parlé de la petite fièvre que j’avais eu enfant : la « fièvre de Malte ». Cette maladie, était apparemment due à une bactérie dans le fromage de brebis que j’adorais. Le docteur Kalfon avais alors préconisé une balade en mer, on a dû prendre le bac de Radès entre la Goulette et Radès, qui a été en place par un pont depuis), et j’avais guéri. Sbiguido / Scoubidou Dans les années soixante-dix, le stérilet a enfin fait son apparition en Tunisie et les femmes tunisiennes, pour la plupart très émancipées par rapport à leurs consœurs des autres pays arabes, l’ont accueilli avec enthousiasme, en le baptisant rapidement « scoubidou » puisqu’il était fait de plastique. Mais le mot étant difficile à prononcer, elles l’ont très vite appelé « sbiguido » ! Ventouses Mon père d’esprit curieux aimait les objets inhabituels sensés guérir. Ainsi il lui est arrivé d’utiliser des ventouses en verre (remède de grand-mère encore utilisé de nos jours), ou encore des lampes à ultraviolets (anticipation de la luminothérapie qui commence à se faire connaître actuellement). Mon érésipèle Voir histoire de famille et anecdotes : La hernie discale de papa L’Élixir parégorique est un ancien médicament antidiarrhéique à base d’opium, dénommé également teinture d’opium benzoïque ou teinture d’opium camphrée. avait fait de même, puis, ensemble, nous nous étions mises debout dans la grande bassine pleine d’eau froide savonneuse et de draps et avions passé un moment à piétiner le tout (comme cela se faisait pour le raisin) avant de nous mettre à danser et chanter ! C’était joyeux et utile… J’en ai gardé un excellent souvenir. HYGIÈNE ET SOINS CORPORELS • Santé Les médecins qui avaient notre préférence étaient bien sûr juifs tunisiens : les docteurs Bédoucha (pédiatre) et Kalfon (généraliste). Cependant, nous n’allions jamais en consultation avant d’avoir demandé les avis de la famille et l’entourage. Une amie de la famille, Marie-Claire en a très bien résumé la raison : « Lorsque quelqu’un était malade, la famille, les amis et les voisins étaient informés par le bouche-à-oreille et chacun donnait un remède de grand-mère qu’il assurait être imparable. On ne faisait appel à un médecin qu’en dernier recours. On soignait le malade – l’entourage venait prendre des nouvelles régulièrement – par le remède qui remportait le plus de suffrages et il guérissait presque à tous les coups. » (Avoir une) Bendada C’est le fait « d’attraper froid » avec la conséquence de développer un rhume, une angine, une grippe ou encore une pneumonie : ma chérie, je suis restée au lit toute la journée avec une « bendada » d’enfer Boumada Ce mot vient du français « pommade ». Le tunisien l’utilise en effet pour parler de ce remède mais aussi pour désigner une personne 228 229 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Aspro Produits naturels Pour les furoncles, vous prenez un oignon, vous le plongez dans une eau frémissante, le coupez en deux et mettez le furoncle entre les deux parties de l’oignon chaud. Cela va faire mûrir le furoncle et au bout de deux ou trois fois, il disparaîtra. Panari ou mal blanc : mâcher quelques pois chiches crus et déposer la mixture sur le panari et faire un bandage. Deux jours plus tard, le panari a « mûri » et l’on peut extraire le pus facilement. Verrues : prendre une petite figue verte (pour ceux qui sont dans le Sud) un lait sort, frotter la verrue avec et jeter la figue très loin, moi j’ai récupéré le lait qui sortait, posé sur la verrue et mis un petit pansement toute la nuit, très efficace… • Beauté Comme la plupart des familles étaient modestes et que les femmes n’en étaient pas moins coquettes, elles utilisaient fréquemment le « système D » et les secrets de grands-mères qu’elles se transmettaient de mère en fille. • Soins du corps Pour l’hygiène corporelle, outre les bains et les douches pris à la maison, les Tunisiennes vont souvent au « hammèm » et nombreuses sont les JT qui les imitent. Ces « bains maures » ne constituent pas seulement un lieu d’ablutions, ils sont aussi un lieu de convivialité où les femmes se rencontrent et échangent leurs bonheurs et leurs contrariétés dans le plus simple appareil. Pétrole bleu sur journal sur poitrine contre la toux Gargarismes de luchon Synthol : à appliquer sur la peau lors de traumatisme bénin ou de piqûres d’insectes, et à utiliser en bain de bouche en cas de gingivite ou d’aphtes. Suppositoires à la glycérine : contre la constipation. Pastilles valda et valdouces 230 231 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 – Au-dessus du poêle (méthode de Mamie Titine, entre autres), o La couleur : – Outre les colorations chez les coiff eurs et celles que l’on a pu trouver dans les supermarchés à partir des années soixante-dix, – Nous avons bien sûr utilisé l’eau oxygénée pour le châtain clair ou le blond et le henné pour le roux. – En ce qui concerne le noir, de nombreuses Tunisiennes et certaines JT qui ont les cheveux frisés, ont utilisé – et le font certainement encore – la « mardouma ». o La mise en forme, nous utilisions plusieurs « techniques » : – des « rouleaux » pour être « bien coiff ées, presque comme chez le coiff eur », – Nous faisions une « ôoksa » ou une « Mexicaine » ou encore – un « repassage » (oui, oui, au fer à repasser en prenant soin de recouvrir la chevelure d’un drap : méthode de Mamie Mili et ses filles, parmi d’autres) afin d’avoir des cheveux plus raides et plus brillants. • Soins de la peau : o L’eau de rose est une bonne lotion naturelle, astringente et rafraîchissante à la fois. Malheureusement, rares sont les femmes qui l’utilisent encore. o L’eau de bleuet appliquée sur les yeux avec un coton, permet de les décongestionner et donc les reposer. o Pour avoir la peau du visage douce et veloutée : – Il nous arrivait de faire un bon gommage en mélangeant une cuillère à café de miel et deux de sucre, puis, après rinçage à l’eau Bien sûr, elles profitent aussi de ce temps pour : o Se laver : la plupart du temps, en utilisant tout d’abord un gant de crin tissé ou « hakkèka » (gommage assuré), puis une éponge de « loofa » ainsi qu’un savon à la glycérine végétale (hydratation, PH neutre) et/ou « tfal »/ « ghassoul » (peau douce). o Se consacrer du temps en prenant soin d’elle, de leur peau et de leur chevelure (cf. paragraphe suivant), o Se relaxer et se faire prodiguer un massage énergique, revigorant et donc bienfaisant. o Puis, après le bain, se retrouver sur les « dokkènès » (cf. définition) recouvertes de nattes pour prendre un thé, manger des gâteaux ou des oranges, tout en continuant la conversation avec les copines… • Soins de la chevelure : o La coupe : d’une manière générale, c’était à la maman que revenait la tâche de couper les cheveux de toute la maisonnée. Cependant, lorsqu’il nous arrivait d’aller chez le coiffeur, c’était souvent pour avoir une bonne « coupe » pour quelques mois ou une « belle mise-en pli » qui tienne au moins une semaine ! o Le lavage : la plupart du temps, à la maison, nous nous servions de shampoings peu sophistiqués aux œufs. Cependant, lorsque nous allions au « hammèm » avec une grand-mère et ou une bonne, nous utilisions le « tfal » qui était notre « 3 en 1 » pour avoir une chevelure propre, brillante et facile à coiffer. o Le séchage : une fois les cheveux lavés, nous les séchions : – « Au naturel » pour avoir une coiff ure « bouclée » ou « ondulée » Ou, comme le suggéraient les grands-mères : 232 233 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 • Soins des dents : o Pour garder les dents blanches et soigner les gencives, hormis les dentifrices, – Il nous arrivait de mâcher du « swèk », Ou de les laver, périodiquement : – En humectant la brosse à dents avec un jus de citron. o Pour les dents, la recette est simple : Mélangez deux cuillères à soupe de curcuma en poudre avec de l’eau pour former une pâte. Ramassez le mélange avec les poils de votre brosse à dents et brossez naturellement. Vos dents seront visiblement plus blanches et vous pourrez afficher votre plus beau sourire sans complexe… alors les filles, il ne vous reste plus qu’à vous diriger vers les placards de votre cuisine. • Maquillage : o Pour les yeux : – À l’« eye-liner », les Tunisiennes (donc les JT aussi) ont toujours préféré le « khôl » (poudre – peu chère – fabriquée à base d’un mélange de plomb et de soufre pour l’essentiel) pour souligner leurs yeux. Comme on le sait, il s’agit d’une poudre noire que l’on applique à l’aide d’un bâtonnet à l’intérieur de la paupière inférieure afin d’obtenir un regard pénétrant et intense. Et bien sûr, nous rajoutions sur nos paupières : – Des ombres plutôt de couleur pastel. Il m’est arrivé cependant, après avoir eu l’occasion de découvrir la poudre d’aluminium lors d’un cours de Sciences Naturelles (il me semble), de l’utiliser sur mes paupières pour des soirées et j’ai donné le « truc » à plusieurs amies qui en ont été ravies ! tiède, d’appliquer un peu de « tfal ». Il suffisait ensuite de le laisser sécher, – Mamie Mili m’avait appris que dans sa jeunesse, elle se faisait des masques en mélangeant un peu d’amidon et du jus de citron. Plus tard, sur ses conseils, ses filles en avaient fait de même. La méthode ayant été testée avec succès, il était donc logique que j’en hérite. J’ai donc essayé et ça a bien fonctionné pour faire sécher mon acné d’adolescente et me donner une peau de pêche… J’en ai parlé à plusieurs copines qui l’ont fait à leur tour. Recette tout simple, pas chère et très efficace lorsque l’on n’a pas la peau irritée, bien sûr. o POUR LE VISAGE o Les propriétés anti-inflammatoires du curcuma permettent de supprimer les imperfections et eff acent les traces des boutons. Cette épice absorbe l’excès de sébum et, par conséquent, réduit l’apparition des points noirs. Les propriétés antioxydantes, de cette épice miraculeuse, rajeunissent le visage et minimisent l’apparition des rides. Recette de masque pour peau grasse : deux cuillères à café de curcuma une cuillère à soupe de jus de tomate une cuillère à soupe de lait Utilisation : Mélanger tous les ingrédients Appliquer le mélange sur votre visage Laissez agir pendant vingt minutes Nettoyez à l’eau tiède o Pour la peau du corps : – Nous étions bien habituées au soleil et nous n’avions aucune crainte à fabriquer notre propre « vinaigrette à bronzer » avec de l’huile d’olive et du citron, ainsi que deux ou trois gouttes d’alcool iodé… o Pour les pieds et les mains : – Nous profitions souvent de nos moments à la plage, pour les masser longuement avec du sable mouillé ; résultat : gommage naturel gratuit et très efficace. 234 235 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 du sang, qu’il élimine le stress et la fatigue, qu’il raff ermit la peau et qu’il redonne énergie et tonus… Harqouss Il s’agit d’un henné brun que l’on utilise, en général, pour la mariée et son entourage féminin proche. On applique avec un pinceau très fin pour composer de magnifiques dessins sur les mains et les pieds (la plupart du temps, des arabesques et des points). Kèssè Il s’agit d’un gant de toilette en tissu épais que l’on utilisait surtout au hammèm. Loofa Le « loofa » est une sorte d’éponge de crin, que l’on utilisait dans le bain ou sous la douche pour exfolier la peau et pour la savonner. Cependant, il faut savoir qu’avant d’être une éponge, il s’agit du fruit d’une plante grimpante de la famille des cucurbitacées et qui ressemble à un gros concombre conique. C’est après l’avoir vidé et séché que l’on peut utiliser le « loofa » comme une éponge. En Tunisie, c’est à Nabeul que l’on cultive cette plante. Mardouma La « mardouma » est une véritable recette naturelle pour colorer les cheveux en noir. Il s’agit d’une poudre concoctée, pour l’essentiel, de noix de galle (ou galles de chêne, excroissances produites par les tiges ou les feuilles de l’arbre, qui contiennent des tanins) pilées, associées associés à divers autres éléments en poudre (du sulfate, du fer, de l’huile d’olive… et de l’eau). Le mélange ainsi obtenu forme une pâte de teinture qui permet aux femmes de colorer leur chevelure, mais aussi de la défriser, la lisser et lui donner un aspect brillant (car la couleur est très intense). o Pour le teint : Le café appliqué à l’aide d’un morceau de coton directement sur la peau, nous permettait d’avoir un teint légèrement hâlé, une sorte d’autobronzant provisoire. o Pour la bouche : – Les pétales de géranium roses pour rosir les joues et rouges pour souligner les lèvres. Bien entendu, il fallait les écraser et très vite les appliquer, car elles marquaient beaucoup. Il était aussi nécessaire de se laver les mains rapidement, car elles pouvaient aussi prendre ces couleurs… – Il nous arrivait aussi d’utiliser, mais avec parcimonie, du rouge à lèvres d’une marque française, ayant le monopole à l’époque. Boussette Khall La traduction littérale de ces deux mots est : « baisers de l’amant » mais en réalité, c’est ainsi que les Tunisiens appellent les « grains de beauté ». Hakkèka Gant de bain épais à base de crin, utilisé surtout au hammèm (ceci est la bonne prononciation en arabe tunisien) et qui permet d’enlever toutes les peaux mortes – un peeling d’enfer, les filles ! (A ne pas confondre avec « hekkeka », qui signifie comme ci, comme ça). Hammèm Les anciens JT y allaient souvent car il n’y avait que des salles d’eau rudimentaires dans les foyers. Puis, suite au développement urbain et à l’installation de salles de bains, les plus jeunes, surtout les filles et les femmes, continuaient à y aller pour faire un bon gommage, entraînées par des amies ou par la « bonne ». Nombreux sont les anciens qui affirment que le hammèm guérit certaines maladies, notamment les rhumatismes, qu’il améliore la circulation 236 237 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 l’aide de bigoudis, puis le passage sous le casque pendant 1/2 heure ou plus) était la technique favorite des JT pour obtenir du volume, de la brillance, une bonne texture et bien sûr une belle coiffure. Quelquefois, les femmes posaient elles-mêmes leurs bigoudis et, après avoir mis un foulard sur la tête, sortaient pour diverses activités : aller voir des voisins ou des amis, bronzer sur la plage, faire leurs courses (quelquefois en voiture) Pendant ce temps, les cheveux séchaient : Bon, tu viens faire le marché avec moi ou pas ? Si tu m’attends un quart d’heure, je mets les « rouleaux » et j’arrive ! Je reçois mes beaux-parents ce Shabbath, il faut que je sois belle ! Saboun / Sabouniya « Saboun » vient probablement du français « savon » et « Sabouniya » en est une déclinaison puisqu’il s’agit de la « savonnette ». En Tunisie, lorsque les lave-linges n’existaient pas encore, on utilisait le savon vert (fabriqué à base d’huile d’olive et de soude, ce qui lui donnait une odeur assez persistante) pour laver les vêtements et le linge de maison. Pour la toilette, avant l’importation de savonnettes françaises, nous nous servions d’un savon de couleur beige translucide, un peu marbré, qui, si je me souviens bien, n’avait aucun parfum. Souèk / Swèk Il s’agit de morceaux d’écorce de noyer que les Tunisiens mâchent pour nettoyer blanchir et assainir les dents. En réalité, cette écorce colore légèrement les gencives et de ce fait, les dents paraissent plus blanches : Tu as les dents qui se déchaussent ou quoi ?… parce que tu as une haleine qui sent des pieds… Va mâcher du « swek », va, ça va t’assainir toute la bouche ! Mexicaine Lorsqu’on avait des cheveux longs et que l’on s’était fait faire ou que l’on avait soi-même fait un brushing, il était possible de garder les cheveux raides et brillants quelques jours. Pour cela, il suffisait de faire une « Mexicaine » avant de dormir : sur cheveux secs et démêlés après brushing donc, on enroulait deux mèches du haut du crâne sur des bigoudis. Ensuite, on faisait tourner toute la chevelure autour de la tête, mèche par mèche, chacune fixée par des pinces, autour des deux bigoudis. On terminait en enlevant ces derniers et en faisant tourner de même les deux mèches de cheveux restantes. Ainsi, toute la chevelure était enroulée autour de la tête. Le lendemain, il suffisait d’enlever les pinces et de coiff er et c’est comme si on venait de faire son brushing. Mjar (prononciation JT : Mzar) Il s’agit d’un petit amas de fibres en alfa (de l’arabe « halfa ») dont on formait une boule que l’on utilisait pour frotter la vaisselle, mais aussi pour frotter le corps sous la douche. Cela donnait de très bons résultats. Ôoksa Comme la « Mexicaine », la « Ôoksa » est un moyen de garder raide une longue chevelure. La technique est la suivante : après lavage et léger séchage, bien démêler les cheveux, puis faire une « queue- de-cheval ». À l’aide d’un vieux bas ou d’un collant coupé en deux, enrouler, de façon très très serrée cette « queue » et faire un nœud à la fin. Au moment de sortir, défaire le bas et coiffer. Rouleaux C’est ainsi que de nombreuses JT appelaient les « bigoudis ». À partir des années cinquante – soixante et jusque dans les années quatre-vingt – quatre-vingt-dix, la « mise en plis » (soit après lavage et séchage rapide, l’enroulement mèche à mèche de la chevelure à 238 239 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 souple… Il n’est pas conseillé d’utiliser le « tfal » dans les salles de bains car, comme il s’agit d’argile, il y a un risque de boucher les conduits. Tfal Argile parfumée au géranium sauvage que l’on mélange à de l’eau et qui sert de savon, crème de beauté ; shampoing et après-shampoing. Résultat : peau lavée douce et hydratée, chevelure propre, brillante et 240 241 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 qu’en 1970, il a créé une robe noire à fermeture éclair pour Arletty, ce qui a contribué à son succès. En 1982, il triomphe en présentant son premier défilé à New York. Depuis, de collections en défilés, son nom est connu dans le monde entier. Attia Dove Né en 1957 sous le nom de Jules Dove Attia, il est producteur de comédies musicales, français d’origine juive tunisienne. À partir de 2003, un plus large public a pu le voir et apprécier son langage « Tune » et sympathique sur la chaîne M6, en tant que membre du jury de « A la recherche de la Nouvelle Star » puis de la « Nouvelle Star » tout court. Ses productions connaissent un vif succès : Les dix commandements, le Roi Soleil, l’Opéra-Rock Mozart et plus récemment Les amants de la Bastille. Azria Max Mais oui, vous savez qui c’est : il est né à Sfax, en Tunisie, à la fin des années 1940 et a commencé sa carrière de créateur de mode à Paris, avant de connaître le succès avec sa marque « BCBG » aux États-Unis dès 1989 (Los Angeles, Palm Beach, New York et Las Vegas, entre autres…). Azzaro Loris Né en 1933 à Tunis et mort en 2003 à Paris, il était couturier et parfumeur italien. Bellaïche Haïm Il a été le grand rabbin de Tunis de 1940 à 1947, période durant laquelle il s’est attelé à aider les pauvres de son mieux. Bembaron David Il a été le successeur de Haïm Bellaïche, en tant que grand rabbin de Tunis de 1947 jusqu’à son décès en 1955. CHAPITRE V PERSONNAGES QUELQUES PERSONNALITÉS NÉES EN TUNISIE Lo met, pseudonyme de Ribbi ‘Hae Taeeb ne le 19 Kislev 5504 (1743), décédé le 19 Kislev 5598 (1837) et « pas mort » dans la vie essentielle et dans le souvenir de ses compatriotes. Young Perez (surnommé Youki) le héros juif tunisien, champion du monde de boxe en 1931, exterminé à Auschwitz. Abdul-Wahab Khaled J’ai tenu à mettre à l’honneur cet illustre inconnu tunisien né en 1911 et décédé en 1997 car il est le premier arabe à avoir été proposé pour le titre de « Juste parmi les Nations ». En effet, cet homme discret qui ne s’est jamais exprimé jusqu’à son décès (« Allah Yarahmou ») a recueilli et caché deux familles juives (soit une trentaine de personnes environ : les Boukris et les Uzan) dans sa ferme de Tlelsa (à une trentaine de kilomètres de Mahdia) lors de l’occupation des troupes du IIIe Reich en Tunisie en 1942. Alaïa Azzedine Né en 1940 en Tunisie de parents agriculteurs, il s’installe en France dès l’âge de 17 ans, après avoir obtenu le diplôme des Beaux- Arts, option « sculpture ». Il fait ensuite ses armes chez Christian Dior, Guy Laroche et Charles Jourdan, puis ouvre son premier atelier de stylisme et de couture où il travaille pendant une vingtaine d’années, avant de lancer sa propre marque en 1981. Il faut noter 242 243 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Boughedir Férid Réalisateur, critique et historien de cinéma, Férid Boughedir est né à Hammam Lif en 1944. On lui doit, entre autres, les magnifiques films Halfaouine, l’enfant des terrasses (en 1990), Un été à la Goulette (en 1995) et plus récemment, Villa Jasmin (en 2007), inspiré du roman autobiographique de Serge Moati. J’ai particulièrement apprécié ces trois œuvres qui décrivent et font donc ressentir très précisément l’ambiance de ce qu’était la Tunisie au siècle précédent… Boujenah Michel Né en 1952, Michel Boujenah est acteur, réalisateur et humoriste français d’origine juive tunisienne. Il a commencé sa carrière en 1972 en intégrant une troupe de théâtre puis il a triomphé dans plusieurs « one man shows » (souvenez-vous d’Albert ou encore Les magnifi ques). Il a aussi interprété plusieurs rôles au cinéma, dont certains particulièrement appréciés et récompensés par le public (dont moi) : Trois hommes et un couffi n (de Coline Serreau en 1985), La totale (de Claude Zidi en 1991), Le nombril du monde (d’Ariel Zeitoun en 1992) et Les misérables (de Claude Lelouch en 1995). Boujenah Paul Second fils de Joseph Boujenah et frère de Michel, il est né en 1958, frère de Michel. Il est réalisateur, scénariste et adaptateur français d’origine juive tunisienne. Bourguiba Habib De son nom complet Habib Ben Ali Bourguiba, né en 1903 (probablement en août) à Monastir et décédé le 6 avril 2000 dans la même ville a été « L’homme de l’État tunisien ». Dès l’indépendance en 1956 (le 20 mars), il a œuvré pour faire de la Tunisie une nation réellement axée sur le développement et la modernité. De ce fait, il a été nommé président en date du 25 juillet 1957. Avec la contribution active mais – la plupart du temps discrète – de sa seconde épouse Ben Ammar Tarak À l’indépendance, deux cinéastes tunisiens professionnels ont intégré la Société tunisienne de production et d’exploitation cinématographique (SATPEC). L’un était juif : André Bessis, qui a réalisé les premières actualités tunisiennes filmées ; l’autre était musulman : Mohammed Kouidi, qui a diff usé son premier film sur l’Assemblée nationale constituante tunisienne en 1956. Tarak Ben Amar, né en 1949 à Tunis, a succédé à André Bessis en tant que PDG de la SATPEC. C’est aujourd’hui un homme d’affaires important et un producteur de cinéma de grande renommée, qui a collaboré avec, entre autres Jean-Jacques Annaud, Henri Verneuil, Claude Chabrol, Philippe Clair, Jean Yanne, Brian de Palma et Franco Zeffirelli, etc. Ben Nitram Kaddour De son vrai nom Edmond Martin (d’où l’anagramme Nitram), Kaddour Ben Nitram était un chansonnier humoriste qui œuvrait sur les radios tunisiennes dans les années cinquante. Il a créé des sketchs en « sabir » (qui est un mélange de langues franco- méditerranéennes, dites avec un accent maghrébin), s’inspirant, entre autres, de certaines fables de La Fontaine (« La cigale y la formi », « Li corbeau y li rossignol ») et enregistré plusieurs disques. Mon oncle Lulu, se souvient bien de cet humoriste qu’il entendait sur radio Tunis. Pour ma part, je n’ai jamais entendu Kaddour Ben Nitram mais je me souviens avoir lu un passage de « sabir » écrit par Molière dans le Bourgeois Gentilhomme : « Se ti sabir, ti respondir, se non sabir, tazir tazir. Mi star Mufti. Ti qui star ti ? Non intendir, tazir, tazir ». Pour moi et je pense aussi pour vous, cela est simple à comprendre : « Si tu sais, tu réponds, si tu ne sais pas, tu te tais (bis). Je suis le Mufti. Toi, qui es-tu ? Tu ne comprends pas ? Tu te tais (bis) ». 244 245 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Cravenne Georges Né en 1914 sous le nom de Joseph Raoul Cohen à Kairouan et mort en 2009 à Paris, il était publicitaire et producteur de cinéma français, d’origine juive tunisienne. Il est le créateur des « Césars du Cinéma ». Cravenne Marcel Frère aîné de Georges, Marcel Cohen (de son vrai nom) est né en 1908 à Kairouan et il est décédé à Paris en 2002. Il a été monteur, assistant réalisateur, réalisateur, scénariste, aux États- Unis et en France. Il a travaillé, entre autres sur des téléfilms et des films tels que Knock, David Copperfield, Tartuffe ou L’Éducation sentimentale… Delanoë Bertrand Né en 1950 à Tunis, il a vécu à Bizerte jusqu’en 1963, avant de s’établir en France (à Rodez) avec sa mère. Après avoir été membre du Parti socialiste et conseiller de Paris depuis 1977, député de Paris de 1981 à 1986 puis sénateur entre 1995 et 2001, il a été maire de Paris de 2001 à 2014. Doukha Voir Chapitre I, « Interprète et Chansons ». Evenou Danièle Née Danièle Anne-Marie Evennou en 1943 à Tunis, elle est actrice de cinéma, de télévision et de théâtre française. Gammoudi Mohammed De son vrai nom Mohammed Tlili Ben Abdallah, il est né à proximité de Gafsa, en 1938 et il a été et reste, pour l’instant, le meilleur coureur tunisien puisqu’il a gagné de nombreux trophées, dont la médaille d’or aux Jeux Olympiques de Mexico en 1968. Je Wassila, « le combattant suprême », comme on l’avait surnommé, s’est attelé à l’émancipation des femmes en leur donnant le droit de vote, mais aussi à l’intégration des juifs en faisant d’eux des Tunisiens à part entière, avec les mêmes droits que les musulmans. Dans l´ensemble, la politique de la république tunisienne est assez libérale, mais des accidents de parcours (marasme économique notamment) mèneront au départ des juifs qui avaient tenté l´expérience tunisienne. Après trente ans de présidence, alors que la santé du président Bourguiba déclinait et que le pays s’islamisait, il a été destitué et remplacé par son premier ministre, Zine el-Abidine Ben Ali au début du mois de novembre 1987. Brillant Dany Né en 1965 à Tunis dans le quartier de Lafayette, David Daniel Cohen (son vrai nom) est un chanteur et acteur français d’origine juive tunisienne. Cardinale Claudia Née Claude Joséphine Rose Cardinale en Tunisie en 1938, cette actrice italienne a vécu sa jeunesse au Kram, dans la banlieue nord de Tunis. Challe Claude Né en 1945, c’est un DJ, fondateur du Buddha Bar, français d’origine juive tunisienne. Charvet David Né en 1972 de Paul Guez et Christiane Charvet, de son vrai nom David Franck Charvet, il est un acteur américain qui a tenté sa chance en tant que chanteur français. Son père était un homme d’affaires d’origine juive tunisienne. 246 247 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 enseigné au lycée de Carthage (1959-1961) puis dans les lycées parisiens Victor-Duruy et Saint-Louis (1963-1965). Il a reçu diverses distinctions (en 1995 : médaille d’or du CNRS, chevalier de l’Ordre des Arts et Lettres et Officier de l’Ordre des Palmes Académiques et en 1986 : Prix de l’Académie Française). (Rabbi) Haï Taïeb Lo Met Isaac Haï Taïeb, dit « Haï Taïeb Lo Met » (« Lo met » signifie en hébreu « pas mort ») est né en 1743 et décédé en 1837 à Tunis. Il a été un rabbin vénéré et de nombreux JT vont toujours se recueillir sur sa tombe au cimetière du Borgel à Tunis. Halimi Gisèle De son vrai nom Zeiza Gisèle Élise Taïeb, c’est une avocate, née en 1927 à la Goulette, de parents juifs tunisiens. Après des études de droit, elle entre au barreau de Tunis en 1949, avant de poursuivre sa carrière à Paris dès 1956, tout en s’engageant dans l’indépendance de la Tunisie, décrétée au mois de mars de la même année. Dans les années soixante-dix, elle se bat pour les femmes en demandant le libre accès à la contraception et à l’avortement. Journo Raoul Voir Chapitre I, « Interprètes et chansons ». Kakou Elie Né en 1960 à Nabeul et décédé trop tôt en 1999 à Paris, Alain Kakou (son vrai nom) a été un humoriste « hors pair » et un acteur français d’origine juive tunisienne. Après avoir été animateur pour le Club Med, il a créé ses propres one man shows, passant de la télévision (« La classe », « Champs Elysées ») au théâtre (« Point- Virgule », « Bobino », « Olympia », « Casino de Paris ») et au cinéma (La vérité si je mens, « Monsieur Naftali »). Lorsqu’on se souvient de lui, on ne peut s’empêcher de penser à son personnage phare me souviens d’ailleurs que lorsque quelqu’un courait vite, on lui demandait : Tu t’es pris pour Gammoudi ? Garibaldi Giuseppe Né en 1807 à Nice et mort en 1882 sur l’île italienne de Caprera, Garibaldi a vraisemblablement vécu près d’une année à Tunis. En 1834, condamné à mort par le tribunal de Gênes pour avoir tenté de renverser la royauté, il se sauve d’Italie et embarque à Marseille, en tant que capitaine de vaisseau sous le faux nom de Giuseppe Pane, à bord d’un navire appartenant au Bey de Tunis. Il débarque à Tunis en 1935 et y reste jusqu’en 1836. Pendant cette période, il fait partie du groupe « Jeune Italie » et habite au Palais Gnecco (chez son patriote et ami, Gaetano Fedriani), situé au n° 23, de la rue de la Commission à Tunis. En septembre 1905 à cette adresse, une plaque a d’ailleurs été posée pour commémorer son passage : « Anno 1836 – Ospito questa casa Giuseppe Garibaldi, Gaetano Fedriani ed altri profughi italiani mentre fra gli urgenti desideri intendevano ristorare le fortune afflite della libertà e della patria » (Traduction : Année 1836 – Ont été accueillis dans cette maison Giuseppe Garibaldi, Gaetano Fedriani et d’autres réfugiés italiens, alors qu’ils souhaitaient ardemment restaurer les richesses perdues de la liberté et de la patrie). Gray Félix De son vrai nom Félix Boutboul, né en 1958, il s’agit d’un chanteur et auteur français, d’origine juive tunisienne. Il a écrit, entre autres, le texte du magnifique « Café des Délices » interprété par Patrick Bruel. Hagège Claude Léon Hagège dit Claude Hagège, né le 1er janvier 1936, a suivi sa scolarité au lycée Carnot de Tunis. Après des études à Paris, il a été nommé professeur agrégé de lettres classiques en 1958, et a 248 249 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Moati Nine Nine Moati, sœur de Serge (voir ci-après), est née en 1937 à Paris. Après avoir passé son enfance en Tunisie, elle est devenue journaliste à la radio puis au magazine Elle. Elle a aussi écrit de nombreux romans. Moati Serge Né Henry Haïm Moati en 1946 à Tunis, il est journaliste, réalisateur, scenariste, producteur, acteur, écrivain et présentateur de l’émission Ripostes à la télévision. Il a aussi été conseiller de François Mitterrand. Msika Habiba Née en 1903 et décédée en 1930 (vraisemblablement dans son appartement, incendié par l’un de ses amants jaloux de sa notoriété et de ses autres conquêtes), elle était chanteuse, danseuse et comédienne tunisienne (de confession juive). Malgré son jeune âge lors de sa mort, elle a quand même marqué les mémoires par sa beauté et son indépendance… Naïm Yaël Yaël Naïm, d’origine tunisienne, est une chanteuse franco israélienne, née à Paris en 1978. Après avoir suivi des cours de musique (classique, pop et jazz), elle a été révélée par la comédie musicale. Ouaki Jules Né en Tunisie et décédé en 1982, il a développé un empire familial en créant la marque et les magasins discount « Tati », dont le premier a vu le jour à Barbès en 1948. Bien d’autres à Paris, en Province, mais aussi à l’étranger ont ouvert depuis. « Madame Sarfati », qu’il a parfaitement reproduit en s’inspirant de nombreuses grands-mères JT. Lellouche Gilles-Jacob Né dans les années 1960, il est le premier JT à s’être porté candidat à l’élection de l’assemblée constituante de Tunisie en octobre 2011, lors de la révolution du Jasmin. Il est d’autre part le créateur du restaurant conceptuel kasher Mamie Lily à la Goulette. Lellouche Ofer Né en 1947, il s’agit d’un peintre, sculpteur et graveur israélien, d’origine juive tunisienne. Lellouche Pierre Né en 1951, il est avocat et homme politique français d’origine juive tunisienne. Lumbroso Daniela Née en 1961, elle est présentatrice et productrice de TV et radio française d’origine juive tunisienne (grana, probablement). Memmi Albert Né en 1920, Albert Memmi est écrivain et essayiste franco- tunisien, d’origine juive tunisienne. Il a été, entre autres, élève et professeur au Lycée Carnot de Tunis. Meyer Yves Yves Meyer, né en 1939, est un mathématicien français qui a fait sa scolarité au lycée Carnot de Tunis, avant de continuer ses études en France où il a obtenu le concours général de grec et de mathématiques et l’agrégation de mathématiques avec les honneurs. Il a, entre autres, enseigné les mathématiques à l’École polytechnique (1980 à 1986) et a été élu à l’Académie des Sciences. 250 251 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Samama-Chicli Albert Né en 1872 et mort en 1934 à Tunis, il a été pionnier du cinéma national mais aussi l’un des plus anciens cinéastes du monde. Sur sa tombe, on peut lire : « Inlassable dans la curiosité, téméraire dans le courage, audacieux dans l’entreprise, obstiné dans l’épreuve, résigné dans le malheur, il laisse des amis. » Sarfati Victor Né en 1931, c’est un peintre et professeur de peinture juif tunisien. Sebag Paul Né à Tunis le 26 septembre 1919 et décédé le 5 septembre 2004, il a été membre du Parti Communiste Tunisien et militant pour la lutte pour l’indépendance de la Tunisie. Il a aussi poursuivi des études de droit et de philosophie avant d’être journaliste puis professeur de lettres à Tunis (au Lycée Carnot), puis à Rouen. On lui doit aussi de nombreux livres sur la Tunisie qui font de lui un historien renommé car ils servent de références. Il a obtenu la médaille de l’Ordre National du Mérite Culturel en 1994. Séguin Philippe Philippe Séguin, né à Tunis en 1943 et mort à Paris en 2010 a été un homme politique français très respecté. Il a, entre autres, présidé l’Assemblée nationale de 1993 à 1997, le parti du Rassemblement pour la République (RPR) de 1997 à 1999, la Cour des comptes de 2004 à 2010. Il a aussi institué diverses mesures sociales pour l’emploi en particulier pour les travailleurs handicapés, ainsi que pour la lutte contre le chômage de longue durée. Shalom Sylvan Né en 1958 à Gabès et donc d’origine juive tunisienne, il s’agit d’un homme d’État Israélien. (Rav) Pinson Rav Nissan Pinson est né à Charkov, en Russie (date non trouvée) et il est décédé le 4 décembre 2007 à Nice. Il a étudié dans des Yéchivot clandestines jusqu’au moment où il a émigré en France. En 1960, il a été envoyé à Tunis pour y servir la communauté juive. Il y a œuvré pendant près de cinquante ans, avec l’aide de son épouse. Rav Pinson a développé de nombreuses institutions juives à Tunis, dont une « yeshiva », une école maternelle, une école (rue Durand Claye), un mikveh, une bibliothèque, une synagogue, etc.. Pisani Edgar Edgard Pisani, né en 1918 à Tunis, dans une famille maltaise, est un homme politique français. En France, il a été Chef de cabinet du Préfet de police en 1944, puis Directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur, Préfet de la Haute-Loire et Directeur de cabinet de la Défense nationale en 1946, Sénateur de la Haute-Marne de 1954 à 1961, Ministre de l’Agriculture entre 1961 et 1966, Conseiller général du canton de Montreuil-Bellay en Maine-et-Loire en 1964 et 1965, Maire de Montreuil-Bellay de 1965 à 1975, Ministre de l’Équipement et du Logement en 1966 et 1967, Député à l’Assemblée nationale en 1967, Sénateur de 1974 à 1981. Rached Hana Née en 1933 à Tunis et décédée en 2003 à la Goulette, c’était une chanteuse, auteur, compositeur. Issue d’une grande famille de Tunisois, « Hanouna » était une véritable diva qui partit vivre à New York au sommet de sa gloire. Ribbibi De son vrai nom « Berrebi », Ribibi était un piètre magicien illusionniste qui fut quand même très connu à Tunis et sa banlieue… Il amusa beaucoup la communauté pendant de nombreuses années. 252 253 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Zeitoun Ariel Réalisateur, scénariste et producteur, Ariel Zeitoun est né à Tunis en 1945. On lui doit, entre autres, Le nombril du monde. NOMS DE FAMILLE JUIFS TUNISIENS A : Abécassis, Abitbol, Abokara, Abouaf, Aboujedid, Aboutboul, Accos, Achlali, Adda, Agouba, Aïdan, Aknine, Akoun, Allal, Allali, Allouche, Alnadjar, Amanou, Ammar, Amram, Anidjar, Ankry, Arbib, Ariche, Arki, Arous, Aski, Assan, Assous, Assued, Atlan, Attal, Attali, Attia, Attou, Ayache, Ayari, Ayouche, Ayoun, Azaria, Azoulay, Azria, Azuelos B : Baccouche, Badache, Bakir, Baranès, Bardavid, Baron, Barouch, Barouk, Bchiri, Bedossa, Bedoucha, Béhar, Belhassen, Bellaïche, Bellity (BELLITY : ce nom est construit sur l’arabe ‘âty qui signifie celui qui donne ; le préfixe bel voulant dire fils (ben) : donc le fils du généreux.), Bembaron, Benady, Benamou, Benarous, Benattar, Benattia, Benisti, Benmoussa, Benmussa, Bensimon, Bensoussan, Bentura, Berbèche, Berdah, Berrebi, Bess, Bessis, Besnainou, Bianchi, Bianco, Bichi, Bidoussa, Bijaoui, Bismouth, Bismuth, Bittan, Boccara, Bokobsa, Bokobza, Bonan, Borgel, Bouaziz, Boublil, Bouhnik, Boujenah, Boukhobza, Boukris, Boulakia, Boutboul, Brami C : Cacoub, Calo, Calvo, Cardozo, Carmona, Castelnuovo, Castro, Cassuto, Cattan, Cazès, Cesana, Chaltiel, Chaouat, Chekly, Chelly, Chemla, Chemouni, Chetboun, Chiche, Chicheportiche, Chicli, Chicly, Chitroug, Choucroun, Cohen, Cohen-Hadria, Cohen- Boulakia, Cohen-Scali, Cohen-Solal, Cohen-Tanugi, Constantini, Corcos, Costa, Costaz, Crémisi, Curiel Sitbon Guy Guy Sitbon, né Isaac Shetboun en 1934 à Monastir est un journaliste, écrivain et homme d’aff aires français, d’origine tunisienne. Il a travaillé, entre autres, au Nouvel Observateur et il est chroniqueur et administrateur à l’hebdomadaire Marianne depuis 1988. Sitruk Joseph Haïm Né en 1944 à Tunis, ce sage a été grand rabbin de France de 1987 à 2008. Ses conférences ont toujours rassemblé un public nombreux et enthousiaste. Super Nanny Née Kalthoum Sarraï (surnommée Cathy) en 1962 à Tunis et décédée en 2010 à Paris suite à un cancer, elle a été une auxiliaire de puériculture et animatrice de télévision française et tunisienne. Tamzali Haydée Née en 1906 et décédée en 1998, elle était la fille du célèbre Albert Samama-Chicli. Dès le début des années 1920, elle a eu le privilège de devenir la première actrice de l’histoire du cinéma tunisien. Wolinski Georges Né en 1934 à Tunis et décédé le 7 janvier 2015 à Paris, sauvagement abattu par un groupe terroriste alors qu’il était en réunion au siège du journal Charlie Hebdo. Il était connu et reconnu comme un dessinateur français de talent. Zavata Achille De nationalité italienne, cet homme de cirque est né en mai 1915 à la Goulette et il est décédé en novembre 1993 en France, dans le Loiret. Il était clown, acrobate, dompteur et trapéziste. Il jouait du tambour, du saxophone et de la trompette. 254 255 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 M : Mâarek, Madar, Maimoun, Maizil, Maklouf, Maleh, Mamou, Marciano, Marek, Marouani, Maruani, Marzouk, Mazouz, Médina, Meimoun, Melloul, Memmi, Memon, Mendoza, Métoudi, Messica, Mimoun, Mimouni, Mizrahi, Moati, Modigliani, Molco, Moreno, Msihid, Msika N : Nabet, Naccache, Nadjar, Nahoum, Naïm, Namer, Namias, Naouri, Nataf, Nathan, Nizard, Nunes O : Ossona, Ouaki, Ouakil, Ouaknine P : Pariente, Parienti, Partouche, Pensieri, Perez, Pinto, Portugais, Pullicino R : Raccah, Riahi, Rossi, Roubach S : Sâada, Sâadia, Sâadoun, Saal, Sabban, Sabbah, Sacuto, Sala, Salmon, Samama, Saporta, Saragosti, Sarfati, Sayada, Sbero, Scemama, Schembri, Scialom, Sebag, Seban, Seknazi, Selama, Sellam, Serero, Seror, Seroussi, Setbon, Setruk, Sfez, Siksik, Silva, Silvera, Siméoni, Sion, Sitbon, Sitruk, Skénazi, Slakmon, Slama, Smadja, Smila, Sonnino, Soria, Souffir, Soussan, Spinoza, Sroussi, Stioui, Stora, Suid, Suied, Sultan T : Taïeb, Tahar, Tanugi, Tapia, Tartour, Tebecca, Teboul, Tedeschi, Temam, Temime, Thomas, Tibi, Timsit, Tobelem, Toledano, Touati, Toubiana, Touboul, Touitou, Trabelsi, Tubiana, Tuil U : Uzan V : Valensi, Valenzi, Ventura Y : Yaïche, Yahia, Yrhi, Younès D : Dadi, Dahan, Dana, Danan, Daninos, Danon, Dardour, Darmon, Darmouni, Dayan, Debache, Depaz, Dian, Didi, Dilouya, Disegni, Djaoui, Djébali, Djian, Dokhan, Donati, Douieb, Dray E : Elfassy, Elalouf, Elbaz, El Haïk, El Halali, Enriquez, Errera, Eskenazi F : Fahl, Fargeon, Farhat, Farhi, Fartouk, Fedriani, Fellous, Fenech, Finzi, Fiorentino, Fitoussi, Flah, Flak, Franco, Frati, Freoua, Funaro G : Gabay, Gabison, Gabsi, Gales, Gallardo, Gallula, Galula, Ganem, Ganouna, Garcia, Garcin, Germon, Ghariani, Ghez, Giami, Giorno, Gnecco, Gozlan, Gréco, Guédalia, Guedj, Guéniche, Guetta, Guez, Guila-Houri, Guttierez H : Hababou, Habib, Haccoun, Haddad, Hadida, Haddouk, Hadjadj, Hadgège, Hadria, Hagège, Haggiag, Haïk, Halali, Halfon, Halimi, Hanana, Hannoun, Hanouna, Haouat, Haouzi, Hattab, Hassan, Hassid, Hassoun, Hattab, Hayat, Hayoun, Hazout, Henriquez, Houbani, Houri, Hozé I : Ichaï, Illouz J : Jamy, Jaoui, Jarmon, Journo, Junès K : Kabla, Kahloune, Kakoub, Karila, Kassabi, Kayat, Kesraoui, Khalfon, Khalifa, Kharoubi, Khayat, Kisraoui, Korsia, Koskas, Krief, Ktorza L : Labbé, Lahmi, Laloum, Lamy, Lasry, Lellouche, Léon, Lévy, Lion, Liscia, Lompronti, Louzoun, Luisada, Lumbroso, Lussato 256 257 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 famille et des amis ou voisins qu’il aff ectionnait tout particulièrement). Il a toujours « aidé son prochain » sans rien attendre en retour, comme on le faisait tout naturellement à l’époque… C’était un homme bon et pur mais gare à celui qui voulait faire du mal un membre de sa famille ! Au niveau professionnel, il avait commencé à travailler avec son père dans une petite minoterie familiale à Béja (qu’on appelait « le moulin »), avant d’en prendre la tête. Cette dernière était située en bas de l’immeuble de son enfance où il retournait tous les lundis pour revenir auprès de nous tous les vendredis pour Shabbath. Je me souviens qu’à chacun de ses retours « au bercail », le coffre (qu’on appelait alors « la malle ») de la voiture regorgeait de victuailles venues tout droit « de la campagne, » donc de meilleure qualité, biologiques, mais aussi moins chères : viandes, poulets, œufs, légumes, gâteaux maison (« souabâa » ou « kâak ». Cf. définitions dans le lexique) et fruits de saison mûris à point (melons, pastèques, figues de barbarie, agrumes…). Nous avions plaisir à nous retrouver tous les six autour d’un succulent couscous préparé par ma mère. Mon père était aussi très bricoleur et passait souvent du temps à réparer ce qui ne fonctionnait pas au foyer… Après avoir œuvré, il disait : « bon, ça marche momentanément » et quand ma mère lui répondait : « momentanément… Et si ça se casse à nouveau ? » Là, il avait une réponse qui clôturait gentiment la discussion et que je me répète souvent : « Mais Sylvette, la vie est momentanée… et si ça se casse encore, eh bien, je réparerai encore ! » Durant son temps libre, il aimait aller se promener, s’asseoir au « Café de Paris » ou aller au zoo. Dès que l’un d’entre nous le voyait se préparer et essayer de sortir discrètement « par jeu », il prévenait les autres par notre cri de ralliement : « tuturlututu, papa il va sortir ! » Z : Zagdoun, Zaghdoun, Zagzag, Zakine, Zana, Zanzouri, Zaoui, Zarka, Zarrouk, Zbirou, Zeboulon, Zeïtoun, Zembris, Zenati, Zerah, Zerbib, Zermati, Zetlaoui, Zibi, Zimbris, Zirah, Zitoune, Zouari, Zuili… MA FAMILLE Je suis la cadette et seule fille d’une famille de quatre enfants. Je m’appelle Tania et suis née en novembre 1962. Le « Tanya » est un guide de philosophie juive mais ma mère a souhaité me donner le surnom de sa petite voisine russe (le vrai prénom slave étant « Tatiana »). Dans mon enfance, j’ai été surnommée « Mamina Bajdou » par mon père qui n’a jamais su m’expliquer pourquoi et depuis l’année de première, mon amie Karine et moi nous sommes mutuellement appelées « Djo », mais il serait trop long et probablement inintéressant de vous en raconter la raison. Je vais maintenant vous présenter ma famille. Mes parents : Issus de lignées honnêtes, besogneuses et modestes, mes parents se sont mariés en 1959. Mon père, Fradji, né en septembre 1930 à Béja, surnommé « Farjouni » et parfois « Far », « Friso » ou « Bobo », est décédé en 2017. C’était un doux rêveur, souriant et aff able, qui s’étonnait de tout. Cependant, il s’est toujours montré responsable de son clan (ses propres parents et nous bien sûr, mais aussi d’autres personnes de la 258 259 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Certains pourraient penser qu’elle est « froide » et « peu intéressée » par son entourage. En fait, elle est très chaleureuse et très câline, mais seulement « intérieurement » par pudeur, par éducation ou peut-être par discrétion… C’est une femme de tête qui a tenu des postes de haut niveau dans l’administration tunisienne (au ministère des Finances de 1960 à 1979, passant de sous-directrice du Personnel à Inspectrice des Services Financiers puis au ministère de l’Agriculture de 1979 à 1988, en tant que sous-directrice du Personnel, de la réglementation et de l’Action Sociale). Outre l’obtention de la médaille du travail, elle a été décorée de la médaille de Chevalier de l’Ordre de la République (« Nichan Iftikhar ») par le Ministre du Commerce et de l’Économie qui était alors Monsieur Ahmed Ben Salah… Pas mal pour une juive en pays arabe, non ? Elle est d’ailleurs toujours active aujourd’hui en tant que bénévole à la Coopération Féminine (association juive qui apporte son soutien physique, moral et financier à des personnes atteintes de maladies ou en difficulté), dans un C.A.T. (Centre d’Adaptation au Travail pour les personnes handicapées) et dans un Centre de Jour (pour personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer). Elle est le pilier de notre famille car, outre ses activités professionnelles passées et présentes, elle a assuré notre éducation en nous accompagnant dans nos devoirs scolaires (elle a même suivi une formation pour nous soutenir en « Math Modernes » qui sont les mathématiques actuelles qui ont remplacé « l’algèbre » dans les années soixante-dix), mais aussi en assurant les besoins quotidiens de nos grands-mères maternelle et paternelle durant leurs vieux jours (alors que leurs autres enfants étaient déjà installés en France) et les nôtres, et ce, en l’absence de notre père, qui, comme je l’ai expliqué plus haut, n’était présent que le week-end. et en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, nous étions tous au garde à vous devant la porte pour l’accompagner… Mon père courait très vite et je me souviens que lorsque mes frères et moi faisions la course avec lui alors que nous étions enfants ou adolescents, il nous battait toujours… D’autre part, il a toujours apprécié la sieste – dont il s’est rarement privé – ; il prenait beaucoup de plaisir à faire des gâteaux et des chocolats puis à les faire goûter, mais il aimait surtout écouter les compliments et aussi les critiques, parfois. Mon père a peu influé dans notre éducation mais il nous a inculqué l’intelligence du cœur, la fantaisie, la créativité, le goût des choses simples et vraies, la vie dans et avec la nature, en sachant l’observer pour en admirer sa faune et sa flore ainsi que leurs bienfaits respectifs… Ma mère Sylvette, est née en janvier 1934 à Tunis et était surnommée « Tittiya » lorsqu’elle était petite. Il y a quelques années, mon père m’a appris que je l’appelais « Dadette », mais je ne m’en souviens pas. Elle n’est pas une « mère juive » telle qu’elle est habituellement définie car elle ne sait pas – ou n’a pas appris au sein de sa famille de neuf enfants – à montrer ses sentiments, quels qu’ils soient. Elle a toujours fait en sorte que l’on évolue par nous-mêmes, afin d’en tirer nos propres leçons. Elle est toujours disponible en cas de besoin et plutôt discrète dans le cas contraire ; ce qui n’est pas le cas de beaucoup de mères juives qui ont tendance à s’immiscer dans la vie de leurs enfants, sans vraiment les aider ni apporter de solution si nécessaire. 260 261 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 et regardait un film ou des dessins animés en préparant ses devoirs. Mes parents l’ont toujours laissé faire ainsi car ses résultats à l’école étaient excellents. Gabriel (nom d’un ange bien connu qui signifie « Dieu est ma force ») est né en février 1968. Comme mon père dont il est très proche, il est aussi surnommé « Bobo ». Il aimait beaucoup réparer sa mobylette et celles de ses copains. Heureusement que mes parents ne lui avaient autorisé qu’une petite partie du jardin pour ses travaux de mécanique ! Mes grands et arrière-grands-parents Mon arrière-grand-mère paternelle s’appelait Louna Koenkas – épouse Bellity – et avait toujours été surnommée « Nanou ». Je ne me rappelle pas de la date de son décès mais ce devait être à peu près en 1974 ou 1975. Elle était douce, discrète et s’exprimait en arabe ou en judéo- espagnol et peu en français. Elle passait le plus clair de son temps à lire la Torah ou à aider ses filles, Titine ma grand-mère et Fernande ma grand-tante, au sein de leurs foyers respectifs à Béja, dans leurs tâches ménagères et leurs préparations culinaires. Elle a vécu ses vieux jours chez tata Fernande et n’a jamais été malade. Cependant, un matin à l’âge de 94 ans, elle ne s’est pas réveillée… Elle s’est éteinte comme une bougie, toujours avec grande discrétion. Mon grand-père paternel s’appelait Jacob Bellity mais il avait toujours été surnommé « Kiki ». Il était gérant de sa « petite » minoterie à Béja. D’elle, nous avons appris l’observation et la réflexion avant d’agir mais aussi l’acceptation des autres avec leurs défauts et leurs qualités (cf. « Prendre quelqu’un comme il est » dans la partie « Expressions »). Si vous souhaitez en savoir plus sur ma mère, allez donc voir la définition d’Elle que vous trouverez dans « les mots d’origine latine ». Mère pensante, père rêveur : de quoi aurait besoin un enfant, sinon d’une part pouvoir penser par lui-même, avoir le sens des réalités et du devoir, s’adapter à la vie en société et d’autre part, savoir laisser libre cours à son imagination, avoir le sens de l’humour et de la dérision et pouvoir apprécier et vivre avec la nature ? Finalement, bien que très différents, je pense que les qualités unies de nos parents ont été un vrai trésor pour notre équilibre. Mes trois frères : Dov (qui signifie « ours » en hébreu) né en juillet 1960, est mon frère aîné. Il est surnommé « Jacky » (de son deuxième prénom « Jacob ») par nous et ses plus anciens amis. Je me souviens que durant notre enfance, il prenait son rôle d’aîné vraiment au sérieux, n’hésitant pas à nous conseiller et à nous aider dans nos études, car il était très doué pour les siennes… Mais il manquait de pédagogie et de patience ! Gad (« bonheur » en hébreu, mais c’est aussi le nom de l’une des douze tribus d’Israël), né en mai 1966, est surnommé « Doudou », parce qu’il est « doux » et quand il était petit, on l’appelait « l’Indien » ou encore « Mowgli » car il avait le teint mat, les yeux bruns et les cheveux noirs, longs et raides… Il est toujours « le » sage de la famille, agissant dans le calme et la méthode. Comme Jacky, il aimait travailler devant la télévision : il s’installait sur une chaise longue 262 263 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 lorsqu’elle recevait les compliments de ses amis ou des membres de la famille qui venaient la voir régulièrement, car ils appréciaient sa compagnie et réciproquement. Bien sûr, au sein de la maisonnée, elle tenait une place importante et on lui demandait souvent conseil sur divers sujets. Elle n’avait pas toutes les réponses mais elle était toujours là, l’oreille attentive et la bonne humeur inébranlable. Finalement, je reconnais bien volontiers qu’elle a été l’un de nos piliers, car toujours présente, sympathique et discrète à la fois. Elle est restée chez nous jusqu’en 1975, date à laquelle elle nous a définitivement quittés pour rejoindre les anges… Mon grand-père paternel, Joseph Sitbon (le papi, surnommé « Chouchou » issu d’une famille nombreuse, était artisan bijoutier dans les souks, plus précisément le « souk des orfèvres » de Tunis). On m’a toujours dit qu’étant un homme intègre, travailleur et dévoué à sa famille, il a été fort regretté par son entourage et en particulier par son épouse et ses enfants. Il ne s’octroyait qu’un après-midi de loisirs par semaine, durant lequel il retrouvait des amis au café pour une petite partie de belote… Je l’ai malheureusement peu connu car il est décédé deux ans après ma naissance. J’ai beaucoup mieux connu et donc eu le temps d’apprécier son épouse ma grand-mère maternelle Émilie Esther. Mamie « Mili » était considérée comme une « Superwoman » de l’époque… Célibataire puis jeune épouse, elle avait été, avec ses frères, l’une des créatrices de l’École Sitbon située à la Casbah, où l’on enseignait la sténodactylo et la comptabilité. De nombreuses personnes (juives et non-juives) m’ont parlé de cette école dont ils se souviennent Je me souviens très peu de lui car il habitait donc dans cette province et nous avait rejoints à Tunis lorsqu’il avait été atteint du cancer et qu’il ne pouvait plus travailler. Il est décédé alors que je n’avais que 6 ans. Je me rappelle cependant qu’il avait toujours le sourire – même s’il souffrait beaucoup de sa maladie – et bien qu’assez maladroit, il prenait son rôle de papi très à cœur en nous choyant du mieux qu’il pouvait, Jacky et moi. Gad et Gabriel sont nés après sa mort et ne l’ont donc pas connu4. Ma grand-mère paternelle s’appelait Esther surnommée par tous « Titine », ou parfois « Esteroula » par « Nanou », et était femme au foyer. Elle est aussi arrivée chez nous, à Tunis, lorsque Kiki est tombé malade. Elle était aveugle, cécité qui avait été engendrée par le diabète dont elle était atteinte. Je l’ai d’ailleurs connue avec ce handicap qu’elle gérait par une piqûre d’insuline tous les jours. Plus tard, cette même maladie lui a causé une gangrène et elle a dû être amputée de sa jambe droite, jusqu’au genou… Cependant, malgré ces désagréments, elle était la joie de vivre incarnée et avait toujours le mot pour rire. Elle était belle (blonde pulpeuse aux yeux bleus, ce qui était rare pour une JT) et très coquette et me demandait de l’aider à prendre son bain puis la maquiller et la coiff er quand je le pouvais. Il m’est même arrivé plusieurs fois de lui couper les cheveux et elle était heureuse 4 En fait, presque, il est décédé 2 ans après la naissance de Gad. 264 265 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Restée seule, Mili a vendu la maison de Beausite pour louer un appartement dans le centre de Tunis, à la rue de Marseille, au-dessus de celui de son fils Gilbert et sa famille5. Elle y a vécu pendant longtemps. Comme le lycée Carnot n’était pas loin, mes frères et moi y allions souvent après l’école pour faire nos devoirs sous sa surveillance et pour y prendre notre goûter. Les vendredis, elle nous donnait des « boulettes » fraîchement frites mais pas encore cuites et c’était un délice ! C’était aussi pour nous un moment privilégié pour l’écouter raconter le dernier livre qu’elle avait lu, l’émission de radio qu’elle avait entendu… mais aussi pour jouer une partie de rami avec elle. Plus tard, elle est tombée malade et elle est venue habiter chez nous jusqu’à son décès. Je me souviens qu’à chaque anniversaire, nous recevions une partie de l’héritage de Chouchou : un petit bijou artisanal en or ou en argent, que nous étions fiers de porter et de montrer en rappelant que c’était notre grand-père qui l’avait fabriqué… Vous trouverez ci-après l’arbre généalogique qui vous montrera l’ampleur de ma « petite tribu ». Je tiens à remercier mon oncle Aaron (dit Mino) Sitbon, qui avait déjà fait un énorme travail en recensant le côté maternel qui comprend, et de loin, le plus grand nombre de membres… Pour simplifier, notre lignée directe est mentionnée en rouge. 