הרמן גולנץ
Régió: Royaume-Uni
Történelem regiszter · letéteményes, nem tulajdonos
Közzétéve: 2026. június 19.
rabbin britannique

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Daniel the Prophet from Book of Protection
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L'histoire du judaïsme britannique au tournant des XIXᵉ et XXᵉ siècles est marquée par une génération d'hommes qui surent conjuguer l'érudition rabbinique héritée d'Europe centrale et orientale avec les exigences intellectuelles de l'université victorienne et édouardienne. Parmi ces figures, Hermann Gollancz occupe une place singulière, à la fois rabbin praticien, savant orientaliste et pionnier institutionnel. Sir Hermann Gollancz (30 novembre 1852 – 15 octobre 1930) était un rabbin et savant hébraïsant britannique.
Son parcours réunit des « premières » remarquables : il fut le premier rabbin britannique à être anobli, le premier juif à recevoir le grade de docteur ès lettres à l'Université de Londres, et le premier docteur ès lettres à obtenir un diplôme rabbinique. Ces distinctions, loin d'être de simples ornements biographiques, signalent une trajectoire qui incarne l'émancipation et l'intégration progressive de la communauté juive dans les institutions savantes et honorifiques de la Grande-Bretagne.
Le présent ouvrage se propose de retracer la vie, l'œuvre et la postérité de cette figure, en distinguant scrupuleusement ce que l'archive et la recherche établissent de ce que la tradition transmet. La famille Gollancz, dont Hermann fut l'aîné parmi les frères célèbres, constitue en elle-même un chapitre de l'histoire culturelle anglo-juive, et l'on ne saurait comprendre l'homme sans la lignée dont il procède.
Hermann Gollancz naquit à Brême, dans le nord de l'Allemagne, le 30 novembre 1852. Né le 30 novembre 1852 à Brême, en Allemagne, il mourut le 15 octobre 1930 à Londres, à l'âge de soixante-dix-sept ans. Le patronyme lui-même renvoie à une origine d'Europe orientale : Gollancz est un nom de famille originaire de la ville polonaise de Gołańcz (Gollantsch ou Schwertburg, près de Wągrowiec, en Grande-Pologne).
La famille s'installa à Londres dans l'enfance d'Hermann, suivant la carrière de son père. Il était le fils aîné du rabbin Samuel Marcus Gollancz, qui fut rabbin de la synagogue Hambro' à Londres de 1854 à 1899. Il fut éduqué à Jews' College et à University College London. L'atmosphère du foyer paternel, où se mêlaient la rigueur de la tradition rabbinique et l'ouverture à la culture allemande, marqua durablement les enfants de Samuel Marcus Gollancz.
La formation académique d'Hermann fut double, conforme à l'idéal d'une science juive arrimée aux humanités classiques. Il fut éduqué aux collèges Jews' et University de Londres. Son cursus universitaire suivit la voie des lettres classiques avant de se spécialiser dans les langues sémitiques : il obtint son diplôme en lettres classiques et philosophie en 1873 et reçut son MA en hébreu, syriaque et allemand en 1889. Cette trajectoire, qui conduit du grec et du latin vers l'araméen et le syriaque, dessine déjà le profil d'un savant orientaliste autant que d'un homme du culte.
L'appartenance familiale mérite d'être soulignée, car elle situe Hermann dans une véritable dynastie intellectuelle. Il était le frère aîné de Sir Israel Gollancz, spécialiste de Shakespeare et de la littérature anglaise, et l'oncle de l'éditeur Victor Gollancz. Le nom est surtout connu comme celui d'une éminente famille juive britannique, comprenant Sir Hermann Gollancz (1852–1930), rabbin ; Sir Israel Gollancz (1864–1930), spécialiste de littérature ; et Sir Victor Gollancz (1893–1967), éditeur et neveu d'Hermann et Israel.
La carrière pastorale d'Hermann Gollancz se déroula principalement à Londres, où il succéda à une figure de premier plan du judaïsme anglais. Il officia à la synagogue de Bayswater de 1892 à 1923. Plus précisément, sa nomination le plaça dans la lignée des plus hautes autorités rabbiniques de la communauté : en 1892, il succéda au grand-rabbin Hermann Adler comme ministre à la synagogue de Bayswater.
Un épisode particulièrement révélateur de la sociologie du judaïsme britannique de l'époque concerne le titre même de « rabbin ». Dans l'Angleterre victorienne, les ministres du culte juif portaient généralement le titre de « Reverend » plutôt que celui de « Rabbi », réservé de fait au grand-rabbin. Gollancz fut au cœur d'un débat sur cette question. En septembre 1897, Hermann Gollancz, prédicateur de la synagogue de Bayswater, revint en Angleterre depuis la Galicie muni de diplômes rabbiniques délivrés par de grands érudits. Cet acte — aller chercher l'ordination auprès des autorités talmudiques d'Europe orientale — provoqua une véritable agitation dans la communauté, qui voyait dans le titre rabbinique un enjeu de hiérarchie et de prestige.
