Ugrás a tartalomra
Zakhor
1887 · Karlsruhe et Hambourg

Les ondes

Il produit et détecte pour la première fois les ondes électromagnétiques, et juge que cela ne servira à rien. Cinquante ans plus tard, on décroche son portrait de l'hôtel de ville.

MegállapítottHertzPhysiqueAllemagneEffacement

Heinrich Hertz naît à Hambourg en 1857, dans une famille juive convertie au luthéranisme. Son père, né David Gustav Hertz, avocat puis sénateur de la ville libre, s'était converti en épousant la fille d'un pasteur.

Il est donc élevé luthérien, dans une famille de la bonne société hanséatique, et rien dans sa vie ne se rapporte au judaïsme.

L'expérience de Karlsruhe

Maxwell avait prédit mathématiquement, vingt ans plus tôt, l'existence d'ondes électromagnétiques se propageant à la vitesse de la lumière. Personne ne les avait produites.

En 1885, Hertz devient professeur de physique expérimentale à l'École technique de Karlsruhe. En 1887, il monte un dispositif — un émetteur à étincelle, un anneau récepteur à quelques mètres — et observe une étincelle apparaître dans le récepteur.

Il produit, détecte et mesure pour la première fois des ondes électromagnétiques. Il en établit la longueur, la vitesse, la réflexion, la réfraction. La théorie de Maxwell devient un fait de laboratoire.

« Cela ne sert à rien »

On lui demande à quoi cela pourra servir. Il aurait répondu que cela ne servait à rien — que c'était simplement une expérience qui prouvait Maxwell.

La citation circule sous plusieurs formes et sa lettre exacte est incertaine ; sa teneur, elle, est bien attestée. Hertz ne voyait pas d'application, et il ne la cherchait pas.

Marconi transmettra un signal sans fil huit ans plus tard, en 1895. Toute la radio, la télévision, le radar, le téléphone mobile et le réseau sans fil descendent de l'anneau de Karlsruhe.

L'unité de fréquence porte son nom depuis 1930.

Ce que les nazis ont fait de lui

Hertz meurt en 1894, à trente-six ans, d'une infection. Il n'a rien connu de ce qui suit.

En 1933-1934, les autorités nazies retirent son portrait de la place d'honneur qu'il occupait à l'hôtel de ville de Hambourg. Le Gauleiter Karl Kaufmann obtient en septembre 1938 l'autorisation du ministre de l'Intérieur du Reich de débaptiser les rues portant des noms non aryens, dont la Hertzstraße de Hambourg.

Sa veuve et ses filles, luthériennes, doivent fuir l'Allemagne : elles sont considérées comme juives.

Ce que ce cas rend visible

Hertz est le contre-exemple parfait de l'idée que la conversion protège. Son grand-père s'était converti ; lui-même n'avait jamais été juif ; sa famille appartenait à l'élite de sa ville depuis trois générations.

Le critère appliqué en 1938 ne portait pas sur la croyance mais sur l'ascendance — le même basculement que les statuts espagnols de pureté du sang, quatre siècles plus tôt.

Le portrait est revenu à l'hôtel de ville après la guerre. La tour de radiodiffusion de Hambourg porte son nom.