5 Pas le même Gilbert bien sûr. parfaitement car elle leur a permis d’avoir un métier, sans forcément obtenir le baccalauréat. Puis, elle a mis au monde pas moins de onze enfants, en a perdu deux et en a donc élevé neuf dans la rigueur et la modestie. Progressivement, les gains de Joseph se sont avérés insuffisants pour assumer le foyer. Mamie Mili a donc décidé de donner des cours de sténodactylo à domicile, dans l’une des trois pièces de l’appartement où la famille habitait à Hammam-Lif. Lorsqu’elle recevait ses élèves, mes oncles et tantes, ainsi que ma mère avaient pour consigne de respecter un silence religieux. Grâce à cette discipline et à la volonté commune de Mili et Joseph, la famille a pu petit à petit après de grands efforts assumés durant de longues années, parvenir à faire construire une villa à Beausite, banlieue huppée de Tunis à l’époque. C’est là que les enfants ont pu s’épanouir avec la famille proche, leurs amis du quartier et leurs camarades d’école. Ils allaient les uns chez les autres, organisaient des boums ou des sorties au cinéma… Puis, ils ont été en âge de se marier. Mili et Chouchou, comme tous les parents de l’époque, avaient pour devoir et même pour règle de « caser » leurs enfants (il fallait prévoir une « dot » pour les filles), du plus âgé au plus jeune. Sara et Mino, les plus jeunes étaient encore célibataires quand Chouchou a tiré sa révérence en laissant un grand vide dans le cœur de ses proches. La même année, Mino est parti en France suivre ses études, alors que Gilbert, le « mazal » de Sara est venu l’enlever à sa mère pour l’épouser et la ramener avec lui à Paris. 266 267 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 268 269 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 HISTOIRES ET ANECDOTES Vers la fin des années 1960, alors que j’allais souvent à Béja chez mes grands-parents et que j’avais l’occasion de savourer le temps passé avec elle, j’ai réalisé que dans ses prières, mon arrière-grand- mère Nanou, en rajoutait toujours une, en implorant la mort. Elle disait à peu près ceci en arabe : « Viens me chercher, j’ai beaucoup et bien vécu, je suis fatiguée, je dois partir maintenant. Allez, viens » ------------------------- De façon discrète et insoupçonnée, Titine (ma grand-mère paternelle – Voir Chapitre V, « Ma famille ») participait aussi à notre éducation. En ce qui me concerne, je me rappelle que régulièrement, elle me demandait de lui faire la lecture (Un bon petit diable, Les petites fi lles modèles ou Les malheurs de Sophie de la Comtesse de Ségur, ou encore Le petit lord Fauntleroy de Frances Burnett, etc.) et, bien entendu, je m’exécutais pour lui faire plaisir, puisqu’elle ne voyait pas… Souvent, elle m’arrêtait pour s’enquérir de l’orthographe d’un mot et je le lui épelais, toujours avec l’idée de répondre à ses souhaits… En arrivant en sixième, j’ai constaté qu’en fait, elle n’avait posé toutes ces questions que pour me donner le goût des mots, de la lecture et de l’écriture et que je lui devais, sans aucun doute, d’avoir un bon niveau en grammaire et en orthographe. En été, tous les après-midi, Titine me demandait d’aller griller des « glibettes » et je me faisais un plaisir de le faire pour ensuite les déguster avec elle, en parlant de tout et de rien, sur la terrasse de la maison de Kheireddine. Des membres de la famille venaient souvent la voir et nous, les enfants, passions d’excellents moments à les entendre se raconter des anecdotes en mêlant le français, l’arabe, l’italien, le judéo-espagnol… Nous ne comprenions pas tout mais nous riions, avec eux, à gorge déployée. Les oncles et tantes du côté maternel, ayant vécu en même temps que nous, à Tunis : Lucien Sitbon (le frère aîné, dit « Lulu »), son épouse Claude et leurs enfants : Eric, Yves (dit Yvo) et Hervé. Gilbert Sitbon (le deuxième, dit « Rumba »), son épouse Colette (dite « Buse ») et leurs enfants : Alain (Coco Nono), Lydia (Nanoucha), Marc (Baby) et Mylène (Mamina). Benjamin (dit Gino) Sitbon, son épouse Jacqueline et leurs deux filles Yaël et Nathalie (dite Nana). Les autres oncles et tantes maternel (Sidney, Gérard, Edith, Sara et Aaron – dit Mino –) et paternel (Suzanne – dite Suzy – et Paul – dit Popaul –), ont quitté la Tunisie, peu avant ou juste après leurs mariages respectifs. Cependant, nous avons bien connu Suzy qui venait passer tous les étés avec sa fille Babette, auprès de nous, à Kheireddine. Nous avons toujours gardé le contact avec Édith et Sara (qui, petites, avaient été surnommées « Lou Patten et Lou Bartol » par Lulu, pour une raison encore inconnue), les deux sœurs de maman, et ce sont elles qui nous ont initiés à la vie parisienne et aidés dans nos différentes démarches lorsque mes frères et moi sommes arrivés en France, chacun à notre tour. Édith et sa famille (son époux Maurice et leurs trois filles Lynda, Nadia et Michèle) m’ont accueilli chez eux pendant mes deux années d’études de BTS, alors que Sara et les siens (son époux Gilbert et leurs trois enfants Denis, Régis et Estelle), nous ont très agréablement reçus régulièrement chez eux, en nous aidant moralement et financièrement à nous adapter à notre nouvelle vie dans laquelle nous n’étions plus que des anonymes parmi d’autres… Je peux affirmer aujourd’hui que cet accueil familial a été très important pour nous. 270 271 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Quelques soirs plus tard, toujours alors que le mari était couché, la marmite recommença : “maman, j’en ai assez d’être sur la table de la cuisine, sur le feu ou dans le placard, je voudrais sortir voir les autres enfants, s’il te plaît…” La femme savait cette fois qu’elle n’était pas fatiguée et qu’elle ne rêvait pas alors elle lui répondit : “tu veux vraiment sortir ? C’est dangereux dehors” et la marmite répondit : “oui, s’il te plaît maman…” Elle promit alors à sa petite marmite de la poser sur le rebord de la fenêtre dès le lendemain, et c’est ce qu’elle fit. Enfin au soleil, la petite marmite brillait de toutes ses faces et la mère en conclut qu’elle était heureuse alors elle décida de la sortir tous les jours… La marmite était de plus en plus belle et de plus brillante et la mère en était ravie… Cependant un soir, alors que le couple était invité chez des voisins, la marmite était restée sur le rebord de la fenêtre de la cuisine… Un bijoutier, qui rentrait à la maison après sa journée de travail, la vit en passant et se dit : “tiens, une marmite, les propriétaires ont dû vouloir la jeter, c’est bizarre, elle est toute propre… Mais bon, s’ils l’ont laissée là, c’est qu’ils veulent s’en débarrasser… Je m’en servirais bien pour ranger toutes les bagues en or que j’ai achetées hier” et il l’emporta chez lui pour la remplir de joyaux en métaux rares et en pierres précieuses… Au petit matin, il se rendit, comme tous les jours, à sa boutique. Dès qu’elle le vit sortir, la marmite prit la poudre d’escampette pour rentrer vite à la maison. Elle trouva sa mère en pleurs… et lui dit : “maman, je t’en prie, excuse-moi, ne pleure plus, je suis rentrée maintenant… et avec plein de bijoux en plus.” La mère fut tellement contente de revoir sa petite marmite qu’elle ne fit même pas cas de toutes ces bagues… Elle n’imagina même pas qu’elles fussent en or ! Elle fit des remontrances à la marmite et jura qu’elle ne la mettrait plus sur le rebord de la fenêtre de la cuisine. Puis elle rangea soigneusement les bagues dans un tiroir. Le lendemain, alors qu’elle prenait soin de sa petite marmite en la séchant avec une peau de chamois, on frappa à la porte ; elle la Je me rappelle que lorsque ma mère préparait le couscous le vendredi midi pour le dîner, Titine avait pris l’habitude de prélever, dans un saladier de la semoule, des légumes, des boulettes, de la viande et du jus et qu’elle amalgamait le tout. Puis, chacun d’entre mes frères et moi, à tour de rôle, avions droit à une bouchée de ce mélange, appelé « Refchè kchoukchou » fraîchement cuisiné, chaud, homogène et délicieux… J’en ai encore l’eau à la bouche ! ------------------------- Je me souviens aussi qu’on aimait beaucoup lorsque Titine nous racontait l’histoire de la « petite marmite » (ancien conte tunisien transformé « au fil des grands-mères ») que je vais essayer de vous résumer ici : « Il était une fois un jeune couple dont la femme n’arrivait pas à avoir d’enfant, malgré toutes ses tentatives. Tous les matins et soirs, elle priait Dieu mais rien n’y faisait. Un matin, alors qu’elle avait perdu tout espoir d’enfanter, elle trouva une petite marmite rutilante sur la table de sa cuisine, alors que tout avait bien été rangé la veille et elle commença à s’en servir pour y préparer de la soupe tous les soirs. Après manger, elle la lavait et la séchait avec grand soin, avant de la remettre dans le placard. Jour après jour, elle avait l’impression que la petite marmite grandissait mais elle se disait que son imagination lui jouait des tours. Cependant, elle s’y attachait de plus en plus, comme s’il s’agissait d’une personne… Un soir, alors que son mari était déjà couché et qu’elle essuyait tendrement sa petite marmite, celle-ci s’exprima : “maman, j’en ai assez d’être sur la table de la cuisine, sur le feu ou dans le placard, je voudrais sortir voir les autres enfants, s’il te plaît…”. La femme resta éberluée et crut qu’elle affabulait : “je suis folle, la marmite parle maintenant et en plus elle m’appelle ‘maman’”, il vaut mieux que j’aille me coucher !”. 272 273 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 viande aux juifs tunisiens résidant sur place à l’année, sous prétexte qu’il n’avait pas la quantité requise. Mais il écoulait bien ses produits auprès de ceux qui venaient – souvent de France – en villégiature et qui possédaient des congélateurs ; en graissant la patte du boucher grâce à un bon pourboire, ils obtenaient tout ce qu’ils demandaient. Ceux qui étaient défavorisés étaient donc ceux qui habitaient sur place. Un jour, l’une d’entre eux qui tentait chaque semaine d’acheter sa viande et qui revenait à chaque fois les mains vides, prit le boucher par le bras et le fit sortir du magasin. Elle lui montra du doigt le boucher musulman d’en face en le menaçant d’aller y acheter sa viande, afin de préparer les repas de son shabbat. Le boucher eut tellement honte et peur de devoir assumer ce péché qu’il la fit retourner dans son magasin, lui ouvrit la porte de son frigo et lui dit de prendre tout ce qu’elle voulait. Elle n’avait jamais vu autant de viande, tout avait été empaqueté pour les autres ! » Souvenir relaté par mon père : J’avais environ 25 ans et je travaillais avec mon père dans la petite minoterie dont il était le propriétaire, dans notre petite ville provinciale de Béja (à un peu plus de 100 km de Tunis). Pendant mes loisirs, je prenais des cours de judo avec des amis et, pour débuter chaque leçon, nous faisions des exercices d’assouplissement avec, entre autres, des sauts d’obstacles. Un jour, j’ai trébuché sur l’obstacle et je suis tombé en me faisant très mal au dos. Les jours suivants, le mal a empiré, passant du haut au bas du dos et allant même jusqu’à l’une de mes jambes. Je souffrais atrocement. On m’a emmené voir deux ou trois médecins, mais bien que le mal ait été diagnostiqué – une hernie discale – aucun massage ni médicament ne m’avaient soulagé et le mal était plus ou moins intense selon les jours. posa avant d’aller ouvrir. C’était le bijoutier, fou furieux, qui raconta en pestant et en hurlant son aventure avec la marmite… La mère le calma et lui dit : “ne vous en faites pas, j’ai rangé les bagues et je vais vous les rendre… calmez-vous et venez à la cuisine prendre un bon thé à la menthe avec des pignons.” Le bijoutier la suivit et vit la marmite sur la table de la cuisine. De fureur, il la prit et la jeta violemment sur le sol et là, devant les yeux écarquillés de la femme et du bijoutier, la marmite se cassa et une belle jeune fille apparut, dansant et chantant “Guèlou zini âamel hala” (cf. partie “Expressions”), heureuse d’avoir enfin été libérée… La mère et le bijoutier qui avait récupéré ses bagues se mirent à danser avec elle et ce dernier la demanda en mariage en la priant de choisir la bague qu’elle voudrait. Et kirikiki, l’histoire est finie ». Titine terminait toujours ses histoires ainsi… La Hennana de Marie-Claire Et j’ai l’occasion ici de vous livrer une petite anecdote racontée par une amie proche : « La hennana était une femme qui préparait la mariée pour le grand jour. Elle l’emmenait au hammam (bain maure), la lavait, la massait, l’épilait des pieds à la tête puis lui prodiguait différents soins pour les cheveux et pour la peau… À l’Ariana (dans la banlieue de Tunis), il y avait une hennana très réputée et de nombreuses futures mariées faisaient appel à elle. Malheureusement, un jour, elle succomba à une crise cardiaque. Toute la population la pleurait à chaudes larmes. Le jour de l’enterrement, quelle fut la surprise des femmes qui étaient venues lui faire sa toilette mortuaire, en découvrant qu’il s’agissait d’un homme ! Ce fut le grand désespoir de toutes les mariées qui avaient été préparées par elle/lui, ainsi que les époux qui avaient été pris au piège. » Marie-Claire m’a raconté l’histoire suivante : « Quand l’été arrivait, un boucher cacher de la Goulette ne vendait que peu de 274 275 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Pensant que nous l’attendions pour commencer, Denise a dit : « Mangez, mangez, vous avez du soleil dans vos plats » ! Cela fait bien quarante ans, mais nous en rions encore… ------------------------- Marie-Claire m’a raconté : « Les nuits du ramadan, les magasins et cafés étaient ouverts toute la nuit et ce jusqu’à 2 ou 3 heures du matin. Les villes étaient en fête, il y avait partout de la musique, les gens dégustaient des gâteaux faits pour l’occasion ou mangeaient le “droo” » (cf. définition). ------------------------- N’ayant pas de souvenirs marquants de mon papi, mon ami Carlo Uzan m’a parlé de son grand-père livournais et c’est avec son accord que je vous livre ici ce qu’il m’a relaté : « Voici quelques souvenirs d’un enfant italo-tunisien juif qui aimait écouter parler les grandes personnes et en particulier, son cher grand-père Umberto (1887-1983). Lorsqu’on ne faisait pas les mots croisés de « la settimana enigmistica » (la semaine de jeux d’esprit), mon grand-père Umberto – « il nonno, comme je l’appelais » – se plaisait à me raconter ses souvenirs ; il était assis ou couché sur son lit alors que je buvais ses paroles, assis par terre. Je ne me souviens pas avoir posé directement des questions précises sur son enfance, mais je crois qu’il aimait me les raconter… Il me parlait d’une cousine, Inès, qui avait certaines habitudes… Elle aimait casser les œufs debout sur une chaise et si l’œuf arrivait dans l’assiette sans se casser, on pouvait le donner à la petite… Une autre fois, un pêcheur venait de ramener un poisson à peine pêché… Comme il se débattait encore, cette fameuse cousine Inès dit « non lo On m’a fait prendre divers remèdes de grands-mères (huile chaude, bandages avec de l’oignon écrasé, bains chauds en eau naturelle soufrée) Des voisins musulmans ont même pensé que l’on m’avait jeté un mauvais sort et pour l’écarter, on m’avait troué une oreille pour y mettre un anneau… Bref, après plus de trois ans de vains essais pour me soigner, j’avais toujours mal, je ne travaillais plus et je passais mon temps à la maison… C’est alors que je me suis souvenu que lorsque j’avais une quinzaine d’années et que j’avais une entorse quelconque ou que me faisais mal en tombant, ma mère m’emmenait voir une dame italienne âgée que l’on appelait Donna Vittoria dont on disait qu’elle avait la « bonne main ». Il suffisait qu’elle masse l’endroit douloureux avec une huile et le mal disparaissait. Une nuit, avant de m’endormir et alors que le mal parcourait mon dos, j’ai pensé à elle qui était décédée depuis plus de dix ans et intérieurement, je me suis dit : « dommage qu’elle ne soit plus là, je suis sûr qu’elle aurait pu venir et me guérir » Cette même nuit, j’ai rêvé que Donna Vittoria venait me voir et qu’elle me massait longuement… Le lendemain, au réveil, je n’avais plus aucun mal et j’ai remarché normalement. Voilà mon meilleur souvenir : un espoir puis un rêve qui est devenu une réalité, un miracle devrais-je dire ! ------------------------- Petite anecdote vécue avec Denise, la cousine de papa : un soir, mes parents, mes frères et moi étions invités dans sa famille : nous sommes allés chez « Garza » (célèbre pâtissier italien) afin de lui acheter un beau paquet de gâteaux… Au moment du repas, elle n’avait préparé que du « tchich » et nous étions tous interloqués… 276 277 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 qui le laissèrent passer parce qu’il avait eu l’occasion de soigner l’un d’entre deux. Umberto me parlait aussi de sa mère Clelia (1871-1917) et une anecdote me revient à l’esprit : Clélia avait une passion pour un livre d’Alessandro Manzoni I promessi sposi (« Les futurs époux ») et elle demandait à Umberto de le lire. Pendant longtemps, il s’y refusa jusqu’au jour où Clélia le lui lut. À partir de ce moment-là, Umberto le lut régulièrement aussi. À son tour, il me le raconta et aujourd’hui, je le lis encore… « Il nonno » Umberto vouait une adoration sans limite à l’une de ses sœurs, Pia, avec laquelle il se disputait souvent aussi. Lorsque cette dernière sortait faire ses courses en ville, parfois seule, Umberto s’énervait, s’inquiétait puis sortait rapidement pour aller à sa recherche… Une fois rentrés, c’étaient toujours les mêmes discussions… Umberto (80 ans) disait à Pia « Perche esci sola, e pericoloso » (Pourquoi sors-tu seule ? c’est dangereux) e Pia (86 ans) répondait « Ma insomma, Umberto, non sono una bambina » (Mais enfin, Umberto, je ne suis pas une enfant). Et Umberto repartait dans sa chambre, énervé, en traînant la savate… Pia me regardait en souriant… Et tout le monde se retrouvait quelques instants plus tard à table autour de la « spaghettata » familiale. Je revois Pia et Umberto assis tous les deux à table avec l’huile d’olive et la harissa, composantes essentielles de leur alimentation… Pia se moquait gentiment d’Umberto à cause de son amour immodéré pour l’huile d’olive. Je me souviens des visites au pressoir de l’Ariana pour aller acheter de l’huile d’olive de « première pression » Je revois les presses avec leurs énormes vis, les paniers dans lesquels les olives étaient placées et l’huile qui s’écoulait dans la « Deux chevaux » familiale… Je revois les bidons de 5 litres qui fuyaient toujours et qu’Umberto rapportait à la maison. do alla bimba, e troppo nervoso » (« je ne le donne pas à la petite, il est trop nerveux »). Il évoquait aussi la Zia (tante) Donati qui était « l’ebrea della famiglia » (la juive de la famille), façon ironique de la définir ; en effet, elle avait dû se convertir pour épouser son mari et elle était donc la plus pratiquante de tous (il n’en fallait pas beaucoup !). Il me parlait aussi d’une autre tante ou cousine qui ne mangeait rien, disant ne pas avoir faim… Tout l’entourage s’inquiétait, jusqu’au jour où l’on découvrit qu’elle mangeait en cachette, pendant la nuit… Umberto me racontait souvent son enfance : Son père adorait aller jouer dans la rue avec tout le monde, sans distinction, mais en particulier avec deux de ses amis : Puni et Ottavio. C’est grâce à toutes ces fréquentations qu’il s’exprimait très bien en Arabe et en Sicilien. Il me disait qu’étant petit, il était bien enveloppé et plutôt bien portant et que pour y remédier, son père l’aspergeait de seaux d’eau de mer… Il n’y eut pas de résultat, mais, pour moi, Umberto a toujours été très maigre. Son père, Clémente (Né en ??? – décédé en 1916) était « Maggiore Medico » (Médecin Major) dans l’armée italienne. Il avait été diplômé à l’université de Pise en 1859. Il était médecin par vocation et soignait les pauvres gratuitement à certains moments de la journée. Il paraît même qu’une fois, il avait été appelé en pleine nuit au chevet d’un malade habitant en pleine campagne et qu’il s’y rendit avec son calèche (je sais que ce mot est du genre féminin, mais en Tunisie, on disait « un calèche »). Pendant le trajet il fut attaqué par des brigands 278 279 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Cet homme était tout petit, chétif et malingre et ne savait pas écrire. C’était donc Umberto qui écrivait les lettres destinées à son épouse que Joseph (« Ze », comme il se faisait appeler) lui dictait… Umberto ne revit jamais cet homme jusqu’au jour où, plusieurs années plus tard, il alla à Marseille pour voir son fils Carlo qui s’y était installé. Par curiosité, il décida un jour de se promener du côté du vieux port en demandant aux pêcheurs qu’il rencontrait s’ils connaissaient un certain Joseph, dit Ze… Quelques heures de recherches plus tard, un homme costaud et bronzé lui apparut et lui dit « C’est moi, Joseph, que me veux-tu ? » Après quelques hésitations, ils se reconnurent… Umberto fut surpris de voir un homme bien portant et costaud, ayant laissé dans ses souvenirs une personne chétive et malingre… Il lui posa la question… Et Joseph lui répondit que pendant son service militaire, il faisait exprès de marcher courbé et d’apparaître fragile et souffreteux… Ils se revirent pendant longtemps, à chaque fois qu’Umberto se rendait à Marseille pour y voir son fils. Toujours dans le même registre, il y avait aussi un italo-égyptien qui ne parlait pas l’italien… Umberto échangeait avec lui quelques mots en arabe pour ne pas le laisser seul et me disait que ce type était un peu la risée de tout le bataillon… Tout le monde lui faisait des misères et il ne s’en plaignait jamais… À la fin de la guerre, cet Égyptien s’approcha d’Umberto et lui dit en parfait Italien qu’il faisait exprès de ne pas s’exprimer pour ne pas être envoyé au front… Je me souviens de la dernière image que j’ai d’Umberto, assis sur la chaise dans l’entrée de la maison de la rue Es Sadikia, je me revois fermer la porte pour repartir à Turin continuer mes études. C’était le 6 janvier 1983 et il allait disparaître le 22 février de la même année. Je ne le revis jamais vivant et je n’ai pas pu assister à son enterrement… Il aimait dire « se dovete andare al ballo la sera della mia morte, andateci ! » (si vous devez aller danser le soir de ma mort, allez-y !). Umberto aimait beaucoup lire. Un jour, il tomba sur un dessin humoristique qui représentait un père de famille et ses enfants et la légende suivante : « Domenica se siete bravi, vi porto a veder morire il nonno » (Dimanche, si vous êtes gentils, je vous emmènerais voir mourir le grand-père). Il racontait cette histoire à ses enfants qui écoutaient, très amusés. Mais revenons en arrière de quelques années… Toute la famille était profondément Italienne, ce fut donc normal pour Umberto de s’engager comme volontaire dans l’armée dès qu’il le put (il avait 17 ans, en 1917 donc il est né en 1900 ? Sur Internet, il est indiqué 1887) pour aller défendre sa patrie. Il me raconta le jour du départ en bateau, son arrivée à La Spezia où il fit ses classes… De cette période, je vous livre quelques anecdotes telles qu’il me les racontait : Avant de partir, sa mère lui avait préparé une valise pleine de vêtements. Une fois arrivé à la caserne de la Spezia, il s’aperçut que cette valise allait être complètement inutile, l’armée italienne lui ayant fourni un trousseau complet. Ne sachant pas quoi en faire, il la confia au patron d’un café qui la mit derrière le comptoir… À la fin de son service militaire, Umberto alla réclamer sa valise et il fut tellement surpris de la retrouver telle qu’il l’avait laissée, qu’il fit cadeau de tous les vêtements au barman. De sa période militaire, Umberto se souvient de la stupeur des gens qui découvraient qu’il venait de Tunis. Il avait souvent droit à des questions qui peuvent nous paraître ingénues du genre « c’est vrai qu’il y a des lions qui se promènent à Tunis ? ». Il avait rencontré dans la caserne de la Spezia un certain Joseph qui ne parlait pas italien et qui était pêcheur à Marseille… Il avait la nationalité italienne et était donc appelé à défendre les drapeaux. 280 281 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 CHAPITRE VI LANGUE Bien qu’en Tunisie, l’arabe littéral soit la langue officielle dans les institutions, c’est un dialecte – issu de cette langue bien sûr, mais aussi de l’histoire punique, romaine, turque et française – que parle la majorité des Tunisiens. Le juif tunisien, quand a lui, a souvent reçu les meilleurs enseignements dans une école française, par l’élite des professeurs… Il a ainsi étudié le français (et l’histoire de France depuis « nos ancêtres les Gaulois ») ; il est parfois allé à la crèche chez les sœurs et a suivi des cours de catéchisme (dans la perspective de développer une saine moralité) ; il a appris l’anglais et quelquefois même l’arabe littéraire ; il a entendu ses grands-parents échanger en judéo-arabe ou en judéo-espagnol (langue dérivée du vieux castillan – espagnol – et de l’hébreu) ou en ladino ; il a parlé l’arabe tunisien (diff érent de l’arabe dialectal des autres pays et de l’arabe littéraire) dans la rue avec les passants ou les commerçants ; Il a été très influencé par la culture, la cuisine et le mode de vie italiens car il a été bercé par leur première chaîne de télévision (la RAI) pendant son enfance et il a côtoyé leur communauté, juive ou non, car celle-ci était assez importante dans la capitale et les banlieues tunisiennes. Il en est résulté que le JT parle, a priori, le français mais il incorpore à ses phrases de nombreux gestes qui illustrent des mots ou des expressions en hébreu, français, arabe, italien, maltais… Vingt-et-un ans après je ne le regrette pas, je préfère avoir le souvenir de lui vivant. Un mot sur les regrets… J’en ai beaucoup, principalement celui de ne pas lui avoir posé plus de questions sur sa vie, sur les choix qu’il fit ou qu’il fut obligé de faire, sur sa jeunesse… Je regrette aussi de ne pas avoir eu l’occasion de l’enregistrer, le seul témoignage que j’ai de lui étant un film en super 8. Mais les regrets ne font pas avancer les choses, bien au contraire, ils sont là pour rappeler ce que l’on n’a pas fait et que le temps ne nous permettra plus de faire. Et pour finir, deux petites blagues entendues : BLAGUES JUIVES TUNISIENNES QUI NE SONT PAS DE MOI Qui a écrit la Torah ? Savez-vous que c’est un Tunisien qui a écrit la Torah ? Car D. est un est la Torah est une ! (la Torah est tune) Il est juif ? Jésus était juif. Cela ne fait maintenant plus aucun doute car : – À 33 ans, il vivait toujours chez sa mère ; – Sa mère le prenait pour un dieu ; – D’une petite entreprise familiale, ils ont fait une multinationale. 282 283 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Aaa teyyy Aaichou : Pincer la joue de qq’un Ballout : joue gonflée et main avec doigts repliés qui tapent dessus Barra barra / Emchi / Je n’en veux pas Beaucoup : les deux mains avec doigts ouverts et fermés vers la paume plusieurs fois et rapidement : Bech tekol triha Chbik Il a aussi tendance à en inventer en utilisant ou non les différentes racines de ces langues. De plus, il n’hésite pas à créer des mots pour faciliter la compréhension : Je suis tombé dans un embouteillage inextricable ! Et alors, comment tcha fait ? Eh ben, après vingt minutes, il a fini par « s’extriquer », l’embouteillage ! De ce fait, il s’est exprimé ORALEMENT en « multilingue » avec une diction et un accent diff érents pour finalement fabriquer une langue bien à lui, imagée et gaie : le judéo-tunisien ! Outre le « Petit Vocabulaire » défini dans les parties de cet ouvrage, vous trouverez dans ce chapitre deux lexiques qui contiennent les mots que l’on avait l’habitude d’utiliser dans notre langage courant, l’un issu de nos origines « euroméditerranéennes », l’autre provenant tout simplement de l’arabe parlé tunisien que nous devions utiliser tous les jours, par besoin ou par plaisir. Et en guise de récréation, entre les deux, vous trouverez des onomatopées et interjections, propres à notre jargon. MIMIQUES ET LANGAGE GESTUEL Les Tunisiens accompagnent leurs conversations d’un langage gestuel très riche, une sorte de dialogue parallèle en faisant des mouvements plus ou moins grands et des mimiques. Ils utilisent leurs regards, leurs bouches, mais surtout leurs mains, comme les Italiens auxquels ils ont emprunté pas mal de gestes ! 284 285 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 MOTS D’ORIGINE LATINE ARABISES OU PAS Anafa Contraction, à la tunisienne, de l’expression « en avant ». Analtan / Napaltan Avec l’accent judéo-arabe que nous avions, c’est ainsi que l’on prononçait « on a le temps / on n’a pas le temps » eh oui ! C’était le ban tan ! Antipatchique / Antipat Gilbert a trouvé que Julot était très « antipat » parce qu’il aime pas jouer aux cartes, c’est pas sa faute quand même ! Baba / Ya baba Littéralement, « papa » ou « oh, mon père ». Hormi leurs pères, les Tunisiens appelaient souvent « baba » les hommes âgés de leur entourage, afin de leur exprimer leur aff ection et leur respect. Mais, selon le contexte, le terme « baba » peut aussi exprimer le doute : Alors pour jeudi après-midi, elle a dit qu’elle viendrait que si elle pouvait aller au marché le matin, préparer son shabbath et aller manger avec sa mère… « Ya baba » ! (sous-entendu, « on peut toujours attendre »). Babahou En français, on pourrait assimiler le « Babahou » au « croquemitaine » ; il s’agit donc d’un personnage imaginaire qui est censé faire peur aux enfants : mange ton couscous, sinon le « Babahou » va t’emmener loin de la maison et on ne te verra plus ! Badigeonner Le JT ne peint pas les murs, il les « badigeonne » en utilisant le « Badigean » (pardon, le badigeon) Le verbe « badigeonner » a en Faché Hèèèè Ija Khiit Largeur de quelque chose : pouce et index des deux mains plus ou moins écartés (terma âarida) Mâa chkoun tah’t : à qui tu t’adresses : Tête qui tourne Qu’est-ce que tu veux dire ? Rassi mchè Tout mou Très bon : embrasser ses bouts de doigts Un peu : choueya Woh Ya choumi PRONONCIATION Au niveau de la « pronanchiachian », vous l’avez compris, le JT a la sienne et il transforme aussi bien le français que l’arabe : les « on » deviennent « an » (« hérissan », « ah ban ? » « maisan », « avian », « banban »…), le « s » devient « ch » (« echma » (au lieu de « esma »), « kechkech », « nechma ») ou « j » (« mejiène » au lieu de « meziène »), le mot « amen » est prononcé « amiiiine » avec un « i » prolongé, le « tu » devient souvent « tchu » ou « tché » pour faire plus facilement la liaison avec le « as » : « Comme tché belle ! », « Maintenant » est prononcé « mainan », « déjeuner » devient « déjné », « obnubiler » devient « omnibuler » ou « obnibuler », « quelqu’un » devient « quequ’un », « sandwich » devient « sandviche » etc. 286 287 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Bichette Comme « bellala », voici un autre mot utilisé par les mamans pour évoquer le sexe de leur petit garçon : Tu as « fait » ta douche, c’est bien mon chéri… Maintenant va vite t’habiller sinon tout le monde va voir ta « bichette » ! Bidoune De l’italien « bidone » et du français « bidon » dans leur définition première, celle de « contenant, récipient, réservoir », il a suffi au tunisien de rajouter un « u » et son accent pour créer son propre mot. Bisbis En JT, on ne dit pas « bisbille », mais « bisbis » et surtout, on prononce bien les « S » : Les jumeaux de Bichi, ils s’entendent comme chien et chat, ils sont toujours en « bisbis ». Boumadha Pour les Tunisiens, il s’agit de la pommade, mais outre cette signification, il arrive que l’on qualifie quelqu’un de « boumadha » et, dans ce cas, cela veut dire qu’il est « collant » ou encore « mou », « lent » : il a « tenu le crachoir » pendant tout le trajet de Tunis à Nabeul et ça ne m’intéressait tellement pas que je ne sais pas du tout ce qu’il a raconté… Quelle « boumadha » celui-là ! Plus jamais je le prends avec moi ! Cacher Le JT cache beaucoup les choses… peut-être pour les économiser ou les faire durer… : maman, où tu as mis les « maqrouds » ? Ah, ah, je les ai « cachés » pour dimanche…, tu en as déjà mangé six ! Calculer Pour le Tune, outre la signification que l’on connaît, le verbe « calculer » signifie aussi « tenir compte de quelqu’un » : j’étais là, effet deux sens. Les Français l’emploient généralement pour dire « enduire d’une préparation pharmaceutique liquide », tandis que les JT l’utilisent plutôt pour signifier « peindre avec un enduit à base de chaux ». Chaque année, avant l’été, les propriétaires des maisons de vacances des bords de mer de la banlieue nord de Tunis, s’attelaient à les badigeonner pour les entretenir, mais surtout pour pouvoir les louer aux vacanciers que nous étions. Bakou Sachant qu’il n’y a pas de « p » en arabe, ce mot vient probablement de « paquet », car c’est sa signification : J’ai les nerfs. Tu veux bien aller m’acheter un « bakou cigarou » ? (La) Base Le JT utilise ce mot pour parler de tout ce qui est évident pour lui : C’est pas possible, tu sais pas jouer à la « chkobba » ? Et tu sais pas c’que sont les « glibettes » ? Mais tu es un extraterrestre ou quoi ? C’est « la base » du Tune ! Bèkitè Il s’agit de la « canne » en tunisien et ce mot vient du français « baguette » : T’y-as pas hante ! donne-moi ma « bèkitè » que j’te tape ! Bèrize Façon tunisienne de prononcer le nom de la capitale de la France : Ah « Bèrize », c’est man rêve ! Tu trouves tout dans les magasins… Bibroune Si je vous disais qu’on nourrit les bébés grâce à ce contenant… Bravo, il s’agit bien du biberon ! À noter qu’au pluriel, cela donne « bibrounète », c’est drôle, non ? 288 289 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Clignoteur Ça ne vous rappelle rien ? Et oui, c’est ainsi que de nombreux JT appellent le clignotant : ce fou il a pas vu que tu voulais doubler, mets, mets le « clignoteur » ! Comme même De nombreux Tunisiens utilisaient cette expression « de leur cru » pour dire « quand même » et nous, francophones, l’utilisions aussi pour rire et faire rire : « Comme même », elle aurait pu dire qu’elle viendrait pas, c’est pas du respect pour respecter, ça ! Couffin / Cabas / Goffa (autre prononciation : Qoffa) Le JT utilise un « couffin » ou « goff a » (en tunisien, mais qui tient son origine du français) pour y mettre ses diff érentes courses alimentaires… À l’origine, les « couffins » étaient faits de raphia tressé brut (donc beige) ou coloré. Et puisqu’on parle de couffin, laissez-moi vous livrer un souvenir que Marie-Claire m’a raconté : « Ma tante Hélène qui était âgée et qui avait du mal à se déplacer, habitait au deuxième étage d’un immeuble situé “Place El Bahri” et son balcon donnait sur le grand marché. Ne pouvant faire ses courses elle-même, elle attachait un couffin avec une corde et le balançait par-dessus le balcon, en appelant un des marchands qu’elle connaissait. Elle lui demandait ensuite de prendre la liste et l’argent qui se trouvaient dans le couffin et d’y mettre tous les légumes qu’elle avait notés. C’est ainsi qu’elle faisait son marché. » Craquer Bien sûr, les Tunisiens utilisent ce mot dans les diff érents sens que l’on connaît mais pas seulement. Souvent, il prend la signification de « perdre la raison » : C’est quoi cette « méchouia » (définition dans « Plats courants et spécialités ») avec des aubergines ? Tu as « craqué » ou quoi ? « Jamais on » n’a vu ça ! devant lui, à lui réclamer ma commande et il a tourné les talons, sans même « me calculer ». Cambielète Ce mot vient probablement de l’italien « cambia lettere » ou « lettre de change » (cambiare signifie « changer »), ou encore traite : Ya Hayya, je sais pas comment j’vais payer les « cambielète », j’ai pas fait de recette cette semaine ! Camiounè C’est simple, non ? Eh oui, c’est ce mot qu’on utilise pour dire « camion » en tunisien. Camisa Emprunté (encore !) à l’italien « camicia », ce mot arabisé signifie « chemise ». Chose Pour le JT, ce mot est aussi bien du genre masculin que féminin, selon ce que l’on veut dire et il l’utilise aussi pour parler d’une personne dont il ne se souvient pas du prénom : Tu connais « chose » qui a épousé le fils Berdah ? Elle est de Sousse, je crois… Non ? Bon, c’est pas grave… Passe-moi le « chose » sur la table, je vais éternuer. Claquettes Ce sont les « tongs » ou autres savates qui « claquent » lorsque l’on marche, que le JT appelait ainsi. Classou Se dit d’une personne qui est joliment habillée, qui a de la « classe » : dis donc, tu es très « classou » ce soir, tu as un plan drague à « la Baraka » ou quoi ? 290 291 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Djimo Le JT peut soit parler très vite, soit traîner longuement sur les voyelles : « Il t’a téléphonééééé ». Dans le cas de « Djimo » il dit en fait très rapidement « dis-moi » et cette façon d’articuler signifie aussi un certain intérêt : « Djimo djimo djimo, chez qui tcha trouvé la vespa, djimo » (bien sûr, cette phrase est à prononcer très vite). Double face Pour le JT, un(e) Double face est quelqu’un d’hypocrite et/ou d’opportuniste : quel Double face celui-là ! avant il était tout sourire avec moi ; depuis qu’il a trouvé quelqu’un d’autre pour le conduire à « La Vague », il me parle même plus, il me regarde même plus ! Dourou De l’espagnol « Duro » qui était la « pièce de cinq pesetas ». En Tunisie, il s’agissait de la pièce de 5 francs d’autrefois, puis de 5 millièmes, jusque dans les années quatre-vingt-dix. Sachant que 1 euro vaut environ 1 dinar et 800 millièmes tunisiens et que le dinar équivaut à 1 000 millièmes, il est tout à fait logique que cette pièce ait disparu aujourd’hui ! Écolage Dans le Larousse, voici la signification de ce mot : « en Suisse, frais de scolarité d’un écolier ». Mais ce que le Larousse ne dit pas, c’est qu’en Tunisie, cela veut dire la même chose. Et là, on peut se demander pourquoi le JT serait allé chercher un mot suisse. Peut-être s’agit-il aussi d’ancien français ? Elbiss Avec l’article « el » intégré qui peut faire office de « la » ou « les », il s’agit de la (ou des) « bille(s) » : Ya Gino, ty viens jouer « elbiss » ? Dacourdou De l’italien « d’accordo » qui signifie « d’accord » : tu viens avec moi à la « La Vague » (Belle plage de sable fin avec un bar-restaurant à Gammarth) ? « Dacourdou » ! Bonne idée, mais je dois être rentrée pour 3 heures… Débarrasser Le JT utilise ce verbe pour dire « en finir avec » (sous-entendu : quelque chose de désagréable ou de contraignant) : Kiki, Kiki (surnom pour Jacob), va faire tes devoirs avec Daniel, comme ça après tu es « débarrassé », hein, « aïch oueldi », écoute ta maman… Déchirer Le verbe « déchirer » est souvent utilisé par le JT pour exprimer le plaisir du palais : Marco et Dadou sont revenus affamés de la pêche… Je leur avais préparé un super couscous au poisson avec boulettes et ils l’ont « déchiré » ! Il n’en reste même plus pour ce soir ! Je suis très contente qu’il leur ait plu… Je vais en refaire pour Julot… Dégraisser Le JT ne donne pas ses vêtements au « nettoyage à sec » mais à « dégraisser » : Il est où mon costume bleu ? Je l’ai donné « à dégraisser », ne t’inquiète pas, je le récupère demain ! Dektatour Juste une question d’accent… Il s’agit de la « dictature », bien « sour ». Djilatou Ce mot vient de l’Italien « gelato » qui veut dire « gelé » et aussi « crème glacée » et c’est dans ce sens que le tunisien l’utilise ; mais avec une prononciation légèrement diff érente. 292 293 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Français français Qu’est donc le « Français français » comparé au « Français » ? Pour le JT, le « Français français » est une langue qu’il connaît bien puisqu’il l’a apprise à l’école mais qu’il utilise peu souvent à l’oral pour se mettre au diapason avec son entourage. Il s’agit tout simplement d’un français correct, sans mots arabes ou italiens intégrés : Maman, tonton Gino, il parle français-français, il a dit « il me semble bien que cela soit ainsi » au lieu de dire « c’est ça » et après, il a dit « je l’ignore » au lieu de « ch’sais pas », il est bizarre, hein ? Funcia (prononciation correcte : Funcha) En sicilien, « fare la funcia » signifie « faire la tête » ou « bouder » : tu as assez fait la « funcia » pour aujourd’hui…, tu es prêt à sortir maintenant ? Génie / Roi / Reine Le JT s’extasie vite et trouve du génie facilement : Mamie Émilie, c’est le « génie » du rami… Et Mamie Titine, la « reine » de la « hlèlèm » et du « nikitouche » ! Glace Comme en français, ce terme veut dire « crème glacée » (voir aussi « Djilatou ») mais il signifie aussi tout à fait autre chose, puisqu’il s’agit d’un meuble et plus précisément de l’armoire… Pour les plus anciens, souvenez-vous, on disait bien « armoire à glace » avant… Alors les Tunisiens ont gardé « Glace » tout simplement. Gonz (autre prononciation : Ganz) Abréviation de « gonzesse » qui signifie « fille » ou « jeune femme » : Tu viens à « la Baraka » ce soir ?… Je sais pas encore… Faut qu’tu viennes, va y avoir d’la « ganz » (avec l’accent JT) ! Elle Outre « ma chérie » ou « omri », « mon amour », « ma vie », « mes yeux », « maman », mon père – comme d’autres JT d’ailleurs – a toujours évoqué ma mère en disant « elle », et j’aime à penser qu’elle était pour lui l’éternel féminin et la maîtresse dans les trois sens : celle de la maison, celle des enfants et la sienne bien sûr. Ce pronom incluait aussi la femme au travail, la fille, la belle-fille, la mère, la patronne, l’employée, la sœur, la conseillère, la cuisinière… Emballer En français, ce mot peut vouloir dire « enthousiasmer » ou « exalter » et en Franco-Tunisien aussi. Mais, le JT a rajouté une autre signification qui est celle de « se faire avoir » ou « être trompé(e) » : Ma parole, « il m’a emballée » avec ses boniments, je me retrouve avec un tapis alors que je n’en ai aucune utilité. En plus, c’est un nid à poussières ! Fiche Outre les significations que les francophones connaissent (dont, souvenons-nous, celle de « prise électrique »), nous en avions une supplémentaire en Tunisie ; c’est ainsi que l’on appelait les pièces de tissus carrées ou ovales que l’on cousait au niveau des coudes des pulls usagés. Je n’ai pas réussi à trouver la raison de cette utilisation de ce mot. Fondre Le JT utilise aussi ce verbe pour parler de perte de poids : Tu as vu Michou ces derniers temps ? C’est incroyable comme elle a « fondu », elle a plus de joues ! C’est dommage parce qu’elle a des rides maintenant ! Forza Il arrivait au JT d’utiliser ce mot italien, qui signifie « force, courage », que l’on entendait souvent en regardant la chaîne italienne. 294 295 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Karoumarou Ce mot, utilisé par le JT, est probablement la contraction de « caro e amaro » qui signifie « cher et amer » en italien. En français, on dirait plutôt « mi-figue, mi-raisin ». Il est utilisé pour parler de quelqu’un que l’on aime mais qui est difficile à supporter, de bon et mauvais à la fois. Katkat bachi 404 bâchée. Keskia En français, on dirait « qu’est-ce qu’il y a » et pour être plus correct « qu’y a-t-il », mais le JT toujours pressé de connaître la suite des potins, utilise souvent le raccourci « keskia » : tu aurais vu les pipelettes Julot et Pippo, arriver en courant après l’accident des deux motos : « keskia, keskia » ? « Keski » s’est passé ? « Cékiii » ? Au moins ce soir, au Café Vert, ils auront de quoi raconter ! Dans le langage JT, « Keskia » peut aussi vouloir dire « et alors » ou « pourquoi pas » : oui j’ai mis des pois chiches dans la « pkaïla », « keskia » ? J’avais plus de haricots… Krinou Facile ! C’est de cette matière végétale qu’étaient fabriqués nos matelas, avant que soit utilisée la laine de mouton, puis la mousse et de nos jours, l’eau, le gonflage, les ressorts ou le latex… Mais oui, il s’agit bien du « crin ». Je me souviens vaguement – car c’était dans ma petite enfance – que certains de nos matelas étaient confectionnés à base de laine de mouton et les plus anciens de crin végétal. Les matelas de laine étaient très prisés en hiver, alors que ceux de crin étaient bienvenus en été. Certes, notre confort était sommaire et ferme, mais c’était bon pour notre dos. Dans les deux cas, comme ces matières se tassaient et faisaient des boules inconfortables, on décousait les enveloppes des matelas une à deux fois par an et on Guinia Mot français arabisé et qui signifie donc « la guigne » ou « la poisse » : j’ai voulu aller rejoindre Harry à « la Baraka » mais la voiture n’a pas voulu démarrer… Quelle « guinia » ! Jamais Souvent, le JT utilise cet adverbe en début de phrase, suivi d’un pronom et dans ce cas, il signifie « il n’arrive jamais » : « Jamais » tu réfléchis avant de parler ? Javanais En Tunisie, ce n’était pas le javanais tel qu’il est défini habituellement dans les dictionnaires (argot consistant à intercaler dans les mots les syllabes « va » ou « av ») mais c’était tout de même une sorte d’argot, que certains appellent « langue de gue » utilisée par les jeunes pour que les non-initiés ne comprennent pas ce qu’ils disaient. En général, c’étaient plutôt les adolescentes qui utilisaient ce langage entre elles. En Tunisie, les filles JT rajoutaient « gu » + la voyelle précédente après chaque son. Par exemple, si je veux dire : « tu remues bien pour éliminer d’avance les calories que tu vas manger », cela donnait : « tugu reguemugu bienguin pougour egueliguimiguinéguer dagavangancegue légué cagalororigui quegue tugu vaga mangangéguer » Nombreuses étaient les jeunes JT qui excellaient dans cette langue parlée et bien entendu, plus on la maîtrise, plus on parle vite et moins les intrus comprennent. Juste Nous connaissons bien sûr les significations de ce mot : « exact », « insuffisant », « un peu serré », « seulement » Mais il faut savoir que le JT le place souvent en début de phrase et, dans ce cas, il veut dire « en bref » ou « seulement » : « Juste » dis-moi ce dont tu as besoin et « juste », je fais un aller/retour. Ne t’inquiète pas, dans un quart d’heure, je suis là pour les accueillir ! 296 297 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 occasions, lorsqu’ils ont peur ou qu’ils sont contents ou qu’ils sont admiratifs : « Maman », la robe qu’elle portait ! On aurait cru un arc- en-ciel ! Magnifique. Ma mie À l’origine, « ma mie » signifiait « mon amie » et le JT appelle donc ainsi tous ceux pour lesquels il a de la tendresse. Il n’est donc pas rare de l’entendre appeler « ma mie » un(e) copain (copine) ou quelqu’un qu’il apprécie particulièrement : « Ma mie, qu’est-ce qui te ferait plaisir, tu veux que je te fasse un thé à la manthe avec des pignans ? » Marcher Bien sûr, tout le monde connaît ce verbe. Dans les dictionnaires que j’ai consultés, il y a plusieurs explications que je vous épargnerai, mais il n’y a pas la signification supplémentaire qui est évidente pour le JT et dont je n’ai trouvé aucune trace dans mes recherches : « Marcher avec quelqu’un » = « Coucher avec quelqu’un ». Mariage mixte Pour le JT, le mariage mixte n’est pas seulement celui de deux personnes de nationalités diff érentes. C’est aussi celui de personnes d’un même pays mais de régions diff érentes, ou celui de personnes de religions diff érentes ou encore de personnes de même religion mais avec des origines diff érentes (ashkénaze et sépharade). Et bien entendu, puisqu’on en parle beaucoup en ce moment, il est impensable que ces deux personnes soient du même sexe. Vous pensez certainement que le JT est assez sectaire et… vous avez raison ! Mèrioul Si je vous dis que ce mot ne signifie pas « mariole » mais « pullover » ou « T-shirt », avez-vous une idée de son origine latine ?… Après en avoir discuté avec une amie, nous pensons que passait un certain temps à ouvrir les fibres avant de les remettre dans les housses… La mousse nous a enlevé cette tâche longue et laborieuse mais nous a donnés, à mon avis, un peu plus de maux de dos. Là-bas Vivant dans un pays arabe, le JT a toujours utilisé cet adverbe pour parler du pays d’Israël. Par ailleurs, il faut savoir que pour y aller, on devait faire une escale dans un autre pays (souvent, c’était la France) car il n’y avait pas de vols directs : « Et elle est partie où en vacances ?… » « Là-bas », « j’espère qu’elle va bien en profiter ! » (Le) Ladino À l’origine, le « Ladino » est une langue écrite en caractères romains, créée par les rabbins espagnols, afin de traduire et enseigner les textes hébreux. Cependant, les descendants des Juifs chassés d’Espagne par les dirigeants catholiques à la fin du xve siècle, dont certains juifs turcs et tunisiens d’origine espagnole, revendiquent la pratique orale du ladino. Lourd (e) Utilisé de la même façon que « khkik » ou « antipathique » : Qu’est-ce que tu es « lourd » ! Tu peux pas faire l’effort de venir avec moi pour une fois ! Mal élevaise Féminin de « mal élevé » Vous ne le saviez pas ? Le JT, lui, le sait ! Maman Comme vous avez pu le comprendre, la mère nourricière est le pilier de la famille JT. D’ailleurs, il arrive souvent que son propre époux l’appelle « maman ». Il n’est pas rare non plus d’entendre les JT crier « maman » (que cette dernière soit là ou pas) à de nombreuses 298 299 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 dici ? ou « Que dis-tu ? ». Je me souviens que mes amis italiens, pour montrer leur surprise ou leur étonnement disaient souvent : « Minga al cioccolato » ou « pénis au chocolat » pour que l’exclamation devienne plus douce… Mitika Ce mot vient certainement du français « méticuleux (se) » puisqu’il a la même signification : c’est Gad qui a construit l’armoire ? Oui, tu as vu, quand il s’y met, il est très « mitika » ! Mizzica (prononciation : Mitzika) Exclamation provenant du dialecte sicilien, utilisé en Tunisie surtout par les « JIT », les juifs italo-tunisiens ou « grana » pour exprimer la surprise, l’étonnement ou encore la stupeur. Il semblerait que l’origine de ce mot vienne d’un autre mot sicilien et encore plus courant dans le langage parlé des « JIT » : « Minga » (voir définition) ou plutôt « Minchia ». Momentanément Ce mot est très utilisé par les JT car il me semble que nous avons totalement conscience du fait que la vie est provisoire, fragile, fugitive et que nous n’y faisons qu’un bref passage. Pour cette raison, la plupart d’entre nous pensent que tout passe vite et prête peu d’attention aux méchancetés, aux mesquineries, aux décorations et aux possessions. C’est ainsi que nous avons tendance à profiter du moment présent, l’essentiel étant de chérir nos proches, bien vivre, ouvrir nos portes aux visiteurs, communiquer, jouer et rire. Mtektek (masculin) / Mtektka (féminin, quasi impossible à dire, comme Mdegdga) Ce mot signifie « il est toc toc » donc fou. D’ailleurs, compte tenu des deux syllabes qui se répètent en arabe comme en français, il est tout à fait probable que ce mot ait été emprunté au français. ce mot vient tout simplement de « maillot de corps » ou « tricot de peau », d’ailleurs. N’était-ce pas ainsi que l’on appelait le T-shirt dans l’ancien temps ? Mdegdeg (masculin) / Mdegdga (féminin et quasi impossible à prononcer) Ce mot signifie « déglingué(e) ». Remarquez bien la répétition des « D » et des « G » aussi bien en arabe qu’en français. Il serait donc logique de penser que ce mot trouve son origine dans la langue de Molière… Mechkin (masculin) / Mechkina (féminin) (prononciation correcte : Meskine / Meskina) En arabe tunisien, on dit « meskine / meskina » et signifie « le/la pauvre » : « Mechkine », après sa dépression, il est obligé de faire la quête à la synagogue ! Bien sûr, ce mot est très proche de « mesquin » en français et il est donc tout à fait possible que son origine vienne de là. Mèkinè Mot tunisien emprunté à l’italien « macchina » qui signifie « machine ». Merveille Le JT s’extasie souvent et de nombreuses choses sont merveilleuses : « Quelle merveille » ce couscous ! Il faut absolument que tu me donnes la recette de tes boulettes ! Minga (prononciation « correcte » : Minchia) Exclamation du langage familier italien, parlé par les « grana » (voir définition), qui signifie « pénis » mais qui n’est, la plupart du temps, pas utilisé dans ce sens. Voici quelques exemples : Non ci vedo un « cazzo » ou « je n’y vois rien » (aucun sexe, ici) – Ma che « cazzo » vuoi ? ou « Mais que veux-tu » (idem) – Che « cazzo » 300 301 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 amie de Patrick ? C’est un « paquet » (ou c’est une « bomba »), j’te jure, faut que tu la voies ! Pieds-noirs Comme chacun le sait, les pieds-noirs sont des Français de souche européenne qui ont vécu dans les pays d’Afrique du Nord pendant le protectorat français et qui les ont quittés, pour la plupart, à l’indépendance. Cependant, comme il faisait bon vivre en Tunisie et qu’ils y étaient habitués depuis des générations, nombreux sont ceux qui y sont restés, même après l’indépendance. Plein Le JT a peur du manque, aime faire des réserves et emmagasine toujours « plein » de choses : des vêtements, de la nourriture, des objets, Qoufiya Du français « coiff e », c’était un chapeau porté par les Tunisiennes musulmanes et juives. Celui des juives qui était conique (pour le distinguer de celui des musulmanes) a été porté jusqu’à la fin du xixe siècle. Raclée En français, signifie « volée de coup » ou « défaite écrasante » mais pour le JT, il s’agit d’une « correction » ou d’une « petite fessée » : allo, allo, où tché ? Je me fais un sang d’ancre… Tu vas prendre une « raclée » en rentrant, ton père est dans tous ses états… En plus il a pris une « raclée » au rami ! Rantifou Oui, c’est bien du français et oui, c’est bien « tunisifié » car il s’agit tout simplement du « rendez-vous » Nanou Comme « Mamie », il s’agit d’un nom doux que l’on donne à toute personne que l’on apprécie, y compris à la mère ou à la grand- mère : « tché fatigué Nanou, c’est normal après dix jours de révisian, repose-toi et dors tout ce que tcha besoin ! » Petite parenthèse : « Nanou » était aussi le surnom de mon arrière- grand-mère que j’ai eu la chance de connaître. Elle était d’origine de Smyrne – Izmir, aujourd’hui – en Turquie et son vrai prénom était Louna. Nigate De l’Italien « Negato » qui signifie « refusé » ou « nié », le tunisien a transformé quelque peu ce mot et sa définition qui est devenue pour lui « Niais » ou « vierge » : « Le pauvre, il est un peu « nigate », il se fait avoir à chaque fois qu’il fait confiance à quequ’un. » Noumrou Proche du français et de l’italien « noumrou » est la façon tunisienne de dire « numéro ». Ounesty (è) « Ounesty » pour un homme, « ounestyè » pour une femme, ces mots viennent du français « honnête » : et qu’est-ce que tu penses de la famille Mâarek ?