Ugrás a tartalomra
Zakhor
vers 66 · Jérusalem

Les dix-huit décrets

Dans un grenier, à la veille de la guerre contre Rome, une école l’emporte sur l’autre au nombre et fait voter dix-huit mesures de séparation. On en discute encore.

ValószínűShammaïHillelSéparationDécrets

Les écoles de Hillel et de Shammaï s’opposent sur trois cent seize points conservés par le Talmud. Le partage est constant : les Shammaïtes tendent à la rigueur, les Hillélites à la modération.

Un jour, dans le grenier de la maison de Hananya ben Hizqiya, les deux écoles se comptent. Les élèves de Shammaï sont les plus nombreux, et dix-huit décrets sont adoptés ce jour-là.

Ce que les décrets font

Ils portent sur la pureté et sur les contacts avec les non-Juifs : le pain cuit par un non-Juif, son fromage, son huile, son vin, sa langue, ses filles.

Plusieurs spécialistes y voient des mesures prises pendant la première révolte contre Rome, en 66-70, pour assurer la séparation entre Juifs et païens au moment où la guerre commençait.

La datation reste discutée, comme le contenu exact de la liste — les sources ne s’accordent pas sur les dix-huit. D’où le registre du probable.

Ce que la tradition en dit

Le jugement rabbinique sur cette journée est remarquablement ambivalent. Un passage la compare au jour où le veau d’or fut fabriqué ; un autre la dit aussi bonne que le jour où la Torah fut donnée.

Les deux appréciations figurent dans le corpus. Personne ne les a fait disparaître.

C’est la même chose qu’avec Akiva et Bar Kokhba : la tradition conserve ce qui la met en cause.

Pourquoi Hillel l’a finalement emporté

Le Talmud de Jérusalem raconte qu’à Yavné, une voix céleste déclara que la loi suivrait désormais l’école de Hillel.

Et il donne la raison, qui est ce qu’il y a de plus intéressant dans tout ce dossier : parce qu’ils étaient accommodants et patients, et qu’ils enseignaient les positions de Shammaï en même temps que les leurs.

Ce n’est donc pas la justesse qui tranche, c’est la manière. On donne raison à l’école qui prenait la peine de citer l’adversaire.

Ce que la règle a coûté et rapporté

Le principe est devenu structurel : la loi suit Hillel, sauf exceptions énumérées, et les positions de Shammaï restent enregistrées dans le texte, éternellement présentes et éternellement écartées.

Une tradition qui conserve par écrit, pendant deux mille ans, les avis qu’elle n’applique pas prend un risque : celui qu’on les rouvre.

Elle l’a pris. C’est peut-être la décision la plus lourde de conséquences prise à Yavné après celle d’y aller.