Ḥayyim Yosef David Azoulai, que la tradition appelle le Ḥida, naquit à Jérusalem en 1724. Émissaire — shadar — chargé de collecter des fonds pour les communautés de Terre sainte, il passa une grande part de sa vie sur les routes d'Europe et de Méditerranée.
Partout où il passait, le Ḥida faisait la même chose : il entrait dans les bibliothèques. Il notait les manuscrits, relevait les colophons, comparait les éditions, interrogeait les bibliothécaires. Ce qui n'était pour d'autres qu'un voyage de quête devint chez lui une entreprise de recensement.
De ce travail naquit le Shem ha-Gedolim, vaste dictionnaire des auteurs et des livres juifs — l'une des premières bibliographies hébraïques systématiques. Son journal de route, le Maagal Tov, raconte par ailleurs l'Europe juive du XVIIIᵉ siècle vue par un voyageur de Jérusalem.
Le Ḥida finit ses jours à Livourne, en 1806, dans la ville qui imprimait alors une grande part des livres hébreux du monde méditerranéen. L'homme qui avait voulu tout cataloguer repose au cœur même de la fabrique du livre.