… « Ounestyè », la vérité, rien à dire ni à redire… Pakestian Ce mot compressé est la façon peu élégante qu’a le JT pour dire « il n’en est pas question » : Quoi, tu sais pas comment revenir de la Baraka à 3 heures du matin ? « Pakestian » que tu rentres seule, je me réveillerais et je viendrais te chercher ! Paquet / Bomba Outre la traduction que l’on connaît, un « paquet » est aussi une « bombe sexuelle » pour le JT : Tcha vu Karine, la nouvelle petite 302 303 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 ce mot pour parler d’une personne collante : j’te jure, il ne m’a pas lâché pendant tout le trajet en car et pendant toutes les visites, une véritable « sécotine » ! Segretou De l’italien « segreto » qui signifie « secret » : c’est vrai que Laurence a avorté deux fois ? Chut, tais-toi, « segretou » ! Sigouro / Segouro De l’espagnol, « seguro » qui signifie « sûr » ou « sûrement » et ou de l’italien « sicuro » prononcé « sicouro ». Il n’était pas rare d’entendre les anciens JT répondre « sigouro » au lieu de « oui ». Sitou Une sonorité diff érente et on peut en perdre son latin… « Sitou », c’est tout simplement « c’est tout » en tunisien… Les mots « sitou » en français arabisé et « akahaw » (cf. définition) en dialecte tunisien, aussi bien utilisés l’un que l’autre par le JT, veulent bien dire la même chose. Spèc. (le « c » se prononce « s ») Abréviation pour « spécial(e) » : Et sinon, à part ça ?… Ben, rien de « spèc. » ! Se dit aussi d’une personne bizarre ou particulière : « J’arrive pas à cerner Marco, il est trop spèc. » L’utilisation actuelle du mot « space » vient-elle de là ? À discuter… Spron / Spronk Ces mots viennent de la contraction de « Espérons » et « Espérons que » : « Spronk’tu » gagnes à la belote, comme ça tu m’achète « la » bague de fiançailles. « Spron » aussi les fiançailles de Gini, « si Dieu veut », c’est la plus gentille… Il faut lui dire de s’occuper d’elle et qu’à être trop sœur, on devient bonne sœur ! Rentrer Le JT n’utilise presque pas le verbe « entrer ». La plupart du temps, il dit « rentrer » : qu’est-ce qu’il fait devant la porte ? Dis-lui de « rentrer » et installe-le, j’ai encore une salade à finir avant que Shabbath « rentre » ! Rigalou De l’italien « regalo », signifie « cadeau », mais aussi « gratuit » pour le JT : l’épicier fait l’addition des achats de Josette… et il rajoute un sachet de bonbons en disant : pour les enfants, « rigalou » ! Royal (e) Comme vous l’avez sans doute compris, le JT exagère toujours. Ainsi « bon » devient « royal » très facilement : Tu aurais dû venir dimanche, Mme Sarfati nous a fait une de ces kémias… « royaaale » ! Saloubri Alors que les JT utilisent le mot « saloperie » pour évoquer une personne ou une chose qu’ils n’apprécient pas, les musulmans tunisiens ont arabisé le mot traitant ainsi de « saloubri » ceux qui leur causent du tort ou leur jouent un mauvais tour. Salusse / Salussav Mot inventé par le JT. Il s’agit en fait d’une abréviation de « salut, ça va ? » et on l’utilise pour parler d’une personne qui est un peu particu- lière, bizarre, ou qui n’a pas grand-chose à dire : « Salussav » ; tu sais, je n’ai pas beaucoup apprécié ton pote Jean-Michel, il est trop « salusse » ! Sandvichotan Sécotine Il s’agit de la marque d’une colle qui servait à tous les jeunes JT pour réparer les chambres à air de leur vélo. Mais le JT utilisait aussi 304 305 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Tubino Comme certains le savent peut-être, il s’agit d’une marque de bobine de fil à coudre. Mais le JT a souvent utilisé ce mot pour parler de toutes les bobines de fils à coudre, qu’elles soient ou non de cette marque : Donne-moi le « tubino » bleu marine pour que je fasse l’ourlet de ton jean. Type Comme on le sait, un « type » est un individu quelconque. Pour le JT, c’est aussi et surtout « le petit ami » avant qu’il ne soit présenté à la famille. Écoute, elle est venue avec « un type » qu’on n’avait jamais vu et elle a passé la soirée à danser avec lui ! Typesse Pour le JT, c’est le féminin de « type », vous l’aurez compris. Mais, c’est aussi et surtout le nom que l’on donnait aux femmes de ménage. On les appelait « la bonne » ou « la Fatma » mais aussi « la typesse » : tiens, goûte à l’âassida, elle est excellente, c’est « la typesse » qui nous l’a apportée après avoir passé la fête du Mouled dans sa famille… Zieuter Verbe en argot utilisé et conjugué par le JT : « Zieute » un peu à gauche discrètement, tu le connais celui-là ? Zoufri Signifie « voyou », mais « gentil voyou, malin et malicieux » : pourquoi tu m’as pas dit que tu allais à Hammamet, « ya zoufri » ! zoufri, zûfri, zoufrier (déformation du mot ouvrier au pluriel : [lezuvrije]) n. m. 1. Disp. Ouvrier, travailleur manuel. Et les amis zûfris, fi ers-à-bras, forts-en-gueule, rouleurs de biceps, tatoués de la marge citadine, respectent cette distance absence […]. (Meddeb, 1979, 198). Les autres étaient des « zoufris » comme on disait avant Tcha Il faut comprendre « tu as ». Une fois encore, le JT va vite, mais quand il le veut seulement : « Comment t’as pas vu Betty ? Où « tcha » fait le bain, à la Goulette ou à Khéré ? « Djimo » Tchatcher Wikipédia : Le substantif féminin tchatche, attesté en 1959, est issu du verbe espagnol chacharear « bavarder », d’origine onomatopéique. Tché Comme « tcha », « tché » est la compression de « tu es » : Il est 8 heures et « tché » pas encore debout… « Tché » pas malade au moins ?… Non, j’ai seulement mal à la tête. « Tcha » un aspro ? Tilestambi Non ce n’est pas de l’italien et non ce n’est pas une danse… Il s’agit de plusieurs mots français… Alors ?… Bon, je vous aide : en tunisien ou plutôt en français avec un accent tunisien « tilestambi » veut dire « tu laisses tomber » ou plus exactement « mais laisse donc tomber » (voir définition de « Ti »). Tozzina Ce mot arabisé, entre l’italien « dozzina » et le français, signifie « douzaine ». Trichti Encore un mot latin arabisé. C’est ainsi que les Tunisiens nomment « l’électricité ». Trimoline De l’Italien et l’Espagnol « tremolina », il s’agit de petits vers très recherchés qui servent d’appâts à tous les amateurs de pêche en Tunisie. 306 307 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 (elle) est mignon (ne) ». Souvent d’ailleurs, en le disant, on joint un geste qui consiste à pincer tendrement la joue (de la personne à qui on le dit) entre le pouce et l’index : Mon Doudou, c’est le plus gentil des petits-fils, regarde, il m’apporte les pantoufles, « âaïchou » ! Tâaïch Signifie « que tu vives » et se dit la plupart du temps à quelqu’un, après qu’il ait éternué. C’est joli, non ? Âafrit (masculin) / Âafrita (féminin) Se dit, la plupart du temps à un jeune enfant turbulent, voire insupportable ou encore rusé : Gisèle, il est passé où ton petit-fils ? Quel « âafrit » celui-là ! Âaïn Ce mot veut dire plusieurs choses. Tout d’abord, c’est la dix- huitième lettre de l’alphabet arabe. Ensuite, il s’agit de l’œil. Enfin, le nom de plusieurs villes tunisiennes commence par « Aaïn », à l’instar de Âaïn Draham et, dans ce cas, ce mot signifie « source ». Mè âaïniche Signifie « je n’en ai pas envie » et le tunisien, souvent paresseux, utilise souvent cette expression : Tu viens à la plage ? Mè âaïniche… Un sandviche, ça te dit ? Mè âaïniche… Âajeb Exprime « la surprise » ou « l’étonnement » face à une situation bizarre, étrange, anormale : Breitou (surnom d’Albert) n’a pas voulu m’accompagner au marché aujourd’hui. « Âajeb » ! C’est pas son genre, il doit avoir un problème… Âajeieb Signifie « miracle ». des ouvriers et des nobles travailleurs manuels. (La Presse Week- End, 18 novembre 1990). 2. Fréq. Par ext., vagabond, voyou. Le même jour le diligent enquêteur aux renseignements si précis fut chargé de trouver des « zoufris » – truands qu’aucune besogne ne rebut. LEXIQUE TUNISIEN DIALECTAL ET JUDÉO-ARABE A Âaïb – Îib Signifie « C’est honteux » : Il a dit « m… » à son père, juste parce qu’il lui a demandé de ranger sa chambre… « Âaïb », c’est un mal élevé ! Âaïch Signifie « que tu vives » mais est surtout utilisé dans le sens de « s’il te plaît » : « Âaïch » Roland, tu peux donner un coup de main à Patrick pour changer le pneu de la voiture ? Âaïcha C’est « la vie » et c’est aussi un prénom arabe qui a cette belle signification. Âaïchek – Âaïch benti – Âaïch oueldi Signifie « je t’en prie », « je t’en prie ma fille », « je t’en prie mon fils » : Supplique du JT pour arriver à obtenir ce qu’il veut, avec douceur : « âaïch benti », va me chercher mes savates, je suis exténué… Âaïchou / Âaïecha Au premier sens, ce mot veut dire « fais-le (la) vivre » mais le tunisien l’utilise aussi pour faire un doux compliment : « comme il 308 309 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 tché allée dans le bain… Ban âazizti, va dans le bain… « Âaouadda » mamaaaan, j’ai campris, j’y vais ! » Âaouej Voir « Mâaouej ». Âassab Littéralement « les nerfs », « l’énervement » : jt’e jure, il m’est monté « l’âassab », jm’e suis retenu pour pas l’massacrer ! Aekabriya Se dit de quelqu’un de racé, qui a de l’éducation et de la finesse. Ah’chem / Ah’chem choueya Signifie « aie honte » / « aie un peu honte » et le JT le dit souvent à ses enfants lorsqu’ils sont eff rontés ou qu’ils ne respectent pas les anciens : Papi, pourquoi tu mens ? Je t’ai vu manger les « maqrouds » que Mamie a cachés… Le père intervient rapidement : « Ah’chem », Papi a tous les droits et toi, seulement celui de le respecter ! Ah’chouma / La hchouma En tunisien, on dirait plutôt « Hachma « , mais en JT, on a changé quelque peu la prononciation même si la signification reste la même, c’est-à-dire « la honte » : Quand papa m’a engueulé devant tout le monde parce que j’ai dit la vérité, j’ai eu « la hchouma » de ma vie et je suis devenu tout rouge. Metah’chemch Littéralement, « n’as-tu pas honte » ou « n’as-tu pas de pudeur » ? En français on dirait plutôt « tu devrais avoir honte » : Quoi, tu as dit à Papi qu’il mentait ? « Metah’chemch » ? Âajij (a) – Lâajij (a) / Âajiji (prononciation correcte : Âaziz (a) – Lâaziza / Âzizi) Ces mots signifient : Mon/Ma chéri(e) et sont souvent utilisés par les JT. Il faut aussi noter que Âaziz peut être un prénom ou un nom de famille, et Âaziza seulement un prénom. Souvenez-vous de la chanson de Daniel Balavoine, il ne disait pas « Âaziza » mais « Lâaziza », donc il s’adressait bien à sa « chérie » et non pas particulièrement à une personne nommée ainsi. Âalla Se dit aussi bien au masculin qu’au féminin de quelqu’un de « lourd », « difficile à entraîner » : j’ai bien insisté, mais c’est une « âalla », il lui faut des heures avant de se bouger, elle ou une armoire, c’est pareil ! Âamla Ce mot vient du verbe « âamel » qui veut tout simplement dire « faire ». Cependant, il a une tout autre explication puisqu’il signifie « grosse bêtise » ou pire « catastrophe et il n’est pas rare d’entendre « âamel âamla », « il a fait une grosse bêtise » : tu sais pas quoi ? Friso avec ses inventians, « âamel âamla », il a mélangé plusieurs produits de ménage, y compris la javel et il s’est intoxiqué ! On l’a accampagné d’urgence à l’hôpital, « meskine » ! Âamèlia Il s’agit d’une opération chirurgicale : et tu crois, Friso, on va lui faire une « âamèlia » ? Nan, le pauvre, il va juste respirer un peu d’oxygène pendant vingt-quatre heures, pour se « dépoisonner ». Âaouadda Signifie « Répète et répète encore » et marque donc l’exaspération du JT : « Tcha fait le bain ? Zouzou, tcha fait le bain ? Ma chérieeee… 310 311 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Amane / Amanek Répété une fois, ou plusieurs fois d’affilée, ce mot signifie en arabe « pardon » ou « tranquillité ». Cependant, en tunisien, il est utilisé pour dire « s’il te plaît » ou « je t’en prie » et il est souvent accompagné d’un geste qui consiste à mettre l’index sur la tempe. Il arrive aussi que l’on insiste sur le deuxième « a » pour signifier que la prière est vraiment intense : Accompagne-moi à la Gammarth, « amaaane » ! (Pour être bien vu, entendu et compris, il est important de ne pas oublier l’index sur la tempe). Ayya / Ayya âad Synonyme de « allez » ou « allez donc » ou « on y va » ou « active toi » : « Ayya, ayya » Mouchi ! Dépêche-toi, tu vas être en retard à l’écooole ! B Babser Ce verbe francisé qui signifie « mettre la main aux fesses » trouve probablement ses origines de l’Arabe tunisien « bâabess » ou peut- être aussi de « bâabouss » qui veut dire « queue » : il y avait un monde fou dans le bus, j’étais en train de m’approcher de la porte pour sortir, tu vois pas qu’il y en a un qui me « babse » comme si de rien n’était ? Bahbouh Ce mot est l’équivalent de « généreux » : Tu aurais vu tout ce qu’il a dépensé pour nous : avion, hôtel, massage, soirée géante… Rien à dire, il est très « bahbouh » ! Bakhchich Ce mot prononcé « bakchich » en français vient du turc et signifie « pourboire », « pot-de-vin » et le tunisien a tendance à en donner Met’hachemnech Cela veut dire « ne nous fais pas honte » : J’ten prie ma fille, tu devrais porter ta belle robe bleue pour aller voir tes futurs beaux- parents, « Met’hachemnech » ! Ah’lef Très utilisé par le tunisien souvent incrédule ou surpris, ce mot signifie « jure » : « C’est pas possiiiiible ! Elle a pas pu partir avec le voisin… Ah’lef ! » (L) Ah’mar (masculin) / Hamra (féminin) Signifie « le rouge » mais aussi « le roux » : tu connais Farjouni (surnom pour Fradji) « lah’mar » (le roux) de Béja ? C’est mon père ! Ahouwa en JT Haw èdè / Ahawka « Houwa » veut dire « lui » et avec un « a » en préfixe, ce mot prend d’autres significations, telles que « c’est lui » ou « le voilà », avec une petite notion de contentement, en particulier, lorsque le « a » final est « allongé » Vous comprendrez mieux avec cet exemple : J’ai dit à Jojo d’arriver avant papa pour lui faire la surprise et il n’est pas là… Toc toc toc… « ahouwaaa » ou « ahawka », c’est Jojo, entre, entre ! Akahaw Comme « Ahawka » avec les mêmes lettres dans un ordre et avec un sens différent, ce mot ne tient pas son origine des Indiens d’Amérique. Il signifie « et c’est tout » et les Tunisiens l’utilisent à plusieurs reprises lors d’une conversation, un peu comme si on disait « point ». Mais attention, il ne s’agit pas d’un « point final » car il est rare que l’on finisse une discussion et on peut la reprendre à n’importe quel moment, même quelques jours ou semaines plus tard. Voir aussi « Ahawka » et aussi « Ahouwa ». 312 313 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Bark À ma connaissance, on n’utilise pas ce mot seul ; il est toujours précédé d’un verbe et signifie « seulement » ou « c’est tout », sans discuter. Voici quelques exemples pour mieux le comprendre : « Emchi bark » veut dire « vas-y, c’est tout » ; « Ija bark », viens seulement ; « ochrob bark », bois seulement… Bassa – Bassite – Bassas (sa) Signifie « pet », « tu as pété », « péteur (se) « : Lors d’une soirée : Euf ! ça pue ici, « bassite » ? Oui, désolée, parle doucement, je préfère que ça reste entre nous… Ça va pas non ? je m’éloigne, je préfère que ça se diff use ! C’est pas d’ma faute, j’ai mangé des fayots et j’ai fait une petite « bassa », je ne suis qu’une « bassassa ». Y’a plus d’espace dehors que dedans, non ? Bechfè Équivalent de « à ta santé » que l’on dit au moment de boire. La personne à qui l’on dit « bechfè » répond « Yechfik « qui retourne le vœu de bonne santé. Bechoueya Tout le monde connaît le mot « choueya » qui signifie « un peu ». « Bechoueya » signifie « doucement » et il n’est pas rare qu’on le dise deux fois d’affilée : Jojo, comment ça va ? « Hekkek, bechoueya » (moyen, doucement). Lorsque l’on répète ce mot, l’expression signifie alors « petit à petit » ou « doucement, doucement » : et tu as fini de meubler ta maison ? Attends, « bechoueya, bechoueya », j’ai déjà fait trop de dépenses ces derniers temps. souvent, en guise de remerciement : il m’a aidé à changer le pneu alors je lui ai glissé un petit « bakhchich ». Balhita Signifie « événement soudain et catastrophique » : tu te rends compte, il a eu une attaque et il est mort. « Mechkin » (le pauvre), quelle « balhita » ! on n’est rien du tout. Tetbalhat Signifie « tu t’es empêtré » : elle a commencé par me trouver une excuse débile, puis « tetbalhat », j’ai plus rien compris… Elle a perdu les pédales ! Ballouta Il s’agit de la « boucle d’oreille », mais ce mot peut aussi évoquer les breloques ou fanfreluches : Tcha mis tes « ballouta » du dimanche aujourd’hui… C’est qui qui vient ? Baqi Signifie « encore » : Chlomo, « baqi » tu dors, il va être midi… Barrani (masculin) / Barraniya (féminin) Du mot arabe « barra » qui signifie « extérieur » ou « dehors », un « barrani » est tout simplement un étranger et ce dernier peut être aussi bien quelqu’un qui habite à quelques kilomètres que chez soi, que quelqu’un qui vient d’un pays lointain : quoi, tu vas laisser ta fille épouser un « barrani » ? Barchè Ce mot veut dire « beaucoup » et il est souvent répété dans les conversations : Et toi, tu l’aimes Enrico ? Barchè barchè, c’est mon préféré des petits enfants. 314 315 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Bezness / Biznassa Le « Bezness » vient bien sûr du mot anglais « business » mais en Tunisie, c’est ainsi que l’on nomme le commerce frauduleux. Les « beznassa » sont les personnes qui font des aff aires de façon douteuse et hors la loi, en bref, les trafiquants en tout genre. Blata Signifie « culotté(e), sans gêne » : Plus « blata » que Madame Sans-Gêne, tu meurs ! Blè Se dit pour parler d’une plaie ou de quelqu’un ou quelque chose d’infernal, d’insupportable : mon ex-collègue, c’est une « blè », j’ai bien fait de changer de poste ! Blech Synonyme de « sans » : Le thé, vous le voulez avec ou sans pignons s’il vous plaît ? « Blech », merci. Blechi Signifie « tant pis » : Dis, tu viens avec moi au marché aux poissons ? Ah, non, désolée, depuis que je suis enceinte, je ne supporte plus cette odeur… J’te comprends, c’était pareil pour moi, « blechi » ! Boublech Signifie « pour rien » : Il m’a réparé le vélo « boublech », c’est gentil non ? Blida / Blèda Littéralement « antipathique / antipathie « : Arrête ta « blèda » et viens dimanche… On va « kiff er », y aura tout le monde ! Qu’est-ce que tu peux être « blid » quand tu veux ! Bejoula (prononciation correcte : Bezzoula / Bjejel au pluriel (prononciation correcte : Bzezel) Ce mot, qui pourrait faire penser à de l’italien ou de l’espagnol, fait partie du dialecte tunisien et veut dire « sein », mais aussi « testicule ». Surprenant, non… : Elle a juste 13 ans mais elle à une de ces paires de « bjejel » à faire pâlir Gina Lollobrigida ! Bèlek Signifie « éloigne-toi » : « Bèlek », je vois pas la télé ! Bellala C’est le petit nom que les mamans JT donnent au sexe de leur bébé masculin : Alors on va laver les petites mains et le petit ventre et la petite « bellala » et les petits pieds… Voilà, tu es tout propre ! Benga À l’origine, il s’agit d’une fête ou d’un spectacle populaire. Puis le mot « benga » est devenu synonyme de grand bruit ou de remue- ménage : La malheureuse, elle a failli « attraper » la crise cardiaque en découvrant la « benga » chez elle en rentrant des courses. Berbèch C’est le verbe « fouiller » : Berbèch, berbèch ; tu vas bien finir par le trouver ce papier. Tu as toute la nuit, je n’en ai besoin que demain ! « Berbèche » était aussi le nom d’un boucher kasher à Tunis. Il s’est depuis installé à Paris… Berd (prononciation correcte : « Bard « ) C’est le froid en tunisien ; plus on roule le « r » et plus on comprend que le froid est intense… : Quel « berrrd », on se croirait en Sibérie du Nord ! 316 317 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Boulâaba L’origine de ce mot vient probablement de « bou » qui signifie « père » et « lâaba » : jeu. Il est donc plus facile de comprendre que le JT l’utilise pour parler d’une personne plutôt décalée, particulière, drôle : tu te rappelles de Boulin ? Le « boulaâba » du « Sancho » (discothèque qui était située à Sidi Dhrif près de Sidi Bou Saïd, aujourd’hui disparue, mais très réputée en son temps). Boulahia Littéralement, « le père à barbe » et se dit de quelqu’un qui en est doté. Bourjouliya Non, non, il ne s’agit pas de la façon tunisienne de déformer le nom d’une région, d’une fleur ou encore d’un certain vin français… Si l’on décompose ce mot, « Bou » signifiant « père » et « rjouliya » – qui vient de « rjel » ou « hommes » (« rajel » au singulier) – voulant dire « gente masculine », il s’agit du « père de la gent masculine ». Le tunisien utilise donc le mot « bourjouliya » lorsqu’il parle de quelqu’un de « viril », ou d’une difficulté qui ne peut être résolue que par l’intervention d’un (ou plusieurs) homme(s). Bouzambo Impossible de trouver l’origine de ce mot qui semble être le nom d’un héros de bande dessinée ou de dessin animé. Cependant, le JT l’a souvent utilisé pour représenter un « grand noir fort et musclé » et il faut noter que « Bouzambou » est aussi un nom de famille maghrébin. Brima Signifie « bien » ou « bon (ne) » : Donc, je lui ai dit que j’allais le chercher à 18 heures, pour aller directement au théâtre ; c’est bon comme ça ?… « Brima », c’est la meilleure solution ! Mèbeldèk Ce mot est en fait une expression qui signifie : « comme tu es antipathique ! » et se dit souvent de manière ironique, comme si on sous-entendait : « tu me fais trop rire ! ». Blouf C’est la façon JT de prononcer le mot angl ais « bluff » : de toutes les façons, tu ne peux pas lui faire confiance, tout ce qu’il dit, c’est du « blouf ». Bnin / Bnina (féminin) Signifie « mignon ou bon » : Tcha vu le bébé de Jojo ? Il est trop « bnin » ! Mabennek Ce mot veut dire : « comme tu es mignon (ne) ou bon (ne) » et, comme en français il peut aussi être utilisé de façon ironique : Alors tu voudrais que j’aille jusqu’aux souks avec cette canicule, juste pour t’acheter du louben ??? « Mabennek » ! Bouchlèghem Littéralement, « le père à moustache » et se dit de quelqu’un qui en porte une. Bouchlèkè Comme pour le mot précédent, c’est « le père », mais cette fois, « aux savates », donc il s’agit tout simplement d’un homme qui en porte, mais comme ce sont des chaussures de repos, ce mot peut aussi représenter quelqu’un de paresseux : Et Maurice, tu l’as vu ces temps-ci ?… Tu rigoles, il sort pas d’chez lui ce « bouchlèkè » ! 318 319 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Chikh / Chikher / Faire une chikha La racine de ces mots vient de « Cheikh » (sage d’âge mûr) et de « jouir comme un cheikh ». Synonyme de « Kif / prendre du plaisir, s’amuser » : Viens avec nous à Rome, tout est programmé on va « se faire une de ces chikha » ! Chèyekh / Féminin : Chèykhè Cet adjectif signifie « peinard », « qui profite de la vie » ou « qui prend du bon temps » : « Figure-toi que j’ai passé toute la matinée à faire la queue à la municipalité pour les papiers de Gigi, alors que lui, chèyekh, il s’est réveillé à 10 heures puis il est allé faire le beau à la buvette ! D’ailleurs regarde, il est 3 heures et il est toujours pas rentré ! » Chikollou Mot typiquement JT (« Kollou » veut dire « tout » en tunisien) qui signifie « à ce point » : « Bon, je sais qu’elle a assez à faire avec ses cinq enfants, mais ça fait deux mois que je lui ai demandé, chikollou elle a pas trouvé cinq minuuutes ! » Chitane En arabe, le « Sheitan » est le diable (Satan) et le JT l’utilise pour parler d’un enfant malin et malicieux : « Il est où encore ce chitane ? Tu as cherché sous le lit ? » Chkhana En hébreu, on dit « Sekhina » et en arabe « Skhana » qui signifie « chaleur » : « J’ai pris une vraie chkhana », ou « Il faisait une chkhana d’enfer à la Baraka. » Chlèka Voir définition de « Belgha ». « Chlèka » peut avoir aussi d’autres significations qui sont : « laissé(e) pour compte », « dépité(e) » ou « fatigué(e) » : Après qu’il Brima yesser Signifie « très bien » ou « très bon (ne) » : comment tu trouves la « camounia » de Mamie Ginette ? Hum… « Brima yesser ». C Chaqlala Signifie « embrouille », « histoire compliquée » : Mylène était en train de faire une « chaqlala » sur le fait qu’elle n’avait pas été invitée alors qu’elle, elle avait toujours invité tout le monde etc. J’ai eu honte pour elle, aucun amour-propre ! Chbeb (autre prononciation : Zbeb) Se dit d’un homme qui est peut-être beau, mais surtout qui « fait le beau gosse » avec une belle voiture, de beaux vêtements, des bijoux en or : Regarde, regarde le « chbeb » là, il est persuadé que toutes les femmes sont à ses pieds ! Tu vas voir qu’il va « tomber avec une » qui va « le faire marcher par le bout du nez » ! Chbi ? / Chbiha ? / Chbik ? « Chbi » veut dire « comment se fait-il ? » ou tout simplement « pourquoi ? » : « Chbi » tu as éteint la lumière ? Il fait tout noir. Rallume, rallume ! « Chbiha » ou « qu’a-t-elle ? » est la question que l’on pose à une tierce personne lorsque l’on est inquiet : « Chbiha ? », elle est enfermée depuis des heures dans sa chambre ! C’est pas normal… Enfin, « chbik » signifie « qu’as-tu ? ». Le JT s’inquiète beaucoup de la santé et du bien-être de son entourage : Djo, « chbik » tu pleures ? C’est encore Marie qui te harcèle… ? Quelle salope celle-là ! Chey Ce mot veut dire « rien » : Que fais-tu ? « Chey » ! 320 321 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Corsa Non, non, il ne s’agit pas de la voiture pour le Tune, mais du… « testicule » ! (Le pluriel est « craress »). D Dahkè (prononciation correcte : Dhahkè) Synonyme de « rigolade » et/ou « rigolo (te) » : Hier avec Sophie, Pascale et Audrey, on s’est souvenu de nos journées à la plage de la buvette et on s’est fait une « dahkè » de folie… La vérité, Audrey, elle est très « dahkè » ! Dalloul (masculin) / Dalloula (féminin) Signifie « Gâté(e) » : elle s’est fait off rir une croisière en Méditerranée… Elle a de la chance cette « dalloula », elle a toujours tout ce qu’elle veut ! Daoukha (autre prononciation : Doukha – prononciation correcte : Dhaoukha) Signifie « vertiges » mais le JT l’utilise aussi pour parler de quelqu’un qui le fatigue ou qui le soûle, ou encore qui l’embrouille : « Il m’a raconté sa vie pendant une heure. Daoukha ! » Il me faut aussi rappeler que « Doukha » était le pseudonyme d’un chanteur judéo-tunisien très réputé à son époque (cf. paragraphe « Folklore ») et il ne me semble pas qu’il était soûlant ! Dokht (prononciation correcte : Dhokht) Signifie « j’ai le vertige » : « À force de danser la valse, dokht, je vais aller m’asseoir un peu. » m’ait laissé tomber, je me suis sentie comme une vieille « chleka » (laissée-pour-compte) – J’ai fait le tour de tout le marché « El Bahri » pour trouver des nèfles pour Moïse mais y’en avait pas, je suis toute « chleka » ! (Autrement dit, très fatiguée ou encore totalement dépitée). Chloeiller Verbe populaire, probablement inventé qui s’apparente à : avoir la berlue, se tromper ou rêvasser : « Mais pourquoi tu as acheté dix boîtes de sel ? » « Je sais pas ce qui m’a pris… J’ai chloeillé » ! Chmah (prononciation correcte : Smah) / Semahni « Chmah » ou « Smah » signifie « pardon », mais aussi « pardonné ». Il faut aussi noter qu’avant ou après toute évocation d’un mauvais souvenir avec une personne décédée, on prononce le mot « smah », ce qui revient à dire que cette personne a causé du tort de son vivant, mais je la pardonne : tu sais, ma belle-mère m’en a fait voir de toutes les couleurs, « smah » (je la pardonne) et pour ne pas créer de problème supplémentaire, je me suis soumise à son bon vouloir pendant des années. D’autre part, si quelqu’un emploi le verbe conjugué « semahni » (lorsqu’il est bousculé ou qu’il a fait une erreur ou avant de demander quelque chose) qui veut dire « pardonne-moi », la réponse est « smah » (ou « pardonné ») et on n’en parle plus. Chmèta Signifie « c’est bien fait » : Tu n’iras pas pêcher… Tu m’as fait « chmèta » hier avec la partie de cartes. À mon tour de te faire « chmèta » Claqt Signifie « j’en ai marre » ou « je suis fatigué(e) » ou « je m’ennuie » : Ouf, je vais m’asseoir un peu… « Claqt » ! 322 323 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 en temps » : « dour dour », elle me dit qu’elle ne comprend pas pourquoi elle est encore avec moi… tu te rends « campte » ? Douricha ou Doulicha Signifie « petit tour, petite promenade » : tu viens, on va faire une « doulicha » avec le chien, il n’est pas sorti depuis ce matin ! E Echkeut / Ochkotte (prononciation correcte : Oskotte) Ce mot tunisien signifie « tais-toi » : tu sais pas quoi ? Gilou a trompé Jeannine avec sa voisine… C’est pas vrai ? Et la Jeannine, elle est au courant ? Je sais pas… « echkeut, echkeut » ; elle arrive ! Scheket En hébreu, signifie « silence ». Echma (prononciation correcte : Esma) Signifie « écoute, prête attention » : Maman, laisse moi aller à Nabeul, il y aura tout le monde, Pipo (surnom pour Philippe) aussi ! « Echma », Pipo ou pas Pipo, moi j’m’en fous ! Echoui Littéralement « grille » (du verbe « griller ») mais équivaut à dire « bisque rage » : Je sais que tu as envie de savoir ce qu’elle m’a dit… Mais je lui ai promis de garder le secret, tu peux attendre… « echoui » ! Echtemma Littéralement « qu’y a-t-il ? » mais utilisé aussi pour dire « Jusqu’à quand ? » : Depuis ce matin, Jojo n’arrête pas de faire des allers-retours chez le boucher, chez l’épicier, chez le boulanger… « Echtemma » ! Sa femme peut pas lui donner toutes les courses à Darba (prononciation correcte : Dharba) Littéralement « le coup » (sous-entendu « de massue ») et on utilise ce mot pour parler de quelque chose de très onéreux : « J’ai demandé à mon père de m’acheter la moto bécane… Il m’a dit que c’était darba, mais j’vais l’user un peu ! » Dènia C’est « le monde », mais c’est aussi « la vie ». Derouiche Ce mot vient du persan « derviche » ou adepte de la pensée soufie qui prône l’austérité et la pauvreté. Le tunisien l’a emprunté en utilisant sa propre prononciation, pour parler d’une personne qui ne sait pas trop où elle va, un peu folle… Dlam (prononciation correcte : Dhlam) C’est l’obscurité mais on utilise aussi ce mot pour parler d’une histoire sombre et triste… : « La pauvre fille, elle a été séquestrée pendant dix ans par son père et depuis, elle est neurasthénique (aujourd’hui, on utiliserait plus le mot « dépressive ») Mais c’est « dhlam » cette histoire ! Allez, on change de sujet ! » Dokhane Ce mot signifie aussi bien la cendre que le tabac ou les cigarettes… De nombreux Tunisiens sont fumeurs et je ne crois pas qu’il y ait une quelconque loi contre le tabagisme en Tunisie ! Doukha Voir « Daoukha ». Dour / Dour dour Signifie « tour, promenade » et c’est aussi le verbe « tourner » mais lorsqu’on le dit deux fois « dour dour », cela signifie « de temps 324 325 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 El moufid Signifie « l’essentiel » ou « venons-en au fait » : bon, tu m’as dit que tu ne te sentais plus bien avec lui, que tu n’aimais plus son odeur, que tu ne supportais plus de le voir, ni de lui laver son linger, ni de lui faire à manger… « El moufid », tu veux divorcer ou quoi ? Emchi Signifie « marche » ou « va-t’en » : « Ayya, emchi, emchi », on n’est pas en avance ! Mchè / Mchète Littéralement « il / elle est partie » mais ce mot est aussi utilisé par le JT pour dire « c’est fichu » ou « il/elle est mort(e) » : Tu as des nouvelles de tata Marcelle ?… Oui… « Mchète, la pauvre ! » Entaq Littéralement, cela signifie « accouche » et se dit à quelqu’un lorsqu’il tarde à parler : « Alors je sais pas si j’peux te dire ce qu’elle m’a dit de te dire… C’est délicat…, et pas très gentil… Comment ça tu sais pas ? Si ça me concerne, entaq ! » Ey / Nâam / Ey nâam / Eywah En Tunisien, les trois premiers mots sont utilisés pour dire « oui ». Le quatrième « Eywah » est en arabe littéraire mais les Tunisiens disent plutôt « Ey », c’est plus court ! Et ils utilisent aussi « Eywah » pour dire « bravo » ou « ah bon » ou encore « eh bien ». Ezdalleq (prononciation correcte : Ech dhallek) Signifie « qu’en penses-tu », « quelle est ton opinion » : Il est parti à New York en laissant derrière lui, femme, enfants, travail maison, voiture… « Ezdalleq » ? faire en une fois… Il faut qu’elle le fasse aller et venir, le pauvre ! Et lui, il y va sans rien dire, quel « brel » ! Edh’hak Signifie « ris » et s’utilise surtout pour dire « souris » à quelqu’un qui fait la tête sans raison apparente : C’est quoi cette tête que tu me fais depuis ce matin ya Gilbert ? Qu’est-ce que j’t’ai fait… « Edh’hak » ! Ehbèle / Ehbeul Signifie « folie » / « il est devenu fou ». Le JT dit souvent « c’est de l’ehbèle » qui signifie « c’est de la folie » ! Et certains disent que c’est de là que vient l’expression très courante aujourd’hui « c’est de la balle » Possible, à cogiter… Ejbed Littéralement « tire » mais le JT l’utilise aussi pour dire « allez vas-y » ou, et cela n’a presque rien à voir : « et ça recommence » ! : Dis, est-ce que je t’ai raconté la façon dont j’ai glissé dans la baignoire ?… Ejbeeeed ! Ekhtak Signifie « ne t’en mêle pas » ou « ne te sens pas concerné(e) » : Elle m’a demandé de me porter caution pour son appartement… mais je suis embêtée, elle est toujours à découvert… « Ekhtak », tu vas pas encore te mettre ça sur le dos… Trouve une excuse ! Elliji Pour traduire littéralement ce mot, il en faut trois « celui qui vient » mais pour une meilleure traduction, je dirais « qu’importe ». Pour mieux comprendre, voici un exemple : alors je te propose de la « mloukhiya » ou du « poisson hraimi », de quoi as-tu envie ?… « Elliji », j’ai faim, tu es une excellente cuisinière, alors avec l’un ou l’autre, je sais que je vais me régaler ! 326 327 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Flifloute Emprunté à la marque de chaussures très souples « Fly Flot » Pour le JT, se dit de toutes les chaussures confortables, y compris celles de sport : si an va dans les souks c-t’après-midi, mets tes « Flifloute », sinan tu vas vite fatiguer avec tes talans ! Fouchik Signifie « pétard ». Pour marquer la fête de « Pourim », les jeunes Tune avaient coutume de sortir dans les rues pour se retrouver et passer une soirée « explosive », jusqu’au rappel à l’ordre des parents : Ouaouh ! J’ai eu la peur de ma vie, c’est une « fouchik » qui vient d’exploser à mes pieds ! Fsâa Signifie « il s’est sauvé » ou « il a fui » : j’te jure, il m’a arraché le sac devant Chez Salem « ou fsâa » ! (et il a fui !). Ftaq Ce verbe qui ressemble à une onomatopée exprime bien ce qu’il sous-entend. En eff et, il est utilisé pour parler d’un vêtement qui a « craqué » (on entend le craquement en le disant, n’est-ce pas ?) : j’ai trop grossi ces derniers temps, regarde mon pantalon, « ftaq » ! G Ghalba Littéralement, cela signifie « gagnée » et on emploie ce mot pour parler d’un problème difficile à résoudre et donc qui vous gagne, en somme, cela revient à dire « je suis dépassé(e) » : je ne sais plus par quoi commencer, tout est urgent et tout est important… « Ghalba » ! F Fartas / Rass fartas Signifie « Chauve / Tête chauve » en arabe : quoi, tu trouves du charme au fils des voisins ?… Il est tellement « fartas » qu’on croirait qu’on lui a coupé les cheveux de l’intérieur ! Fedda / Feddite Signifie « étouffement » / « j’étouffe » ou « j’en ai marre » : Alors, tu travailles depuis 8 heures ce matin… « Fedda » dans cette chambre ! Tu penses continuer jusqu’à quelle heure ? Tu as raison, « feddite » allez viens, viens, on sort ! Je ne peux m’empêcher de souligner qu’en Anglais, on dit « I am fed up » pour « j’en ai marre ». Feujâa (prononciation correcte : Fejâa) Signifie « Peur » : Je croyais qu’il n’y avait personne à la maison et alors que j’étais dans la douche, Maxo est entré dans la salle de bains pour se laver les mains. J’ai eu une de ces « fejâa » ! J’ai cru que mon cœur allait sortir de ma poitrine ! Filamène Ce mot du langage courant tunisien et uniquement tunisien, veut dire « au revoir ». Mais en le décomposant, on découvre que les trois mots qui le composent sont « Fi el Amen » (et comme on le sait « Amen » clôt aussi bien les prières hébraïques, chrétiennes ou musulmanes), ce qui revient à dire : « Avec l’espoir qu’il en soit ainsi » ou plutôt « dans la bénédiction » ; c’est joli, non ? Fissa Signifie « vite » : allez, « fissa, fissa », on va nous prendre les places ! 328 329 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Gueddheb (masculin) Gueddheba (féminin) Signifie « menteur (se) » : « Tu m’as dit que tu venais me chercher pour aller au Sancho, gueddhèba, je t’ai attendue toute la soirée, puis j’ai fini par m’endormir ! » H Hachek « Hachek » veut dire « sauf le respect que je te dois » mais aussi « que ce que je vais dire ne t’atteigne pas » et s’utilise avant de prononcer des paroles vulgaires ou répréhensibles par la loi divine. Hadaq (masculin) / Hadqa (féminin) Signifie « intelligent(e), judicieux (se), sensé(e), réfléchi(e) », mais ce mot est souvent utilisé de manière ironique (voir exemple dans la définition de « khlet ») : maman, j’ai trouvé un moyen d’apprendre mes leçons et de les réciter en une fois, sans me tramper. Ah, c’est bien, c’est bien, man fils. Je t’ai toujours dit que tu étais un « hadaq » ! Halè Signifie « mauvais état », mais aussi « scandale » : Elle m’a fait une « halè » (un scandale) devant tous les invités à midi, j’ai eu honte ! Je ne pourrai pas sortir ce soir, je suis « halè » (en mauvais état, abattue, pas en forme) Hallè Difficile à traduire, mais pourrait se rapprocher de « précieux (se) car trop gâté » : je t’ai proposé Gammarth, Raouad, Hammamet, Nabeul, El Djem, Djerba… arrête de faire la « hallè » et fais un choix ! Ghassgha Signifie « angoisse » car, même si le JT est réputé pour être assez jovial, il s’angoisse pour peu : écoute, j’aurais jamais dû fermer les « cabinets », je me suis retrouvée bloquée… j’ai eu la « ghassgha » jusqu’à ce que Gilbert vienne me délivrer ! Encore heureux qu’il y aille souvent ! Ghassghatique Mot typiquement JT puisqu’il l’a inventé car, alors que le mot est en arabe, le suffixe est en français. Se dit d’une situation ou d’un film angoissant : Ça te dit d’aller voir Le Pont de la Rivière Kwaï avec moi ? Ça va pas non, très peu pour moi, les films « ghassghatiques » ! (El) Ghoch Il s’agit de la « colère » : Ma parole, il « m’a mis le ghoch », j’en tremble encore… J’aurais dû partir mais j’ai été bête, je suis restée… Et j’ai encore le « ghoch » parce que je ne me suis pas « dégagée ». Ghoulè Littéralement « louve ». Synonyme de « maligne, débrouillarde ». Se dit d’une battante, qui fait tout pour obtenir ce qu’elle veut et qui y arrive : « Quelle Ghoulè cette Estelle, j’ai parlé au flic pendant trois heures (temps très exagéré) et elle, en deux minutes, elle a réussi à lui faire annuler la contravantian ! » (Voir aussi « Ghoulè Bassassa ») Ghommè Se dit d’un endroit confiné, où l’on étouff e… : « Quelle ghommè dans cette chambre… Ouvre, ouvre vite la fenêtre ! » Gorboj Voir « kchouch ». 330 331 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Hemm / Hemmi / Hemmek / Hemmou Non, ces mots ne sont pas des onomatopées, ni des interjections. Ils signifient : problèmes ou aff aires / mes… / tes… / ses problèmes ou affaires : « Fokk âala hemmi » (ne t’occupe pas de mes aff aires) – Chacun « fi hemmou » (chacun est dans – ou s’occupe de – ses problèmes). Hèyej (masculin) / Hèyja (féminin) Signifie « agité, excité » ou encore « fou-folle », « qui part dans tous les sens » : regarde-le, regarde-le, fais semblant de rien, il va, il vient, il sait pas ce qu’il fait… il est de plus en plus « hèyej » ! Bientôt « la Manouba » ! (Quartier où est situé l’asile des fous de Tunis du même nom). Hlou (masculin) / Hloua (féminin) Signifie « doux (ce), sucré(e) », mais aussi « agréable ou mignon (ne) » : alors mon « arissa », comment tu la trouves ? Excuse-moi, hein, mais elle est un peu trop « hloua ». Ah ban ?… Sinan, tu as vu le nouveau-né de la Jacqueline ? Oui, il ressemble à sa mère, il est très « hlou ». Hnin (masculin) / Hnina (féminin) Se dit d’une personne « sincère, aimante, douce » : j’ai beaucoup de plaisir à voir Eva chaque semaine, elle est très « hnina ». I Ichtenna (prononciation correcte : Estenna) / Osbor Ce mot signifie « attend » et le tunisien est quelqu’un qui a pris l’habitude de beaucoup patienter, partout et pour tout : les horaires que l’on nous donne ne sont jamais respectés, les files semblent toujours interminables, les gens ne sont jamais pressés et n’en paraissent pas Mahloul (a) Signifie « ouvert(e) » mais aussi « gâtée pourrie » : arrête de faire la « mahloula » et sois heureuse pour tout ce que tu as déjà ! Hallouz / Hallouzi On dit d’un objet ou d’un vêtement qu’il est « hallouz » ou « hallouzi » lorsqu’il est de mauvaise qualité : pourquoi tu n’as pas pris la jupe que tu as essayé hier ?… finalement, elle ne m’a pas plu, le tissu était très « hallouz », je pense qu’elle serait tombée en loques dès le premier lavage ! Hassilou Signifie « enfin », « en bref ». Certains JT, ont même inventé la conjugaison de ce mot « hassilou, hassilon, hassilez », tout comme « bref, bréfons, bréfez » : je n’arrive plus à mettre ma robe bleue, mes jeans me serrent à la taille, je me sens toute boudinée… « Hassilou », faut que je fasse le régime ! Hayte ou Ahayte Se dit lorsque l’on se fait mal et signifie donc « aïe » ; si on le répète, c’est que l’on s’est fait très mal : « hayte, hayte », je me suis cogné le gros orteil contre le pied de la table ! Hedhèk La prononciation JT est « eddek » et veut dire « celui-là » (voir aussi « houwa ») : tu sais, « eddek » celui qui vend les « bricks » à « la Goulette » Oui, c’est ça, c’est ça, « Bichi » ! Hekkek / Hekkeka Signifie « comme ci comme ça, moyen » : Gilou, on va faire un petit poker, tu sais jouer ? « Hekkek », mais je veux bien essayer… 332 333 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 exemple : Mili va ouvrir la porte : Ah Joseph, « jiiit » ? Où tchétais ? « Jiiit men barra » (je viens de l’extérieur), j’étais pas loin, j’étais dans le jardin. Jtiit (prononciation correcte : J’thit) Cela signifie « j’ai eu envie » et cette expression est bien sûr très souvent employée par les femmes enceintes qu’il faut satisfaire immédiatement, au risque de leur faire perdre le bébé : Je suis passée devant chez Nathan et une « manicotti » (voir définition) m’a fait de l’œil. J’ai pas pu m’empêcher de l’acheter et de la déguster… « Jtiit » ! Et bien entendu, plus le « i » est long, est plus l’envie est grande ! K Karakouz Pour le tunisien, le « Karakouz » est une personne farfelue, qui s’habille de façon voyante. Au XVIe siècle, il s’agissait de l’un des personnages de théâtre humoristique et satirique turc (Karagöz signifie « œil noir ») qui mettait en scène un personnage étrange, qui s’habillait et qui parlait bizarrement. Kasbah (prononciation correcte : Qasba) Ce mot, presque synonyme de « Médina » désigne le cœur historique, fortifié ou non, d’une ville d’Afrique du Nord. Il y avait donc une « Kasbah » à Tunis. Kchouch (prononciation correcte : Qchouch) / Gorboj Le mot « kchouch » qui signifie « bazar » ou « chose » ou encore « fouillis », est utilisé à chaque fois que l’on oublie ou que l’on ne trouve pas un mot : je n’arrive pas à retrouver mes aff aires au milieu de ces « kchouch ». du tout stressés, pour établir un papier, il n’est pas rare de devoir aller dans divers endroits, etc. Intellijahch Le début de ce mot « intelli » de « intelligent » est en français, mais la fin « jahch » qui est un peu l’équivalent d’« idiot » est en arabe. Le tout forme un mot typiquement JT que l’on utilise pour s’adresser à quelqu’un qui, après une longue démonstration qui semble bien fondée, finit par une conclusion totalement illogique. Itaqleb Littéralement « il se retourne » et ce mot s’utilise, la plupart du temps, pour parler de quelqu’un de versatile ou lunatique, qui change souvent d’avis : en général, il est gentil, mais de temps en temps, « itaqleb », tu ne sais pas pourquoi et il n’est plus possible d’avoir d’échanges. J Jdâa Signifie « grand imbécile ». On l’utilise ce mot un peu comme « jmel » : « Ya Jdâa », à 16 ans tu joues encore avec les playmobil de ton petit frère ! tcha pas hante ! J’ha Comme « Toto », « J’ha » est le héros de nombreuses histoires drôles qui finissent par une morale. Ainsi, on appelle « J’ha » quelqu’un qui paraît un peu simplet, mais qui ne l’est pas forcément. Jiiit Bizarrement, « Jiiit » (avec un « i » plus ou moins long) veut dire « je suis venu » dans une phrase affirmative mais « tu es venu » dans une phrase interrogative… Vous allez mieux comprendre en lisant cet 334 335 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 savais plus où marcher tellement il y avait de vêtements sales… « Khiiit » ! Je ne comprends pas que sa mère le laisse gérer ça le pauvre, il n’a que 15 ans !… Et à part ça, tu veux que je te fasse une salade de navets pour ce soir ? Du navet, « khiiit », c’est le légume que je déteste le plus ! Khkik ou Rkik (masculin) (féminin : Khkika) Signifie « lourd(e) », « bêta », « idiot(e) », « maniéré(e) », « antipathique » : Il est « khkik », il a fallu que j’insiste pour qu’il m’accompagne faire les courses, alors que c’est pour lui que je cuisine ! Je crois qu’il voulait pas pour sortir avec la fille Koskas, plus « Khkika » qu’elle, tu meurs… Mais tu me diras, qui se ressemble, s’assemble ! Khkèka ou Rkèka Signifie « lourdeur, antipathie ». Exemple avec une conversation téléphonique : ban, ça fait une heure qu’on parle, arrête ta « Khkèka », laisse un peu pour demain, puisqu’on se voit ! Khlet / Khlit’ha / Khlet âalik Signifie « quelle horreur, c’est une catastrophe, c’est fichu » / « Tu l’as rendue catastrophique » ou « tu l’as dévastée » / « C’est fichu pour toi » : « Khlet » (c’est une catastrophe) : j’ai complètement raté ma « bkeïla », elle est très épaisse… « khlit’ha » (tu l’as rendue – la situation – catastrophique), tu peux la rattraper en rajoutant de l’eau, « Ya Hadqa » (voir Hadaq) ! Et toi, qu’est-ce tu fais là ? Va réviser, « khlet âalik » (c’est fichu pour toi) si tu rates ton bac !… Ouais, toujours « khlet, khlet, khlet ouella bichichette ouella guignette » (cette expression inventée ne veut rien dire de plus que « Khlet » tout court, mais j’ai tenu à l’écrire pour une amie qui ne comprendrait pas qu’elle ne figure pas dans mon ouvrage) ! Voir « Denia khlet » Kesswa Que ce soit pour les hommes ou pour les femmes, la « kesswa » est la « tenue de sortie » ou encore le costume d’apparat que l’on porte pour un événement. Les robes de soirée ou les smokings sont des « kesswa », par exemple. Khadhra (féminin) / Akhdhar (masculin) Ce mot est un adjectif qui signifie « verte » que l’on utilise pour qualifier la Tunisie : « Tounès el khadhra » ou « Tunisie la verte ». Khaïda Synonyme de « grande agitation » : « Il y avait une de ces khaïda sur l’avenue Bourguiba avec la cérémonie de commémoration que j’ai eu peur… C’est terminé, je ne vais plus à Tunis quand le président défile ! » Khaouef (masculin) / Khaouefa (féminin) Peureux / Peureuse : Allez Karine, ne fais pas ta « khaouefa » et viens avec moi chez Faïza, tu vas voir, elle est très gentille et son père aussi… et Félicie, sa chienne, aussi ! Khfif Littéralement « léger, leste, subtil, fin, facile à supporter » : j’aime bien Fradji (surnom pour François), c’est quelqu’un de doux, gentil et « khfif » ! Khfifa Au féminin, la traduction n’est pas exactement la même car elle induit une notion péjorative : tu peux y aller avec Betty, elle est « khfifa » ! Khiiit / Khiiit âalik Exprime le dégoût et bien sûr, plus le « i » est long, et plus le dégoût est profond : Écoute, je suis rentré dans la chambre, je ne 336 337 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Kmâa (prononciation correcte : Qmâa) Littéralement « entonnoir » et on qualifie de cet ustensile une personne (homme ou femme) qui comprend difficilement, qui est un peu bouchée, un peu bête : quel « kmâa », ce fils que j’ai ! qu’est-ce qu’on va faire de toi ? Tu sais même pas planter un clou ! Kloufiè C’est ainsi qu’on appelle la « commère ». Et ce mot est issu de l’expression « Haj Klouf » (voir définition) : le Café Vert, très peu pour moi, y’a que des « kloufiè » ! Kmarack / Kmarani Signifie « que cela t’arrive » / « que cela m’arrive » : Rosellen a fait un beau mariage avec un super orchestre et il y avait une ambiance géniale… et à la fin, il y a eu un feu d’artifice… « Kmarani » ! L Lebkhè En arabe, « lebkhè » signifie « cataplasme » mais ce mot est aussi utilisé pour parler de quelqu’un de « lourd, mou et/ou paresseux » : j’ai dû me traîner cette « lebkhè » toute la journée… C’est terminé, j’veux plus la voir ! Lobbè Ce mot signifie « tout passe » et son origine vient peut-être d’un lieu en Tunisie, appelé « aïn el lobbè » où l’eau souterraine s’écoule naturellement du sol : quoi, tu as dépensé tout ça pour des chaussures ?… C’est pas grave, « lobbè » ! Khnèna Signifie « morve » : Mimou (surnom pour Michel ou Emmanuel), va te moucher tu as la « khnèna » qui coule ! Khorda Signifie « vieilles choses usées » ou « rebut, poubelle, détritus » ou encore « de mauvaise qualité » : franchement, j’ai fait une bêtise en achetant ce vélo chinois, il lui a fallu moins d’un mois pour devenir une « khorda » sans nom ! Khra Ce mot veut dire « excrément » mais on l’utilise aussi comme une insulte. Il ne faut pas le confondre avec « qrâa » qui est la traduction en arabe de la « courge » et là, contrairement au français, « qrâa » ne veut pas dire « imbécile » en tunisien, c’est seulement un légume ! Khsara Signifie « dommage » : « Alors, il nous a dit que d’abord on va aller se baigner aux Dunes, puis se faire masser à l’hôtel Abounawas à Gammarth… Tu es sûre que tu dois garder ton petit frère, khsara ! Je ne crois pas qu’on aura une autre occasion de ce genre de sitôt ! ». Kifek Signifie « comme toi » : j’ai fait « kifek », je suis allée tester le sauna… « Quel Kif » ! Ça m’a détendu, « grave » ! Moi qui ne jurais que par le hammèm ! Kif kif Signifie « pareil » : alors tu préfères aller à Hammamet ou à Nabeul ? C’est « kif kif », ton choix sera le mien ! Quel que soit le lieu, je suis sûr qu’on va faire un « kif ». 338 339 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 (comme tu es jolie), tu vas faire sensatian… mais si quelqu’un porte la même à la soirée tant attendue… « Mahlèk » ! (comme tu auras l’air bête). Makhossek Signifie « ne rêve pas » ou « c’est trop beau ou trop bien pour toi » : Après avoir vu un film, deux amies discutent : J’aurais voulu avoir une robe comme celle de Liz Taylor, elle est magnifique ! « Makhossek » ! Encore faudrait-il que tu aies la taille ! Maqouek Signifie « quelle force tu as » ou « comme tu es fort » et peut donc être utilisé comme « Qâouè fik » : Bravo man fils, je suis fière de toi, tu as réussi tous tes examens… « Maqouek » Mainan, je campte sur toi pour faire docteur ! Marboun (masculin) / Marbouna (féminin) Signifie « le (la) pauvre » ou « le (la) miséreux (se) » ou encore « celui (celle) qui a du chagrin » : J’ai vu Goliath hier, le « marboun », ses chaussures n’ont plus de semelles, je vais lui donner une paire de Papi ! Maspik De l’hébreu, signifie « ça suffit » : Coco et Babi n’arrêtent pas de se disputer… La mère arrive : « Maspik » ! J’en ai assez, allez faire vos devoirs et chacun dans sa chambre ! Mchennef (masculin) / Mchenfa (féminin) On dit de « quelqu’un qui boude » ou « qui fait la tête » qu’il est « mchennef » : Arrête de faire le « mchennef », je ne comprends pas pourquoi tu as acheté un matelas à crédit alors que le prix du crédit t’empêche de dormir ! M Mâaouej (masculin) / Mâaoueja (féminin) Signifie « tordu(e) » ou « pas dans le bon sens » et se dit aussi bien d’une personne que d’un objet : tu peux me remettre le cadre droit ? Il est « mâaouej » Toi aussi, tché « mâaouej », j’camprands pas que tch’arrives pas à le remettre ! L’âaouej Se dit de quelque chose de « pas logique » ou de « tordu » : tu vas pas mettre le cadre alors que tu n’as pas encore repeint le mur ? « L’âaouej » ! Réfléchis avant d’agir ! Mabennou (masculin) / Mabenna (féminin) Synonyme de « qu’il/qu’elle est beau/belle » ou « qu’il/qu’elle est bon (ne) » ou « qu’il/qu’elle est mignon (ne) ». La traduction de ce mot est très proche de celle de « hlou (a) » : C’est ta fille, c’est pas vrai, comme elle a grandi, « mabenna » ! J’te jure, elle est à croquer ! Ouah, tu m’as fait le gâteau que j’aime ? Hum… « Mabennou » ! Mabrouk Signifie « félicitations », mais aussi « joyeux » ; il s’agit aussi d’un prénom et de la fête que l’on off re à l’occasion d’un événement gai : « mabrouk » (félicitations) pour ton diplôme ! C’est pour quelle date le « mabrouk » (la fête) ? Au fait, tu as dit « Ramadan mabrouk » (joyeux ramadan) à Mabrouk (le garagiste) ? Machouga (masculin) / Machougâat ou Mechouga (féminin) De l’hébreu, « fou » / « folle ». Mahlèk Selon le contexte, signifie, « comme tu es joli(e) » ou, ironiquement, « comme tu as l’air bête » : cette robe te va très bien, « mahlèk » 340 341 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Merekkou / Merekka / Merekkek Signifie « antipathique » ou encore « comme il (elle) est lourd(e) / comme tu es lourd(e) » : Tu connais Serge ? « Merekkou », je le supporte pas ! Il faudrait qu’il rencontre une comme lui, mais le plus loin il est, le mieux je me porte… Et sa sœur, « merekka » aussi, qui va vouloir d’elle ? Miboune Signifie « homosexuel », mais aussi « homme faible et sans courage » : tu as vu Raoul ? C’est quoi ce « miboune » ? Quand Juju l’a traitée de « hfifa », il ne l’a même pas défendue ! Moi, à sa place, je lui aurais cassé les dents ! Mikhètètè Mot d’origine inconnue qui est utilisé par le JT pour parler de quelqu’un de « mou », « pas en forme » ou « sans entrain » : j’ai pas envie de sortir, je suis complètement « mikhètètè », je crois que je vais aller faire une sieste ! Mlaouah / Mlaouha (féminin) En arabe tunisien, le verbe « laouah » signifie « jeter ». « Mlaouah / Mlaouha » signifie « jeté(e) » mais aussi, en langage familier « abandonné(e) » et peut donc être attribué à une personne : tu aurais pu m’appeler dimanche dernier, j’ai pas bougé, j’étais seule, « mlaouha » dans ma chambre ! Mneïek (masculin) / Mneïka (féminin) Littéralement, signifie grossièrement « niqué(e) », mais pour le Tune, se dit de tout objet « abimé » ou en « mauvais état » ou encore « d’une situation sans issue » : Son vélo est complètement « mneïek », il faut que je lui en achète un autre… Je sais que j’ai pas intérêt à négocier, elle est « mneika » d’avance ! Mèdhèbiyè Équivalent de « comme j’aimerais » ou « ce serait bien si ça m’arrivait » : Qu’est-ce que tu dirais si je t’offrais des vacances dans une villa avec piscine et avec des serviteurs à tes ordres ?