Cette démarche illustre la tension caractéristique de l'époque entre, d'une part, la tradition rabbinique authentique transmise par les yeshivot galiciennes, et, d'autre part, l'institution centralisée et anglicisée du Chief Rabbinate londonien. La tradition orale conservée dans la communauté — relayée notamment par les présentations historiques modernes — souligne combien la communauté fut bouleversée par ce retour avec des diplômes rabbiniques. Gollancz revendiquait ainsi une légitimité savante et religieuse qui dépassait le cadre purement honorifique du ministère anglais.
Le second pilier de la carrière de Gollancz fut universitaire. Il enseigna l'hébreu à l'University College London durant plus de deux décennies, occupant une chaire prestigieuse. Il enseigna l'hébreu à University College, London, de 1902 à 1924. Cette chaire portait un nom illustre dans l'histoire de la philanthropie juive anglaise : Hermann Gollancz fut le premier juif à obtenir un doctorat de l'Université de Londres, et Goldsmid Professor d'hébreu à l'UCL de 1902 à 1924.
Il s'inscrivait dans une succession de savants d'envergure internationale. Solomon Schechter fut professeur d'hébreu à l'UCL de 1899 à 1902. C'est durant cette période qu'il publia ses découvertes les plus importantes issues de la Genizah du Caire, dont la Sagesse de Ben Sira et les Saadyana. Succéder à Schechter, l'un des plus grands hébraïsants de son temps, témoigne de la stature scientifique de Gollancz.
Au terme de sa carrière, son legs à l'institution fut considérable, tant matériellement qu'intellectuellement. À sa retraite de l'University College en 1923, il fit don de sa considérable collection de judaïca au collège et fut nommé professeur émérite. La notice nécrologique de l'agence télégraphique juive confirme l'ampleur de ce don et y ajoute une autre contribution majeure : à l'issue de vingt et un ans de service comme Goldsmid Professor d'hébreu, il offrit sa propre bibliothèque de plusieurs milliers de volumes à University College, et il fut aussi largement responsable de l'installation au collège de la Mocatta Library.
L'engagement public de Gollancz dépassa par ailleurs les murs de l'université. Il fut le fondateur de nombreuses synagogues et servit dans de nombreuses commissions royales, notamment celle sur le cinéma en 1917. Cette participation à la vie publique britannique signale une intégration accomplie du rabbin-savant dans les institutions du royaume.
L'apport scientifique de Gollancz se déploya dans un champ rare : l'édition critique et la traduction de manuscrits hébreux, araméens et syriaques. Sa production témoigne d'une maîtrise philologique étendue. Gollancz publia un certain nombre d'éditions critiques et de traductions de l'hébreu, de l'araméen et du syriaque, dont une édition hébraïque et anglaise du Sefer Mafteaḥ Shelomo (1914) ainsi que du Shekel ha-Kodesh de Joseph Kimḥi (1919).
Ses premiers travaux, recensés par la Jewish Encyclopedia, attestent un intérêt précoce pour la littérature syriaque et les textes éthiques. Il a publié « Selections of Charms from Unedited Syriac MSS. » (1891), des traductions anglaises de « The Syriac Version of Sindban » (1892), « The Ethical Treatises of Berachyah » avec traduction anglaise (Londres, 1902), et « Clavis Solomonis » (1902).
Une part notable de son œuvre porte sur la littérature dite magique ou apotropaïque de la tradition juive et syriaque-orientale. Son ouvrage The Book of Protection, paru en 1912, présente une collection de formules de protection issues de manuscrits syriaques, signée de son titre académique : « Hermann Gollancz, M.A., D.Lit., Goldsmid Professor of Hebrew, University College, London », publié à Londres par Henry Frowde, Oxford University Press, en 1912.
Son intérêt soutenu pour la Clavicula Salomonis — la fameuse « Clef de Salomon », grimoire attribué par la tradition au roi Salomon — l'amena à publier une édition d'un manuscrit hébreu. Dans sa préface, Gollancz rappelle lui-même le contexte de ses recherches antérieures, évoquant la description, publiée en 1903 sous le titre Clavicula Salomonis, de l'ouvrage principal censé avoir servi d'oracle à tous les sorciers de l'histoire, la fameuse Clavicula Salomonis attribuée au roi Salomon, qui selon la tradition régnait sur le monde entier. Il publia plus tard une reproduction du manuscrit hébreu sous le titre Sepher Maphteaḥ Shelomoh (Book of the Key of Solomon). Ces travaux font de lui un pionnier de l'étude savante des textes magiques juifs, à une époque où ce corpus était largement négligé par l'orientalisme académique.
