SODOME Ancienne ville de la Palestine, mentionnée dans la Bible comme l'une des cinq villes de la plaine de Siddim (Genèse xiv. 2). Elle est surtout célèbre par sa destruction, en raison de la dépravation morale de ses habitants, rapportée en détail dans le Livre de la Genèse (chap. xviii-xix). La ville est représentée comme l'un des centres principaux du luxe et de l'immoralité. D'après la tradition biblique, elle fut entièrement détruite par le feu du ciel en même temps que Gomorrhe et les trois autres villes de la plaine, Adma, Séboin et Ségor. Lot, neveu d'Abraham, échappa seul au désastre avec ses deux filles. La situation exacte de Sodome n'a jamais pu être déterminée avec certitude. Les savants ont proposé diverses localisations, notamment près de la mer Morte, où certains ont cru identifier les ruines de la ville sous les eaux ou aux environs immédiats. La question de l'existence historique de cette ville et de la réalité de sa destruction reste sujette à contro
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Première ville de la Pentapole, les autres étant Gomorrhe, Admah, Tseboïm et Tsoar, toutes situées dans la vallée de Siddim (Gen. xiv. 3), soit dans la plaine actuelle de Sabkhah soit plus au nord, dans les Seccudes méridionales entre la péninsule d'Al-Lisan et la Sabkhah.
—Données bibliques :
Dieu avait annoncé Sa détermination de détruire ces villes à cause de leur méchanceté, mais avait promis à Abraham d'épargner Sodome si seulement dix de ses habitants se trouvaient justes (_ib._ xviii. 20-32). Abraham cependant ne trouva pas même dix justes dans Sodome, et Yhwh fit alors pleuvoir le feu et le soufre sur toute la Pentapole et la renversa (_ib._ xix. 24-26). Cet événement paraît s'être produit au vingt-deuxième siècle av. J.-C. Selon l'hypothèse de Blankenburg (« Entstehung und Gesch. des Todten, Meeres », Leipzig, 1896), la catastrophe était de la nature d'un affaissement soudain de la vallée de la Mer Morte, produisant des gouffres qui engloutirent les villes. Quand qu'il en soit, le désastre dut être terrible ; et il produisit une telle impression que les Prophètes se référent souvent à la Pentapole ou à Sodome en décrivant des malheurs effroyables (Isa. i. 9, xiii. 19 ; Jer. xxiii. 14, xlix. 18 ; Amos iv. 11 ; Zeph. ii. 9). La destruction de ces villes est décrite en termes semblables par Josephus (« B. J. » iv. 8, § 4) et dans le Coran (sura liv.). Dans le récit de la bataille des rois de la vallée de Siddim, les noms de ces souverains sont donnés comme suit : « Béra de Sodome, Birsha de Gomorrhe, Shinab d'Admah, Shemeber de Tseboïm, et le roi de Béla ou Tsoar.
—Dans la littérature rabbinique :
Le Talmud, comme la Bible, attribue le sort de Sodome et des autres villes de la Pentapole à la méchanceté de leurs habitants ; et quand les péchés du peuple de Jérusalem sont énumérés, sur la base d'Ezek. xvi. 48-50, on tente de montrer qu'ils sont moins graves que ceux des habitants de Sodome (Sanh. 104b). Il y avait quatre juges à Sodome (_ib._ 109b), nommés respectivement Shaḳḳarai (« menteur »), Shaḳrarai (« menteur habituel »), Zayyafa (« trompeur »), et Maẓle Dina (« pervertisseur de la Loi »). À Sodome, quiconque donnait du pain et de l'eau aux pauvres était condamné à mort par le feu (Yalḳ., Gen. 83). Deux filles, l'une pauvre et l'autre riche, allèrent à un puits ; la première donna à la seconde sa cruche d'eau, recevant en retour un vase contenant du pain. Quand cela fut découvert, toutes deux furent brûlées vives (_ib._). Dans la Midrash (_ib._ 84) les juges sont appelés Ḳaẓ Sheḳer (= « le plus grand menteur »), Rab Sheḳer (= « maître des mensonges »), Rab Nabal (= « maître de la turpitude »), Rab Masṭeh Din (= « chef pervertisseur de la Loi »), et Ḳelapandar (probablement = « faussaire »). La Pentapole n'exista que cinquante-deux ans ; et durant les vingt-deux derniers, Dieu lui apporta des tremblements de terre et d'autres malheurs afin qu'elle se repentît. Mais elle refusa de le faire et fut détruite (_ib._ 83). Les habitants des villes de la plaine adoraient le soleil et la lune. Si la destruction était venue sur eux de jour, ils auraient dit que la lune les eût aidés ; si de nuit, ils auraient déclaré que le soleil aurait été leur secours ; c'est pourquoi ils furent détruits tôt le matin, quand le soleil et la lune brillaient tous deux. Cela se produisit le seize Nisan.
Selon le « Sefer ha-Yashar », un homme entra à Sodome en chevauchant un âne, et comme il n'avait pas de gîte il fut reçu par un habitant du lieu. En se préparant à partir, il constata qu'il lui manquait sa couverture de couleur et la corde par laquelle elle avait été attachée au dos de l'animal. Quand il interrogea son hôte sur ce sujet, il reçut pour réponse qu'il n'avait rêvé que d'une couverture, mais que la vision était de bon augure, puisque la couverture signifiait qu'il posséderait de grands vignobles, et la corde indiquait que sa vie serait prolongée. L'étranger protesta ; mais il fut traîné devant le tribunal et condamné à payer quatre shekels d'argent. Les noms des juges, selon ce récit, étaient : Sarak à Sodome, Sarkar à Gomorrhe, Zabuak à Admah, et Manon à Tseboïm (_ib._ 24-27). Pour les autres histoires rapportées dans le « Sefer ha-Yashar » [voir Eliezer](/articles/5597-eliezer) et [Lot](/articles/10122-lot).