… « Mèdhèbiyè… » Megorachim En hébreu, cela signifie « les renvoyés » et ce terme désigne les juifs d’origine espagnole ou portugaise qui se sont réfugiés dans l’Empire Ottoman – dont la Tunisie faisait partie – suite aux persécutions antijuifs de 1391 et à l’expulsion des juifs d’Espagne en 1492 – par Isabelle « La Catholique » et son époux Ferdinand. Mèhboul / Mèhboul kèmel (au féminin Mèhboulè kemlè) « Fou » / « Fou entier » (autrement dit « totalement fou ») : tu vas « comme même » pas croire ce que raconte Julot Boutboul ? Il est « mèhboul kèmel », fais-moi confiance ! Mejiène (masculin) / Mejièna (féminin) (prononciation correcte : Meziène / Mezièna) Signifie « beau / belle » : regarde ce collier, comme il est « meziène » ! Il irait très bien avec ma robe pour la soirée des Chemla ! Mèla Ce petit mot signifie « et puis quoi encore » : Je voudrais une maison avec un grand jardin et une piscine moitié couverte, moitié découverte. « Mèla… », rien ne t’interdit de rêver ! Mèla lè « Pourquoi pas ? » 342 343 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Mghamma Le sens premier de ce mot est : « construction d’une maison » mais le second sens qui suit le premier et que le JT utilise souvent est « casse-tête », un peu comme « biâa mqatâa ». Mreya / Mreyet Ces deux mots qui sont a priori semblables ne veulent pas dire la même chose et le deuxième n’est pas le pluriel du premier. Alors que « Mreya » signifie « miroir », « Mreyet » veut dire « lunettes » Mrouha (autre prononciation : Mraouha) journées et soirées d’été, mais aussi pour raviver les braises du « canoun ». À noter que la racine de ce mot est « rih » qui signifie « vent ». La « mrouha » ressemble à un petit drapeau, constitué d’un manche en bois et d’un carré d’alfa tressé et elle est très efficace. Mzammar Comme je l’ai expliqué plus haut (cf. « Barra zammar »), « zammar » veut dire « siffler ». On pourrait donc traduire « mzammar » par « ensiffler » même si ce mot n’existe pas. En fait, je ne pense pas trop m’avancer en disant que « mzammar » signifie « de mauvaise qualité » ou encore « mal fichu ». Voici un exemple pour comprendre : il a voulu me donner son vélo, complètement « mzammar » : plus de freins, pneus totalement lisses, selle usée jusqu’à la moelle ; chuis pas fou, j’ai refusé ! N Nâan din Littéralement, « au nom du culte » ou « de la religion », mais en réalité, cela signifie « maudite soit l’origine de » et ce début d’insulte s’adresse souvent au père de quelqu’un : « Nâan din bouk », ou à la Mokh Signifie « cerveau / cervelle » et, comme en français, s’utilise aussi pour parler de « quelqu’un de brillant » : tu sais, Jean-Paul a réussi tous ces examens avec mention, avec une facilité déconcertante… C’est vraiment un « mokh » ! Mou (autre prononciation « Maou ») Signifie « puisque » ou « comme ». Voici quelques exemples de l’utilisation de ce mot : « Mou » tu m’as dit que tu allais venir me chercher…, alors je t’ai attendu, j’aurais mieux fait de prendre un taxi ! Il a dit qu’il allait soigner le chien, « mou » il est vétérinaire ! « Mou » je vais partir à Paris, alors j’irai voir si j’en trouve au Sentier. Mouch Signifie « ce n’est pas » ou « il n’est pas » et indique donc la négation : si Stéphanie n’a pas trouvé son « mazal » (son « bonheur » en hébreu, sous-entendu « l’homme de sa vie »), « mouch mektoub » (ce n’est pas écrit) pour l’instant, il faut qu’elle patiente… Toute couscoussière a son couvercle ! Autre exemple que j’aime bien : Qui a renversé l’eau du chat ?… « Mouch » moi… Quoi mouche-moi ? Tu peux répondre à la question s’il te plaît ?… Mais je t’ai répondu ! Ce n’est pas moi. Mout (prononciation correcte : Mott) Signifie « je suis mort » en arabe : j’ai fait le tour du souk pour ne rien trouver. « Mout » ! Morghiar (masculin) / Moghiara (féminin) Signifie « jaloux / jalouse » : Referme ta bouche ou tu vas marcher sur ta langue et arrête de la regarder comme ça… J’ai rien fait, c’est elle qui me regarde ! Après dix ans de mariage, tu es encore « moghiara », je t’aime ma chérie, ça fait plaisir ! 344 345 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 O Ôobbita Origine inconnue mais signifie « phénomène » ou « apparition » : j’ai vu la porte s’ouvrir et une toute petite femme au regard perçant s’est trouvée devant moi, on aurait cru une « ôobbita » ! Ne trouverait-on pas là l’origine du mot « hobbit » ?… Je plaisante, mais j’avoue y avoir pensé ! Odrob (prononciation correcte : Odhrob) Ce verbe veut dire « frappe » mais le tunisien l’utilise aussi pour dire « vas-y » : deux amis regardent un match de tennis à la télévision : « Ayya » Panatta (ex-joueur de tennis italien), « odrob », c’est bientôt la fin du match ! Ommi / Mimti Ces deux mots s’adressent à la même personne ; alors que l’un veut dire tout simplement « maman », l’autre signifie « ma petite maman » et même si on y rajoutait « toute mignonne que j’aime », personne ne s’en off usquerait ! Omri (prononciation correcte : Ôomri) Littéralement « mon âge », mais la vraie signification est, bizarrement, « mon ou ma chéri(e) » et se dit aussi bien à un(e) époux (se) qu’à un(e) ami(e) : « omri », s’il te plaît, fais-moi une « trongiya », j’ai besoin de me détendre ! Oskotte Voir « Echkeut ». (El) Ouahch Signifie « le manque », « l’alanguissement » et se dit lorsqu’on est loin de quelqu’un ou d’un lieu ou de quelque chose qui nous manque mère : « Nâan din ommok « ou encore, insulte extrême, au père et au père du père : « Nâan din bouk ou bou bouk » ! Nahouel bombex Les jeunes JT jouaient beaucoup avec des noyaux d’abricots. Le jeu consistait à faire une petite pyramide avec quatre noyaux, s’éloigner un peu et lancer un autre noyau dans le but de faire tomber la pyramide. Les joueurs disaient quelquefois « nahouel bombex » (malheureusement impossible à définir) pour porter la poisse à ceux du camp adverse afin qu’ils perdent. Nechma (prononciation correcte : Nessma) Difficile à traduire, il s’agit du « bon air, agréable à respirer et à sentir sur le corps » (eh oui, tout ça !) : ne reste pas sur la terrasse, va derrière dans la cour, tu vas sentir la « nechma » et je suis sûre que tu vas apprécier ! Nefkha Se dit d’une personne « gonflée » ou « imbue d’elle-même ». Ce mot vient du verbe « amfokh » qui signifie « souffler », donc « gonfler » : tu sais, Yona est gentille, sympathique, etc. Mais elle est un peu trop « nefkha » pour s’intéresser au fils du boucher ! Neïyèk Littéralement, ce mot veut dire « niqueur » mais en fait, il est utilisé comme une insulte dont la traduction est totalement inversée. En effet, lorsqu’on traite quelqu’un de « Neïyèk », c’est pour lui signifier qu’il est « faible » ou « raté ». 346 347 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Q Qâd qâd Signifie « tout juste » ou « exact » : « Je suis contente, pour la syna (abréviation de synagogue), j’ai trouvé un petit ensemble super mignon, qui me va qâd qâd, comme s’il avait été fait sur mesures ! nikitouche ! » Qâli / Qotlou Se dit lorsqu’on relate une conversation entre hommes et signifie « il m’a dit / je lui ai dit ». Les provinciaux diront plutôt Guèli / Gotlou. Qâtli / Qotla ou Qâletli, Qoletla Lorsqu’on parle de femmes, on dit souvent « elle m’a dit / je lui ai dit » et c’est ce que ces mots signifient. Dans les provinces et campagnes, la prononciation est un peu différente. On dira Gatli / Gotla. Qâouè Ce mot veut dire « force » : « J’te dis, on était embourbés dans le sable de Raouad, il m’a fait prendre le volant pour accélérer et lui, il a soulevé la voiture tout seul ! Quel qâouè ! » Qâouène (masculin) / Qâouènè (féminin) Signifie « qui a les jambes arquées », pas mal, non, pour un petit mot ! « Le pauvre enfant, sa mère a voulu le faire marcher trop vie et mainan, il est qâouène ! » Qâssiroun (masculin) / Qâssirouna (féminin) De « Qsir » qui signifie « court » en arabe, « qassiroun » signifie « petit de taille » et même « nabot » : « Tu crois pas qu’avec ses 1 m 70, elle va épouser le fils Untel qui est tout qâssiroun. Ma fille mérite mieux ! » terriblement : j’aime beaucoup Paris, je m’y suis bien habitué… mais j’ai toujours « l’ouahch » des bandes de copains, du lycée Carnot, du café vert, des plages, du soleil… Malheureusement, « elli fèt mèt ». Ou noss / Ou nofs Ces deux mots veulent dire « et demi » ou « et la moitié » : « Donne-moi un kilo ou noss (et demi) de pommes de terre… J’tai mis 2 kg pour le même prix, tché contente ?… » « Bien sûuur, contente ou noss (plus que contente). » P Pathos / Toss / Frankaoui / Françaoui / Francisse / Roumi En Tunisie, on utilisait très peu le mot « goy ». On parlait des Italiens, des Tunisiens ou des Arabes, des Maltais et souvent, pour parler des Français, on utilisait les mots « Pathos », « Toss », « Frankaoui », « Françaoui » ou encore « Roumi » (qui vient de « romain », donc chrétien) : « Ton Monsieur Bertrand, il va rien comprendre si tu lui dis que tu veux partir plus tôt du bureau pendant la fête de Hanouka, c’est un Toss ! » Pick-up Il s’agit du « tourne-disque », l’ancêtre du lecteur de CD, que les anciens ont bien connu. Phase / Phasette / En arabe : Fazâa Utilisé pour dire « blague / petite blague » : « Figure-toi que le fils de Jeannette, à deux ans, il a déjà beaucoup d’humour ; à chaque fois que je le vois, il me fait des phasettes. » 348 349 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 « Ourass baba » : sur la tête de mon père « Ourass benti » : sur la tête de ma fille « Ourass jeddi » : sur la tête de mon ancêtre « Ourass nar kobbour » : sur la tête du jour de kippour « Ourass ommi » : sur la tête de ma mère « Ourass oueldi » : sur la tête de mon fils Rass fartas Voir « Fartas ». S Sâad Ce mot signifie « chance » ou « destin » selon le contexte. C’est aussi un prénom et je tiens ici à rendre hommage à l’ex-gérant de la « Baraka » qui le portait bien (que Dieu protège son âme). Saha / Saha lik / Saha likoum Littéralement, « force » et/ou « santé ». Le Tune utilise aussi ce mot, avant ou après une action, pour dire « prend du plaisir », « bravo », « félicitations », « je suis content pour toi » : Mino s’apprête à manger le complet poisson préparé par Mili (Émilie, sa mère) qui le regarde avec amour. Mange mon fils, mange, « saha ». Le fils se délecte et termine en sauçant la « méchouia » (définition dans « Plats courants et spécialités »). C’était excellent, maman, je crois que c’est le meilleur complet que tu aies fait. « Saha » ! Hanna arrive et voit la satisfaction de Mino : « saha likoum » les enfants, vous avez une mère qui fait une cuisine de chef ! Sahite Ce petit mot, dont le « h » n’est pas aspiré mais très prononcé, veut dire « tu as bien fait », en sous-entendant « je suis fier(e) de Qbih (masculin) / Qbiha (féminin) Signifie « impoli(e) » ou « mal éduqué(e) » ou « insolent(e) » : « C’est comme ça que tu parles à Mamie Titine ? Qbiha, va t’excuser ! » Qbaha C’est la « grossièreté », la « mauvaise éducation » : « Quelle qbaha ce gamin, j’ai demandé de l’eau, il m’a dit d’aller me faire cuire un œuf ! » R Raou Du verbe arabe « Era » qui signifie voir, « Raou » est utilisé pour dire « il a vu » mais surtout pour dire « attention », « prend garde » ou « tu vois » ou encore « soit attentif » : « Ah bon, tu as décidé d’en parler à son père ? Tourne bien ta langue dans ta bouche avant de parler, raou, je le connais, il n’est pas commode ! » Rass Signifie « la tête » et le JT utilise cette partie essentielle du corps pour jurer à tout va. Brass Littéralement « avec la tête de » mais on l’utilise surtout à la place de « je t’en supplie » (voir « rass ») ou « si tu aimes » : « Brass ommok » (sur la tête de ta mère), fais-moi confiance… Ourass Signifie « sur la tête de » et s’utilise donc suivi soit du nom de quelqu’un de cher, faisant partie de la famille la plupart du temps, mais aussi de quelque chose d’important dans notre vie. Voici quelques exemples avec leurs traductions : 350 351 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Tamtam Il ne s’agit pas de l’instrument de musique mais du verbe « bégayer ». Taqrita Il s’agit du foulard que certaines personnes mettaient sur la tête. Celui que l’on portait sur les épaules s’appelle tout simplement « Foulara ». Tawa En arabe tunisien, ce mot signifie « maintenant » et plus on laisse traîner la dernière syllabe, moins on montre d’intérêt : « Dis Sammy, tu viens m’aider à sortir les courses de la voiture ? Tawaaa ? Oui, alors quand, demaaain ? » Tekhbilè C’est « l’embrouille », la « confusion » : Chacun avait sa tâche : la mère coupait les légumes, la grand-mère faisait la vaisselle, le père rangeait les chaises, les enfants couraient partout, tout le monde criait et le tourne-disque chantait du Rika Zaraï… J’te racante pas la « tekhbilè », j’te jure, j’ai plus l’habitude ! Terbaqa Voir « belgha ». Tfadhal / Pluriel : Tfadhlou C’est avec ce petit mot qui signifie tout à la fois « Entrez, bienvenue, installez-vous » que vous accueillent les Tunisiens qui vous reçoivent chez eux. Tfadhlik Avec la même racine que le mot précédent, « tfadhlik » veut dire « salamalec » (qui vient d’ailleurs de « salam alik » ou « paix sur toi » : Alors Mino, il était bon le complet ?… « Sahite », tu as tout fini ! Demain j’te fais nikitouche !… Merci maman, je sais qu’tu m’aimes mais arrête, j’t’en prie, j’vais finir par exploser ! Slikha En hébreu, signifie « pardon » et il arrivait au JT d’utiliser ce mot pour s’excuser. T Tafarder / Tafardeur En arabe tunisien « taffar » veut dire « mater » et/ou « celui qui mate ». Le verbe « tafarder » est typiquement JT et signifie « peloter », « caresser », avec un sous-entendu péjoratif : à peine on a commencé à danser qu’il m’a « tafardée » partout (en Tune, on dit aussi « de partout »), les seins, les hanches, les fesses… je suis partie en courant ! Et celui qui « tafarde » est un « tafardeur ». Logique, non ? Tahane Littéralement, cela signifie « souteneur », mais la plupart du temps, ce mot est utilisé pour parler de quelqu’un de « fourbe » ou « lâche » : c’est un « tahane », il m’a menti sur la qualité de son poisson, j’achèterais plus chez lui ! Taliane En arabe, signifie « italien » et on utilisait ce mot pour parler d’une « tenue à l’européenne », donc élégante et moderne. Tamâa Envieux ou demandeur : elle n’a pas arrêté de me dire qu’elle adorait mes chaussures, que j’avais bon goût, qu’elle ne savait pas les choisir. Tu veux que j’te dise la vérité ? Elle est très « tamâa » ! 352 353 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Toda / Toda ghaba En hébreu, signifie « merci » / « merci beaucoup ». Triha / Tannée Ces deux mots ont la même signification, soit « fessée » ou « correction ». Certes, le JT les utilise parfois ainsi : je te l’ai déjà dit trois fois, si tu ne vas pas tout de suite faire tes devoirs, je vais le dire à ton père et tu vas prendre une « triha » (ou une « tannée »). Mais, il y a un deuxième sens qui est celui de « perdre lamentable- ment » : j’ai pris une « triha » (ou une « tannée ») à la belote ! Julot et Maxo sont vraiment trop forts pour moi ! Et un troisième sens, celui de « grande difficulté à surmonter » : Tu vas pas monter le frigo à l’étage tout seul, c’est une « triha » (ou une « tannée »). Allez, prends le haut, je prends le bas, à deux, ce sera plus facile ! (La) Tsagha / Blè tsagha Familiarité, proximité / pas de familiarité : L’épicier, il a voulu faire la « tsagha » avec moi, il m’a proposé un thé… Il est pas bien lui ! D’ailleurs je lui ai dit : Si Ahmed c’est très gentil, mais « blè tsagha » avec moi… W Wah’lè Il s’agit d’un piège ou d’un problème inextricable : j’te raconte pas notre journée à Raouad (voir « Gammarth »), après avoir « fait le bain », mangé les fricassés magnifiques que Friso nous avait préparé, bronzé, refait le bain, on s’est retrouvé dans une « wah’lè » avec la « katkat » qui s’est embourbée… On s’est tous mis à creuser pour « débourber » et on a finalement perdu tout le bénéfice de la journée ! toi ») ou encore « accueil et salutations exagérés » : quand je suis arrivée au magasin, il m’a fait des « tfadhlik » à n’en plus finir, tout ça pour me dire après deux heures qu’il ne pouvait pas baisser le prix du tapis ! Tfaznik C’est le fait de « se montrer », « parader » : regarde Mylène qui arrive en gonflant la poitrine et en souriant de toutes ses dents. C’est la spécialiste du « tfaznik » ! Ouais, mais elle, elle obtient toujours ce qu’elle veut ! Ti Ce petit mot signifie « mais » avec exaspération : « Ti » « tché » pas la seule à vouloir aller à Djerba. « Ti » vas-y avec ta copine… Moi, j’peux pas t’amener ! Tkhalouide / Tkhalouida Signifie « mélange incongru » : J’te jure, j’étais mal… mais c’est de ma faute aussi, j’ai fait un « tkhalouide » avec les alcools… franchement j’aurais pas dû ! Khalouède C’est ainsi que l’on appelle celui qui fait des « tkhalouide » : le pauvre Julot, quel « khalouède », il a tellement mélangé les alcools qu’il n’arrête pas de faire des allers-retours au « cabinet » ! Tménik Signifie « moquerie » ou encore « manières » : arrête de faire des « tmenik » et viens avec moi… Si ça continue, il va falloir t’ouvrir un cabinet de « Tménikologie » tellement tu triches ! Tmenièk âaleya ? Tu te moques de moi ? 354 355 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Z Zab / Zeb / Zboub – Âasba Divers mots pour nommer (très) vulgairement le sexe masculin. Mais ils peuvent aussi être utilisés en tant qu’interjections pour dire « merde », « zut » ou « putain » : Ça fait deux heures que j’essaye de monter ce meuble, « zab » j’y arrive pas ! Zabbour Il s’agit du sexe féminin, mais cela signifie aussi « un canon de beauté » : tu as vu la fille Brami ? Elle est magnifique, c’est le « zabbour » du siècle ! Zebbi – Nammi Désolée de devoir l’écrire mais ces mots signifient « ma bite ». Cependant, comme « zab », ils sont plus souvent utilisés comme des interjections, pour dire « merde », « zut » ou « putain », un peu comme « putain con » dans le Sud-Ouest de la France. Ziid En arabe, signifie « ajoute » : je te sers et tu me dis quand j’arrête… C’est ban ? Non, « ziid, ziid », un peu, j’adore ton thé ! (à ne pas confondre avec « ziit » qui signifie « huile »). ONOMATOPÉES ET INTERJECTIONS TUNES Ababab Ce mot exprime la surprise, l’étonnement et trouve probablement son origine de « Ah Baba » ou « Oh mon père » : « Ababab, tu as déménagé tous les meubles du salon tout seul ? » « Franchement, tu m’épates ! » Ou’helt Je suis coincé, embourbé… Waqef (masculin) / Waqfa (féminin) Ce mot veut dire « debout », mais aussi « arrêté » ou encore « inerte » : « Gad ; qu’est-ce que tu fais là waqef, va me chercher un marteau ! » Woh Voir « Ouah ». Y Yâatik Signifie « que l’on te donne » ou « que tu aies » et que le JT peut utiliser sans y rajouter autre chose car la suite est sous-entendue : J’te jure Jojo, avec ton histoire de mécano, tu m’as fait mourir de rire. « Yâatik » ! (ici, le sous-entendu est « qatra », voir définition). Yâatik peut aussi être le début de plusieurs insultes qui, même si elles paraissent méchantes, ne le sont pas vraiment et peuvent même s’adresser à des personnes que l’on aime… Comme ceci est assez difficile à expliquer, vous trouverez quelques exemples dans la partie « Expressions et Proverbes ». Yja / Yja chouf / Yja Houni / Yja akol « Yja » qui signifie « viens » est un mot très utilisé, seul ou associé à d’autres, comme en français. « Yja chouf » veut dire « viens voir », « yja houni » : viens ici, « yja akol » : viens manger, etc. Voir aussi « Jiit ». Yezzi En arabe, signifie « arrête » ou « ça suffit ». 356 357 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Err En Tunisie, cette onomatopée est utilisée pour faire avancer les équidés, dont les « brel » (voir définition). Euf Cette onomatopée montre l’exaspération et on pourrait la traduire par « ras-le-bol » ou « ça suffit » mais elle signifie aussi « ça pue » : « Euf, riha mchouma », ouvre, ouvre la fenêtre ! Fiiit Onomatopée typiquement JT qui signifie « ça pue ». Cela vient-il de « feet », « pieds » en anglais, peu probable, c’était juste pour rire… : Tcha fait des choux de Bruxelles ? « Fiiit » Fokk Signifie « Arrête » ou « stop » : Je n’arrête pas de penser à la pauvre Ginou qui a perdu son chat… « Fokk », il est en chaleur, c’est normal, il va revenir… Hab hab Alors que le chien français fait « wah wah », le chien tunisien fait « hab hab ». Hou (autre prononciation : Huuu / Ouh ) Cette onomatopée peut être utilisée à diverses occasions, selon le contexte : – Elle peut s’apparenter à « maudit(e) » : « Hou âalik » (maudit sois-tu), tu vas voir ce que tu vas voir ! – Elle peut exprimer la peine : dans le cas d’un enterrement, par exemple, c’était le son interminable que faisaient les pleureuses devant la tombe. Bah En arabe tunisien, ce mot qui signifie « c’est fini » ou « il n’y en a plus », s’adresse surtout aux bébés et aux jeunes enfants en insistant sur le « H » : Siman, la balle est també dans le trou… « Bahhh » ! Arrête de pleurer, demain, maman elle t’achète une autre ! Chè / Ichèfik / Ich’chè Signifie « bien fait (pour toi) » ou « bisque bisque rage » : Tché també de l’échelle, « ichafik » ! Je t’avais dit qu’elle n’était pas stable et qu’il ne fallait pas manter dessus ! Chèchè Cette interjection exprime le soulagement, le bien-être : Michou et Odette ont passé la journée à piétiner à « Melassine » Elles s’assoient enfin dans un café climatisé. Ouf « chèchè », comme ça fait du bien d’être enfin au frais ! Ce mot est aussi utilisé lorsque l’on sort de son bain, frais et dispo. Daï / Ma daï Cette interjection en langage familier italien et qui se prononce « daye », était souvent utilisée par les JT d’origine livournaise (les « grana »). Elle signifie « Allez / Mais allez » ou « tu me fais marcher » ou encore « ne dis pas n’importe quoi » : « Daï », viens avec moi au ciné, il paraît que c’est un super film ! C’est pas toi qui va avoir peur d’un peu de sang, c’est que de la sauce tomate, seulement de la « salsa di pomodoro » « Ma daï » ! Ekh Onomatopée que l’on utilise pour répondre à quelqu’un et qui veut dire « que tu es bête » ou « tu me fais bien rire » : Alors, il a traversé sans regarder et paf, le chien… « Ekh » ! 358 359 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 temps que d’autres personnes ou encore pour les calmer lorsqu’ils pleurent. Selon le nombre de « s », on devine l’exaspération plus ou moins grande. Ouah / Woh Avant explication, une petite précision : contrairement au chien français qui fait « Ouah », le chien tunisien fait « Ouab ». « Ouah » est une onomatopée qui exprime une grande surprise, mais il faut savoir qu’un rien surprend le tunisien : « Ouah ! Tché toute frisée, tcha mis les cheveux dans la prise ce matin ? » Oye Onomatopée qui signifie « comme c’est bizarre » ou « comme c’est drôle » et qui est donc utilisée par le JT pour montrer de « l’étonnement » ou de « la surprise » : Quoi, tu fais les « nikitouche » avec un presse-ail ? « Oye » ! Quelle bonne idée ! Tfou / Tfou âalik « Tfou » est une interjection tune qui imite le son que l’on fait en crachant et « tfou âalik » est donc une insulte qui signifie « je te crache dessus ». Il ne s’agit pas bien sûr de passer à l’acte, le fait de le dire montre déjà le dégoût et le mépris ! Tikè tikè Onomatopée qui symbolise le bruit des pas et qui représente donc la marche. Selon la vitesse et le nombre de ces mots répétés, la marche peut être lente « ti kè ti kè » ou rapide « tikètikètikètikè » : oui, je sais, il a des difficultés à marcher, mais s’il va « ti kè ti kè », il peut au moins faire 500 mètres ! Je lui demande pas de faire « tikètikètikè ». Cette onomatopée est aussi utilisée dans des chansons enfantines (Tikètikètikè ou baba jeb a’houita ») ou des slogans (Ah Ah, tikètikè, ah ah ») que seuls les Tunisiens peuvent connaître… – Elle peut signifier le mépris, le dégoût ou encore la honte : « Ouh » ! qu’est-ce que ça pue ici… Mimi, met de la javel, « tcha » pas lavé ou quoi ? – « Houuu » ou « Huuu » prolongé peut évoquer un temps révolu et bien sûr, plus le « ou/u » est long, plus le temps est lointain : tu te souviens de la plage de l’Oiseau Bleu ? « Houuuuu ! Ya Hasra » (il y a tellement longtemps) je crois qu’elle est couverte de pierres, aujourd’hui ! Kessssss Onomatopée utilisée pour faire peur aux chats (et uniquement aux chats !) et donc les chasser et le plus drôle, c’est que cela ne fonctionne qu’en Tunisie… Essayez-donc de crier « kesssss » à un chat en France ou en Italie ou ailleurs…, cela ne fonctionne pas ! Je le sais, j’ai essayé partout où je suis allée… En tant qu’exemple, j’utiliserais une phrase de mon amie Faïza alors que nous étions au téléphone et qu’elle a arrêté la conversation pour tousser : « Désolée, j’ai un chat dans la gorge… « Kesss, kesss » bon, on peut continuer, il est parti ! » Maï Prononcée « maaye », cette onomatopée, utilisée surtout par les femmes JT est assez difficile à traduire. On peut cependant dire qu’elle exprime une admiration sarcastique ou ironique : demain, on va lui présenter son futur beau-fils (gendre), elle a acheté une belle robe, elle va préparer un gâteau et elle va tout faire pour se faire apprécier, « maï » ! Pourvu qu’il ne change pas d’avis et qu’il l’épouse vite ! Osss Cette onomatopée signifie « chut » et vient probablement de « Oskotte ». Les mères tunisiennes, juives ou non, l’utilisent souvent pour faire taire leurs enfants lorsqu’ils parlent à tort ou en même 360 361 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 EXPRESSIONS ET PROVERBES Âaïcha mchouma Littéralement « vie qui pue » et signifie plutôt « vie difficile, affreuse » : La pauvre, à 16 ans, elle doit s’occuper du ménage, de son père, de sa mère et de ses deux petits frères, « âaïcha mchouma » ! Elle a pas de jeunesse ! Âaïcha mrahza Quasi synonyme de l’expression précédente, celle-ci veut aussi dire « vie aff reuse et difficile » mais il manque la notion de puanteur : tous les matins, je vais chercher du travail et tous les soirs, je reviens sans… « Âacha mrah’za » ! Âajeb yâajaba Même explication que pour « âajeb », mais on insiste sur la surprise ou l’étonnement… Âala hietek – Âala hietkom De l’arabe, « haïèt » ou « vie ». Littéralement « que tu vives », « que vous viviez » mais signifie plutôt : « tu nous manqueras », « vous nous manquerez » ou encore : « la prochaine fois, avec toi ». L’anniversaire de Michou (surnom pour Michelle ou Micheline) approche mais Gilles ne sera pas là car il part en voyage d’affaires… « A la hietek », Gilou ! Âam Kakkah A priori, Kakkah est un nom ou un prénom et « âam » signifie « oncle ». Je n’ai pas réussi à trouver l’origine de cette expression mais en Tunisie, on l’utilise pour parler de quelque chose d’ancien, de révolu, de désuet : Et tes chaussures, tu les as trouvées où ? Chez « Âam Kakkah » ? On dirait qu’elles datent de Mathusalem ! (non, il n’y a pas d’erreur, l’expression française « vieux comme Mathusalem » a été quelque peu transformée par le JT). Traf Onomatopée qui symbolise le bruit d’un coup donné avec la main. Ce peut être une gifle ou une fessée : je suis arrivé devant lui et, ni une, ni deux, « traf, traf », il m’a mis une gifle sur chaque joue. Il n’a rien dit, je n’ai rien compris ! Il doit m’en vouloir pour quelque chose…, mais quoi ? Zaâma Interjection qui a plusieurs significations : Pas vrai / comme si / soi-disant / soit dit en passant / tu m’en diras tant / genre / style / ne fais pas semblant de ne pas savoir de quoi je parle / donner le change : « zaâma » (genre, style) tu as fait le tour du monde ? Autre exemple : Il a fait « zaâma » (signification ici : donné le change) toute la soirée puis on s’est rendu compte qu’il n’était pas invité ! Autre exemple : Je suis très fatiguée… « Zaâma » (pas vrai) ! Et un petit dernier : Ne fais pas « zaâma » (comme si) tu le savais pas ! Ziou ziou Si l’oiseau français fait « cui-cui », le tunisien fait « ziou ziou ». Zah Onomatopée qui signifie « merde » ou « zut », mais qui est moins vulgaire que « zab » -puisque les femmes l’utilisent aussi – et qui n’a rien à voir avec le sexe masculin. Zekch Interjection que l’on utilise très souvent, comme « m… » en français : quoi, t’es pas encore prête, « zekch », j’t’avais dit qu’on était en retard… Active-toi un peu, on va rater le train ! 362 363 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Adhra fergha / Ahkaya fergha Littéralement « histoire vide » (de sens) ou « paroles creuses ». Signifie donc « parler pour ne rien dire », ce que fait souvent le JT, l’essentiel pour lui étant d’être avec les autres… Adhra tâa Matteo Signifie « histoire de Mathieu » et en réalité « histoire à dormir debout ». Un jour, alors que mon amie Sophie utilisait cette expression, je lui ai demandé : « mais qui est ce Matteo, je ne comprends pas, s’agit-il de Saint-Mathieu ? et si c’est lui, pourquoi ? Il disait n’importe quoi ou quoi ? » Sa réponse a été brève, efficace et typiquement Tune : j’sais pas moi et arrête de te poser des questions, ça doit être un « Boulâaba » (voir définition) italien ! Ah yommi Signifie « Oh ma mère » ! Cette expression exprime soit « la plainte », soit « la peur », soit « la satisfaction » : Sarah revient des courses chargée et exténuée. Elle dépose ses sacs et s’assoit enfin en soufflant : « ah yommi » ! (en exprimant ainsi la plainte et la satisfaction de se reposer enfin). Aller très très mal Le JT a tendance à protéger, voire surprotéger, son prochain. Ainsi, lorsqu’il doit annoncer le décès de quelqu’un, il commence par dire qu’il « va très très mal ». Âandou nessou Littéralement, cette expression signifie « il a ses gens », ce qui revient à dire « il a ses adeptes ou ses amateurs » : Quoi, tu vas préparer de l’« âaqod » pour les Bijaoui dimanche soir ? Et alors, qu’est-ce tu crois, « âandou nessou », Charly m’a dit que c’était son plat préféré ! Âandek loreguel Je me souviens de cette expression que me disait la bonne Mabrouka, à chaque fois qu’elle voulait que je l’accompagne au hammèm et qui signifie « As-tu tes règles » ? Bien sûr, « loreguel » n’est pas du tout un mot tunisien, c’est juste une arabisation de deux mots français, comme vous l’avez compris. Âannaq ou bouss ou khalli boqâat l’âarouss Littéralement, « Enlace et embrasse et laisse la place du mari », autrement dit, « tu peux flirter, mais gardes ta virginité » et se dit donc aux jeunes filles. Âariane geriane Littéralement, « nu qui court », que l’on traduirait en français « nu comme un ver ». Âatini el kheir ou âatini fine en hottou « Donne-moi le bien et donne-moi où le mettre », autrement dit « il ne suffit pas d’avoir, il faut aussi savoir utiliser cet avoir ». Âayn tebki ou âayn tedh’hak « Un œil qui pleure et un œil qui rit » traduit en français par « Jean qui rit, Jean qui pleure », ce qui revient à dire « passer facilement du rire aux larmes ». À base / A base des cotez En JT, cela veut dit « Arrête, je ne te crois pas, n’insiste pas, ne dit pas de bêtises » : J’te promets, il a pêché un mérou d’à moins troid kg. Trois kiloooos ? Qu’est-ce que tu racontes ? « A bbaaase » ! 364 365 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Baba Gigi De l’arabe « baba azizi » qui signifie « mon grand-père ». C’est joli, non ? Ainsi, nombreux étaient les papis qui avaient le doux surnom de « Gigi » ! Baba sidi Littéralement « mon père, Monsieur » mais il s’agit en fait d’un synonyme d’« etc. » ou « famille et compagnie » ou encore « et toute la bande » : oui, j’ai été à la soirée des Sitbon ! Il y avait Sylvain, son père, sa mère, sa femme, son frère, sa belle-sœur, « baba… sidi… » toute la famille au grand complet. Bab el Oued Nom du quartier populaire pataouète (où l’on parlait un mélange de français, arabe, catalan, castillan, italien et Maltais) d’Alger, littéralement « porte de la rivière ». Cependant, le JT évoque « Bab el Oued » pour parler d’un lieu lointain ; eff ectivement l’Algérie, par rapport à la Tunisie, c’est très loin… Mais tout est relatif : J’t’en prie, pourquoi aller chercher les gâteaux chez Memmi à « Bab el Oued » alors qu’on a Paparone à deux pas ? À la baballa Signifie « N’importe comment, sans soins, dans le désordre » : ma chérie, je ne suis pas spécialiste, mais ça tient. J’ai fait comme j’ai pu, « à la baballa ! » Barra emchi neïek Littéralement, cette expression signifie « va, marche, nique » mais qu’elle soit dite en entier ou tronquée « Barra emchi » (en traînant sur le « i ») ou « Emchi Neïek », elle est surtout utilisée pour dire « va te faire voir ». Après j’te dis / Après j’t’esplique Expression souvent utilisée par les femmes, et qu’elles prononcent très rapidement et à voix basse lorsqu’elles ne veulent pas ébruiter quelque chose. Rappelez-vous le sketch du génial Elie Kakou « Allah yarahmou » : « T’as compris le coup ? Après j’t’esplique » ! Au pire Le JT ne dit pas « dans le pire des cas », mais « au pire », c’est plus rapide et ça fatigue moins : Va voir mon coiffeur, j’te dis… « Au pire, au pire », qu’est-ce qui peut t’arriver ? Que ce soit trop court ? C’est pas grave, ça repousse ! Avoir la douda Littéralement cette expression signifie « avoir le ver » mais en réalité, elle veut dire que l’on est sous l’emprise de quelque chose ; aujourd’hui, on dirait totalement « addict » : quand je commence à manger des « glibettes », « j’ai la douda », il faut que je les finisse. Pareil pour le chocolat, il faut que j’aille au bout de la tablette ! Ay va va De manière très correcte, on pourrait traduire cette expression par « allons donc, tu dis n’importe quoi » mais on l’explique plutôt par « allez, fiche-moi le camp » ou « je ne te crois pas » : Maman, tu sais qu’on va bientôt pouvoir voyager sur la Lune ? La Luuuuune ??? « Ay va va » ! Baba andou oubou Littéralement, « mon père a son père ». Cette expression s’emploie pour dire « c’est très ancien » : tu te rappelles de Fantômas qui vendait des œufs de sable sur la plage de la buvette… Hou ! « baba andou oubou » 366 367 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Bech’n qatâa’houaiji Littéralement « je vais me déchirer les habits » (on le dit aussi, d’ailleurs) et s’utilise pour montrer une sorte d’exaspération : Gino (surnom pour Eugène) visionne des matches depuis trois heures. Danina (surnom pour Danièle) arrive : Gino, j’en peux plus, « bech’n qatâa’houaiji », on n’est pas sortis de tout le week-end. Bel âajla La traduction littérale est « avec la roue » mais cela veut dire en fait « vite » : Josy est dans un taxi pour l’aéroport. Elle est très en retard et a peur de rater son avion. Elle s’adresse au chauff eur : s’il vous plaît, Monsieur, « bel âajla », je suis très pressée ! Bel frej âalik Cela veut dire « avec la santé sur toi » : allez, au revoir et à bientôt… « Bel frej âalik » ! Belghet Ahmed Littéralement, cette expression signifie « les savates d’Ahmed ». Cette expression est utilisée pour parler de quelque chose de récurrent : j’t’ai raconté quand j’ai pêché un loup de dix kilos ?… Bien sûr, au moins vingt fois, J’t’en prie épargne-moi cette « belghet Ahmed » ! Bellâa fommok Littéralement « avale ta bouche », façon plus polie de dire « ferme ta g… » : Daydou (surnom pour David) s’énerve car ses parents refusent qu’il aille en boîte à 16 ans… J’en ai marre, j’ai rien de ce que je veux, tout le monde est méchant avec moi, je vais me tuer etc. Lalou (surnom pour Elie) l’arrête tout de suite : « bellâa fommok », tu parles pas comme ça à tes parents ! Va dans ta chambre ! Barra raazz (prononciation correcte : Barra rahazz) En arabe, signifie « va rager », et s’utilise pour dire « va te faire f… » ou « arrête de m’embêter » : Bon, tu veux ou tu veux pas ? Si tu veux pas, « barra raazz », je me débrouillerai tout seul ! Barra zammar En arabe, signifie « va siffler », façon de dire « cause toujours » ou « laisse moi tranquille » : Bijour Mazmazelle, vous êtes françése ? Vous irez faire un tour dans ma voiture ?… « Barra zammar », je suis fiancée ! Pensez au titre de la chanson de Joe Dassin : « elle m’a dit d’aller siffler là-haut sur la colline » qui se poursuit par « zaï, zaï, zaï, zaï, » et méditez… Base-moi Signifie « Arrête, laisse-moi tranquille, oublie-moi » : Dis, tu as révisé l’anglais… Hum… Tu as révisé, tu as révisé ??? Hum… Réponds, tu as révisé ou pas ?… Tu m’énerves, « base-moi » ! Basse classe / Goum ni khiber Le JT est d’origine modeste mais il est assez bien éduqué, la plupart du temps… Ainsi, lorsqu’il parle de personnes mal élevées, il utilisera l’expression « basse classe » ou « goum ni khiber » : Ma fille, je te conseille de ne pas fréquenter (sortir avec) le fils des voisins, c’est un « basse classe ». Bech tekol triha / Bech tekhou triha Littéralement, « tu vas manger une fessée » / « tu vas prendre une tannée », mais bien entendu, cela signifie « tu vas prendre une fessée » : si tu continues, « bech tekol triha » ! Bech yeftaq be’nefkha Littéralement « il va exploser avec sa vanité ». 368 369 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 pas aller avec toi à Nabeul, « boul âali », tu trouveras quelqu’un d’autre ! Ça vient pas Pour le JT cette expression veut dire « ce n’est pas possible » ou « cela ne va pas ensemble » : Cette vis et cet écrou, « ça vient pas », j’t’en prie trouve-moi soit la bonne vis, soit le bon écrou ! C’est pas pour dire Cette expression qui devrait vouloir dire « ce n’est pas pour être méchant ou médisant » est toujours suivie de « mais » donc elle signifie le contraire et elle est utilisée pour faire passer plus facilement un message : « c’est pas pour dire » mais il n’y a que le TGM qui ne lui est pas passé dessus ! C’est tout ce que tu as trouvé ? Cette phrase interrogative marque une certaine déception du JT : je t’ai dit d’aller faire les courses et tu n’as rapporté que du lait et du sel… « C’est tout ce que tu as trouvé ? » Qu’est-ce que je vais faire à manger moi, maintenant ?… Allez, va… j’y retourne ! Autre exemple : On était contents que tu nous présentes enfin quelqu’un, mais il est très âgé pour toi, il est « fartas » (voir définition) et il lui manque des dents… « C’est tout ce que tu as trouvé ? » Châad ou Majal (prononciation correcte : Sâad ou Mazal) « Châad » ou « Sâad » est un mot arabe qui signifie « chance » et « Majal » ou « Mazal » est un mot hébreu qui veut dire « destin ». Les deux mots ainsi liés constituent un vœu que l’on adresse souvent aux filles/femmes célibataires, car la chance et le destin mènent, bien sûr, au mariage. Be saha (avec la santé) / Bsahtek (avec la santé pour toi) Bet mâa djejj ou sbah y kakki « Il a dormi avec les poules et au matin, il caquette ». Cette expression se dit lorsqu’une personne inexpérimentée se prend subitement pour un expert, mais aussi pour se moquer de quelqu’un qui ne fait qu’imiter ses proches pour se faire valoir. Biâa Mqatâa Littéralement « aff aire déchirée » et signifie plus clairement « mauvaise affaire » ou « aff aire sérieuse, difficile à résoudre » : la vérité, j’ai voulu l’aider à vendre sa villa, mais j’ai renoncé ; il faut tout refaire… C’est une « biâa mqatâa » cette maison ! Blech flouch / Blèflouch (prononciation correcte : Blè flouss) Littéralement « sans argent » mais signifie en fait « très peu cher » : À peine je suis entrée dans le magasin, j’ai vu le sac de mes rêves et attends, la belle surprise, c’est qu’il était « blèflouch », alors j’en ai pris deux, un pour toi et un pour moi… Tu aimes ? Hammel blech flouch Littéralement « porteur gratuit » : alors dimanche, elle a voulu déménager toute sa cuisine, et moi, comme d’habitude, j’ai fait le « hammel blech flouch » ! Borma rlète Signifie « la marmite est en ébullition » mais peut aussi s’utiliser pour parler d’une personne qui s’énerve : regarde-le, il est dans tous ses états, « borma rlète » ! Boul âali Littéralement, « pisse-lui dessus » mais cela signifie en fait, « ne tiens pas compte de lui » ou « laisse-le tomber » : écoute, s’il ne veut 370 371 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Chkoun mchè’l’qbar ou jeb l’akhbar « Qui est parti dans la tombe et est revenu apporter des nouvelles ? ». Chkoun yâaref Signifie « qui sait » : Même si tu l’aimes pas, il faut le respecter ; « chkoun yâaref ? », il peut très bien croiser ton chemin à nouveau… Le mande est petit… ! Choufouni ya ness Littéralement « les gens, regardez-moi » : Nathalie, elle est du genre « choufouni ya ness », elle fait tout pour ne pas passer inaperçue, quitte à mettre son amour-propre entre parenthèses et à se ridiculiser parfois ! Chrè l’ahsira qbel el jemmâa « Il a acheté le tapis avant (de construire) la Mosquée ». C’est la façon Tune de dire « mettre la charrue avant les bœufs » ou encore, « vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué ». Crève et meurs Il s’agit d’une insulte utilisée un peu à tort et à travers et qui ne signifie pas vraiment ce qu’indiquent ses termes : quoi, tu as déchiré le cahier de Nicolas, « que tu crèves et que tu meures », Charles ! Dater de Âam Kakkah A priori, Kakkah est un nom ou un prénom et « âam » signifie « oncle ». Je n’ai pas réussi à trouver l’origine de cette expression mais en Tunisie, on l’utilise pour parler de quelque chose d’ancien, de révolu, de désuet : Et tes chaussures, tu les as trouvées où ? Chez « Âam Kakkah » ? On dirait qu’elles datent de Mathusalem ! (oui, le Tunisien ne dit pas « qu’elles sont vieilles comme Mathusalem »). Ched el beb hatta y ji J’ha Littéralement « tiens la porte jusqu’à ce que J’ha vienne » mais signifie plutôt « tu perds ton temps » ou « tu parles pour ne rien dire » : il a promis qu’il allait me réparer le robinet de la salle de bains… Mais bien sûr, « ched el beb hatta y ji J’ha », vaut mieux tu appelles un plombier ! Chey mè âandi mè nâamel Signifie « je n’ai rien à faire » : Et pour lundi, tu as fait tes devoirs ? « Chey mè andi mè nâamel » ! Ah ban, alors révise ! Chey mè y doum Signifie « rien ne dure » ou encore « tout est éphémère » : Dis, tu sais ce qu’est devenue la baraka ? Je crois qu’ils l’ont détruite… Dommage, « Chey mè y doum » ! Chila bila Signifie « en vrac » et/ou « n’importe comment » : il faut faire les choses soigneusement et pas « chila bila » – Écoute, j’ai trouvé tous ces légumes chez un petit marchand ambulant, « chila bila », au même prix ! Chiqué maltais Lorsque le JT disait de quelqu’un qu’il avait le « chiqué maltais », cela voulait dire qu’il portait des vêtements qui n’étaient pas du tout assortis… : « Ma belle, tu ne vas pas sortir comme ça, c’est du chiqué maltais ce rouge avec ce vert… On va se moquer de toi » ! Chkara batata C’est un « sac de pomme de terre », mais on utilise aussi ces mots pour dire à quelqu’un qu’un vêtement ne lui va pas, ou lui va comme un sac : tu ne vas quand même pas mettre cette robe, elle n’a aucune forme, on dirait une « chkara batata » ! 372 373 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 au genou en tombant alors elle est allée s’asseoir… Tu aurais dû voir toute la famille autour, on aurait dit « dénia jète ». Dènia khlète Littéralement, « le monde est foutu » ou encore « ça a bardé » : pendant « la révolution du jasmin », « denia khlète » à Tunis, il y avait le couvre-feu tous les soirs et les gens avaient peur pour leur sécurité et celle de leurs enfants… De toute sa masse On comprend aisément cette expression dont voici un exemple : le pauvre, il a couru, il a trébuché et il est tombé « de toute sa masse » dans les rosiers. On s’y est mis à trois pour enlever les épines… Dra wine Littéralement, cette expression signifie « à savoir où » : Tcha pas vu Jacky ?… Jacky ? Il est parti « dra wine » depuis ce matin avec les frères Randazzo… Peut-être à la pêche ? Dour bihà Chibani dour bihà Chanson algérienne, empruntée par le Tune qui signifie « tourne avec elle, Chibani (ou « cheveux blancs » : les « chibanis » sont les vieux maghrébins immigrés en France), tourne avec elle » et qui est interprétée lors des fêtes pour mettre de l’ambiance… et ça le fait toujours ! Ech âalina Littéralement, cette expression veut dire « qu’y a-t-il sur nous ? » mais la traduction plus adéquate serait « en quoi cela nous importe- t-il ? » : je t’ai dit que les voisins des Soussan avaient acheté une nouvelle voiture ?… Bon, « ech âalina » on les connaît même pas ! Allez viens prendre une petite Boukha ! Deb el far, deb el far, hatta youssâa bab el dar « La petite bête qui monte, qui monte, qui monte » vous connaissez ? Eh bien, les Tunisiens utilisent l’expression ci-dessus qui signifie « grimpe la souris, grimpe la souris, jusqu’à l’arrivée à la porte de la maison ». Defâa el Blè Littéralement, cette expression signifie « paye la plaie » mais en Tunisie, on l’utilise surtout pour dire : « laisse tomber ». De folie ! Utilisé par le JT à la place de « exceptionnel » ou « magnifique » ou « énormément » et s’emploie donc pour exagérer les choses : Tu as vu la nouvelle voiture de Maxo, elle est « de folie » ! Dekheltouni, kharejtouna Expression qui signifie littéralement « vous m’avez fait entrer, vous nous avez fait sortir » et se dit lorsque l’on invite quelqu’un qui s’installe sans aucune gêne et qui prend tellement ses aises que l’on ne se sent plus chez soi… Dem bered Littéralement « sang froid » : écoute, elle ne s’est pas démontée… Elle lui a fait du bouche à bouche pendant tout le trajet et quand ils sont arrivés à l’hôpital, le médecin lui a dit qu’il avait été sauvé grâce à elle… Quel « dem bered » cette Sylvette ! Alors que son mari arrivait à peine à conduire, elle a réussi à garder un calme olympien. Dènia jète Littéralement, « le monde est arrivé » et se dit, ironiquement, pour un événement qui n’est pas très important mais auquel on donne de l’importance : Hayya (prénom qui signifie « vivante ») s’est fait mal 374 375 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 reste-t-il à faire ?) pour ton ménage de Pâque ?… Les vitres… Quoi, tu n’as pas fini, il est tard, on doit vite aller chez Mamie pour la fête… Dépêche-toi, « ech mezel » (quel temps nous reste-t-il ?). Pour les non-initiés, je précise que les fêtes juives commencent au coucher du soleil. Je dois aussi rajouter que cette expression peut s’adapter au sujet ! « Ech mezelek » veut dire « qu’est-ce qu’il te reste », « ech mezèlou » « qu’est-ce qu’il lui reste », etc. Echma klemi Cette expression signifie « écoute mes mots » mais aussi « crois- moi » : Je te dis que je le connais, il ne faut pas lui faire confiance, « echma klèmi », c’est pour ton bien. Echoui demmek Littéralement « Grille – ou brûle – ton sang » mais signifie en fait « c’est bien fait pour toi » : maintenant que tu l’as laissé partir tout seul dans la nuit, avec un phare cassé, « echoui demmek » ! Ech sahr Signifie « Quel magicien », et s’utilise quand quelqu’un réussit une prouesse. « Ech sahr ! Il a réussi à trouver où se garer juste à côté du marché central ! » Ech temma / Ech femma Signifie « Qui y’a-t-il ? ». « Ech temma, tié pressé ? Si on rate ce TGM, y’en a un autre dans 10 minutes ! » Ech tlâa mennou / Ech tlâa men’ha Littéralement, cette expression veut dire « qu’est-ce qui est monté de lui » / « d’elle » mais en réalité, elle signifie : « quelle imagination il/elle a » ou encore : « qu’est-ce qu’il lui a pris ». Voici un exemple avec ces deux possibilités : il a dû mettre cinq heures, Ech bech y qôul fommi Expression qui signifie « que va dire ma bouche » et qui permet de garder pour soi, tout en faisant comprendre qu’on allait le dire, quelque chose de désagréable. Ech bech’n qôul ou nssit Expression arabe très utilisée qui signifie : « j’ai oublié ce que je voulais dire ». Ech bik « Qu’as-tu ? Que veux-tu » ? Ce dit quand on est agressé et que l’on riposte d’un air viril. Ech dekhlek Littéralement, cette expression veut dire « qu’est-ce qui te fait rentrer » et elle est surtout utilisée pour signifier « de quoi te mêles-tu » : alors je te disais que mes voisins me prennent pour leur confidente, ils se trompent mutuellement sans le savoir et moi je suis très mal à l’aise avec chacun d’eux… « Ech dekhlek », laisse tamber, c’est leur problème, le mieux que tu aies à faire c’est de t’éloigner et d’arrêter de les écouter sinan un jour, ça va te retamber sur la gueule ! Ech i echbâa el jmel, mè tiffèf « Combien faudrait-il de paille fine pour rassasier un chameau ? », autrement dit : il est difficile de rassasier un homme grand. Ech Khass « Qu’y a-t-il de spécial ? » Ech mezel Cette expression, très utilisée par le JT, veut littéralement dire « qu’est-ce qu’il reste » et peut prendre diverses significations, selon le contexte. En voici deux exemples : Bon, « ech mezel » (que te 376 377 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Elli yahsbek bel foul, ahsbou bel qchour « Celui qui te considère comme une fève, considère-le comme des épluchures ». Pour les relations humaines, tout est dit et j’approuve inconditionnellement cette expression. Et vous ? El meziène, elli yelbess y ouatih Littéralement « le bel homme, tout ce qu’il porte lui va » : « Tcha » vu Lalou avec la « jebbah » hier alors que tous les hommes étaient en « cravate nœud papillan » ? Oui, j’ai vu, et alors ?… Il était magnifique : « El meziène, elli yelbess y ouatih » et tu peux rien faire contre ça ! El mlih, rabbi y qarbou En français : « le mieux, Dieu le rapproche » ou plus précisément « Dieu fait en sorte que le bien arrive plus vite » et bien sûr, on utilise cette expression pour soutenir quelqu’un qui est malade ou qui se trouve dans une situation difficile. El mout temma ou el’âadeb âalech « La mort existe, pourquoi la souffrance », autrement dit « puisqu’on doit mourir, pourquoi doit-on souff rir » ? El mra chriquète el satane « La femme est l’associée du diable ». Chacun ses idées, « no comment ». Elli âandou loulède, âandou l’âadèbe « Celui qui a des enfants a des ennuis ». Bien sûr, cette expression n’est prononcée qu’en cas de problèmes ponctuels avec les enfants. En effet, pour les parents et surtout chez les JT, leurs enfants sont toujours « les plus beaux et les plus intelligents du monde », n’est-ce pas man fils ? mais il a fabriqué tout seul cette Tour Eiff el en allumettes, « ech tlâa mennou » !… Après ça, sans rien dire, il est sorti et il n’est revenu que le lendemain, « ech tlâa mennou » ! Edhak el denia qbel men tedhak âalik « Ris de la vie avant qu’elle ne rie de toi », c’est-à-dire « ne prends pas la vie au sérieux ». Ehbèle ou tkechkich C’est-à-dire « folie et divagations » et s’utilise lorsque l’on part de quelqu’un qui part dans des délires. El âaroussa touila ou bèb ed’dar qssir « La mariée est grande et la porte est basse ». Cette expression signifie : « l’épouse est exigeante mais elle doit vivre humblement » ou encore qu’« il faut s’adapter au monde dans lequel on vit ». El ghali yotlob el rkhis « L’onéreux réclame le bon marché » ou « lorsqu’on a conscience de ce qui est cher, on a aussi conscience de ce qui est bon marché ». El hob blè ghira kif el khobz blè khmira « L’amour sans jalousie est comme le pain sans levure » Elle est belle Bien sûr, cette phrase peut s’adresser à une femme mais le JT, toujours optimiste et plein d’entrain, l’utilise souvent pour parler d’une situation ou d’une affaire : Écoute, finalement tout a été résolu, on m’a changé de chambre et je peux enfin profiter de mes vacances… Elle est belle ! Elli qoul lè, mè y jibech blè Proverbe qui signifie : « Celui qui dit non, n’apporte pas d’ennuis ». 378 379 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Elli y hab el hlou, i sar el leil kollou Jolie expression qui signifie « celui qui aime le beau (ou le doux) doit veiller toute la nuit », autrement dit « celui qui aime les belles choses doit faire des eff orts pour les obtenir ». Elli yâati men yeddou, Rabbi y zidou « Celui qui donne de sa main, Dieu lui en rajoute », autrement dit « aide-toi, le ciel t’aidera ». Elli yarhab mennek, mè tejrilouch ourah « Si quelqu’un te fuit, ne lui cours pas derrière ». Esmâa klèmi Cette expression, souvent dite par les anciens, signifie « Écoute mes paroles » mais aussi « Crois-moi » : « Ma fille, esmâa klèmi, ne l’écoute pas quand il te dit que tu ne vas pas y arriver, moi j’te dis que tu vas réussir ! » Estenna ya djeja, hattè y jiik el gamh men Béja. Littéralement « la poule, attend que le blè te vienne de Béja », ce qui finalement veut dire « tu peux toujours attendre ! ». Et le pyjama … Expression qui suit une énumération pour dire « etc. » : « J’ai tout préparé pour la soirée, la kémia avec toutes les salades, la boutargue, les petits fricassés, la minina, le poisson h’raïmi, les cotillons et le pyjama… » Face le cinéma / Face moi Signifie, bien entendu « en face du cinéma » / « en face de moi ». Ah ! la paresse du JT qui veut éviter de dire deux mots de trop ! Elli fel’rass, fel’rass « Ce qui est dans la tête est dans la tête » ou encore « on l’appelle idée fixe ». Elli fèt mèt Signifie littéralement « ce qui est passé est mort », ou encore « le temps qui passe ne revient pas » : Michou parle de la seconde femme de son père à sa cousine Suzy : Quand j’étais petite, elle était méchante avec moi, elle voulait pas me coiffer et elle me lais- sait aller à l’école toute échevelée… Allez, arrête de te faire du « mauvais sang », « elli fèt mèt ». Elli mè âandouch flouss lè y âannaq ou lè y bouss « Celui qui n’a pas d’argent n’enlace ni embrasse » Je vous le concède, ce n’est pas toujours vrai et ça ne l’était pas pour les JT d’antan, puisque la plupart des familles étaient très modestes voire pauvres. Jusque dans les années soixante-dix, pour que les unions soient approuvées par l’entourage proche, l’essentiel était que les familles du couple n’aient pas fait de « vagues » et qu’on les appréciait pour leur humilité, leur travail, leur générosité, leur gentillesse et leur bienveillance… Et lorsqu’on ne les connaissait pas, c’était le bouche-à-oreille qui nous renseignait… Il y a une suite à cette expression qui est : « ou lè y chemm rihèt el harqouss », ce qui signifie : « ni ne sent l’odeur du tatouage au henné ». Cette partie de l’expression sous-entend que le malheureux ne pourra pas aller jusqu’au mariage, car c’est à cette occasion que l’on utilise le « harqouss ». Elli y âamel bidou, mè y kidou « Celui qui fait les choses par lui-même ne les regrette pas ». Elli y âamel el mlih, el kheir yelqa « Celui qui fait le bien, trouve le mieux ». 