Il consacra en outre une étude à la pensée éthique médiévale : son édition de
L'année 1923 marqua l'apogée de la reconnaissance officielle accordée à Gollancz. Son anoblissement constitua un événement sans précédent dans l'histoire du judaïsme britannique. En 1923, il devint le premier rabbin britannique à recevoir un titre de chevalier « en reconnaissance de ses contributions au savoir ». La concomitance de ce titre avec sa retraite universitaire est attestée : à sa retraite de l'University College en 1923, il fut nommé professeur émérite ; la même année, il fut anobli, premier rabbin britannique à recevoir cet honneur.
Cet anoblissement n'était que la plus visible de plusieurs distinctions inédites. La notice nécrologique de 1930 les récapitule avec précision : Sir Hermann, qui avait soixante-dix-huit ans, fut le premier rabbin britannique à être anobli. Il fut aussi le premier juif à recevoir le grade de docteur ès lettres à l'Université de Londres et le premier docteur ès lettres à obtenir un diplôme rabbinique. (On notera que les sources divergent légèrement sur l'âge au décès, certaines indiquant soixante-dix-sept ans en se fondant sur la date de naissance du 30 novembre 1852.)
Sa réputation s'étendait bien au-delà de la communauté juive. Au moment de sa mort, la presse internationale le salua comme un éminent savant anglo-juif et orientaliste distingué. Son engagement civique, par sa présence dans des commissions royales, faisait de lui un interlocuteur reconnu des pouvoirs publics britanniques sur des questions aussi variées que la régulation du cinéma naissant.
Les dernières années de Sir Hermann Gollancz furent assombries par une série de deuils. La notice nécrologique de l'agence télégraphique juive en rend compte avec une rare précision sur l'état d'esprit du savant. Il ne s'était pas pleinement remis du chagrin causé par la perte de son fils Leonard, tombé d'une fenêtre d'hôtel à Torquay l'année précédente. Il avait également récemment perdu son frère, Sir Israel Gollancz, sa sœur et son épouse.
Ce dernier détail établit une coïncidence frappante dans l'histoire de la famille : les deux frères anoblis, Hermann et Israel, moururent la même année, en 1930. Sir Hermann Gollancz vécut de 1852 à 1930 ; Sir Israel Gollancz, de 1864 à 1930. La disparition quasi simultanée de ces deux figures marqua la fin d'une génération de l'élite intellectuelle anglo-juive.
La postérité de Gollancz se mesure à plusieurs aunes. D'abord, par le legs matériel : sa bibliothèque de judaïca, intégrée aux collections de l'University College London, continue de nourrir l'étude des sciences juives, et son rôle dans l'établissement de la Mocatta Library a façonné durablement l'enseignement hébraïque dans cette institution. Ensuite, par la mémoire familiale : le nom Gollancz reste attaché à trois chevaliers — Hermann le rabbin, Israel le littéraire, Victor l'éditeur — qui incarnent trois facettes de la contribution juive à la culture britannique. Enfin, par l'œuvre savante elle-même, dont les éditions de textes magiques et éthiques demeurent des jalons. La tradition communautaire, telle qu'elle est transmise dans les présentations historiques contemporaines, retient surtout l'audace du rabbin qui, en 1897, alla chercher en Galicie une légitimité que l'establishment londonien lui contestait — récit où la mémoire et l'archive se rejoignent pour dessiner le portrait d'un homme de conviction.
La figure d'Hermann Gollancz résume, en une seule vie, les mutations profondes du judaïsme britannique entre l'émancipation et l'entre-deux-guerres. Né allemand à Brême, formé dans les institutions juives et universitaires de Londres, ordonné rabbin selon la tradition galicienne et couronné docteur ès lettres par l'Université de Londres, il fit la synthèse de deux mondes que beaucoup tenaient pour inconciliables : la science rabbinique traditionnelle et l'érudition académique moderne.
Ses « premières » — premier rabbin britannique anobli, premier juif docteur ès lettres de Londres — ne sont pas de simples curiosités. Elles signalent l'aboutissement d'un long processus d'intégration et de reconnaissance. Comme Goldsmid Professor à l'UCL, comme éditeur de manuscrits hébreux et syriaques, comme fondateur de synagogues et membre de commissions royales, Gollancz fut à la fois un passeur de tradition et un bâtisseur d'institutions.
Si l'archive établit solidement les grandes lignes de sa carrière, la mémoire communautaire conserve, elle, la couleur des controverses qu'il suscita et des deuils qui assombrirent sa fin. C'est dans cette intersection entre le document et le souvenir que se tient, vivante, la figure de Sir Hermann Gollancz : un savant dont l'héritage continue de nourrir l'étude juive, au croisement de Brême, de la Galicie et de Londres.
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Hermann Gollancz — Zakhor, https://zakhor.ai/hu/grands-livres/figures/hermann-gollancz