380 381 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Faire une frite Signifie « donner un coup vif sur les fesses de quelqu’un avec l’index et le majeur », mais certains disent que c’est avec le pouce et le majeur… : Aie, tu m’as « fait une frite » Pourquoi ? Qu’est-ce que je t’ai fait ? Faire un trou dans l’eau Cette expression, qui est la traduction exacte de « Fare un buco nell’acqua » en italien, est synonyme de « donner un coup d’épée dans l’eau » ou « donner un coup dans l’eau » en français ; c’est-à- dire « agir inutilement » : j’ai roulé 150 km pour faire une surprise à Ninette et figure-toi qu’elle était partie à Djerba pour fêter son anniversaire… Franchement, j’ai « fait un trou dans l’eau », j’aurais dû lui téléphoner. Far ou qatouss « Souris et chat » et non pas « chien et chat » comme en français, mais la signification revient au même. Fchè ou mchè « Il a pété en laissant une mauvaise odeur et il est parti ». Fi dhelma, kol mra gamra « Dans l’obscurité, toute femme est (belle ou lumineuse comme) une lune ». Fi halè Littéralement « en mauvais état » et s’utilise aussi bien pour parler d’un objet que d’une personne : Tu as l’air « fi halè » ce matin, tu n’aurais pas dû veiller autant hier… Et ton armoire, elle est « fi halè », il faudrait que tu la ranges. Faire de la peine Le JT utilise souvent cette expression pour dire le contraire : T’imagines, après s’être acheté une villa « immmmense » à Djerba avec piscine et au bord de la mer, Jeannot et Jeannette sont partis faire de la plongée à Eilat… T’imagines le kif ? J’te jure, « ils font de la peine » ! Manque plus que la Ferrari… Faire de l’odeur Cette expression, qui signifie bien sûr « provoquer une mauvaise odeur » n’est pas utilisée par tous les JT mais je l’ai entendue souvent : Je t’en prie, mets tes « fliflout » dehors, sinon ça va « faire de l’odeur » dans la chambre et on va pas pouvoir dormir ! Faire la Chonara De l’hébreu « Lashon Hara » qui signifie « langage du mal ». Il regroupe la calomnie, le faux témoignage, la médisance et, de façon générale, toute parole pouvant causer du tort à autrui, y compris celles prononcées lors de conversations légères, de façon non délibérée. Le JT utilise cette expression plus communément : j’te jure, elle est allée devant tout le monde et elle a « fait la chonara » à mon sujet… Maintenant, va falloir que je sauve ma réputation (primordiale pour le JT, la réputation !). Faire le bain / Faire la douche Une maman JT ne demande jamais à son enfant de prendre son bain ou sa douche, mais plutôt de le faire : Chéri, va vite « faire ta douche », on est très en retard ! À la plage aussi, on va « faire son bain ». Faire partie de la haute / Être de la haute Le JT a simplement raccourci cette expression en supprimant le mot « société ». 382 383 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Gueddek babour Titre d’une chanson tunisienne qui signifie… « Tu es grosse comme un bateau » Qu’en pensez-vous ? Poétique, non ? Guèlou zini âamel halè Titre d’une chanson tunisienne qui signifie… « Ils ont dit que ma beauté a fait un scandale » et qui fait partie du patrimoine. Guéraré Hé Lors du passage des GI’s en Tunisie pendant la Deuxième Guerre mondiale, ces derniers étaient souvent embêtés et suivis par de jeunes enfants et ils avaient l’habitude de les chasser en criant : « Get out of here » qui signifie « fiche le camp d’ici ». Certains JT ont gardé cette expression pour éloigner des enfants agités, mais surtout des chats de gouttière… en utilisant une prononciation bien à eux : « Guéraré Hé » ! Hadhèka elli mezel Cette expression, proche de « ech mezel » (voir définition) signifie littéralement « voilà ce qu’il reste » mais elle est surtout utilisée ironiquement pour dire « c’est tout ce qui manque » ou encore « il ne manque plus que ça » : il m’a dit qu’elle voulait tout essayer dans la vie, même le narguilé… Tu te rends compte, même la drogue ! « Hadhèka elli mezel » ! Hadhiya l’âaïcha ou Hadhika l’âaïcha Cette expression veut dire « c’est la vie » ou « ainsi va la vie » et elle est souvent utilisée pour conclure une conversation. Hadhiya mniha Synonyme de « en voilà une bonne » : Regarde, elle me passe devant et elle fait comme si de rien n’était, « hadhiya mniha » ! Fi sma Ces mots veulent dire « au ciel » donc très loin : « Dis Paulo, ça fait trois heures qu’on marche comme ça, où tu veux m’emmener, fi sma ? » Flouch hram (prononciation correcte : Flouss hram) Cela signifie « argent pêché » ou plutôt « argent dépensé à tort ». Fokk âaleya Littéralement « arrête sur moi » ou « ne t’occupe pas de moi » mais signifie en fait « fiche moi la paix » : tu n’arrêtes pas de me parler de ce chat qui est le dernier de mes soucis… « Fokk âaleya » ! (Voir « Fokk ») Fou dangereux Comme le JT a tendance à tout exagérer, il utilise cette expression très souvent à tort et à travers, par exemple : il m’a proposé d’aller avec lui de La Goulette à Sidi Bou à vélo. Il est « fou dangereux » ce type ! Comme j’ai dit non, il m’a emmené chez Bichi et tu sais pas quoi ? Il a mangé trois casse-croûte tunisiens d’affilée… Un « fou dangereux », j’te dis ! Ftour el sbah, rbah Littéralement, « la nourriture du matin est un gain » et cette expression signifie plutôt « manger le matin donne des forces et fait donc gagner ». Ghoulè bassassa Déclinaison, signifiant « maligne, péteuse » ou plutôt « maligne, qui se la pète ». Deux femmes discutent de Yona : j’aimerais pas que ma fille la fréquente. C’est une « Ghoulè bassassa » Oui, mais… tu crois pas que si elles se fréquentaient, ta fille serait un peu moins timiiide ? 384 385 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Hem hem, cosksi bel ham, ana nekol ou enti tchem « Miam miam, un couscous à la viande, moi je mange et toi tu sens ». Hlou ouel marr, hatta youfa l’âamor « Doux ou amer, jusqu’à la fin de la vie », ce qui revient à dire : il faut profiter de la vie, qu’elle soit bonne ou mauvaise. Hou âaleya / Hou âalik / Hou âalina Gare à moi / Gare à toi ou encore « que je sois maudit(e) » / Gare à nous. Ces expressions sont très utilisées par le JT pour s’extasier ou pour montrer sa peur : « Hou âaleya », je vais rater « l’avian » ! « Hou âalik », tu vas voir ce que tu vas voir si je le dis à ton père ! « Hou âalina » si on arrive en retard ! Hou âala yamek Signifie « maudits soient tes jours » et se dit à quelqu’un que l’on menace parce qu’il a fait quelque chose de répréhensible ou qui ne prend pas soin de sa santé ou encore dont la vie est compromise : « hou âala yammek », tu fumes de plus en plus, tu devrais arrêter ! Hram âalik Littéralement « péché sur toi » ou plutôt « honte sur toi » : Il ne disait ça que pour ton bien, comment tu as pu lui répondre comme ça, « hram âalik » ! Va t’excuser maintenant… Ichtenna choueya tawa i/et’ji Cette expression signifie « attends un peu il/elle va venir » et ce « il/elle » peut-être une personne ou un événement. Le tunisien et donc le JT qui s’impatiente entend souvent cette phrase car les choses se font lentement en Tunisie et il faut accepter de l’admettre : Maman, c’est quand le prochain congé scolaire ? « Ichtenna choueya tawa i ji » et plus tôt que tu ne le penses. Pour l’instant, travaille ! Haj Klouf (et par extension Haj Kloufa au féminin alors qu’il aurait été plus juste de dire « Hajja Klouf »). Littéralement « Klouf le sage qui est allé en pèlerinage à La Mecque » mais suite à une série de la télévision tunisienne, s’utilise pour parler de quelqu’un qui se mêle de tout, qui veut tout savoir et qui répète tout, un vrai concierge : Taïta, arrête de faire ta « Haj Kloufa », tu nous as raconté l’histoire du quartier juste parce qu’on t’a demandé où il y avait une boulangerie ! Qu’est-ce que ça aurait été si on t’avait demandé un marché ? Hatta debbenne y koh « Même les mouches toussent ». On utilise cette expression lorsqu’une personne, souvent un enfant, prend la parole et donne son avis, alors que la conversation ne le concerne pas du tout : Deux dames échangent des recettes de gâteaux… Ah bon ? Tu mets de la fleur d’oranger toi ? L’enfant dit : « moi j’aurais mis du jasmin » ! Et une des deux dames dit à l’autre : « Hatta debbenne y koh » ! Hazâaq / Hazâaq ou Baroukh De l’hébreu « sois fort » / « sois fort et sois béni », le JT a encore un peu dévié sa traduction pour féliciter quelqu’un qui vient d’accomplir aussi bien une grande qu’une petite action : Gad vient de réussir son bac avec mention et peut maintenant confirmer son inscription à une grande école. Son père est tout fier et crie : « Hazâaaq ! Hazâaq ou Baroukh ». Hekkek ou barra Littéralement « moyen et va-t’en » et signifie plutôt : « n’importe comment, à la va-vite ». C’est donc la même signification qu’« à la babballa » : attend, je fais mon ménage… C’est bon, tu auras le temps tout à l’heure, fais le « hekkek ou barra », on va vite au magasin qui va fermer et quand on revient, tu continues ! 386 387 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Jamais de la vie Expression utilisée par le JT pour dire simplement « non » ou « pas du tout » : elle a dit que tu avais dit que Babeth était une fille facile (toujours les commérages…). Moi j’ai dit ça ? « Jamais de la vie » ! C’est elle qui a dit que Babeth était un peu « hèyja », c’est tout… j’te jure sur la tête de Papi Kiki ! Jamais tu Ces deux mots, qui expriment le reproche, sont souvent dits par le JT en lieu et place de « Il ne t’arrive jamais de » : Jamais tu m’appelles quand tu vas en week-end à Hammamet ? Jarek qrib, kheir men khouk bâaïd « Ton proche voisin est mieux que ton frère lointain ». J’en n’ai ni fiche ni brick Cette expression, typiquement JT, signifie « je n’en ai rien à fiche », mais pourquoi la « brick » ou est-ce plutôt la « brique » ?… Désolée mais, malgré mes questions et mes recherches, il m’a été impossible de comprendre l’origine de cette phrase et je reste ouverte à toute suggestion. Je t’ai langui (e) (en arabe : Touahajtek) Le plus souvent, le JT, ne dit pas « je me languis de toi » mais « je t’ai langui » : Zaza, où tch’étais ? Ça fait au moins trois jours que j’tai pas vue ! « J’t’en prie », ne me laisse plus sans nouvelles, comme ça ! « Touahajtek » ! Kelma fi sbah, kelma fil’âachiya, trod mselma youdia « Une parole le matin, une parole le soir, et une Arabe devient juive », autrement dit : qui échange, s’identifie. Il (elle) est juif (ve) Cette question est souvent posée par les juifs, quelle que soit leur origine, car ils s’inquiètent des relations que l’on peut avoir, de perdre leur identité par l’assimilation à des non-juifs : Ah bon, tu as rencontré quelqu’un, c’est super ! Mais « il est juif » ? Bien sûr… Ah, alors je suis heureuse pour toi !… Tu es heureuse que je sois heureuse ? Mais tu n’es pas juive alors ? Il faut prendre la chose d’où elle vient Cette expression veut dire que lorsque quelqu’un vous fait une remarque ou tente de vous blesser par des paroles acerbes, demandez- vous d’abord si cette personne a une quelconque importance pour vous : c’est une salope, elle met sur mon compte toutes les erreurs qu’elle fait !… T’en fais pas, « il faut prendre la chose d’où elle vient », le seul métier qu’elle aurait pu faire, c’est concierge d’un bordel ! Il m’a basé(e) Signifie « il m’a laissé(e) tomber ou il m’a mis(e) de côté » : je suis sortie avec Maxo pendant trois ans et en octobre dernier, « il m’a basée ». T’inquiète ma belle, un de perdu, dix de retrouvés ! Il s’est cassé Lorsqu’un quelconque objet se brise, le JT ne dit pas « je l’ai cassé » ou « il a été cassé par ceci ou cela » mais qu’« il s’est cassé » : je voulais mettre le bracelet que m’a donné Mamie ce soir, mais « il s’est cassé » quand j’ai essayé de le fermer… Izourek el kheir Signifie « que le meilleur (ou le bonheur ou la richesse) passe te rendre visite » et se dit pour remercier des gens (amis ou familles) d’être venus nous voir : merci d’être venue, on a passé un bon moment, « izourek el kheir » ! À très bientôt. « Zourounè » ! 388 389 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 mnih » (dit la mère, avant tout récit) donc je te disais que j’ai rêvé qu’on allait voyager sur la Lune… A ban ? C’est bien… Maintenant, reviens sur terre et aide-moi à peler les carottes ! Khkèka ou blèda Signifie « antipathie et bêtise » : On joue à « je te tiens, tu me tiens, par la barbichette » ça va pas ? Tcha pas trouvé plus « khkèka ou blèda » que ça ? Khkèka ta mout Signifie « antipathie à en mourir » (façon de parler, bien sûr, il s’agit seulement d’une très grande antipathie) : Tcha vu Le septième Sceau d’Ingmar Bergman… Qu’est-ce que j’ai pas aimé ! Quel film « khkèka ta mout » ! Je suis sortie de la salle avant de mourir sur place ! Khkik ou blid Cette expression très utilisée par le JT signifie « tu es lourd et antipathique ». Khkik ou yefdhallek Signifie « lourd et il t’en reste », autrement dit « tu es antipathique et ça déborde ». Khlè khèli Il s’agit d’un « lieu lointain », un « coin perdu », à l’écart de toute animation : tu crois pas que je vais m’enfoncer « khlè khèli », juste pour aller voir la nièce de ta grand-mère ! Khlè khèli ou l’âazar y dour Littéralement « lieu désertique et le veau tourne » sous-entendu « pour se nourrir ». Certaines personnes prononcent « Khlè khèli ou l’ahjar y dour », petite diff érence qui change la traduction bien Ken âaïchnè On s’était langui. Ken kari, ouellè moul a dar Littéralement « il était locataire, il est devenu propriétaire » et se dit d’une personne qui prend ses aises alors qu’il n’est pas chez lui… Ken sahbek âassel, mè telhassouch el kollou « Si ton ami est de miel, ne le lèche pas tout entier », autrement dit : si ton ami est généreux, n’en profite pas ou n’exagère pas. Keskeslou yarjâa l’aslou « Passe-le dans la passoire, il revient à ce qu’il était », autrement dit « chassez le naturel, il revient au galop ». Khalli qalbek n’dhif ou safi âalla khater chey mè y doum Proverbe qui signifie : « Laisse ton cœur propre et pur car rien ne dure ». Joli, non ? À méditer… Kharjou mel bèb, yotkhol mel sekkara « Sors-le par la porte, il rentre par la serrure ». Kheir men blech Signifie « Mieux que rien » : Génie (surnom pour Eugénie), qui s’y connaît en « kchouch » m’a dit que je n’arriverais pas à le vendre plus de 2 dinars, c’est « kheir men blech » pour m’en débarrasser ! Kheir ou mnih Littéralement, « mieux et bien » (en arabe), mais signifie plutôt « j’espère que ce sont de bonnes nouvelles ». Cette expression est utilisée, par exemple, lorsque quelqu’un va dire quelque chose de nouveau ou qu’il a fait un rêve : Maman, j’ai rêvé que… « Kheir ou 390 391 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 et « Mèzzèlou » vient de « Mazal » en hébreu qui signifie aussi « chance ». Kol qird fi âyn ommou rzel Signifie « tout singe est, aux yeux de sa mère, une gazelle », expression qui induit qu’un enfant laid est toujours beau pour sa mère. Kollou b’sabrou « Tout avec son attente », ce qui revient à dire « tout vient à point à qui sait attendre » : Maman, quand je serais grand, je serais docteur comme ça, je pourrais soigner papi Isaac !… Mon fils, tu n’as que 6 ans, sois excellent dans tes études et tu y arriveras. « Kollou b’sabrou » ! L’Âassa ou l’mè skhroun (ou « chroun » en JT) Littéralement « le bâton et l’eau chaude » (Robert Modigliani a écrit un livre avec ce titre) et on utilise cette expression pour parler d’une situation pénible à vivre : et alors ces années au pensionnat ? Je pensais à toi tous les jours, ça devait être « l’âassa ou l’mè skhroun » ! La grande affaire Le JT utilise cette expression de façon ironique pour parler, au contraire, de quelque chose de peu d’importance : ce matin il a rangé la cuisine et depuis, il n’arrête pas de s’en vanter, comme s’il était le héros du jour… Tu vois pas « la grande aff aire » ? Lahmi chouk chouk Littéralement, « ma viande épine épine », marrant, non ? Pour le JT, cela signifie en fait « j’en ai la chair de poule » et aussi « j’en ai le frisson » : Hélène se recueille au cimetière du Borgel avec son frère Pascal, il fait sombre et elle est très mal à l’aise… Ouh, « lahmi chouk chouk » soupire-t-elle. sûr : « lieu désertique et les pierres tournent ». En français, il s’agit tout simplement d’un « coin perdu » : écoute ma chérie, on a fait des kilomètres et après des heures on a fini par arriver dans un « khlè khèli ou l’âazar y dour », j’aurais jamais habité là-bas même avec le roi du mande ! Kif l’ahmem, dima y gorr « Tel le pigeon, il roucoule sans arrêt » et se dit de quelqu’un qui répète incessamment ses propos. Kif el âarf, kif el bhim « Tel patron, tel âne ». Kmarra âam akhor kheir ou mnih ou chaloum Cette phrase arabe se termine par un mot d’hébreu arabisé « chaloum » pour « shalom » et se dit à la fin de chaque fête et particulièrement en fin d’année, car elle signifie : « espérons que l’année prochaine soit meilleure, dans la santé et avec la paix ». Certains disent « kmarra âam akhor kheir ou ahçen ». Kob sâadek Insulte prononcée à tort et à travers par les Tunisiens et qui signifie « que ta chance tourne » Pas très gentil ! Kol âatla fiha kheira « Chaque obstacle a du bon ». Kol chey bel mektoub « Tout n’est que destin » ou encore « tout est écrit ». Kol ouahèd bssâadou ou mèzzèlou « Chacun avec sa chance et sa chance ». Non non, ce n’est pas une erreur… « Bssâadou » signifie « avec sa chance » en arabe 392 393 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Lè y nahhik âalina Littéralement « que l’on (Dieu) ne t’enlève pas à nous » : « Merci, merci, ty es gentil… J’aurais pas pu le faire à cause de ce panari », « lè y nahhik âalina » ! Lilet shabbath La bonne traduction est « nuit du shabbath » mais on utilise cette expression pour parler plus exactement de « la veille du shabbath », soit le vendredi soir lors duquel, la plupart des mères JT ont préparé un couscous boulettes (avant la tombée de la nuit, bien sûr). Lioum hbèb ou radoua qtatess ou klèb « Aujourd’hui amoureux et demain chiens et chats ». Mâaouej (a) kif el faqoussa « Tordu(e) comme le concombre ». En Tunisie, le concombre est souvent bio, donc il est rare qu’il soit droit. Ma femmech / Ma fich Ces deux expressions (dont la première typiquement tunisienne) veulent dire « il n’y a pas » et étaient souvent utilisées par les épiciers chez lesquels il était difficile de faire ses courses car de nombreuses choses manquaient. Ainsi, ils répondaient souvent « ma femmech » ou « ma fich » ou encore en français « ça manque » Que de fois avons-nous entendu ces phrases ! Mais nous y étions habitués et donc résignés ; finalement ça ne nous manquait pas plus que ça et nous changions nos menus au gré des « arrivées » et des « manques ». Il me semble que c’est aussi pour cette raison que les Tunisiens s’adaptent aussi bien à toutes les situations… « Ma fich » me rappelle aussi une expression que l’on entendait souvent dans les films égyptiens : « ma fich haga » qui devrait signifier « il n’y a pas quelque chose » mais qui en fait veut dire « il n’y a pas de problème ». Je me devais de vous transmettre cette information… Lancer une pointe C’est la façon JT de dire « lancer des piques » ou « dire une parole intentionnellement blessante » ou encore « faire une allusion malveillante » : j’te jure, alors qu’on était une dizaine en train de discuter des hôtels d’Hammamet, elle m’a « lancé une pointe » devant tout le monde, j’ai eu « la hchouma » de ma vie ! L’année prochaine à Jérusalem / L’année prochaine en Israël Depuis toujours, j’entends ces phrases, dites par les plus anciens, à l’issue de chaque fête, comme une promesse de mieux vivre, comme si Israël était un « Eldorado ». Lè yèchouina Cette expression, très courante dans le langage JT, signifie littérale- ment « que l’on ne soit pas brûlé », autrement dit « que l’on soit protégé ». Lè nhabbèk, lè nossbor âalik La traduction littérale est : « Ni je t’aime, ni je t’attends » Mais la vraie signification est toute autre et bien plus positive : « Je ne t’aime pas mais je ne peux me passer de toi ». Le père de Sachant que le père tient une place importante, le JT utilise ces mots pour insister sur quelque chose. En fait, l’équivalent de « le père de » pourrait être « énormément » : mon chéri, tu as beaucoup travaillé cette semaine, tu dois être fatigué… Fatigué ?… Je suis pas fatigué… Je suis « le père de » fatigué ! Les bases Pour le JT, il s’agit des « hanches » : ce pantalon ne lui ira jamais, tu oublies qu’elle a « des bases » ! 394 395 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Mchè kobbara Littéralement, « il est parti en sacrifice » et cela signifie plutôt « il est mort » ou « c’est fichu » : mamie, j’ai cassé le collier que tu m’as offert à Pourim… « Mchè kobbara », l’année prochaine je t’en donne un autre ! Mchè l’bhar ou l’qâa chaieh « Il est allé à la mer et l’a trouvée sèche ». Cette expression est utilisée pour évoquer quelqu’un qui a de nombreuses ressources pour réussir, mais qui est incapable de les utiliser. Mè haqouch C’est l’équivalent de « c’est évident » ou « il ne manquerait plus que ça », ou encore « le contraire m’aurait étonné(e) » : en tout cas, maintenant, elle est heureuse !… « Mè haqouch », avec tout ce qu’elle a réussi à obtenir de lui, c’est normal ! Mè kassartch Littéralement « tu n’as pas cassé » et cela signifie en fait « tu n’as pas failli » ou encore « tu as bien fait » : super, tu as pensé à m’acheter du persil pour les boulettes, « mè kassartch » ! Mekla yesser bel behmout Bien que le Tune soit très gourmand, se nourrisse bien et qu’il apprécie la bonne chère, ce proverbe tunisien dit « manger beaucoup mène à la bêtise ». À cogiter… Melha ou Bnina Littéralement « salée(s) et bonne(s) ». Pour le JT, il s’agit de graines de lin salées et grillées qui étaient vendues par des marchands ambulants (comme pour les « kakis », les cacahuètes, les « glibettes », le jasmin…) qui sont bien sûr très bonnes à grignoter. Ma fich hala « Il n’y a pas de scandale » ou « il n’y a pas de problème ». Mahboul, y hebbel el jmâa « Il est fou et il rend fous ceux qui l’entourent ». Maria fil calisse Littéralement « Maria dans le carrosse » et se dit à une femme bien installée dans son fauteuil ou qui reste assise et apprécie de se faire servir : Jojo chéri, tu vas me chercher un verre d’eau ? « Mala, Maria fil calisse » ! Martou ghalbatou / l’Âaroussa ghalbatou C’est une expression qui signifie « sa femme l’a vaincu » ou « il a succombé à la mariée » et qui se dit lors de la cérémonie du « Qossane el houta ». Mauvaise langue Cette expression est utilisée pour qualifier une personne médisante : Quelle « mauvaise langue » cette Josy, elle a dit à Danielle que je ne voulais pas me fiancer, alors que je ne la connais même pas et que je ne l’ai jamais fréquentée ! D’où elle me connaît ? Ma va a quel paese Expression empruntée aux Italiens qui signifie littéralement « mais va à ce pays » mais que les JT, dont bien sûr ceux originaires « de la botte » utilisent pour dire « va-t’en » ou « va au diable » ou « va mourir » ou encore « va te faire pendre ailleurs ». Je ne résiste pas à vous inviter à (ré) entendre la distrayante chanson d’Alberto Sordi « E va e va » dans laquelle il magnifie cette phrase. 396 397 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 énergie… Ils m’ont usée… Je suis « mita mouch hayya », j’ai besoin d’au moins une semaine pour récupérer ! Mnin tâaref ? Signifie « comment (ou par quel biais) tu le sais ? ». Comme je l’ai déjà indiqué, le JT est curieux et aime les commérages. Ainsi, il a tou- jours besoin de savoir qui a dit quoi, par qui il l’a su et qui le sait déjà… pour pouvoir le répéter à son tour : il paraît que Lisette attend un enfant et c’est pas sûr que Maxo soit le père… Ah ban, « Mnin tâaref ? » Moi et Selon le contexte, cette expression peut-être : « Moi et ma connerie », « Moi et mon innocence », « Moi et mes démons » et se dit lorsqu’on s’en veut d’avoir agi de telle manière : « Je n’ai pas parlé, de peur de créer un scandale. Mais j’aurais dû, ça aurait crevé l’abcès une fois pour toutes »… « Moi et ma connerie », mais qu’est-ce tu veux ? On ne se refait pas ! Monte dessus et fais l’avion Cette expression vulgaire JT signifie « va te faire enc… ». Mouch âallouche, berkouch « Ce n’est pas un agneau, mais un bouc » ou « il ne faut pas se fier aux apparences » ou encore « il faut se méfier de l’eau qui dort ». Mouch houni moul hanout Littéralement, cela veut dire : « le patron du magasin n’est pas là » et on utilise cette expression lorsque quelqu’un n’écoute pas ce qu’on lui dit ou qui ne se sent pas concerné lorsqu’on s’adresse à lui. Mouch tâana Signifie « ce n’est pas à nous » ou « il ne fait pas partie de notre communauté » : c’est qui ce blond ? « Mouch tâana », elle l’a Mellè raha Signifie « bon débarras » : elle m’a dit qu’elle ne venait pas ; « mellè raha », on s’amusera mieux sans elle ! Mellè riha « Quelle odeur » ou plutôt « quelle puanteur » : « mellè riha », ouvre, ouvre les fenêtres ! Mel ouarda tokhroj el chouka ou mel chouka tokhroj el ouarda « La rose engendre l’épine et l’épine engendre la rose » qui signifie « que la beauté peut faire mal et que le mal peut être beau » ou « que le beau peut engendrer le laid et vice versa ». Men âaïch âalik – Men âaïch âala oueldi – Men âaïch âala benti Littéralement « que je ne te survive pas » ou « que je donne ma vie pour toi » ou encore « mon/ma pauvre » : « Men âaïch âala benti » ma chérie, qu’est-ce que tu as dû endurer avec ta belle-mère la semaine dernière ! Mettre l’œil Signifie « porter la poisse » : avec tout ce que tu as révisé, je ne comprends pas que tu aies eu « 2 » à ton contrôle de math… C’est pas ma faute, maman, c’est Ninette qui m’a « mis l’œil » ! Mezièna mèl barra, ech halek mèl dekhel ? « Toi qui es belle à l’extérieur, comment es-tu à l’intérieur ? » Bien sûr, tout le monde le sait, mais peu la cherchent : la beauté intérieure, celle que l’on voit le moins, est pourtant celle qui dure ! Mita mouch hayya Littéralement « morte, pas vivante », comme s’il ne suffisait pas de dire « morte » : j’ai gardé mes petits-fils un week-end, quelle 398 399 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Nemoutou, nemoutou ou yah’ya el ouatan Paroles extraites de l’hymne tunisien « Houmète el Hima » (ou « Défenseurs de la patrie ») des années 1958 à 1987 et qui signifient : « Mourrons, mourrons pour que vive la patrie » Ces mots, tous les JT s’en souviennent car nous les entendions régulièrement, soit à la télévision (lors de rencontres officielles), soit lors de manifestations. Nebli oul far, mèt ouarich beb eddar « À un nabeulien ou une souris, ne montre pas la porte de la maison », qui signifie : lorsqu’un nabeulien ou une souris s’installe chez toi, il n’en sort plus, donc, ne leur ouvre pas la porte. Nefkha ou ternana ou terma ariana « Gonflé à bloc et cul nu », c’est-à-dire « très imbu de sa personne, même s’il n’a rien ». Omrok touil Signifie « tu as la vie longue » et se dit à quelqu’un qui vient à notre rencontre, alors qu’on parlait ou qu’on pensait justement à lui. On dirait quoi / On dirait ce que c’est La traduction de cette expression pourrait s’apparenter à « comme s’il s’agissait de quelque chose de difficile à accomplir » : quelle rigolaaade ! il était fier comme un coq, juste pour avoir ouvert une bouteille. « On dirait quoi » ! On dirait qui il (elle) est / On dirait qui c’est Autre façon de dire « pour qui se prend-il (elle) ? » : Elle a fait son entrée chez le marchand de beignets, avec son manteau de fourrure et tous ses bijoux, genre « choufouni ya ness », « on dirait qui c’est » ! rencontré à la piscine et l’a invité, je crois qu’il vient de Besançan. Besançan ? C’est où ça ? Nâan din el babour li jèbek « Maudit soit le bateau qui t’a amené » et cette expression est utilisée pour ne pas injurier la mère de quelqu’un. Nâan din el skhat Signifie « maudite soit l’origine de la saleté » et cette expression est utilisée de la même façon que « zut » ou « flûte »… N’âaref âalla bou / N’âaref âalla din ommou Ces expressions familières et plutôt vulgaires signifient, en bon français : « que sais-je de son père » / « que sais-je de l’origine de sa mère » ? et son assez utilisées par les JT. Mon oncle Henri m’avait raconté qu’un jour, à l’école française, son professeur lui a demandé : « Comment fonctionne la lampe d’un vélo ?… Huummm, « n’âaref âalla din ommou » Dynamo ! Bravo Henri, tu as bien appris ta leçon » ! Nech mlèh (prononciation correcte : Ness mlèh) Signifie « gens biens » mais bizarrement on peut utiliser ce même mot au singulier aussi bien qu’au pluriel et au masculin aussi bien qu’au féminin. Par exemple, on peut dire : Ommi Traki (il s’agit de l’héroïne d’une série humoristique tunisienne), « ness mlèh ». Traduction : Ommi Traki, c’est « une gens bien ». Met-on un « s » à « gens » dans ce cas précis ? Nemchi kobbara âalik / Kobbara âalik anè / Kobbara âalik / Rani kobbara âalik / Rani ndour âalik Littéralement, « que je me sacrifie pour toi » : Houita (ce surnom masculin signifie « petit poisson ») est malade au lit avec 38° de fièvre ; sa mère est à son chevet : bois ta tisane man fils, « nemchi kobbara âalik » ! 400 401 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Ourass baba Signifie « sur la tête de mon père » ; le père étant très respecté, il était évident que l’on ne pouvait pas mentir en jurant sur sa tête ! Où tcha vu / D’où tu sais En JT, ces prases interrogatives veulent dire « Comment le sais-tu (et bien sûr » à quel endroit as-tu vu) / « Par qui le sais-tu » : « Où tcha vu » qu’il faut une clef anglaise pour serrer un boulon et « d’où tu sais » que ça ne marche pas avec une clef à molette ? C’est « kif kif », demande à Julot, « Esmâa klèmi » Passer une datte Comme le verbe « babser » (voir définition), cette expression signifie « mettre la main aux fesses » : Tu sais pas ce qui m’est arrivé ce matin, j’attendais mon tour à l’épicerie ; un gamin est arrivé en courant, il m’a « passé une datte » et il est reparti en courant ! Je suis sûre qu’il avait prémédité son coup ! Je n’ai fait « ni une ni deux », je lui ai couru derrière, je l’ai rattrapé et je l’ai giflé. À ne pas confondre avec « faire une frite » (qui fait très mal). Prendre la chose d’où elle vient Je trouve ce conseil, souvent répété par les anciens JT (dont mon père, maintenant), absolument excellent car il aide à sortir de la déprime et de la dépréciation de soi. Il signifie que lorsqu’une personne vous vexe, vous humilie ou vous fait de la peine par des actes malveillants ou des paroles acerbes, il faut avant tout vous demander qui elle est pour vous : un parent, un ami, quelqu’un auquel vous tenez ? A priori, cela ne sera pas le cas car quelqu’un qui vous aime ne tentera pas de vous faire mal. Ainsi « Prendre la chose d’où elle vient » voudra dire « Ne pas faire cas de ce qui a été dit par cette personne qui n’est rien (ou si peu) pour vous ». Ouarqate el assel / Feuille de miel C’est une publication distribuée avant « Rosh Hashana » (souvent par les bouchers) qui donne des précisions sur les fêtes, leurs dates, leurs prières et leurs coutumes. Ouchaq ou dad On appelle « ouchaq ou dad », le fait de faire brûler le « dad » avec « l’ouchaq », c’est-à-dire le charbon et l’encens sur un « kanoun » pour chasser le mauvais œil et se prémunir contre l’infortune. « Ouchaq ou dad fi âaynine el hossed » qui signifie « charbon et encens dans les yeux de l’envieux » était le titre d’une chanson de Ali Riahi. Ouh âaliya / Ouh âalik Honte sur moi / Honte sur toi : « Ouh âalik », t’as pas fini tes devoirs. Attend, attend que ton père rentre ! Tu vas pas demander ton reste ! Et mon couscous qui n’est pas cuit, « ouh âaliya », j’ai pas vu l’heure, « Shabbath va rentrer » ! Ouejjou kini guizada / Ouejjou kini khobz tabouna Ces expressions proches signifient : « son visage ressemble à une guizada » / Son visage ressemble à un pain tabouna ; dans les deux cas, cela veut dire que le visage est bien rond, donc la plupart du temps, pas très charmant : j’ai été draguée par mon voisin de la Goulette… Il est gentil, mais il ne me plaît pas, « ouejjou kini guizada », le pauvre… Ouh âalla jeddi (Ouh âalla ommi, Ouh âalla baba) Cette expression qui cite des personnes décédées, signifie : je plains mes aieux (ma mère, mon père) : « Tcha » cassé le verre de Shabbath ?… « Ouh âalla jeddi », ils vont se retourner dans leurs tombes ! (Voir « Ouh »). 402 403 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Qatâa ou jedded « Déchire et rénove ». C’est ainsi que les mères et les grands- mères répondent à leurs filles lorsqu’elles se lamentent après avoir avoir abîmé un vêtement, le sous-entendu étant « sois toujours belle ». Que je meure à l’instant Expression très utilisée par le JT lorsqu’il veut insister sur le fait qu’il dit la vérité. D’ailleurs, la phrase complète, rarement prononcée est « Que je meure à l’instant si je mens » : j’crois pas qu’elle ait pu te dire ça, c’est pas son genre… J’te jure, « que je meure à l’instant » ! Demande à Jo, il était là aussi… Quel œil Signification apparentée à « quel oiseau de mauvais augure » : J’te jure, dès qu’elle m’a dit que mon sac était beau, l’anse s’est cassée : « quel œil » elle a ! Questions diverses Le JT pose beaucoup de questions car il est très curieux et veut toujours tout savoir, aussi bien les bonnes que les mauvaises nouvelles. Quel âge tu fais / Quel âge tu vas faire Le JT « n’a » pas un âge, mais le « fait » : Bon anniversaire ma chérie ! Au fait, « quel âge tu fais ? » et il va aussi plus vite que les autres : trente-deux ans, je suis dans ma trente-troisième année déjà ! Ah ban… tu les fais pas du tout ! Quel intérêt / C’est quoi l’intérêt « Quel intérêt » de partir à Hammamet dimanche matin pour revenir dimanche soir alors que c’est samedi la soirée « kiff ante » ? Prendre quelqu’un comme il est Encore un super conseil JT (voir ci-dessus) : quelle que soit la personne que vous côtoyez, pour une raison ou une autre, qu’elle vous soit proche ou pas, il ne faut pas chercher à la changer. Chacun arrive avec son passé et le passé de ses ancêtres, son « trousseau » en quelque sorte : son éducation, sa façon d’agir, d’aimer, de parler, de souffrir, de prendre du plaisir… et ce passé, n’est pas le même que le vôtre. Il n’y en a pas de bon ou de mauvais car tout dépend des circonstances de la vie de vos ascendants, la vôtre et l’évolution du monde selon les époques. Il faut donc accepter autrui comme il est, avec ce qui vous semble être des défauts ou des qualités… Pensez que vous aussi, vous avez votre propre « trousseau fardeau » comme tout un chacun… Purée de ta race Insulte exprimée par le JT pour ne pas dire « putain de ta race » mais il ne s’agit pas de racisme parce qu’il arrive, par exemple, qu’un père le dise à son fils, or ils sont bien de la même race… Aujourd’hui, cette insulte est devenue tout simplement « ta race ». Qâouè fik Littéralement « force en toi », mais plus exactement « quelle force tu as » et exprime donc l’admiration : quoi, tu as réparé le moteur de la Pigeot (Peugeot) tout seul et qu’avec des pièces détachées ? « Qâouè fik » ! Qâoui sâadek Signifie « que ton destin soit renforcé » et se dit à quelqu’un pour le remercier et lui exprimer sa reconnaissance… : merci pour les courses, c’est très gentil. Et tu as pensé aux médicaments ? Merci, merci, « qâoui sâadek » ! 404 405 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Que veux-tu que j’te dise (en arabe : Ech bech’n qôllek) Elle prands pas soin d’elle, elle sait pas s’habiller, elle sait pas s’maquiller… « Que veux-tu que j’te dise ? » Parti comme c’est parti, elle est irrécupérable ! Qui mieux que moi / toi / nous Chkoun kheir menni / mennek / mennè D’une manière générale, le JT est quelqu’un qui apprécie ce qui lui arrive et il ne lui faut pas grand-chose pour être heureux : de la famille et/ou des amis avec lesquels il peut s’exprimer et rire, de la nourriture et du soleil : « Tu te rands campte de notre bonheur, on est là, sur la plage, au soleil, à manger des glibettes et à dire des bêtises… Qui mieux que nous ? » Rass marboute / Mchettek Littéralement « tête attachée » mais signifie en fait « têtu(e) » : je t’ai dit de ne pas conduire la voiture quand tu es seul, je t’ai dit et répété qu’il pouvait t’arriver n’importe quoi et si on n’est pas là, comment tu fais ? Hein ? « Rass marboute » ! Rass ouati « Tête basse » ou « soumis(e) » : si leur couple dure, c’est tout simplement parce qu’elle est « rass ouati », qu’elle lui fait bien à manger et qu’elle est aux petits soins pour lui ! Rester keksse « Rester bouche bée ». Je pense que l’origine de cette expression vient de la question : « qu’est-ce que c’est ? » Riha mchouma Littéralement « odeur nauséabonde » : Jacqueline a fait du chou pour midi… quelle « riha mchouma » dans la maison, j’te dis pas, j’me suis sauvé ! Et toi, tcha fait quoi à manger, ça sent ban… Quel rapport / C’est quoi le rapport Le JT est tellement curieux, qu’il passe d’une question à l’autre, souvent sans prêter attention à la réponse et de temps en temps, deux questions qui se suivent n’ont aucun rapport : Elle a quel âge ? 28 ans… et elle est mariée ? Fiancée pour l’instant… et tu as vu le coupé sport d’Harry ?… Mais « quel rapport », je te parle d’Ingrid !… J’sais pas, peut-être la carrosserie ? Qu’est-ce qu’il y a eu / Qu’est-ce qu’il est arrivé (en arabe « Ech khsar » ou « Ech femma ») Une foule s’est attroupée devant le Café Vert, des gens crient et d’autres pleurent… Maxo traverse la rue en courant pour rejoindre le groupe : « qu’est-ce qu’il y a eu, qu’est-ce qu’il y a eu ? » Qu’est ce qui te manque (en arabe : Ech lezmek) On apprend toujours au JT de se satisfaire de ce qu’il a : tu as un toit, tu es nourri, logé, blanchi, tu as un vélo, « qu’est ce qui te manque ? » Qu’est-ce qui reste (en arabe : Ech Mèzel) Je suis contante, elle va rentrer (sous-entendu « à la maison ») cet été. « Qu’est-ce qui reste » ? (signifie : « ou combien de temps reste- t-il » ou « c’est pour bientôt ») pour le mois d’août ? Qu’est-ce tu veux chez moi (en arabe : Ech t’hab âandi) Façon polie d’arrêter une conversation qui fatigue ou qui énerve : Georges essaye de réparer sa voiture. Son fils Mimi arrive : Papa, tu fais quoi ? Tu le vois bien… et c’est quoi ça ? Une clé anglaise… Et ça ? Un tournevis… Ça sert à quoi ? Tu vas me lâcher ou quoi ? « Qu’est-ce que tu veux chez moi ? » 406 407 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 S’énerver avec Nombreux sont les JT qui disent « s’énerver avec » plutôt que « s’énerver contre » : tu te rends compte, j’allais « m’énerver avec lui », il a fallu que je lui tire les vers du nez, il voulait pas me dire qu’il sortait avec ma sœur ! Je veux qu’il sache que je sais, comme ça, il peut pas l’emberlificoter la pauvre… Smalla, smalla, Smallâalik Voir « Smalla » Sur la vie de… / Sur ma (ta) vie… / Sur la vie d’bon Dieu / Sur la tête de… / Sur les yeux de… / Sur l’âme de… / Sur la Torah d’Israël Le JT jure malheureusement à tort et à travers sur la tête, la vie de ses proches, et même sur celle de Dieu et quand la personne choisie est décédée, il jure sur son « âme » : « Sur la vie d’bon dieu », j’ai pêché un loup de près de dix kilos ! « Sur les yeux d’mon fils », je mens pas… Tu me crois ou tu veux « qu’je jure sur l’âme de Baba Gigi » ou « sur la Torah d’Israël » ? T’âaïch, tfouj ou tefrah Lorsque quelqu’un éternue trois fois d’affilée, on lui dit la première fois « t’âaïch » (donc « que tu vives »), la deuxième fois « tfouj » (qui signifie « que tu ne sois pas malade ») et la troisième fois « tefrah » (ou « que tu aies du bonheur »). Comment ne pas se sentir protégé après tout ces bons vœux ? Taht el yesmina Fel lil Voir « Jasmin ». Tekber ou tensa Signifie « tu grandis et tu oublies » et se dit à un enfant lorsqu’il ne se sent pas bien ou lorsqu’il s’est fait mal : maman, maman, je suis Rod bèlek La traduction littérale de cette expression est « rend ton esprit ou ta raison » mais la vraie signification est « fais attention » : « rod bèlek », tu es trop proche du feu, tu vas brûler tes cheveux ! Sabate be talon, cravate nœud papillon Cette expression dont la traduction est « chaussures avec talons, cravate nœud papillon » signifie en fait « être (ou se mettre) sur son 31 », c’est-à-dire être très élégant : Ouah ! Regarde Houita, il nous l’a faite « sabate be talon, cravate nœud papillon », tout ça pour aller à la Syna, c’est fête ou quoi ? Sûr, c’est pour draguer ! Saha noum Signifie « bon réveil » : « saha noum » man fils, il est anze heures ! Tcha fait le tour du cadran. J’te fais un « ban » cafééé ? Saha ou chfè / Saha ou bechfè / Le Haïm Cela veut dire « Santé et satiété » et s’utilise de la même façon que l’expression « tchin-tchin ». Les JT utilisent aussi l’expression hébraïque « Le Haïm » qui signifie « A la vie ». Saha ou farha Se dit lors d’un événement heureux et signifie « santé et joie » et/ ou « santé et contentement ». Se faire du mauvais sang – Se faire un sang d’encre Signifie « se faire de la bile, se soucier, se préoccuper » et les mères JT sont souvent « spécialisées » en inquiétude : man fils, ne me laisse plus comme ça sans me téléphoner pendant trois jours, je me suis fait un de ces « mauvais sangs » (ou « un sang d’encre »), tu ne peux pas savoir ! 408 409 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Tu montes au ciel et tu descends Expression qui signifie « tu ne l’obtiendras pas, même en faisant de gros eff orts » ou encore « tu peux toujours rêver » : Quoi tu veux me faire aller Norvège, dans ce « berrrd », « tu montes au ciel et tu descends », il est hors de question que je t’accompagne ! Tu tournes avec Le JT utilise cette expression lorsqu’il donne des indications pour se rendre quelque part : Tu vois, Julot, c’est simple, tu prends la rue de la liberté tout droit jusqu’à la pharmacie, puis « tu tournes avec » la pharmacie, tu fais 300 mètres et tu arrives au magasin… Une minute dans la bouche, toute la vie sur les hanches La plus grande hantise du JT est celle de prendre du poids. Il est vrai qu’avec notre cuisine savoureuse et les occasions de manger qui ne manquent pas, il est très difficile de conserver un poids « normal ». Je me rappelle de Madame Bismuth, qui, à plus de 70 ans, avait encore une ligne parfaite, certainement grâce à cette expression qu’elle répétait comme un leitmotiv. User quelqu’un / Être usé Fatiguer quelqu’un/Être fatigué à cause de quelqu’un . Va mourir Le JT ne prend jamais cette exclamation au pied de la lettre. Pour lui, elle veut dire « Va-t’en » ou « Va au diable ». Ya âaini , ya âaini, ya âaini / Mes yeux Début d’une chanson tunisienne « Mes yeux » répété trois fois. Il faut savoir que lorsque le tunisien aime quelqu’un, il le (la) compare à ses yeux, ce qui pour lui, en fait une personne très précieuse : quoi je l’aime ? Elle est tout pour moi, « c’est (et non pas « ce sont ») mes yeux » ! tombée et j’ai du sang partout sur les genoux… viens mon fils, je vais te soigner. « Men âaïch âalik », « tekber ou tensa » Tkhel fi âqlou Cette expression qui signifie « il est entré dans la sagesse » s’utilise souvent pour parler d’un garçon qui est sorti de l’âge ingrat. Tkhel mel beb, khraj mel khoukha « Il est entré par la porte, il est sorti par le trou », autrement dit : « c’est entré par une oreille et sorti par l’autre » ou « il n’a pas écouté ». Tout craché Expression courante chez le JT pour parler d’une grande ressemblance avec quelqu’un : Sylvette parle de son petit-fils Tony : Tcha vu comme il ressemble à mon fils Gabriel ? C’est vrai…, c’est lui « tout craché » ! Tornibik Du verbe italien « tornare » qui signifie « tourner » et du mot arabe « bik » qui signifie « avec toi », le JT utilise ce vocable pour dire « figure-toi » : je l’ai attendu pendant toute ma soirée d’anniversaire. « Tornibik » il est arrivé après que tout le monde est parti pour m’offrir une bague et me demander en mariage ! Tu m’as usé(e) Voir aussi « Rahhaya ». Le JT n’aime pas se fatiguer et apprécie encore moins qu’on le fatigue par des paroles répétées, des pleurs, une insistance quelconque, etc., il veut vivre tranquille ou en tout cas, il essaye : Moshé, arrête de pleurer, « tu m’as usée » ! Tu veux un gâteau au chocolat ? (Et voilà pourquoi, nous sommes tant portés sur la nourriture, depuis l’enfance : nous mangeons pour réfréner nos pulsions et nos émotions…) 410 411 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Yâatik râada La traduction de cette expression s’apparente à « qu’on te donne une colère ou une contrariété » et s’utilise en guise de réponse lorsque quelqu’un nous énerve. Yâatik sâadek Cette expression qui, littéralement signifie « qu’on te donne ton destin » est en fait une insulte qui pourrait se rapprocher de « que ton destin soit maudit », ce qui est beaucoup moins sympathique ! Yâatik saha Synonyme de « qu’on te donne la santé » (ou la force) mais aussi « bravo » : Quoi, tu as déménagé ton salon toute seule, les meubles, le canapé, la table, tout ? « Yâatik saha » ! Yâatik sakhta Comme « yâatik da », insulte qui veut dire « qu’on te donne une maladie », mais aussi « que tu aies une saleté ». Ya baba, ouaqtech n’oualiou chorfa ? Ouaqkt imoutou ness el houma Papa, quand serons-nous des bourgeois ? Lorsque les gens du quartier mourront ! Ya choumi On pourrait traduire cette exclamation, par : « Quelle honte ». On la fait souvent précéder par « Ouah » pour y rajouter l’étonnement, la surprise : « Ouah », « ya choumi », les enfants, qu’est-ce que vous m’avez fait là ? J’ai tout bien rangé ce matin et papi et mami arrivent bientôt… Allez, allez, aidez-moi à tout remettre en place ! Ya hasra Expression signifiant « il y a très longtemps » ou « c’était le bon vieux temps » : tu te rappelles quand Mamie nous racontait l’histoire Yâatik chkhana Littéralement « que l’on te donne une chaleur » ou « qu’il t’arrrive une fièvre », mais cela signifie en fait : « tu me fais bien rire » ou « qu’est-ce que tu es lourd ». Yâatik da Vœu de malédiction « que tu aies une maladie ». Yâatik da blèch doua Cette expression, qui complète la précédente, est considérée comme une grande malédiction car elle signifie, littéralement « que tu aies une maladie, et pas le médicament ». Assez dur à dire, comme à écrire, mais je n’arrive pas à croire que les JT qui prononçaient cette phrase le pensait réellement. Yâatik fejâa Cette expression signifie « que tu aies peur », mais aussi « quelle peur tu m’as fait » : Estelle rêvasse sur sa terrasse en savourant un petit moment de solitude. Denis arrive sur la pointe des pieds, pensant lui faire une surprise mais elle pousse un cri « yâatik fejâa », j’ai failli avoir une crise cardiaque ! Yâatik qatra Synonyme de « qu’il te donne un coup » mais ce n’est pas méchant, car on ne passe pas à l’acte et on le dit à quelqu’un qui vient de faire une mauvaise blague. Yâatik qbar ou Ya qbar Signifie « qu’on te donne une sépulture » et se dit à quelqu’un qui vient d’évoquer quelque chose de grave ou qui engendre la tristesse : je les aimais beaucoup et figure-toi qu’elles sont mortes toutes les deux dans un petit avion au-dessus du Grand Canyon… C’est pas vrai, quelle horreur, « yâatik qbar » ! 412 413 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Y jiik fil’oussâa Littéralement « que cela t’arrive dans la largesse » Mais cette expression est assez vulgaire car elle signifierait plutôt « que tu te fasses baiser dans les grandes largeurs » ! Y reste plein La mère tunisienne (juive ou non) prépare de grandes quantités de nourriture. Ainsi, elle est toujours prête pour recevoir des invités inattendus, sans problème et même dans ce cas, « il reste toujours plein » : j’ten prie Jojo, sers-toi, sers-toi, fais comme chez toi, « y reste plein » ! Yotkhol fil âarouk Cette expression qui signifie « il rentre dans les veines » se dit lorsque l’on mange quelque chose de très bon et que tout le corps apprécie : le sabayon de Marie-Claire, c’est une tuerie… « Yotkhol fil âarouk » ! Y tayah sâadek Encore une insulte qui signifie cette fois « que ta chance tombe », ou plus précisément « maudit sois-tu ». Zabbour ommok / Zabbour okhtek Après avoir lu la traduction de « Zabbour », vous comprendrez bien sûr qu’il s’agit d’une insulte. « Ommok » signifiant « ta mère » et « okhtek » « ta sœur », je vous laisse deviner la traduction… Zaretnè brakha bik Signifie « que ta visite soit une bénédiction » : Lizzie revient voir ses parents après six mois d’absence… Oh, ma Lizou, « zaretnè brakha bik », assieds-toi et raconte ! de la petite marmite ? Huuuh… « Ya hasra » ! (Si vous voulez connaître cette histoire, rendez-vous dans le chapitre V, « Histoires et Anecdotes »). Ya hasra âalik Littéralement, cela signifie « il y a très longtemps sur toi » mais cette expression veut réellement dire « tu es dépassé » ou « tu as du retard sur l’événement » ou encore « tu es à côté de la plaque » : Gigi, ma chérie, tu devrais la remettre en place tant qu’elle est petite, sinon, elle va penser que tout lui est permis… « Ya hasra âalik », tu crois que je t’ai attendue… Elle est hermétique, « sitout » ! Yeqress ou yeddou tahtou « Il pince et sa main est sous lui », autre façon de dire « il fait ses coups en douce » ou encore « il critique mais se garde bien de le faire ouvertement », autrement dit « il est hypocrite ». Yeqsef chbibek En judéo-arabe, cela veut dire « que ta jeunesse soit coupée ou raccourcie ». Encore une insulte prononcée, dans la plupart des cas, sous le coup de la colère. Yesmine ou fell, Selma Voir « jasmin ». Yezzi blè khkèka / Yezzi blè blèda « Arrête tes bêtises » ou « tes gamineries », ou encore « arrête de faire l’enfant gâté ». Yezzi mè tan’bir « Arrête de parler sans savoir ». 414 415 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Ahki – Ahkili Signifie « raconte / raconte moi » : Dis, il paraît que tu as vu le dernier film avec Di Caprio, « ahkili » (Voir aussi « Adra fergha / Ahkaya fergha ») Alooors Le JT aime insister ou plutôt traîner sur les voyelles : « Alooors », il t’a « téléphonééé » ? Pas « encooore » ! Balloute / Tball Du français « ballot » (« idiot, non réfléchi »), « Balloute » (ou « tball ») signifie « du chiqué, du faux, du vent » : elle a voulu me faire croire qu’elle partait à Los Angeles juste pour le week-end, mais je la connais, je sais que c’est du « balloute » tout ça ! Camouriya De l’italien « Camorria » qui signifie « un événement ou une histoire, lié à la camorra ou mafia napolitaine ». Le JT a emprunté ce mot pour parler de quelque chose de compliqué : j’étais dans les souks… je devrais dire un labyrinthe, j’ai mis deux heures pour en sortir, une véritable « camouriya » ! Chkoun ? Cette question est posée dans une conversation pour avoir l’identité d’une personne et aussi lorsque quelqu’un frappe à la porte car cette interrogation signifie tout simplement « qui est-ce » ? Chkoun èdè / Chkoun adiya / Chkoun enti Le JT est très curieux et aime les commérages… Ainsi, dès qu’une nouvelle personne apparaît dans son giron, il a tendance à lui poser diverses questions : « Chkoun enti » ? (ou « tu es qui », question qui Zourounè fil khlâa C’est-à-dire « Viens nous voir en villégiature » mais sans donner d’adresse… C’est donc une façon polie de faire une « non-invitation ». CONVERSATIONS Avant toute chose, il faut savoir qu’en Tunisie, jusqu’à récemment, le rire et le sourire faisaient partie intégrante de la communication (les difficultés de la vie actuelle des Tunisiens ont fait quelque peu disparaître cette joie de vivre qui était auparavant visible sur la plupart des visages). Ainsi, nous avions beaucoup de plaisir à nous regrouper pour discuter, rire de tout et de rien, dans presque n’importe quelle situation. La plupart du temps, les conversations JT concernent la vie courante et nous ne cherchons pas à les approfondir, même si nous donnons divers détails, souvent inutiles. Aussi, nous posons de nombreuses questions qui ponctuent nos conversations ; et ces questions, nous les posons à nos interlocuteurs, d’une part parce que nous sommes curieux et que nous aimons leur montrer notre attention et d’autre part, pour pouvoir les raconter à notre tour aux absents. En voici quelques exemples : Âalech ? Pourquoi ? Adra (prononciation correcte : Adhra) Signifie « tu parles » ou « que des paroles », « cause toujours » ou encore « quelle histoire » : Papi, j’te promets que quand je serai grand, tu viendras habiter avec ma femme, mes enfants et moi et tu pourras faire tout ce que tu voudras… « Adra » ! Ahkaya Signifie « histoire » : Michou a perdu ses lunettes et elle en a fait toute une « ahkaya » alors qu’elle en a une deuxième paire… 416 417 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 tous venir vivre avec lui… Quoi, tu l’écoutes encore, ce fou, il vit dans ses rêves, « chtouria » comme d’habitude ! Choua (prononciation correcte : Chouha) De l’hébreu « Shoah » qui signifie « catastrophe », le JT utilise cette prononciation pour parler d’un « scandale » : Bébert à fait une « choua » à sa femme devant tout le monde, j’en suis pas revenue ! Fdiha Synonyme de « scandale, histoire », comme « choua » : dis donc, tu vas pas me faire une « fdiha » à chaque fois qu’on va chez ma mère ? Fhemt ? / Fhemt oualè lè As-tu compris ? As-tu compris ou pas ? Cette question ponctue souvent la conversation d’un JT : alors je te disais que pour faire un « tagine batata », tu commences par faire revenir la viande de bœuf dans un peu d’huile avec de l’oignon émincé, puis tu rajoutes les pommes de terre, un peu de sauce tomate, puis tu recouvres d’eau et tu laisses cuire… « Fhemt » ? Fine ? Où ça ? Kifech ? Cela veut dire « comment » mais aussi « c’est diff érent » et vous allez le comprendre avec ces exemples : « Kifech t’âamel el mloukhiya » (Comment fais-tu la mloukhiya) ? Écoute…, je n’ai pas de recette écrite, « Kol marra kifech » (« à chaque fois », « comment », autrement dit : « c’est diff érent à chaque fois »). implique des sous-entendus : « quel est ton nom, quelles sont tes origines ? De quelle famille viens-tu ? »). Et quand il ne pose pas directement la question, il demande à ses proches : « chkoun èdè ? » ou « C’est qui celui-là ? » – ou « Chkoun adiya ? » ; « c’est qui celle-là ? » Chnoua ? Signifie « Comment ? Pardon ? Quoi » ? : « Chnoua » ? Parle plus fort, j’entends rien ! Chouf / Chou Cela veut dire « Regarde » : « Chouf, chouf », c’est Pelé ! Il va marquer le but du siècle ! « Chou adi », elle le regarde comme si elle allait le manger. Chouf ada / Chouf adi / Chouf adiya Signifie « Regarde celui-là / celle-là ». Se dit généralement en aparté en pointant du doigt quelqu’un de connu ou de particulier ou qui a un problème quelconque (vestimentaire ou physique) ou encore qui a un comportement bizarre ou sans gêne : « Chouf, chouf adi » elle me passe devant et elle croit que je vais me taire… Eh, dis donc, c’est quoi cette « blata », j’étais là avant toi ! Chqaoulek ? Signifie « qu’en dis-tu » : Dis Loulou, et si on allait manger une brick à « La Goulette » ? « Chqaoulek » ? Attends… j’réfléchis… Elles sont pas meilleures à « La Marsa » ? Chtouria / Autre prononciation : Stouria De l’italien « storia » qui signifie « histoire » (dans tous les sens du mot : passé, récit, anecdote, légende…), le tunisien utilise ce mot uniquement pour évoquer des bavardages, racontars ou mensonges : il a dit qu’il allait gagner aux courses à Kassar Saïd, s’acheter une villa avec piscine et terrain de tennis à Sidi Bou Saïd et nous faire 418 419 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 belle-mère, tu sais celle qui a créé l’école de dactylo et camptabilité avec ses frères… Ah ! Alors je te disais qu’il paraît qu’on lui a présenté à Jeanine, le fils Berdah, un garçon qui a toutes les qualités : gentil, attentionné, travailleur… Avec lui elle est sûre d’être gâtée et qui ne la privera de rien… Mais je t’en prie, elle s’en fout elle, c’est pas une femme de maison, elle a sa situatian ! Il a beau avoir les qualités que tu dis, moi on m’a dit qu’il portait des lunettes et qu’il commençait à perdre ses cheveux… Alors c’est une tare, ça arrive à tout le monde plus ou moins tard ! Lui, c’est tôt, et aloooors ? Il est gentil… Qu’est-ce qu’il a Pierrot ? On dirait que le ciel lui est també sur la tête ? Tu sais qu’il est fatigué depuis dix jours… Ah bon, echtemma ! tout ça il est fatigué… Non c’est sérieux, il a un virus… La semaine dernière, le docteur Kalfon est venu et il m’a dit de bien lui faire suivre la posologie… Bien sûr, je lui ai fait suivre la pause au logis, ça fait plusieurs jours qu’il est pas sorti, meskine ! J’t’ai dit que vendredi soir, j’ai lu la « paracha » avec Jojo, puis j’ai fait mon « birkat hamazone », puis je me suis mise sur « Voili- Voilà », combien j’allais prier ? J’ai lu une belle histoire d’amour avec des acteurs beaux… tu peux même pas imaginer ! Ah voilà Madame Unetelle, bonjour Madame, elle est belle votre robe, elle est de France ? Et vous attendez un bébé ? Mabrouk… Mais pas du tout… Je viens de perdre 20 kg. Oh pardon Madame, je vous ai confondue avec Madame Igrek ! Kissebba Ce petit mot en dit cinq : « comment cela se fait-il ? » : quoi, il a pas su que sa fille allait se faire opérer… « Kissebbaaaa » ?… Faut la camprandre, elle a pas voulu l’inquiéter… Qaddech ? Combien ? À quelle heure. Waqtech ? Nous racontons donc des passages de notre quotidien et de celui des autres sans aucun scrupule, en les agrémentant de blagues et de critiques un brin sarcastiques, nous ouvrons parenthèses sur parenthèses sans les refermer, nous passons du « coq à l’âne » sans aucune difficulté et en gardant le fil sur chaque sujet évoqué ; lorsque quelqu’un dit « non », nous insistons, parfois même en utilisant des subterfuges, jusqu’à ce qu’il soit d’accord… Nous parlons des maris, des femmes, des enfants, des amants, de nourriture, des problèmes des uns et des autres y compris les plus intimes (couple, sexe, santé, mort…). Et en Tunisie, puisqu’après l’indépendance, nous manquions cruellement d’informations, nous nous basions sur le téléphone arabe, donc sur les « on-dit » et les « qu’en-dira-t-on ». Pour vous plonger dans le bain, voici, en langage « pur JT » quelques exemples qui illustrent mes affirmations ci-dessus, avec ce que nous pouvions entendre à droite, à gauche, devant et derrière nous, en étant attablés au café vert de la Goulette, tout en grignotant des glibettes : Tiens, voilà Taïta, elle s’est assise et maintenant elle attend Madame Sitbon… Sitbaaan ? Laquelle, l’institutrice du Lycée Carnot ? Nan, sa 420 421 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Ban sinan tché allée chez le nouveau boucher de Goulette Vieille ? J’te jure, comme tout le mande voulait savoir qui c’était et s’il avait de la bonne viande, il y avait au moins vingt personnes devant moi… J’ai attendu trois heures, pour m’entendre dire qu’il ne lui restait que du poulet… Alors je lui ai dit qu’il commençait mal et tu sais pas ce qu’il m’a répandu – mais tu dis pas que je t’ai dit – Si vous n’êtes pas cantante, retournez chez votre boucher de Goulette Neuve… Ouh, j’parle trop fort, on m’a entendu à côté ! T’en fais pas ! Personne fait attentian et tout le monde parle fort, alors ! Moi je suis allée au souk et j’ai piétiné toute la matinée sous un soleil de plamb, tout ça parce que Liliane voulait s’acheter une mélia violette assortie à son maillot ! Ma parole, j’ai souff ert le martyr ! J’ai même pas mangé et je suis allée faire une sieste, sans demander mon reste ! Sylvain est rentré dans la chambre pour demander ce qu’on allait manger… J’te jure, j’étais tellement épuisée que j’lui ai répondu : « De toutes façons je suis morte alors fais c’que tu veux ! Ban, allez j’y vais parce que Sylvain y va rentrer de la pêche et je vais aller nettoyer les poissans pour ce soir. Quel âadeb ! Mais bon, quand je m’y mets, je m’y mets… Si vous voulez venir, c’est avec plaisir…, il en pêche toujours trop pour nous ! » Merci, tché gentille, ce sera pour une autre fois… Voilà Sara qui arrive, elle a l’air aff olée. Bonjour, ça va, Je suis pressée alors j’te racante vite vite : tout à l’heure, j’étais en train de lever la table et j’ai entendu Gilbert crier : Ouh aliya, ouh aliya… Dès que j’ai tout posé dans la cuisine, j’ai couru le voir dans la salle de bains… Alors figure-toi qu’en faisant la douche, il a mis de l’eau partout… Après avoir ramassé l’eau pendant une heure, j’ai vu que la chose en bas il s’était cassé et j’ai mis une La bourde, la lourde, c’est tout moi, ça ! Ah, Estelle, ma chérie, tu connais Estelle, c’est la petite fille de Mili… Estelle, dis bonjour à Germaine… Tiens prend 20 millimes et va nous acheter des glibettes… Tu lui dit « bien grillées » hein, au marchand ! Madame Unetelle, elle veut pas dire qu’elle a fait Pâques avant les Rameaux, mais j’suis sûre qu’c’est ça ! Tu verras dans quelques mois ! Tu sais Jacqueline, elle a voulu préparer une « marmouma » à Gino, comme celle que lui faisait sa mère : elle a coupé ses légumes, les a mis sur le feu et elle est allée faire la douche… Tu vois pas que ça s’est brûlé ? La rigolade, c’est qu’après l’avoir dégustée, Gino lui a dit qu’il n’en avait jamais mangée de meilleure ! Si ça se trouve, sa mère, elle faisait tout brûler… Mais elle était adorable pour ses petits enfants… Que Dieu protège son âme ! Ah, voilà Estelle avec les glibettes, merci ma fille, qâaoui sâadek ! Inch’Allah un beau mariage, comme mémé ! Va dire bonjour à Papi, il est sur la terrasse… Tout à l’heure mémé… J’t’en prie, va le voir, il sera très content… Mais je joue avec mes copines, j’irais tout à l’heure… Bon et alors, tu peux pas arrêter de jouer pour faire une bise à papi ? Va j’t’en prie, âaïch benti, je t’achèterais des bonbons au café au lait, ceux que tu aimes… Bon, d’accoooord ! Donc, tu me parlais du fils Berdah… Regarde Pio, toutes les filles qu’on lui a présentées… Il en a pas voulu… À force de faire la fine bouche, il va rester vieux garçan le pauvre ! La dernière qu’on lui a présentée, c’est la fille de Julot, le frère de Lalou… C’est pas pour dire, mais elle ressemble plus à Lalou qu’à Julot… Je ne ferais pas de conclusian ! Arrête ta mauvaise langue, les deux frères, c’est la même souche, non ? 422 423 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Voilà…, avec ces phrases, je pense que vous avez compris l’ambiance que nous retrouvions tous les jours, dans diff érents cafés, sur la plage, chez les uns et les autres ou bien sûr dans la rue. Dans la promiscuité et la proximité de ce petit monde où tout se savait et tout se répétait, nos moindres faits et gestes étaient épiés et nous avions toujours l’impression de faire partie d’une grande « famille » Une très… trop… grande famille… pour certains insidieuse et étouff ante, pour d’autres proches, sympathique et toujours à l’écoute. bassine. Mainant, il faut que je trouve un plambier d’urgeance. Tu connais quelqu’un toi ? Oui, Friso, il est pas plombier, mais il sait réparer… Il est très bricoleur… Ah ban et il est où ?… Ah, maintenant, il fait son sport… Maï ! sinon après ses muscles y deviennent de l’eau… Ah ! Mais moi j’ai besoin de quequ’un tout de suite ! T’inquiète pas, il arrive, il arrive… Assieds-toi près de nous et goûte mon boulou, Jojo a dit qu’il était très réussi cette fois-ci ! Tchu veux du boga avec ?… Allez, viens, viens, assieds-toi, calme-toi et arrête de t’inquiéter ! Tcha mis une bassine, non ? » Regarde çui-là, c’est qui, j’l’ai jamais vu ! C’est le fils de la sœur de Jeannine, il vient de Paris et il cherche une bonne juive pour se marier… Quoi ? Il veut se marier avec une « bonne » ? Mais y-a pas de « bonne » juive ! Ah, j’t’ai dit que les hommes vont jouer au foot dimanche après- midi ? Venez à la maison qu’on se fasse un petit rami, tranquilles… Combien d’enfants elle a maintenant, tbarkallah ? Sept… Elle est courageuse, hein ? Tu parles de courage ! Elle en a eu sept parce qu’elle a eu peur de se faire mettre le « scoubidou » ! Qu’est-ce qu’on va faire ? On va la cantredire… C’est pas la peine de la contredire, elle va changer d’avis ! Le plus petit, il a trois ans, il a peur du noir… Ah, meskine, il faut lui dire que s’il n’y a rien avec la lumière allumée, il n’y a rien de plus dans le noir… C’est quoi ces phobies ? 424 425 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Four palestinien Importé de Palestine comme son nom l’indique, c’est un faitout en forme de couronne, avec un couvercle percé à plusieurs endroits. En Tunisie, il est utilisé surtout pour faire des gâteaux, mais aussi des plats. À l’origine, on le posait sur le « kanoun » au charbon, puis sur le « Primus » (ou l’Edy) à pétrole, puis directement sur le brûleur. Il agit comme un four car la chaleur du feu passe dans le creux de la couronne, se diff use sur les côtés mais aussi dessous et dessus, et le couvercle permet l’évacuation de la vapeur, afin d’obtenir une cuisson homogène. Fournou De l’italien « forno », ce mot signifie « four ». Frigidaire Le JT a toujours utilisé le nom déposé par la marque Général Motors pour évoquer le réfrigérateur : J’t’en prie Roland, appelle, appelle le réparateur : le « frigidaire », il fait plus de froid ! Ghorbel Tamis très fin utilisé pour la farine ou la semoule… ou pour faire sécher les « nikitouche » ou les « hlelem » : Mamie, y sont où les « nikitouche » que tu as fait hier ?… Y sont pas secs, y sont dans le « ghorbel » ! Kanoun / Canoun Il s’agit d’un récipient qui servait à faire cuire les aliments. Le JT en utilisait deux sortes : – le « kanoun en métal » : il était constitué d’un récipient dans lequel on mettait du charbon, surmonté d’un autre dont la base avait une grille et dans lequel on posait les faitouts, afin de faire cuire les repas. – Le « kanoun en terre cuite » en forme de gros bol dans lequel on faisait directement brûler du charbon, sur lequel on posait les plats CHAPITRE VIII CUISINE APPAREILS MÉNAGERS, OBJETS USTENSILES Borma Il s’agit d’une marmite haute, en terre cuite, que l’on utilisait surtout pour les soupes ou le bouillon de couscous : Friso, j’ai peur que la « borma » ne soit pas assez grande. On va être dix ce soir ! (Les mères juives ont toujours peur de ne pas en faire assez alors que, la plupart du temps, elles en font toujours trop. Voir « plein »). Cendria / Taqtouqa À ne pas confondre avec « Tektoukè » qui signifie « mignonne » (masculin : Tektouk) Edy L’édy (ou Edi ?), de la marque « Primus » était un réchaud à pétrole à mèche que la plupart des familles JT possédaient. Afin de respecter la religion qui interdit de créer du feu le jour du shabbath, les mères l’allumaient à la tombée de la nuit du vendredi pour faire cuire les repas du samedi, souvent de la « Tfina » ou « Dafina ». (Voir Primus) Fenjel Il s’agit d’une petite tasse pour le café turc. 426 427 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Primus Il s’agit d’une marque mais pour le JT, le « Primus » (voir Edy) est un petit réchaud à pétrole surmonté d’un bec que l’on allumait et sur lequel on posait les faitouts. Cet objet avait été importé de Suède et les anciens l’utilisaient avant de recourir aux bonbonnes de gaz. Lorsque les quantités à cuisiner étaient trop importantes et/ ou lors des fêtes, les mères JT préparaient leurs repas et allaient les porter chez leurs boulangers qui les faisaient cuire dans leur four… En effet, ce n’est que dans les années soixante que le gaz de ville s’est généralisé chez les particuliers. Qâssâa Il s’agit d’un grand récipient : Sophie, « aïch benti », va me chercher la « qâssâa » que j’y mette le couscous ! Rahhaya Tout comme « Kmâa », il s’agit d’un ustensile, « la rape » dont on peut caractériser une personne qui « use », donc qui fatigue par son discours ou par les répétitions des mêmes phrases : chaque fois qu’elle me voit, elle me raconte sa vie que je connais par cœur « à force », quelle « rahhaya », j’te jure, elle est « usante » ! Tbaq Grand plateau de forme ronde. zezoua, zézoua, zazoua (de l’arabe) n. f. ou m. Assez fréq. Petit récipient à long manche servant à préparer le café turc. à mijoter ou à réchauff er. Il servait aussi pour faire du thé, quel que soit l’endroit où on était. Le « Kanoun » était aussi utilisé pour faire brûler de « l’Ouchaq ou dèd », mais aussi le « Bkhour », censés éloigner le mauvais sort. Kasroula De l’italien « casseruola », signifie « casserole » en arabe : arrête, arrête le feu sous la « kasroula », le lait va déborder ! Kechkech (prononciation correcte : Kesskess) C’est le nom du couscoussier en arabe. Il s’agit d’un récipient (en terre à l’origine) en aluminium ou en inox, dont la base est perçée de trous. Il est utilisé pour faire cuire le couscous à la vapeur, car on le pose sur le faitout dans lequel cuisent le bouillon, les légumes et la viande. Mehrèz Il s’agit d’un ustensile désuet, « le pilon » qui était en cuivre et qui pesait vraiment très lourd. Il était surtout utilisé pour piler les épices : Qu’est-ce que tcha fait de tan « mehrèz » ?… j’avais envie de le mettre sur mon étagère, comme objet de décoratian… Qu’est-ce tchan panse ? Potager L’appellation Potager est étymologiquement lié au mot « potage », soupes. Il est un dispositif de cuissons alimentaires pré-industrielles antérieur au concept de cuisinière. Il fut nécessaire aux cuissons élaborées (mijotage, etc.) facilitant leur surveillance continue. Il est constitué d’un simple muret-paillasse (plan) comportant des creusets à braises. L’essor industriel l’a fait tomber en désuétude. Il n’est pas plus aristocratique que fermier, il touche les foyers pratiquant quelques cuisines élaborées. 428 429 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Bsall C’est l’oignon. La plupart des plats tunisiens en contiennent, crus ou cuits, frits ou grillés, en morceaux ou émincés… Et il ne faut pas oublier que le « bigadilou » (voir définition) est la base de tout bon plat ! Camoun Du latin « cuminum », c’est le cumin. Carbounatou De l’italien « bicarbonato », c’est le « bicarbonate » qui sert, entre autres, à rendre les gâteaux ou les pains plus légers et plus digestes, mais aussi… à attendrir les pois chiches du plat que l’on appelle « lablabi » ! Carouiya Du latin « carum carvi », il s’agit du carvi. Les graines de carvi s’entendent particulièrement bien avec les pommes de terre, le chou sous toutes ses formes, les carottes, les betteraves (voir notre recette dans Documents associés) et les champignons ainsi qu’avec les saucisses et les viandes grasses (mouton, porc, canard, oie). Les jeunes feuilles et la racine se consomment également. Finement ciselées, les premières agrémenteront une salade, une soupe ou un ragoût, tandis que la seconde se mangera en légume, comme la carotte, le navet ou le panais. En dehors d’appartenir tous trois au règne végétal, les haricots secs, le chou et l’oignon cuits ont en commun de provoquer des émois intestinaux dont la magnitude est plus ou moins importante selon les individus. Cela va de la simple expulsion venteuse, tout à fait inodore et insonore, à la pétarade tonitruante aux effluves soufrés… et souffrants, en passant par la détestable « vesse » (il paraît que c’est le terme exact pour désigner les gaz silencieux qui répandent une mauvaise odeur. Les fuses, quoi !). ALIMENTS USUELS • Épices, herbes et condiments Âaoud kronfol C’est le clou de girofle. Le JT s’en sert pour agrémenter certains plats en cuisine, mais aussi pour parfumer des coings qu’il hume à longueur de journée pendant le jeûne de Kippour. (À noter que « kronfol » tout court signifie « œillet). Voir aussi « Karfa ». Âaranje / Narange Ce mot, qui vient certainement du français, désigne uniquement l’orange amère. Pour tous les autres types d’orange, on utilise le mot « Bordguen » (cf. définition). À ma connaissance, le JT n’utilise l’âarange que pour assaisonner certaines salades, dont une du même nom, faite à base de navet violet, coupé en tranches fines. Âaterchia Il s’agit du « géranium odorant » ou encore « géranium rosat », mais aussi de l’eau distillée et de l’essence de même géranium, qui est souvent utilisée pour parfumer les desserts tunisiens. atarchia, attarchia, atter’chiya (de l’arabe) n. f. 1. Disp. Pélargonium graveolens et pélar-gonium roseum, plus com- munément appelé géranium rosat. Baslico C’est la prononciation tunisienne entre le français « basilic » et l’italien « basilico » pour évoquer cette herbe aromatique. Bois doux (en arabe : Âarab essous) C’est ainsi que le JT appelle la réglisse naturelle (en bâton de bois). 430 431 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Citrons beldi Ce sont de petits citrons à peau fine et à la pulpe très juteuse que l’on fait confire de la façon suivante : après les avoir incisés, on met du sel dans chaque coupure puis on les place bien serrés dans un bocal et on rajoute du sel. Les citrons se conserveront grâce à leur propre jus (ou en rajoutant un peu d’eau si nécessaire) rendu au bout de trois jours environ et ils seront prêts à utiliser pour donner un goût particulier à certains plats après environ un mois de macération. Citron msayar Il s’agit de citrons que l’on conserve en saumure (vinaigre, eau et sel) en bocaux. Il est probable que le mot « msayar » vienne du français « macéré ». Felfel ak’hal Alors que « felfel » signifie poivron ou piment, « Felfel Ak’hal » veut dire « poivre noir ». Halba En français, c’est le fenugrec (qui signifie « foin grec » en latin) qui est une épice au goût amer (proche du céleri), très riche en vitamines, sels minéraux et protéines (entre autres, du phosphore, du soufre, du fer, du magnésium, du calcium). Avec tous ces éléments bénéfiques pour le corps, le fenugrec est un stimulant du métabolisme qui aide à réguler le diabète et l’hypotension artérielle. Il a des propriétés digestives et combat l’anémie, par sa forte teneur en fer. Mais attention, avec tous ces avantages, il présente quand même un important défaut : il fait grossir ! Harissa (prononciation correcte : Eh’rissa) En Tunisie, on dit « de l’eh’rissa » et non pas « de la harissa ». Outre la sauce piquante à base de piments rouges hâchés que l’on connaît, ce mot d’autres significations pour le JT. En eff et, il existe Pour contrer ces eff ets hautement indésirables, le carvi n’a pas son pareil. Stimulant, antispasmodique et surtout carminatif, il soigne l’inappétence, les dyspepsies nerveuses, les spasmes gastriques, l’aérophagie, le météorisme et les parasites intestinaux. Le Dr Fritz Weiss affirme que c’est la plante carminative la plus fiable dont nous disposions. On peut soit ajouter les graines directement aux mets coupables – comme par hasard, elles accompagnent particulièrement bien le chou et la choucroute –, soit en mastiquer quelques-unes à la fin du repas, soit en faire une infusion en prenant soin de les broyer d’abord dans un mortier ou un moulin à épices afin de libérer leur huile essentielle ; dans ce dernier cas, on infusera pendant dix minutes 1 c. à thé de graines broyées par tasse d’eau. Et puis rien n’interdit d’avoir toujours avec soi une réserve de graines, qu’on conservera dans une petite boîte de métal ou un flacon de verre, histoire de faire face aux urgences en toute sérénité et équanimité. Assez doux pour être administré aux bébés, le carvi soulagera leurs douloureuses coliques. Préparez-le seul ou, mieux encore, en association avec la graine de fenouil, la fleur de camomille et la feuille de menthe poivrée, à raison de 25 g de chacune des quatre plantes. Infusez 1 c. à thé du mélange par tasse d’eau. Remplissez-en un biberon et laissez le bébé en boire à volonté. Les deux autres espèces de Carum dont il a été question ci-dessus ont également des propriétés médicinales. Les graines de la première sont carminatives tandis que celles de la deuxième sont employées pour soigner le mal de gorge, la bronchite et la toux. Chkenjbir C’est le gingembre, utilisé pour agrémenter le « sahleb » (voir « Droo »). 432 433 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 sur la dysfonction endothéliale, la pathologie sous-jacente des vaisseaux sanguins qui entraîne l’athérosclérose, en association avec la réduction de l’inflammation et le stress oxydatif chez les patients diabétiques de type 2. Corticostéroïdes (médicaments stéroïdiens) Une étude de 1999 publiée dans le journal Phytotherapy Research a constaté que le polyphénol primaire dans l’épice curcuma, se comparait favorablement aux stéroïdes dans la gestion de l’uvéite antérieure chronique, une maladie inflammatoire de l’œil. Une étude de 2008 publiée dans Critical Care Medicine a conclu que la curcumine se comparait favorablement au médicament corticostéroïde dexaméthasone dans le modèle animal comme thérapie alternative pour protéger la transplantation pulmonaire associée à des blessures produites par des gènes inflammatoires. Une étude précédente de 2003 publiée dans Cancer Letters a trouvé qu’il se comparait également favorablement au dexaméthasone dans les lésions pulmonaires d’ischémie/ reperfusion. Prozac/ Fluoxétine & Imipramine (antidépresseurs) Une étude de 2011 publiée dans le journal Acta Poloniae Pharmaceutica a constaté que la curcumine se comparait favorablement aux deux médicaments dans la réduction d’un comportement dépressif chez un modèle animal. Aspirine (anticoagulant) Une étude de 1986 in vitro et ex vitro publiée dans le journal Arzneimittelforschung a constaté que la curcumine a des eff ets de modulation antiplaquettaires et de prostacycline qui sont comparables à l’aspirine, en indiquant qu’il peut être intéressant chez les patients sujets à la thrombose veineuse et nécessitant un traitement anti-arthrite. d’une part la « Tfina harissa » qui est un plat à base de blé et de bœuf qui doit cuire très longtemps et d’autre part, un gâteau à base d’amandes, de semoule et de miel que l’on appelle aussi « Eh’rissa » ou « eh’rissa el louz » (aux amandes). Jeljlène Ce mot, difficile à prononcer, signifie « graines de sésame ». En Tunisie, on les utilise fréquemment dans la fabrication du nougat, des pâtisseries et de certains pains : lorsqu’elles grillent sur la croûte, elles donnent un goût et un caractère particulier à cet aliment quotidien. On dit que le sésame est anti-stress et anti-oxydant et qu’il est bénéfique pour les personnes atteintes de certains diabètes et même de certains cancers… Karfa C’est la poudre de clou de girofle (voir « Âaoud Kronfol »). Korkob Il s’agit du « curcuma » qui est une épice, qui, en plus d’assaisonner, donne une teinte jaune aux préparations. On l’utilise pour faire le « riz qlaya » (voir définition). En fait, notre projet de recherche d’une durée de cinq ans sur cette plante sacrée a révélé plus de 600 applications préventives et thérapeutiques potentielles, ainsi que 175 effets physiologiques bénéfiques. Étant donné la densité considérable de recherches effectuées sur cette épice remarquable, il n’est pas étonnant qu’un nombre croissant d’études aient conclu qu’on peut le comparer favorablement à une variété de médicaments conventionnels, y compris : Tahor/ Atorvastatine (médicament contre le cholestérol) : une étude de 2008 publiée dans le journal Drugs in R & D a constaté qu’une préparation basique de curcuminoïdes du curcuma se comparait favorablement à l’atorvastatine (nom commercial Tahor) 434 435 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 lignées cellulaires de cancer résistant à plusieurs médicaments à un traitement conventionnel. Si on considère que le curcuma est utilisé depuis des milliers d’années dans de nombreuses cultures à un usage culinaire et médical, cela en fait un argument fort pour utiliser la curcumine comme alternative à un médicament ou adjuvant dans le traitement du cancer. Ou mieux encore, utilisez du curcuma certifié biologique (non irradié) à des doses culinaires réduites au quotidien afin de prévenir et des doses de concentré après qu’une maladie grave ait pris place. Vous nourrir au lieu de faire de l’automédication avec des « nutraceutiques », devrait être l’objectif d’une alimentation saine. « Pour les dents, la recette est simple : Mélangez deux cuillères à soupe de curcuma en poudre avec de l’eau pour former une pâte. Ramassez le mélange avec les poils de votre brosse à dents et brossez naturellement. Vos dents seront visiblement plus blanches et vous pourrez afficher votre plus beau sourire sans complexe… alors les filles, il ne vous reste plus qu’à vous diriger vers les placards de votre cuisine. POUR LE VISAGE « Les propriétés anti-inflammatoires du curcuma permettent de supprimer les imperfections et effacent les traces des boutons. Cette épice absorbe l’excès de sébum et, par conséquent, réduit l’apparition des points noirs. Les propriétés antioxydantes, de cette épice miraculeuse, rajeunissent le visage et minimisent l’apparition des rides. Recette de masque pour peau grasse : 2 cuillères à café de curcuma 1 cuillère à soupe de jus de tomate 1 cuillère à soupe de lait Utilisation : Mélanger tous les ingrédients Appliquer le mélange sur votre visage Laissez agir pendant 20 minutes Nettoyez à l’eau tiède. » Médicaments anti-inflammatoires Une étude de 2004 dans le journal Oncogene a constaté que la curcumine (de même que le resvératrol) sont des alternatives efficaces à certains médicaments comme l’aspirine, l’ibuprofène, le sulindac, le phénylbutazone, le naproxène, l’indométacine, le diclofénac, la dexaméthasone, le célécoxib, et le tamoxifène en exerçant une activité anti-inflammatoire et antiproliférative contre les cellules tumorales. Oxaliplatine (médicament de chimiothérapie) Une étude de 2007 publiée dans le International Journal of Cancer a constaté que la curcumine se compare favorablement à l’oxaliplatine comme agent antiprolifératif dans les lignées cellulaires colorectales. Metformine (médicament contre le diabète) Une étude de 2009 publiée dans le journal Biochemitry and Biophysical Community Research a étudié en quoi la curcumine pourrait être utile dans le traitement du diabète, en trouvant qu’elle active l’AMPK (qui augmente l’absorption du glucose) and supprime l’expression du gène de la glucogénèse (qui supprime la production de glucose dans le foie) dans les cellules d’hépatome. Fait intéressant, ils ont trouvé que la curcumine était 500 000 à 100 000 fois (dans la forme connue sous le nom de tétrahydrocurcuminoïdes (THC) plus puissante que la metformine en activant l’AMPK et sa cible en aval l’acétyl-CoA carboxylas (ACC). Le curcuma et ses composants révèlent également leurs propriétés thérapeutiques dans les recherches sur la résistance des cancers à plusieurs médicaments. Nous avons trouvé pas moins de cinquante-quatre études indiquant que la curcumine peut induire la mort cellulaire ou de sensibiliser les lignées cellulaires de cancer résistant aux médicaments à un traitement conventionnel. Nous avons identifié vingt-sept études sur la capacité de la curcumine soit à induire la mort cellulaire ou à sensibiliser les 436 437 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Tèbel Il s’agit de la poudre de coriandre. Mais ce peut être aussi un mélange de poudres de graines de coriandre, carvi, ail et piments rouges doux séchés, que le JT utilise régulièrement pour assaisonner ses plats. Thoum Comme l’oignon, c’est un élément quasi indispensable de la nourriture tunisienne et il est utilisé « à toutes les sauces » cru ou cuit. Il s’agit de l’ail avec tous les bienfaits qu’on lui connaît : Tmatom mâajoun « Tmatom », ce sont les tomates. Quant à « mâajoun », ce mot signifie littéralement « confiture » mais, associé à la tomate, il s’agit de purée et parfois de double concentré. zhar, z’har, zehar (de l’arabe) n. m. Assez fréq. Fleur d’oranger. Par ext., eau de fleurs d’oranger, zit Nous n’insisterons pas sur ce mot qui signifie « huile », souvent d’olive. Celle-ci est utilisée en grande quantité par le JT. zitoun • Légumes Batata Il s’agit de la pomme de terre et ce mot vient probablement de l’Italien « patata », très appréciée sous toutes ses formes par le JT. Cependant, on utilise aussi ce mot pour parler de quelqu’un de « gros » : Je me sens comme une « batata » dans cette robe ! Kosbor (prononciation correcte : Kochbor) Il s’agit de la « Coriandre fraîche « , appelée aussi « Persil arabe ». Le JT qui lui attribue le genre masculin, comme en arabe, l’utilise dans nombre de ses plats : Quoi, tu fais tes boulettes sans mettre de la coriandre, excuse-moi mais c’est pas des boulettes ! Sans le coriandre, ça vient pas ! Mâadnouche (prononciation correcte : Mâadnouss) C’est le persil plat ou « persil arabe », qui est utilisé dans la plupart des recettes méditerranéennes en général et JT en particulier. Mazare (prononciation correcte : Mè z’har) / En français : Eau de fleur d’oranger Cette eau est très utilisée par le JT pour parfumer les gâteaux ou le café : Raphaël est sur le balcon tandis que Suzy est à la cuisine : j’te mets du « mazare » dans ton café ? du « mazare », « khiiit » !… Tu as tort, Raphy, tu sais pas ce qui est « ban » ! Nâa Nâa Signifie menthe : maman, tu me fais un thé au « nâa nâa » avec des pignans, j’en ai envie depuis au moins dix jours ! Bien sûr, j’te fais, assieds-toi « Ma mie » ! Qâaress Ce mot veut dire « citron », mais aussi « acide ». Spigol Ce produit espagnol (qui est aussi une marque) est un mélange d’épices : du piment doux en majorité, du curcuma, une quantité négligeable de safran et du colorant jaune. Le JT l’utilise dans plusieurs de ses plats et surtout pour le riz. 438 439 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Khorchef Il s’agit du « cardon sauvage » qui est l’un des légumes fréquemment ajouté à la liste de ceux que l’on met dans un bouillon de couscous JT. On utilise aussi le cardon avec de la viande de bœuf dans un ragoût que l’on appelle « tagine khorchef ». Qarâa (autre prononciation : Guarâa) La « qarâa » est la « citrouille » ou le « potiron » mais en Tunisie, on utilise aussi ce mot pour parler de quelqu’un de « chauve » : Écoute, il est gentil, attentionné, respectueux… mais je n’arrive pas à me faire à l’idée que ma fille va « prendre » un homme totalement « qarâa » ! Qrâa Très proche du mot précédent, il s’agit de la « courge », mais uniquement du légume ! (voir définition précédente). • Fruits Les fruits de Tunisie sont mondialement connus et unanimement appréciés pour leur saveur unique émanant d’un terroir bercé par la Méditerranée et inondé de soleil toute l’année. Riche d’une tradition agricole et du savoir faire au moins deux fois millénaire, la Tunisie a su maintenir au fil des siècles la culture de plusieurs espèces arboricoles. Ce patrimoine fruitier préservé et enrichi par de nouvelles espèces et variétés off re une production variée et de qualité. Beaucoup de produits sont aujourd’hui directement associés à l’image de la Tunisie : les dattes Deglet Nour des oasis, les oranges Maltaises de la région du Cap-Bon, les grenades de Gabès, etc. La Tunisie réunit un ensemble de conditions naturelles et économiques des plus favorables à l’extension des cultures arboricoles. Dans l’antiquité, elle devait déjà sa réputation et sa prospérité à l’arboriculture fruitière. Brouklou Signifie « chou fleur » et il est très probable que l’origine vienne de l’italien « broccolo » qui signifie « brocoli ». Chept / Besbes / Bechbech Signifie « fenouil », mais aussi « aneth ». « Chept » est utilisé pour le légume frais, tandis que « besbes » l’est pour l’épice en poudre ou en graines. Le JT mange souvent du fenouil cru – nettoyé et découpé en quartiers – en fin de repas, ce qui lui permet de digérer en finissant sur une note fraîche et anisée. Faqousse / Faqoussa En arabe, signifie « concombre », mais on utilise aussi ce mot pour dire « bras d’honneur ». Felfel Signifie « poivron » et « piment » mais peut aussi qualifier une « personne très enjouée, piquante » : J’aime bien Nathalie, elle est très « felfel » Felfel zina : poivron doux Felfel har : poivron piquant Guènèriyè Signifie « artichaut ». Le JT les aime et les mange en salade crus ou cuits ou en ragoût ou bouillis avec une vinaigrette. Il y en a pour tous les goûts ! Khodhra Ce sont les « légumes verts ». 440 441 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Battikh / Battikha Signifie « melon » (et se dit aussi bien au masculin qu’au féminin). Cependant, il faut savoir le mot « pastèque » que l’on appelle aussi « melon d’eau », trouve son origine dans le mot portugais « pateque » qui dérive lui-même de l’arabe « battikh ». Étonnant non ? Bondoq Ce sont les pignons de pins. Le JT les apprécie dans les gâteaux ou dans le thé vert à la menthe, autrement dit « bel bondoq ». Cependant, il est rare qu’il le commande ainsi. Il dit plutôt au serveur : « un thé avec s’il vous plaît » s’il le souhaite avec des pignons et « un thé blech » (donc « sans ») dans le cas contraire. Fostoq ou bondoq (et vice versa) Ce sont les « pistaches et les pignons » que l’on utilise souvent pour décorer l’« assida zgougou ». Bordguen Du turc « portakal », qui signifie « orange » (le fruit) Mais « portakal » fait quand même penser à « Portugal » Désolée, je ne suis pas apte à aller plus loin dans l’explication mais je peux donner un exemple entendu au « Café Vert » : Cui-là, il est tellement fou qu’il mange les « bordguen » seulement quand elles sont tombées à terre… comme ça elles sont déjà mortes ! Caroube / Kharoube Fruit du caroubier, il s’agit d’une gousse de trente centimètres de long sur deux à trois centimètres de large, d’abord verte, elle devient brun foncé à maturité. La gousse est épaisse et coriace, mais elle contient une pulpe jaune pâle farineuse et sucrée à maturité, que l’on peut déguster en recrachant les graines qui sont très dures. Ce fruit entre souvent dans la composition des sirops contre la toux. Au xvie siècle, quand les Andalous vinrent s’installer en Tunisie, ils apportèrent avec eux un savoir-faire de jardiniers passionnés et expérimentés. Un patrimoine que les générations successives se transmirent, un patrimoine formateur d’une main – d’œuvre qualifiée. La culture des arbres fruitiers connut une certaine expansion à la suite de la création du jardin d’essais de Tunis (1893), de différentes pépinières privées et régionales. Un climat bénéfique, des ressources en eaux de qualité et la grande luminosité du pays s’ajoutaient une surface immense de sols correspondant aux promesses de développement d’une agrumiculture florissante. Profitant d’un climat tunisien exceptionnel (subtropical) où s’épanouissent les plus beaux vergers du monde pour la croissance des agrumes et des recommandations des différentes missions d’experts étrangers, les arboriculteurs tunisiens développèrent leurs plantations. Cette stratégie se donna pour objectif : l’augmentation de la production et de sa qualité en vue de satisfaire tant le marché local que celui de l’export. L’apport en eau, l’introduction de nouvelles techniques de culture et le prolongement de la période de consommation des fruits. Âaneb De l’hébreu « anav », il s’agit du raisin. Amandes Les Tunisiens aiment beaucoup les amandes fraîches, sèches ou grillées en apéritif ou en dessert, mais aussi en poudre dans un grand nombre de pâtisseries. Ma grand-mère Émilie m’avait montré comment retrouver le goût des amandes fraîches lorsque la saison est finie : il suffit de mettre des amandes sèches dans de l’eau et les laisser au moins deux jours au frigo… La peau s’enlève facilement et elles sont croquantes et goûteuses à souhait. Essayez, c’est délicieux ! 442 443 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Orange douce Oui, oui… vraiment douce. Certains puristes (et/ou ignorants) vous diront qu’elle n’a pas de goût mais c’est faux, elle a le goût du soleil ! Mechmech Rigolo comme terme, non ? Pourtant, il s’agit bien d’un fruit, petit, doux, sucré, orange, avec un noyau… Vous avez trouvé ? Bravo, c’est l’abricot ! Mèdèlina Puisque nous sommes dans la partie « fruits », c’est facile à deviner ! Ce mot français arabisé et donc agréablement chantant, signifie « mandarine », tout simplement. Et elles sont bonnes les mandarines en Tunisie, douces et sucrées à souhait ! Mûres blanches En France, on connaît deux sortes de mûres, celle du mûrier sauvage qui est un arbuste et celle du mûrier noir, les deux donnant des fruits de couleur noir violacé, plus ou moins sucrés et acidulés. En Tunisie, nous avons des mûriers blancs qui donnent des fruits blancs légèrement grisés pendant près d’un mois, au printemps et ces derniers sont sucrés, parfumés et délicieux… De plus, ce sont les feuilles de ces arbres qui sont les plus tendres pour les chenilles que le JT a passé du temps à élever (voir « vers à soie »). Guergueb / Hendi Guergueb Il s’agit de la « figue de barbarie » qui était souvent vendue par des marchands ambulants. Mais, selon le contexte, ce mot peut aussi vouloir dire « rouler cahin caha ». • Les figues de barbarie : C’est le fruit d’une espèce de cactus qu’on trouve beaucoup autour de la Méditerranée. Pour l’éplucher, Citron doux Le « citron doux » (traduction littérale de l’arabe : « Lim hlou ») est un agrume qui ressemble bien à un citron tout en étant plus petit et plus rond. Cependant, il n’est absolument pas acide et en Tunisie, on le déguste en tant que fruit. L’odeur de son écorce pourrait faire penser à de la « bergamote » mais cette dernière (qui est un agrume né du croisement entre une orange et un citron vert) est tellement acide qu’elle est utilisée uniquement pour fabriquer une essence aromatique, servant à parfumer certaines pâtisseries ou certains thés. Coing – ou « Sfargel » en arabe Fruit du cognassier que le JT utilise traditionnellement pendant la fête de Kippour et ce, de deux façons : – en le piquant de quelques clous de girofle et en l’enrobant d’un chiff on humide pendant quelques jours, le coing prend une couleur marron et dégage un parfum très particulier qui permet au JT de supporter le jeûne plus facilement ; – en mitonnant des confitures (en morceaux, en gelée ou en compote). Deglet Nour Le singulier de « Deglet « (dattes) est « Degla ». La Tunisie est réputée pour la qualité supérieure de ses dattes, en particulier la variété appelée « deglet nour », particulièrement sucrée et mûrie à point, qui provient des belles oasis du Sud dont la cueillette prend fin en novembre. Les « deglet nour » sont d’ailleurs exportées dans divers pays du monde. On utilise aussi le mot « degla » pour dire « bon(ne) ». Dellâa Il s’agit de la pastèque… Ce qu’il faut savoir, c’est que le JT ne dit pas « une » pastèque mais « un » pastèque car en dialecte tunisien, « dellâa » est du genre masculin. … 444 445 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Il existe aussi le « Boga cidre « (qui a une couleur noirâtre) qui contient de la « caroube » et qui n’a pas du tout le goût du cidre mais plutôt celui d’un coca totalement raté et deux fois plus sucré (soit près de dix sucres par verre). Boukha Il s’agit d’une « eau-de-vie de figues ». En Tunisie, sont fabriquées les boukhas « Habib » et « Fitoussi ». Cependant, la plus vendue et aussi la plus réputée, est produite dans la grande distillerie de La Soukra (ville de la banlieue nord, à six kilomètres de la capitale) par la société Bokobsa qui a donné son nom à deux de ses créations connues d’un grand nombre d’amateurs tunisiens, juifs ou pas : « Boukha Bokobsa, Père et fils » et « Boukha L’Oasis – Bokobsa ». Celtia C’est le nom de la première bière tunisienne, qui se vend encore, mais toujours à partir de 18 ans. Chalumeau Dans les années soixante-dix, on demandait toujours un « chalumeau » au lieu d’une « paille » pour boire notre soda. Cette définition est surtout donnée ici pour les nouvelles générations qui ne le savent pas. Citronnade La vraie citronnade tunisienne se fait comme dans le sud de la France, avec du citron, certes, mais aussi avec son écorce (ce qui accentue le goût), ainsi que de l’eau et du sucre. Le JT l’aime bien fraîche et l’accompagne souvent d’un « croquant », d’un morceau de « bouchcoutou » ou de « boulou », en particulier après le jeûne de Kippour. il y a une technique. Comme c’est plein d’épines (comme le reste de la plante), il faut tenir le fruit avec le pouce sur la partie qui était attachée à la plante (donc forcément sans épine) et l’index sur l’autre extrémité où il y avait la fleur. On coupe dans le sens de la longueur et on épluche. Malgré toutes ces précautions, on se retrouve toujours avec quelques petites épines dans les doigts, voire sur la langue. Mais c’est tellement bon, juteux et sucré que ces quelques désagréments en valent vraiment la peine. • Les « souâaba » ou « doigts » faits par mami, puis papa : quantités astronomiques. Zâarour Il s’agit de deux fruits ressemblant à de petites pommes : l’un est le « jujube » (fruit du jujubier) de couleur marron et l’autre est peut-être le fruit de l’aubépine méditerranéenne ou « Azérole », de couleur rouge que l’on appelle aussi « Pommette » dans le sud de la France. Ces deux fruits de la taille des cerises qui étaient appelés indifféremment « zâarours » étaient vendus par des marchands ambulants dans les villes balnéaires. • Boissons Aloungi On utilise ce mot uniquement pour le café… Et si je vous dis « qahwa aloungi » vous pensez à quoi ? Bravo, c’est ainsi que l’on demande un café « allongé ». Boga C’est une limonade tunisienne (très sucrée). Son nom vient tout simplement des deux premières lettres de « BOisson » et celles de « GAzeuses ». Le « Boga menthe » (équivalent du « diabolo ») était très souvent commandé par les JT. 446 447 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Trongiya Il s’agit de la « tisane ». Voir « Qasriya » et vous trouverez un exemple qui vaut son pesant de… cacahuètes ! PLATS COURANTS ET SPÉCIALITÉS La majorité des femmes JT cuisinaient les mêmes plats mais chacun préférait la façon de faire de sa mère ou de sa grand-mère. Cuisson des pains et des gâteaux chez le boulanger avant d’avoir le gaz en bouteille puis la cuisinière. Le beurre en motte rancissait très vite, probablement à cause du climat. La confiture faite maison ou du sucre en poudre. Couscous Ensuite seulement vient le couscous du vendredi soir. Faut dire que c’est un plat élaboré, plus long à préparer. Un repas de fête. Une spécialité tunisienne est le couscous au poisson. Le couscous au poisson (pour mes règles) avec des gens invités pour l’occasion par Mme Martinez ! Le méchoui, les brochettes, etc. Et puis il y a les Slata (salades), la Chakchouka (ratatouille tunisienne) La Mlouhkia C’est une sorte de sauce verte qui accompagne les ragoûts ou qui se mange comme ça avec du pain. J’ai jamais pu m’y faire. Franchement ça ne me manque pas. Je crois qu’il faut être né en Tunisie pour apprécier. Moi je suis né au Maroc, j’aime la semoule de coucous avec du sucre et de la cannelle. Les glaces : chez Salem (la marsa) ou chez Alfred (Aéroport) Gazouz ou Gazouza Du français « gazeux », le tunisien utilise ce mot comme le mot « soda » pour parler de toutes les boissons gazeuses. Kafiolé Prononciation du JT pour « café au lait » : tu veux plus de café ou plus de lait dans ton « kafiolé » ? Orgeat (recette dans la section suivante) Le sirop d’orgeat (ou « louzata » en arabe de « louz » qui signifie « amande ») à l’eau est l’une des boissons préférées du JT et comme le vrai sirop d’orgeat fait maison n’a quasi rien à voir avec celui que l’on trouve dans le commerce, allez voir la recette ! Qâhoua âarbi La majorité des francophones savent ce qu’est le « Qâhoua » Mais si… cependant, la prononciation est légèrement différente car on dit plutôt « Kawa ». Littéralement, « Qâhoua âarbi » signifie « café arabe » mais les Tunisiens l’utilisent pour parler « du café turc », celui dont le marc se dépose au fond de la tasse. Une fois le liquide avalé, c’est d’ailleurs, traditionnellement, à la « lecture » de ce « marc » que certaines « degueja » (voir définition) interprètent l’avenir ! La café de la marque Bondin était du robusta, donc pas très bon. Nous utilisions la cafetière italienne (directement sur le gaz). Nous commencions à boire du café très jeunes (avec du lait). Le lait du « hlaybi » était entier, et me faisait vomir. Plus tard nous avons découvert le lait en poudre que j’ai enfin pu digérer. Le sucre, était souvent dosé en quantité supérieur à la normale, mais tout de même pas comme les Tunisiens pour lesquels tous les liquides sucrés devenaient sirupeux. Je me souviens qu’un jour, devant préparer moi-même mon café, j’en ai proposé à la bonne, Salha. Lorsque je lui ai demandé combien de cuillères à sucre elle voulait, elle m’a répondu : « 4 ou 5… Mets 5, ça suffit. » 448 449 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Âasbane èjèlè Littéralement « âasbane de la veuve », c’est-à-dire sans viande, ni tripes. Il s’agit donc d’une saucisse à la mie de pain trempée puis essorée et assaisonnée d’herbes et d’épices. Âassida zgougou Lors de la fête musulmane du Mouled (qui commémore la naissance de Mahomet), les Tunisiens ont pour coutume de préparer un délicieux entremets qu’ils off rent gentiment à leurs familles proche ou lointaine, ainsi qu’à leurs voisins JT. Il s’agit de deux crèmes superposées : l’une en bas, aux pignons de pins d’Alep ou « zgougou » et l’autre en surface, au lait concentré sucré. Sur cette dernière, les femmes font appel à leur imagination pour la décoration avec des fruits secs (amandes, pistaches, noisettes, pignons de pin, raisins) entiers ou en poudre, ainsi que des dragées. Toutes ces garnitures sont appelées « fékia ». Aperetchif C’est ainsi que le JT prononce ce mot. Pour ce dernier, il comprend la « kémia » (diverses petites salades), des petits rougets grillés, des fruits secs grillés et salés (amandes, pistaches, noisettes…), quelquefois de la boutargue… le tout accompagné de Boukha (eau- de-vie de figues) ou d’anisette. Assiette anglaise « L’assiette anglaise » JT était servie aux invités lors de la plupart des événements (naissances, bar mitzvah, mariages) et comprenait : « une brick » triangulaire aux pommes de terre et à la viande de bœuf (ou au poulet ou au thon), une tranche de « minina », quelques « variantes », des olives, un petit pain rond et un pain ovale farci de « méchouia » (définition dans « Plats courants et spécialités ») et de thon. Âadam hout / Dam hout / Boutargue / Poutargue Littéralement, « Âadam hout » veut dire « œufs de poisson ». Ces œufs proviennent généralement du mulet ou du thon. Tout en les gardant dans leur poche d’origine qui est une fine membrane que l’on lave délicatement, ils sont salés puis séchés et souvent, recouverts d’une petite pellicule de cire. Le JT aime en déguster de fines lamelles accompagnées de pain à « l’apéretchif ». Personnellement, j’apprécie d’en manger de temps en temps car j’aime le parfum de l’iode, mais pas trop souvent car c’est très salé ! En France, la boutargue ou poutargue est surtout appréciée dans le Sud. Âajlouk (prononciation correcte : âajlouq) Il s’agit d’une salade de courgettes ou d’aubergines cuites et écrasées en purée, assaisonnées d’ail, carvi, citron, huile, sel, poivre et harissa selon les goûts. Âaqod (recette dans la section suivante) À l’origine, il s’agit d’un ragoût de tripes (qu’il fallait faire blanchir pendant deux heures ou faire confiance à son boucher – kasher, bien sûr – et les acheter déjà nettoyées…). Cependant, au fil du temps, avec les règles de diététique, l’épisode de « la vache folle », l’hygiène etc., les mères juives ont plutôt utilisé de la « viande de tête » de bœuf – c’est-à-dire les bajoues et le collet –, qui est beaucoup moins grasse, plus tendre et qui ne nécessite pas autant de temps de préparation. Âasbane (autre prononciation : Ôosbane) Il s’agit d’une sorte de grosse saucisse farcie à la viande et aux tripes de bœuf (la plupart du temps « faite maison »), assaisonnée de menthe, persil, coriandre, sel, poivre et harissa quelquefois. 450 451 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Bigadilou / Bighadilou La plupart des ragoûts tunisiens commencent par un « bigadilou » ; c’est le fait de chauff er de l’huile puis y faire revenir de l’oignon et du persil haché, avant d’y ajouter la viande que l’on fait revenir aussi. Puis, il faut verser de l’eau à hauteur et laisser cuire à couvert pendant environ quarante-cinq minutes : Ma belle fille, elle sait pas cuisiner ! J’t’en prie, à part elle, qui c’est qui sait pas que la base de tout, c’est le « bigadilou » ? Bijilouch Il s’agit d’un ragoût aux petits pois et à la viande de bœuf : Dimanche, on est allé chez ma mère et elle nous a faits un de ces « bijilouch », j’en ai encore l’eau à la bouche ! Bolghol / Boulghoul Façon tunisienne de dire « Boulgour » mais l’origine de ce mot vient du turc bulgur ». Il s’agit de blé dur dont on a retiré le son, puis qui a été précuit à la vapeur, séché et enfin concassé. En Tunisie, on le cuisine pour mitonner des soupes (en y ajoutant de la sauce tomate, de l’ail, du sel et du poivre), contrairement à d’autres pays méditerranéens où on le fait cuire comme le riz, jusqu’à évaporation complète de l’eau. Bomboloni / Autre prononciation : Bamboulouni D’origine italienne en forme de boule, il est devenu le chichi du Tunisien en forme de couronne. Les Italiens le farcissent quelquefois de crème vanille ou chocolat ou encore avec de la confiture avant de le cuire au four. Les Tunisiens ont préféré la cuisson en friture puis un passage généreux dans le sucre en poudre quand le « bomboloni » est encore très chaud, afin qu’il en absorbe le plus possible et ce, sans perdre son huile ! Rares sont les JT qui ne se souviennent pas de la petite échoppe qui en propose depuis 1912, juste après le Café des Nattes, ou encore celle de Kheireddine, à proximité de la plage, Banatages (recette dans la section suivante) Ce sont des boulettes frites, de forme ovale, faites à base de pommes de terre écrasée, œuf et viande de bœuf (ou poulet ou thon), ainsi que persil, sel et poivre. Ce mot pourrait trouver son origine dans le mot espagnol « empanadas » transformé en « banadhej » en tunisien : l’empanada et le banadhej sont des petits chaussons (ou feuilletés) farcis de viande, de poisson, d’œuf, de pomme de terre. Le banatage JT, quant à lui, contient à peu près les mêmes ingrédients (le poisson étant remplacé par du thon en boîte ou de la viande de bœuf hâchée ou du poulet) mais sans pâte autour… Mais, que l’on prononce « banatages », « empanadas » et « banadhej », on se rend bien compte que ces trois mots ont presque les mêmes sonorités. Baqlèwa C’est « le » gâteau des fêtes musulmanes. Il s’agit d’une pâtisserie passée dans le miel, donc très sucrée en forme de losange à base de pâte feuilletée à l’extérieur et de pâte d’amande ou de noix à l’intérieur. Batata bel camoun (recette dans la section suivante) Il s’agit d’un ragoût de pommes de terre et de viande de bœuf, assaisonné, entre autres, de cumin ou « camoun » en arabe. Batata moqliya Signifie « pomme de terre frite ». Beignets Alors que certains apportent des viennoiseries pour les petits- déjeuners du dimanche, les Tunisiens préfèrent se régaler de beignets tous chauds. Après friture, ces derniers sont dégustés soit nature, soit au miel, soit au sucre (appelés « bombolonis » dans ce cas. Cf. définition). 452 453 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 que l’on fait mijoter longtemps. Ce mets est souvent concocté pour les veilles de fêtes car certains disent que les épinards, par leur couleur, sont synonymes de renouveau. Très nombreux sont les JT qui en raf- folent. On peut, soit le manger en le sauçant avec du pain (italien ou « tabouna » de préférence), soit le mélanger à de la graine de couscous. Pendant que le plat cuit, on peut aussi rajouter des œufs à durcir. En fin de cuisson, le blanc devient beige et le jaune prend une couleur verdâtre, tout comme les « œufs de sable » et le goût est très semblable. Brick (feuille de) / en arabe : Maslouqa À l’origine, en langue turque, « börek » désigne tout plat fait à base de pâte « filo » qui est une pâte extrêmement fine utilisée dans la cuisine méditerranéenne. Son nom vient du grec « phyllon » qui signifie feuille. Pour le JT, il s’agit d’une pâte très fine. Dans certaines gargotes à la Goulette ou à La Marsa par exemple, la pâte était préparée à la main puis étalée très finement afin qu’elle soit croquante après friture. À la maison, la plupart du temps, on utilisait les pâtes vendues chez les épiciers puis dans les supermarchés. On les utilisait pour des plats divers : – La Brick à l’œuf : après y avoir posé délicatement un œuf entier cru en son milieu que l’on assaisonne de sel et de poivre, on la plie en deux et on la fait frire. On peut aussi y ajouter des câpres, du thon, du persil, de la harissa ; – La Brick à la pomme de terre (écrasée dans laquelle on rajoute des épices et quelquefois du thon ou du poulet ; après l’avoir farcie, on replie la feuille de brick en forme de triangle avant de la faire frire ; – La Brick aux amandes / Cigare (recette dans la section suivante) : dessert pour lequel on fait une pâte à base de poudre d’amande liée à des œufs et du sucre – ce type de brick peut être plié, soit sous forme de triangles, soit sous forme de cigares, puis frit, puis enduit de miel. qui, outre les « bombolonis », vendait aussi d’excellentes chips de pomme de terre. Bouchcoutou (prononciation correcte : Bouscoutou) ou Pain d’Espagne De l’italien « biscotto » qui signifie « biscuit = cuit deux fois ». Il s’agit en fait d’un genre de cake non compact, donc plutôt « aéré ». On l’accompagne souvent d’une boisson chaude ou froide : thé, café, citronnade, sirop d’orgeat… Boules au miel Ce sont tout simplement des beignets au miel en forme de boule. Personnellement, je ne vois pas l’intérêt de cette pâte frite sucrée… Il y a tellement d’autres gourmandises tunisiennes… Mais, chacun a ses goûts ! Boulettes pour couscous / Kefta (recette dans la section suivante) Il s’agit d’un mélange de viande de bœuf (ou de poisson), pain rassis, herbes et épices ; le tout roulé en boule, saisi en friture, puis cuit à feu doux pour agrémenter un couscous JT. Boulou (recette dans la section suivante) C’est un gâteau à la consistance du pain, croquant à l’extérieur et tendre à l’intérieur. On l’agrémente souvent d’un ou plusieurs fruits secs : noisettes, pistaches, amandes, pignons ou encore de chocolat, ainsi que d’essence de fleur d’oranger… En surface, on rajoute quelques graines d’anis ou de sésame. Bqaïla / Pqaïla / Pkaïla / Madfouna en arabe (Recette dans la section suivante) C’est un ragoût de couleur noire ou verte très foncée, à base d’épi- nards frits (très très très frits), de viande de bœuf et de haricots blancs 454 455 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Caponata Il s’agit un peu de la ratatouille italienne, faite à base d’aubergines, oignons, tomates, céleri, olives vertes, ail émincé et câpres. Les légumes sont cuits avec du vinaigre et de l’huile d’olive, puis assaisonné de sel et poivre. Ce plat se mange chaud ou froid. C’est un classique de la cuisine sicilienne que les JT ont adopté. Chakchouka (recette dans la section suivante) C’est un plat à base de poivrons, tomates et oignons cuits et épicés. C’est très simple, rapide et on peut y rajouter des merguez et/ou des œufs. Cependant, on utilise aussi le mot « chakchouka » pour parler d’un mélange non culinaire, un embrouillamini, pourrait-on dire : ne me mêle pas à ta « chakchouka », je n’ai rien à voir là-dedans ! Complet poisson (recette dans la section suivante) Il s’agit d’un plat « complet » (et même très complet) comme son nom l’indique, qui ne comprend que des aliments frits : du poisson (de préférence sole, thon, mulet ou rougets), des frites, de la salade « méchouia » ou de la « testira » (définitions dans « Plats courants et spécialités), un œuf au plat, un piment et quelques tranches de courgettes. Le « complet poisson » était l’un de nos plats préférés du dimanche car le cérémonial commençait par les courses au marché, souvent en famille. J’aimais la fraîcheur des étals du marché de la Goulette où nous allions ; je me délectais des parfums d’iode d’un côté, de verdure de l’autre ; j’aimais voir mon père choisir les meilleurs poissons (il était imbattable !) puis négocier avec les vendeurs tandis que ma mère faisait le plein de bons légumes ; j’appréciais la gentillesse des commerçants, la rencontre avec des amis, un petit arrêt au café parfois… et j’aurais bien aimé pouvoir retrouver cette ambiance… Brioches au chocolat / Feuilletés au chocolat C’est ainsi que l’on appelait les « petits pains au chocolat » ou les « chocolatines ». Broudou De l’italien « brodo » qui signifie « soupe, bouillon, consommé ». Tagine brouklou bil tqiq ou l’âadam Il s’agit d’un plat en sauce avec de la viande de bœuf ou du poulet, ainsi que du chou-fleur et des pommes de terre, ces légumes étant préalablement passés dans des œufs battus, puis frits. Bsal ou loubia (recette dans la section suivante) Certains JT disent « bsaloubia ». Il s’agit d’un ragoût à base de « bsal » (ou oignon) et « loubia » (ou haricot blanc) ainsi que de viande de bœuf. Bsissa (prononciation JT : Bchicha) Plat ressemblant à une soupe très épaisse, faite à base de blé, d’orge, de pois-chiche et de caroube moulus, avec de l’huile et du sucre que les mères JT préparent la veille du mois de Nissan (soit trois semaines avant « Pessah »). Caca Pigeon Voir « Halwa ». Camounia Ragoût de viande de bœuf et haricots blancs en sauce, délicieusement relevé de cumin, bien sûr. On peut le saucer ou le manger avec de la graine de couscous. 456 457 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Dabahaya (recette dans la section suivante) Je dois d’abord vous informer que « dabba » signifie « bête » et « haya » veut dire « vivante » en arabe. Cependant, je ne peux affirmer que le mot « dabayaha » tient son origine de là. Pour le JT, il s’agit d’une farce (ou forme) à base de poulet et d’œufs que l’on peut, soit utiliser pour farcir un poulet, soit faire cuire au bain-marie dans un moule. C’est très bon ! Dafina ou Daf Voir « tfina ». Darbali / Mdarbal Plat très proche du « Bsal ou Loubia » (voir définition) puisqu’il s’agit de la même base, à laquelle on rajoute des tranches d’aubergines frites. Debla Voir « Manicotti ». Délicieuse Outre l’adjectif que l’on connaît, il s’agit du nom d’une sorte de sandwich à la crème glacée dans lequel les deux couches de pains sont remplacées par du « bouscoutou » ou des gaufrettes. À ma connaissance, on pouvait trouver des « délicieuses » « chez Salem » à La Marsa et « chez Alfred » entre Kheireddine et le Kram (à l’aéroport, plus précisément). Et pour les connaisseurs, la « délicieuse au sabayon », c’était le summum du plaisir. Drôo En français, c’est le sorgho, céréale qui ressemble à une farine de couleur grise que le JT consomme de trois façons : sous forme de crème au lait ou à l’eau à laquelle on rajoute en surface, un peu de poudre de gingembre, sous forme de soupe avec du lait (que l’on Couscous (recette dans la section suivante) / en arabe : Kosksi Tout le monde connaît le couscous, mais dans celui du JT, il y a beaucoup plus de légumes, on ne mélange pas les viandes et on y rajoute des « boulettes » et quelquefois du « âasbane ». Les Tunisiens utilisent aussi la graine de couscous comme accompagnement. Couscous au poisson C’est l’une des spécialités JT : la viande est remplacée par du poisson et les boulettes sont aussi au poisson. C’est délicieux ! La plupart du temps, le « couscous au poisson » est cuisiné pour célébrer un événement particulier tels que « bar mitzvah » ou… les menstruations ! Je rappelle que le « poisson » éloigne le mauvais œil ! Couscous qrâa ou foul « Qrâa » signifie potiron et « foul », fève. Il s’agit d’un couscous avec un bouillon contenant du potiron, des fèves fraîches, des poivrons, des œufs et des merguez (oui, « Merguez » est du genre masculin pour le JT) que l’on mange généralement pendant une période de tristesse qui a lieu entre le 17 « tamouz » et le 9 « av » (dates du calendrier hébraïque). Autres couscous Le JT utilise aussi la graine de couscous comme accompagnement pour « la camounia », « le nikitouche », « la bkaïla ». Croquant C’est un gâteau sec et croquant comme son nom l’indique. Il est parfois agrémenté de graines d’anis ou de sésame ou de fruits secs (amandes, pistaches, noisettes). Ce gâteau est délicieux trempé dans un liquide chaud (café, chocolat) ou froid (citronnade, orgeat). 458 459 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Forme / Fourma / Mâaqoud Il s’agit d’un plat, souvent fait à base d’un reste de pâtes ou de pommes de terre. À l’un de ces féculents, on rajoute de la viande de bœuf, ou du thon, ou du poulet ; on lie le tout avec quelques œufs crus, on assaisonne et on enfourne : cela donne une sorte de gâteau salé qui prend la « forme » du moule et que l’on peut couper en tranches. Cela permet d’utiliser les restes et c’est très bon. On peut aussi rajouter de la cervelle à ce « mâaqoud » (ne pas confondre avec « maqroud ») et, dans ce cas, on l’appellera « Minina ». Il ne faut pas oublier la « dabahaya » qui est aussi une « forme ». Fricassé En Tunisie, le « fricassé » (car ce vocable est masculin) est un sandwich-beignet proche du « chi-chi », mais plutôt ovale et salé. On le garnit de thon, « méchouia » (définition dans « Plats courants et spécialités), morceaux de pommes de terre et d’œuf dur, une ou deux olives, quelques câpres et pour ceux qui aiment, on rajoute de la harissa et… encore de l’huile ! Fritesh Non, ce ne sont pas les frites. Mais il s’agit quand même de quelque chose de frit (encore !). Les « fritesh » sont des beignets en forme de boule à base de « matsa » (cf. Galettes) moulue, que l’on passe au miel après cuisson et je ne crois pas trop m’avancer en disant que ce sont des « boules au miel de Pessah ». Ganaouiya / Gnaouia (recette dans la section suivante) Ragoût aux gombos (légumes tropicaux donnant une sauce assez gluante à la cuisson) et à la viande de bœuf. appelle « Sahleb « en arabe) ou sous forme de gâteau gris avec des graines de pavots et d’anis… Ce dernier est un étouffe-chrétien très peu diététique, vous l’aurez compris, mais comme nous sommes JT, nous n’avons aucun problème pour l’ingérer ! Falsou Littéralement, de l’Italien : « falso » ou faux. Le JT utilise volontiers le terme « falsou » pour désigner un repas sans viande (sans protéines) : « Qu’est-ce que tu as mangé dimanche dernier chez Viviane ? Un tagine batata falsou ! Elle est tellement radine ! » Ici, il s’agit donc d’un simple ragoût de pommes de terre. Farka (recette dans la section suivante) Dessert préparé par les mères JT lors de la fête « Roch hodèche el Bnat » (cf. Religions) avec de la graine de couscous après shabbath ou pour d’autres événements. Elles l’agrémentaient de dattes, noix, amandes, pistaches, ainsi que de miel et de cannelle. Fékia Il s’agit d’un mélange d’amandes, noix, raisins secs, dragées… une sorte de « mendiant » mais cru et sucré que l’on peut aussi utiliser pour garnir l’âassida (voir définition). Felfel mehchi : poivron farci Fèves / Fèves au cumin (en arabe : Foul) Les fèves fraîches ou sèches sont assez utilisées dans les préparations culinaires tunisiennes. Chez les JT, pour l’apéritif, on fait souvent cuire des fèves sèches (qui restent donc marron foncé), puis on les sert encore chaudes assaisonnées de cumin. Nombreux sont ceux qui s’en régalent. 460 461 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Kémia Il s’agit d’un apéritif assez consistant que l’on appellerait plutôt aujourd’hui « apéritif déjeunatoire ou dînatoire » avec : petits rougets grillés, « minina », salades variées (méchouia au thon, carottes au cumin et à l’ail, pommes de terre et persil, artichauts cuits ou crus, fenouil…), olives noires et vertes, fruits secs salés (pistaches, amandes, noisettes), le tout arrosé d’anisette ou de Boukha. Khalla (singulier) / Khallot (pluriel) (recette dans la section suivante) En hébreu, c’est ainsi que l’on appelle un pain légèrement brioché (sans beurre), tendre et bon, souvent mitonné à l’occasion du shabbath. Lablebi (autre appellation : Homs Blebi) Bouillon avec des pois chiches (« homs »), ainsi que des épices et de la harissa. Souvent mangé au petit matin, en guise de petit- déjeuner, par ceux qui rentrent chez eux après une soirée en discothèque ou encore par les travailleurs matinaux. Certains y coupent des morceaux de pains qui s’imbibent du bouillon. D’autres y rajoutent du thon et/ou un œuf mollet. Un marchand très réputé pour son fameux « lablebi », possédait une gargote rue Al Djazira. Après la dernière séance de cinéma et en particulier les samedis vers minuit, nombreuses étaient les personnes, souvent très BCBG, qui venaient déguster ce bol de pois chiche debout dans la rue. Haregma C’est un plat de « lablebi » plus consistant et plus nutritif car on y fait cuire un pied de bœuf. Lben (autre prononciation : Leben) Au Maghreb, c’est le nom que l’on donne au lait fermenté consommé après égouttage dans un tissu afin qu’une partie de l’eau s’évacue. Ghrayba Gâteau de couleur beige, à base de farine ou de semoule ou de farine de pois chiches, de beurre, de sucre et d’huile, agrémenté d’eaux de fleurs d’oranger et de géranium. Guizada (recette dans la section suivante) Gâteau proche du macaron, avec beaucoup d’amandes et des œufs. Hachwa Soupe à base de semoule et de sauce tomate, relevée d’ail et autres épices, selon les goûts. Hlèlem Petites pâtes de forme ovale faites à la main, puis séchées au soleil sur un « ghorbèl ». Elles sont ensuite préparées sous forme de soupe épaisse, avec des lentilles, des pois chiches et des févettes (petites fèves). Jelbana Drôle de mot pour un mot arabe dont je n’ai pas trouvé l’origine ; il s’agit des petits-pois, mais aussi d’un ragoût à base de ce légume et de viande de bœuf, le tout mijoté dans une bonne sauce tomate avec des oignons. Kâak Le « kâak » est un gâteau en forme de petite couronne. Il en existe deux sortes : le « kâak » classique à base de farine, œufs et sucre qui est très sec et donc meilleur trempé dans un liquide chaud et le « Kâak el warqa « qui est blanc, avec une croûte croquante, qui cache un cœur de pâte d’amandes tendre et délicieux. Kefta Voir « Boulettes pour couscous » car il s’agit de l’autre nom des « boulettes », en particulier celles au poisson. 462 463 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 sauce tomate relevée d’oignons, d’ail et d’harissa. Cette sauce peut être plus ou moins épaisse, nature, à la viande de bœuf ou au thon et il est rare qu’on finisse le plat sans l’avoir totalement saucée avec du pain. Il nous arrivait d’y ajouter du fromage râpé (généralement une sorte de gruyère car les autres étaient hors de prix). Marmouma / Makbouba (recette dans la section suivante) Salade cuite de tomates et poivrons verts et que l’on appelle « frita » lorsqu’on utilise des poivrons rouges. Mhammar C’est un plat d’aubergines farcies à la viande de bœuf et aux œufs (assaisonnées d’ail, oignon, persil, sel et poivre), cuites au four. Minina Il s’agit d’une « forme » avec des œufs crus et cuits et de la cervelle que l’on sert souvent lors des soirées de bar mitzvah et de hennés. Voir « forme ou mâaqoud ». Mkhalta Signifie « mélange ». Il s’agit aussi d’un plat proche du « msoki » avec un mélange de légumes, dans lequel on rajoute des abats. Mloukhiya (recette dans la section suivante) Ragoût à la viande de bœuf et aux feuilles de corette en poudre ; cuisinée longuement, cette poudre donne une sauce vert foncé qui se mange bien sûr avec du pain, « italien » ou « tabouna » de préférence avec beaucoup de mie ! Mzaoura Signifie « maligne », mais c’est aussi une salade de carottes cuites, assaisonnées de cumin, sel et poivre (et harissa selon les goûts). Left âaranje ou Torchi l’âarange (cf. Âarange) Salade à base de quartiers d’oranges amères et de navets, que l’on assaisonne avec du carvi (« carouiya ») et de la harissa, selon les goûts. Mâaqoud Voir « Forme ». Madfouna C’est ainsi que les Tunisiens appellent la « Bqaïla » (voir définition et recette). Manicotti / Manicotte / Debla / Rose des sables (recette dans la section suivante) Pour les Italiens, cela signifie littéralement « mains cuites » et pour eux, il s’agit de sortes de crêpes fourrées au fromage ou la viande de bœuf ou aux légumes, que l’on fait cuire au four avec une sauce tomate, un peu comme des cannellonis. Pour le JT, il s’agit d’un gâteau fait à base d’une pâte fine aux œufs (comme les oreillettes provençales) que l’on enroule sur elle-même, comme pour former une rose. Cette dernière est frite rapidement, puis passée au miel. Le (ou la) « manicotti » JT est aussi appelé(e) « debla » ou « rose des sables ». Maqroudh (prononciation JT : Makroud – recette dans la section suivante) Gâteaux en forme de losanges à base de semoule et de pâte de dattes. Maqrouna Compte tenu des sonorités de ce mot, vous avez probablement deviné qu’il s’agit des « macaroni » qui constituent l’un des plats préférés des Tunisiens. La plupart du temps, ils sont préparés à la 464 465 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Poisson beliada / Poisson H’raïmi / Poisson Malin (recette dans la section suivante) Il s’agit d’un poisson que l’on cuit au court-bouillon avec de la sauce tomate. Nombreux sont ceux qui y ajoutent de la harissa. Polpettone (en arabe : Âadam m’kettef ou Âain Sbaniouryia) En Italie, c’est un pain de viande farci à la mortadelle, au fromage et à l’œuf. Pour le JT, c’est un rôti de bœuf farci à l’œuf dur uniquement et qui est appelé en arabe « âadam m’kettef », qui signifie « œuf enrobé » ou encore « âain sbaniouryia » qui veut dire « œil d’Espagnole ». Qâabar bechbech Qâabar ta dar el ôurch (prononciation correcte : Qâabar besbes) (recette dans la section suivante) « Boulettes de viande de bœuf à l’anis » ou « boulettes de la maison des mariés ». Il s’agit de petites boulettes à base de viande hachée et d’aneth qui constituent souvent le repas d’avant la cérémonie de mariage dans la famille des époux. Qnaqech Ce sont les « lentilles », mais il s’agit aussi d’un plat de petites pâtes aux pois chiches et aux lentilles, proche du « hlèlem ». Raïeb Il s’agit d’un lait caillé brassé, naturellement riche en calcium et en vitamines. Riz qlaya Riz (appelé Rouze en arabe…) que l’on fait revenir avec de l’oignon et du curcuma et ou du « Spigol » (voir définition), puis que l’on fait cuire à l’eau. Cela donne un riz jaune, très parfumé. On peut l’utiliser comme accompagnement pour divers plats. Ce riz est aussi excellent avec des artichauts cuits. Nikitouche (autre prononciation : Nikitouss) Il s’agit d’un bouillon avec du poulet (ou de la viande de bœuf), ainsi que de toutes petites boules de pâte aux œufs, roulées à la main, une à une (souvent par les grands-mères) puis séchées dans un « ghorbel ». Cependant, on peut aussi insérer la pâte dans un presse- ail et la couper au fur et à mesure qu’elle sort, lorsque l’on a atteint la taille de pâtes souhaitée (c’est moins régulier et les boules peuvent se coller entre elles). On peut aussi manger ce plat avec de la graine de couscous. Œuf battu En Tunisie, lorsque quelqu’un était fatigué, faible ou malade, il était fréquent qu’on lui prépare un « œuf battu » avec beaucoup de sucre. On peut douter de l’eff et requinquant d’un tel remède, mais c’était super bon, surtout quand il était préparé avec amour par la mère nourricière. C’était probablement son amour inconditionnel, ses soins et son omniprésence qui étaient le remède à la fatigue ou à la maladie… pas l’œuf battu ! Ôjja Plat que l’on pourrait, en allant vite, assimiler à des œufs brouillés… Mais pour plus de goût et de consistance, on y ajoute des tomates fraîches, des oignons ainsi que des morceaux de merguez (et de la harissa si on le souhaite) C’est donc un plat à part entière… Alors, « ojja » ou œufs brouillés ? Pain d’Espagne Voir « bouchcoutou ». Pois-chiches grillés Ce sont encore de petites choses grillées et salées, faciles à grignoter que le JT consomme à l’apéritif. 466 467 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 de la sauce tomate, de l’ail, du sel et du poivre), contrairement à d’autres pays méditerranéens où on le fait cuire comme le riz, jusqu’à évaporation complète de l’eau. Tchich bel karnit Les Tunisiens non juifs rajoutent à cette soupe du poulpe, en arabe « karnit ». Testira Plat à base de tomates, poivrons et piments, légumes que l’on fait frire en les mélangeant à des œufs. Ce mélange, qui a des similitudes avec la « ojja », mais aussi la « méchouia », peut servir d’accompagnement dans un complet poisson. Tfina / Dafina / Daf Il s’agit d’un plat de shabbath qui mijote très longuement, souvent sur le « primus ». En Tunisie, les « daf » que l’on appelait plutôt « tfina » étaient « la harissa », le « nikitouche », la « bkeïla », la « camounia » Que de la diététique ! Torchi khal / Variantes En arabe, « khal » signifie navets et pour le JT, le « torchi khal » est une salade à base de carottes, poivrons, cèleri et navets coupés en bâtonnets et ayant macéré en bocaux, dans du vinaigre, de l’eau et du sel. En français, le JT appelle ce mélange « variantes ». Yoyo Une spécialité à base de semoule et dattes, d’huile et de sucre, cuite dans l’huile et recouverte de miel. Zlebia Gâteau très reconnaissable par sa forme faite de divers petits tuyaux assemblés en rond. La pâte est frite puis passée dans le miel et Rose des sables Voir « Manicotti ». Sabayon (recette dans la section suivante) Glace au jaune d’œuf. Slata jida Littéralement, « salade fine ». Il s’agit d’une salade crue, à base de tomates, poivrons et concombres, coupés en très petits morceaux et on y rajoute parfois du thon et des olives dénoyautées. Elle peut faire penser à une salade niçoise, mais cela n’en est pas une, car il n’y a ni haricots verts, ni anchois. Slata Mechouiya Littéralement, « salade grillée ». Elle se fait avec des poivrons et des tomates grillés, pelés et coupés en lamelle (certains y mettent aussi de l’oignon grillé mais nous ne le faisons pas chez nous). Ce mélange est ensuite assaisonné d’huile d’olive, d’ail, de sel et de poivre. C’est tout simple et délicieux. On peut aussi accompagner ou décorer cette salade avec du thon et/ou des œufs durs et/ou des olives noires. Sorgho Voir « droo ». Souabâa Ce mot signifie « doigt » mais on l’utilise aussi pour parler d’un gâteau sec à base de farine, œufs, sucre et arôme de vanille ou d’orange, car il a la forme d’un doigt. Tchich (recette dans la section suivante) / Tchicha Sorte de soupe épaisse, à base de semoule ou de blé concassé. En Tunisie, on le cuisine pour mitonner des soupes (en y ajoutant 468 469 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 AUTRES ALIMENTS ET GOURMANDISES Âallouche Il s’agit de « l’agneau » ou du « mouton », mais c’est aussi un nom de famille aussi bien juif que musulman, avec une prononciation légèrement diff érente : pour les JT, le « A » n’est pas guttural. Bistek C’est ainsi que de nombreux enfants JT (ou pas, d’ailleurs) prononcent le mot anglo-saxon « beefsteak » qui a été simplifié en français par « bifteck ». Bouri De l’arabe égyptien, c’est le mulet, poisson très prisé par les JT. Chigom Of course, c’est le chewing-gum ! Lors de la deuxième guerre mondiale, les enfants couraient derrière les G.I.’s en criant : « guève mi chigom, guève mi choclète » (donne-moi des chewing-gums, donne-moi du chocolat) ! C’est mon père qui me l’a dit… Chiklé C’est un chewing-gum qui ne fait pas de bulles, mais qui claque lorsqu’on le mâche (surtout si on a des espaces entre les dents) ! Chneck Vient de « schnecke » (escargot en allemand) et en Tunisie, c’est le « pain aux raisins » que l’on appelle ainsi. Choclata Prononciation pour « chocolat » en arabe. les tuyaux s’en remplissent. Vous l’aurez compris, c’est hypersucré et très calorique. Mais, chacun ses goûts… Dejner C’est ainsi que le JT prononce le mot « déjeuner ». Baqbaq Ce mot vient probablement d’une onomatopée à l’origine car il s’agit de liquide qui bout : alors, il est prêt ton « tchich » ? « y baqbaq » (est-ce qu’il bouillonne) ? Eblâa En arabe, signifie « avale » : ma parole, tu manges comme un puits sans fond : « eblâa, eblâa », c’est tout ce que tu sais faire ! Mass’t (masculin) / Masta (féminin) En arabe, synonyme de « sans goût, fade » : Alors, que penses-tu de ma « méchouia » ? Elle est bonne, mais elle est un peu « masta », je crois qu’il faudrait un peu plus d’ail. Qechra C’est « l’épluchure » ou « la pelure » mais ce mot est aussi utilisé pour parler d’une personne qui n’est vraiment pas aimable (au premier sens du mot) et donc dont on souhaiterait se débarrasser, comme on le ferait pour une épluchure : tu connais Marie ? Franchement, avant de la connaître, je ne savais pas vraiment ce que « méchanceté » voulait dire et maintenant je sais, cette fille est une véritable « qechra » j’te jure, j’ai bien fait de m’en éloigner ! 470 471 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 entre les incisives – appuyer pour casser l’écorce en deux (sachez doser cet appui : trop fort, il écraserait la graine tandis que trop légèrement, il ne l’ouvrirait pas) – effectuer des mouvements de langue pour séparer l’écorce de la graine – prendre la graine sur la langue – poser l’écorce dans un réceptacle (je sais, je sais, en Tunisie, on jetait l’écorce par terre… mais on peut toujours prendre de bonnes habitudes, non ?) – finalement, croquer la « glibette » restée dans la bouche et l’ingérer. Ne vous inquiétez pas, persévérez, vous y arriverez… après quelques années ! Globo Il s’agit du « bubble gum », comme le « Malabar », par exemple, mais pas du « chiklé », qui claque mais ne fait pas de bulles. Hallouf (masculin) / Halloufa (féminin) Tout le monde le sait, le « hallouf », c’est le « porc » ou le « cochon », mais le JT utilise aussi ce mot pour dire « galopin » ou « petit voyou » : tu t’es caché où, « ya hallouf » Ah j’t’ai vu, tché sous le lit ! Halwa / Caca pigeon Le mot « Halva » est d’origine turque et la prononciation est légèrement différente en arabe. Il s’agit d’une pâte de sésame, agrémentée de miel et de fruits secs (amandes, pistaches, noisettes). Lorsqu’on y met des pistaches hâchées, cette confiserie peut prendre une teinte verdâtre, ressemblant étonnamment au « caca de pigeon ». Il est donc tout à fait probable que cette seconde appellation – typiquement tunisienne – vienne de cette couleur particulière. Jbib ou louj (prononciation correcte : Zbib ou louz ) En arabe, cela signifie : « raisins secs et amandes ». Pour le JT, il s’agit de « mendiants » constitué d’un mélange de fruits secs Cochtilia De l’italien « costoletta », il s’agit de la « côtelette » et le JT utilise ce mot pour toute viande que l’on fait griller qu’elle soit de bœuf ou d’agneau et aussi bien pour un steak que pour une entrecôte ou bien sûr une véritable côtelette. Crima Proche de l’Italien « crema » et du français, c’est ainsi que les Tunisiens prononcent le mot « crème » (en cosmétique ou en cuisine). Direct Ce mot a deux significations en Tunisie dont celle que l’on connaît. La seconde est assez improbable ; en eff et, lorsque l’on commande un « direct » dans un bar, on nous sert… « un crème ». Je n’ai pas réussi à comprendre pourquoi. Cependant, sachant que le mélange du café et du lait est réputé indigeste, je vous laisse deviner à quoi j’ai pensé… mais j’espère avoir tort et qu’il y a une autre origine à ce mot. Épines du poisson « Maman, j’peux pas manger ce poissan, y’a trop d’épines » ! Eh oui, vous l’avez deviné, il s’agit bien des arêtes. Par ailleurs, certains enfants demandent aussi que leur poisson soit « épluché » (et non désarêté…). Glibettes / Gloub Graines de tournesols (glibettes noires) ou de courge (glibettes blanches), grillées et salées que le JT adore décortiquer et grignoter en prenant un thé ou un café et en parlant très fort de la pluie et du beau temps. Voici comment manger les « glibettes » à la Tune (ne vous découragez pas, même s’il y a plusieurs étapes, le tout ne prend que quelques secondes) : sucer le sel collé dessus – placer la graine 472 473 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Pain : Baguéte Il s’agit bien du pain préféré des Français que les Tunisiens aiment aussi beaucoup, mais avec cet accent aigü s’il vous plaît… Khobz tabouna Il s’agit du « pain tabouna » qui est un pain rond, mais, contrairement au pain « pita », il y a beaucoup de mie et c’est donc le pain idéal pour saucer : va m’acheter de la « tabouna », j’ai fait une « mloukhiya ». Le pain tabouna est un pain tunisien artisanal cuit le long des parois d’un four traditionnel en terre cuite, lui-même appelé tabouna. Le nom tabouna vient de l’arabe taboun qui désigne « le foyer du feu », du verbe tabana qui signifie « attier le feu ». Le tabouna peut avoir diff érentes appellations régionales. À Béja, ce pain s’appelle « jerdga » et le four s’appelle « gouja ». Petit conseil subsidiaire : il ne faut surtout pas parler de « tabouna » à un marocain car cela a une tout autre explication. Pain italien Il s’agit d’un pain blanc avec beaucoup de mie et une croûte très croustillante. Le JT l’apprécie en sandwich, mais aussi pour tous les plats qu’il doit saucer et il y en a de nombreux… Pain tressé Voir Khalla / Khallot. Le pain : La baguette parisienne, c’est l’aliment de base des Tunisiens. Ils en mangent beaucoup tout le temps et avec tout, même avec les pâtes. Et surtout pour saucer la sauce tomate ou la mlouhkia. Quand (amandes, noisettes, raisins secs et quelquefois même dragées) que l’on distribue à l’assistance après certaines cérémonies religieuses. En hébreu, il s’agit de la « Séoudat ». Jbèn Fromages (Jbèn) Fromages : Ricotta (recuite – fromage frais italien à base de petit- lait), édam, gruyère, fromage de Sicile (premier sel de fromage sicilien blanc et avec le poivre : le fromage à pâte dure a produit avec des moutons de lait cru. La forme est un visage cylindrique légèrement concave, l’écorce froissée, contrat de pâtes avec de petits trous. Le nez est odeur intense du lait de mouton et le foin, la goûtent goûte très épicé) – « Il Pecorino Siciliano DOP è un formaggio prodotto con latte intero di pecora a pasta dura, cruda, con forma cilindrica, facce piane o leggermente concave. La crosta è bianco-giallognola, la pasta è compatta, bianca o paglierina, con limitata occhiatura. Ha un odore di fresco, floreale e speziato, un gusto deciso, fruttato e piccante, specialmente se stagionato ». « Il Pecorino Siciliano DOP, o “Picurinu”, come viene chiamato in Sicilia, è un formaggio di antichissima tradizione : le sue origini risalgono al periodo classico, benchè di fatto si accenni gí a formaggi di latte di pecora in opere di autori greci (come Omero nell’Odissea). » De temps en temps, nous trouvions du cheddar mais en boîtes de conserve… Nous l’appréciions quand même ! Lamburguen Cherchez un peu, vous allez trouver… Bon, je vous aide, c’est un mot anglo-saxon qui a été « tunisianisé » ou « tunisifié » ? Je vous laisse le choix. Bon, je vous le dis : c’est le « Hamburger ». Il est vrai qu’en Tunisie, on ne savait ce que c’était que par les publicités et il faisait moins saliver que le « lablebi » ou le « sandvichoton ». 474 475 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Qânsa La « qânsa » est le mot tunisien pour désigner le « croupion » des volailles, que l’on appelle parfois « sot-l’y-laisse ». Il faut donc croire que les JT sont « sots » car, la plupart du temps, cette partie est jetée, sauf lorsqu’une grand-mère la réclame ! Rechta Pâtes aux œufs semblables aux tagliatelles cuisinées, la plupart du temps, dans un vrai bouillon de volaille et quelquefois même avec du poulet farci (voir « dabahaya »). Ringa De l’italien « aringa », c’est le hareng. Smen Il s’agit d’une sorte de beurre rance salé, fabriqué à la maison par les Tunisiens, qui l’utilisent souvent dans la confection de leurs gâteaux. Bien qu’apprécié, le « smen » laisse un goût désagréable et n’est donc pas bien supporté par tous les palais. Les JT ne le consomment pas car il est considéré comme non kasher. Tonn Il s’agit du « thon » que les Tunisiens consomment beaucoup, aussi frais qu’en conserve et dans ce cas, plutôt à l’huile. La conserverie de Sidi Daoud (datant de 1824 dans la pure tradition des gens de la mer) produit un thon à l’huile très goûteux car il apporte toutes les richesses et les saveurs naturelles. Il a une excellente réputation en Tunisie. je voyais un Tunisien ou une Tunisienne revenir avec le pain, c’était souvent avec cinq ou six baguettes dans le couffin. Maintenant ça a peut-être un peu changé car les familles tunisiennes ne sont plus aussi nombreuses qu’avant. Quand les premiers fours à pain modernes sont arrivés, c’était la ruée. Les gens se disaient que le pain était forcément meilleur, que c’était le progrès. Mais rien ne vaut un four traditionnel. La décision du gouvernement tunisien d’augmenter de 100 % le prix du pain et de la farine provoque un soulèvement populaire. Les émeutes inciteront les autorités à déclarer l’état d’urgence, puis à annuler les hausses décrétées. À la fin de 1983, la baisse des prix du pétrole fait chuter les recettes de l’État tunisien, déjà aux prises avec une hausse des dépenses. Pour contrer l’augmentation de la dette, le Fonds monétaire international exige un plan d’austérité. Dans une situation difficile, le gouvernement décide de sabrer dans les subsides alimentaires, un système coûteux qui, en 1983, constitue 3,1 % du Produit intérieur brut et 10 % du budget de l’État. De plus, ce système favorise autant les classes nanties que les pauvres. Annoncée le 29 décembre 1983, la décision du gouvernement entraîne une hausse immédiate du prix du pain et de la farine. Cette hausse, la première en quinze ans, frappe directement les pauvres (20 % des Tunisiens vivent dans des bidonvilles). Le sud du pays, désertique et particulièrement pauvre, est témoin des premières émeutes qui s’étendent ensuite vers le nord. Les émeutiers sont essentiellement des jeunes et des paysans pauvres, des travailleurs saisonniers ou des chômeurs. Ils sont appuyés par les étudiants qui déclenchent une grève de solidarité. Les policiers sont débordés et le président Habib Bourguiba proclame l’état d ?urgence. L’armée intervient avec des blindés et rétablit l’ordre le 5 janvier. Le bilan : plus de 150 morts et des centaines de blessés. Le lendemain, Bourguiba annonce l’annulation de la hausse du prix du pain et de la farine. Mais l’image d’une Tunisie stable est ébranlée. Une semaine plus tard, le président renvoie le ministre de l’Intérieur, Idriss Guigah, blâmé pour sa gestion des troubles. Cette crise met d’ailleurs en évidence la lutte pour le pouvoir entre ce dernier et le premier ministre Mohamed Mzali, successeur pressenti de Bourguiba. Mzali sera pour sa part renvoyé à l’été 1986 et remplacé par Ben Ali. 476 477 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 • Eau de fleur d’oranger – Epines du poisson • Fade – Faqoussa – Faqousse – Farka – Fékia – Feuilletés au chocolat – Fèves – Fèves au cumin – Fondant au chocolat pour Pessah – Forme – Fostoq ou bondoq – Foul – Fricassé – Frigolo – Fritesh • Galettes – Ganaouya – Ganariya – Gazouz – Gazouza – Ghraïba – Glibette – Globo – Gloub – Granite – Guergueb – Guizada • Hachwa – Halba – Halwa – Haregma – Harosset – Hendi Guergueb – Hlèlem – Homs Blebi – Hout – Houta – Hrouchoute • Jbib ou louj – Jelbana • Kâak – Kâak warqa – Kafiolé – Kaki – Kefta – Kémia – Khalla – Khallot – Kharoube – Khobz tabouna – Khodhra – Khorchef – Kosksi • Lablebi – Lamburguen – Left âaranje – Lim hlou – Louben • Mâaqoud – Madfouna – Makbouba – Maqroud – Manicotti – Marmouma – Maslouqa – Mdarbal – Melha ou Bninan – Mhammar – Minina – Mkhalta – Mloukhiya – Msoki – Mûres blanches – Mzaoura • Nikitouche – Nikitouss • Pain d’Espagne – Pain italien – Pain tressé – Pqaïla – Pkeïla – Pois-chiches grillés – Poisson Beliada – Poisson H’raïmi – Poisson Malin – Polpettone – Pommette – Poutargue • Œuf battu – Œufs de sable – Ojja – Ôosbane – Orange douce – Orgeat LEXIQUE CULINAIRE Voici tous les mots relatifs à la nourriture qui sont cités ou définis dans le lexique général. Puis, les recettes des plats indiqués en gras de cette liste se trouveront dans la section suivante. ALIMENTS / PLATS / RECETTES • Âadam hout – Âadam m’kettef – Âain Sbaniouryia – Âajlouk – Âajlouq – Âaneb – Âaqod – Âarab essous – Âaranje – Âasbane – Âasbane èjèlè – Âassida – Ahrouchoute – Aile de poulet – Aperetchif – Arich’t’el louj – Arissa el louz – Assiette anglaise – Azérole • Baguéte – Banatages – Baqlèwa – Baslico – Batata bel camoun – Batata moqliya – Battikh – Battikha – Bchicha – Bigadilou – Bistek – Bqaïla – Boga – Boga cidre – Boga menthe Bois doux – Bolghol – Bomboloni – Bondoq – Bordguen – Bouchcoutou – Boukha – Boulettes pour couscous – Boulghoul – Boulgour – Boulou – Bouri – Boutargue – Brick – Brioches au chocolat – Broudou – Brouklou – Bsal ou loubia – Bsissa • Caca Pigeon – Camounia – Caponata – Carbounatou – Caroube – Celtia – Chakchouka – Chakchouka bel âadam – Chakchouka bel merguez – Chigom – Chiklé -Chkara batata – Chneck – Choclata – Cigares au miel – Citron doux – Citronnade – Citrons beldi – Cochtilia – Coing – Complet poisson – Couscous – Couscous au poisson – Couscous qrâa ou foul – Croquant • Dabahaya – Daf – Dafina – Darbali – Debla – Degla – Deglet – Deglet Nour – Délicieuse – Dellâa – Demi-froids – Drôo 478 479 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 • Mazare – Ma z’har – Mâadnouche – Mâadnouss • Nâa Nâa – Narange • Persil arabe • Seinouj – Sinouj – Spigol • Tèbel RECETTES La majorité des recettes qui vont suivre ont été transmises oralement de mère en fille depuis des millénaires. Les produits étaient pesés par les commerçants ; les petites balances domestiques n’existaient pas et les verres doseurs non plus. Chacune de ces femmes avait des critères diff érents concernant les quantités, les textures, la préparation elle-même… Ainsi, lorsque l’on donnait une recette, c’était, la plupart du temps, de la façon suivante : – « Un peu » de ceci (c’est quoi « un peu » ? ben, « un peu, comme ça »), – « Un demi-verre » de cela (de quelle taille « le verre » ? pas encore celui à moutarde, il n’existe pas puisque cette dernière n’est arrivée que vers les années soixante-dix en Tunisie), – « Un peu plus d’un demi-verre, » donc « trois quarts de verre » ? Non, juste un peu plus qu’un demi… • Qâabar bechbech – Qâabar bèsbès – Qâabar ta dar el ôurch – Qâaress – Qâhoua – Qâhoua âarbi – Qânsa – Qarâa – Qlaya – Qnaqech • Raïeb – Rechta – Ringa – Riz qlaya – Rose des sables • Sabayon – Sahleb – Sauce tomate pour pâtes de David Bismuth – Semi-froids – Sfargel – Sirop d’orgeat – Slata jida – Slata Mechouia – Smen – Sorgho – Souabâa • Tagine brouklou bil tqiq ou l’âadam – Tchich – Tchicha – Testira – Tfina – Tfina Harissa – Tmatom – Tmatom – mâajoun – Tonn – Torchi khal – Torchi l’âarange • Variantes • Yabrack – Yoyo • Zâarour – Zbib ou louz – Zgougou – Zlebia ÉPICES / HERBES / CONDIMENTS • Âaoud kronfol • Camoun – Carouiya – Chept – Chkenjbir – Citron msayar – Coriandre fraîche • Felfel – Felfel ak’hal – Felfel har – Felfel mehchi – Felfel zina • Harissa • Korkob – Kosbor 480 481 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 ÂAQOD (Ragoût à la « viande de tête »6) Ingrédients pour 6 personnes 1 kg de viande de tête 1 grosse tête d’ail entière 2 CS de concentré de tomate 1 CS de piment en poudre doux 1 CS d’harissa (piquante ou pas selon les goûts) 1 CS de poudre de cumin 3 CS d’huile Sel et poivre Préparation Couper la viande en petits morceaux. Dans un faitout, faire chauffer l’huile puis y faire revenir les morceaux de viande quelques minutes. Ajouter l’ail pressé, le concentré de tomate, le sel, le poivre, la moitié du cumin et la harissa. 6 Joues et collet. – « Un bon verre » de tel liquide (c’est quoi un « bon verre » ? un « grand verre » ? un « verre normal rempli à ras bord » ? – Une « poignée » ou une « bonne poignée » la poignée de qui ? une femme, un homme ? C’est quoi une « bonne poignée » comparée à « une poignée » ? « Une poignée et demie » ? – Une « petite pincée » ou une « grosse pincée » (s’agit-il de la taille des doigts ? ou peut-être prend-on une « grosse pincée » avec plusieurs doigts en comparaison à une « petite pincée » que l’on ne prendrait qu’avec le pouce et l’index ?) – Tu remues, mais pas trop. Il faut pétrir longtemps. Normalement, on fait « comme-ci », mais moi je préfère faire « comme ça », toi, tu fais comme tu veux, etc. Lorsque les couples se forment et que les épouses concoctent un repas traditionnel, il est très fréquent d’entendre les maris dire : « ma mère ne faisait pas comme ça » ou « ce que faisait ma mère avait un autre goût », ou « il manque ceci ou cela » ou encore « ma sœur rajoutait tel ingrédient » Vous l’aurez donc compris, selon la personne qui prépare, les informations qui lui ont été transmises, la famille dans laquelle elle a vécu, ses propres goûts, la région d’où elle vient, les pénuries diverses qu’elle a pu connaître, ses plats peuvent être très différents de ceux de sa voisine, même si elle utilise exactement les mêmes ingrédients. Les recettes qui vont suivre sont donc celles de ma famille, mais avec « mon grain de sel » et certaines règles diététiques d’aujourd’hui. 482 483 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 BANATAGES (Apéritif ou entrée aux pommes de terre et à la viande7) Ingrédients pour 16 pièces 600 g de pommes de terre 150 g de bœuf haché ou de poulet ou une grosse boîte de thon 3 œufs 1 oignon 4 à 5 brins de persil plat Un peu de farine 1 gousse d’ail 2 CS d’huile Sel et poivre Préparation Faire cuire les pommes de terre et deux œufs dans de l’eau. Pendant ce temps, faire revenir la viande ou le poulet avec l’oignon et l’ail émincé. Peler et écraser les pommes de terre. Couper les œufs en huit quartiers chacun. 7 Steak ou noix de bœuf. Verser de l’eau sur la préparation en la recouvrant de 3 à 4 cm environ. Goûter et rectifier l’assaisonnement si nécessaire. Laisser cuire le tout environ une heure a feux très doux. Vérifier régulièrement qu’il y a assez de liquide ; sinon, rajouter de l’eau. En fin de cuisson, ajouter l’autre partie du cumin, deux à trois minutes avant de retirer la préparation du feu. Ce plat doit être servi bien chaud, agrémenté d’un filet de citron et de persil haché. 484 485 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 BATATA BEL CAMOUN (Ragoût de pommes de terre au cumin) Ingrédients pour 4 personnes 400 g de viande (de bœuf) pour ragoût 5 pommes de terre (bintge) 1 CS de concentré de tomates 3 gousses d’ail 3 CS d’huile 1 cc de cumin en poudre Selon goût, 1 cc de harissa ou moins ou pas du tout Préparation Couper la viande en gros morceaux (une ou deux par personne suivant la grosseur). Éplucher, laver et couper les pommes de terre en gros morceaux (quatre ou dix par pomme de terre). Dans un faitout, faire chauff er l’huile et y faire revenir la viande jusqu’à coloration de chaque face. Puis, presser l’ail et l’ajouter à la préparation. Ajouter ensuite les pommes de terre coupées. Rincer, sécher et ciseler le persil. Mélanger les pommes de terre écrasées, la viande assaisonnée (ou le poulet ou le thon), rajouter le persil émincé, du sel et du poivre selon les goûts. Puis former des boulettes ovales dans lesquelles vous rajouterez un quartier d’œuf dur. Passer chaque boulette dans la farine puis dans l’œuf cru et les faire frire en les retournant régulièrement pour qu’elles soient bien dorées. Les banatages sont ensuite prêts à déguster, chauds ou froids, en apéritif (les faire plus petits dans ce cas) ou en entrée, avec un jus de citron. 486 487 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 BQAÏLA / PKEÏLA / MADFOUNA (Ragoût aux épinards, aux haricots blancs et à la viande8) Ingrédients pour 6 à 8 personnes 1 bocal d’épinards déjà frits (que l’on peut acheter chez les bouchers ou dans les épiceries kasher). 300 g de Haricots blancs secs (à faire tremper la veille) 1 kg de macreuse à ragoût, joue et/ou paleron, jarret 1 âasbane 2 oignons 1 gousse d’ail 1 ½ verre d’huile 2 CS de menthe séchée moulue Sel et poivre Harissa (selon les goûts) Préparation Dans une cocotte, à froid, mettre une cuillère à soupe rase par personne de la préparation d’épinards. Ajouter l’huile, la gousse d’ail pressé, les oignons finement hachés, la viande coupée en six à huit morceaux (selon le nombre de convives), ainsi que les haricots blancs. 8 Macreuse à ragoût, joue et/ou paleron, jarret. Recouvrir le tout d’eau et en ajoutant le cumin, la harissa (facultatif), le sel, le poivre et le concentré de tomates. Laisser mijoter à petit feu entre quarante-cinq minutes et une heure, jusqu’à absorption de l’eau et cuisson de la viande. 488 489 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 BOULETTES POUR COUSCOUS (OU KEFTA) Ingrédients pour 6 à 8 personnes 500 g de viande (bœuf) hachée grossièrement 1/3 de baguette de pain rassis 2 pommes de terre, 2 courgettes, 1 poivron et 2 grosses branches de céleri 2 oignons hachés, ½ botte de persil frais, ½ botte d’aneth frais, ½ botte de coriandre frais Sel, poivre Pour la cuisson : 200 gr de farine, 2 œufs, 2 cc de concentré de tomates Huile pour friture Préparation Mettre à tremper le pain, puis bien le presser pour enlever l’eau. Laver les bottes d’herbes ; ciseler le persil, couper les tiges de l’aneth et de la coriandre puis les émincer aussi. Ajouter la viande et les oignons hachés aux herbes, puis assaisonner de sel et poivre (et harissa) selon goûts. Recouvrir d’eau ; fermer la cocotte et faire cuire environ une heure. Lorsque la viande est cuite, ajouter la menthe séchée et assaisonner de sel et de poivre (harissa facultative) selon les goûts. La Bqaïla peut être servie seule, ou avec de la graine de couscous, ce qui évite de manger trop de pain… (Pain ou couscous, il faut choisir…). Certains y rajoutent aussi de la peau de bœuf (« jelda » en arabe). 490 491 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 BOULOU (Gâteau sec) Ingrédients pour 6 boulous (taille d’environ ½ pain) 800 g de farine 4 œufs 200 g de sucre 2 paquets de levure chimique ¾ d’1 verre d’huile 1 sachet de sucre vanillé ½ cc d’anis vert en poudre Jus d’une orange 3 gouttes d’essence d’amandes amères Raisins secs et/ou amandes et/ou chocolat Un peu de sésame Préparation Préchauff er votre four à 240°. Si vous avez choisi de mettre : – Des amandes : les griller puis selon votre goût, les laisser entières ou les concasser – Des raisins secs : les faire tremper dans un peu de rhum et d’eau, puis les égoutter et les passer à la farine (pour ne pas qu’ils aillent en bas des boulous) Mélanger le tout et préparer des boulettes de 30 à 50 grammes chacune. Peler les pommes de terre, les courgettes et nettoyer le céleri et les poivrons en enlevant les graines. Couper ces quatre légumes en faisant des lamelles d’environ six centimètres de longueur. Rajouter à chaque boulette un ou deux morceaux de ces légumes sur les côtés, en la reformant. Préparer une assiette avec la farine et une assiette avec les deux œufs et le concentré de tomate battus (afin que le mélange soit rosé). Dans une poêle, faire chauff er de l’huile à feu moyen. Lorsque l’huile est chaude (astuce : pour qu’elle ne devienne pas noire, y ajouter un petit morceau de carotte), faire frire les boulettes en les ayant au préalable farinées puis passées dans les œufs battus. Les retourner dès qu’elles ont une couleur dorée. Les boulettes, ainsi préparées, peuvent être gardées quelques jours au frigo ou quelques mois au congélateur. Le jour où vous décidez de préparer un couscous boulettes, il vous suffira de préparer une petite sauce tomate avec de l’huile et de l’ail dans un faitout, puis y mettre les boulettes (voir recette), les couvrir d’eau (pas trop d’eau) et les laisser cuire à feu doux (car elles n’avaient été préalablement que saisies). 492 493 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 BSAL OU LOUBIA (Ragoût de viande9 aux haricots blancs) Ingrédients pour 6 à 8 personnes 1 kg de viande (paleron) 3 gros oignons 300 g de Haricots blancs secs (à faire tremper la veille) 2 CS de concentré de tomates 1 gousse d’ail 1 bâton de cannelle 1CS de paprika 1CS d’harissa 4 à 5 CS d’huile Sel et poivre Préparation Nettoyer et découper les oignons en lamelles. Dans une cocotte-minute, verser l’huile et faire revenir les oignons Y ajouter la viande découpée en morceaux et la faire revenir. Ajouter un peu d’eau (un demi-verre environ), le concentré de tomates et les épices. 9 Paleron. Mélanger tous les ingrédients (dont trois œufs sur les quatre) ainsi que les raisins secs le cas échéant, pour en faire une pâte légèrement collante (rajouter un peu d’eau si nécessaire), sauf le chocolat et les amandes (si vous avez décidé d’en mettre) et le sésame. Former des pains (de la grosseur de la moitié d’un pain environ). Pour ceux qui ont choisi d’y ajouter du chocolat, glisser une ou deux barres à l’intérieur de chaque pain. Saupoudrer les pains de graines de sésame (et déposer délicatement les amandes concassées ou pas) en surface. Battre le dernier jaune d’œuf en y ajoutant un peu d’eau (ou un peu de café) et appliquer ce mélange avec un pinceau sur chaque boulou. Enfourner les pains pour environ ½ heure, en surveillant la cuisson. Les boulous doivent être dorés. 494 495 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 CHAKCHOUKA (Salade aux légumes ou plat aux légumes et œuf ou merguez) Ingrédients pour 4 personnes 4 pommes de terre moyennes 4 tomates 3 poivrons épépinés 1 oignon émincé 3 ou 4 gousses d’ail 1 CS de concentré de tomates ½ cc de tabel Une pincée de paprika Sel et poivre Préparation Faire cuire les pommes de terre dans de l’eau. Pendant ce temps, couper les tomates en quartiers et les poivrons en morceaux. Lorsque les pommes de terre sont cuites, les refroidir, les peler et les couper en morceaux. Dans une poêle profonde, faire revenir l’oignon émincé. Ajouter les poivrons coupés et continuer de remuer pendant cinq minutes. Rajouter les haricots et couvrir le tout d’eau. Laisser cuire environ quarante-cinq minutes. 496 497 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 CIGARES (Gâteaux de bricks en forme de cigares farcis d’amandes) Ingrédients pour 40 cigares 10 feuilles de brick Pour la farce : 150 g d’amandes en poudre 75 g de sucre glace 1 œuf 1 paquet de sucre vanillé Le zeste d’une orange ½ cc d’extrait d’amande amère 1 blanc d’œuf Pour le miel : 1 cc de maïzena Sucre Le jus d’1/2 citron Préparation Mélanger tous les ingrédients pour la farce. Couper chaque feuille de brick en quatre triangles. Ajouter les pommes de terre, les tomates et le concentré, les épices et un verre d’eau. Laisser mijoter dix minutes. Pour une Chakchouka bel âadam (avec œuf) Au dernier moment, casser 4 œufs sur la préparation et les laisser cuire « mollets ». Pour une Chakchouka bel merguez Pendant que la chakchouka mijote, faites griller quatre merguez. Coupez-les en morceaux et rajoutez les dans la préparation avant de servir chaud. 498 499 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 COMPLET POISSON Ingrédients pour 6 personnes 1,2 kg de poisson en tranches (soit environ 200 g par personne) 6 œufs 6 pommes de terre 1 courgette 3 poivrons verts et/ou rouges 500 g de tomates 6 gousses d’ail Huile d’olive Huile d’arachide (friture) Sel, poivre Préparation Commencer par préparer une salade « méchouia » ou une « testira » (voir recettes) avec les tomates et les poivrons. Rincer le poisson, puis le saler et le poivrer. Peler les pommes de terre et les couper en chips (ou en frites selon votre goût). Les sécher au torchon et les y envelopper pour les empêcher de noircir. Puis, les faire frire dans l’huile d’arachide. Mettre un peu de farce près de la pointe, puis rouler très serré, avant d’arriver à la base ; plier les bords et y mettre du blanc d’œuf à l’aide d’un pinceau afin de fermer le cigare (la farce ne doit pas en sortir). Faire frire les cigares puis les égoutter dans une passoire et les mettre sur du papier absorbant. Faire chauffer du sucre avec le jus de citron et la maïzena (afin que le miel soit brillant) Avant qu’il ne devienne caramel, rajouter un peu d’eau. Passer les cigares dans ce miel. Servir froid. 500 501 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 COUSCOUS Ingrédients pour 6 personnes 1 kg de semoule moyenne (rapide) 1 kg de viande de ragoût (macreuse) 1 osbana (facultatif) 1 os à moelle 4 carottes 4 pommes de terre 2 navets 2 poireaux 1 chou 1 cardon 1 branche de céleri 1 oignon 2 gousses d’ail 1 tomate 4 CS à soupe d’huile d’olive 4 branches de persil plat 1 cc à café de tabel 1 cc de poivre rouge Sel, poivre Laver la courgette, retirer les deux extrémités et la couper également en lamelles. Préparer deux poêles : – Dans l’une, verser 2 cm d’huile et faire frire le poisson, – Dans l’autre, verser un peu d’huile et faire frire les lamelles de courgette. Puis, faire chaque œuf au plat, individuellement Disposer dans les assiettes le poisson, les frites, les courgettes, la méchouia ou la testira et enfin l’œuf au plat. Si l’on aime, on peut aussi rajouter un piment piquant, frit aussi, bien sûr ! 502 503 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 DABAHAYA (Forme ou farce au poulet et à l’œuf) Ingrédients pour 4 personnes 200 g de blanc de poulet haché 3 œufs Qq gouttes d’eau de fleur d’oranger 1 CS d’huile Sel et poivre Préparation Dans un récipient, mettre la viande hachée et y ajouter les œufs. Battre le tout. Ajouter le sel et le poivre, ainsi que quelques gouttes d’eau de fleur d’oranger. Huiler un bol et verser la préparation. Faites-la cuire au bain marie pendant vingt minutes puis laisser refroidir avant de démouler. Peut se servir chaud ou froid, coupé en tranches. La préparation peut aussi être mise à l’intérieur d’un poulet que l’on fera rôtir. Il faudra bien recoudre le poulet avant de l’enfourner pour que la préparation ne s’échappe pas. Préparation Laver, éplucher, puis couper tous les légumes en gros morceaux. Dans une cocotte chaude, mettre trois cuillères à soupe d’huile et faire revenir la tomate pelée, l’ail pressé, du sel et du poivre. Ajouter la viande coupée en gros morceaux et les légumes. Mélanger le tout pendant quelques minutes. Couvrir d’eau, rectifier l’assaisonnement, puis rajouter le tabel, le poivre rouge, le persil ciselé (et l’osbana, le cas échéant). Laisser mijoter pendant une heure. Pour la semoule suivre les instructions du paquet. Servir un peu de tout, ainsi qu’une boulette cuite (voir recette) à chaque convive. 504 505 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 FARKA (Dessert à la semoule et aux fruits secs) Ingrédients 250 g de semoule moyenne pour couscous 250 g de dattes 50 g d’amandes non mondées 50 g de noix 50 g de pistaches 30 g de pignons 10 cl d’huile végétale 1 écorce d’orange 75 g de sucre Préparation Préparer la semoule en suivant les instructions sur le paquet et rajouter l’huile. Puis écraser la semoule à la fourchette et l’égrainer. Faire cuire les dattes avec un peu d’eau puis les écraser lorsque c’est possible et y rajouter l’écorce d’orange râpée. Concasser les amandes, les noix et les pistaches. Puis, préparer un miel avec 75 g de sucre et quelques gouttes de citron. FADE (Ragoût au foie de bœuf) Ingrédients pour 4 personnes 300 g de foies de poulet (ou de foie de bœuf coupé en morceaux) 1 oignon 2 CS de concentré de tomates Qq brins de persil Curcuma, cumin 2 CS d’huile Sel, poivre Préparation Couper les foies de poulet en deux ou trois et les faire griller. Hacher les oignons et le persil. Dans un faitout, faire revenir les oignons, le persil, puis les foies grillés. Ajouter le curcuma et le cumin, puis saler et poivrer. Couvrir d’eau et laisser cuire. 506 507 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 FONDANT AU CHOCOLAT POUR PESSAH (SANS FARINE) Ingrédients 220 g de chocolat noir 150 g d’amandes en poudre 150 g de sucre 100 g de beurre 5 œufs Préparation Préchauff er le four à 175 °C (thermostat 6). Mettre du papier aluminium dans un moule rond et passer un peu d’huile avec un pinceau. Faire fondre le beurre et le chocolat sur feu doux. Remuer et lorsque le mélange est lisse, retirer du feu et laisser refroidir. Battre les blancs en neige. Battre les jaunes et le sucre. Verser ce mélange dans la préparation au chocolat et ajouter la poudre d’amandes. Puis, incorporer délicatement les blancs en neige. Dans un grand récipient, verser la semoule, puis le mélange de dattes, puis les amandes, les noix et les pistaches, puis le miel. Mélanger le tout. La farka est prête. Il ne vous reste plus qu’à la proposer, soit dans un plat à servir, soit dans des ramequins individuels et décorer avec les pignons. 508 509 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 GANAOUYA (Ragoût de gombos à la viande) Ingrédients pour 6 personnes 600 g de viande de bœuf ou de poulet 1 oignon, 2 piments forts entiers (facultatif) 200 g de gombos 3 gousses d’ail 1 cc de paprika 1 cc de concentré de tomates 1 cc de carvi 1 cc de harissa 5 cl d’huile d’olive Sel, poivre Préparation Couper la viande ou le poulet en six morceaux. Les faire revenir la viande dans 5 cl d’huile d’olive puis saler et poivrer. Ajouter l’oignon haché et les gousses d’ail écrasées. Mélanger. Ajouter le concentré de tomates et la harissa. Ajoutez le paprika et le carvi. Mélanger. Verser dans le moule avec l’aide d’une spatule. Verser un cm d’eau dans un grand plat et le mettre dans le bas du four pendant la cuisson ; le gâteau sera encore plus moelleux. Mettre le gâteau dans le four à mi-hauteur pendant quarante-cinq à cinquante minutes. Couvrir le gâteau avec du papier aluminium après vingt-cinq minutes. Le retirer du four lorsque les bords se décollent du moule et que le cœur du gâteau est cuit. Laisser refroidir sur une grille pendant dix minutes et décoller les bords du gâteau avec précaution avant de le retourner dans le plat. 510 511 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 GUIZADA (Petits gâteaux tendres aux amandes) Ingrédients pour 36 gâteaux 250 g d’amandes en poudre 150 g de sucre en poudre 4 jaunes d’œufs 10 cl de jus d’orange 1 zeste d’orange râpé 1 goutte d’extrait d’amande amère Préparation Préchauff er le four à 200° (th 6). Mélanger tous les ingrédients. Verser dans des petits moules (en métal ou en papier sulfurisé aux côtés plissés), puis les disposer sur la plaque du four. Enfourner quinze à dix-huit minutes. Laisser refroidir (conservation dans une boîte hermétique conseillée). Verser 75 cl d’eau et faire cuire à couvert environ une heure. Préparer les gombos en coupant les pédoncules, puis en les rinçant. Les ajouter ainsi que les piments (entiers) le cas échéant, dans la préparation. Laissez cuire quinze minutes. 512 513 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Pétrir de nouveau et découper la pâte en trois morceaux dans le sens de la longueur. Puis, tresser les trois pâtes. Le pain est prêt à enfourner. Le mettre sur la plaque du four, dorer avec un peu d’œuf battu, couvrir laisser reposer pendant une heure. Un quart d’heure d’heure avant la fin de l’heure, allumer le four (th. 6 : 180°-200°). Dorer à nouveau, saupoudrer de sésame. Mettre au four durant trente minutes en surveillant la cuisson. Vérifier avec la pointe d’un couteau qui doit ressortir sèche. Khalla (Pain tressé) Ingrédients 350 g de farine 10 g de levure boulangère 3 CS d’huile 1 œuf 1 cc de sel ½ verre d’eau tiède 1 œuf pour la dorure Un peu de sésame Préparation Mélanger la levure dans le demi-verre d’eau tiède et laisser reposer cinq minutes. Dans un récipient, mettre la farine et rajouter le mélange levure. Rajouter de l’eau pour faire une pâte et la pétrir. Cette dernière doit être souple et homogène et se décoller des doigts. Recouvrir la pâte d’un film alimentaire et la laisser reposer pendant une heure à température ambiante. 514 515 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Sur le plan de travail huilé, étaler, avec un rouleau ; la pâte obtenue sous forme de rectangle. Nettoyer, dénoyauter et couper les dattes. Les broyer avec le zeste d’orange afin d’en faire une pâte. Mettre cette farce au centre du rectangle (dans le sens de la longueur). Puis rouler le tout afin que la pâte de dattes soit au centre du rouleau. Couper ce rouleau en petites tranches en biais. Laisser bien refroidir pendant une heure. Faire frire les maqrouds. Lorsqu’ils sont dorés, les mettre à égoutter dans une passoire avec du papier absorbant. Faire chauffer le sucre avec le jus de citron, la maïzena et l’eau de fleur d’oranger… Avant qu’il ne devienne caramel, rajouter un peu d’eau. Passer les maqrouds dans ce miel avant de les servir. Les saupoudrer d’amandes ou de pistaches ou de noisettes hachées. MAQROUD / MAKROUD (Gâteaux de semoule fourrés de pâte de dattes) Ingrédients pour 6 personnes 500 g de semoule moyenne ½ cc de bicarbonate 500 g dattes écrasées 1 zeste d’orange 1/8 d’huile Pour le miel : Sucre 1 cc de maïzena ½ cc d’eau de fleur d’oranger Le jus d’1/2 citron Garniture facultative : Amandes ou pistaches ou noisette hachées Préparation Faire dorer la semoule dans une casserole. Laisser refroidir, ajouter le bicarbonate, puis verser un huitième d’huile, bien mélanger puis ajouter petit à petit un peu d’eau tiède, afin de lier la pâte. Hors du feu et lorsque le mélange a refroidi un peu, pétrir le tout. 516 517 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Découper des bandes verticales et les enrouler non serré, de façon à obtenir des roses. Mettre du blanc d’œuf pour coller la fin des bandes, afin que le gâteau ne s’ouvre pas lors de la cuisson. Faire chauffer de l’huile. Lorsqu’elle prête pour la friture, plonger les manicotti. Faire chauffer le sucre avec le jus de citron, la maïzena et l’eau de fleur d’oranger… Avant qu’il ne devienne caramel, rajouter un peu d’eau. Passer les manicotti dans ce miel avant de les servir. Les saupoudrer d’amandes ou de pistaches ou de noisettes hachées. MANICOTTI (Gâteaux au miel, en forme de roses) Ingrédients pour 10 gâteaux 200 gr de farine 2 œufs 1 pincée de sel 1 pincée de sucre Huile de tournesol Pour le miel : Sucre 1 cc de maïzena ½ cc d’eau de fleur d’oranger Le jus d’1/2 citron Garniture facultative : Amandes ou pistaches ou noisette hachées Préparation Dans un robot mettre la farine, les œufs et le sel. Bien mélanger. Ajouter un peu d’eau si la pâte ne prend pas. Sur un plan fariné, étaler cette pâte et y passer le rouleau afin d’obtenir une pâte très fine (comme celle des lasagnes). 518 519 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 MLOUKHIYA (Plat en sauce vert foncé à base de feuilles de corette et viande10) Ingrédients pour 6 personnes 1 kg de bœuf joue, plat de côtes, jarret) 300 g de merguez 1 petit oignon 1 grosse tête d’ail 1 cc d’harissa 6 CS de mloukhiya 1 cc de coriandre en poudre 20 cl d’huile d’olive Sel, poivre Préparation Couper la viande en six morceaux. Éplucher et râper l’oignon. Peler l’ail et le presser. Dans une grande sauteuse ou un faitout, faire légèrement revenir la viande avec un peu d’huile d’olive et la retirer. 10 Joue, plat de côtes, jarret. MARMOUMA / MAKBOUBA (Salade cuite de poivrons et tomates) Ingrédients pour 4 personnes 1 poivron vert 3 tomates pelées 2 gousses d’ail 1 cuillère à soupe d’huile d’olive Préparation Couper le poivron et les tomates en petits dés et presser l’ail. Dans une casserole, faire chauff er l’huile. Faire revenir le mélange de légumes et l’ail. Saler et Poivrer. Rajouter un demi-verre d’eau, couvrir et laisser cuire à feu très doux jusqu’à évaporation du liquide (cela doit ressembler à une sauce). 520 521 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 MSOKI (Plat de légumes, herbes et viande traditionnellement préparé durant la Pâque juive) Ingrédients pour 8 à 10 personnes 1 ½ kg de viande pour ragoût (macreuse) 1 kg d’épinards, 1 kg de fèves fraîches, 500 g de petits pois frais, 2 oignons, 1 fenouil, 8 gousses d’ail, 4 carottes, 3 navets, 3 branches de céleri, 1 petit bouquet de persil plat 4 pains azymes (optionnel) 10 feuilles de menthe fraîche 2 pincées de tabel Un peu de noix de muscade 3 CS d’huile Sel, poivre Préparation Laver à grande eau les épinards, leur ôter les queues, les émincer et les mettre dans un récipient rempli d’eau. Éplucher, laver et couper en petits dés tous les légumes, émincer le persil et écosser les fèves et les petits pois. Couper la viande en huit à dix morceaux, selon le nombre de convives. Verser la poudre de mloukhiya dans ce faitout et remuer une minute Puis, le retirer du feu. Remettre la viande, ajouter l’oignon, la moitié de l’ail, et la harissa. Verser 1 litre d’eau chaude et saler. Remettre sur le feu. Dès que l’ébullition commence, diminuer le feu, couvrir et laisser cuire environ deux heures. Pendant ce temps, mélanger le reste de l’ail écrasé à la coriandre. Poêler les merguez et les couper en tronçons. Ajouter les merguez poêlées et le mélange ail et coriandre une heure avant la fin de la cuisson. Remuer aussi souvent que possible et ajouter de temps en temps, si nécessaire, un peu d’eau chaude. Le plat est vert sombre, presque noir. La sauce devient épaisse et crémeuse. À déguster de préférence avec du pain italien. 522 523 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 POISSON « BELIADA » OU « H’RAÏMI » OU « MALIN » (Poisson cuit dans un court-bouillon à la tomate) Ingrédients pour 6 personnes 6 tranches de poisson (mulet ou saumon) ½ oignon 2 gousses d’ail 1 CS de concentré de tomates 1 citron 1 verre d’eau ½ verre d’huile Sel, poivre Harissa selon les goûts Préparation Dans un faitout, râper l’oignon et le faire revenir. Ajouter le concentré de tomates et mélanger. Verser le verre d’eau et laisser bouillir. Rajouter le poisson coupé en morceaux, puis l’ail pressé, les épices (et la harissa si souhaitée). Rajouter le citron coupé en rondelles. Lorsque le poisson est cuit, le plat est prêt. Mettre trois cuillères à soupe d’huile dans une cocotte et y faire revenir la viande. Presser l’ail et le rajouter. Puis ajouter tous les légumes. Les faire revenir légèrement, puis les recouvrir d’eau. Ajouter les épices, le persil, le poivre et le sel, mélanger le tout. Laisser cuire une heure à petit feu, puis ajouter la menthe et les galettes concassées (facultatif). Remettre à cuire pendant encore trente minutes, jusqu’à absorption de l’eau. (Lors de la cuisson, on peut aussi rajouter une « osbana »). 524 525 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 SABAYON (Glace aux œufs) Ingrédients 3 œufs 75 g de sucre en poudre 10 cl d’huile d’arachide 1 sachet de sucre vanillé Préparation Séparer les blancs des jaunes d’œufs. Faire une mayonnaise avec les jaunes et l’huile. Puis rajouter doucement le sucre en continuant de battre le tout. Battre les blancs en neige et les incorporer à la préparation, en soulevant de bas en haut délicatement. Mettre au congélateur pendant trente minutes. Ressortir la préparation et la mélanger énergiquement. La verser dans le bac à glace et la replacer au congélateur. Servir comme une glace. QÂABAR « BECHBECH » OU « BÈSBÈS » OU « TA DAR EL ÔURCH » (petites boulettes de viande à l’anis) Ingrédients pour 6 personnes 400 g de viande de bœuf 1 cc de fenouil en poudre 1 cc d’harissa (facultatif) 1 œuf 1 gousse d’ail pressé Huile d’olive Sel, poivre Préparation Couper la viande et la hacher avec ail et épices. Battre l’œuf, et l’ajouter petit à petit à la viande. Mélanger le tout, puis former de petites boulettes. Faire chauffer un peu d’huile d’olive dans une poêle, afin d’y faire dorer les boulettes. Lorsqu’elles sont bien saisies, couvrir et laisser cuire environ cinq à dix minutes à feu doux. 526 527 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Ajouter ce mélange à l’oignon. Ajouter le concentré de tomates, saler et poivrer selon vos goûts. Ajouter la demie-cuillère d’origan restante et refaire mijoter le tout en remuant, jusqu’à ce que la préparation fasse « pok pok ». Vous obtenez la délicieuse et incomparable sauce tomate de « Dédé le Magnifique » ! Si vous le souhaitez, vous pouvez rajouter une petite cuillère d’harissa. SAUCE TOMATE POUR PÂTES DE DAVID BISMUTH (DIT « DÉDÉ ») Ingrédients pour 4 personnes 1 oignon moyen ou 2 échalotes 4 CS d’huile d’olive 3 CS de concentré de tomates 1 ou 2 feuilles de laurier 1 cc de feuilles de coriandre moulues 1 cc d’origan ½ cube de bouillon de bœuf « telma » ½ cc de carvi ½ cc de cumin en grains ½ cc de graines d’anis Préparation Mettre à chauff er à feux doux deux CS d’huile dans une poêle. Laver, nettoyer et émincer l’oignon ou les échalotes. Bien les sécher puis les faire revenir tout doucement. Pendant ce temps, mettre, dans une casserole : un verre d’eau, le demi-cube « telma » et toutes les épices (seulement la moitié pour l’origan). Bien mélanger et laisser macérer (pendant que les oignons (ou échalotes) prennent une couleur dorée). Ajouter deux CS d’huile dans le mélange et le faire mijoter. 528 529 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Dès ébullition, retirer du feu et attendre que cela refroidisse un peu. Lorsque c’est tiède, mettre le sirop dans des bouteilles en verre et les laisser ouverte jusqu’à ce que le sirop soit complètement froid. Puis fermer les bouteilles et les conserver dans un lieu sec et sombre. SIROP D’ORGEAT Ingrédients 3 tasses d’amandes douces 1 tasse d’amandes amères 1 kg de sucre 750 ml d’eau Préparation Émonder les amandes (faire bouillir de l’eau, puis y faire blanchir les amandes pendant deux minutes puis les sortir avec une écumoire et presser sur chacune d’elles afin de les faire glisser hors de leurs pellicules). Sécher les amandes, puis les moudre grossièrement. Ajouter l’eau et mixer le tout afin d’obtenir une sorte de lait. Dans un chiffon tissé largement, mettre le mélange et le presser à la main, afin d’en extraire le jus. Rajouter le sucre dans ce jus, mélanger et cuire à feu très doux. Continuer de mélanger tant que le sucre n’a pas fondu. 530 531 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Saler, poivrer et rajouter une pincée de cumin. À noter que cette recette fonctionne aussi bien avec du boulgour (au lieu de la semoule).TCHICH (Soupe de semoule à la tomate) Ingrédients pour 4 personnes 2 gousses d’ail pressées 2 CS d’huile d’olive 500 g de tomates entières pelées au jus 250 g de semoule (grains moyens) ½ litre d’eau Sel, poivre, cumin Préparation Faire revenir l’ail pressé dans l’huile. Y ajouter les tomates pelées que vous aurez préalablement coupées grossièrement, ainsi que leur jus. Lorsque cela commence à bouillir, recouvrir avec le demi – litre d’eau. Lorsque cela bout à nouveau, verser la semoule en pluie. Laisser cuire doucement jusqu’à ce que la semoule ait légèrement gonflé. 532 533 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Pendant ce temps, éplucher l’oignon et l’ail. Couper l’oignon en lamelles et presser l’ail. Peler les tomates en les plongeant quinze secondes dans de l’eau bouillante, les épépiner et les couper grossièrement. Rincer le poivron et le couper en lamelles. Dans un faitout, faire chauff er l’huile d’olive à feu très doux, puis y faire revenir la viande, l’oignon et l’ail. Ajouter le paprika, le concentré, les tomates, le poivron rouge, le piment et le Spigol. Augmenter le feu. Ajouter le pied de veau avec son eau de cuisson, et ajouter un peu d’eau si besoin (2 cm au-dessus de la viande). Porter à ébullition, baisser le feu, couvrir et laisser cuire pendant deux heures. Verser le blé, attendre la reprise de l’ébullition, rectifier l’assaisonnement. Couvrir et laisser cuire encore une heure jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’eau. Servir bien chaud. TFINA HARISSA (Ragoût de blé à la viande11) Ingrédients pour 8 personnes 1,6 kg de bœuf (macreuse à ragoût ou paleron ou plat de côte) 1 pied de veau 500 g de blé 500 g de tomates, un quart de poivron rouge, 1 oignon, 1 grosse tête d’ail 1 petite boîte de concentré de tomates (un quart) 1 cc de paprika 1/2 cc de piment fort (selon les goûts) 1 sachet de Spigol 5 CS d’huile d’olive Sel, poivre Préparation Couper la viande en huit morceaux, puis saler et poivrer. Faire cuire le pied de veau pendant une heure dans de l’eau salée pour le blanchir. 11 Macreuse à ragoût ou paleron ou plat de côte. 534 535 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Dans une sauteuse, verser une cuillère d’huile et un peu d’eau salée. Déposer les yabrack et les faire cuire à feu doux. Les faire égoutter dans une passoire. Servir chaud ou froid. YABRACK (Boulettes de viande en feuille de salade) Ingrédients pour 6 personnes 600 g de viande hachée de bœuf 1 salade romaine 1 poignée de riz 1 œuf 3 gousses d’ail 8 à 10 feuilles de menthe fraîche Sel, poivre Préparation Faire cuire le riz, puis le faire égoutter. Séparer les feuilles de salade, les laver et les faire blanchir (les immerger dans de l’eau bouillante salée pendant une à deux minutes). Puis les faire égoutter. Mélanger la viande hachée, l’œuf, l’ail pressé et les épices. Ajouter le riz. Former des boules et rouler chacune d’elles dans une feuille de salade en prenant soin de bien la fermer. 536 537 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 À Port El Kantaoui Les premiers mots d’amour Sur des chansons velours Tes souvenirs se voilent Tu les aimais ces fruits Les noyaux d’abricot Pour toi, c’étaient des billes Et les soirées de fête Qu’on faisait dans nos tetes Aux plages d’Hammamet Yalil Yalil Habibi Yalil Yalil Yalil Habibi Yalil… Tes souvenirs se voilent A l’avant du bateau Et ce quai qui s’éloigne Vers un monde nouveau Une vie qui s’arrete Pour un jour qui commence C’est sans doute une chance Yalil Yalil Tu n’oublieras pas Ces parfums d’autrefois Yalil Yalil Tu n’oublieras pas Yalil Yalil Meme si tu t’en vas Yalil Yalil Habibi Yalil Yalil Yalil Habibi Yalil… CAFÉ DES DÉLICES Et pour finir sur de magnifiques notes, voici le texte du « Café des Délices » écrit par Félix Gray pour Patrick Bruel : Tes souvenirs se voilent Ça fait comme une éclipse Une nuit plein d’étoiles Sur le port de Tunis Le vent de l’éventail De ton grand-père assis Au Café des Délices Tes souvenirs se voilent Tu vois passer le tram Et la blancheur des voiles Des femmes tenant un fils Et l’odeur du jasmin Qu’il tenait dans ses mains Au Café des Délices Yalil Yalil Habibi Yalil Yalil Yalil Habibi Yalil… Tes souvenirs se voilent Tu la revois la fille Le baiser qui fait mal 538 539 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 CONCLUSION Voilà, cet ouvrage est terminé… Je me suis dévoilée, je vous ai raconté mon enfance car elle fait partie du passé d’un pays et ceux qui y sont nés à partir des années quatre-vingt vont découvrir un bel univers qu’ils n’ont pas l’opportunité de connaître, ce qui est bien dommage ! Les mots, expressions lieux, noms font partie de mes souvenirs à Tunis et sa banlieue et j’en ai certainement oublié ! Alors si le cœur vous en dit, je vous invite à vous replonger dans l’enfance que vous avez vécue et je suis certaine que vous y prendrez autant de plaisir que j’en ai pris. Avant de clore cet ouvrage, j’ai encore une envie : vous conter des phrases entendues alors que ma grand-tante Daiz-Daiz (qui signifie pousse-pousse, mais de son vrai prénom Daisy) vient voir ma grand- mère surnommée Titine depuis l’enfance et jusqu’à son décès (de son vrai prénom Esther) : Daiz-Daiz : « Aie Titine, j’ai mal à la jambe… Ce matin, Moïse il a eu mal au vantre… Qu’est-ce que j’ai fait ? Jlé amné chez le Docteur Kalfan… Il m’a dit de lui donner du Ganidan… Menaïch ala oueldi. » Titine : « Et tu lui as donné quoi à manger ? » Une nuit plein d’étoiles Sur le port de Tunis Et la blancheur des voiles Des femmes tenant un fils Le vent de l’éventail De ton grand-père assis Et l’odeur du jasmin Qu’il tenait dans ses mains Au Café des Délices Yalil Yalil Habibi Yalil… 540 541 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 SI VOUS EN VOULEZ PLUS… Pour plus de détails sur l’artisanat tunisien, il existe divers sites sur le web, dont, en particulier, celui de l’association « Dar el Dhekra » ou « Maison de la Mémoire », soutenue par d’éminents JT. Conscient du temps qui passe et qui emporte avec lui de précieux témoignages du passé, Henry Tibi a pris son appareil photos et s’est mis à photographier les marchands à la criée, les processions de la Madone, les danses de Aïssawiya, les prières de rabbins, la grande synagogue de Tunis, la cathédrale de Tunis, la mosquée Ez-Zeytouna… Rien n’échappait à son regard… Il a ainsi off ert au cercle des copains disparus toute sa collection de photos… Tout ce qu’il a composé et tout ce qu’il a photographié représente un témoignage important sur la Tunisie des années soixante… Lorsqu’il organisait un spectacle à La Goulette ou à Salambo, il faisait le plein à cause de la concentration de son public à La Goulette… La simple nouvelle de son passage à l’Hacienda, au Lido ou à la Tour Blanche faisait boule de neige depuis le Café Vert jusqu’au Café Miled… À Paris, il ne pouvait mobiliser grand monde tant par manque de moyens que par la dispersion de son public aux quatre coins de la France. C’est pourquoi Henry Tibi n’a pas connu la consécration et qu’il finit sa vie en illustre inconnu en Franche-Comté dans la ville de Besançon. Il aurait pu être le Macias de la Tunisie. La sociologie de son échec permettrait de mieux cadrer l’époque. Daiz-Daiz : « Alors je lui ai préparé une petite soupe avec des cheveux d’ange et quand je le lui ai dit, il m’a répondu : ah non, maman, je veux pas manger, les cheveux d’Ange y’en a des poux ! » (Ange était un SDF qui vivait à côté de la synagogue). Titine : « Ah, c’est rigoloooo… “Ange, ça m’a rappelé une autre histoire que m’a raconté Siman le fils de Mimelle” (je crois que c’était un vrai prénom et pas un surnom) : “c’est Messaouda qui arrive au paradis et qui se retrouve confrontée à un jury d’anges (c’est pas des cheveux d’Anges, ni un jus d’orange mais un jury d’anges) bon alors donc… Ah oui, alors ce jury i’ pose plein de questions sur les belles choses qu’elle a vécues : elle raconte son enfance à Béja, son mariage, la plage de la Goulette, le Café vert, les amis, les gâteaux de Garza et je t’en passe… Puis on lui demande aussi les choses difficiles qu’elle a connues et là, elle répond : franchement, Dieu et Messidames les anges – tu sais qu’ils ont pas de sexes, il paraît ! » alors je continue. Elle dit : « Je n’ai eu qu’une chose difficile à vivre, je suis pas raciste, hein, mais le pire pour moi, c’est quand mon fils s’est converti au christianisme – vous voyez, rien que de le dire, ça me donne encore la chair de poule. Et Dieu, lui a répondu : “vous savez, ça arrive…, le mien m’a fait la même chose ! Surprise, Messaouda lui dit : Ah bon ? Et vous avez trouvé une solution ? Et il a répondu : Je ne savais pas quoi faire alors pour oublier, j’ai écrit un nouveau testament !” » 543 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 LEXIQUE A Âadam hout 448 Âafrit 307 Âaïb 306 Âaïch 306 Âaïcha 306 Âaïcha mchouma. Voir Âaïch Âaïcha mrahza 361 Âaïch benti 306 Âaïchek. Voir Âaïch Âaïchou 306 Âaïch oueldi 306 Âaïecha. Voir Âaïch Âaïn 307 Âain Sbaniouryia. Voir Polpettone Âajeb 307 Âajeb yâajaba. Voir Âajeb Âajeieb. Voir Âajeb Âajij(a) 308 Âajlouk 448 âajlouq. Voir Âajlouk Âala hietek 361 Âala hietkom. Voir Âala hietek Âalech 414 Âalla 308 Âallouche 469 Âamèlia. Voir Âamla Âam Kakkah 361 Âamla 308 Âandek loreguel 362 Âandou nessou 363 Âaneb 440 Âannaq ou bouss ou khalli boqâat l’âarouss 362 Âaouadda 308 Âaoud 34 Âaoud kronfol 428 Âaouej. Voir Mâaouej Âaqod 448, 481 Âarab essous. Voir Bois doux Âaranje 428 Âariane geriane 362 Âaroussa ghalbatou. Voir Martou ghalbatou Âars 28 âasba. Voir Zab Âasbane 448 Âasbane èjèlè 449 Âasfour 216 Âassab 309 Âassess 116 Âassida zgouzgou 449 Âaterchia 428 Âatini el kheir ou âatini fine en hottou 362 544 545 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Azzaro Loris 241 B Baâd âalinè el blè. Voir Blè Baba 285 Baba andou oubou 364 Babaghayou 217 Baba Gigi. Voir Babahou 285. Voir Baba Baba sidi. Voir Baba Babass 65 Bab el Oued 365 Babouches 33 Babour 139 Babser. Voir Passer une datte Badigean. Voir Badigeonner Badigeonner 285 Badroune(a) 116 Bagra 217 Baguéte 473 Bah 356 Bahbouh 311 Bakhchich 311 Bakou 286 Balai à l’envers 68 Balass 151 Balcoune 86 Balhita 312 Ballouta 312 Balloute 415 Banatages 483 Banca 116 Bande 144 Baniou 86 Banou. Voir Baniou Baqbaq 468 Baqi 312 Baqlèwa 450 Barbou 116 Barchè 312 Barcoune. Voir Balcoune Bard. Voir Berd Bark 313 Barkallâalik. Voir Dieu Barkallâalina. Voir Barkallah Bark’Allah. Voir Dieu Barkallah oufik. Voir Dieu Barnousse 33 Baroukh achem 40 Barra emchi neïek 365 Barrani 312 Barra raazz 366 Barra rahazz. Voir Barra raazz Barra zammar 366 Barwita 86 Base 286 Base-moi 366 Baslico 428 Bassa 313 Bassas(sa) 313 Basse classe 366 Bassite 313 Batata 437 Batata bel camoun 450, 485 Batata moqliya. Voir Batata Battikh 441 Battikha 441 Batwar 116 Bchicha. Voir Bsissa Bechbech. Voir Chept Bechfè 313 Bech’n qatâa’houaiji 367 Bechoueya 313 Bech tekol triha. Voir Triha Bech yeftaq be’nefkha. Voir Nefkha Âattar 27 Âattouka 217 Âaynek. Voir Oeil Âayn tebki ou âayn tedh’hak 362 Ababab 355 A base 362 A base des cotez 362 Abdul-Wahab Khaled 240 Adhra. Voir Adra Adhra fergha. Voir Adra Adhra tâa Matteo. Voir Adra Adoubaye 38 Adra 414 Aeguine 50 Aekabriya 309 Agribabass 148 Ahawka. Voir Ahouwa Ahayte. Voir Haïte Ah’chem 309 Ah’chouma. Voir Ahchem Ahkaya 414 Ahkaya fergha. Voir Ahkaya Ahki. Voir Ahkaya Ahkili. Voir Ahkaya Ah’lef 310 Ah’mar 310 Ahmed Hamza 36 Ahouwa 310 Ahrouchoute. Voir Hrouchoute Ah yommi 363 Aïd El Fitr 47 Aïd el Idh’ha. Voir Aïd El Kébir Aïd el Kébir 47 Aïd es seghir. Voir Aïd El Fitr Aile de poulet 67 Akahaw 310 Akhdhar. Voir Khadhra A la baballa 365 A la grâce de Dieu. Voir Dieu Alaïa Azzedine 240 Allah. Voir Rabbi Allah Allah ya baba, sidi Mansour ya baba. Voir Dieu Allah ghaleb. Voir Dieu Allah yarahmou. Voir Dieu Allah y noub. Voir Dieu Aller très très mal 363 Alooors 415 Aloungi 444 Amandes 440 Amane 311 Amanek. Voir Amane Ambiance 144 Ambouba. Voir Amboula Amboula 86 Anafa 285 Analtan 285 Angar 139 Antipat 285 Antipatchique 285 Aperetchif 449 Après j’te dis 364 Après j’t’esplique 364 Aréoport 151 Asilo Infantile Giuseppe Garibal- di. Voir Tunis Asilo notturno 155 Assiette anglaise 449 Attia Dove 241 Au pire 364 Avoir la douda 364 Avoucatou 116 Axidan 139 Ay va va. Voir Ayya Ayya 311 Ayya âad. Voir Ayya Azérole. Voir Zâarour Azria Max 241 546 547 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Bortmène. Voir \ Bou âariène 217 Boublech 315 Bouchcoutou. Voir Bouscoutou Bouchlèghem 316 Bouchlèkè 316 Boughedir Férid 243 Boujenah Michel 243 Boujenah Paul 243 Boukha 445 Boulâaba 317 Boul âali 368 Boulahia 317 Boules au miel 452 Boulettes pour couscous 452, 489 Boulghoul. Voir Bolghol Boulgour. Voir Bolghol Boulice 116 Boulou 452, 491 Boum 153 Boumada 226 Boumadha 287 Bourguiba Habib 243 Bouri 469 Bourjouliya 317 Boussâadiya 35 Boussette Khall 234 Bousta 117 Boutargue. Voir Âadam Hout Bqaïla 452, 487 Brabbi. Voir Dieu Brakha’t’Allah. Voir Dieu Bransyia 26 Brass. Voir Rass Brick 453 Brick à la pomme de terre. Voir Brick Brick à l’œuf. Voir Brick Brick aux amandes. Voir Brick Brillant Dany 244 Brima 317 Brima yesser 318 Brioches au chocolat 454 Broubaganda 172 Broudou 454 Brouklou 438 Bsahtek. Voir Saha Bsall 429 Bsal ou loubia 454, 493 Bsissa 454 Burnous. Voir Barnousse Bzezel. Voir Bezoula C Cabas. Voir Couffin Cabinets 87 Caca Pigeon. Voir Halwa Cacher 287 Cafard 219 Caftan 29 Calculer 287 Calot. Voir Calotte Calotte 62 Calottim 62 Cambielète 288 Camiounè 288 Camisa 288 Camorria. Voir Camouriya ; Voir Camouriya Camoun 429 Camounia. Voir Camoun / Couscous Camouriya 415 Canoun. Voir Kanoun Caponata 455 Carbounatou 429 Cardinale Claudia 244 Beghla 217 Beignets 450 Beït el mouna. Voir Beït Beït Ha’hayim Borgel. Voir Tunis Bejoula 314 Bèkitè 286 Bel âajla 367 Beldi 24 Bèlek 314 Bel frej âalik 367. Voir Inch’Allah bel frej Belgha 34 Belghagiya 26 Belghet Ahmed 367 Bel hout âalik 71 Bellâa fommok 367 Bellaïche Haïm 241 Bellala 314 Bembaron David 241 Ben Ammar Tarak 242 Bendada 226 Benga 314 Ben Nitram Kaddour 242 Berbèch 314 Berd 314 Bèrize 286 Be saha. Voir Saha Besbes. Voir Chept Besklète 146 Bet mâa djejj ou sbah y kakki 368 Bezness 315 Bezzoula. Voir Bejoula Bghel 217 Bhim 217 Biâa Mqatâa 368 Bibroune 286 Bichah 51 Bichette 287 Bidoune 287 Bielè 140 Bigadilou 451 Bighadilou. Voir Bigadilou Bijilouch 451 Bilada 56 Birkat cohanim 61 Birkat ha mazone 62 Birqa 27 Bisbis 287 Bistek 469 Biznassa. Voir Bezness Bjejel. Voir Bejoula Bkhour 68 Blassa 151 Blata 315 Blè 315 Blech 315 Blech flouch 368 Blechi 315 Blèda. Voir Blid Blèflouch. Voir Blech flouch Blè flouss. Voir Blech flouch Blè tsagha. Voir Blè tsagha Blida 315 Blouf 316 Blousa 28 Bnin 316 Boga 444 Boga cidre. Voir Boga Boga menthe. Voir Boga Bois doux 428 Bolghol 451 Bomba. Voir Paquet Bomboloni 451 Bondoq 441 Bordguen 441 Borgel. Voir Beït Ha’hayim Borgel Borma 424 Borma rlète. Voir Borma 548 549 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Chkoun kheir menni. Voir Qui mieux que moi Chkoun mchè’l’qbar ou jeb l’akhbar 371 Chkoun yâaref 371 Chlèka 34, 319 Chlèkète 34 Chloeiller 320 Chmah 320 Chmèta 320 Chmindfir 140 Chneck 469 Chnoua 416 Choclata 469 Chonara. Voir Faire la Chonara Chose 288 Chou. Voir Chouf Choua 417 Chouf 416 Chouf ada. Voir Chouf Chouf adi. Voir Chouf Chouf adiya. Voir Chouf Choufouni ya ness 371 Chouha. Voir Choua Choul. Voir Shoul Chqaoulek 416 Chrè l’ahsira qbel el jemmâa 371 Chtouria 416 Chtrater 99 Cigare. Voir Brick Cigares 497 Cinq 69 Cinq pour toi. Voir Cinq Cinq sur toi. Voir Cinq Citron doux 442 Citron msayar 431 Citronnade 445 Citrons beldi 431 Claqt 320 Claquettes 288 Classou 288 Clignoteur 289 Cochtilia 470 Coing 442 Comme même 289 Communion 58 Complet poisson 455, 499 Coriandre fraîche. Voir Kochbor Corsa 321 Couffin 289 Coumidinou. Voir Coumoudinou Coumita 62 Coumoudinou 87 Couscous 456, 501 Couscous au poisson. Voir Couscous Couscous qrâa ou foul. Voir Couscous Coussin 88 Craquer 289 Cravenne Georges 245 Cravenne Marcel 245 Crèves et meurs 371 Crima 470 Cristou 224 Croquant 456 D Dab 218 Dabahaya 457, 503 Dacourdou 290 Daf. Voir Tfina ; Voir Tfina Dafina. Voir Tfina ; Voir Tfina Dahkè 321 Daï 356 Dalloul 321 Dam hout. Voir Âadam Hout Daoukha 321 Caroube 441 Carouiya 429 Carratoun. Voir Carrita Carrita 140 Carthage 155 Cathédrale de Tunis. Voir Tunis Ca vient pas 369 Celtia 445 C’est pas pour dire 369 C’est quoi le rapport. Voir Quel rapport C’est quoi l’intérêt. Voir Quel intérêt C’est tout ce que tu as trouvé ? 369 Châad ou Majal 369 Chadaï. Voir Shaddaï Chakchouka 495 Chakchouka bel âadam. Voir Chakchouka Chakchouka bel merguez. Voir Chakchouka Challe Claude 244 Chalumeau 445 Chaouachine 26 Chaouch 118 Châoudat 56 Chaqlala 318 Charvet David 244 Chbeb 318 Chbi 318 Chbiha. Voir Chbi Chbik. Voir Chbi Chè 356 Chebâa 58 Chebbek 87 Chèchè 356 Chèchiya 31 Ched el beb hatta y ji J’ha 370 Chefchèri 30 Chèhekh. Voir Chikh Chengail 117 Chept 438 Chey 318 Chèykhè. Voir Chikh Chey mè âandi mè nâamel. Voir Chey Chey mè y doum. Voir Chey Cheymoute 68 Chez Alfred 133 Chez Bichi. Voir La Goulette Chez Cacciola 133 Chez De Carlo. Voir Tunis Chez Fanfan. Voir La Goulette Chez Garza. Voir Tunis Chez Madame Zarrouk 134 Chez Nathan. Voir Tunis Chez Paparonne. Voir Tunis Chez Salem. Voir La Marsa Chiba hleïl 41 Chiffon de parterre 224 Chifourmi 150 Chigom 469 Chikh 319 Chikher. Voir Chikh Chiklé 469 Chikollou 319 Chila bila 370 Chilafourmi. Voir Chifourmi Chiqué maltais 370 Chitane 319 Chkara batata. Voir Batata Chkenjbir 430 Chkhana 319 Chkob 148 Chkobba. Voir Chkob Chkoubba. Voir Chkob Chkoun 415 Chkoun adiya. Voir Chkoun Chkoun èdè 415 Chkoun enti. Voir Chkoun 550 551 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Ech i echbâa el jmel, mè tiff èf 374 Echkeut 323 Ech khsar. Voir Qu’est ce qu’il y a eu Ech lezmek. Voir Qu’est-ce qui te manque ? Echma 323 Echma klemi. Voir Echma Ech mezel 374 Ech Mèzel. Voir Qu’est ce qui reste Echoui 323 Echoui demmek. Voir Echoui Echtemma 323 Ech t’hab âandi. Voir Qu’est-ce tu veux chez moi Ech tlâa men’ha 375 Ech tlâa mennou 375 Ecolage 291 Ecole Debolska et Foutline. Voir Tunis Ecole de l’Alliance Israélite Univer- selle. Voir Tunis Ecole des sœurs Emilie de Vialar. Voir Tunis Ecole Glatigny. Voir Tunis Ecole Khaznadar. Voir Tunis Ecole Pinson. Voir Tunis Ecole Sitbon. Voir Tunis Ecole Tramoni-Caparros. Voir Tunis Edhak el denia qbel men tedhak âalik 376 Edh’hak 324 Edi. Voir Edy Edy. Voir Primus Ehbèle 324 Ehbèle ou tkechkich 376 Ehbeul. Voir Ehbèle Ejbed 324 Ekh 356 Ekhtak 324 El âaroussa touila ou bèb ed’dar qssir 376 Elbiss 291 El ghali yotlob el rkhis 376 El hob blè ghira kif el khobz blè khmi- ra 376 Elle 260, 292 Elle est belle 376 Elli âandou loulède, âandou l’âadèbe 377 Elli fel’rass, fel’rass 378 Elli fèt mèt 378 Elliji 324 Elli mè âandouch flouss lè y âannaq ou lè y bouss 378 Elli qoul lè, mè y jibech blè\ 376 Elli y âamel bidou, mè y kidou 378 Elli y âamel el mlih, el kheir yelqa 378 Elli yâati men yeddou, Rabbi y zidou 379 Elli yahsbek bel foul, ahsbou bel qchour 377 Elli yarhab mennek, mè tejrilouch ourah 379 Elli y hab el hlou, i sar el leil kollou 379 El meziène, elli yelbess y ouatih 377 El mlih, rabbi y qarbou 377 El moufid 325 El mout temma ou el’âadeb âalech 377 El mra chriquète el satane 377 Emballer 292 Emchi 325 Emchi Neïek. Voir Barra emchi neïek Entaq 325 Epines du poisson 470 Err 357 Dar 88 Darba 322 Darbali 457 Darbouka 34 Dater de Âam Kakkah 371 Dayenou 54 Débarrasser 290 Deb el far, deb el far, hatta youssâa bab el dar 372 Debla. Voir Manicotti Déchirer 290 Defâa el Blè. Voir Blè De folie 372 Degla. Voir Deglet Nour Deglet. Voir Deglet Nour Deglet Nour 442 Dégraisser 290 Degueja 70 Dejner 468 Dekheltouni, kharejtouna 372 Dektatour 290 Delanoë Bertrand 245 Délicieuse 457. Voir Chez Salem - Chez Alfred Dellâa 442 Dem bered 372 Demi-froids. Voir Chez Alfred Dènia 322 Dènia jète. Voir Dènia Dènia khlète. Voir Dènia Derouiche 322 De toute sa masse 373 Dhahkè. Voir Dahkè Dharba. Voir Darba Dhlam. Voir Dlam Dieu bénisse 41 Dieu merci. Voir Dieu Direct 470 Djandjer 144 Djellaba. Voir Jebba Djerba 156 Djerbi. Voir Djerbiens Djerbiens 118 Djilatou 290 Djimo 291 Dlam 322 Dokhane 322 Dokht. Voir Daoukha Dokkènè 88 Double-face 291 Doukha 36, 245. Voir Daoukha ; Voir Daoukha Doulicha. Voir Dour Dour 322 Dour bihà Chibani dour bihà. Voir Dour Dour dour. Voir Dour Douricha. Voir Dour Dourou 291 D’où tu sais. Voir Où tcha vu Dovdagadovdaga 145 Drache 58 Dra wine 373 Drôo 457 E Eau de fleur d’oranger. Voir Mazare Ebil 58 Eblâa 468 Ech âalina 373 Ech bech’n qôllek. Voir Que veux-tu que j’te dise Ech bech’n qôul ou nssit 374 Ech bech y qôul fommi 374 Ech dekhlek 374. Voir Ech m’dekhlek Ech dhallek. Voir Ezdalleq 552 553 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Forme 459 Forza 292 Fostoq ou bondoq. Voir Bondoq Fouchik 327 Fou dangereux 382 Foul. Voir Fèves Foulara. Voir Taqrita Foum Tataouine. Voir Tataouine Fourma. Voir Forme Fournou 425 Four palestinien 425 Fouta 29 Fouta-Blousa. Voir \ Foutajyia 26 Français français 293 Françaoui. Voir Pathos Francisse. Voir Pathos Frankaoui. Voir Pathos Fréquentations 96 Fréquenter 96 Fricassé 459 Fricher 149 Frigidaire 425 Frigolo 127 Fritesh 459 Fsâa 327 Ftaq 327 Ftour el sbah, rbah 382 Funcia 293 G Gabès 157 Galette. Voir Bichah Gammarth 157 Gammoudi Mohammed 245 Ganaouiya 459 Ganaouya 509 Ganz. Voir Gonz Gargoulette 26 Garibaldi Giuseppe 246 Gatli. Voir Qâtli Gazouz 446 Gazouza. Voir Gazouz Génie 293 Ghalba 327 Ghassgha 328 Ghassghatique. Voir Rassra Ghoch 328 Ghommè 328 Ghorbel 425 Ghoulè 328 Ghoulè bassassa. Voir Roulè et Bassa Ghrayba 460 Glace 293 Glibettes 470 Globo 471 Gloub. Voir Glibettes Goff a. Voir Couffin Gonz 293 Gorboj. Voir Kchouch ; Voir Kchouch Gorni 24 Gotla. Voir Qâtli Gotlou. Voir Qâli Goum ni khiber 366 Grana. Voir Gorni Grande Synagogue. Voir Tunis Granite 137 Gray Félix 246 Guarâa. Voir Qarâa Gueddek babour 383 Gueddheb 329 Guèli. Voir Qâli Guèlou zini âamel halè 383 Guènèriyè 438 Guéraré Hé 383 Esma. Voir Echma Esmâa klèmi 379 Estenna. Voir Ichtenna Estenna ya djeja, hattè y jiik el gamh men Béja. 379 Et le pyjama 379 Etre de la haute. Voir Faire partie de la haute Etre usé. Voir User quelqu’un Euf 357 Evenou Danièle 245 Ey 325 Eywah. Voir Ey Ezdalleq 325 F Face le cinéma 379 Face moi. Voir Face le cinéma Fade 54, 504 Faire de la peine 380 Faire de l’odeur 380 Faire la Chonara 380 Faire la douche. Voir Faire le bain Faire le bain 380 Faire partie de la haute 380 Faire une chikha. Voir Chikh Faire une frite 381 Faire un trou dans l’eau 381 Falsou 458 Faqoussa. Voir Faqousse Faqousse 438 Farka 458, 505 Farmla 32 Far ou qatouss 381 Fartas 326 Farzit 218 Fazâa. Voir Phase Fchè ou mchè 381 Fdiha 417 Fedda 326 Feddite. Voir Fedda Fejâa. Voir Feujâa Fékia. Voir Âassida Fekka 28 Felfel 438 Felfel ak’hal. Voir Felfel Felfel har. Voir Felfel Felfel mehchi. Voir Felfel Felfel zina. Voir Felfel Fenjel 424 Feuille de miel. Voir Ouarqate el assel Feuilletés au chocolat. Voir Brioches au chocolat Feujâa 326 Fèves 458 Fèves au cumin. Voir Fèves Fhemt 417 Fhemt oualè lè. Voir Fhemt Fiche 292 Fi dhelma, kol mra gamra 381 Fi halè. Voir Halè Fiiit 357 Fil rouge au poignet 70 Fine 417 Fi sma 382 Fissa 326 Flifloute 327 Flitox 224 Flouch hram. Voir Hram Flouka 145 Flouss hram. Voir Hram Fokk 357 Fokk âaleya. Voir Fokk Fondant au chocolat pour Pessah 507 Fondouk 88 Fondre 292 554 555 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Hou âalik. Voir Hou Hou âalina. Voir Hou ; Voir Hou Houkajyia 26 Houma 90 Houmète el Hima. Voir Nemoutou Nemoutou... Hout 71 Houta. Voir Hout Hram 46 Hram âalik. Voir Hram Hrouchoute 53 Huuu. Voir Hou I Ich chè. Voir Chè Ichèfik. Voir Chè Ichtenna 331 Ichtenna choueya tawa i/et’ ji. Voir Ichtenna Îib. Voir Âaïb Il(elle) est juif(ve) 386 Il faut prendre la chose d’où elle vient 386 Il m’a basé(e) 386 Il s’est cassé 386 Impasse Sidi Abdallah Guech. Voir Rue Abdallah Guech Inchallah. Voir Dieu Inch’Allah bel frej. Voir Dieu Intellijahch. Voir Jahch Itaqleb 332 Izourek el kheir 386 J Jahch. Voir Intellijahch Jamais 294 Jamais de la vie 387 Jamais tu 387 Jarek qrib, kheir men khouk bâaïd 387 Jasmin 223 Javanais 294 Jaw 145 Jbel Ahmar. Voir Tunis Jbib ou louj 471 Jdâa 332 Jebba 32 Jèfèl 225 Jelbana 460 Jeljlène 432 J’en n’ai ni fiche ni brick 387 Je t’ai langui 387 Jeudi 72 J’ha 332 Jiiit 332 Jmel 218 Jnoun 72 Journo Raoul 37, 247 J’thit. Voir Jtiit Jtiit 333 Juste 294 K Kâak 460 Kâak el warqa. Voir Kâak Kaboud 62 Kafiolé 446 Kairouan 158 Kaki 123 Kakou Elie 247 Kanoun 425 Guergueb 443 Guinia 294 Guizada 460, 511 Guyse. Voir Tunis H Hab hab 357 Hachek 329 Hachem 62 Hachma. Voir Ah’chem Hachwa 460 Hadaq 329 Hadhèka elli mezel 383 Hadhiya l’âaïcha. Voir Âaïcha Hadhiya mniha 383 Hagège Claude 246 Haï Taïeb Lo Met 247 Haj 46 Haj Klouf. Voir Haj Hakkèka 234 Halba 431 Halè 329 Halfa 225 Halimi Gisèle 247 Hallè 329 Halleb 26 Hallouz 330 Hallouzi. Voir Hallouz Halwa 471 Hametz. Voir Bichah Hammamet 158 Hammam Lif 158 Hammel blech flouch. Voir Blech flouch Hammèm 234 Hamra. Voir Ahmar Hanna 70 Hara Kbira. Voir Djerba Hara Srira. Voir Djerba Haregma. Voir Lablebi Harissa 431 Harosset. Voir Hrouchoute Harqouss. Voir Hanna Hassilou 330 Hatati 41 Hatta debbenne y koh 337, 384 Haw èdè. Voir Ahouwa Hayte 330 Hazâaq 384 Hazâaq ou Baroukh. Voir Hazâaq Hedhèk 330 Hédi Jouini 37 Hekkek 330 Hekkek ou barra. Voir Hekkek Hem hem, cosksi bel ham, ana nekol ou enti tchem 385 Hemm 331 Hemmek. Voir Hemm Hemmi. Voir Hemm Hemmou. Voir Hemm Hendi Guergueb. Voir Guergueb Henna. Voir Hanna Hennana. Voir Henna Hèyej 331 Hlèlem 460 Hlou 331 Hlou ouel marr, hatta youfa l’âamor 385 Hmar 218 Hnèch 218 Hnin 331 Homs Blebi. Voir Lablebi Homt Souk. Voir Djerba Hou 357 Hou âala yamek. Voir Hou Hou âaleya. Voir Hou 556 557 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Kif l’ahmem, dima y gorr 390 Kipa. Voir Calotte Kissebba 418 Kixe 150 Kloufiè. Voir Haj Klouf Kmâa 337 Kmarack 337 Kmarani 337 Kmarra âam akhor kheir ou mnih ou chaloum. Voir Kheir ou mnih Knif 88 Knifsha. Voir Cafard Kobbara 73 Kobbara âalik. Voir Nemchi kobbara âalik Kobbour 58 Kob sâadek. Voir Sâad Kochbor. Voir Kosbor Kol âatla fiha kheira 390 Kol chey bel mektoub 390 Kollou b’sabrou 391 Kol ouahèd bssâadou ou mèzzèlou 390 Kol qird fi âyn ommou rzel 391 Korkob 432 Kosbor 436 Kosksi. Voir Couscous Kotteb 63 Kougina 89 Koum Koupinach 96 Krinou 295 L Lâajij(a). Voir Âajij(a) L’âaouej. Voir Mâaouej L’Âassa ou l’mè skhroun 391 La Baraka. Voir Sidi Bou Saïd Là-bas 296 Lablebi 461 La Buvette. Voir Kheireddine Ladino 296 La Ghribah. Voir Djerba La Goulette 159 La grande aff aire 391 La Hara. Voir Tunis La hchouma. Voir Ahchem Lahmi chouk chouk 391 La Manouba 163 La Marsa 163 Lamburguen 472 La Médina. Voir Tunis La Mosquée Zitouna. Voir Tunis Lancer une pointe 392 L’année prochaine à Jérusalem 392 L’année prochaine en Israël 392 Laouarina. Voir Lè y ouarina La Parisienne. Voir Tunis La Soukra 164 Lawèj 141 Layester. Voir Lè y ouarina Layostor. Voir Lè y ouarina Lben 461 Le Belvédère. Voir Tunis Leben. Voir Lben Lebkhè 337 Le Café Âalia. Voir Sidi Bou Saïd Le Café de la place du village. Voir Sidi Bou Saïd Le Café d’en bas. Voir Sidi Bou Saïd Le Café des Délices. Voir Sidi Bou Saïd Le Café des Nattes. Voir Sidi Bou Saïd Le Café Sidi Chebâane. Voir Sidi Bou Saïd Kappara. Voir Kobbara Karakouz 333 Karfa 432 Karoumarou 295 Kasbah 333 Kasroula 426 Katkat bachi 295 Kchouch 333 Kechkech 426 Kefta 489 Kelma fi sbah, kelma fil’âachiya, trod mselma youdia 387 Kémia 461 Ken âaïchnè 42 Ken hab Rabbi. Voir Dieu Ken kari, ouellè moul a dar 388 Ken sahbek âassel, mè telhassouch el kollou 388 Keskeslou yarjâa l’aslou 388 Keskia 295 Kèssè 235 Kesskess. Voir Kechkech Kessssss 358 Kesswa 334 Kesswa traditionnelle féminine 29 Kesswa traditionnelle masculine 31 Ketouba 63 Keyef. Voir Kif Khadhra 334 Khaïda 334 Khalla 461, 512 Khalli qalbek n’dhif ou safi âalla khater chey mè y doum. Voir Chey mè y doum Khallot. Voir Khalla Khalouède. Voir Tkhalouide Khamcha. Voir Khamsa & Cinq khamsa. Voir Cinq Khamsa âalik. Voir Cinq Khamsa ou khmis âalik 70 Khaouef 334 Kharjou mel bèb, yotkhol mel sekkara 388 Kharoube. Voir Caroube Kheireddine 159 Kheirète Rabbi. Voir Dieu Kheir men blech 388 Kheir ou mnih. Voir Kheir ou mnih Khfif 334 Khfifa. Voir Khfif Khiiit 334 Khiiit âalik. Voir Khiiit Khkèka. Voir Khkik khkèka ou blèda. Voir khèka et Blèda Khkèka ta mout. Voir Khkèka Khkik 335 Khkik ou blid. Voir Khkik et Blid Khkik ou yefdhallek. Voir Khkik Khlè khèli 389 Khlè khèli ou l’âazar y dour. Voir Khlè khèli Khlet 335 Khlet âalik. Voir Khlet Khlit’ha. Voir Khlet Khnèna 336 Khobz tabouna 473 Khodhra. Voir Khadhra Kholkhèl 30 Khorchef 439 Khorda 336 Khra 336 Khsara 336 Kif 145 Kifech 417 Kifek 336 Kif el âarf, kif el bhim 390 Kiffer. Voir Kif Kif kif 336 558 559 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Maslouqa. Voir Brick Maspik 339 Matsa. Voir Bichah et Galette Matsot. Voir Bichah et Galette Mauvaise langue 394 Mauvais œil. Voir Oeil Ma va a quel paese 394 Mazare 436 Mazinga Z 173 Mchè. Voir Emchi Mchè kobbara 395 Mchè l’bhar ou l’qâa chaieh 395 Mchenfa. Voir Mchennef Mchennef 339 Mchète. Voir Emchi Mchettek. Voir Rass Marboute Mdarbal. Voir Darbali Mdegdeg 298 Mè âaïniche. Voir Âaïn Mèbeldèk. Voir Blid Mechkin 298 Mechmech 443 Mechmoum 222 Mèdèlina 443 Mèdhèbiyè 340 Megorachim 340 Mè haqouch 395 Mèhboul 340 Mèhboul kamel 340 Mehrèz 426 Mejiène 340 Mè kassartch 395 Mèkinè 298 Mekla yesser bel behmout 395 Mektoub 74 Mèla 340 Mèla lè. Voir Mèla Melassine. Voir Tunis Melehfa. Voir Mèlia Melha ou Bnina. Voir Bnin Mèlia 29 Mellè raha 396 Mellè riha 396 Mel ouarda tokhroj el chouka ou mel chouka tokhroj el ouarda 396 Memmi Albert 248 Men âaïch âala benti 396 Men âaïch âala oueldi 396 Men âaïch âalik. Voir Âaïch Ménage de Pessah 54 Merekka. Voir Merekkou Merekkek. Voir Merekkou Merekkou 341 Mèrioul 297 Merveille 298 Meskine. Voir Mechkin Mes yeux. Voir Ya âaini Metah’chemch. Voir Ahchem Met’hachemnech. Voir Ahchem Mettre l»œil. Voir Oeil Mexicaine» «Voir . Voir Ôoksa Meyer Yves 248 Mè z’har. Voir Mazare Mezièna mèl barra, ech halek mèl dekhel 396 Meziène \t . Voir Meziène Mezoued 34 Mézouza. Voir Mzouza Mézouzote. Voir Mzouza Mghamma 343 Mhammar 463 Miboune 341 Mihadh. Voir Knif Mikhètètè 341 Mimti. Voir Ommi Minchia. Voir Minga Minga 298 Minina. Voir Forme Le Café vert. Voir La Goulette Left âaranje 462 Le Hafsi. Voir La Marsa Le Haïm. Voir Saha ou chfè Lellouche Gilles-Jacob 248 Lellouche Ofer 248 Lellouche Pierre 248 Lè nhabbèk, lè nossbor âalik 392 Le père de 392 Le Saf Saf. Voir La Marsa Les bases 392 Lè yèchouina. Voir Echoui Lè y nahhik âalina 393 Lè y ostor. Voir Lè y ouarina Lè y ouarina 43 L’Hacienda 164 Lilet shabbath 393 Lim hlou. Voir Citron doux Lioum hbèb ou radoua qtatess ou klèb 393 Lobbè 337 Loofa 235 Lotf. Voir Bâad âalina el blè Louben 125 Loukkèla 89 Lourd 296 Lumbroso Daniela 248 Lycée Cailloux. Voir La Marsa Lycée Carnot. Voir Tunis Lycée de Mutuelleville 112 M Mâadnouche 436 Mâadnouss. Voir Mâadnouche Mâaouej 338 Mâaouej(a) kif el faqoussa 393 Mâaqoud. Voir Forme Mabennek. Voir Bnin Mabennou 338 Mabrouk 338 Machouga 338 Ma daï. Voir Daï Madfouna. Voir Bqaïla ; Voir Bqaïla Ma femmech 393 Ma fich. Voir Ma femmech Ma fich hala. Voir Hala Mahboul, y hebbel el jmâa 394 Mahlèk. Voir Hlou Maï 358 Majnoun(a). Voir Jnoun Makbouba. Voir Marmouma ; Voir Marmouma Makhossek 339 Makroud. Voir Maqroud Mal élevaise 296 Malle 140 Malouf 35 Maman 296 Ma mie 297 Manicotte. Voir Manicotti Manicotti 462 Maou. Voir Mou Maqouè âalik Rabbi. Voir Yaqouè âalik Rabbi Maqouek. Voir Qâouè Maqroud 514 Maqroudh 462 Maqrouna 462 Marboun 339 Marcher 297 Mardouma 235 Maria fil calisse 394 Mariage mixte 297 Mariou 89 Marmouma 463, 518 Martou ghalbatou 394 560 561 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Ness mlèh. Voir Nech mlèh Nhas 27 Nhessiyia 27 Nigate 300 Nikitouche 464 Nikitouss. Voir Nikitouche Noumrou 300 Nouvi 149 O Ochkotte. Voir Echkeut Odrob 345 Ôjja 464 Ommi 345 Omo 225 Omri 345 Omrok touil 399 On dirait ce que c’est. Voir On dirait quoi On dirait qui c’est. Voir On dirait qui il(elle) est On dirait qui il(elle) est 399 On dirait quoi 399 Ôobbita 345 Ôoksa. Voir Mexicaine Ôosbane. Voir Âasbane Orange douce 443 Orfanotrofio Principe di Piemonte 165 Orgeat 446 ORT 115 Osbor. Voir Ichtenna OSE. Voir La Goulette Oskotte. Voir Echkeut Osss 358 Ouah 359 Ouahch 345 Ouaki Jules 249 Ouallah. Voir Dieu Ouarqate el assel 400 Ouchaq ou dad. Voir Dad Oud. Voir Âaoud Ouejjou kini guizada 400 Ouejjou kini khobz tabouna. Voir Ouejjou kini guizada Ouh 357 Ouh âaliya. Voir Ouh Ouh âalla baba. Voir Ouh âalla jeddi Ouh âalla jeddi 400 Ouh âalla ommi. Voir âalla jeddi Ou’helt. Voir Wahlè Oukkèla. Voir Loukkèla Ounesty(è) 300 Ou nofs. Voir Ou noss Ou noss 346 Ourass. Voir Rass Ourass baba. Voir Baba Où tcha vu 401 Oye 359 P Pain d’Espagne. Voir Bouscoutou Pain italien 473 Pain tressé. Voir Khalla Pakestian 300 Paquet 300 Paracha 63 Passer une datte. Voir Babser Pathos 346 Persil arabe. Voir Kochbor Pessah 51 Phase 346 Phasette. Voir Phase Pick-up 346 Pieds-noirs 301 Mita mouch hayya 396 Mitika 299 Mizzica 299 Mjar 236 Mkhalta. Voir Msoki Mlaouah 341 Mlaouha. Voir Mlaouah Mloukhiya 463, 519 Mneïek 341 Mnin tâaref 397 Moati Nine 249 Moati Serge 249 Mobylette 141 Moghiar 342 Moi et 397 Mokh 342 Momentanément 299 Monte dessus et fais l’avion 397 Mott. Voir Mout Mou 342 Moubilya 89 Mouch 342 Mouch âallouche, berkouch 397 Mouch houni moul hanout 397 Mouch mektoub. Voir Mektoub Mouch tâana. Voir Mouch Mouled 48 Mout 342 Mraouha s’agit de . Voir Mrouha Mreya 343 Mreyet. Voir Mreya Mrouha 343 Msika Habiba 249 Msoki 54, 521 Mtektek 299 Mûres blanches 443 Mzammar 343 Mzaoura 463 Mzouza 63 Mzouzote. Voir Mzouza N Nâam. Voir Ey Nâama 37 Nâa Nâa 436 Nâan din 343 Nâan din bou. Voir Nâan din Nâan din bouk ou bou bouk. Voir Nâan din Nâan din el babour li jèbek 398 Nâan din el skhat. Voir Nâan din Nâan din ommok. Voir Nâan din N’âaref âalla bou 398 N’âaref âalla din ommou. Voir N’âaref âalla bou Nabeul 164 Nahouel bombex 344 Naïm Yaël 249 Nammi. Voir Zab Nanou 300 Napaltan. Voir Analtan Naphtaline 225 Narange. Voir Âarange Nar Kobbour. Voir Kobbour Nebli oul far, mèt ouarich beb eddar 399 Nechama 63 Nech mlèh 398 Neffa 121 Nefkha 344 Nefkha ou ternana ou terma aria- na. Voir Nefkha Neïyèk 344 Nemchi kobbara âalik 398 Nemoutou, nemoutou ou yah’ya el ouatan 399 562 563 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Qu’est-ce qui reste 404 Qu’est ce qui te manque 404 Qu’est-ce tu veux chez moi 404 Que veux-tu que j’te dise 405 Qui mieux que moi 405 R Rabbi 43 Rabbi mâaia. Voir Dieu Rabbi mâak. Voir Rabbi mâaia Rabbi mâakom. Voir Rabbi mâaia Rabbi mâanè. Voir Rabbi mâaia Rabbi Meïer âaynini 43 Rabbi y âaynek 43 Rabbi y dhaoui âalik 44 Rabbi y farrej âalik 44 Rabbi y jibek el kheir 44 Rabbi y jiib 45 Rabbi y kabbar méjèlek 45 Rabbi y kemmel âalik 45 Rabbi y noub. Voir Allah y noub Rabbi y ostor. Voir Lè y ouarina Rabbi y tawel ôomrok 45 Rached Hana 250 Raclée 301 Rahhaya 427 Raïeb 465 Ramadan 47 Rani kobbara âalik. Voir Nemchi kobbara âalik Rani ndour âalik. Voir Nemchi kobba- ra âalik Rantifou 301 Raou 348 Rass 348 Rass fartas. Voir Fartas ; Voir Rass - Fartas Rass marboute. Voir Rass Rass ouati. Voir Rass Rbaïbiya 60 Rechta 475 Régal 96 Reine 293. Voir Génie Rentrer 302 Rester keksse 405 Ribbibi 250 Rigalou 302 Riha mchouma 405 Rihana 31 Rihane 123 Ringa 475 Riz qlaya 465 Rkèka. Voir Khkèka Rkik. Voir Khkik Roch Hachana 60 Roch Hodèche el bnat. Voir Roch Hodèche la banote Roch Hodèche la banote 61 Rod bèlek 406 Roi. Voir Génie Romdhane. Voir Ramadan Rose des sables. Voir Manicotti Roubafekia 126 Rouleaux 236 Roumi. Voir Pathos Rouze. Voir Riz qlaya Royal 302 Rue Abdallah Guech. Voir Tunis S Sâad 349 Sâad ou Mazal 369 Pigeot. Voir Mobylette Pinson 250 Pisani Edgar 250 Pkaïla. Voir Bqaïla Pkeïla. Voir Bqaïla Pkhour. Voir Bkhour Plein 301 Pois-chiches grillés 464 Poisson Beliada 523 Poisson H’raïmi. Voir Poisson Beliada Poisson Malin. Voir Poisson Beliada Polpettone 465 Pommette. Voir Zâarour Poste 172 Potager 426 Poutargue. Voir Âadam Hout Pqaïla. Voir Bqaïla Prendre la chose d’où elle vient 401 Prendre quelqu’un comme il est 402 Primus 427 Purée de ta race 402 Q Qâabar bechbech 465, 524 Qâabar bèsbès. Voir Qâabar bechbech Qâabar ta dar el ôurch. Voir Qâabar Bechbech Qâaress 436 Qâbqâb 30 Qaddech 418 Qâd qâd 347 Qâhba 120 Qâhoua. Voir Qâhoua âarbi Qâhoua âarbi 446 Qâletli. Voir Qâtli Qâli 347 Qandil 63 Qânsa 475 Qâouè 347 Qâouè fik. Voir Qâouè Qâouène 347 Qâouèt Rabbi. Voir Dieu et Qâouè Qâoui sâadek. Voir Qâouè et Sâad Qarâa 439 Qasba. Voir Kasbah Qâsriya 89 Qâssâa 427 Qâssiroun 347 Qatâa ou jedded 403 Qâtli 347 Qbaha. Voir Qbih Qbih 348 Qchouch. Voir Kchouch Qechra 468 Qmâa. Voir Kmâa Qmach 26 Qnaqech 465 Qoffa. Voir Couffin Qoftane. Voir Caftan Qoletla. Voir Qâtli Qossane el houta 72 Qotla. Voir Qâtli Qotlou. Voir Qâli Qoufiya 301 Qrâa 439 Que je meure à l’instant 403 Quel âge tu fais 403 Quel âge tu vas faire. Voir Quel âge tu fais Quel œil. Voir Oeil Quel intérêt 403 Quel rapport 404 Qu’est-ce qu’il est arrivé. Voir Qu’est ce qu’il y a eu Qu’est ce qu’il y a eu 404 564 565 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Souabâa 466 Souèk 237 Sougamanou 90 Souk El Attarine. Voir Souks Souk El Birka. Voir Souks Souk El Trouk. Voir Souks Souks. Voir Tunis Sousse 167 Spèc. 303 Spigol 436 Spron 303 Spronk. Voir Spron Sqifa. Voir Loukkèla Stambali 35 S.T.E.G 120 Stouria 416 Super Nanny 252 Surboum. Voir Boum Sur l’âme de 407 Sur la tête de 407 Sur la Torah d’Israël 407 Sur la vie d’bon Dieu 407 Sur la vie de 407 Sur les yeux de 407 Sur ma(ta) vie 407 Surprise-partie. Voir Boum Swèk. Voir Souèk T Tâaïch. Voir Âaïch T’âaïch, tfouj ou tefrah. Voir Aïch Tâalil 35 Tabal. Voir Tabal ou Zokra Tabal ou zokra 35 Tafarder 350 Tafardeur. Voir Tafarder Taghèf 64 Tagine brouklou bil tqiq ou l’âadam 454 Tahane 350 Taht el yesmina Fel lil. Voir Jas- min ; Voir Jasmin Taliane 350 Tamâa 350 Tamtam 351 Tamzali Haydée 252 Tannée. Voir Triha Taqrita 351 Tarf souf. Voir Chiff on de parterre Tataouine 167 Tawa 351 Tawla 90 Tball. Voir Balloute Tbaq 427 Tbarkallâalik. Voir Barkallâalik Tbark’Allah. Voir Barkallah Tbarkallah oufik. Voir Barkallah oufik Tbila 65 Tcha 304 Tché 304 Tchich 530 Tchicha. Voir Tchich et recette Tèbel 437 Tekber ou tensa 407 Tekhbilè 351 Télévision 174 Télévision française. Voir Télévision Télévision italienne. Voir Télévision Télévision tunisienne. Voir Télévision Telvzè. Voir Télévision Terbaqa 34, 351 Testira 467 Tetbalhat 312 Tfadhal 351 Tfadhlik. Voir aussi \ Sabate be talon, cravate nœud papillon 406 Sabayon 525 Sabbaghine 26 Saboun 237 Sabouniya. Voir Saboun Saha 349 Saha lik. Voir Saha Saha likoum. Voir Saha Saha noum. Voir Saha Saha ou chfè 406 Saha ou farha. Voir Saha Sahite. Voir Saha Sahleb. Voir Drôo Sakkajine 26 Salammbo. Voir Carthage Saloubri 302 Salussav. Voir Salusse Salusse 302 Samama-Chicli Albert 251 Samsara 120 Sarfati Victor 251 Sarrajine 26 Sattar 45 Sattarf’Allah. Voir Sattar Sauce tomate pour pâtes de David Bismuth 526 Savon Vert 225 Sbiguido 227 Scheket. Voir Echkeut Schkola 98 Scoubidou. Voir Sbiguido Sebag Paul 251 Sécotine 302 Se faire du mauvais sang 406 Se faire un sang d’encre. Voir Se faire du mauvais sang Sefseri. Voir Chefchèri Segouro. Voir Sigouro Segretou 303 Seguin Philippe 251 Semahni. Voir Chmah Semi-froids. Voir Chez Alfred S’énerver avec 407 Séoudat. Voir Châoudat Ytrou / Jbib ou louj Sèrouel 32 Sfargel 442 Sfax 165 Shabbath est sorti 55 Shabbath va rentrer 55 Shaddaï 64 Shalom Sylvan 251 Sheddeï. Voir Shaddaï Shéma 64 Shemech 64 Shoul 64 Sidi Bou Saïd 165 Si Dieu nous prête vie 42 Si Dieu veut. Voir Ken hab Rabbi Sigouro 303 Simissilinou 54 Sirop d’orgeat 528 Sistou 55 Sitbon Guy 252 Sitou 303 Sitruk Joseph Haïm 252 Skhana. Voir Chkhana Skola. Voir Schkola Sla 64 Slata jida 466 Slata Mechouiya 466 Slikha 350 Smah. Voir Chmah Smalla. Voir Dieu Smallâalik. Voir Smalla Smen 475 Sorgho. Voir Droo 566 567 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Wah’lè 353 Waqef 354 Waqfa. Voir Waqef Waqtech 418 Woh. Voir Ouah Wolinski Georges 252 Y Ya âaini 409 Yâatik 354 Yâatik chkhana. Voir Yâatik Yâatik da. Voir Yâatik Yâatik da blèch doua. Voir Yâatik Yâatik fejâa. Voir Yâatik Yâatik qatra. Voir Yâatik Yâatik qbar 410 Yâatik râada 411 Yâatik sâadek 411 Yâatik saha. Voir Yâatik Yâatik sakhta. Voir Yâatik Ya baba 285 Ya baba, ouaqtech n’oualiou chorfa ? Ouaqkt imoutou ness el houma 411 Yabrack 534 Ya choumi. Voir Ahchem Ya hasra 411 Ya hasra âalik. Voir Ya hasra Ya qbar. Voir Yâatik qbar Yaqouè âalik Rabbi. Voir Dieu et Qâouè Yechfik. Voir Bechfè Yeqress ou yeddou tahtou 412 Yeqsef chbibek 412 Yer’ham oueldiik 46 Yesmine. Voir Jasmin Yesmine ou fell, Selma. Voir Jas- min ; Voir Jasmin Yezzi 354 Yezzi blè blèda. Voir Yezzi Yezzi blè khkèka. Voir Yezzi Yezzi mè tan’bir 412 Yja 354 Yja akol. Voir Yja Yja chouf. Voir Yja Yja Houni. Voir Yja Y jiik fil’oussâa 413 Yotkhol fil âarouk 413 Y reste plein. Voir Plein Y tayah sâadek. Voir Sâad Z Zaâma 360 Zâarour 444 Zab 355 Zabbour 355 Zabbour okhtek. Voir Zabbour Zabbour ommok. Voir Zabbour Zah 360 Zakkar. Voir Tabal ou zokra Zanzana 219 Zaretnè brakha bik 413 Zar’rita 36 Zavata Achille 252 Zbeb. Voir Chbeb Zbib ou louz 471 Zboub. Voir Zab Zdaka 65 Zeb. Voir Zab Zebbi. Voir Zab Zebla 90 Zeitoun Ariel 253 Zekch 360 Zembla 148 Tfadhlou. Voir Tfadhal Tfal 238 Tfaznik 352 Tfina 467 Tfina Harissa 532 Tfou 359 Tfou âalik. Voir Tfou TGM 143 Théâtre Municipal de Tunis. Voir Tunis Théâtre romain de Carthage. Voir Carthage Thèlète lila 61 Thoum 437 T’hour 28 Ti 352 Tikè tikè 359 Tilestambi 304 Tilifoune 90 Tkhalouide 352 Tkhel fi âqlou 408 Tkhel mel beb, khraj mel khoukha 408 Tmatom mâajoun. Voir Tmatom Tmenièk âaleya. Voir Tmenik Tménik 352 Tménikologie. Voir Tménik Tménikologue. Voir Tménik Toda 353 Toda ghaba. Voir Toda Ton œil. Voir Oeil Tonn 475 Torchi khal 467 Torchi l’âarange 462 Tornibik 408 Toss. Voir Pathos Touahajtek. Voir Je t’ai langui Touensa 24 Tounès el khadhra. Voir Khadhra Tounsi(ya). Voir Touensa Tout craché 408 Tozzina 304 Trichti 304 Trifa. Voir Taref Triha 353 Trimoline 304 Trinou 140 Tromvaï. Voir TGM Trouq 26 Tsagha 353 Tubino 305 Tu m’as usé(e) 408 Tu montes au ciel et tu descends 409 Tunis 168 Tu tournes avec 409 Type 305 Typesse. Voir aussi Type U Une minute dans la bouche, toute la vie sur les hanches 409 User quelqu’un 409 V Va mourir 409 Variantes. Voir Torchi khal Vers à soie 149 W 568 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Zeroa. Voir Bichah Zieuter 305 Ziid 355 Ziou ziou 360 Zlebia 467 Zokra. Voir Tabal ou Zokra Zoufri 305 Zourounè. Voir Zourouni Zourounè fil khlâa 414 Zourouni 97 Zrirate. Voir Zar’rita 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Imprimé en France ISBN 979-10-284-2256-1 Dépôt légal : 4e trimestre 2022